Cette BD est très étrange, à la fois par son graphisme et son histoire, tout les deux bien surprenants.
La surprise vient probablement de la façon dont l'histoire se développe, bien loin de ce que j'imaginais en lisant le début. De plus, le dessin développe quelque chose d'assez unique, mais transmettant à merveille une ambiance islandaise de grands paysages et de pauvreté des hommes, dans une terre dure et violente.
L'histoire est bien tournée, nous présentant toute la vie de Grimr, sans que l'on ne sache au final vers quoi tout ceci se dirige. L'auteur a su à merveille transmettre une ambiance d'époque et une histoire en adéquation avec celle-ci, mêlant moeurs et culture avec le fond de la BD. On est révolté avec ces pauvres islandais sous un joug impitoyable, mais en même temps on se prend au jeu de la saga et de son personnage, inculte et pauvre, fort et têtu. Un vrai héros de saga, qui incarne à la fois le côté héroïque, capable d'exploits que ne peuvent prétendre faire les mortels, mais également le côté humain de tout ce qui est faible et mortel en nous. Une belle dualité épique qui ressort de cette BD.
Une belle histoire, qui arrive à donner un souffle épique à ce que je n'aurais pas pensé, et qui contient de jolies surprises. A découvrir !
Mon avis est biaisé par deux gros points : le premier est que je me suis déjà intéressé plusieurs fois au personnage de Thoreau, sans doute un des penseurs les plus atypiques que je connaisse par sa vision très naturelle de l'homme, et le deuxième est la discussion que j'ai pu avoir avec A. Dan lors d'un festival. Ce qui a fait que je ne suis pas venu à cette BD avec un regard innocent mais déjà préparé, et c'est sans doute ce qui m'a fait aimer cette BD.
Les auteurs ont voulu à la fois détailler un peu la vie de ce penseur américain, mais également distiller ses idées et ce qui l'a amené à penser du même. A ce niveau là, la BD est un petit régal puisqu'elle ne se contente pas de passer par le très connu épisode de Walden, mais détaille également son combat contre la guerre et ses idées de violence. Contrairement à ce qu'on a pu croire ensuite (notamment lorsque des "apôtres de la paix" citèrent Thoreau, comme Gandhi ou Martin Luther King) Thoreau n'était pas un pacifiste convaincu.
Bref, la BD permet à la fois de découvrir le personnage mais également de décortiquer quelques idées et démonter quelques idées reçues.
Mais ce que j'apprécie beaucoup, c'est que cette BD permet, au moins, de faire découvrir la philosophie qu'il prônait et que je trouve de plus en plus pertinente. Peut-être parce qu'elle fait parfaitement écho à ce qui se joue aujourd'hui, que ce soit des thématiques politiques, sociales ou climatiques (notamment autour de la façon dont l'homme considère la nature). Et cela, j'apprécie beaucoup : la BD a clairement un but d'information et de découverte, et sur ce point je la trouve parfaitement bien faite. J'en suis sorti avec l'envie de lire ou découvrir plus sur cet auteur.
Le dessin est pas mal même si je ne suis pas très fan de la colorisation. Quand on voit ce que l'auteur peut faire avec du noir et blanc c'est presque dommage d'avoir mis des couleurs comme celles-ci, notamment sur les visages. Les paysages, par contre, dégagent plus de douceur et de lumière. Peut-être volontairement un hommage à la philosophie de Thoreau ?
Bref, je suis plus enthousiaste que la plupart des avis, mais cela parce que j'ai pu lire la BD avec plus de recul et de clés de compréhension. Une BD qui m'a fait également réfléchir et m'a donné envie de continuer à découvrir cet auteur. Message reçu en ce qui me concerne !
Je préfère le préciser immédiatement, mais ma note n'est pas du tout objective. Si je voulais être précis, je mettrais plutôt un 3/5, mais je dirais que j'ai été charmé par cette BD, et je n'ai pas pu m'empêcher de vraiment apprécier. Surtout l'histoire d'amour (oui, on ne se refait jamais).
Cette BD est pleine de douceur et de poésie, du genre où l'on rentre dedans et on se laisse porter. Sinon, on reste sur le carreau en regardant des personnages agir étrangement sans qu'on ne voie de fil directeur très clair.
Cela dit, si on rentre dans l'histoire, c'est très décalé et très beau. Un mélange de folie décalée (qui rappelle un peu l'absurde) et de douceur. L'humanité en paix, déjà, c'est si beau comme idée, surtout pour une telle idée. Et puis ce personnage principal qui passe tout au long de cette BD comme une idée, c'est bien trouvé.
Je dirais du dessin que c'est en adéquation avec le propos, notamment lorsque l'auteur passe en mode BD humoristique, au personnages simplifié et en version gag en une planche. On reste toujours dans cette thématique avicole, et plusieurs passages sont vraiment beaux.
Une petite BD sans grande prétention, mais que j'ai beaucoup aimé pour son ambiance et toute la poésie qui s'en dégage. J'ai été charmé et c'est tout à l'honneur de cette BD. Une petite douceur en ce début d'année.
Lorsque les morts reviennent.
Huit histoires qui touchent au spiritisme cette doctrine codifiée en 1857 par Allan Kardec et qui se répandit dans toute l'Europe au XIXème siècle avant de se diffuser en Amérique du Sud ou elle est encore présente de nos jours. Cette doctrine est fondée sur la croyance que des phénomènes paranormaux sont le moyen pour des entités de l'au delà appelées esprits de communiquer avec des vivants.
Ici peu importe que le lecteur soit un adepte ou non, l'auteur Frederic Bezian instille dans ses histoires une atmosphère d'étrange, un parfum de fantastique magnifié par un trait acéré en noir et blanc du meilleur effet. Les thèmes qui sont ici abordés, nous les connaissons tous grâce notamment à la littérature ( ex Le Horla de Maupassant ) et le cinéma avec l'emblématique "Poltergeist" et j'en oublie bien d'autres.
Ce qui marque avant tout le lecteur c'est le graphisme si particulier de l'auteur. Est il beau, léché ? Certainement pas mais il possède une force indéniable avec des personnages et des décors que l'ont dirait tranchés au scalpel ou au rasoir. Il se dégage de l'ensemble une impression d'étouffement, les adeptes diraient comme un souffle glacial qui vous envahit.
Un album qui mérite vraiment le détour pour tous les amateurs de fantastique avec ce léger parfum suranné propre aux choses anciennes voir immémoriales.
J’ai lu pour le moment les deux premiers cycles (soit les quatre premiers albums de la série), et c’est vraiment pas mal. Même si j’ai préféré le premier cycle (disons 4 étoiles au premier, 3 au suivant, et j’arrondis en faveur de l’originalité de l’ensemble).
Le dessin de Sorel (que j’avais déjà vu moins inspiré) est vraiment très chouette, et les choix de colorisation, avec des tons très sombres (un peu moins dans le deuxième cycle, où la lumière perce davantage), cuivrés, sont à la fois beaux et très adaptés au déroulé de l’histoire concoctée par Gallié.
Les histoires justement. Chacune est introduite par la lecture d’une longue lettre du collègue et compagnon d’Algernon, qui, sur un ton assez littéraire, instaure une sorte de suspens et une atmosphère mystérieuse.
Le rythme est lent, et l’on ne cherche pas forcément à faire la lumière sur tout : le brouillard ne se dissipe qu’en partie, ce point ajoutant à l’attrait de cette série (même si je trouve le premier cycle plus fort). C’est presque plus une affaire d’ambiance que d’intrigue proprement dite, et la lande écossaise ajoute à son charme austère.
Ajoutons que le personnage principal possède un look presque aussi improbable que ses nom et prénom : sorte de nain affublé d’un grand haut de forme, à la fois frêle et trapu, forte personnalité qui pourtant subit son destin.
Une série à découvrir !
Comme tout le monde, j’ai été bluffé par la qualité graphique de cette trilogie… et pas seulement par la grande qualité des dessins, mais également par la colorisation, le choix du cadrage ou l’incroyable expressivité du trait de Frank Pé.
Le zoo, sorte d’Eden à la fois fragile et hors du temps est remarquablement rendu. L’atmosphère, constamment changeante, varie en fonction des états d’âme et de l’humeur des quatre héros du récit. Ces derniers, très intéressants, sont des personnages écorchés par la vie. Regroupés comme une famille, ils sont les protecteurs d’un lieu menacé qui les apaise autant qu’il les éloigne du monde et des hommes.
L’intrigue est très agréable à suivre, bien que je l’ai trouvée un peu trop contemplative.
Zoo est un beau roman graphique, fin et mélancolique qui fait honneur à la collection Aire libre.
Ami(e)s des contes de fées bonjour! L'auteur Trif nous propose non pas un mais deux contes dans cette trilogie jubilatoire. L'histoire de Raiponce et de Blanche Neige et tout y est comme dans les versions policées que nos chères têtes blondes connaissent sans oublier les versions de tonton Walt.
Des nains qui se voudraient libidineux mais qu'hélas pour eux l'isolement a rendu bien niais face à la gente féminine, un prince charmant plus adepte du viol que de la chanson de gestes, une méchante reine mère affublée d'un atout physique fort avenant mais mortel, j'en passe et des meilleures. Et bien sûr une Raiponce et une Blanche Neige adeptes des amours saphiques.
Le tout est fort bien amené, un scénario costaud nos deux héroïnes mêlant, à tous les sens du terme, leurs atouts pour se dépêtrer des mauvais coups du sort. Y en a qu'ont pas de pot. Un dessin sympa qui donc fait la part belle à ces dames, même critique que pour le Cendrillon du même auteur, des traits parfois un peu gras à mon goût.
Plus érotique que pornographique ces aventures se lisent plaisamment, la part belle est faite aux corps féminins, ces messieurs étant plus discrets, ou le dessinateur, sur leurs avantages.
J'avais envie de lire cette bande dessinée depuis que Mac Arthur l'a postée et je ne fus pas déçu.
Certes, je comprends qu'on puisse trouver le scénario léger, mais cela ne m'a pas empêché de l'apprécier. Les auteurs ont bien utilisé le thème du livre des records et proposent un scénario original qui pose des réflexions intéressantes sur les records. Je plains les pauvres types qui font tout pour être dans ce livre, surtout que la plupart des records présents dans cet album sont vraiment idiots.
L'humour m'a fait sourire et est bien sympathique, l'intrigue policière est bien trouvée et bien maîtrisée et j'ai aimé l'atmosphère qui se dégage de cet album. C'est le genre d'histoire que j'aime bien et que je relirai avec plaisir un jour !
Quant au dessin, il est pas mal sans être dans un style qui me plait totalement.
J’aime beaucoup les albums de Bruno Loth, qui mêlent souvent histoires humaines et Histoire avec un grand « H ». On suit ici les péripéties d’une troupe de théâtre lors de la montée du fascisme en Espagne dans les années 30 et du basculement dans la guerre civile. Le background historique est donc riche et intéressant, mais présenté de façon très humaine, au travers les yeux d’une galerie de personnages riches en couleurs. L’auteur saupoudre son récit d’une touche de fantastique, ce que j’ai trouvé un peu incongru, mais bon, pourquoi pas.
Le 2eme tome se focalise sur la guerre civile, et aborde des thèmes vraiment intéressants (la place des femmes dans la lutte armée mais aussi dans la société espagnole, l’éducation des masses). La lecture n’est pas aisée, le conflit est compliqué et les factions nombreuses, mais globalement je n’ai pas trop décroché… D’autant plus que chacun des 2 albums se conclut avec un petit dossier instructif et distrayant sur la guerre civile espagnole.
Une chouette découverte, et une série terminée en 2 tomes !
C'est une histoire bien triste comme il en existe malheureusement des milliers semblables à travers tout le territoire et dans le monde. Bien élever un enfant n'est pas chose aisée pour une femme seule. Aimer devrait pourtant l'être. On ne peut s'empêcher de trouver cette situation bien injuste pour cette petite fille qui s'occupe tellement bien de sa mère et qui en échange n'aura pas l'amour qu'elle mérite.
L'auteur Halim Mahmoudi qualifie la chanson culte "Que je t'aime' de grosse bouse. Les millions de fans qui ont tant pleuré la mort de Johnny Hallyday apprécieront sans doute pas. Mais bon, c'est un moyen de dire que l'artifice de gentils mots ne suffit pas et qu'il faut également des actes. Bref, beaucoup d'esbroufe !
Pour le reste, le sujet est sensible et il est bien traité malgré quelques maladresses dans la façon de raconter le récit. On peut se méprendre par rapport à certaines situations comme par exemple après l'attaque du pitbull.
C'est touchant, violent et bouleversant à la fois. Il faudra s'accrocher pour ne pas verser une larme pour peu que l'on soit sensible à la détresse humaine surtout quand cela touche des enfants innocents. Il ne faut jamais produire les mêmes erreurs que les aînés serait la grande morale de ce roman graphique.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
La Saga de Grimr
Cette BD est très étrange, à la fois par son graphisme et son histoire, tout les deux bien surprenants. La surprise vient probablement de la façon dont l'histoire se développe, bien loin de ce que j'imaginais en lisant le début. De plus, le dessin développe quelque chose d'assez unique, mais transmettant à merveille une ambiance islandaise de grands paysages et de pauvreté des hommes, dans une terre dure et violente. L'histoire est bien tournée, nous présentant toute la vie de Grimr, sans que l'on ne sache au final vers quoi tout ceci se dirige. L'auteur a su à merveille transmettre une ambiance d'époque et une histoire en adéquation avec celle-ci, mêlant moeurs et culture avec le fond de la BD. On est révolté avec ces pauvres islandais sous un joug impitoyable, mais en même temps on se prend au jeu de la saga et de son personnage, inculte et pauvre, fort et têtu. Un vrai héros de saga, qui incarne à la fois le côté héroïque, capable d'exploits que ne peuvent prétendre faire les mortels, mais également le côté humain de tout ce qui est faible et mortel en nous. Une belle dualité épique qui ressort de cette BD. Une belle histoire, qui arrive à donner un souffle épique à ce que je n'aurais pas pensé, et qui contient de jolies surprises. A découvrir !
Thoreau - La vie sublime
Mon avis est biaisé par deux gros points : le premier est que je me suis déjà intéressé plusieurs fois au personnage de Thoreau, sans doute un des penseurs les plus atypiques que je connaisse par sa vision très naturelle de l'homme, et le deuxième est la discussion que j'ai pu avoir avec A. Dan lors d'un festival. Ce qui a fait que je ne suis pas venu à cette BD avec un regard innocent mais déjà préparé, et c'est sans doute ce qui m'a fait aimer cette BD. Les auteurs ont voulu à la fois détailler un peu la vie de ce penseur américain, mais également distiller ses idées et ce qui l'a amené à penser du même. A ce niveau là, la BD est un petit régal puisqu'elle ne se contente pas de passer par le très connu épisode de Walden, mais détaille également son combat contre la guerre et ses idées de violence. Contrairement à ce qu'on a pu croire ensuite (notamment lorsque des "apôtres de la paix" citèrent Thoreau, comme Gandhi ou Martin Luther King) Thoreau n'était pas un pacifiste convaincu. Bref, la BD permet à la fois de découvrir le personnage mais également de décortiquer quelques idées et démonter quelques idées reçues. Mais ce que j'apprécie beaucoup, c'est que cette BD permet, au moins, de faire découvrir la philosophie qu'il prônait et que je trouve de plus en plus pertinente. Peut-être parce qu'elle fait parfaitement écho à ce qui se joue aujourd'hui, que ce soit des thématiques politiques, sociales ou climatiques (notamment autour de la façon dont l'homme considère la nature). Et cela, j'apprécie beaucoup : la BD a clairement un but d'information et de découverte, et sur ce point je la trouve parfaitement bien faite. J'en suis sorti avec l'envie de lire ou découvrir plus sur cet auteur. Le dessin est pas mal même si je ne suis pas très fan de la colorisation. Quand on voit ce que l'auteur peut faire avec du noir et blanc c'est presque dommage d'avoir mis des couleurs comme celles-ci, notamment sur les visages. Les paysages, par contre, dégagent plus de douceur et de lumière. Peut-être volontairement un hommage à la philosophie de Thoreau ? Bref, je suis plus enthousiaste que la plupart des avis, mais cela parce que j'ai pu lire la BD avec plus de recul et de clés de compréhension. Une BD qui m'a fait également réfléchir et m'a donné envie de continuer à découvrir cet auteur. Message reçu en ce qui me concerne !
Supplément d'âme
Je préfère le préciser immédiatement, mais ma note n'est pas du tout objective. Si je voulais être précis, je mettrais plutôt un 3/5, mais je dirais que j'ai été charmé par cette BD, et je n'ai pas pu m'empêcher de vraiment apprécier. Surtout l'histoire d'amour (oui, on ne se refait jamais). Cette BD est pleine de douceur et de poésie, du genre où l'on rentre dedans et on se laisse porter. Sinon, on reste sur le carreau en regardant des personnages agir étrangement sans qu'on ne voie de fil directeur très clair. Cela dit, si on rentre dans l'histoire, c'est très décalé et très beau. Un mélange de folie décalée (qui rappelle un peu l'absurde) et de douceur. L'humanité en paix, déjà, c'est si beau comme idée, surtout pour une telle idée. Et puis ce personnage principal qui passe tout au long de cette BD comme une idée, c'est bien trouvé. Je dirais du dessin que c'est en adéquation avec le propos, notamment lorsque l'auteur passe en mode BD humoristique, au personnages simplifié et en version gag en une planche. On reste toujours dans cette thématique avicole, et plusieurs passages sont vraiment beaux. Une petite BD sans grande prétention, mais que j'ai beaucoup aimé pour son ambiance et toute la poésie qui s'en dégage. J'ai été charmé et c'est tout à l'honneur de cette BD. Une petite douceur en ce début d'année.
La Danse des morts (Totentanz)
Lorsque les morts reviennent. Huit histoires qui touchent au spiritisme cette doctrine codifiée en 1857 par Allan Kardec et qui se répandit dans toute l'Europe au XIXème siècle avant de se diffuser en Amérique du Sud ou elle est encore présente de nos jours. Cette doctrine est fondée sur la croyance que des phénomènes paranormaux sont le moyen pour des entités de l'au delà appelées esprits de communiquer avec des vivants. Ici peu importe que le lecteur soit un adepte ou non, l'auteur Frederic Bezian instille dans ses histoires une atmosphère d'étrange, un parfum de fantastique magnifié par un trait acéré en noir et blanc du meilleur effet. Les thèmes qui sont ici abordés, nous les connaissons tous grâce notamment à la littérature ( ex Le Horla de Maupassant ) et le cinéma avec l'emblématique "Poltergeist" et j'en oublie bien d'autres. Ce qui marque avant tout le lecteur c'est le graphisme si particulier de l'auteur. Est il beau, léché ? Certainement pas mais il possède une force indéniable avec des personnages et des décors que l'ont dirait tranchés au scalpel ou au rasoir. Il se dégage de l'ensemble une impression d'étouffement, les adeptes diraient comme un souffle glacial qui vous envahit. Un album qui mérite vraiment le détour pour tous les amateurs de fantastique avec ce léger parfum suranné propre aux choses anciennes voir immémoriales.
Algernon Woodcock
J’ai lu pour le moment les deux premiers cycles (soit les quatre premiers albums de la série), et c’est vraiment pas mal. Même si j’ai préféré le premier cycle (disons 4 étoiles au premier, 3 au suivant, et j’arrondis en faveur de l’originalité de l’ensemble). Le dessin de Sorel (que j’avais déjà vu moins inspiré) est vraiment très chouette, et les choix de colorisation, avec des tons très sombres (un peu moins dans le deuxième cycle, où la lumière perce davantage), cuivrés, sont à la fois beaux et très adaptés au déroulé de l’histoire concoctée par Gallié. Les histoires justement. Chacune est introduite par la lecture d’une longue lettre du collègue et compagnon d’Algernon, qui, sur un ton assez littéraire, instaure une sorte de suspens et une atmosphère mystérieuse. Le rythme est lent, et l’on ne cherche pas forcément à faire la lumière sur tout : le brouillard ne se dissipe qu’en partie, ce point ajoutant à l’attrait de cette série (même si je trouve le premier cycle plus fort). C’est presque plus une affaire d’ambiance que d’intrigue proprement dite, et la lande écossaise ajoute à son charme austère. Ajoutons que le personnage principal possède un look presque aussi improbable que ses nom et prénom : sorte de nain affublé d’un grand haut de forme, à la fois frêle et trapu, forte personnalité qui pourtant subit son destin. Une série à découvrir !
Zoo
Comme tout le monde, j’ai été bluffé par la qualité graphique de cette trilogie… et pas seulement par la grande qualité des dessins, mais également par la colorisation, le choix du cadrage ou l’incroyable expressivité du trait de Frank Pé. Le zoo, sorte d’Eden à la fois fragile et hors du temps est remarquablement rendu. L’atmosphère, constamment changeante, varie en fonction des états d’âme et de l’humeur des quatre héros du récit. Ces derniers, très intéressants, sont des personnages écorchés par la vie. Regroupés comme une famille, ils sont les protecteurs d’un lieu menacé qui les apaise autant qu’il les éloigne du monde et des hommes. L’intrigue est très agréable à suivre, bien que je l’ai trouvée un peu trop contemplative. Zoo est un beau roman graphique, fin et mélancolique qui fait honneur à la collection Aire libre.
Blanche-Neige (Tabou)
Ami(e)s des contes de fées bonjour! L'auteur Trif nous propose non pas un mais deux contes dans cette trilogie jubilatoire. L'histoire de Raiponce et de Blanche Neige et tout y est comme dans les versions policées que nos chères têtes blondes connaissent sans oublier les versions de tonton Walt. Des nains qui se voudraient libidineux mais qu'hélas pour eux l'isolement a rendu bien niais face à la gente féminine, un prince charmant plus adepte du viol que de la chanson de gestes, une méchante reine mère affublée d'un atout physique fort avenant mais mortel, j'en passe et des meilleures. Et bien sûr une Raiponce et une Blanche Neige adeptes des amours saphiques. Le tout est fort bien amené, un scénario costaud nos deux héroïnes mêlant, à tous les sens du terme, leurs atouts pour se dépêtrer des mauvais coups du sort. Y en a qu'ont pas de pot. Un dessin sympa qui donc fait la part belle à ces dames, même critique que pour le Cendrillon du même auteur, des traits parfois un peu gras à mon goût. Plus érotique que pornographique ces aventures se lisent plaisamment, la part belle est faite aux corps féminins, ces messieurs étant plus discrets, ou le dessinateur, sur leurs avantages.
Le Guide Mondial des Records
J'avais envie de lire cette bande dessinée depuis que Mac Arthur l'a postée et je ne fus pas déçu. Certes, je comprends qu'on puisse trouver le scénario léger, mais cela ne m'a pas empêché de l'apprécier. Les auteurs ont bien utilisé le thème du livre des records et proposent un scénario original qui pose des réflexions intéressantes sur les records. Je plains les pauvres types qui font tout pour être dans ce livre, surtout que la plupart des records présents dans cet album sont vraiment idiots. L'humour m'a fait sourire et est bien sympathique, l'intrigue policière est bien trouvée et bien maîtrisée et j'ai aimé l'atmosphère qui se dégage de cet album. C'est le genre d'histoire que j'aime bien et que je relirai avec plaisir un jour ! Quant au dessin, il est pas mal sans être dans un style qui me plait totalement.
Les Fantômes de Ermo (Ermo)
J’aime beaucoup les albums de Bruno Loth, qui mêlent souvent histoires humaines et Histoire avec un grand « H ». On suit ici les péripéties d’une troupe de théâtre lors de la montée du fascisme en Espagne dans les années 30 et du basculement dans la guerre civile. Le background historique est donc riche et intéressant, mais présenté de façon très humaine, au travers les yeux d’une galerie de personnages riches en couleurs. L’auteur saupoudre son récit d’une touche de fantastique, ce que j’ai trouvé un peu incongru, mais bon, pourquoi pas. Le 2eme tome se focalise sur la guerre civile, et aborde des thèmes vraiment intéressants (la place des femmes dans la lutte armée mais aussi dans la société espagnole, l’éducation des masses). La lecture n’est pas aisée, le conflit est compliqué et les factions nombreuses, mais globalement je n’ai pas trop décroché… D’autant plus que chacun des 2 albums se conclut avec un petit dossier instructif et distrayant sur la guerre civile espagnole. Une chouette découverte, et une série terminée en 2 tomes !
Petite maman
C'est une histoire bien triste comme il en existe malheureusement des milliers semblables à travers tout le territoire et dans le monde. Bien élever un enfant n'est pas chose aisée pour une femme seule. Aimer devrait pourtant l'être. On ne peut s'empêcher de trouver cette situation bien injuste pour cette petite fille qui s'occupe tellement bien de sa mère et qui en échange n'aura pas l'amour qu'elle mérite. L'auteur Halim Mahmoudi qualifie la chanson culte "Que je t'aime' de grosse bouse. Les millions de fans qui ont tant pleuré la mort de Johnny Hallyday apprécieront sans doute pas. Mais bon, c'est un moyen de dire que l'artifice de gentils mots ne suffit pas et qu'il faut également des actes. Bref, beaucoup d'esbroufe ! Pour le reste, le sujet est sensible et il est bien traité malgré quelques maladresses dans la façon de raconter le récit. On peut se méprendre par rapport à certaines situations comme par exemple après l'attaque du pitbull. C'est touchant, violent et bouleversant à la fois. Il faudra s'accrocher pour ne pas verser une larme pour peu que l'on soit sensible à la détresse humaine surtout quand cela touche des enfants innocents. Il ne faut jamais produire les mêmes erreurs que les aînés serait la grande morale de ce roman graphique.