Les derniers avis (32429 avis)

Couverture de la série La Guilde de la mer
La Guilde de la mer

Dans le bestiaire de Nancy Peña ses éditeurs y ont introduit un lapin parmi les chats, les rats ou les cochons. Ils nous ont bien posé un lapin dans ce monde merveilleux, puisque nous avions rendez-vous au "Point Croisé", troisième opus de la série. Et personne n'est venu... C'est une grande frustration que de voir une série de si grande qualité s'arrêter au milieu du chemin. Car les deux premiers albums sont un vrai régal. Tout y est. L'imagination créative, la qualité du conte, le travail sur le langage, la richesse et l'élégance des dessins, les renvois aux références culturelles et historiques... Que faut-il de plus ? Probablement plus de lecteurs pour une oeuvre vraiment aboutie. Nancy Peña m'a renvoyé au Moyen-Âge, au temps de la Guilde Hanséatique avec ses enjeux de pouvoir et d'intrigues. Cette utilisation du tissu, symbole d'intériorité mais aussi de reconnaissance sociale est une vraie richesse de l'histoire. De plus, je suis un grand fan du trait de madame Peña mais ici elle y ajoute des éclairages et des couleurs qui s'adaptent tellement bien aux ambiances décrites. Un vrai grand plaisir de lecture.

09/04/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Criminal
Criminal

Un polar noir, classique et efficace. La série propose une histoire différente par tome avec à chaque fois un enquêteur différent. Quelques rappels ponctuels des tomes précédents (bar, personnages, noms déjà entendus…) réapparaissent à l’occasion et j’aime bien ces points de repères discrets qui relient le tout. Le personnage principal toujours border line se fond dans cet univers noir et poisseux très bien mis en valeur par un dessin à la Warhol. Les autres personnages tous plus glauques les uns que les autres évoluent dans des pages au découpage dynamique et au rythme rapide. On n’a à peine le temps de s’attacher à certains que le récit les emporte. J’aime beaucoup la voix off en fil rouge avec son ton décalé. Bref ! J’aime beaucoup. Grosse ambiance et très bonne série !

09/04/2022 (modifier)
Couverture de la série Tromblon et Bottaclou
Tromblon et Bottaclou

Cette petite série de Goscinny et Godard mérite mieux qu'une place dans la bibliothèque des spécialistes es-Goscinny. Huit petites histoires de quelques planches du début des années 60. Sur " une joyeuse petite île" l'unique gendarme bien maladroit cherche en vain à mettre en prison l'unique " brigand" de l'île. Ce dernier, Tromblon avec son fidèle chien La Truffe joue les robins des bois, pêcheur à la ligne bien sympathique. On puise aussi dans l'imagerie de Guignol quand Tromblon se met au service de l'ordre pour rétablir la justice. Il y a un petit côté subversif au deuxième degré très drôle de la part de Goscinny. L'absurdité de la lettre sans l'esprit dans l'histoire des pommes, le grotesque du discours dans la visite officielle. " 14 guerres en 50 ans ont opposé nos pays, sans réussir à troubler l'amitié traditionnelle qui les lie..." C'est très fort !! Le comique de Goscinny dans le détournement des noms, de la répétition ou des situation absurdes est bien présent et me réjouit encore aujourd'hui.. C'est sans prétention mais rempli de petites perles truculentes. Godard nous propose des dessins qui ne dévalorisent pas l'histoire. Ils sont classiques avec les couleurs adéquates pour le public jeunesse visé. Du beau travail à redécouvrir.

09/04/2022 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5
Couverture de la série Le Trésor du Cygne Noir
Le Trésor du Cygne Noir

Contrairement à Paco, c’est justement la couverture qui m’avait attirée en premier, quand cette série a été avisée. Le titre aussi est alléchant. Les deux me rappellent un peu « le secret de la Licorne ». On peut dire que tout cela tient ses promesses. Surtout qu’il s’agit d’une vraie tranche d’histoire dont à mon grand regret je n’avais gardé aucun souvenir. Et que le scénariste a côtoyé de près l’affaire. Donc j’aime bien. Un beau dessin bien lisible, de l’aventure archéologique sur de vieux gréements, une enquête et un procès dans les sphères ministérielles… miam… Alors, la partie enquête pourrait paraître rébarbative, il s’agit surtout de retrouver des documents dans les archives de la marine nationale espagnole. Tout d’abord mon côté rat de bibliothèque y trouve son compte, et puis c’est bien mené quand même, il n’y a pas de temps mort mais juste ce qu’il faut de rebondissements. Et comme je ne me souvenais plus de cet épisode, du coup je ne savais pas comment se terminait l’histoire et j’ai apprécié le suspense présent. Les personnages sont plutôt charismatiques et j’ai pris fait et cause pour eux (même si après réflexion, leur légitimité morale sur le trésor est peut-être discutable…). Je suis d’accord avec des aviseurs précédents : la partie bluette me paraît superflue, même si elle n’est pas gênante et qu’elle n’entrave pas la dynamique de l’histoire. Et les révélations finales sont un peu curieuses et superfétatoires, il aurait été judicieux de simplement s’en passer. Mais rien de grave, j’ai vraiment passé un bon moment de lecture et je ne regrette pas mon achat.

08/04/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Celle qui parle
Celle qui parle

La série Quetzalcoatl de Jean-Yves Mitton m'avait fait découvrir la complexité et la violence de l'Empire Aztèque à l'époque de l'arrivée des Conquistadors ainsi que le parcours romancé mais sinistre de celle qui sera plus tard nommée la Malinche. Ce n'est qu'en arrivant à la fin de Celle qui parle que j'ai réalisé que cet album avait pour héroïne le même personnage historique. Le ton y est en effet très différent, bien plus moderne et lumineux tout en n'épargnant pas la même cruelle réalité. La jeune Malinalli y est présentée comme une intelligente jeune fille tourmentée par la vie mais désireuse de s'en sortir. Ballotée par les évènements, trahie par un beau-père jaloux et vendue en esclavage, elle va trouver une porte de sortie dans l'arrivée des Espagnols et dans sa maîtrise des langues qui va lui permettre de s'imposer comme traductrice et conseillère auprès de Cortès. Cette BD est excellente pour plusieurs raisons. La première est la représentation du Mexique en ce début du 16e siècle qui est détaillée clairement et mise en scène d'une manière pleine de vie. Qu'il s'agisse des abjects Mexicas/Aztèques, de leurs voisins Mayas, des autres peuples de la région mais aussi des Conquistadors espagnols eux-mêmes, ils suintent de réalisme et d'humanité dans ce qu'elle a de bon et de mauvais. On est plongé dans cet univers historique comme si on y était. En même temps, le récit est présenté comme une série d'aventure, avec une vraie héroïne à laquelle on s'attache et qu'on a envie de voir progresser. On comprend bien son cheminement moral et on est à ses côtés et compréhensif quand elle sera finalement amenée à agir d'une manière qui la fera considérer comme une traitresse par certains alors qu'elle n'a finalement jamais dévié de sa route vertueuse et de son honneur. Elle ne fera bien souvent que réagir aux circonstances et à l'adversité, adversité qui s'acharnait visiblement contre les femmes de son époque. En cela, l'album est aussi un cri féministe, celui d'une femme qui osera finalement affirmer sa présence et son identité face au tout puissant Empereur qui domine le monde dans lequel elle a vécu et a souffert. Et cette femme, on la comprend et on la soutient dans ses choix. Ajouté à cela un graphisme très sympathique, une mise en scène fluide, aérée et dynamique, et vous obtiendrez une excellente BD d'Histoire et d'aventure.

08/04/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Les Frères Rubinstein
Les Frères Rubinstein

3.5 J'ai mis un peu de temps avant de lire cette série parce qu'au fil des ans j'ai tellement lu de séries sur cette période de l'histoire que je commence à en avoir un peu marre (et c'est aussi le cas pour la première guerre mondiale ou la guerre en Algérie aka la seule guerre coloniale de l'histoire de France apparemment). Et puis je me suis dis qu'au pire je trouverais la série moyenne et j'ai emprunté les trois tomes disponibles. J'ai été agréablement surpris. C'est pour moi la meilleure série de Brunschwig depuis longtemps ! Le scénario est très bien construit, on fait des allers-retours entre les époques et pourtant c'est bien fait. À aucun moment je n'ai eu l'impression que cela compliquait le récit, tout est clair et précis. Je pense d'ailleurs que cela fait partie des atouts de la série. Je veux dire, si on avait tout bêtement suivi la vie de ces deux frères des années 20 aux années 40 de manière linéaire, j'aurais trouvé cela peu original, mais là on fait des sauts dans le temps et la situation de la fratrie change tellement que j'ai envie de lire la suite pour savoir ce qui se passe dans les trous qui restent dans la vie de ces frères. J'ai aussi bien aimé dans le tome 3 que le scénariste montre les tensions entre juifs, entre juifs ashkénaze et séfarade, entre juifs de différentes classes sociales, entre juifs qui ont un point de vue différent sur comment exprimer leur judaïsme. J'ai trouvé cela intéressant et du coup j'ai l'impression que la série apporte vraiment quelque chose de différent aux centaines de séries qui traitent de cette période. Au final, le seul truc qui me dérange est que parfois il y a un peu trop de malheurs qui s'abattent sur les deux frères, mais bon je pense que c'est un peu normal dans une tragédie. C'est juste que par moment on dirait que l'auteur fait tout pour montrer tous les problèmes de cette période et cela manque un peu de naturel parfois.

08/04/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Hubert Reeves nous explique
Hubert Reeves nous explique

Chouette série éducative ! Elle vulgarise très bien des sujets variés liés à la Terre et à la nature : biodiversité, forêts et océans, comme l'indique le titre des 3 albums parus. Comme les sujets sont présentés par Hubert Reeves, son passé d'astrophysicien l'amène souvent à aborder le sujet avec un angle très global, remontant à la nature de la planète elle-même dans l'univers, et cela offre des angles de vue qui changent des documentaires naturalistes classiques. Et c'est très bien fait, très agréable à lire. Le récit est présenté sous la forme de supers sorties scolaires et d'un dialogue entre Hubert Reeves et les élèves, avec par-ci par-là l'intervention des instituteurs/trices. Le rythme est idéal, l'information n'est pas trop dense, elle s'assimile très bien, et elle est bourrée de petites anecdotes et autres histoires vraies qui permettent de donner du corps à son enseignement. Aussi simples et vulgarisés que soient ces documentaires, il ne sont absolument pas naïfs ou réservés aux enfants : en tant qu'adulte, ils m'ont permis d'apprendre pas mal de choses, même sur des sujets que je pensais connaître. Quant au dessin de Casanave, il est exactement sur le même ton : simple et facile d'aspect, et en même temps tout à fait efficace. Typiquement le genre d'albums qu'on met avec grand plaisir entre les mains de ses enfants, de 10 à 13 ans, voire au delà.

07/04/2022 (modifier)
Couverture de la série Julia & Roem (Coup de sang)
Julia & Roem (Coup de sang)

"Parlez-vous Shakespeare ?" semble nous demander Enki Bilal à travers cet album. Bilal nous a souvent proposé d'inscrire son oeuvre dans une perspective plus large du patrimoine artistique de l'humanité. C'est particulièrement vrai dans Julia et Roem à la fois oeuvre dystopique, poétique et écologique. Bilal manie les paradoxes dans cette lecture de Roméo et Juliette. Si nous sommes bien dans un ciel rempli de bruits et de fureur, qui semble vide de transcendance, le paysage n'est que silence et monotonie traversé par les symboles religieux de l'aumônier Lawrence. Paradoxe encore puisque c'est le produit de la recherche militaire qui apportera la vie. On est loin de la Croisière des Oubliés où les expérimentations militaires ont conduit au désastre. "C'était écrit." comme pour la conclusion du très beau "Slumdog Millionnaire", peut-être mais cela n'empêche ni Lawrence ni Parish d'intervenir librement pour le bien commun. C'est un très bel album où le graphisme de Bilal façon crayonné, sombre, précis et élégant nous transporte hors du temps avec cette histoire d'amour universelle. Un très bel album

07/04/2022 (modifier)
Couverture de la série Une maison de Frank L. Wright
Une maison de Frank L. Wright

Cet opus de Cosey regroupe quatre histoires courtes de thématiques chères au maître. Retrouvailles, rencontres improbables, espaces temporels passés à reconquérir et à réinventer sont l'essence de ces contes intimes où la tendresse des sentiments domine. Je dois avouer qu'après tant de bruits et de fureurs (même en BD) cela fait du bien de reprendre un temps poétique au milieu de ces couleurs magnifiques dont Cosey a le secret. Cosey nous propose une pause parmi les turbulences qui nous entourent, j'en profite pleinement en le lisant. Comme ces deux enfants qui planent dans leur bibliothèque de BD, cela nous coupe un instant de la réalité trop brutale. Ouf ! Cosey pose un regard tendre sur les relations humaines toutes générations confondues, ceci en harmonie avec une nature à l'unisson. Une oeuvre romantique où les armes à feu sont jetées au fond du lac. Cela fait du bien.

07/04/2022 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Sous les galets la plage
Sous les galets la plage

Pascal Rabaté nous sort une épaisse histoire de près de 150 pages chez Rue De Sèvres plutôt bien menée. On rencontre trois copains en vacances au bord de mer dans les années 60. Mai 1968 auquel le titre de l'album fait un clin d’œil n'est pas encore venu. Les garçons croisent une belle donzelle de prime abord qui les appâte et leur joue un mauvais tour permettant par la suite de les faire chanter. L'un deux s'éprend de la belle arnaqueuse et veut se démarquer du carcan familial, surtout de son paternel très traditionaliste et militaire. Une bonne trame qui happe le lecteur, un bon dessin. Très bien.

06/04/2022 (modifier)