Mise à jour suite à lecture du tome 2.
C'est la troisième adaptation de HP Lovecraft par Gou Tanabe que je lis et c'est toujours aussi délectable.
Le Cauchemar d'Innsmouth est une des œuvres marquantes de Lovecraft et force est de constater que Tanabe à su en tirer toute sa quintessence.
Une narration qui va crescendo monter dans l'étrange avant de basculer dans l'horreur. On ressent ce climat glauque et inquiétant qui donne la chair de poule. Une prouesse.
Comme à son habitude graphiquement c'est une réussite. Rien que la couverture fait froid dans le dos. Il a toujours ce talent pour reproduire des décors majestueux, il suffit de regarder la ville d'Innsmouth, elle est sordide. Que dire de toutes les doubles pages du début, sinon : grandioses. La parfaite maîtrise du noir et blanc ainsi que des ombres font de ce premier tome une petite merveille. Le seul petit reproche concerne les visages, pas assez expressifs à mon goût même si j'ai constaté une amélioration.
Vivement la suite.
Tome 2:
Un second tome qui va crescendo dans l'angoisse, la terreur et l'horreur, il se dévore d'une traite. La partie de chasse à l'homme est monumentale.
Le dessin est toujours aussi envoûtant.
Je ne suis pas un adepte des mangas mais je vous conseille de plonger à corps perdu sur les adaptations de Lovecraft par Tanabe, vous ne serez pas déçu.
Prix bdthèque 2021 !!
Les aviseurs ne sont pas trompés, « Le près derrière l’église - T.1 » est une petite pépite.
J’avais craqué pour le dessin mais le scénario n’est pas en reste. Une excellente surprise à sa sortie.
L’histoire se déroule en 1930 dans un petit village d’Irlande, qui a comme particularité d’avoir le pub du coin adossé à l’église, ainsi qu’un près pas loin pour les attentifs. On y suit ainsi la vie locale (humains comme animaux) entre sermons, apéros, friandises et questions existentielles.
Le tout est très rafraîchissant et très bien réalisé.
Crisse, au scénario, m’a plus qu’étonné, je ne lui connaissais pas ce registre ... et bravo, c’est fluide, bien raconté, structuré et finalement bien plus dépaysant que ses séries de genre.
Christian Paty m’a tout aussi surpris, je l’avais un peu perdu de vue, mais qu’elle est loin l’époque de la cicatrice du souvenir. Son dessin est ici somptueux, les couleurs sont magnifiques. Et pour camper des animaux, il ne doit rien à personne. Un plaisir pour les yeux.
Un album que je n’attendais pas, une bouffée d’air frais à l’arrivée.
Un excellent 1er tome (qui s’autosuffit), je croise les doigts pour que les auteurs ne sacrifient pas la qualité à la quantité.
Verdict au mois de mars.
Màj au tome 2
Un 2ème tome moins fort mais réussi, la partie graphique me séduit toujours autant. On prend plaisir à retrouver tout le microcosme de ce petit village irlandais, mais cette fois-ci sous la neige et l’effet de surprise en moins.
Pour l’instant ça marche encore pour moi, mais je conserve mes craintes sur l’album de trop. Je ne souhaite pas que la série tombe dans sa propre caricature.
Encore un excellent cru que cette adaptation de HP Lovecraft par Gou Tanabe.
J'ai pris énormément de plaisir à lire "La couleur tombée du ciel", un récit fantastique et d'horreur où l'angoisse est palpable tout le long de l'histoire.
Une narration fluide et captivante.
Impossible de lâcher ce manga avant le dénouement et je ne regarderai plus jamais un puits de la même façon.
Gou Tanabe maîtrise à la perfection le noir et blanc avec toutes les nuances de gris.
Une mise en page millimétrée qui magnifie les superbes décors.
Une adaptation réussie que je recommande.
Une très belle adaptation en BD de la célèbre histoire des Sorcières de Salem. C’est une histoire dure à lire, mais qui retranscrit fort bien l’atmosphère de fanatisme religieux qui dominait dans cette Colonie de la Nouvelle Angleterre au 17ème siècle. Mais Gilbert y développe des thèmes qui finalement ont traversé les époques: fanatisme religieux, procès « stalinien », élimination de toutes oppositions dans une société, mise à l’index des minorités. Autant de thèmes toujours d’actualité dans notre monde contemporain et c’est ce qui fait que cette histoire reste tout à fait actuelle. Ou et comment une société parvient à s’inventer des ennemis pour éviter de s’interroger sur elle même et de mettre un terme à ses propres turpitudes. Une œuvre forte qui atteint son objectif et mérite qu’on s’y attarde. Un grand bravo à Gilbert tant pour la qualité de son dessin que pour celui de son scénario.
Cet album très dense de Will Eisner tient à mon avis plus du roman que de la BD/Comics.
En effet le scénario et le texte qui l’accompagnent sont dignes d'un bon écrivain de thriller et d'espionnage, tellement je trouve l'histoire élaborée.
On y retrouve de nombreuses thématiques chères aux années 60/70 qui sont peut-être moins d'actualité aujourd'hui, quoique.
La lutte entre les USA et l'URSS (la Russie) pour la course à l'espace et la puissance morale et militaire qui s'en suit, reste vivante.
L'obsession de trouver une vie extra-terrestre et la valeur du contact à établir, a fait les beaux jours de nombreux auteurs de SF.
Mais je trouve qu'Eisner pense le sujet d'une façon beaucoup plus approfondie en soulignant le rapport, voire le conflit entre le politique et le scientifique et le parasitage du financier.
Tout cela est saupoudré d'histoires amoureuses où le sexe a sa place. Un détour dans l'Afrique des Amin ou Bokassa vue d'une façon très subtile et drôle.
L'ouvrage est bourré de références des années 70 qui laisseront le lecteur jeune un peu désorienté.
Perso, j'ai adoré cette lecture d'autant plus que le dessin de Will Eisner est toujours l'un des meilleurs. Sa fluidité et son expressivité magnifient l'action et les sentiments de ce roman graphique.
Un découpage, une mise en page et une mise en scène très fouillés qui montrent la maîtrise de l'auteur pour rendre un récit complexe intelligible.
Il y a énormément d'autres points comme le haut potentiel intellectuel des Afro-Américains, l'image des homosexuels (vrai dur de la mafia ou pas), le rapport des élections avec l'argent, etc...
C'est du Eisner un peu particulier par rapport à sa production habituelle du Spirit ou de sa biographie juive et son combat contre l'antisémitisme mais c'est une lecture très agréable et d'une grande qualité.
Cette BD se situe dans la lignée de l’album de Alfred "Pourquoi j’ai tué Pierre" qui a marqué les esprits et qui a été largement commenté sur ce site. Sauf que le traitement est ici bien différent. Il faut dire que Ben Gijemans Ne se situe pas vraiment dans la tradition de la BD Franco Belge mais plutôt dans cette de la BD Américaine. Son traitement ressemble largement à celui d’un Chris Ware ou d’un Jon Mc Naught avec une succession de case sans texte, qui donne un sentiment de lenteur.
Ce traitement permet ici de mieux comprendre l’angoisse, la mélancolie et le désarroi d’un jeune étudiant qui se sait attiré par les jeunes enfants. Luttant contre ses pulsions profondes il ne parvient pas à réfréner ses instincts. Tout est dans le non dit, le sous entendu pour le traitement de ce sujet difficile. Sur une histoire longue de 200 pages, on ne bascule jamais dans le voyeurisme ou le traitement cru du sujet. C’est ce en quoi cet album est une réussite. Bien sûr le sujet n’est pas facile, bien sûr que les tenants d’une BD plus traditionnelle n’y trouverons pas leur compte. Néanmoins il me semblait important de souligner la qualité de cet album qui est sans doute passé un peu inaperçu dans la multitude des sorties BD.
Le dessin n’est pas forcément mon truc, et l’histoire manque peut-être parfois d’originalité. Mais si je commence par ces petits bémols, c’est pour ensuite souligner la qualité de cet album, qui atteint pleinement son objectif, à savoir captiver de jeunes lecteurs et les informer sur un fléau (le harcèlement) et les moyens de le déceler et de s’en prémunir.
Comme le dit à juste titre Ro, c’est un album parfaitement adapté aux CDI (c’est d’ailleurs dans le CDI de mon collège que je l’ai emprunté).
Car le dessin (par-delà mes réserves personnelles) est adapté au lectorat visé, dynamique, clair. Et l’histoire, dans laquelle nous suivons une collégienne/lycéenne sur deux années scolaires, dans un internat de campagne, doit sans aucun doute « parler » aux jeunes du même âge, qui y retrouveront leurs préoccupations, leurs inquiétudes.
L’intrigue, sans être originale, est bien construite, ménage quelque rebondissements (légers), mais surtout met intelligemment en lumière les mécanismes du harcèlement, et la manière avec laquelle Camélia, l’héroïne, va finalement surmonter cette épreuve.
Ajoutons que le dossier final est très complet et qui aussi adapté au lectorat. C’est un album réussi, donc.
Note réelle 3,5/5.
Bd géniale.
Histoire mêlant historique et fiction avec brio et suspens.
On en apprend en plus sur la commune et la ville de Paris.
Graphiquement c'est très agréable, sans être extraordinaire. Les détails des paysages et de Paris sont superbes, les visages un peu moins fouillés, mais cela reste très beau dans son ensemble.
Rien à dire où plutôt si, vivement le tome 2.
Si le tome 2 est à la hauteur du tome 1, ce sera un coup de cœur.
Merci aux auteurs.
Une bd qui a du sens, cela fait vraiment du bien.
C’est frais, marrant et bien vu. Je conseille vivement.
J’ai suivi le coup de cœur de mon libraire, et je ne suis pas déçu. Après la fille dans l’écran, Lou Lubie continue de m’épater.
Elle s’attaque aux contes que tout le monde connait, en dépoussiérant l’image d’Épinal que Disney nous a formatée. La comparaison entre les différentes versions (Grimm, Perrault, Basile ...) est assez jubilatoire, et elle va bien plus loin en posant certaines questions (la psychanalyse, la religion, les origines, le sexisme, la parité ...).
Il y a un sacré boulot d’analyse dans un ton moderne et très drôle, un peu à la manière de Marion Montaigne mais avec une partie graphique plus « carré » à mon goût.
C’est hyper fluide, on avale les plus de 200 pages facilement et chaque chapitre est intéressant.
L’objet en lui même est très réussi et soigné : dorure, stylet tissu ... en forme de clin d’œil aux livres d’autrefois.
Vraiment du tout bon, du chouette boulot. Bravo.
A noter également que l’album propose de la réalité augmentée (via l’application Delcourt Soleil +), pour ceux qui souhaitent prolonger le plaisir et compléter leur lecture (infos supplémentaires sur les auteurs, contes etc ...)
C’est un petit pavé, mais qui se lit bien, agréablement. La narration est fluide, et l’adaptation de sources anciennes et directement liées à cette expédition incroyable (que je ne connaissais pas) est bien fichue. On passe des cartes marines et d’extraits de journal de bord à la partie proprement BD sans problème, les deux se complètent très bien.
J’ai juste eu un peu de mal à entrer dans cette lecture, à cause du dessin, qui m’a surpris. Pas forcément mon truc, et surtout je ne m’attendais pas à ce style pour ce genre de récit. Mais au final ça passe très bien.
Certaines planches sont même très belles. Mais le dessin est aussi inégal.
Quant au récit lui-même, on est rapidement pris par cette aventure. S’il n’y a pas le total saut dans l’inconnu qu’a connu l’expédition de Magellan 220 ans plus tôt, il y a quand même pas mal de points communs entre ces deux voyages : le côté épique, l’incroyable résistance des quelques survivants du périple, qui réussissent un tour du monde improbable (le passage du cap Horn est dantesque, le scorbut fait des ravages, etc.).
Contrairement à Magellan, Hanson dirige une expédition militaire : il faut donc aux matelots et soldats se battre contre les Espagnols en plus des éléments (souvent déchainés). Ceci dynamise le récit.
Un récit d’aventure bien mené, qui nous fait découvrir un pan d’histoire peu connu, un exploit quasi inutile, mais incroyable.
Note réelle 3,5/5.
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Le Cauchemar d'Innsmouth
Mise à jour suite à lecture du tome 2. C'est la troisième adaptation de HP Lovecraft par Gou Tanabe que je lis et c'est toujours aussi délectable. Le Cauchemar d'Innsmouth est une des œuvres marquantes de Lovecraft et force est de constater que Tanabe à su en tirer toute sa quintessence. Une narration qui va crescendo monter dans l'étrange avant de basculer dans l'horreur. On ressent ce climat glauque et inquiétant qui donne la chair de poule. Une prouesse. Comme à son habitude graphiquement c'est une réussite. Rien que la couverture fait froid dans le dos. Il a toujours ce talent pour reproduire des décors majestueux, il suffit de regarder la ville d'Innsmouth, elle est sordide. Que dire de toutes les doubles pages du début, sinon : grandioses. La parfaite maîtrise du noir et blanc ainsi que des ombres font de ce premier tome une petite merveille. Le seul petit reproche concerne les visages, pas assez expressifs à mon goût même si j'ai constaté une amélioration. Vivement la suite. Tome 2: Un second tome qui va crescendo dans l'angoisse, la terreur et l'horreur, il se dévore d'une traite. La partie de chasse à l'homme est monumentale. Le dessin est toujours aussi envoûtant. Je ne suis pas un adepte des mangas mais je vous conseille de plonger à corps perdu sur les adaptations de Lovecraft par Tanabe, vous ne serez pas déçu.
Le Pré derrière l'église
Prix bdthèque 2021 !! Les aviseurs ne sont pas trompés, « Le près derrière l’église - T.1 » est une petite pépite. J’avais craqué pour le dessin mais le scénario n’est pas en reste. Une excellente surprise à sa sortie. L’histoire se déroule en 1930 dans un petit village d’Irlande, qui a comme particularité d’avoir le pub du coin adossé à l’église, ainsi qu’un près pas loin pour les attentifs. On y suit ainsi la vie locale (humains comme animaux) entre sermons, apéros, friandises et questions existentielles. Le tout est très rafraîchissant et très bien réalisé. Crisse, au scénario, m’a plus qu’étonné, je ne lui connaissais pas ce registre ... et bravo, c’est fluide, bien raconté, structuré et finalement bien plus dépaysant que ses séries de genre. Christian Paty m’a tout aussi surpris, je l’avais un peu perdu de vue, mais qu’elle est loin l’époque de la cicatrice du souvenir. Son dessin est ici somptueux, les couleurs sont magnifiques. Et pour camper des animaux, il ne doit rien à personne. Un plaisir pour les yeux. Un album que je n’attendais pas, une bouffée d’air frais à l’arrivée. Un excellent 1er tome (qui s’autosuffit), je croise les doigts pour que les auteurs ne sacrifient pas la qualité à la quantité. Verdict au mois de mars. Màj au tome 2 Un 2ème tome moins fort mais réussi, la partie graphique me séduit toujours autant. On prend plaisir à retrouver tout le microcosme de ce petit village irlandais, mais cette fois-ci sous la neige et l’effet de surprise en moins. Pour l’instant ça marche encore pour moi, mais je conserve mes craintes sur l’album de trop. Je ne souhaite pas que la série tombe dans sa propre caricature.
La Couleur tombée du ciel
Encore un excellent cru que cette adaptation de HP Lovecraft par Gou Tanabe. J'ai pris énormément de plaisir à lire "La couleur tombée du ciel", un récit fantastique et d'horreur où l'angoisse est palpable tout le long de l'histoire. Une narration fluide et captivante. Impossible de lâcher ce manga avant le dénouement et je ne regarderai plus jamais un puits de la même façon. Gou Tanabe maîtrise à la perfection le noir et blanc avec toutes les nuances de gris. Une mise en page millimétrée qui magnifie les superbes décors. Une adaptation réussie que je recommande.
Les Filles de Salem
Une très belle adaptation en BD de la célèbre histoire des Sorcières de Salem. C’est une histoire dure à lire, mais qui retranscrit fort bien l’atmosphère de fanatisme religieux qui dominait dans cette Colonie de la Nouvelle Angleterre au 17ème siècle. Mais Gilbert y développe des thèmes qui finalement ont traversé les époques: fanatisme religieux, procès « stalinien », élimination de toutes oppositions dans une société, mise à l’index des minorités. Autant de thèmes toujours d’actualité dans notre monde contemporain et c’est ce qui fait que cette histoire reste tout à fait actuelle. Ou et comment une société parvient à s’inventer des ennemis pour éviter de s’interroger sur elle même et de mettre un terme à ses propres turpitudes. Une œuvre forte qui atteint son objectif et mérite qu’on s’y attarde. Un grand bravo à Gilbert tant pour la qualité de son dessin que pour celui de son scénario.
L'Appel de l'Espace
Cet album très dense de Will Eisner tient à mon avis plus du roman que de la BD/Comics. En effet le scénario et le texte qui l’accompagnent sont dignes d'un bon écrivain de thriller et d'espionnage, tellement je trouve l'histoire élaborée. On y retrouve de nombreuses thématiques chères aux années 60/70 qui sont peut-être moins d'actualité aujourd'hui, quoique. La lutte entre les USA et l'URSS (la Russie) pour la course à l'espace et la puissance morale et militaire qui s'en suit, reste vivante. L'obsession de trouver une vie extra-terrestre et la valeur du contact à établir, a fait les beaux jours de nombreux auteurs de SF. Mais je trouve qu'Eisner pense le sujet d'une façon beaucoup plus approfondie en soulignant le rapport, voire le conflit entre le politique et le scientifique et le parasitage du financier. Tout cela est saupoudré d'histoires amoureuses où le sexe a sa place. Un détour dans l'Afrique des Amin ou Bokassa vue d'une façon très subtile et drôle. L'ouvrage est bourré de références des années 70 qui laisseront le lecteur jeune un peu désorienté. Perso, j'ai adoré cette lecture d'autant plus que le dessin de Will Eisner est toujours l'un des meilleurs. Sa fluidité et son expressivité magnifient l'action et les sentiments de ce roman graphique. Un découpage, une mise en page et une mise en scène très fouillés qui montrent la maîtrise de l'auteur pour rendre un récit complexe intelligible. Il y a énormément d'autres points comme le haut potentiel intellectuel des Afro-Américains, l'image des homosexuels (vrai dur de la mafia ou pas), le rapport des élections avec l'argent, etc... C'est du Eisner un peu particulier par rapport à sa production habituelle du Spirit ou de sa biographie juive et son combat contre l'antisémitisme mais c'est une lecture très agréable et d'une grande qualité.
Aaron
Cette BD se situe dans la lignée de l’album de Alfred "Pourquoi j’ai tué Pierre" qui a marqué les esprits et qui a été largement commenté sur ce site. Sauf que le traitement est ici bien différent. Il faut dire que Ben Gijemans Ne se situe pas vraiment dans la tradition de la BD Franco Belge mais plutôt dans cette de la BD Américaine. Son traitement ressemble largement à celui d’un Chris Ware ou d’un Jon Mc Naught avec une succession de case sans texte, qui donne un sentiment de lenteur. Ce traitement permet ici de mieux comprendre l’angoisse, la mélancolie et le désarroi d’un jeune étudiant qui se sait attiré par les jeunes enfants. Luttant contre ses pulsions profondes il ne parvient pas à réfréner ses instincts. Tout est dans le non dit, le sous entendu pour le traitement de ce sujet difficile. Sur une histoire longue de 200 pages, on ne bascule jamais dans le voyeurisme ou le traitement cru du sujet. C’est ce en quoi cet album est une réussite. Bien sûr le sujet n’est pas facile, bien sûr que les tenants d’une BD plus traditionnelle n’y trouverons pas leur compte. Néanmoins il me semblait important de souligner la qualité de cet album qui est sans doute passé un peu inaperçu dans la multitude des sorties BD.
Camélia - Face à la meute
Le dessin n’est pas forcément mon truc, et l’histoire manque peut-être parfois d’originalité. Mais si je commence par ces petits bémols, c’est pour ensuite souligner la qualité de cet album, qui atteint pleinement son objectif, à savoir captiver de jeunes lecteurs et les informer sur un fléau (le harcèlement) et les moyens de le déceler et de s’en prémunir. Comme le dit à juste titre Ro, c’est un album parfaitement adapté aux CDI (c’est d’ailleurs dans le CDI de mon collège que je l’ai emprunté). Car le dessin (par-delà mes réserves personnelles) est adapté au lectorat visé, dynamique, clair. Et l’histoire, dans laquelle nous suivons une collégienne/lycéenne sur deux années scolaires, dans un internat de campagne, doit sans aucun doute « parler » aux jeunes du même âge, qui y retrouveront leurs préoccupations, leurs inquiétudes. L’intrigue, sans être originale, est bien construite, ménage quelque rebondissements (légers), mais surtout met intelligemment en lumière les mécanismes du harcèlement, et la manière avec laquelle Camélia, l’héroïne, va finalement surmonter cette épreuve. Ajoutons que le dossier final est très complet et qui aussi adapté au lectorat. C’est un album réussi, donc. Note réelle 3,5/5.
L'Enfer pour Aube
Bd géniale. Histoire mêlant historique et fiction avec brio et suspens. On en apprend en plus sur la commune et la ville de Paris. Graphiquement c'est très agréable, sans être extraordinaire. Les détails des paysages et de Paris sont superbes, les visages un peu moins fouillés, mais cela reste très beau dans son ensemble. Rien à dire où plutôt si, vivement le tome 2. Si le tome 2 est à la hauteur du tome 1, ce sera un coup de cœur. Merci aux auteurs. Une bd qui a du sens, cela fait vraiment du bien.
Et à la fin, ils meurent
C’est frais, marrant et bien vu. Je conseille vivement. J’ai suivi le coup de cœur de mon libraire, et je ne suis pas déçu. Après la fille dans l’écran, Lou Lubie continue de m’épater. Elle s’attaque aux contes que tout le monde connait, en dépoussiérant l’image d’Épinal que Disney nous a formatée. La comparaison entre les différentes versions (Grimm, Perrault, Basile ...) est assez jubilatoire, et elle va bien plus loin en posant certaines questions (la psychanalyse, la religion, les origines, le sexisme, la parité ...). Il y a un sacré boulot d’analyse dans un ton moderne et très drôle, un peu à la manière de Marion Montaigne mais avec une partie graphique plus « carré » à mon goût. C’est hyper fluide, on avale les plus de 200 pages facilement et chaque chapitre est intéressant. L’objet en lui même est très réussi et soigné : dorure, stylet tissu ... en forme de clin d’œil aux livres d’autrefois. Vraiment du tout bon, du chouette boulot. Bravo. A noter également que l’album propose de la réalité augmentée (via l’application Delcourt Soleil +), pour ceux qui souhaitent prolonger le plaisir et compléter leur lecture (infos supplémentaires sur les auteurs, contes etc ...)
Le Voyage du Commodore Anson
C’est un petit pavé, mais qui se lit bien, agréablement. La narration est fluide, et l’adaptation de sources anciennes et directement liées à cette expédition incroyable (que je ne connaissais pas) est bien fichue. On passe des cartes marines et d’extraits de journal de bord à la partie proprement BD sans problème, les deux se complètent très bien. J’ai juste eu un peu de mal à entrer dans cette lecture, à cause du dessin, qui m’a surpris. Pas forcément mon truc, et surtout je ne m’attendais pas à ce style pour ce genre de récit. Mais au final ça passe très bien. Certaines planches sont même très belles. Mais le dessin est aussi inégal. Quant au récit lui-même, on est rapidement pris par cette aventure. S’il n’y a pas le total saut dans l’inconnu qu’a connu l’expédition de Magellan 220 ans plus tôt, il y a quand même pas mal de points communs entre ces deux voyages : le côté épique, l’incroyable résistance des quelques survivants du périple, qui réussissent un tour du monde improbable (le passage du cap Horn est dantesque, le scorbut fait des ravages, etc.). Contrairement à Magellan, Hanson dirige une expédition militaire : il faut donc aux matelots et soldats se battre contre les Espagnols en plus des éléments (souvent déchainés). Ceci dynamise le récit. Un récit d’aventure bien mené, qui nous fait découvrir un pan d’histoire peu connu, un exploit quasi inutile, mais incroyable. Note réelle 3,5/5.