Comme le sous-titre l’indique, il s’agit d’une histoire, au fil des âges, des relations entre les humains et les autres animaux.
Le documentaire est excellent, il faut bien le dire mais … qu’est-ce que c’est dur de se faire mettre le nez dans le caca comme ça.
Parce qu’on s’en doute, dans l’immense majorité des cas, la cohabitation n’a pas été de tout repos, pour les animaux s’entend. L’auteure est une spécialiste du comportement animal et des relations que nous entretenons avec nos colocataires sur cette planète.
Tout y passe, ou presque. L’époque chasseur-cueilleur paraît somme toute la plus équilibrée dans cette difficile histoire que nous partageons de gré ou de force. L’émergence de l’agriculture et de l’élevage a permis – et surtout permet encore – les pires exactions vis à vis des animaux vus en tant que ressources alimentaires. Et tout ça, même s’il y a des prises de conscience des opinions publiques, ne s’arrange pas au fil du temps, ne serait-ce qu’en terme d’échelle globale.
Là comme ailleurs, la rentabilité restant le maître mot, l’humanité (le sentiment j’entends) n’a pas toujours pas droit de cité.
Les animaux-aliments, mais aussi les animaux bêtes de somme, les chevaux dans les mines, les animaux compagnons qui ne sont pas toujours respectés, les animaux destinés aux spectacles pas mieux lotis voire pire…
On se doute aussi que ce rapport de domination débouche également sur le problème écologique du maintien des écosystèmes favorables à la faune sauvage, et là, on ne peut pas dire qu’on va dans la bonne direction… Tout est lié.
L’humanité (l’espèce cette fois) est et reste capable du pire, même si les auteurs nous montrent aussi quelques exemples d’humains qui essaient désespérément de faire comprendre aux autres que nos compagnons de planète ne sont pas que de bêtes bêtes.
Édifiant. Franchement bien réalisé et documenté. Le propos est dur, mais la lecture est aisée, même si agréable n’est pas forcément le mot le plus approprié, on s’en doute. Pour faire passer leur message, les auteurs ont inséré des pointes d’humour dans les dialogues des animaux. J’avoue qu’elles sont les bienvenues, j’ai apprécié.
Et le dessin n’est pas en reste. Beau, très beau même, mais dur quand il faut l’être. Ça saigne et ça fait mal parce que ce n’est pas de la fiction.
Je suis dure, parce que le récit montre également quelques, trop rares, cohabitations qui sont harmonieuses pour tous, hommes et animaux.
À lire, à faire lire. Même si ce sont des faits que l’on connaît tous inconsciemment ou pas. Il est toujours bon de se rappeler qu’il faut continuer de se mobiliser, d’exiger d’autres pratiques et de s’interroger sur nos modes de vie.
(désolée d’avoir été aussi longue et aussi chiante et moralisatrice, c’est un petit coup de gueule)
J'avais plongé dans ce bouquin il y a quelques années et j'en garde un souvenir impérissable. Donc forcément, avec le texte de cette BD directement issu de l'œuvre originale, voilà une partie validée sans efforts.
Londres, fin XIX, nous suivons la vie de Dorian Gray, jeune dandy d'une beauté divine qui extasie le monde de l'art et de la haute société. Basil Hallward a le privilège de peindre son portrait et y met toute son âme, éperdument vouée à ce jeune homme. Lord Henry Wotton le rencontre à son tour et lui expose sa vision de la vie et comment la mener. Puis Dorian rencontre la belle Sibyl. Et la tragédie va bientôt commencer.
J'aime beaucoup le côté réaliste qui se dégage de la BD. Tous ces discours pompeux de bourgeois ayant tellement de temps libre qu'ils se croient philosophes, parlant sur le monde et sur les gens avec une telle désinvolture, c'est tout à fait détestable! L'esprit mondain prend assez cher, on se rend compte à quel point il ne sert à rien. Et je trouve ça très visible ici. J'ai beaucoup beaucoup aimé le dessin, qui dégage énormément d'expressivité aux personnages. La colorisation donne un ton brumeux adapté avec l'ambiance générale, dans une ville de Londres sombre et fantastique.
Sur le choix des scènes, l'essentiel est là mais il en manque certaines qui apportent pas mal de matières au récit de mémoire. Il manque une partie intéressante sur le frère de Sibyl (il ne fait pas que retrouver Dorian Gray) qui permet de dégager une autre approche perverse de la relation entre le jeune homme éternel et son portrait. Dommage que lord Henry soit mis de côté aussi, dont la personnalité est moins complexe que dans le roman. Sous la contrainte du format BD peut-être, l'auteur se concentre surtout sur cet homme qui ne juge que par le beau. La structure en "actes" est bienvenue et l'auteur en profite pour mettre en avant l'évolution de Dorian Gray à travers son portrait, illustrant toute la fatalité du récit.
Il vaudrait mieux lire le roman avant la BD pour ne pas louper toutes les questions soulevées à travers cette histoire. Mais je salue franchement cette adaptation. Pas sans défauts, mais les qualités dominent et le dessin envoûte.
C’est suite à la lecture de l’avis de Mac Arthur que je me suis procuré cet album. Un grand merci Mac parce qu’avec sunlight je me suis régalé comme jamais.
C’est du Christophe Bec pur jus. Le scénario reprend les mêmes ingrédients que dans Bikini Atoll mais comme je suis fan de ces huis clos dramatiques, ma lecture a été délicieuse. Le suspens progresse au fil des pages. Les tensions entre les protagonistes s’exacerbent davantage plus l’histoire avance. Le côte noir et blanc souligne le côté éprouvant de ces trois spéléologues en difficulté qui luttent pour survivre dans une mine abandonnée. Frissons assurés ! Tensions omniprésentes ! Hummm mais que c’est bon !
Certains diront que cette histoire est très conventionnelle et qu’il n’y a pas grand chose de nouveau à se mettre sous la pupille. Ils ont raison. Mais c’est ma came et au final j’ai savouré l’album de la première à la dernière page sublimé par le trait de Bernard Khattou.
Je ne peux que conseiller ce pavé angoissant de 160 planches. Les claustrophobes vont déguster !
J’ai trouvé ce livre très bien réalisé.
Tout d’abord le dessin est très agréable à lire. Il facilité franchement l’immersion. Une immersion rendue à l’origine un peu plus compliquée par le côté très littéraire de l’œuvre. En effet, comme le dit Alix, la majeure partie du récit est constitué de lettres que le grand-père de Baptiste Beaulieu (auteur du roman dont est tiré cette bande dessinée) adresse à une mystérieuse Anne-Lise. Ces lettres sont joliment illustrées mais demeurent sous la forme de lettres et sont donc longues à lire. A titre personnel, cela ne m’a pas dérangé mais il est clair que cette lecture demande du temps.
Ensuite, il y a le contexte historique. D’avant la première guerre mondiale à après la seconde, la première partie de la vie de ce grand-père va être marquée par les grands bouleversements de la première partie du XXème siècle. Le contexte historique est bien rendu, je trouve, et nous replonge « à une autre époque ».
Et puis, surtout, il y a le destin de Moïse Beaulieu (le grand-père de l’histoire… et grand-père du romancier à l’origine de ce récit). Sa vie est tellement romanesque qu’elle en devient incroyable. Il ne se serait d’ailleurs pas agi d’une histoire vraie que je pense que je l’aurais trouvée « exagérée », peu crédible. Mais me dire que les personnages évoqués ont existé… whaouw ! C’est incroyable et d’autant plus touchant.
Au final, je trouve donc que cet album est très beau, émouvant, humain. Il nous parle de personnages ayant traversé des années sombres de l’histoire sans jamais perdre leur humanité. Il nous parle aussi de la difficulté à communiquer entre générations, et de sa nécessité. De la nécessité de connaître le passé d’une personne pour mieux la comprendre, de la nécessité d’écouter les autres pour comprendre leurs choix. Pas parce que c’est bien vu socialement mais bien parce que cette compréhension sera propice à une forme d’apaisement personnel.
Une très belle lecture.
A travers plusieurs histoires courtes, Jean van Hamme dénonce les travers d’une société qui a tout prévu pour le bonheur de ses citoyens. Celui ou celle qui viendrait à se rebeller pourrait compromettre cette « magnifique organisation » et ça : il n’en est pas question ! Le bonheur organisé par l’État devient vite coercitif, liberticide et manipulateur. C’est évidemment caricatural et le scénario n’est pas sans rappeler « 1984 » de George Orwell. Il n’empêche, qu’il est intéressant de se pencher de temps en temps sur l’état des libertés et de regarder dans son ensemble le fonctionnement de notre société. Si certains cas évoqués sont poussés à l’absurde et c’est drôle, d’autres plus réalistes font un peu froid dans le dos. J’ai bien aimé la façon dont l’auteur, dans une dernière histoire, a rassemblé tous ces personnages qui n’avaient pas de lien apparent entre eux pour un final intelligent et cohérent. Le dessin de Griffo colle tout à fait à l’esprit du récit avec ses détails et ses couleurs. C’est un bon album que je viens de relire avec plaisir.
J'aime décidément beaucoup les albums publiées au préalable dans la Revue dessinée, à laquelle je dois m'abonner d'ailleurs. Ces séries de reportages journalistiques mis en BD permettent d'avoir la précision d'un travail journalistique avec le trait de la BD. Parfois un peu indigeste, les enquêtes se veulent toujours instructives et sourcées, ce qui ajoute au poids de ce qui est dit.
Ici, nous avons droit à cette fameuse histoire des algues vertes, histoire médiatisée il y a quelques années et pourtant tombée aujourd'hui dans l'oubli médiatique. Car je n'en entends plus vraiment parler, bien que le souci existe encore. Et s'aggrave même, je dirais, puisque notre agriculture intensive et polluante n'est pas en passe de s'arrêter. En tout cas pas dans une Bretagne très conservatrice sur ce point.
Car le scandale des algues vertes n'est pas seulement un scandale sanitaire. Ça, c'est la pointe émergée de l'iceberg, celle que l'on devine parce qu'elle est plus visible. Mais derrière se joue l'éternel jeu des magouilles politiques, la question de l'écologie et de la pollution aux nitrates, ainsi que la question de notre agriculture, si dévastatrice pour notre environnement qu'elle en devient dévastatrice pour nous-même.
La BD retrace bien cette imbrication de chaque sujet dans l'autre, entre les politiques qui ne reculeront devant aucune crasse, alliant intimidation, menaces et sabotage d'opération, tout en jouant l'argent des subventions publiques aux agriculteurs et organismes de contrôle pour garder un pays "propre" alors qu'il est pollué par des marées mortelles. Quelle ironie d'entendre les politiques parler de maintenir le tourisme sur des zones potentiellement dangereuses ...
Cela dit, la BD met bien en lumière la façon dont certains (présidents de régions, politiciens de le région Bretagne, chef de groupement agricoles, d'entreprises alimentaires etc ...) s'allient entre eux pour masquer l'ampleur d'un scandale sanitaire qui touche pourtant si gravement les populations locales. Et quelle hypocrisie dans leurs façons d'opérer en faisant contre-expertise pour annuler celles qui ne vont pas dans le bon sens (c'est-à-dire le leur). Cette enquête donne envie de tordre des cous, comme souvent lors d'enquête de ce genre.
Une très bonne lecture, malgré des lourdeurs lorsque l'enquête se veut très didactique et exacte, donc sourcée et parfois un peu trop précise. Mais c'est en même temps une très bonne lecture puisque la relecture permet de se remettre en mémoire des noms et des visages que l'on reverra sans doute dans d'autres scandales du même genre. A lire si vous êtes français, ne serait-ce que pour savoir à qui vous avez affaire niveau têtes pensantes ...
J’ai beaucoup de sympathie pour cet album, je l’ai découvert dans sa version chez Seuil, en même temps qu’un autre album de l’auteur, La Mouche (toujours chez le même éditeur).
Encore un récit un rien expérimental, Trondheim s’étant donné comme contrainte de faire courir un affrontement entre 2 personnages sur plus d’une centaine de pages.
Pour ma part : pari réussi, j’apprécie beaucoup ce duel ponctué de joutes verbales, c’est linéaire comme exercice mais plutôt drôle et rythmé, et ça se renouvelle suffisamment dans les situations (retournement, interventions de personnages tiers …) jusqu’à une chute finale qui arrive avant la lassitude.
Le « beau » petit plus à mes yeux, c’est que Trondheim utilise certains de ses futurs personnages (Lapinot et Richard en tête), même s’ils n’ont pas le même patronyme ou caractère. Du coup, j’ai un peu pris cette histoire comme une alternative aux formidables aventures de Lapinot dont je suis bien friand, une sorte de hors série en mode Fantasy.
C’est limité comme intérêt et je surnote un peu, mais une petite friandise que je ne boude pas et que je conseille à ceux qui ont aimé les albums : Blacktown, Walter …
Personnellement, j'ai beaucoup aimé ce manga; contrairement aux autres avis (mais je ne les contredis absolument pas) ! Effectivement si on ne lis que les premiers tomes on ne voit pas beaucoup les personnages se développer, le début est plutôt lent mais j'apprécie cela, car on s'immerge ainsi plus facilement de mon avis. Je m'identifie un peu au personnage principal, ses hésitations et sa manière de penser en font un personnage que je trouve plutôt attachant au fil des livres; et les autres personnages ne sont pas en reste ! Certains lecteurs n'apprécient sans doute pas la personnalité du bibliothécaire (Oui j'ai oublié son nom désolé), mais encore une fois c'est largement compensé par ses talents de bibliothécaire et notamment sa gentillesse (qui ne ressort pas souvent mais tout de même) ! Les deux autres bibliothécaires sont très attachantes; et les "clients" de la bibliothèque le sont tout aussi ! On trouve rapidement des personnages préférés je trouve. Et ce livre nous fait découvrir la littérature enfantine, livres que les grands ne lisent plus du tout, et ce manga fait réfléchir: devons-nous réduire nos lectures et la découverte d'ouvrages, car nous sommes "trop grands" pour en profiter ! Voilà c'est mon avis, mais à vous d'avoir le vôtre.
L'adaptation du roman de Thibault Vermot, j'en découvre la trame avec cet album.
Un bled perdu au fin fond du Colorado où la misère se dévoile à chaque coin de rue.
Une bande d'adolescents paumés, mais attachants, où le personnage de Suzy se détache à mes yeux, la seule nana du groupe, androgyne et fille d'un shérif alcoolique. Une bande qui va être mêlée à une sordide histoire de meurtre qui évoluera progressivement vers un thriller horrifique.
Un récit qui nous plonge dans un monde glauque où les méfaits de la drogue, de l'alcool mais aussi de la maltraitance côtoieront une violence omniprésente.
Une narration maîtrisée faite de petits chapitres séparés à chaque fois par une pleine page où le dessin d'une cassette audio est accompagnée d'un titre de chanson, un univers musical très grunge (Metallica, The Cure, Aerosmith ...). Les chapitres sont numérotés en nombre de clous, ces clous qui sont plantés dans les traverses des chemins de fer. La voie ferrée serpentant ces paysages désolés jusqu'à cet immense triage qui sera la gueule du reptile.
L'histoire ne serait pas aussi prenante sans ce magnifique noir et blanc au trait charbonneux et crasseux qui retranscrit à merveille l'ambiance oppressante. Des jeux d'ombres aux personnages, on découvre le travail de fourmis qu'a réalisé Alex W. Inker, jusqu'aux visages où on voit la différence entre les bouilles "sympathiques" de nos ados et les gueules abîmées des adultes.
Une mise en page qui fait grimper crescendo la tension.
Du bonheur !
Une adaptation réussie qui plaira aux amateurs de polars.
Un QR code en fin d'album reprenant la playlist des chansons nommant les chapitres.
Étonnant album que ce roman graphique proposé par l'autrice coréenne Yudori ! On est en effet loin des mangas "classiques" qu'on a l'habitude de croiser dans les rayons de nos libraires.
L'objet en lui même surprend par sa qualité éditoriale : format moyen cartonné avec un dos toilé agrémenté d'un signet pour les quelques pauses nécessaires à la lecture de ce petit pavé de plus de 300 pages ; une couverture que je trouve magnifique, qui rend parfaitement hommage à ce qui nous attends au fil des pages... Rares sont les mangas nous proposant un si bel écrin.
Et puis on rentre dans l'univers singulier d'Amélie, jeune catholique hollandaise du XVIe siècle. Issue de la noblesse, elle a pourtant du se résoudre à se marier avec un riche marchand, Hans, pour des intérêts financier. Le jour où ce dernier va ramener une jeune esclave asiatique d'un de ces voyages commerciaux sa vie va changer radicalement. Une étrange relation va naitre entre ces deux femmes que tout oppose pourtant...
J'ai déjà adoré la découverte de cette hollande du XVIe siècle, surtout du point de vu sociologique. Les relations entre maîtres et servant(e)s n'ont rien à voir avec ce que nous avons vécu en France par exemple. La maîtresse de maison se devait par exemple de participer aux tâche journalière de la maisonnée, que ce soit le marché ou encore les tâches ménagères. De même les relations entre époux et la place de chacun divergent aussi, même si évidemment pour l'époque, la femme restait sous la coupe de son mari. Et c'est là que tout l'intérêt de cet album va se former. Car l'introduction de la jeune esclave dans la maisonnée va bouleverser tout ce petit monde. Amélie qui n'a jamais trop supporté l'autorité de son mari (voire l'autorité et la place réservée aux femmes tout court) va commencer par jalouser et prendre en grippe la nouvelle arrivée. Mais petit à petit une relation singulière va finir par s'instaurer entre les deux femmes, qui, dans des situations respectives très différentes, vont pourtant s'entendre sur beaucoup de choses. Leur aspiration commune à la survie et à la liberté sera leur fanal commun...
Yudori nous propose donc au travers de cet album, un récit profondément féministe, où la réflexion sur la place et la condition féminine transpirent au fil des pages. Et quelque soit la condition des femmes, esclave ou bourgeoise installée, les problèmes de fond restent les mêmes pour l'époque, même si la forme change. Il n'est ensuite qu'un pas à franchir pour faire la comparaison avec la condition féminine aujourd'hui ; si les lignes bougent dans certains pays, on est encore loin d'une équité de traitement entre le beau sexe et la gente masculine.
Un album surprenant et engagé qui fait plaisir à lire !
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L'Incroyable Histoire des Animaux
Comme le sous-titre l’indique, il s’agit d’une histoire, au fil des âges, des relations entre les humains et les autres animaux. Le documentaire est excellent, il faut bien le dire mais … qu’est-ce que c’est dur de se faire mettre le nez dans le caca comme ça. Parce qu’on s’en doute, dans l’immense majorité des cas, la cohabitation n’a pas été de tout repos, pour les animaux s’entend. L’auteure est une spécialiste du comportement animal et des relations que nous entretenons avec nos colocataires sur cette planète. Tout y passe, ou presque. L’époque chasseur-cueilleur paraît somme toute la plus équilibrée dans cette difficile histoire que nous partageons de gré ou de force. L’émergence de l’agriculture et de l’élevage a permis – et surtout permet encore – les pires exactions vis à vis des animaux vus en tant que ressources alimentaires. Et tout ça, même s’il y a des prises de conscience des opinions publiques, ne s’arrange pas au fil du temps, ne serait-ce qu’en terme d’échelle globale. Là comme ailleurs, la rentabilité restant le maître mot, l’humanité (le sentiment j’entends) n’a pas toujours pas droit de cité. Les animaux-aliments, mais aussi les animaux bêtes de somme, les chevaux dans les mines, les animaux compagnons qui ne sont pas toujours respectés, les animaux destinés aux spectacles pas mieux lotis voire pire… On se doute aussi que ce rapport de domination débouche également sur le problème écologique du maintien des écosystèmes favorables à la faune sauvage, et là, on ne peut pas dire qu’on va dans la bonne direction… Tout est lié. L’humanité (l’espèce cette fois) est et reste capable du pire, même si les auteurs nous montrent aussi quelques exemples d’humains qui essaient désespérément de faire comprendre aux autres que nos compagnons de planète ne sont pas que de bêtes bêtes. Édifiant. Franchement bien réalisé et documenté. Le propos est dur, mais la lecture est aisée, même si agréable n’est pas forcément le mot le plus approprié, on s’en doute. Pour faire passer leur message, les auteurs ont inséré des pointes d’humour dans les dialogues des animaux. J’avoue qu’elles sont les bienvenues, j’ai apprécié. Et le dessin n’est pas en reste. Beau, très beau même, mais dur quand il faut l’être. Ça saigne et ça fait mal parce que ce n’est pas de la fiction. Je suis dure, parce que le récit montre également quelques, trop rares, cohabitations qui sont harmonieuses pour tous, hommes et animaux. À lire, à faire lire. Même si ce sont des faits que l’on connaît tous inconsciemment ou pas. Il est toujours bon de se rappeler qu’il faut continuer de se mobiliser, d’exiger d’autres pratiques et de s’interroger sur nos modes de vie. (désolée d’avoir été aussi longue et aussi chiante et moralisatrice, c’est un petit coup de gueule)
Dorian Gray
J'avais plongé dans ce bouquin il y a quelques années et j'en garde un souvenir impérissable. Donc forcément, avec le texte de cette BD directement issu de l'œuvre originale, voilà une partie validée sans efforts. Londres, fin XIX, nous suivons la vie de Dorian Gray, jeune dandy d'une beauté divine qui extasie le monde de l'art et de la haute société. Basil Hallward a le privilège de peindre son portrait et y met toute son âme, éperdument vouée à ce jeune homme. Lord Henry Wotton le rencontre à son tour et lui expose sa vision de la vie et comment la mener. Puis Dorian rencontre la belle Sibyl. Et la tragédie va bientôt commencer. J'aime beaucoup le côté réaliste qui se dégage de la BD. Tous ces discours pompeux de bourgeois ayant tellement de temps libre qu'ils se croient philosophes, parlant sur le monde et sur les gens avec une telle désinvolture, c'est tout à fait détestable! L'esprit mondain prend assez cher, on se rend compte à quel point il ne sert à rien. Et je trouve ça très visible ici. J'ai beaucoup beaucoup aimé le dessin, qui dégage énormément d'expressivité aux personnages. La colorisation donne un ton brumeux adapté avec l'ambiance générale, dans une ville de Londres sombre et fantastique. Sur le choix des scènes, l'essentiel est là mais il en manque certaines qui apportent pas mal de matières au récit de mémoire. Il manque une partie intéressante sur le frère de Sibyl (il ne fait pas que retrouver Dorian Gray) qui permet de dégager une autre approche perverse de la relation entre le jeune homme éternel et son portrait. Dommage que lord Henry soit mis de côté aussi, dont la personnalité est moins complexe que dans le roman. Sous la contrainte du format BD peut-être, l'auteur se concentre surtout sur cet homme qui ne juge que par le beau. La structure en "actes" est bienvenue et l'auteur en profite pour mettre en avant l'évolution de Dorian Gray à travers son portrait, illustrant toute la fatalité du récit. Il vaudrait mieux lire le roman avant la BD pour ne pas louper toutes les questions soulevées à travers cette histoire. Mais je salue franchement cette adaptation. Pas sans défauts, mais les qualités dominent et le dessin envoûte.
Sunlight
C’est suite à la lecture de l’avis de Mac Arthur que je me suis procuré cet album. Un grand merci Mac parce qu’avec sunlight je me suis régalé comme jamais. C’est du Christophe Bec pur jus. Le scénario reprend les mêmes ingrédients que dans Bikini Atoll mais comme je suis fan de ces huis clos dramatiques, ma lecture a été délicieuse. Le suspens progresse au fil des pages. Les tensions entre les protagonistes s’exacerbent davantage plus l’histoire avance. Le côte noir et blanc souligne le côté éprouvant de ces trois spéléologues en difficulté qui luttent pour survivre dans une mine abandonnée. Frissons assurés ! Tensions omniprésentes ! Hummm mais que c’est bon ! Certains diront que cette histoire est très conventionnelle et qu’il n’y a pas grand chose de nouveau à se mettre sous la pupille. Ils ont raison. Mais c’est ma came et au final j’ai savouré l’album de la première à la dernière page sublimé par le trait de Bernard Khattou. Je ne peux que conseiller ce pavé angoissant de 160 planches. Les claustrophobes vont déguster !
Entre les lignes (Mermoux)
J’ai trouvé ce livre très bien réalisé. Tout d’abord le dessin est très agréable à lire. Il facilité franchement l’immersion. Une immersion rendue à l’origine un peu plus compliquée par le côté très littéraire de l’œuvre. En effet, comme le dit Alix, la majeure partie du récit est constitué de lettres que le grand-père de Baptiste Beaulieu (auteur du roman dont est tiré cette bande dessinée) adresse à une mystérieuse Anne-Lise. Ces lettres sont joliment illustrées mais demeurent sous la forme de lettres et sont donc longues à lire. A titre personnel, cela ne m’a pas dérangé mais il est clair que cette lecture demande du temps. Ensuite, il y a le contexte historique. D’avant la première guerre mondiale à après la seconde, la première partie de la vie de ce grand-père va être marquée par les grands bouleversements de la première partie du XXème siècle. Le contexte historique est bien rendu, je trouve, et nous replonge « à une autre époque ». Et puis, surtout, il y a le destin de Moïse Beaulieu (le grand-père de l’histoire… et grand-père du romancier à l’origine de ce récit). Sa vie est tellement romanesque qu’elle en devient incroyable. Il ne se serait d’ailleurs pas agi d’une histoire vraie que je pense que je l’aurais trouvée « exagérée », peu crédible. Mais me dire que les personnages évoqués ont existé… whaouw ! C’est incroyable et d’autant plus touchant. Au final, je trouve donc que cet album est très beau, émouvant, humain. Il nous parle de personnages ayant traversé des années sombres de l’histoire sans jamais perdre leur humanité. Il nous parle aussi de la difficulté à communiquer entre générations, et de sa nécessité. De la nécessité de connaître le passé d’une personne pour mieux la comprendre, de la nécessité d’écouter les autres pour comprendre leurs choix. Pas parce que c’est bien vu socialement mais bien parce que cette compréhension sera propice à une forme d’apaisement personnel. Une très belle lecture.
S.O.S. Bonheur
A travers plusieurs histoires courtes, Jean van Hamme dénonce les travers d’une société qui a tout prévu pour le bonheur de ses citoyens. Celui ou celle qui viendrait à se rebeller pourrait compromettre cette « magnifique organisation » et ça : il n’en est pas question ! Le bonheur organisé par l’État devient vite coercitif, liberticide et manipulateur. C’est évidemment caricatural et le scénario n’est pas sans rappeler « 1984 » de George Orwell. Il n’empêche, qu’il est intéressant de se pencher de temps en temps sur l’état des libertés et de regarder dans son ensemble le fonctionnement de notre société. Si certains cas évoqués sont poussés à l’absurde et c’est drôle, d’autres plus réalistes font un peu froid dans le dos. J’ai bien aimé la façon dont l’auteur, dans une dernière histoire, a rassemblé tous ces personnages qui n’avaient pas de lien apparent entre eux pour un final intelligent et cohérent. Le dessin de Griffo colle tout à fait à l’esprit du récit avec ses détails et ses couleurs. C’est un bon album que je viens de relire avec plaisir.
Algues vertes - L'Histoire interdite
J'aime décidément beaucoup les albums publiées au préalable dans la Revue dessinée, à laquelle je dois m'abonner d'ailleurs. Ces séries de reportages journalistiques mis en BD permettent d'avoir la précision d'un travail journalistique avec le trait de la BD. Parfois un peu indigeste, les enquêtes se veulent toujours instructives et sourcées, ce qui ajoute au poids de ce qui est dit. Ici, nous avons droit à cette fameuse histoire des algues vertes, histoire médiatisée il y a quelques années et pourtant tombée aujourd'hui dans l'oubli médiatique. Car je n'en entends plus vraiment parler, bien que le souci existe encore. Et s'aggrave même, je dirais, puisque notre agriculture intensive et polluante n'est pas en passe de s'arrêter. En tout cas pas dans une Bretagne très conservatrice sur ce point. Car le scandale des algues vertes n'est pas seulement un scandale sanitaire. Ça, c'est la pointe émergée de l'iceberg, celle que l'on devine parce qu'elle est plus visible. Mais derrière se joue l'éternel jeu des magouilles politiques, la question de l'écologie et de la pollution aux nitrates, ainsi que la question de notre agriculture, si dévastatrice pour notre environnement qu'elle en devient dévastatrice pour nous-même. La BD retrace bien cette imbrication de chaque sujet dans l'autre, entre les politiques qui ne reculeront devant aucune crasse, alliant intimidation, menaces et sabotage d'opération, tout en jouant l'argent des subventions publiques aux agriculteurs et organismes de contrôle pour garder un pays "propre" alors qu'il est pollué par des marées mortelles. Quelle ironie d'entendre les politiques parler de maintenir le tourisme sur des zones potentiellement dangereuses ... Cela dit, la BD met bien en lumière la façon dont certains (présidents de régions, politiciens de le région Bretagne, chef de groupement agricoles, d'entreprises alimentaires etc ...) s'allient entre eux pour masquer l'ampleur d'un scandale sanitaire qui touche pourtant si gravement les populations locales. Et quelle hypocrisie dans leurs façons d'opérer en faisant contre-expertise pour annuler celles qui ne vont pas dans le bon sens (c'est-à-dire le leur). Cette enquête donne envie de tordre des cous, comme souvent lors d'enquête de ce genre. Une très bonne lecture, malgré des lourdeurs lorsque l'enquête se veut très didactique et exacte, donc sourcée et parfois un peu trop précise. Mais c'est en même temps une très bonne lecture puisque la relecture permet de se remettre en mémoire des noms et des visages que l'on reverra sans doute dans d'autres scandales du même genre. A lire si vous êtes français, ne serait-ce que pour savoir à qui vous avez affaire niveau têtes pensantes ...
Mildiou
J’ai beaucoup de sympathie pour cet album, je l’ai découvert dans sa version chez Seuil, en même temps qu’un autre album de l’auteur, La Mouche (toujours chez le même éditeur). Encore un récit un rien expérimental, Trondheim s’étant donné comme contrainte de faire courir un affrontement entre 2 personnages sur plus d’une centaine de pages. Pour ma part : pari réussi, j’apprécie beaucoup ce duel ponctué de joutes verbales, c’est linéaire comme exercice mais plutôt drôle et rythmé, et ça se renouvelle suffisamment dans les situations (retournement, interventions de personnages tiers …) jusqu’à une chute finale qui arrive avant la lassitude. Le « beau » petit plus à mes yeux, c’est que Trondheim utilise certains de ses futurs personnages (Lapinot et Richard en tête), même s’ils n’ont pas le même patronyme ou caractère. Du coup, j’ai un peu pris cette histoire comme une alternative aux formidables aventures de Lapinot dont je suis bien friand, une sorte de hors série en mode Fantasy. C’est limité comme intérêt et je surnote un peu, mais une petite friandise que je ne boude pas et que je conseille à ceux qui ont aimé les albums : Blacktown, Walter …
Le Maître des livres
Personnellement, j'ai beaucoup aimé ce manga; contrairement aux autres avis (mais je ne les contredis absolument pas) ! Effectivement si on ne lis que les premiers tomes on ne voit pas beaucoup les personnages se développer, le début est plutôt lent mais j'apprécie cela, car on s'immerge ainsi plus facilement de mon avis. Je m'identifie un peu au personnage principal, ses hésitations et sa manière de penser en font un personnage que je trouve plutôt attachant au fil des livres; et les autres personnages ne sont pas en reste ! Certains lecteurs n'apprécient sans doute pas la personnalité du bibliothécaire (Oui j'ai oublié son nom désolé), mais encore une fois c'est largement compensé par ses talents de bibliothécaire et notamment sa gentillesse (qui ne ressort pas souvent mais tout de même) ! Les deux autres bibliothécaires sont très attachantes; et les "clients" de la bibliothèque le sont tout aussi ! On trouve rapidement des personnages préférés je trouve. Et ce livre nous fait découvrir la littérature enfantine, livres que les grands ne lisent plus du tout, et ce manga fait réfléchir: devons-nous réduire nos lectures et la découverte d'ouvrages, car nous sommes "trop grands" pour en profiter ! Voilà c'est mon avis, mais à vous d'avoir le vôtre.
Colorado train
L'adaptation du roman de Thibault Vermot, j'en découvre la trame avec cet album. Un bled perdu au fin fond du Colorado où la misère se dévoile à chaque coin de rue. Une bande d'adolescents paumés, mais attachants, où le personnage de Suzy se détache à mes yeux, la seule nana du groupe, androgyne et fille d'un shérif alcoolique. Une bande qui va être mêlée à une sordide histoire de meurtre qui évoluera progressivement vers un thriller horrifique. Un récit qui nous plonge dans un monde glauque où les méfaits de la drogue, de l'alcool mais aussi de la maltraitance côtoieront une violence omniprésente. Une narration maîtrisée faite de petits chapitres séparés à chaque fois par une pleine page où le dessin d'une cassette audio est accompagnée d'un titre de chanson, un univers musical très grunge (Metallica, The Cure, Aerosmith ...). Les chapitres sont numérotés en nombre de clous, ces clous qui sont plantés dans les traverses des chemins de fer. La voie ferrée serpentant ces paysages désolés jusqu'à cet immense triage qui sera la gueule du reptile. L'histoire ne serait pas aussi prenante sans ce magnifique noir et blanc au trait charbonneux et crasseux qui retranscrit à merveille l'ambiance oppressante. Des jeux d'ombres aux personnages, on découvre le travail de fourmis qu'a réalisé Alex W. Inker, jusqu'aux visages où on voit la différence entre les bouilles "sympathiques" de nos ados et les gueules abîmées des adultes. Une mise en page qui fait grimper crescendo la tension. Du bonheur ! Une adaptation réussie qui plaira aux amateurs de polars. Un QR code en fin d'album reprenant la playlist des chansons nommant les chapitres.
Le Ciel pour conquête
Étonnant album que ce roman graphique proposé par l'autrice coréenne Yudori ! On est en effet loin des mangas "classiques" qu'on a l'habitude de croiser dans les rayons de nos libraires. L'objet en lui même surprend par sa qualité éditoriale : format moyen cartonné avec un dos toilé agrémenté d'un signet pour les quelques pauses nécessaires à la lecture de ce petit pavé de plus de 300 pages ; une couverture que je trouve magnifique, qui rend parfaitement hommage à ce qui nous attends au fil des pages... Rares sont les mangas nous proposant un si bel écrin. Et puis on rentre dans l'univers singulier d'Amélie, jeune catholique hollandaise du XVIe siècle. Issue de la noblesse, elle a pourtant du se résoudre à se marier avec un riche marchand, Hans, pour des intérêts financier. Le jour où ce dernier va ramener une jeune esclave asiatique d'un de ces voyages commerciaux sa vie va changer radicalement. Une étrange relation va naitre entre ces deux femmes que tout oppose pourtant... J'ai déjà adoré la découverte de cette hollande du XVIe siècle, surtout du point de vu sociologique. Les relations entre maîtres et servant(e)s n'ont rien à voir avec ce que nous avons vécu en France par exemple. La maîtresse de maison se devait par exemple de participer aux tâche journalière de la maisonnée, que ce soit le marché ou encore les tâches ménagères. De même les relations entre époux et la place de chacun divergent aussi, même si évidemment pour l'époque, la femme restait sous la coupe de son mari. Et c'est là que tout l'intérêt de cet album va se former. Car l'introduction de la jeune esclave dans la maisonnée va bouleverser tout ce petit monde. Amélie qui n'a jamais trop supporté l'autorité de son mari (voire l'autorité et la place réservée aux femmes tout court) va commencer par jalouser et prendre en grippe la nouvelle arrivée. Mais petit à petit une relation singulière va finir par s'instaurer entre les deux femmes, qui, dans des situations respectives très différentes, vont pourtant s'entendre sur beaucoup de choses. Leur aspiration commune à la survie et à la liberté sera leur fanal commun... Yudori nous propose donc au travers de cet album, un récit profondément féministe, où la réflexion sur la place et la condition féminine transpirent au fil des pages. Et quelque soit la condition des femmes, esclave ou bourgeoise installée, les problèmes de fond restent les mêmes pour l'époque, même si la forme change. Il n'est ensuite qu'un pas à franchir pour faire la comparaison avec la condition féminine aujourd'hui ; si les lignes bougent dans certains pays, on est encore loin d'une équité de traitement entre le beau sexe et la gente masculine. Un album surprenant et engagé qui fait plaisir à lire !