Les derniers avis (32321 avis)

Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Femme rebelle - L'histoire de Margaret Sanger
Femme rebelle - L'histoire de Margaret Sanger

Avec les éditions Nada, vous aurez assurément une BD engagée. Les sujets sociaux sont au cœur de sa ligne éditoriale. Et franchement je vous l’assure, vous ne serez pas déçus ! Un peu de culture bon sang, cela n’a jamais fait de mal à personne. Avec cet album vous plongerez allégrement dans des moments de la vie trépidante et mouvementée de Margaret Sanger, une militante américaine qui lutta pour la contraception et la liberté d'expression, ce qui l'amena à fonder l'American Birth Control League (ligue pour le contrôle des naissances), qui devient le planning familial américain – rien que ça ! - sous le nom de Planned Parenthood. Initialement reçues avec beaucoup de résistances – nous sommes dans les années 1920/1930 - l’idée qu'une femme puisse décider de quand et comment elle serait enceinte, gagnèrent peu à peu de l'audience, tant dans le public qu'auprès des tribunaux. Margaret Sanger a été un élément fondateur dans l'accès à la contraception et au contrôle des naissances. Un CV impressionnant non ? Margaret Sanger a dû batailler pour se faire entendre. Elle était sur tous les fronts sans jamais se décourager, sans jamais être démoralisée, sans jamais courber l’échine devant l’adversité ou la justice des hommes. Les menaces reçues, sa santé vacillante l’ont rendue plus forte ! Sa détermination est à saluer par tous car le travail accompli est stupéfiant. Sa cause est au-dessus de tout, même de sa propre famille. Il faut l’avouer, son opiniâtreté sans faille à changer le cours de l’histoire de millions de femmes à travers le monde. L’accès légal à la contraception est sa plus grande victoire. Margaret Sanger, je le dis haut et fort devrait être prix Nobel ! C’est presque une sainte ! Pourtant aujourd’hui, alors que cela devrait être un acquis, la cour suprême des Etats- Unis a annulé en juin 2022 le droit à l’avortement dans tout le pays ! Chaque état pourra donc autoriser ou d’interdire l’IVG ! Mais dans quel monde vivons-nous ? Comment est ce possible encore aujourd'hui ? Nous ne sommes pas encore sortis le cul des ronces ! Peter Bagge a réussi son pari. Faire une biographie dessinée dynamique tout en mettant l’accent sur la force de cette femme incroyable. Les chapitres sont courts. Ce s’enchaine aisément. La lecture est fluide et subtile. Et pourtant ce n’est pas aisé comme exercice. Je suis donc particulièrement séduit par le rendu énergique. Cette bande dessinée engagée est magnifique. Je recommande vivement sa lecture surtout que les éditions Nada viennent de re imprimer cet album.

26/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Dérives (Schmitt)
Dérives (Schmitt)

Je me suis assez facilement identifié au personnage de Luc, ce qui a nourri mon intérêt pour cette série. La difficulté de la relation avec son père et les références nombreuses à Dustin Hoffman (Le Lauréat, Macadam Cowboy) l'un de mes acteurs préférés ont fait que je me suis retrouvé assez souvent dans la psychologie du personnage. Le procédé narratif qui s'adresse surtout au lecteur avec un retour sur soi sans complaisance m'a séduit. Pas de temps mort, les épisodes de la vie de Luc s'enchaînent très logiquement et s’il traverse des galères, elles sont celles d'un homme libre qui a fait ses choix et accepte d'en payer le prix. J'aime ce type de personnage qui ne se réfugie pas dans une adolescence éternelle mais qui accepte de grandir. Le graphisme est bon travaillant surtout sur les expressions et le corporel. Les extérieurs sont réduits mais font le travail. La scène de sexe est très réussie et apporte beaucoup à la psychologie de Luc. La mise en couleur aide à la narration dans les flash-backs de manière intéressante. Un roman intimiste de bonne qualité qui procure une très agréable lecture.

26/09/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Goodnight paradise
Goodnight paradise

Gros coup de cœur pour cet album terriblement humain. Venice Beach à LA, où l’Amérique fortunée côtoie la plus grande pauvreté. C’est déjà une terrible entrée en matière. Dans cet univers en marge de la société, un clochard alcoolique découvre par hasard le cadavre d’une jeune fille dans une poubelle. Eddie, le clochard, va mener son enquête à sa manière et à son rythme, interrogeant les SDF, remontant la piste du tueur, tout en continuant à chercher un coin pour dormir et une bière à boire. Le personnage est attachant, la construction du scénario fonctionne parfaitement, on alterne entre l’enquête et les bas-fonds de LA. Les deux s’entremêlent jusqu’au dénouement de l’affaire. Le fait que ce soit un clochard qui mène l’enquête est tout à fait crédible, on suit ses avancées, ses doutes, ses émotions et les autres personnages qui interviennent dans l’histoire sont tout aussi intéressants. En marge de l’enquête, Eddie est aussi confronté à la relation avec son fils. On découvre une autre facette du personnage qui aurait gagné à être développée. Le récit est fluide, le dessin très beau avec les gueules des sans abris plus abimées par la vie les unes que les autres. Un thriller bien mené avec en arrière-plan une vraie claque sur cet univers sans espoir.

26/09/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Homme Montagne
L'Homme Montagne

J'avais beaucoup apprécié la lecture de la série des Bergères Guerrières dessinée par Amélie Fléchais. C'est avec curiosité que je me suis plongé dans une de ses oeuvres antérieures. L'Homme Montagne est un conte fantastique et initiatique pour un jeune public. Le scénario est assez classique dans la littérature : un voyage initiatique pour se découvrir et découvrir l'autre et ses richesses dans la différence. Voyage difficile poussé par l'amour que l'on porte à un être très cher. Toutefois la narration est fluide et bien menée. Le sens premier est simple à saisir pour tous les publics. Séverine Gauthier nous invite à un discours poétique et de sagesse où plus on se connait plus on accepte d'aller vers l'inconnu. La quête d'aide du jeune garçon lui fait découvrir un monde poétique qui va l'enrichir. Le dessin d'Amélie Fléchais est parfait pour porter ce type de récit très humaniste. Bouille ronde et joviale du jeune enfant, figure intrigante du grand-père, et puis des personnages à la façon d'Oz dessinés avec originalité en respectant le côté fantastique de l'histoire. J'ai un peu moins aimé les couleurs du début du récit que j'ai trouvé un peu pâles. Par contre j'ai beaucoup aimé la mise en couleur avec les bouquetins. Une belle lecture pour la jeunesse que l'on peut partager pour approfondir certains thèmes.

25/09/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Labyrinthe inachevé
Le Labyrinthe inachevé

3ème avis du week-end sur Le Labyrinthe inachevé de Jeff Lemire. Cette BD mérite d'avoir le vent en poupe. Les avis élogieux m'ont poussé à feuilleter le bouquin dont le thème m'intéressait. Puis le feuilletage m'a complètement poussé à l'achat. Déjà pour ce qui sautait aux yeux, le dessin, qui m'a plu direct. Quelques traits subtils suffisent à changer l'expression des personnages du tout au tout, il y a du détail, une colorisation qui s'adapte... Et puis beaucoup de cases muettes, et ça, ça m'intriguait. Voir si peu de textes Et pourtant ce texte il reste en tête, la traduction n'ayant certainement pas dénaturé la version originale. Très puissant et efficace, il nous permet de rester en plein cœur de l'intrigue et des pensées de William. Chaque mot et chaque dialogue sont à leur place. Et puis j'ajoute le coup de cœur pour le scénario. Le lecteur lui-même est au cœur de ce labyrinthe, sachant ce qu'il aimerait trouvé mais n'ayant aucune idée du chemin qui sera pris. On se demande si Will va s'en sortir, alors que ses pensées se confrontent avec la réalité, le rêve, l'illusion et l'amnésie. Toute cette quête m'a ému à plusieurs reprises, et il y a une tension ambiante qui empêche de fermer le bouquin. Les nouvelles lectures n'en seront pas moins intéressantes, car il y a d'autres sujets à explorer que l'histoire en elle-même. La petite magie de cette histoire est, je trouve, d'avoir réussi à créer une histoire si personnelle et profondément émouvante avec une lecture aussi limpide. Laisser la place au silence permet parfois de s'exprimer davantage. Une approche vraiment originale sur le deuil, où l'allégorie du labyrinthe prend tout son sens. Le style du dessin tient un rôle essentiel, il y a intérêt de l'apprécier pour aimer ce récit je pense. En ce qui me concerne, c'est une des pépites de l'année

25/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Milady de Winter
Milady de Winter

A l’époque de sa sortie, un très bon souvenir de lecture. Pour ces débuts, Agnès Maupré laissait d’emblée une belle carte de visite. La relecture récente de ce diptyque n’a en rien entaché tout le bien que j’en pense, encore un très bon moment à la clé. Le style de l’autrice a depuis évolué mais il est déjà plein de fraîcheur (malgré l’absence de couleur), expressif, lisible et dynamique, le tout dans une narration maîtrisée. Je me suis beaucoup attaché à cette version de Milady, un personnage très intéressant de l’œuvre originale, mais qui était du mauvais côté, la rendant malfaisante. Ici, l’autrice en donne son interprétation, un portrait de femme forte face aux hommes de ce siècle, ces derniers n’étant pas à leur avantage. Un contrepied parfait à l’histoire que l’on connaît, pour une revisite originale et féministe (subtilement glissée) d’une célèbre « méchante ». J’aime beaucoup, bravo à l’autrice et à l’éditeur que je n’attendais pas dans ce genre. Et à ceux, qui comme moi, ont énormément apprécié cette relecture d’un personnage célèbre, je ne peux que conseiller la vision de Nancy Peña et Blandine Le Caillet sur Médée, encore plus aboutie.

24/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Vei
Vei

Si le format, le dessin, la colorisation, mais aussi les personnages quelque peu body-buildés font bien comics, on a là une vision assez originale et bien fichue de la mythologie nordique. Le côté graphique donc, pour commencer, est efficace, la colorisation est la plus réussie (le dessin fait le job, mais je n’en suis pas forcément fan). En tout cas c’est fluide, ce qui aide, car on a là un petit pavé (près de 350 pages quand même !). L’histoire est originale car, si les hommes sont présents, ce n’est finalement qu’à la marge, l’intrigue se concentrant sur la lutte entre les dieux d’Asgard autour d’Odin et des Géants de Jötunheim. Après une phase de présentation des personnages et de l’univers, le cœur du sujet est cette lutte, chaque camp s’affrontant par champions interposés. Je craignais un temps de lire un comics bourrin avec bastons s’étalant sur des dizaines de pages, mais non, elles ne sont souvent que prétexte, et tout est rapidement amené vers le personnage principal, une jeune femme, guerrière championne des Géants. Loki joue aussi un rôle très important (c’est clairement le personnage le plus complexe et surprenant du récit, et jusqu’au bout je ne savais pas à quoi m’en tenir à son propos). L’intrigue est riche, dense, alterne combats sanglants et temps plus calmes (relations sexuelles, vieillesse de l’héroïne et du monde qui l’entoure, etc.). Le résultat est plutôt réussi, et renouvelle le thème de la mythologie nordique, ici plus que le décor déformé habituellement mis en place dans trop de séries. Note réelle 3,5/5.

23/09/2022 (modifier)
Couverture de la série La vie de ma mort
La vie de ma mort

On a là une énième série avec des zombies, tournant autour de la mort. Il faut donc faire preuve d’originalité pour sortir du déjà-vu. Et je dois dire qu’ici c’est plutôt réussi, et que, globalement, c’est assez drôle. Un peu d’humour noir, un peu d’humour con. Sur un sujet monomaniaque, Fortu se renouvelle suffisamment pour ne pas ennuyer. Rien d’hilarant, mais très peu de ratages en tout cas. On suit cette famille de zombies, qui cherchent à vivre au milieu des « vivants » normaux, à s’intégrer, ne comprenant pas pourquoi parfois ils font peur (mention spéciale à cette longue suite de gags lorsque la famille cherche à se faire pardonner une bêtise de leur fils en invitant chez eux les parents d’un de ses copains, c’est assez jouissif de connerie). Le dessin est très simple. Aucun décor, quelques corps de personnages, avec une itération iconique. Mais sur ce genre de strips/histoires courtes, ça ne gêne pas, au contraire. Bref, un album vite lu, mais un petit moment de détente sympa. Note réelle 3,5/5.

23/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Jungle Urbaine (Kash)
Jungle Urbaine (Kash)

Kash est probablement l'un des auteurs les plus talentueux du continent africain. Avec Jungle Urbaine, il nous emmène dans son Congo natal pour une Love Story à la sauce Kinnoise entre la belle et riche Lola et le très charismatique mais pauvre Bwana. Le dépaysement est garanti même si la trame de l'histoire est assez convenue. Le scénario met en valeur l'extrême polarité qui existe sur le continent entre une petite minorité ultra riche et la masse de la population qui vit au jour le jour. Mais Kash évite tout manichéisme car cette description des quartiers pauvres et des villas cossues sert de trame à un thriller politique dont le jeune et sympathique Bwana deviendra un rouage essentiel à son corps défendant. J'aime beaucoup le trait réaliste de Kash. L'auteur est aussi bon pour la dynamique des corps africains, l'expression des visages et surtout la description intime des quartiers de Kinshasa. Une vision de l'intérieur et sans concession de la vie locale. Une histoire récréative que j'ai avalée cul-sec et dont j'espère avoir la suite.

23/09/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5
Couverture de la série Idées Noires
Idées Noires

Je commencerais bien par dire qu'il ne faut pas se faire avoir sur les Idées Noires. Je ne pense pas que Franquin, connu pour Gaston Lagaffe principalement, cherche à faire rire dans l'absolu. C'est de l'humour, mais ça grince, y'a une angoisse. Et puis beaucoup trop de violences brutes pour qu'on se dise "Hahahaaa mais si c'est trop drôle, regarde comment il est MORT haha.". Y'a beaucoup de névroses, de folies. C'est du comique-dramatique. Y'en a une qui m'a fait rire vraiment, parce-que j'imaginais parfaitement cette petite voix "Ducon!Ducon!Ducon!" pour attirer le chasseur. Et puis 3, 4 autres gags grand max. Aussi, on peut dire qu'il critique la société, mais à la façon dont je lis les gags, je ne pense pas que ça soit l'idée centrale de Franquin. Là franchement, j'ai surtout l'impression qu'il se lâche d'abord, boum, et puis selon les gags en effet, on pourra faire un rapprochement avec des faits, des groupes sociaux, l'anthropocène, l'écologie, le militarisme, etc. Et sur les sujets abordés, Franquin ne se loupe pas car la très grande majorité sont encore actuels. Il y a beaucoup plus d'intemporalité que dans les gags que j'ai pu lire de Gotlib par exemple (alors que j'idolâtre encore plus cet auteur). Après je trouve que le format intégrale n'est pas facile. Un peu comme Calvin & Hobbes, je me délecte de quelques planches et puis je pose la BD. Et quand je poussais malgré tout la lecture, c'était pour le dessin. Pouaaahh, quand l'humour (très noir) se marie avec un dessin de cette qualité, là ça rend l'oeuvre vraiment unique quand même. Ne pas s'attendre à rire au sens propre, ne pas s'attendre à recevoir une critique de société de premier plan. Attendez-vous à des histoires où l'auteur lâche ce qui lui triture la tête. En fait j'suis con, je viens de me rendre compte que tout est dans le titre. Bref! Bon... Lisez le, voilà!

23/09/2022 (modifier)