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Couverture de la série Sermilik - Là où naissent les glaces
Sermilik - Là où naissent les glaces

Simon Hureau publie de plus en plus il me semble (ce qui n’est pas pour me déplaire !), chez des éditeurs moins confidentiels qu’à ses débuts. Et, depuis quelques temps, plusieurs albums nous le montrent attiré par la nature (voir L'Oasis, Un Jardin extraordinaire), bref, quelque chose de moins noir et plus « naturaliste » que ses œuvres antérieures. Ici, il nous présente une sorte de biographie d’un Français, Max, ayant décidé très jeune de quitter Marseille, pour s’installer définitivement au Groenland. Changement radical, la biographie prenant aussi parfois des airs de documentaire, ou de carnet de voyage par procuration. Au travers de la nouvelle vie de Max, c’est aussi le monde inuit qu’il nous est donné à voir, mais aussi à regretter, tant sa disparition est presque au cœur de l’ouvrage. D’ailleurs, il y a un côté amusant, ou triste, mais en tout cas symbolique dans la trajectoire de Max au Groenland. En effet, à ses débuts, il a dû tout apprendre, en commençant par la langue, pour survivre dans ce milieu hyper hostile (les morts jalonnent ce récit d’ailleurs). Max est ainsi devenu un grand chasseur, respecté. Et, alors que les savoirs des anciens se perdent, que les jeunes partent pour les villes ou le Danemark, et que l’alcool et le désœuvrement font des ravages (scènes de violence très tristes), c’est Max, devenu instituteur de son village, qui réapprend aux jeunes inuits à fabriquer et conduire un traineau (remplacé par des voitures et moto-neiges), à fabriquer et diriger un kayak traditionnel, etc. Hureau nous montre en tout cas un parcours atypique, d’un homme ayant été au bout de ses rêves, au bout du monde, dans un moment charnière où le monde dont il rêvait tend à disparaitre. Même si les dernières cases semblent lui redonner espoir, ses enfants vivant à la ville n’ayant visiblement pas envie de perdre leurs racines inuites. Un beau récit en tout cas, vivant, plein d’allant, de fraicheur, et servi par un dessin simple, mais efficace. Note réelle 3,5/5

29/09/2022 (modifier)
Par Van laere
Note: 4/5
Couverture de la série Merel
Merel

Merel Clara Lodewick les ondes Marcinelle editions Dupuis 2022 Un petit village tranquille. Où on élit le plus beau canard de la région pendant une fête bon enfant, où l'équipe de foot se retrouve pour la 3e mi- temps au café du coin, où le Village se réunit autour du cochon grillé lors des mariages. Il y a Merel la fille au bout du village, célibataire, la quarantaine vraisemblablement, la bonne copine, un peu fermière, un peu pigiste pour le journal local, qui a parfois la plaisanterie grivoise comme les footeux, ses potes de toujours ; jusqu'à celle qui ne passe pas, échauffe les esprits, alimente les rumeurs. Le mécanisme de cette rumeur puis des conséquences délétères sont extrêmement bien décrites avec un scénario maîtrisé par cette jeune auteure Belge. Le dessin qui paraît naïf de prime abord est ancré dans la réalité de la simplicité rurale et le quotidien de ce petit village sans histoire où la vie se déroule lentement au rythme des fêtes et de la vie de tous les jours. L'auteur casse cependant les codes en alternant les cases entourées d'un trait et les dessins libres de toutes barrières et qui correspondent souvent au flot des pensées. Beaucoup d'émotions se dégagent et le désarroi de Merel nous touche. Une très belle découverte que ce roman graphique. #bd #merel #claralodewick #éditionsdupuis #lesondesmarcinelle #Belgique #ligneclaire #rumeur

28/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Serpent et le Coyote
Le Serpent et le Coyote

Je précise que je possède une édition en noir & blanc de cet album qui est une préimpression, avec une couverture souple brochée et des éléments non définitifs, notamment dans la police des caractères, et dont le dessin de couverture n'est pas le même que celui de l'édition en couleurs ; l'album m'a été offert par mon pote de la Fnac, c'est donc un album très différent de cette édition définitive en couleurs. D'emblée, on est scié par cette séquence d'ouverture muette dans les décors de Monument Valley, et on est vite plongé dans une ambiance séduisante. Dès l’introduction, le classicisme réconfortant du dessin et la dextérité de la mise en page procurent une impression de qualité immédiate. Impression qui perdure tout au long de l'album. Il s'agit d'une chasse à l’homme peuplée de gangsters patibulaires, de politicards véreux et de flics ripoux qui s’appuie sur un héros charismatique et solitaire. J'aime ce genre de personnage, j'en ai beaucoup vu dans nombre de polars anciens et modernes, l'environnement très américain permet une immersion totale dans cette histoire. A première vue, cette histoire est très classique, elle a été vue dans plusieurs polars (le coup du gars seul poursuivi par plein de mecs et qui doit sauver sa peau, c'est pas nouveau), mais le scenario est plus touffu qu’il n’y parait, c'est même assez dense, il s'agit d'un gangster repenti qui doit échapper à ses poursuivants qui sont d'anciens associés pour l'empêcher de témoigner contre des mafieux. L'intrigue est documentée puisque ça reprend les débuts de l'opération mise en place par le FBI concernant le programme de protection des témoins, il y a comme une impression instructive en constituant une sorte de document sur la pègre américaine des années 70. Cette intrigue est bien menée et offre un suspense jubilatoire au terme d’une aventure violente et tendue, particulièrement bien écrite. Paradoxalement, il y a d’ailleurs peu de surprise puisque tous les ingrédients traditionnels du road-movie désertique et polardeux sont attendus et font figure de clichés, mais c’est justement ce respect des codes qui fait la force de cette Bd et qui procure un grand plaisir de lecture. Matz maitrise avec brio le rythme et la narration en parvenant à glisser dans cet univers familier des éléments caractéristiques qui évitent les poncifs et font toute la singularité de cette histoire. De même qu'il rend cet anti-héros de Joe sympathique malgré sa condition d'ancien gangster. La tension qui semble latente au début, monte en crescendo, et les personnages secondaires bien typés mettent encore plus en valeur le personnage de Joe. En plus, c'est bourré de clins d'oeil au cinéma : tête d'acteur, situations qui rappellent des films comme les Affranchis, et surtout les titres des chapitres qui portent tous des titres de films anciens et récents, un véritable régal pour un cinéphile comme moi. Quant au dessin, c'est Xavier, un auteur que j'apprécie énormément pour son dessin franco-belge percutant et classique mais avec une touche de modernité ; il convient parfaitement pour magnifier les grands espaces, sa mise en page est très cinématographique, et j'imagine qu'en couleurs, ça doit déchirer sa race. En tout cas, après Tango (Xavier/Matz), la paire d'auteurs produit un copieux one-shot qui bien que très classique dans son fond, se révèle un polar noir mâtiné de western moderne bien ficelé et très maîtrisé.

28/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Mauvaises habitudes
Mauvaises habitudes

Les recueils d’histoires que Casotto a publiés dans cette collection Selen sont la plupart du temps intéressants. Et c’est le cas ici. J’aime beaucoup le dessin en Noir et Blanc, jouant sur des dégradés de gris, surlignant certains détails par un trait plus marqué et gras. Casotto maîtrise bien l’anatomie, les différentes positions (les plans sont variés). Comme à son habitude, quelques pointes de fétichisme (voire un peu de bondage très soft dans une histoire) pimentent le dessin, où les femmes (le personnage principal de chaque histoire s’inspire totalement du physique de l’auteure) sont bien en chair et, fait notable pour le genre, jouent plutôt un rôle dominant. En tout cas rien ici de la potiche condamnée à n’être que le sex-toy de mâles lubriques ! L’autre particularité du travail de Casotto est que, si les scènes de sexe occupent une grande place, elles s’insèrent toujours dans un scénario (il est vrai léger étant donné le peu de pages dévolues à chaque histoire). Et, surtout, il y a toujours une chute amusante (dès la première histoire, qui ressemble au début à un strip-tease à l’envers), ironique – et souvent bien vue. Bref, on a là quelque chose de bien plus agréable que la moyenne du genre (ce que reflète ma note). Ce recueil est du même niveau que Chambre 179, et les amateurs de l’un peuvent aller les yeux fermés vers l’autre (à condition de les ouvrir rapidement, car le visuel vaut le détour !). Note réelle 3,5/5.

28/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Chambre 179
Chambre 179

Comme d’autres recueils parus dans cette collection Selen, on a là une série d’histoires courtes parmi les premières publiées par Casotto. J’avoue beaucoup aimer cette période de sa production, où elle n’utilise que le Noir et Blanc (avec tous les dégradés de gris). C’est parfaitement adapté à la sensualité torride qu’elle développe (et la colorisation qu’elle emploiera ensuite ne sera pas toujours heureuse). Pour revenir au dessin proprement dit, il est vraiment très bon. Se prenant comme modèle (physiquement en tout cas), Casotto maîtrise bien les scènes de sexe, avec quelques touches de SM (très soft) et de fétichisme (bas noirs, pieds) disséminées çà et là. Visuellement réussies donc, les histoires qui composent cet album sont aussi intéressantes en elle-même. Souvent suites de scènes de cul au premier abord, il y a en fait à chaque fois, malgré le peu de pages accordées à chacune, un véritable effort pour élaborer une petite histoire, et surtout y glisser quelques pointes d’humour, des chutes ironiques qui, en sus du dessin franchement bon, font sortir la production de cette auteure du tout venant du genre. Seule l’histoire « Jalousie » n’a pas une « intrigue/chute » assez intéressante (alors que côté cul, elle est plutôt réussie !). Une lecture émoustillante et intéressante. Note réelle 3,5/5.

28/09/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mon ami Pierrot
Mon ami Pierrot

Jim Bishop a du talent. Pour son deuxième album comme auteur complet, Jim Bishop nous offre un petit bijou qui brille par son ingéniosité, sa trame et sa sensibilité. Un roman graphique, oui mais avec tous les ingrédients du conte, un conte avec un relent de Peter Pan (ses fées et sa forêt magique). Dans un monde médiéval et féerique, Cléa, une jolie princesse, fuit un mariage arrangé avec Berthier, prince de l'Eau. Elle part avec Pierrot le magicien pour vivre le grand amour. L'amour est bien présent, mais il n'est que le fil conducteur qui va dénuder les âmes avec la perte de l'innocence, le mensonge, le sacrifice et la soif de liberté. Une narration intelligente et dérangeante qui questionne sur les méfaits de l'amour et l'appropriation d'une personne aimée, mais surtout sur cette petite flamme qui brûle en chacun de nous qu'on appelle "nos rêves". Une fin touchante qui m'a ému. Un dessin tout en délicatesse avec une petite touche de manga dans certaines expressions des visages. Un trait fin, précis et expressif. Une mise en page flamboyante. Des couleurs chatoyantes. Hypnotisant. Une vraie belle surprise. Un album à découvrir de toute urgence. Coup de cœur. Jim Bishop a du talent.

28/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Bonshommes de pluie
Les Bonshommes de pluie

Je me retrouve totalement dans l’avis de Mac Arthur, car c’est en effet une chouette lecture bien adaptée à de jeunes ados. Le dessin tout d’abord, tout en rondeur, dynamique, fluide, rend assez rapidement sympathiques les personnages. Quant à l’histoire, j’ai un temps cru à une énième histoire de vacances à la plage, mais en fait c’est un peu plus subtil. D’abord parce que la petite galerie de personnages est resserrée mais bien foutue (assez classique il est vrai). Autour d’une gamine, Héloïse, qui, avant de déménager (et donc perdre repères et copains), se retrouve « obligée » d’accompagner ses cousins en vacances. Un peu ronchonne, son espièglerie, sa bonne humeur, et la rencontre d’un « beau blond » (qui s’avèrera être le seul « méchant ») vont lui faire voir ces vacances du bon côté. Il faut dire qu’Héloïse commence à avoir des préoccupations de « grande ». Les situations sont crédibles, il n’y a pas trop de caricatures (le « méchant » n’est comme le dit Mac qu’un petit con, et ses « méchancetés » vont finalement faire long feu). Surtout, petit à petit, une sorte de mystère (qu’un lecteur adulte éventera immédiatement) densifie un peu le récit, et on introduit un peu de drame, avec la présence des migrants. Si les happy-end qui concluent l’album paraitront un peu trop « sucrés » à un lecteur adulte, les plus jeunes lecteurs à qui il s’adresse apprécieront cette « feel good attitude ». C’est aussi l’occasion de discuter avec ses enfants du sujet des migrants, montré ici par la bande, sans pathos.

27/09/2022 (modifier)
Par greg
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Damnés du grand large
Les Damnés du grand large

Un étrange conteur, au début du XIXème siècle, se rend dans une taverne et propose le gite et le foyer une une histoire prenante. Introduction classique, pour une histoire qui l'est moins : nous sommes ramenés 20 ans en arrière, dans un récite fantastique mêlant navire fantômes, et démons marins qui à priori s'attachent à tuer certains membres d'équipages et à les marquer d'un grand "A". Le personnage centrale du récit dans le récit est un jeune mousse (dont on devine qu'il s'agit du conteur du début du récit) qui interprète les évènements par le biais d'un carnet de croquis. L'atmosphère est prenante, l'ensemble mystérieux, mêlant horreur, fantastique et dans une très moindre mesure enquête policière. La double chute que viendra clore le récit nous emmènera dans une toute autre direction, nous rappelant les plus grands monstres sont au sein de l'humanité. Tout n'est certes pas parfait, mais on est scotché de A à Z.

27/09/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Aigle des Mers
L'Aigle des Mers

En voyant la couverture du tome 1 avec ce titre et cette image de voilier, je pensais qu'il s'agissait d'une adaptation en BD de l'Aigle des mers (the Sea Hawk), un des plus fabuleux films d'aventure maritime réalisé en 1940 par Michael Curtiz, avec le fringant Errol Flynn. Il n'en est rien puisqu'il s'agit bien d'une aventure maritime, mais qui se déroule en pleine Première guerre mondiale, inspirée de la biographie du comte Felix von Luckner. J'avoue que j'ignorais en grande partie cet aspect de la guerre sur mer, je pensais que cette Grande Guerre n'avait eu lieu que dans les tranchées de Verdun et de la Somme, on a tellement cette image dans la tête. Il y a donc une part instructive sur ces manoeuvres d'un voilier gênant les ravitaillements alliés en coulant les navires marchands anglais ou français, c'est directement inspiré de faits réels tirés de cette biographie de von Luckner j'imagine. Mais à cela, les auteurs ajoutent une partie fictive avec une romance assez insolite entre le capitaine Hugo von Krüger et la belle Pénélope de Luynes, avec en plus quelques scènes de fesse. Cette romance m'a semblé bien vite engagée, de même que le prétendu code d'honneur de von Krüger semble peu réaliste, mais après tout, dans cette guerre et dans les airs, il y eut bien le fameux Baron Rouge qui fut connu comme étant un ennemi chevaleresque, alors pourquoi pas ? Malgré des éléments improbables, on se laisse embarquer dans ce récit d'aventure bien rythmé, c'est de la grande aventure qu'on peut résumer par la formule suivante : aventure et romantisme en pleine mer, sur fond de guerre. On y trouve des ingrédients classiques de ce type de bande : abordages, camouflages, complots, trahisons, mutineries et rebondissements. Le passage entre les blocs de glace et la malchance de l'Avenger poursuivant le Seeadler m'a semblé un peu trop facile pour permettre à ce dernier de s'échapper, par contre l'échouage sur un atoll du Pacifique est un épisode réellement arrivé au Seeadler. Voila donc un joli récit d'aventure, on pourra soit s'offusquer soit rester indifférent devant le fait qu'un Allemand aussi sympathique soit le héros d'un tel récit de guerre, mais ce qui compte c'est que ce diptyque soit passionnant et joliment dessiné par l'auteur de Cap Horn, il est dans son élément maritime, son dessin est clair et précis, ses navires sont superbement dessinés avec force détails, j'ai beaucoup aimé ce genre de dessin.

27/09/2022 (modifier)
Par doumé
Note: 4/5
Couverture de la série Colorado train
Colorado train

Une enquête menée par des adolescents qui veulent découvrir qui a enlevé un enfant du quartier. Ça peut paraître classique mais la force de cette bd réside dans la description d'une ville Américaine et de ses habitants qui vivent dans la misère avec toutes les conséquences sur sa population: alcool,drogue et violence familiale. Une bande d'adolescents livrés à eux même n'ont que leur amitié pour s'évader d'un quotidien et d'un avenir sombre. L'auteur nous représente ces instants comme une bouffée d'oxygène pour des jeunes qui trouvent un peu de normalité dans leur rapports alors qu'ils vivent entourés d'adultes qui pour la plupart ne sont plus en état de les éduquer. Le dessin noir et blanc avec comme couleur dominante le noir apporte au récit une ambiance lourde et pesante, les détails du décor nous placent avec une réalité brutale dans un quartier laisser à l'abandon où la saleté est partout. La représentation des visages est vraiment réussie surtout pour les adultes, la dureté de leurs vies marque leurs visages. La représentation du vieillissement d'un homme résumé en quatre cases page 225 est vraiment superbe et représentative du niveau global de cette bd. Une histoire poignante dans un univers sordide.

26/09/2022 (modifier)