Quelle belle surprise! Cette vulgarisation sur l'étude du microbiote est d'une rare intelligence. Pourtant la lecture n'est pas forcément très engageante au premier abord. Le texte est rempli de termes scientifiques liés à l'intestin, les apartés philosophiques ou littéraires sont nombreux et l'argumentation qui défend l'importance de la diversité environnementale ou le risque d'une uniformisation mortifère est d'un très bon niveau. Cette enquête sur l'infiniment petit de nos intestins m'a captivé de bout en bout. La thématique que je découvre, pourrait être aride. Toutefois les auteurs y intègrent une fiction aux "senteurs" de blockbuster sur une île du Pacifique où tout dérape d'une façon très convaincante. Cela permet d'introduire une belle dose d'humour et de dérision dans cette urgence à prendre conscience de notre fragilité et de notre dépendance à l'invisible qui nous construit. J'ai beaucoup aimé cette présentation non agressive avec un champs d'étude encore vierge. Un champs d'étude qui pourrait à la fois nous mener vers un meilleur bien être mais aussi une meilleure connaissance de nous même et de la relation organique qui nous lie à l'extérieur. Pascal, Descartes illustrent par leurs pensées différents passages de la démonstration des auteurs. Entre biologie et philosophie cette série peut servir à mieux comprendre la complexité de la vie. C'est érudit sans être pédant.
Le graphisme de Héloïse Chochois procure une narration visuelle très fluide et très agréable parfaitement en accord avec le texte. L'autrice a su créer des personnages très attachants.
Une très sympathique BD pour comprendre l'enjeu autour des extinctions d'espèces. Je comprend l'avis de Ro mais c'est mieux passé pour ma part, avec une lecture qui semble très axée pour enfant et donc didactique, que je trouve réussie.
La BD a une histoire mais qui est carrément anecdotique, servant presque uniquement de prétexte à chaque chapitre pour développer un discours autour de l'extinction d'espèces : qu'est-ce que c'est, comment ça marche, qu'est-ce qu'on vit, d'où ça vient ? L'ensemble est découpé en chapitres clairs et simple, chacun permettant de lier ce que font les personnages aux questions de comment l'humain a découvert et crée les extinctions d'espèces. De nombreux exemples sont cités, des cartes apportent la compréhension de l'enjeu territorial ... C'est vraiment clair et didactique, avec une vraie volonté de créer une approche ludique et facile, notamment dans le dessin. L'humour est aussi présent, avec un brisage de quatrième mur à propos de la BD parfois.
En somme, une bonne BD pour jeune mais qui peut être lu par des plus vieux sur la question de ce qu'est l'extinction. Il manque un peu de consistance dans l'histoire principale, mais je ne pense pas que ce soit l'idée de ce genre de BD. Et je note que bien que ce sujet me soit un peu connu, c'est une lecture qui m'a tout de même apporté des informations. Je rajouterais juste que si la fin est amère et manque de positif, il faut bien dire que la réalité donne malheureusement raison au désespoir ...
Une BD pas mal du tout, un bon 3.5 qui vaudra le coup pour les plus jeunes mais ne décevra pas les plus vieux non plus.
Bah franchement rien à redire, on sent le truc calibré blockbuster mais quand les auteurs sont au diapason … que du bonheur !
Je ne suis pas un inconditionnel de Dorison (ça passe souvent mais ça peut méchamment dériver aussi), ici ça se lit super bien. Ce n’est encore que le 1er tome mais l'auteur sait tenir son lecteur. Personnages, ambiances et époque, tout est justement placé, en plus l’album bénéficie d’une belle pagination. L’histoire m’a paru généreuse et le dossier final « jeux des 7 erreurs » est très sympa, on apprécie d’autant plus le savoir faire du scénariste.
Cette fluidité dans les péripéties doit également beaucoup à la partie graphique. C’est de très très haute tenue sur la longueur, parfaitement agencé et détaillé. Tout est bien campé pour nous immerger dans ce 1959 français, du bon et gros boulot. Ça fait plaisir.
Bref une réalisation difficilement critiquable, pro de a à z. Après ça ne fait pas tout mais j’ai senti le soin et le petit plus dans le cas présent.
Je ne suis absolument pas féru de cette période de notre histoire, mais décidément, après Un général, des généraux, j’aime la redécouvrir de si belle façon.
J'ai lu l'édition augmentée de 2024.
Une lecture (comme beaucoup d'autres) qui ne donne plus envie de croire en nos hommes/femmes politiques.
Une BD où onze récits vont se succéder sur la crise écologique et climatique. Une crise aux conséquences funestes. Il est triste de constater que la responsabilité de l'homme est toujours engagée.
Une lecture instructive sur des sujets très différents. Certains de ces thèmes ne m'étaient pas inconnu, en particulier la roche qui se fragilise en montagne, le problème des pesticides aux Antilles, les algues vertes où le fait de payer pour polluer. Elle dresse un constat accablant.
Des enquêtes très bien documentées, certaines plus développées que d'autres, elles expliquent, argumentent et proposent car il est toujours possible de freiner ce dérèglement climatique et écologique.
J'ai été particulièrement choqué de l'existence de Bio-banques --> ok pour détruire un espace protégé si vous restaurez ailleurs moyennant de grosses compensations financières. Une restauration qui ne pourra jamais remplacer celle détruite.
Le fric a toujours le dernier mot avec l'appui des différents lobbyings et de la complaisance de nos politiques.
Pour la partie graphique, les dix artistes aux pinceaux nous proposent des rendus classiques pour du documentaire. C'est lisible, fluide et agréable à regarder.
Une lecture qui donne le vertige.
Je recommande.
Une nouvelle fois Simon Hureau nous propose un album fait de simplicité et intéressant.
Déjà, comme toujours, il y a ce dessin vif et dynamique, que j’aime beaucoup, que ce soit pour les personnages, les décors (quand il y en a, car parfois c’est assez épuré à ce niveau) ou pour certains détails (comme des insectes), Hureau a vraiment un chouette coup de crayon, et le rendu est très agréable.
Surtout, il s’accorde avec les sujets et le ton des nombreux récits regroupés dans cet album, qui peut paraitre parfois un peu fourre-tout, mais qui garde au final une certaine unité. Pas mal d’expériences « exotiques » (dans la jungle ou la brousse, à côtoyer des populations ou une faune sortant de l’ordinaire d’un européen urbain. Mais aussi d’autres récits en Europe, dans lesquels quasiment à chaque fois Hureau – avec quelques comparses parfois – nous raconte des situations qui le présentent comme un gentil loser (plusieurs tentatives de trouver un logement gratuit en Italie, des mariages foireux d’où il s’éclipse pour retomber dans la mouise, etc.).
On le voit c’est assez divers, mais cette variété n’empêche pas Hureau de développer une ambiance positive, souvent humoristique, de nous montrer, même au milieu des emmerdes (je pense à cette journée passée au Burkina je crois pour justifier une bête photo de vache prise dans un champ) un certain bon côté des choses. On le voit non pas comme un touriste, mais comme un amoureux des choses, et des gens, qui cherche à connaitre (voir son appétit pour les insectes et le végétal, qu’il développera par la suite dans d’autres albums), et à nous donner à voir ce qui loin de nous ou alors très près mais tout petit échappe à la majorité d’entre nous.
Certaines histoires ont été prépubliées en revue (ego comme x, Lapin, etc.), mais cet album mérité un petit détour plaisant. Chaque récit possède des qualités, et tous sont intéressants – et agréables à lire.
Note réelle 3,5/5.
Engagée dans la défense des droits humains, militant à Amnesty International, l’auteure, Roannie s’intéresse de longue date au conflit israélo-palestinien. Jusqu’au jour où elle décide de franchir le pas, et de se rendre dans la région, presque sur un coup de tête.
Le premier album montre son premier voyage, la découverte d’une situation oppressante, dans laquelle elle se sent un peu « intruse ». Mais cela lui donne l’envie d’en savoir un peu plus. Un second album nous permet de la suivre dans les « territoires occupés », à la découverte de la vie des Palestiniens, tandis que le suivant la suit dans un autre voyage, cette fois-ci à la rencontre d’Israéliens, colons, religieux, soldats. Enfin, dans le dernier album, nous la suivons lorsqu’elle participe à une flottille de la liberté, souhaitant atteindre Gaza par la mer (opération qui sera rendu impossible par l’armée israélienne).
Il y a beaucoup de Joe Sacco dans cette série. D’une part le sujet, mais aussi l’implication de l’auteure, qui cherche à comprendre, à montrer les choses, tout en ayant une empathie pour les victimes principales de cette situation, les Palestiniens.
Roannie s’est documentée (nombreuses sources citées), et de nombreux rappels historiques et culturels jalonnent le récit, permettant de mieux « situer » géographiquement, politiquement et culturellement les faits et acteurs qui interviennent.
Les quatre voyages de l’auteure s’étalent entre 2008 et 2011, et ils montrent bien que la violence, les humiliations collectives, le vol de terre, les crimes (assassinats, arrachage des vignes et oliviers, destruction de villages, etc.), l’ethnocide sont en cours depuis très longtemps, à Gaza, en Cisjordanie ou à Jérusalem. Que la situation scandaleuse à Gaza par exemple ne date pas du 7 octobre 2023 – mais que cette violence subie, sans justifier les crimes commis ce jour-là, en explique une bonne partie.
La méconnaissance de la situation réelle des Palestiniens de la part de beaucoup d’Israéliens est aussi sidérante, et cela n’a fait que se dégrader, et explique ce qui se passe actuellement. L’inaction de la communauté internationale est tout aussi scandaleuse (et Roannie rappelle bien dans le dernier album que l’arraisonnement de leur navire dans les eaux internationales est un acte de piraterie – ceci s’étant encore reproduit récemment d’ailleurs).
Surtout, alors que la situation était désespérante pour les Palestiniens à l’époque où Roannie, comme d’autres « internationaux », mais aussi des Israéliens, jouaient le rôle d’observateurs et surtout empêchaient par leur présence que les exactions des colons et de l’armée contre les civils palestiniens ne s’étendent trop, on ne peut qu’être horrifié de ce qui se passe actuellement, sans « témoin » (puisque les journalistes sont interdits et que ceux qui bravent cet interdit sont tués).
En tout cas, ces quatre albums se lisent agréablement, grâce au dessin de Oko, réaliste et plaisant. Mais aussi à une narration « calme », posé, d’une personne sincèrement indignée, mais aussi tout autant intéressée par la paix, qui cherche à comprendre, mais aussi à convaincre Palestiniens et Israéliens – comme les lecteurs – de l’absurdité et de l’horreur de la situation en Palestine.
Hélas, ce qui se passe actuellement va à l’encontre de ce que souhaitait l’auteure – tout en confirmant et aggravant les problèmes qu’elle avait pointés.
Une série injustement méconnue en tout cas.
Joe et Martha sont mariés. Lui est chauffeur de taxi à New York, elle se rêvait danseuse étoile, mais vit cloitrée chez elle depuis un accident de voiture qui emporta ses jambes et ses rêves. Depuis ils se détestent profondément car le jour de l'accident Joe était ivre et malgré les supplications de Martha, il roulait beaucoup trop vite. Martha ne lui a jamais pardonné.
Jusqu'où cette haine va les emmener ?
Nous voilà devant un polar en trois tomes qui à la particularité de nous raconter la même histoire mais de trois points de vue différents. C'est la lecture des 3 tomes qui permet d'avoir la vue d'ensemble du tableau. Dans la construction de cette série, je retrouve très clairement la structure du cultissime Pulp Fiction de Tarantino.
Je ne connaissais Philippe TOME principalement que par Spirou et Fantasio et plus encore Le Petit Spirou, séries qui me procurent beaucoup de plaisir. J'étais donc très intrigué et assez impatient de voir comment il se débrouillait dans une série au ton beaucoup plus noir. Et bien il s'en sort plus qu'honorablement, même si tout n'est pas parfait, loin de là.
Ainsi comme nombre d'entre nous la présence du 3ème Tome m'interpelle. Et pourtant je trouve qu'il est essentiel pour comprendre la fin de l'histoire. Sans lui il manque une pièce du puzzle, mais il raconte une autre histoire avant de rejoindre l'histoire principale. Si bien que finalement cette série c'est un 2+1 au lieu d'être un triptyque. Ce sera là ma principale critique car pour le reste tout est ok.
L'ambiance, les personnages, le rythme, …, tout a matché sur moi.
Graphiquement j'ai beaucoup aimé le brun complété uniquement du jaune. J'ai trouvé ça très beau. J'ai noté une évolution du style entre les albums mais le style de Ralph Meyer colle bien à l'histoire. Son rendu de New York, sombre, voire glacial est parfaitement dans le ton de la série.
Bref, vous l'aurez compris, Berceuse Assassine a su me plaire.
Je pense qu'elle reste encore bien dans l'air du temps et devrait plaire à nombre d'amateurs d'histoires sombres
Un album qui traite de plusieurs sujets féministes.
Disons que plusieurs thèmes ont déjà été abordés dans d'autres bandes dessinées avec plus de profondeur, mais comme l'a écrit gruizzli cet album est un bon résumé des thématiques féministes des dernières années. Et malgré le fait qu'il y a beaucoup de déjà-vu, j'ai appris des choses et c'est tellement bien raconté que je trouvais intéressant ce que je savais déjà.
Cette lecture est salutaire, avec des passages souvent choquants qui donne envie de s'énerver. La scénariste est une bonne pédagogue et ses anecdotes personnelles sont passionnantes. Le dessin est pas mal, c'est ce qu'on retrouve sur les blogs (ce qu'était l'album à la base) et ça fait le job pour illustrer les propos de l'autrice.
Voila une BD dense et incroyable, c'est le moins qu'on puisse dire ! Une des rares BD égyptienne que je connaisse, mais quelle réussite !
Cette histoire de vœux en bouteille est une excellente reprise de la tradition mythique égyptienne (et plus globalement arabe), mélangée à des considérations sur l’Égypte actuelle. Et le mélange prend parfaitement bien ! J'ai assez vite reconnu à quoi les vœux pouvaient faire référence selon l'histoire (modernisation, ressources rares, pillage culturel, soft power, libéralisme ...) le tout dans des histoires personnelles complexes. Chaque personnage du récit sera développé dans histoire, avec les allers-retours entre le passé et le présent, explorant les différences entre eux. Que ce soit des questions de classes sociales (particulièrement mises en avant dans la deuxième partie), mais aussi les questions entre anciennes générations et nouvelles.
Le tout est servi par un dessin que je sens assez inspiré du comics américain mais qui a sa vraie patte, notamment lors de certaines séquences graphiques (l'apparition des génies par exemple) en mélangeant la calligraphie arabe au dessin. De même, chaque volume s'ouvre sur une petite séquence en couleur qui permet de mettre en contexte avant de nous faire intéresser à l'histoire du protagoniste. C'est une idée visuellement très saisissante puisqu'on évolue dans un environnement coloré et doux avant de passer au noir et blanc pour le sérieux, tout en se centrant sur les pensées d'un personnage.
L'ensemble des trois volumes prend du temps à lire, mais est franchement appréciable. J'avais deviné certains détails avant qu'ils n'arrivent mais ça n'a en rien modifié le plaisir de la lecture. Cette BD est une très belle histoire explorant de très nombreuses thématiques, riche en texte mais jamais vraiment assommante, servie par un dessin qui sait se faire précis quand il le faut et poser une ambiance lorsque c'est nécessaire, avec de très beaux passages. Une lecture étonnante, mais une très belle lecture.
Œuvre collective, réalisée sur un temps court durant un festival d’Angoulême, cet album présente une trentaine d’auteurs, qui ont répondu à l’appel/commande de Dupuy et Berberian. Ruppert et Mulot se sont chargés des décors minimalistes et statiques, de la porte et de quelques détails intérieurs (le bar, un escalier, une ou deux chambres, etc.), puis chaque auteur, via son avatar/personnage fétiche intervient, soit en prenant simplement la suite, soit en interagissant (quelques-uns font une courte apparition, d’autres vont et viennent à plusieurs reprises).
Trondheim, en grand habitué de ces travaux collectifs plus ou moins improvisés (voir la « série » L'OuBaPo par exemple) est bien sûr présent, en portier même, poste qu’il abandonne. Il est même le seul auteur à intervenir sous deux identités, puisque Frantico traverse même l’intrigue – un autre personnage faisant même une allusion à Trondheim à ce moment en clin d’œil, l’identité de Frantico n’étant pas forcément sue de tous à l’époque je pense.
Au départ les auteurs/personnages se donnent rendez-vous dans une maison close donc. Heureusement, la plupart des auteures conviées à cet exercice s’écartent du rôle minable qui pouvait leur être réservé.
Tous les auteurs jouent le jeu, et il est amusant de voir dialoguer des personnages aux personnalités et surtout aux traits très différents (l’ours de Nadja, l’oiseau de Trondheim, le chien enfantin de Ricard et des personnages plus « réalistes »), ça fonctionne plutôt bien.
Surtout, quelques auteurs/personnages dynamisent le récit, comme Catherine Meurisse et sa raquette de badminton, Boulet et ses complexes, l’inénarrable Killofer en brute épaisse ou François Olislaeger, un des très rares auteurs que je ne connaissais pas et qui contourne la difficulté en cachant son personnage dans un carton – pour des scènes souvent savoureuses et amusantes. Certains auteurs sont plus en retrait (comme Gauld par exemple), mais seule Cestac m’a un peu déçu en faisant le service minimum (son personnage de femme à gros nez restant couché, avant d’être « éliminé » et de disparaitre).
L’album est l’occasion d’une revue de pas mal d’auteurs indé (des compagnons oubapiens de Trondheim mais pas que), et j’ai agréablement été surpris par l’osmose qui a permis à tous ces auteurs/styles différents de faire mieux que cohabiter. La lecture est intéressante et plaisante, recommandable (même si l’album – au très grand format carré – ne se trouve pas facilement).
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Voyage au centre du microbiote
Quelle belle surprise! Cette vulgarisation sur l'étude du microbiote est d'une rare intelligence. Pourtant la lecture n'est pas forcément très engageante au premier abord. Le texte est rempli de termes scientifiques liés à l'intestin, les apartés philosophiques ou littéraires sont nombreux et l'argumentation qui défend l'importance de la diversité environnementale ou le risque d'une uniformisation mortifère est d'un très bon niveau. Cette enquête sur l'infiniment petit de nos intestins m'a captivé de bout en bout. La thématique que je découvre, pourrait être aride. Toutefois les auteurs y intègrent une fiction aux "senteurs" de blockbuster sur une île du Pacifique où tout dérape d'une façon très convaincante. Cela permet d'introduire une belle dose d'humour et de dérision dans cette urgence à prendre conscience de notre fragilité et de notre dépendance à l'invisible qui nous construit. J'ai beaucoup aimé cette présentation non agressive avec un champs d'étude encore vierge. Un champs d'étude qui pourrait à la fois nous mener vers un meilleur bien être mais aussi une meilleure connaissance de nous même et de la relation organique qui nous lie à l'extérieur. Pascal, Descartes illustrent par leurs pensées différents passages de la démonstration des auteurs. Entre biologie et philosophie cette série peut servir à mieux comprendre la complexité de la vie. C'est érudit sans être pédant. Le graphisme de Héloïse Chochois procure une narration visuelle très fluide et très agréable parfaitement en accord avec le texte. L'autrice a su créer des personnages très attachants.
Extinctions - Le Crépuscule des espèces
Une très sympathique BD pour comprendre l'enjeu autour des extinctions d'espèces. Je comprend l'avis de Ro mais c'est mieux passé pour ma part, avec une lecture qui semble très axée pour enfant et donc didactique, que je trouve réussie. La BD a une histoire mais qui est carrément anecdotique, servant presque uniquement de prétexte à chaque chapitre pour développer un discours autour de l'extinction d'espèces : qu'est-ce que c'est, comment ça marche, qu'est-ce qu'on vit, d'où ça vient ? L'ensemble est découpé en chapitres clairs et simple, chacun permettant de lier ce que font les personnages aux questions de comment l'humain a découvert et crée les extinctions d'espèces. De nombreux exemples sont cités, des cartes apportent la compréhension de l'enjeu territorial ... C'est vraiment clair et didactique, avec une vraie volonté de créer une approche ludique et facile, notamment dans le dessin. L'humour est aussi présent, avec un brisage de quatrième mur à propos de la BD parfois. En somme, une bonne BD pour jeune mais qui peut être lu par des plus vieux sur la question de ce qu'est l'extinction. Il manque un peu de consistance dans l'histoire principale, mais je ne pense pas que ce soit l'idée de ce genre de BD. Et je note que bien que ce sujet me soit un peu connu, c'est une lecture qui m'a tout de même apporté des informations. Je rajouterais juste que si la fin est amère et manque de positif, il faut bien dire que la réalité donne malheureusement raison au désespoir ... Une BD pas mal du tout, un bon 3.5 qui vaudra le coup pour les plus jeunes mais ne décevra pas les plus vieux non plus.
Les Gorilles du Général
Bah franchement rien à redire, on sent le truc calibré blockbuster mais quand les auteurs sont au diapason … que du bonheur ! Je ne suis pas un inconditionnel de Dorison (ça passe souvent mais ça peut méchamment dériver aussi), ici ça se lit super bien. Ce n’est encore que le 1er tome mais l'auteur sait tenir son lecteur. Personnages, ambiances et époque, tout est justement placé, en plus l’album bénéficie d’une belle pagination. L’histoire m’a paru généreuse et le dossier final « jeux des 7 erreurs » est très sympa, on apprécie d’autant plus le savoir faire du scénariste. Cette fluidité dans les péripéties doit également beaucoup à la partie graphique. C’est de très très haute tenue sur la longueur, parfaitement agencé et détaillé. Tout est bien campé pour nous immerger dans ce 1959 français, du bon et gros boulot. Ça fait plaisir. Bref une réalisation difficilement critiquable, pro de a à z. Après ça ne fait pas tout mais j’ai senti le soin et le petit plus dans le cas présent. Je ne suis absolument pas féru de cette période de notre histoire, mais décidément, après Un général, des généraux, j’aime la redécouvrir de si belle façon.
Vertige - 10 ans d'enquêtes sur la crise écologique et climatique
J'ai lu l'édition augmentée de 2024. Une lecture (comme beaucoup d'autres) qui ne donne plus envie de croire en nos hommes/femmes politiques. Une BD où onze récits vont se succéder sur la crise écologique et climatique. Une crise aux conséquences funestes. Il est triste de constater que la responsabilité de l'homme est toujours engagée. Une lecture instructive sur des sujets très différents. Certains de ces thèmes ne m'étaient pas inconnu, en particulier la roche qui se fragilise en montagne, le problème des pesticides aux Antilles, les algues vertes où le fait de payer pour polluer. Elle dresse un constat accablant. Des enquêtes très bien documentées, certaines plus développées que d'autres, elles expliquent, argumentent et proposent car il est toujours possible de freiner ce dérèglement climatique et écologique. J'ai été particulièrement choqué de l'existence de Bio-banques --> ok pour détruire un espace protégé si vous restaurez ailleurs moyennant de grosses compensations financières. Une restauration qui ne pourra jamais remplacer celle détruite. Le fric a toujours le dernier mot avec l'appui des différents lobbyings et de la complaisance de nos politiques. Pour la partie graphique, les dix artistes aux pinceaux nous proposent des rendus classiques pour du documentaire. C'est lisible, fluide et agréable à regarder. Une lecture qui donne le vertige. Je recommande.
Mille parages - Fragments bourlingatoires d'ici et d'ailleurs
Une nouvelle fois Simon Hureau nous propose un album fait de simplicité et intéressant. Déjà, comme toujours, il y a ce dessin vif et dynamique, que j’aime beaucoup, que ce soit pour les personnages, les décors (quand il y en a, car parfois c’est assez épuré à ce niveau) ou pour certains détails (comme des insectes), Hureau a vraiment un chouette coup de crayon, et le rendu est très agréable. Surtout, il s’accorde avec les sujets et le ton des nombreux récits regroupés dans cet album, qui peut paraitre parfois un peu fourre-tout, mais qui garde au final une certaine unité. Pas mal d’expériences « exotiques » (dans la jungle ou la brousse, à côtoyer des populations ou une faune sortant de l’ordinaire d’un européen urbain. Mais aussi d’autres récits en Europe, dans lesquels quasiment à chaque fois Hureau – avec quelques comparses parfois – nous raconte des situations qui le présentent comme un gentil loser (plusieurs tentatives de trouver un logement gratuit en Italie, des mariages foireux d’où il s’éclipse pour retomber dans la mouise, etc.). On le voit c’est assez divers, mais cette variété n’empêche pas Hureau de développer une ambiance positive, souvent humoristique, de nous montrer, même au milieu des emmerdes (je pense à cette journée passée au Burkina je crois pour justifier une bête photo de vache prise dans un champ) un certain bon côté des choses. On le voit non pas comme un touriste, mais comme un amoureux des choses, et des gens, qui cherche à connaitre (voir son appétit pour les insectes et le végétal, qu’il développera par la suite dans d’autres albums), et à nous donner à voir ce qui loin de nous ou alors très près mais tout petit échappe à la majorité d’entre nous. Certaines histoires ont été prépubliées en revue (ego comme x, Lapin, etc.), mais cet album mérité un petit détour plaisant. Chaque récit possède des qualités, et tous sont intéressants – et agréables à lire. Note réelle 3,5/5.
L'Intruse
Engagée dans la défense des droits humains, militant à Amnesty International, l’auteure, Roannie s’intéresse de longue date au conflit israélo-palestinien. Jusqu’au jour où elle décide de franchir le pas, et de se rendre dans la région, presque sur un coup de tête. Le premier album montre son premier voyage, la découverte d’une situation oppressante, dans laquelle elle se sent un peu « intruse ». Mais cela lui donne l’envie d’en savoir un peu plus. Un second album nous permet de la suivre dans les « territoires occupés », à la découverte de la vie des Palestiniens, tandis que le suivant la suit dans un autre voyage, cette fois-ci à la rencontre d’Israéliens, colons, religieux, soldats. Enfin, dans le dernier album, nous la suivons lorsqu’elle participe à une flottille de la liberté, souhaitant atteindre Gaza par la mer (opération qui sera rendu impossible par l’armée israélienne). Il y a beaucoup de Joe Sacco dans cette série. D’une part le sujet, mais aussi l’implication de l’auteure, qui cherche à comprendre, à montrer les choses, tout en ayant une empathie pour les victimes principales de cette situation, les Palestiniens. Roannie s’est documentée (nombreuses sources citées), et de nombreux rappels historiques et culturels jalonnent le récit, permettant de mieux « situer » géographiquement, politiquement et culturellement les faits et acteurs qui interviennent. Les quatre voyages de l’auteure s’étalent entre 2008 et 2011, et ils montrent bien que la violence, les humiliations collectives, le vol de terre, les crimes (assassinats, arrachage des vignes et oliviers, destruction de villages, etc.), l’ethnocide sont en cours depuis très longtemps, à Gaza, en Cisjordanie ou à Jérusalem. Que la situation scandaleuse à Gaza par exemple ne date pas du 7 octobre 2023 – mais que cette violence subie, sans justifier les crimes commis ce jour-là, en explique une bonne partie. La méconnaissance de la situation réelle des Palestiniens de la part de beaucoup d’Israéliens est aussi sidérante, et cela n’a fait que se dégrader, et explique ce qui se passe actuellement. L’inaction de la communauté internationale est tout aussi scandaleuse (et Roannie rappelle bien dans le dernier album que l’arraisonnement de leur navire dans les eaux internationales est un acte de piraterie – ceci s’étant encore reproduit récemment d’ailleurs). Surtout, alors que la situation était désespérante pour les Palestiniens à l’époque où Roannie, comme d’autres « internationaux », mais aussi des Israéliens, jouaient le rôle d’observateurs et surtout empêchaient par leur présence que les exactions des colons et de l’armée contre les civils palestiniens ne s’étendent trop, on ne peut qu’être horrifié de ce qui se passe actuellement, sans « témoin » (puisque les journalistes sont interdits et que ceux qui bravent cet interdit sont tués). En tout cas, ces quatre albums se lisent agréablement, grâce au dessin de Oko, réaliste et plaisant. Mais aussi à une narration « calme », posé, d’une personne sincèrement indignée, mais aussi tout autant intéressée par la paix, qui cherche à comprendre, mais aussi à convaincre Palestiniens et Israéliens – comme les lecteurs – de l’absurdité et de l’horreur de la situation en Palestine. Hélas, ce qui se passe actuellement va à l’encontre de ce que souhaitait l’auteure – tout en confirmant et aggravant les problèmes qu’elle avait pointés. Une série injustement méconnue en tout cas.
Berceuse assassine
Joe et Martha sont mariés. Lui est chauffeur de taxi à New York, elle se rêvait danseuse étoile, mais vit cloitrée chez elle depuis un accident de voiture qui emporta ses jambes et ses rêves. Depuis ils se détestent profondément car le jour de l'accident Joe était ivre et malgré les supplications de Martha, il roulait beaucoup trop vite. Martha ne lui a jamais pardonné. Jusqu'où cette haine va les emmener ? Nous voilà devant un polar en trois tomes qui à la particularité de nous raconter la même histoire mais de trois points de vue différents. C'est la lecture des 3 tomes qui permet d'avoir la vue d'ensemble du tableau. Dans la construction de cette série, je retrouve très clairement la structure du cultissime Pulp Fiction de Tarantino. Je ne connaissais Philippe TOME principalement que par Spirou et Fantasio et plus encore Le Petit Spirou, séries qui me procurent beaucoup de plaisir. J'étais donc très intrigué et assez impatient de voir comment il se débrouillait dans une série au ton beaucoup plus noir. Et bien il s'en sort plus qu'honorablement, même si tout n'est pas parfait, loin de là. Ainsi comme nombre d'entre nous la présence du 3ème Tome m'interpelle. Et pourtant je trouve qu'il est essentiel pour comprendre la fin de l'histoire. Sans lui il manque une pièce du puzzle, mais il raconte une autre histoire avant de rejoindre l'histoire principale. Si bien que finalement cette série c'est un 2+1 au lieu d'être un triptyque. Ce sera là ma principale critique car pour le reste tout est ok. L'ambiance, les personnages, le rythme, …, tout a matché sur moi. Graphiquement j'ai beaucoup aimé le brun complété uniquement du jaune. J'ai trouvé ça très beau. J'ai noté une évolution du style entre les albums mais le style de Ralph Meyer colle bien à l'histoire. Son rendu de New York, sombre, voire glacial est parfaitement dans le ton de la série. Bref, vous l'aurez compris, Berceuse Assassine a su me plaire. Je pense qu'elle reste encore bien dans l'air du temps et devrait plaire à nombre d'amateurs d'histoires sombres
Ils abusent grave
Un album qui traite de plusieurs sujets féministes. Disons que plusieurs thèmes ont déjà été abordés dans d'autres bandes dessinées avec plus de profondeur, mais comme l'a écrit gruizzli cet album est un bon résumé des thématiques féministes des dernières années. Et malgré le fait qu'il y a beaucoup de déjà-vu, j'ai appris des choses et c'est tellement bien raconté que je trouvais intéressant ce que je savais déjà. Cette lecture est salutaire, avec des passages souvent choquants qui donne envie de s'énerver. La scénariste est une bonne pédagogue et ses anecdotes personnelles sont passionnantes. Le dessin est pas mal, c'est ce qu'on retrouve sur les blogs (ce qu'était l'album à la base) et ça fait le job pour illustrer les propos de l'autrice.
Shubeik Lubeik
Voila une BD dense et incroyable, c'est le moins qu'on puisse dire ! Une des rares BD égyptienne que je connaisse, mais quelle réussite ! Cette histoire de vœux en bouteille est une excellente reprise de la tradition mythique égyptienne (et plus globalement arabe), mélangée à des considérations sur l’Égypte actuelle. Et le mélange prend parfaitement bien ! J'ai assez vite reconnu à quoi les vœux pouvaient faire référence selon l'histoire (modernisation, ressources rares, pillage culturel, soft power, libéralisme ...) le tout dans des histoires personnelles complexes. Chaque personnage du récit sera développé dans histoire, avec les allers-retours entre le passé et le présent, explorant les différences entre eux. Que ce soit des questions de classes sociales (particulièrement mises en avant dans la deuxième partie), mais aussi les questions entre anciennes générations et nouvelles. Le tout est servi par un dessin que je sens assez inspiré du comics américain mais qui a sa vraie patte, notamment lors de certaines séquences graphiques (l'apparition des génies par exemple) en mélangeant la calligraphie arabe au dessin. De même, chaque volume s'ouvre sur une petite séquence en couleur qui permet de mettre en contexte avant de nous faire intéresser à l'histoire du protagoniste. C'est une idée visuellement très saisissante puisqu'on évolue dans un environnement coloré et doux avant de passer au noir et blanc pour le sérieux, tout en se centrant sur les pensées d'un personnage. L'ensemble des trois volumes prend du temps à lire, mais est franchement appréciable. J'avais deviné certains détails avant qu'ils n'arrivent mais ça n'a en rien modifié le plaisir de la lecture. Cette BD est une très belle histoire explorant de très nombreuses thématiques, riche en texte mais jamais vraiment assommante, servie par un dessin qui sait se faire précis quand il le faut et poser une ambiance lorsque c'est nécessaire, avec de très beaux passages. Une lecture étonnante, mais une très belle lecture.
La Maison Close
Œuvre collective, réalisée sur un temps court durant un festival d’Angoulême, cet album présente une trentaine d’auteurs, qui ont répondu à l’appel/commande de Dupuy et Berberian. Ruppert et Mulot se sont chargés des décors minimalistes et statiques, de la porte et de quelques détails intérieurs (le bar, un escalier, une ou deux chambres, etc.), puis chaque auteur, via son avatar/personnage fétiche intervient, soit en prenant simplement la suite, soit en interagissant (quelques-uns font une courte apparition, d’autres vont et viennent à plusieurs reprises). Trondheim, en grand habitué de ces travaux collectifs plus ou moins improvisés (voir la « série » L'OuBaPo par exemple) est bien sûr présent, en portier même, poste qu’il abandonne. Il est même le seul auteur à intervenir sous deux identités, puisque Frantico traverse même l’intrigue – un autre personnage faisant même une allusion à Trondheim à ce moment en clin d’œil, l’identité de Frantico n’étant pas forcément sue de tous à l’époque je pense. Au départ les auteurs/personnages se donnent rendez-vous dans une maison close donc. Heureusement, la plupart des auteures conviées à cet exercice s’écartent du rôle minable qui pouvait leur être réservé. Tous les auteurs jouent le jeu, et il est amusant de voir dialoguer des personnages aux personnalités et surtout aux traits très différents (l’ours de Nadja, l’oiseau de Trondheim, le chien enfantin de Ricard et des personnages plus « réalistes »), ça fonctionne plutôt bien. Surtout, quelques auteurs/personnages dynamisent le récit, comme Catherine Meurisse et sa raquette de badminton, Boulet et ses complexes, l’inénarrable Killofer en brute épaisse ou François Olislaeger, un des très rares auteurs que je ne connaissais pas et qui contourne la difficulté en cachant son personnage dans un carton – pour des scènes souvent savoureuses et amusantes. Certains auteurs sont plus en retrait (comme Gauld par exemple), mais seule Cestac m’a un peu déçu en faisant le service minimum (son personnage de femme à gros nez restant couché, avant d’être « éliminé » et de disparaitre). L’album est l’occasion d’une revue de pas mal d’auteurs indé (des compagnons oubapiens de Trondheim mais pas que), et j’ai agréablement été surpris par l’osmose qui a permis à tous ces auteurs/styles différents de faire mieux que cohabiter. La lecture est intéressante et plaisante, recommandable (même si l’album – au très grand format carré – ne se trouve pas facilement).