Quelle horrible histoire ! Dites-moi que ce n’est qu’une légende locale et qu’elle n’a pas le moindre fond de vérité. J’aurais aimé croire, mais malheureusement sans conviction, qu’il n’est pas possible de trouver tant de bêtise chez l’être humain.
Notre pauvre singe fait donc les frais d’une ignorance crasse et d’une xénophobie sans limite. Et si l’intrigue se passe à l’époque napoléonienne où l’ennemi du Français est l’Anglais, et vice-versa, la xénophobie ambiante se retrouve partout et toujours et surtout aujourd’hui, l’ennemi est à adapter suivant les circonstances.
Histoire horrible donc, mais histoire drôlement bien racontée. On sent bien l’animosité des villageois qui s’exacerbe avec l’effet de meute. Et tous les efforts des quelques personnes sensées n’ont plus aucune prise sur leurs esprits enflammés par la haine.
Bravo aux auteurs d’avoir réussi à raconter tout ça avec beaucoup d’humour et autant de fluidité.
En ouvrant la bd, je n’étais pas fan du dessin. Et finalement, je n’en imagine plus un autre, il colle trop bien à l’histoire. Ces trognes sont vraiment trop expressives, c’est de la belle ouvrage.
À lire et à faire lire.
Emprunt et lecture récente pour ce one shot … une chouette découverte, on est pas loin du coup de cœur.
J’ai vraiment été happé, j’ai enchaîné les chapitres comme un goret (faisant fi de la pause pipi ^^). Pas moyen de lâcher, c’est d’une fluidité exemplaire.
J’ai particulièrement apprécié cette narration à rebours, pour découvrir cette histoire d’amour s’étalant sur des décennies. En gros, le début est la fin de l’histoire (ou le commencement d’une autre ;) et la fin de l’album équivaut au début de l’idylle, les chapitres sont numérotés de 20 à 1.
Je connaissais le procédé sur d’autres médias (5 x 2 d’Ozon par ex.) mais une première pour le médium bd. Ça donne beaucoup d’originalité, d’autant que c’est réalisé avec grand talent.
Les précédents albums lus de Jordi Lafebre ne m’avaient pas autant enthousiasmé (Lydie et La mondaine) mais là bravo à lui, d’autant qu’il assure le scénario également.
Un dessin souple et en rondeur agrémenté de chouettes couleurs, ça donne la patate.
Niveau histoire, j’avais un peu peur en cours de route mais l’auteur retombe sur ses pattes, une astucieuse rencontre qui sauve une de mes principales craintes (ça aurait pu être rédhibitoire sinon). On suit une idylle invraisemblable à travers les âges, servie par 2 personnages agréables mais qui pourront un tantinet énerver parfois.
Je n’y ai jamais vraiment cru (d’où l’absence de coup de cœur) mais j’ai passé un excellent moment avec eux. On les quitte avec le sourire et la furieuse envie de remonter l’album.
Une feel good bd à la réalisation irréprochable.
Un avis qui portera sur l'album urban comics et ses deux histoires, La Proie et Terreur.
Un album qui met en lumière Hugo Strange l'un des premiers ennemis réguliers de Batman. Il apparaît pour la première fois en 1940 dans Detective Comics #36.
Doug Moench, au scénario, nous concocte deux histoires que l'on peut lire indépendamment.
La première, La Proie, est diablement efficace, notre chauve-souris va devoir se battre contre une force spéciale de la Police, elle-même aidée d'un psychiatre, le docteur Hugo Strange qui doit percer son identité secrète. Un récit qui sort des sentiers battus et qui mettra à mal notre héros mais aussi le capitaine de police James Gordon.
La seconde est un peu plus convenue, mais reste agréable à lire, toujours avec ce tordu d'Hugo Strange et un invité surprise.
J'ai aimé la voix off de Batman, elle donne une ambiance singulière aux récits.
Au dessin, c'est Paul Gulacy qui est à la manœuvre sur tout l'album.
J'ai une tendresse particulière pour ce dessinateur depuis son formidable travail sur Shang-Shi, sa période années 70.
Donc ici, deux récits réalisés par Gulacy pour deux résultats différents.
Pour commencer, La Proie date de 1990 avec la colorisation quelque peu vieillotte de Steve Oliff et Terry Austin comme ancreur. Pour ma part, la plus belle partie de l'album.
Pour terminer, Terreur date de 2001, un changement d'encreur, Jimmy Palmiotti et de coloriste, James Sinclair, avec le début du numérique. Cela reste toujours agréable à regarder, mais j'aime moins. Le début d'une nouvelle ère graphique ....
Pour Terreur, une petite gueulante pour Urban Comics qui n'est pas foutu de recopier le nom des auteurs sur chaque "partie", pourtant la couverture originale avec les noms des auteurs est publiée avant chaque chapitre.
Une chouette lecture pour tous les amateurs du Batman.
4 étoiles de justesse.
Je ne connaissais pas Olivier Rameau dans les années 70. Avec le recul je trouve cette série incroyable même si c'est loin d'être une de mes séries préférées.
Pourtant quel bel exemple de culture pop, la musique en moins. On se croirait en voyage à Woodstock ou sur l'île de Wight. Des fleurs sucettes, des graines de zénobisou, ni arme ni argent, Greg nous propose des scénarii imbibés de l'utopie de l'époque.
Aujourd'hui on peut légitimement se demander qui était le public cible privilégié ? Quand je lis cette profusion de mots dont certains à double sens, cette infinité de détails graphiques et cette atmosphère érotique produite par Colombe et ses soeurs de Rêverose, j'imagine plus Olivier place de la Sorbonne qu'en primaire ou collège.
C'est d'ailleurs cette surabondance - qui nécessite une lecture soutenue pour une BD tout public - qui me freine un peu. C'est un peu too much pour moi et j'ai du mal à rentrer dans ce monde.
De plus je trouve le personnage d'Olivier trop NAP et manquant d'humour. Quant à Colombe so sexy mais quelle potiche ! C'est souvent une lecture que j'ai du graphisme de Dany qui me gêne assez.
C'est une série de la grande époque qui reste incontournable par son originalité et son exubérance mais qui me laisse assez froid. 3.5
Ce qui m’aura le plus impressionné à la lecture de cet album, c’est la qualité incroyable du dessin. C’est juste parfait pour rendre hommage à la beauté de l’art funéraire égyptien, pour matérialiser les décors cossus des salons anglais de la fin du XIXème, pour évoquer toute une époque allant de 1891 à 1925, ou pour donner vie à l’époque des pharaons.
Le récit, lui, s’inscrit dans les pas d'Howard Carter. C’est donc à une biographie à laquelle nous avons droit, une biographie assez classique dans sa forme puisque nous passons en revue les grandes étapes de la vie de l’égyptologue qui le mèneront de Londres à la vallée des Rois. Le récit est bien écrit mais très conventionnel et s’il n’y avait pas le caractère difficile d’Howard Carter, je pense que ce personnage ne m’aurait que peu intéressé.
Du point de vue ‘archéologie’, on en apprend quand même assez bien sur la découverte du tombeau et sur les techniques employées pour en extraire les trésors. Peu aux faits dans cette matière, j’ai apprécié la clarté des explications (notamment lorsqu’il s’est agi de retirer les cercueils de la tombe). Les difficultés de logistiques sont également évoquées avec a propos.
Au final, cet album s’est révélé très beau à lire et assez instructif… mais très académique. Il ne pourra qu’enthousiasmer les amateurs de bande dessinée classique et ravir les amateurs d’art égyptien. Pour moi, ça reste un ‘petit’ bien. Pas franchement bien mais mieux que ‘pas mal’.
4/5 pour souligner la qualité du dessin, pour récompenser la rigueur de la biographie et pour remercier l’éditeur pour le petit dossier en supplément (très instructif, il permet de revenir sur certains points juste évoqués dans la bande dessinée).
J’ai beaucoup aimé ce récit. D’abord parce que sa structure est bien plus proche d’une démarche « récit de vie » que de l’approche primaire des récits pornographiques. Ici les fantasmes masculins ne sont pas au centre du script, ils ne s’enfilent pas à raison d’une scène toutes les trois planches, l’homme et ses désirs y est même relégué au second rang. Au contraire, c’est à une lente progression, une prise de conscience par paliers d’une femme mure que nous sommes conviés. Et cela me plait d’autant plus que cette femme est « banale », loin de la bombasse aux formes surréalistes que les auteurs nous proposent d’ordinaire.
Et c’est le deuxième point fort du récit : son dessin. Signé Grazia La Padula, celui-ci est riche et expressif. Chaque planche est une peinture, sans concession car le trait est aux frontières de la caricature. L’héroïne pourrait en sortir moche, grotesque. Au contraire, elle apparait féminine, attirante et sensible. La poésie du trait de La Padula parvient ainsi à magnifier le désir sans nous livrer des corps esthétiquement parfaits. C’est juste… impressionnant.
La narration est très littéraire et j’ai rapidement ressenti beaucoup d’empathie pour le personnage central. Ses craintes, ses peurs, ses doutes, ses envies, la manière dont elle va s’affirmer en se libérant sexuellement m’ont plu, touché, émoustillé. Le récit suit une progression aussi lente qu’irréversible.
Avec ce récit les deux autrices nous montrent une femme désirante qui, en réussissant à se libérer de la pression (l’oppression) née de son éducation, de l’image imposée par les médias, de sa place dans la société, trouve son chemin vers une sexualité radieuse, s’ouvrant aux autres bien plus avec le cœur qu’avec le corps.
Une belle réussite !
Un bon documentaire qui fait un bon résumé de cette affaire qui a éclaboussé la Sarkozy entière.
Je connaissais le gros des événements et j'ai appris quelques petits détails au cours de ma lecture. C'est vraiment un système de corruption mis à nu devant nos yeux, tous les pires travers du pouvoir français y passent et c'est effarant jusqu'où Sarkozy et ses copains ont été dans leurs machinations. Je vois pas d'autres choses à ajouter aux avis précédents, hormis que c'est un documentaire à lire si on s'intéresse à la politique et qu'on a pas envie de lire un gros livre de plusieurs centaines de pages.
Quant au dessin, je le trouve correct même si je ne suis pas fan de la manière dont sont dessinés les humains. Au moins, il y a du mouvement contrairement à d'autres documentaires où le dessinateur fait juste dessiner par-dessus des photos.
Futur fauve d'or d'Angoulême 2023 ?
Depuis presque 25 ans que je déambule sous les bulles, pour la première fois l'année dernière, j'ai vu juste quant à l'album lauréat du fauve d'or. Je retente donc ma chance pour 2023 (tout en prenant plus de risques car je ne sais même pas si la bd sera dans la liste officielle), avec cet album coup de poing plus que coup de cœur. Disons que je pars avec une belle cote, allez pour la beauté du geste disons 100/1.
Valentine Cuny-Le Callet est de ces personnes qui vont au bout des choses.
Elle est contre la peine de mort, comme je l'espère encore une large majorité d'entre nous.
Mais elle ne s'arrête pas là, comme personnellement je le fais, en me contentant de gueuler devant mon écran lors des débats télévisés sur la question. Non, elle, elle entame une relation épistolaire, à 19 ans !, avec un condamné à mort américain. Il faut déjà en avoir dans le bide. Oui, dans le bide, car faire ceci, c'est risquer de se prendre en pleine tronche les horreurs des crimes du condamné mais aussi se retrouver face à la grosse machine juridico-carcérale américaine, qui sans vouloir tomber dans le cliché hollywoodien, fait quand même vraiment peur.
Et comme si cela ne suffisait pas, elle prend la décision d'en faire un bouquin, dans un témoignage à la limite de la catharsis.
Non, franchement, rien que pour ça, je trouve que mon pari devient de moins en moins risqué. 70/1.
Et ce bouquin, qu'est ce qu'il vaut ?
Dès le départ, on entre dans le vif du sujet, Valentine Cuny-Le Callet nous fait entrer dans le système pénitentiaire américain et sa sentence maximale : la peine de mort. Dès le deuxième petit chapitre, des dessins reprenant des photos de condamnés à mort juste avant ou après la sentence nous place dans le contexte de ce bouquin. Ici, on va parler de mort. De mort données par d'autres. Que cela soit par les meurtriers condamnés ou par les bourreaux (justice, matons, État). Pas de complaisance donc, pas de fausse naïveté non plus, la plupart du temps, les condamnés sont de vrais méchants, le haut de la planche en page 16 nous le rappelle.
Néanmoins, la question posée est celle du droit à donner la mort, quel que soit le contexte. L'autrice y répondra plus tard dans le bouquin, pas la peine d'épiloguer sur sa réponse.
La puissance de l’œuvre se trouve donc ici, dans cette volonté de ne rien épargner aux lecteurs. Je salue d'ailleurs le choix de l'autrice de ne divulguer que sa première lettre, dès le début de l'ouvrage, pour ensuite laisser la part belle aux lettres de son correspondant. On entre dans sa peau, on vit avec elle les coups de poignard que sont les mots rédigés par l'autre. Comment peut-on être si solide et si mature à 19 ans ? J'en suis encore estomaqué. 50/1.
On suit donc les relations entre cette jeune femme d'une force incroyable et un condamné à mort. Je n'ai pas encore mentionné son nom, mais Renaldo McGirth est donc ce condamné à mort. Pour un crime horrible. Pour lequel il clame son innocence. Au cœur de l'ouvrage, Valentine nous explique, froidement, méthodiquement, le meurtre pour lequel Renaldo se retrouve dans le couloir de la mort. Sans se substituer à la justice, juste en pointant du doigt certains éléments troublants, et encore. Ce n'est pas le propos du bouquin, je l'ai mentionné plus haut.
Non, cet ouvrage nous renvoie à nos démons. A ce que nous sommes capables ou non de faire, à ce que nous sommes capables ou non de ressentir. 40/1.
Il y a réellement deux bouquins dans ce bouquin. L'un traite de la peine de mort donc, mais aussi des conditions de vie des condamnés dans le couloir de la mort, et par extension en prison, avec ce doux paradoxe bien hypocrite qui est celui de la réinsertion. L'autre nous raconte les échanges qui auront donnés naissance à la bd. C'est assez incroyable d'ailleurs de voir comment ces deux-là ont réussi à débattre artistiquement dans cet enfer. Si tout à l'heure je parlais de démon, là nous sommes face à l'incroyable capacité de l'Homme à se sublimer, et ce, même dans un contexte aussi dur que celui du couloir de la mort.
La lecture est dure. Très dure, on peine à imaginer la "vie" de Renaldo. Mais la lecture est fluide, passionnante. J'aurais pu tout lire en une soirée mais je me suis arrêté, j'en avais besoin.
Le dessin est magnifique. Tout en noir et blanc, très différent selon les pages. 30/1.
Seul petit bémol. Je n'ai pas saisi toutes les références graphiques parsemées tout au long de l’œuvre. Sont-elles trop personnelles (correspondant à l'état d'esprit de Valentine), suis-je passé à côté ? Je ne saurai dire.
Je ne mets pas (encore) 5/5, je dois laisser incuber mais cela viendra peut-être.
Enfin, trois derniers petits détails.
Le titre, magnifique, très poétique et d'un sens remarquable, à découvrir en fin d'ouvrage.
La couverture, époustouflante avec ce visage qui sort de l'ombre et ce serpent qui l'entoure.
La quatrième de couverture et ses trois cases, ces mains, cette lettre, d'une rare puissance.
10/1. Qui suit ?
EDIT (décembre 2022) : L'album n'est pas dans la sélection du FIBD, je suis davantage déçu pour l'autrice et Reinaldo que pour mon pari... Honnêtement, il n'aurait pas dépareillé et méritait de concourir.
Après lecture des avis concernant "Le Jardin d'Hiver" je suis un peu étonné de l'accueil frileux fait au scénario de Renaud Dillies.
Comme tout oeuvre un peu hors norme, chacun peut y aller de sa lecture et de sa compréhension. Perso j'y voit comme une parabole du retour vers le père.
Mais quel père ? Au milieu d'une grisaille omniprésente Sam est interpelé par un signe dérangeant qui vient de son plafond.
Après une première approche ratée, ennuyeuse et incompréhensible Sam retourne dans son horizontalité mortifère mais connue. Même la musique ne lui procure pas d'élévation. Quant à Lili, l'a-t-il vraiment réellement vue ?
La deuxième visite est une révélation. Jardin d'hiver ou jardin d'Eden ? Pommes ou tomates ? Repli sur soi ou ouverture et réconciliation ? Clés dans le dos ou ailes d'anges ?
Un conte un brin mystique pourquoi pas ? En tout cas c'est ma lecture perso.
Quant au graphisme de Grazia La Padula, il est non seulement très bon mais aussi dans la pure veine d'une production de Dillies. Ce n'est pas si éloigné d'un graphisme comme celui de Frère Joyeux à tel point que je croyais que Dillies avait tout fait.
Rendons à Grazia ce qui lui revient : une finesse et une tendresse dans l'expression de ses personnages vraiment touchantes. J'ai même eu un petit frisson impressionniste en souvenir d'Edgar Degas à la vue des danseuses qui entourent Lili.
Une très bonne lecture de deux excellents artistes très complémentaires.
Un titre très poétique (et accrocheur !), et parfaitement raccord avec le contenu.
En effet, l’intrigue se développe « au fil de l’eau », dans un univers post-apocalypse, l’eau recouvrant une bonne partie des territoires, qu’il faut en partie évacuer. Au milieu de cette inondation géante, nous suivons deux frères et leur chien (bleu !), ainsi qu’une ado rebelle.
Le rythme est très lent, comme le cours d’un fleuve, et il ne faut pas chercher ici d’actions trépidantes. D’autant plus que, de façon récurrente, de pleines pages (souvent superbes !) coupent le récit, pour des digressions poétiques.
Un rythme lent, mais aucun ennui ne à l’horizon. Car l’histoire est captivante justement par son côté « planant ». Mais aussi par toutes les réflexions philosophiques, poétiques qui l’irriguent (et le chien n’est pas le dernier dans ce domaine !). Les deux frères sont dépareillés, l’un molosse taciturne et ne s’exprimant que par râles ou borborygme, l’autre dynamique et déterminé. Le monde semble dans un état désespéré, désespérant, mais on se plait à voir des hommes vivre pleinement, sans entrave ni attache.
Le dessin de Benjamin Flao est vraiment très bon, et très beau. La plupart des planches ont un rendu assez old school, avec ce dessin et cette colorisation qui font penser à Pratt – avec des personnages moins anguleux. Et d’autres planches qui ont l’aspect de peintures abstraites.
Un très beau récit en tout cas.
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Le Singe de Hartlepool
Quelle horrible histoire ! Dites-moi que ce n’est qu’une légende locale et qu’elle n’a pas le moindre fond de vérité. J’aurais aimé croire, mais malheureusement sans conviction, qu’il n’est pas possible de trouver tant de bêtise chez l’être humain. Notre pauvre singe fait donc les frais d’une ignorance crasse et d’une xénophobie sans limite. Et si l’intrigue se passe à l’époque napoléonienne où l’ennemi du Français est l’Anglais, et vice-versa, la xénophobie ambiante se retrouve partout et toujours et surtout aujourd’hui, l’ennemi est à adapter suivant les circonstances. Histoire horrible donc, mais histoire drôlement bien racontée. On sent bien l’animosité des villageois qui s’exacerbe avec l’effet de meute. Et tous les efforts des quelques personnes sensées n’ont plus aucune prise sur leurs esprits enflammés par la haine. Bravo aux auteurs d’avoir réussi à raconter tout ça avec beaucoup d’humour et autant de fluidité. En ouvrant la bd, je n’étais pas fan du dessin. Et finalement, je n’en imagine plus un autre, il colle trop bien à l’histoire. Ces trognes sont vraiment trop expressives, c’est de la belle ouvrage. À lire et à faire lire.
Malgré tout
Emprunt et lecture récente pour ce one shot … une chouette découverte, on est pas loin du coup de cœur. J’ai vraiment été happé, j’ai enchaîné les chapitres comme un goret (faisant fi de la pause pipi ^^). Pas moyen de lâcher, c’est d’une fluidité exemplaire. J’ai particulièrement apprécié cette narration à rebours, pour découvrir cette histoire d’amour s’étalant sur des décennies. En gros, le début est la fin de l’histoire (ou le commencement d’une autre ;) et la fin de l’album équivaut au début de l’idylle, les chapitres sont numérotés de 20 à 1. Je connaissais le procédé sur d’autres médias (5 x 2 d’Ozon par ex.) mais une première pour le médium bd. Ça donne beaucoup d’originalité, d’autant que c’est réalisé avec grand talent. Les précédents albums lus de Jordi Lafebre ne m’avaient pas autant enthousiasmé (Lydie et La mondaine) mais là bravo à lui, d’autant qu’il assure le scénario également. Un dessin souple et en rondeur agrémenté de chouettes couleurs, ça donne la patate. Niveau histoire, j’avais un peu peur en cours de route mais l’auteur retombe sur ses pattes, une astucieuse rencontre qui sauve une de mes principales craintes (ça aurait pu être rédhibitoire sinon). On suit une idylle invraisemblable à travers les âges, servie par 2 personnages agréables mais qui pourront un tantinet énerver parfois. Je n’y ai jamais vraiment cru (d’où l’absence de coup de cœur) mais j’ai passé un excellent moment avec eux. On les quitte avec le sourire et la furieuse envie de remonter l’album. Une feel good bd à la réalisation irréprochable.
La Proie d'Hugo Strange (Batman - Proie)
Un avis qui portera sur l'album urban comics et ses deux histoires, La Proie et Terreur. Un album qui met en lumière Hugo Strange l'un des premiers ennemis réguliers de Batman. Il apparaît pour la première fois en 1940 dans Detective Comics #36. Doug Moench, au scénario, nous concocte deux histoires que l'on peut lire indépendamment. La première, La Proie, est diablement efficace, notre chauve-souris va devoir se battre contre une force spéciale de la Police, elle-même aidée d'un psychiatre, le docteur Hugo Strange qui doit percer son identité secrète. Un récit qui sort des sentiers battus et qui mettra à mal notre héros mais aussi le capitaine de police James Gordon. La seconde est un peu plus convenue, mais reste agréable à lire, toujours avec ce tordu d'Hugo Strange et un invité surprise. J'ai aimé la voix off de Batman, elle donne une ambiance singulière aux récits. Au dessin, c'est Paul Gulacy qui est à la manœuvre sur tout l'album. J'ai une tendresse particulière pour ce dessinateur depuis son formidable travail sur Shang-Shi, sa période années 70. Donc ici, deux récits réalisés par Gulacy pour deux résultats différents. Pour commencer, La Proie date de 1990 avec la colorisation quelque peu vieillotte de Steve Oliff et Terry Austin comme ancreur. Pour ma part, la plus belle partie de l'album. Pour terminer, Terreur date de 2001, un changement d'encreur, Jimmy Palmiotti et de coloriste, James Sinclair, avec le début du numérique. Cela reste toujours agréable à regarder, mais j'aime moins. Le début d'une nouvelle ère graphique .... Pour Terreur, une petite gueulante pour Urban Comics qui n'est pas foutu de recopier le nom des auteurs sur chaque "partie", pourtant la couverture originale avec les noms des auteurs est publiée avant chaque chapitre. Une chouette lecture pour tous les amateurs du Batman. 4 étoiles de justesse.
Olivier Rameau
Je ne connaissais pas Olivier Rameau dans les années 70. Avec le recul je trouve cette série incroyable même si c'est loin d'être une de mes séries préférées. Pourtant quel bel exemple de culture pop, la musique en moins. On se croirait en voyage à Woodstock ou sur l'île de Wight. Des fleurs sucettes, des graines de zénobisou, ni arme ni argent, Greg nous propose des scénarii imbibés de l'utopie de l'époque. Aujourd'hui on peut légitimement se demander qui était le public cible privilégié ? Quand je lis cette profusion de mots dont certains à double sens, cette infinité de détails graphiques et cette atmosphère érotique produite par Colombe et ses soeurs de Rêverose, j'imagine plus Olivier place de la Sorbonne qu'en primaire ou collège. C'est d'ailleurs cette surabondance - qui nécessite une lecture soutenue pour une BD tout public - qui me freine un peu. C'est un peu too much pour moi et j'ai du mal à rentrer dans ce monde. De plus je trouve le personnage d'Olivier trop NAP et manquant d'humour. Quant à Colombe so sexy mais quelle potiche ! C'est souvent une lecture que j'ai du graphisme de Dany qui me gêne assez. C'est une série de la grande époque qui reste incontournable par son originalité et son exubérance mais qui me laisse assez froid. 3.5
Toutankhamon - L'Odyssée d'Howard Carter
Ce qui m’aura le plus impressionné à la lecture de cet album, c’est la qualité incroyable du dessin. C’est juste parfait pour rendre hommage à la beauté de l’art funéraire égyptien, pour matérialiser les décors cossus des salons anglais de la fin du XIXème, pour évoquer toute une époque allant de 1891 à 1925, ou pour donner vie à l’époque des pharaons. Le récit, lui, s’inscrit dans les pas d'Howard Carter. C’est donc à une biographie à laquelle nous avons droit, une biographie assez classique dans sa forme puisque nous passons en revue les grandes étapes de la vie de l’égyptologue qui le mèneront de Londres à la vallée des Rois. Le récit est bien écrit mais très conventionnel et s’il n’y avait pas le caractère difficile d’Howard Carter, je pense que ce personnage ne m’aurait que peu intéressé. Du point de vue ‘archéologie’, on en apprend quand même assez bien sur la découverte du tombeau et sur les techniques employées pour en extraire les trésors. Peu aux faits dans cette matière, j’ai apprécié la clarté des explications (notamment lorsqu’il s’est agi de retirer les cercueils de la tombe). Les difficultés de logistiques sont également évoquées avec a propos. Au final, cet album s’est révélé très beau à lire et assez instructif… mais très académique. Il ne pourra qu’enthousiasmer les amateurs de bande dessinée classique et ravir les amateurs d’art égyptien. Pour moi, ça reste un ‘petit’ bien. Pas franchement bien mais mieux que ‘pas mal’. 4/5 pour souligner la qualité du dessin, pour récompenser la rigueur de la biographie et pour remercier l’éditeur pour le petit dossier en supplément (très instructif, il permet de revenir sur certains points juste évoqués dans la bande dessinée).
Itinéraire d'une garce
J’ai beaucoup aimé ce récit. D’abord parce que sa structure est bien plus proche d’une démarche « récit de vie » que de l’approche primaire des récits pornographiques. Ici les fantasmes masculins ne sont pas au centre du script, ils ne s’enfilent pas à raison d’une scène toutes les trois planches, l’homme et ses désirs y est même relégué au second rang. Au contraire, c’est à une lente progression, une prise de conscience par paliers d’une femme mure que nous sommes conviés. Et cela me plait d’autant plus que cette femme est « banale », loin de la bombasse aux formes surréalistes que les auteurs nous proposent d’ordinaire. Et c’est le deuxième point fort du récit : son dessin. Signé Grazia La Padula, celui-ci est riche et expressif. Chaque planche est une peinture, sans concession car le trait est aux frontières de la caricature. L’héroïne pourrait en sortir moche, grotesque. Au contraire, elle apparait féminine, attirante et sensible. La poésie du trait de La Padula parvient ainsi à magnifier le désir sans nous livrer des corps esthétiquement parfaits. C’est juste… impressionnant. La narration est très littéraire et j’ai rapidement ressenti beaucoup d’empathie pour le personnage central. Ses craintes, ses peurs, ses doutes, ses envies, la manière dont elle va s’affirmer en se libérant sexuellement m’ont plu, touché, émoustillé. Le récit suit une progression aussi lente qu’irréversible. Avec ce récit les deux autrices nous montrent une femme désirante qui, en réussissant à se libérer de la pression (l’oppression) née de son éducation, de l’image imposée par les médias, de sa place dans la société, trouve son chemin vers une sexualité radieuse, s’ouvrant aux autres bien plus avec le cœur qu’avec le corps. Une belle réussite !
Sarkozy Kadhafi - Des billets et des bombes
Un bon documentaire qui fait un bon résumé de cette affaire qui a éclaboussé la Sarkozy entière. Je connaissais le gros des événements et j'ai appris quelques petits détails au cours de ma lecture. C'est vraiment un système de corruption mis à nu devant nos yeux, tous les pires travers du pouvoir français y passent et c'est effarant jusqu'où Sarkozy et ses copains ont été dans leurs machinations. Je vois pas d'autres choses à ajouter aux avis précédents, hormis que c'est un documentaire à lire si on s'intéresse à la politique et qu'on a pas envie de lire un gros livre de plusieurs centaines de pages. Quant au dessin, je le trouve correct même si je ne suis pas fan de la manière dont sont dessinés les humains. Au moins, il y a du mouvement contrairement à d'autres documentaires où le dessinateur fait juste dessiner par-dessus des photos.
Perpendiculaire au soleil
Futur fauve d'or d'Angoulême 2023 ? Depuis presque 25 ans que je déambule sous les bulles, pour la première fois l'année dernière, j'ai vu juste quant à l'album lauréat du fauve d'or. Je retente donc ma chance pour 2023 (tout en prenant plus de risques car je ne sais même pas si la bd sera dans la liste officielle), avec cet album coup de poing plus que coup de cœur. Disons que je pars avec une belle cote, allez pour la beauté du geste disons 100/1. Valentine Cuny-Le Callet est de ces personnes qui vont au bout des choses. Elle est contre la peine de mort, comme je l'espère encore une large majorité d'entre nous. Mais elle ne s'arrête pas là, comme personnellement je le fais, en me contentant de gueuler devant mon écran lors des débats télévisés sur la question. Non, elle, elle entame une relation épistolaire, à 19 ans !, avec un condamné à mort américain. Il faut déjà en avoir dans le bide. Oui, dans le bide, car faire ceci, c'est risquer de se prendre en pleine tronche les horreurs des crimes du condamné mais aussi se retrouver face à la grosse machine juridico-carcérale américaine, qui sans vouloir tomber dans le cliché hollywoodien, fait quand même vraiment peur. Et comme si cela ne suffisait pas, elle prend la décision d'en faire un bouquin, dans un témoignage à la limite de la catharsis. Non, franchement, rien que pour ça, je trouve que mon pari devient de moins en moins risqué. 70/1. Et ce bouquin, qu'est ce qu'il vaut ? Dès le départ, on entre dans le vif du sujet, Valentine Cuny-Le Callet nous fait entrer dans le système pénitentiaire américain et sa sentence maximale : la peine de mort. Dès le deuxième petit chapitre, des dessins reprenant des photos de condamnés à mort juste avant ou après la sentence nous place dans le contexte de ce bouquin. Ici, on va parler de mort. De mort données par d'autres. Que cela soit par les meurtriers condamnés ou par les bourreaux (justice, matons, État). Pas de complaisance donc, pas de fausse naïveté non plus, la plupart du temps, les condamnés sont de vrais méchants, le haut de la planche en page 16 nous le rappelle. Néanmoins, la question posée est celle du droit à donner la mort, quel que soit le contexte. L'autrice y répondra plus tard dans le bouquin, pas la peine d'épiloguer sur sa réponse. La puissance de l’œuvre se trouve donc ici, dans cette volonté de ne rien épargner aux lecteurs. Je salue d'ailleurs le choix de l'autrice de ne divulguer que sa première lettre, dès le début de l'ouvrage, pour ensuite laisser la part belle aux lettres de son correspondant. On entre dans sa peau, on vit avec elle les coups de poignard que sont les mots rédigés par l'autre. Comment peut-on être si solide et si mature à 19 ans ? J'en suis encore estomaqué. 50/1. On suit donc les relations entre cette jeune femme d'une force incroyable et un condamné à mort. Je n'ai pas encore mentionné son nom, mais Renaldo McGirth est donc ce condamné à mort. Pour un crime horrible. Pour lequel il clame son innocence. Au cœur de l'ouvrage, Valentine nous explique, froidement, méthodiquement, le meurtre pour lequel Renaldo se retrouve dans le couloir de la mort. Sans se substituer à la justice, juste en pointant du doigt certains éléments troublants, et encore. Ce n'est pas le propos du bouquin, je l'ai mentionné plus haut. Non, cet ouvrage nous renvoie à nos démons. A ce que nous sommes capables ou non de faire, à ce que nous sommes capables ou non de ressentir. 40/1. Il y a réellement deux bouquins dans ce bouquin. L'un traite de la peine de mort donc, mais aussi des conditions de vie des condamnés dans le couloir de la mort, et par extension en prison, avec ce doux paradoxe bien hypocrite qui est celui de la réinsertion. L'autre nous raconte les échanges qui auront donnés naissance à la bd. C'est assez incroyable d'ailleurs de voir comment ces deux-là ont réussi à débattre artistiquement dans cet enfer. Si tout à l'heure je parlais de démon, là nous sommes face à l'incroyable capacité de l'Homme à se sublimer, et ce, même dans un contexte aussi dur que celui du couloir de la mort. La lecture est dure. Très dure, on peine à imaginer la "vie" de Renaldo. Mais la lecture est fluide, passionnante. J'aurais pu tout lire en une soirée mais je me suis arrêté, j'en avais besoin. Le dessin est magnifique. Tout en noir et blanc, très différent selon les pages. 30/1. Seul petit bémol. Je n'ai pas saisi toutes les références graphiques parsemées tout au long de l’œuvre. Sont-elles trop personnelles (correspondant à l'état d'esprit de Valentine), suis-je passé à côté ? Je ne saurai dire. Je ne mets pas (encore) 5/5, je dois laisser incuber mais cela viendra peut-être. Enfin, trois derniers petits détails. Le titre, magnifique, très poétique et d'un sens remarquable, à découvrir en fin d'ouvrage. La couverture, époustouflante avec ce visage qui sort de l'ombre et ce serpent qui l'entoure. La quatrième de couverture et ses trois cases, ces mains, cette lettre, d'une rare puissance. 10/1. Qui suit ? EDIT (décembre 2022) : L'album n'est pas dans la sélection du FIBD, je suis davantage déçu pour l'autrice et Reinaldo que pour mon pari... Honnêtement, il n'aurait pas dépareillé et méritait de concourir.
Le Jardin d'hiver
Après lecture des avis concernant "Le Jardin d'Hiver" je suis un peu étonné de l'accueil frileux fait au scénario de Renaud Dillies. Comme tout oeuvre un peu hors norme, chacun peut y aller de sa lecture et de sa compréhension. Perso j'y voit comme une parabole du retour vers le père. Mais quel père ? Au milieu d'une grisaille omniprésente Sam est interpelé par un signe dérangeant qui vient de son plafond. Après une première approche ratée, ennuyeuse et incompréhensible Sam retourne dans son horizontalité mortifère mais connue. Même la musique ne lui procure pas d'élévation. Quant à Lili, l'a-t-il vraiment réellement vue ? La deuxième visite est une révélation. Jardin d'hiver ou jardin d'Eden ? Pommes ou tomates ? Repli sur soi ou ouverture et réconciliation ? Clés dans le dos ou ailes d'anges ? Un conte un brin mystique pourquoi pas ? En tout cas c'est ma lecture perso. Quant au graphisme de Grazia La Padula, il est non seulement très bon mais aussi dans la pure veine d'une production de Dillies. Ce n'est pas si éloigné d'un graphisme comme celui de Frère Joyeux à tel point que je croyais que Dillies avait tout fait. Rendons à Grazia ce qui lui revient : une finesse et une tendresse dans l'expression de ses personnages vraiment touchantes. J'ai même eu un petit frisson impressionniste en souvenir d'Edgar Degas à la vue des danseuses qui entourent Lili. Une très bonne lecture de deux excellents artistes très complémentaires.
L'Âge d'eau
Un titre très poétique (et accrocheur !), et parfaitement raccord avec le contenu. En effet, l’intrigue se développe « au fil de l’eau », dans un univers post-apocalypse, l’eau recouvrant une bonne partie des territoires, qu’il faut en partie évacuer. Au milieu de cette inondation géante, nous suivons deux frères et leur chien (bleu !), ainsi qu’une ado rebelle. Le rythme est très lent, comme le cours d’un fleuve, et il ne faut pas chercher ici d’actions trépidantes. D’autant plus que, de façon récurrente, de pleines pages (souvent superbes !) coupent le récit, pour des digressions poétiques. Un rythme lent, mais aucun ennui ne à l’horizon. Car l’histoire est captivante justement par son côté « planant ». Mais aussi par toutes les réflexions philosophiques, poétiques qui l’irriguent (et le chien n’est pas le dernier dans ce domaine !). Les deux frères sont dépareillés, l’un molosse taciturne et ne s’exprimant que par râles ou borborygme, l’autre dynamique et déterminé. Le monde semble dans un état désespéré, désespérant, mais on se plait à voir des hommes vivre pleinement, sans entrave ni attache. Le dessin de Benjamin Flao est vraiment très bon, et très beau. La plupart des planches ont un rendu assez old school, avec ce dessin et cette colorisation qui font penser à Pratt – avec des personnages moins anguleux. Et d’autres planches qui ont l’aspect de peintures abstraites. Un très beau récit en tout cas.