Les derniers avis (32316 avis)

Par Solo
Note: 4/5
Couverture de la série Mingus
Mingus

Je continue mes lectures en musique, avec la vie de Mingus retracée par un duo d'auteurs italiens. De lui, je ne connaissais que ses albums "Ah hum", "Mingus plays piano" et puis quelques titres par-ci par-là. Je ne pensais pas qu'il avait enregistré autant! C'est parmi les choses que l'on découvre dans cette très belle BD. L'ouvrage est découpé en différentes parties relativement indépendantes entre elles. Chaque chapitre porte le nom d'un album et l'année. A l'intérieur nous découvrons les péripéties de Charles, personnelles sans être intimistes. Nous arrivons donc à être parfaitement situés entre ses expériences vécues et le rendu de son travail. Association idéale pour l'écoute, et comprendre peut-être davantage ce qu'il a voulu exprimer. Et puis sur la forme, cela m'a permis de profiter d'une lecture fluide. Fluide oui, mais pas si simple. Cette décomposition fusionne en un tout homogène, mais il appartient aussi lecteur de coller les morceaux pour trouver sa propre compréhension. En cela, j'ai adoré l'approche graphique, personnellement ça m'a complètement immergé dans l'ambiance. Et là encore, le dessinateur apporte des images qui laissent vraiment place à l'imagination du lecteur. On trouvera bien sûr les références en dernière page, avec la discographie de l'un des plus grands musiciens de jazz, que je prendrai le temps d'écouter. En comparaison avec un jazzman de la même génération/révolution, je n'ai pas retrouvé tout le sens du rythme et du mouvement comme avec la BD sur Monk, ce superbe Monk ! - Thelonious, Pannonica... Une Amitié, Une Révolution Musicale. Ici, le plaisir se trouve ailleurs, avec une plus grande place pour l'abstraction. Et ça, je garde.

20/11/2022 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Demain
Demain

Tome 1 Nouvelle série consignée par Léo et Rodolphe, duo qu'on ne présente plus. Du coup, on sait à peu près à quoi s'attendre et une nouvelle fois ça fonctionne. Pourquoi changer une recette qui marche n'est ce pas ? On suit ici 2 histoires parallèles qui, à première vue, sont totalement distinctes. D'un coté des ados dans ce qui semble être les années 50-60. Alors qu'ils vident quelques bières dans une maison abandonnée, deux d'entres eux ouvrent une porte et se retrouvent dans un endroit étrange, sorte de monde tout noir. Ailleurs, dans ce qui semble être notre futur, on suit un père et sa fille. La planète est en sale état probablement victime de catastrophes écologiques répétées. Ils sont en fuite et essayent d'échapper à des hommes armées dans un décor post apocalyptique. La loi telle qu'on la connait à fait place au chaos et chacun se fait respecter comme il peut. Sur leur chemin on va croiser quelques phénomènes étranges. Les deux histoires avancent vraiment en parallèle, 5 pages de l'une, 6 pages de l'autre, etc... Chacune va apporter son lot de mystère. De manière différente, par petite dose. Il ne faut pas s'attendre à un truc incroyable qui vous scotche dès le premier tiers du premier tome. Non, on a juste des petites touches de mystères bien dosées qui donnent envie de lire la suite. Plus on progresse, plus la curiosité monte, et on se retrouve avec l'envie d'en découvrir davantage sur ces 2 univers. Dans chacun on retrouve des bizarreries qui font le sel des histoires de Léo. Pour le moment la seule passerelle entre ces deux mondes semblent être les rêves des protagonistes. Nul doute qu'il y aura dans la suite bien plus de recoupements. Un premier tome introductif qui donne envie de lire la suite. Tome 2 La suite des aventures dans nos 2 mondes avancent toujours en parallèle, et il y a moins de liens et de recoupements que dans le premier tome. Il n'en contenait déjà pas beaucoup, c'est un peu frustrant donc, même si les deux trames sont interessantes. Pour le reste, même si cette album est signé de 2 co-scénaristes, on sent la patte de Léo. Pour les bons et les moins bon cotés. C'est à dire que l'imaginaire est là, il y a des créatures étranges, un certain suspens qui donnent envie de lire la suite. Les péripéties s'enchainent toutes les 4 pages, c'est même presque un peu trop rapide. On a en tout cas bien envie d'en apprendre plus et de découvrir la suite. A coté de ça, Léo n'a pas pu s'empêcher de nous placer une jeune fille en petite culotte, les dialogues sont un peu niais et les protagonistes se sortent bien facilement des pires situations grâce à des coups bien favorables du hasard.

03/01/2022 (MAJ le 20/11/2022) (modifier)
Couverture de la série Papyrus
Papyrus

Papyrus est une des principales séries que je lisais avec mes enfants dans les années 90. L'Egypte ancienne était très en vogue et un nombre important de romans, films et expositions lui était consacrée. Rien d'étonnant que De Gieter se saisisse de cet univers et je trouve qu'il a bien réussi son travail. Les personnages de Papyrus et de la princesse Théti-Chéri sont attractifs pour des jeunes de 8/12 ans sans être guimauves. Il y a même un soupçon de sensualité dans le dessin de Théti qui ajoute à son caractère bien affirmé. De Gieter prend soin de ses dessins extérieurs que ce soient les temples ou les paysages du bord du Nile. La description du panthéon égyptien m'a toujours intéressée et introduit un élément fantastique qui plaît souvent à cet âge. C'est presque une transposition pour les enfants de l'univers proposé par Bilal dans sa trilogie. Pour faire contrepoids, les personnages de Pouin et Khamelot permettent des scènes burlesques destinées à adoucir une ambiance où les morts sont souvent présents. De plus j'aime bien les valeurs que représente Papyrus et cette volonté de combattre les pilleurs de tombes et de laisser les morts en paix. Le graphisme de De Gieter est bien adapté à un public jeune mais aujourd'hui encore il me plaît. Je le trouve simple, dynamique et plein de détails. La mise en couleur donne une bonne ambiance aux récits. Evidemment comme toutes les séries longues, il y a des opus moins réussis mais je garde une impression d'ensemble d'une lecture très agréable.

19/11/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Le Faux Soir
Le Faux Soir

Le "Soir" est un quotidien généraliste belge francophone, il sera réquisitionné en 1940 par les nazis pour leur propagande et son surnom sera "le Soir emboché". Une idée va naître dans l'esprit de quelques résistants, celle de publier un faux Soir sous le nez des occupants. Une date symbolique est choisie : le 11 novembre, mais pour diverses raisons la publication se fera le 9 novembre 1943. Une page de l'histoire qui m'était totalement inconnue et que je découvre avec cette bd. Une narration ingénieuse qui fait suivre l'enquête des auteurs sur ce fait historique et simultanément le déroulé des opérations de nos résistants dans leur projet du faux Soir. Un acte de résistance sans armes, juste des mots sur du papier, avec l'humour belge évidemment. Un acte qui aura redonné le sourire à toute une nation et qui aura aussi mis l'envahisseur dans une colère noire, jusqu'aux hauts dignitaires à Berlin. Les représailles ne se feront pas attendre et certains des acteurs de cet acte de bravoure seront déportés et tous n'en reviendront pas. Une lecture fluide, le passage d'une époque à l'autre se fait sans à-coups. Un beau travail de mémoire. Un dessin efficace tout en sobriété avec quelques fulgurances dans les décors. Un noir et blanc pour la période d'occupation et une colorisation monochrome dans les tons mat pour celle de l'enquête, ce qui permet de bien différencier le passage d'une époque à l'autre. Une lecture plus que recommandable. En petit cadeau, un exemplaire du faux Soir.

19/11/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Après le 13 novembre
Après le 13 novembre

Voilà un album sobre et efficace qui permet de prendre conscience des conséquences de ce tragique 13 novembre au Bataclan pour les gens qui ont eu la chance de survivre à cette tragédie. Sophie Parra était en effet présente au Bataclan quand les terroristes ont semé la mort ce soir là. Elle en réchappera malgré qu'elle ai pris deux balles, une dans l'abdomen et l'autre à la jambe. Mais au delà du miracle d'en être sorti vivante, c'est tout les traumatismes qui vont en découler qu'elle nous relate de façon transparente. Que ce soit ses angoisses qu'elle va découvrir au fil des jours (et des mois...) qui suivent, les entretiens kafkaïens et limites indécents des commissions d'indemnisation, Sophie n'est pas au bout de ses peines pour remonter la pente et penser retrouver une vie normale. Le peut-on vraiment après de tels événements... ? J'ai apprécié le trait et la colorisation sobre de Gery (que je découvre avec cet album). De même, la non représentation du drame en lui même, juste suggéré ou ramené à l'essentiel est intelligente et bien gérée. Voilà donc un album qui permet à tout un chacun de réaliser le parcours du combattant auquel les victimes de ce genre d'ignominies sont confrontées. Un album sobre, intelligent et salutaire.

19/11/2022 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 4/5
Couverture de la série Le Scorpion
Le Scorpion

L'Aventure avec un grand A ! Un héros charismatique, suivi par de fidèles compagnons et qui se bat contre les machinations d'un système malveillant et surtout d'un cardinal prêt à tout pour conserver et augmenter son pouvoir. Alors certes ce n'est pas très réaliste et oui, le héros s'en sort toujours indemne (ou presque) mais n'était-ce pas le cas de Zorro, de d'Artagnan, du Capitan ou des différents personnages incarnés par Jean Marais ou Errol Flynn (dont le Scorpion est assez proche physiquement d'ailleurs) dans leurs films d'aventure et de capes et d'épées. Et ce que cette bd a en commun avec tous ces films ou séries c'est d'arriver à vous emporter, vous faire oublier tout le reste et vous entraîner dans une quête mémorable et plaisante. Mystères, duels, héroïsme, dessins splendides et dépaysement garanti !

19/11/2022 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 4/5
Couverture de la série Malaterre
Malaterre

J'ai lu cette bd un peu par hasard, parce que j'avais en tête les bonnes notes ici et qu'elle trainait dans ma médiathèque. Bien m'en a pris car je me suis laissé entraîner, un peu malgré moi, dans l'histoire de ce père de famille atypique et de ses enfants. Le dessin est plutôt du genre à me rebuter pourtant mais l'ensemble se lit très bien et finalement, ce gros pavé de 192 pages se lit plus rapidement qu'on ne l'aurait cru de prime abord. Mais alors, qu'est ce qui fait que cette bd est très bonne ? La justesse des personnages peut-être, leur humanité et le destin hors norme du personnage principal ? Embarquez dans Malaterre et vous serez à coup sûr dépaysés, que vous aimiez ce style de bd ou non.

19/11/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Mer à boire
La Mer à boire

"Bienvenue à Bruxelles, son lac, sa plage, ses montagnes, ses promenades, son casino." L'univers de Blutch est difficile à décrypter et cet album ne fera pas exception. Je ne vais pas chercher à en faire un résumé, trop compliqué, le mieux c'est de lire le texte de l'éditeur ci-dessus. Un album qui parle d'amour et des affres du temps. Une quête, la recherche des premiers émois. C'est totalement absurde et drôle (allez voir la dernière image de la dernière planche dans la galerie, allez ! J'attends  ...... Qu'est-ce que je disais), un récit entre rêves et réalités, entre passé et présent. Un sacré bordel. J'avoue avoir été quelque peu désorienté au début de ma lecture, mais je suis vite retombé sur mes deux jambes et j'ai pris du plaisir à suivre les aventures abracadabrantesques de nos deux tourtereaux. C'est irrationnel, surprenant et irrespectueux. J'ai adoré. La ligne droite n'est pas forcément le plus court chemin entre une femme A et homme B. Blutch nous gratifie de magnifiques planches percutantes et d'une mise en page esthétique. Les couleurs sont superbes. Je ne peux que recommander cette bd à tous les amateurs d'absurdité. Coup de cœur. Mise à jour après une seconde lecture. 4 étoiles évidemment. Toujours aussi déroutant et captivant.

17/11/2022 (MAJ le 19/11/2022) (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nettoyage à sec
Nettoyage à sec

Cet album est avant tout une ambiance, une ambiance pluvieuse, froide et humide dans laquelle notre héros, François, mène une vie routinière et plutôt solitaire. J’ai vraiment aimé de plonger, dès le début du récit, dans un dessin superbe et muet. Cette BD pourrait se lire assez vite, mais elle mérite qu’on prenne le temps de s’arrêter sur le dessin et ses grandes planches immergeant le lecteur dans Bruxelles sous la pluie. Les lignes des immeubles et les couleurs brouillées, les couleurs de la ville qui se reflètent dans d’immenses flaques d’eau et François courbé en deux qui court sous la pluie. La banalité du quotidien et ses petites contrariétés... Et puis un jour, un événement inattendu va tout changer, remettre en question ce fragiles équilibre… Coup de chance ou néfaste hasard ? C’est un album qui se lit assez vite si on ne se force pas à ralentir un peu et à prendre le temps d’en profiter. Vraiment beau et prenant.

19/11/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Beethoven - Le Prix de la liberté
Beethoven - Le Prix de la liberté

J'aime les biographies et la musique classique, de manière générale. Me voilà donc naturellement attiré par la vie menée par Beethoven, à grands coups de baguette ! Après avoir fini un livre sur Claude Debussy, puis un autre de Clara Wieck-Schumann (et "son Robert"), je continue mon voyage dans le temps avec le même plaisir. Cet enchaînement de lectures m'amène d'ailleurs à penser que le livre relatant les histoires de cette époque possède une force que la BD ne peut s'offrir: les correspondances. Que c'est immersif! Enfin, qu’à cela ne tienne, la BD détient plusieurs atouts qui lui sont propre, à commencer par le graphisme. Qu’en est-il ici ? Eh bien je suis plutôt conquis, notamment par les premières planches (Ouverture de la 9ème Symphonie) et les dernières (Finale). Elles ont du poids, apportent de la magnificence et permettent de ressentir l'intensité de l'évènement. Entre les deux, je suis un chouïa frustré par l'irrégularité (les portraits 3/4 ne sont pas totalement maîtrisés techniquement, je trouve) et par le rendu trop épuré à mon goût. Mais les scènes de solitude de Ludwig restent saisissantes à mes yeux. C'est le scénario qui est pour moi la plus grande réussite. Déjà l'approche attisait ma curiosité, et je la trouve aussi bien originale que réussie : l'auteur parvient à nous présenter Beethoven essentiellement à partir d'une journée vécue sur ses 57 ans d'existence. Pari tenu! Et puis surtout, j'ai adoré le lien qui a été fait avec l'une de ses œuvres les plus célèbres: la 9ème symphonie, la dernière avant sa mort. Cela peut paraître convenu - c'est cette symphonie qui intègre l'ode à la joie comme finale du dernier mouvement - mais c'est surtout très intelligent par rapport au récit. En effet, la rencontre des puissants européens dans un contexte de guerre et l'affirmation de Beethoven dans ce milieu sont les deux grands éléments qui s'entrechoquent et qui forgent toute l'intrigue. Et voilà le récit qui nous embarque jusqu'à l'hymne de l'Union Européenne. Et ça n'est pas seulement un clin d'œil pour nous, lecteurs du XXIème siècle, c'est aussi la volonté de mettre en avant tout l'esprit de Beethoven: il est non seulement l'un des plus grands compositeurs de notre monde, mais c'était aussi un visionnaire, un idéaliste ayant visé l'émancipation des peuples et l'universalité par la musique. Et je pense bien qu'il a réussi, parce-que ses œuvres parlent à tout le monde, elles sont connues, jouées, désirées partout et dans le monde entier. CQFD. Parlons musique, il n'y a pas que la 9ème symphonie de citée! Une playlist est présente en postface (avec QR code pour être redirigé sur Deezer). Cette sélection est incroyable pour découvrir Beethoven. On retrouve les symphonies et sonates pour piano bien sûr, grands classiques du répertoire, mais les pièces pour violon et les quatuors à cordes sont à placer au même rang que ses chefs d'œuvres les plus connus. Suffit d'un clic, et vous accédez à plus de 3h de musique, quel bonheur. Une histoire que j'aurai plaisir à relire, accessible et inspirante.

18/11/2022 (modifier)