Trop court, j'ai adoré cette histoire mais assez frustré par cette fin. Il aurait été sympa de suivre l'évolution et quelques aventures de la petite également, plutôt qu'un bref résumé de sa mère. Très beaux dessins en tout cas. Histoire prenante, réaliste avec des morts qui nous chagrinent.
Chris Gooch est un jeune artiste australien bourré de talent (à mes yeux). Under Earth est sa deuxième bd publiée en France après Bottled.
Il aura fallu cinq ans pour qu'il accouche de ce pavé de 560 pages. Gloups.
Comme le titre l'indique, tout va se passer sous terre. L'action se situe dans un futur proche. A 600 m de profondeur des hommes et des femmes purgent une peine de prison, mais ici, ni cellules, ni barreaux, tout ce petit monde est libre de ses mouvements sous l'œil d'une police répressive. Une véritable fourmilière où il est nécessaire de travailler et/ou magouiller pour pouvoir se nourrir et se loger. La loi du plus fort est de mise. Une société violente, avec ses codes, s'est mise en place dans ce monde des plus répugnant.
On va suivre quatre personnages, on va les suivre par binômes.
D'abords, Ele et Zoé, deux femmes qui vivent de petits larcins pour le compte d'un caïd.
Ensuite, Malcolm, un grand balèze qui va prendre sous sa coupe Reece fraîchement débarqué.
Il est impossible de dissocier texte et dessin puisqu'ils sont intimement liés. La narration se fait avec un minimum de mots, c'est le dessin qui porte le récit avec beaucoup d'expressivité pour faire passer les émotions, un découpage dynamique (avec de superbes vues plongeantes pleine page) et une colorisation différente pour nos deux groupes, le jaune pour ces dames et un violet/lilas pour ces messieurs. Le rouge interviendra aussi dès que le sang coulera.
L'ensemble est très fluide et procure une lecture agréable.
Un style graphique très typé comics à la limite de la caricature. Les personnages ont des faciès laids comme le monde qui les entoure.
Un récit sur les rapports humains avec le meilleur et le pire, ils sont ici exacerbés.
J'ai beaucoup aimé cette descente aux enfers, pas réellement innovante mais magnifiquement réalisée et fraîchement sélectionnée au festival d'Angoulême.
Chris Gooch, un artiste que je vais suivre.
Coup de cœur.
J’ai vraiment eu du mal à entrer dans cette histoire. D’abord à cause du dessin. Je craignais quelque chose d’un peu trop manga au début (mais en fait non), et je ne le trouvais pas très clair. Mais j’ai fini par m’y faire, et ce dessin torturé s’est finalement avéré très adapté au récit.
Autre difficulté, le récit lui-même, qui ne m’apparaissait pas très clair, je ne comprenais pas trop où Joe Kelly voulait en venir. Mais, une fois que cet aspect s’est éclairci, une fois bien immergé dans cette histoire assez noire, ça s’est révélé franchement intéressant, et bien fichu.
C’est une belle illustration des moyens utilisés par une gamine pour faire face à quelque chose d’inacceptable, les stratégies mises en œuvre pour se protéger, pour refuser une réalité trop douloureuse. Un récit un peu allégorique, qui m’a finalement plu, malgré mes réserves initiales.
La lecture est très rapide malgré l’importante pagination. En effet, il y a très peu de texte, et peu de dessin en fait. Mais c’est une lecture recommandable.
Note réelle 3,5/5.
Cette série possède de nombreuses qualités pour plaire aux enfants. Le récit de Christian Peultier est tendre, un brin fantastique, rempli d'animaux et de beaux paysages de la savane.
Le fond de l'histoire est des plus classiques avec ce récit centré sur la différence, la tolérence et ce que l'Autre peut vous apporter au delà des préjugés. Le récit part sur une situation inversée assez peu utilisée dans la littérature pour enfant.
Une enfant issue de parents Noirs est née Blanche ce qui provoque le bannissement de la mère et de la fille. Ce que je trouve intéressant dans l'approche de l'auteur, c'est qu'à aucun moment on pense que la maman ait pu commettre un adultère ce qui est toujours le cas quand on présente une maman Blanche avec un enfant Noir.
De plus Nuage n'est pas albinos ce qui nous conduirait vers une tout autre problématique plus dramatique.
Christian Peultier nous livre donc un scénario très classique d'exclusion, de rencontres et d'épreuves surmontées qui permettront de vaincre les préjugés initiaux.
Le récit est livré avec un très beau graphisme de la savane et de la vie au village. Les animaux sont nombreux et très bien dessinés de façon réaliste. C'est une vraie promenade en brousse où nous guide Nuage à dos d'éléphants ou d'autruches.
Il n'y a pas de réelle tension dramatique tellement la fin est prévisible. Christian Peultier conclut par une touche d'humour et d'amour un récit qui peut plaire à tous.
Définitivement, j'aime beaucoup le trait de Nancy Peña ! Et même si je considère que Le Chat du kimono reste le meilleur de la série à mes yeux, sous ses airs de faux conte de fée inspiré par le japon, nous avons ici une histoire qui glisse du conte fantastique du premier volume à une intrigue très british, dans un manoir perdue dans les landes. C'est un changement de ton mais pas de personnage, puisque nous suivons cette fois-ci encore Vickor Neville. Mais cette intrigue sera bien plus tournée autour de l'enquête. La résolution ne sera pas celle de l'histoire que l'on pense, et nombreux seront les retournements.
J'aime beaucoup ce que Nancy Peña développe avec son personnage de Viktor, oscillant entre névroses et intuitions, voyageant dans ses rêves comme discutant avec les morts, mais sans perdre de vue son travail ni ses idées. Une sorte d'anti-héros, qui réussit sans même le vouloir et semble toujours à côté de la plaque, en décalage avec son environnement et les autres êtres humains. Je ne sais pas si l'auteure voulait parler de cette façon d'une forme d'autisme, de narcolepsie ou de difficulté sociale, mais elle réussit à nous le rendre attachant, autant que son combat intérieur nous fait comprendre le poids de son passé familiale.
L'histoire est menée avec brio, dans une succession de moments qui me font penser aux meilleurs des romans anglais (autant Agatha Christie que Conan Doyle me semblent être des inspirations), dans une lande que n'aurait pas reniée Emilie Brontë. C'est surtout sublimé par le trait, oscillant entre les périodes de rêve qui sont colorés et le noir et blanc de la réalité, toujours plus dure. C'est presque dommage que le personnage de Alice Barns passe au second plan, j'adorais sa bouille et sa façon d'être une peste adorable.
En somme, la suite parfaitement maitrisé par l'auteure qu'il fallait à Tea Party. Je serais franchement demandeur d'une suite, tant je trouve que la série ne s'essouffle pas d'un tome à l'autre, Nancy Peña trouvant toujours matière à nous divertir et nous surprendre. Et je ne parle pas des relectures, pour les dessins ou l'histoire qui offre toujours un intérêt même une fois les mystères dévoilés. Non, franchement, une réussite !
Etant un aficionado du trait de Franz, forcément avec cette série je me suis régalé et peu importe si la série est abandonnée. Visuellement c’est magnifique. Le graphisme est délicat et détaillé. Tout comme j’aime.
L’histoire est originale. La Renarde, Goff, Félémius, le Bleu ne sont que des pions minuscules sur un échiquier tortueux. Les personnages sont attachants. Les rebondissements sont nombreux. La lecture est fluide. Les intrigues sont bien construites. Quoi demander de plus ? Une excellente série que je recommande chaudement.
Un voyage à travers les déserts nord américains en camping-car, attention le voyage est tout sauf touristique.
Notre personnage principal, un truand repenti devient pour survivre à un contrat dont il est la cible un témoin protégé ou une balance pour le milieu des truands.
Inspiré de faits réels, le WITSEC est une organisation gouvernementale américaine fondée en 1960 pour stopper la puissance et l'influence des groupes mafieux dans la société Américaine où notre héros bénéficie d'un système de protection de témoins. En brisant l'omerta, ces hommes sont obligés de vivre cacher pour échapper à une mort certaine et le choix de prendre comme héros ce profil d'homme donne de la crédibilité et de l'originalité à cette aventure.
Les traversées du désert sont toutes remplies d'actions avec des personnages tous plus dangereux les uns que les autres et ont un point commun , éliminer cette balance.
Un scénario très rythmé avec un enchaînement d'événements coté administration comme coté truand mais une histoire très fluide et dynamique, la lecture est un vrai plaisir.
Les seuls points décevants sont le héros à qui rien ne peut arriver et une fin trop attendue mais c'est tellement entraînant, bercé par un dessin qui vous plonge dans les déserts Américains et puis évidemment les conversations avec le coyote en font tout simplement une bd à ne pas manquer.
Sélectionnée parmi les 5 titres proposés lors du prix des Bulles de Sang d'Encre de 2019, je n'ai pas hésité à me procurer cette BD sous les conseils avisés de Fabrice Matron, libraire spécialiste du genre.
Nous avons ici à faire à un ouvrage où la qualité graphique (entièrement numérique) nous scotche littéralement. Je ne pensais pas que la Bande Dessinée pouvait nous offrir une telle pureté artistique. Paradoxalement, moi qui ai été "élevé" par les albums d'Astérix, j'ai eu un peu de mal à accrocher tout de suite à ce style.
Le scénario, digne d'un bon Tarantino (comme certains commentaires le soulignent), nous plonge dans un humour et une violence sublimés par les couleurs fantastiques que nous offre cet album.
Notre bon Jacques Ramirez, muet et expert de génie en SAV chez la Robotop, entreprise spécialisée dans les aspirateurs, se retrouvera malgré lui lié à la fois à la mafia mexicaine, deux braqueuses des plus sexy et la police de Falcon City en Arizona. Des courses poursuites folles, un humour bien huilé et des personnages loufoques sont au rendez-vous.
Une lecture est nécessaire de cette bande dessinée signée Nicolas Petrimaux où ses influences du monde des jeux vidéos se font ressentir à bon escient.
Mention spéciale pour la publicité et la chanson que l'on peut trouver via des QR Code et qui nous emmène au delà de la Bande Dessinée. Incroyable.
Vivement le 3ème et dernier volet de la saga.
Mon ami Pierrot, prête moi ta plume... que je vive mes rêves !
Véritable conte pour adultes, la BD de Jim Bishop reprend les codes de ce dernier pour nous emmener dans une réflexion sur la relation homme-femme, sur la liberté, sur l'autonomie, sur la pensée libre, etc.
Emprisonnée dans une vie toute tracée par sa mère, reprenant là avec sa fille la prison qu'elle a subi dans le passé, Cléa fait une rencontre qui va changer sa vie. Pierrot, un magicien, va la prendre sous son aile, la séduire et lui faire découvrir la vie, à sa façon et de toutes les façons.
La relation merveilleuse du début va doucement se changer en relation toxique, comme si, une fois son œuvre de libération terminée, Pierrot se désintéressait de sa dulcinée. Je vous laisse découvrir la suite et l'explication de tout cela, qui, si je dois faire une petite critique est un poil convenue.
L'ouvrage se lit bien, beaucoup de pages sont presque muettes, le dessin ayant la part belle, ce qui ne me déplaît pas. Je l'ai déjà dit ailleurs, me semble-t-il, mais je vois la bande dessinée de cette façon : le texte en appui du graphisme, lorsque cela est nécessaire (ce qui ne m'empêche pas d'apprécier des bds bavardes).
Le dessin est très coloré, il contrecarre un peu avec le ton finalement très grave de la bd. Les visages sont très expressifs (excellent point !). L'enchaînement des péripéties est fluide et on tourne les pages encore et encore.
J'ai beaucoup apprécié ma lecture, on est sur une vraie belle bd. Au-delà du conte, le passage de l'enfance vers l'âge adulte est bien mis en avant et pose in fine la seule vraie question : quand avez-vous abandonné vos rêves pour vous fixer dans la réalité ?
Après, je pense que je vais devoir relire le bouquin un jour. A la lecture, et encore plus à la réflexion, l'héroïne a quelque chose qui me gêne. Liberté trouvée et retrouvée ? Ou monceau d'égoïsme ? Je n'en dis pas plus pour le moment, pour ne pas spoiler les futurs lecteurs, et parce que je dois encore réfléchir à la question...
Néanmoins, je conseille fortement cette lecture surprenante et portant à réflexion, quoi demander de plus en fin de compte ?
Mattotti et Kamsky ont adapté ici un des grands mythes littéraires. Et je trouve qu’ils l’ont plutôt bien fait.
Le dessin de Mattotti tout d’abord, que j’ai trouvé original et, comme souvent avec lui, très beau. Plusieurs planches ressemblent à des tableaux, dans un genre où un certain cubisme mâtiné de Fernand Léger aurait été perverti par quelques touches expressionnistes (je pense à Otto Dix) ou surréalistes. J’ai aussi senti quelques accointances avec le beau dessin de Carlos Nin, pour rester dans le domaine de la BD.
Quant au « scénario », c’est-à-dire l’adaptation proprement dite, réalisée à quatre mains, elle est bien fichue. Littéraire mais fluide, agréable. L’ambivalence du personnage principal est bien rendue. Sa descente aux enfers donne dans le dernier tiers des images saisissantes et là, le dessin de Mattotti se révèle puissant.
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Alim le tanneur
Trop court, j'ai adoré cette histoire mais assez frustré par cette fin. Il aurait été sympa de suivre l'évolution et quelques aventures de la petite également, plutôt qu'un bref résumé de sa mère. Très beaux dessins en tout cas. Histoire prenante, réaliste avec des morts qui nous chagrinent.
Under Earth
Chris Gooch est un jeune artiste australien bourré de talent (à mes yeux). Under Earth est sa deuxième bd publiée en France après Bottled. Il aura fallu cinq ans pour qu'il accouche de ce pavé de 560 pages. Gloups. Comme le titre l'indique, tout va se passer sous terre. L'action se situe dans un futur proche. A 600 m de profondeur des hommes et des femmes purgent une peine de prison, mais ici, ni cellules, ni barreaux, tout ce petit monde est libre de ses mouvements sous l'œil d'une police répressive. Une véritable fourmilière où il est nécessaire de travailler et/ou magouiller pour pouvoir se nourrir et se loger. La loi du plus fort est de mise. Une société violente, avec ses codes, s'est mise en place dans ce monde des plus répugnant. On va suivre quatre personnages, on va les suivre par binômes. D'abords, Ele et Zoé, deux femmes qui vivent de petits larcins pour le compte d'un caïd. Ensuite, Malcolm, un grand balèze qui va prendre sous sa coupe Reece fraîchement débarqué. Il est impossible de dissocier texte et dessin puisqu'ils sont intimement liés. La narration se fait avec un minimum de mots, c'est le dessin qui porte le récit avec beaucoup d'expressivité pour faire passer les émotions, un découpage dynamique (avec de superbes vues plongeantes pleine page) et une colorisation différente pour nos deux groupes, le jaune pour ces dames et un violet/lilas pour ces messieurs. Le rouge interviendra aussi dès que le sang coulera. L'ensemble est très fluide et procure une lecture agréable. Un style graphique très typé comics à la limite de la caricature. Les personnages ont des faciès laids comme le monde qui les entoure. Un récit sur les rapports humains avec le meilleur et le pire, ils sont ici exacerbés. J'ai beaucoup aimé cette descente aux enfers, pas réellement innovante mais magnifiquement réalisée et fraîchement sélectionnée au festival d'Angoulême. Chris Gooch, un artiste que je vais suivre. Coup de cœur.
I kill giants (Je tue des géants)
J’ai vraiment eu du mal à entrer dans cette histoire. D’abord à cause du dessin. Je craignais quelque chose d’un peu trop manga au début (mais en fait non), et je ne le trouvais pas très clair. Mais j’ai fini par m’y faire, et ce dessin torturé s’est finalement avéré très adapté au récit. Autre difficulté, le récit lui-même, qui ne m’apparaissait pas très clair, je ne comprenais pas trop où Joe Kelly voulait en venir. Mais, une fois que cet aspect s’est éclairci, une fois bien immergé dans cette histoire assez noire, ça s’est révélé franchement intéressant, et bien fichu. C’est une belle illustration des moyens utilisés par une gamine pour faire face à quelque chose d’inacceptable, les stratégies mises en œuvre pour se protéger, pour refuser une réalité trop douloureuse. Un récit un peu allégorique, qui m’a finalement plu, malgré mes réserves initiales. La lecture est très rapide malgré l’importante pagination. En effet, il y a très peu de texte, et peu de dessin en fait. Mais c’est une lecture recommandable. Note réelle 3,5/5.
Nuage
Cette série possède de nombreuses qualités pour plaire aux enfants. Le récit de Christian Peultier est tendre, un brin fantastique, rempli d'animaux et de beaux paysages de la savane. Le fond de l'histoire est des plus classiques avec ce récit centré sur la différence, la tolérence et ce que l'Autre peut vous apporter au delà des préjugés. Le récit part sur une situation inversée assez peu utilisée dans la littérature pour enfant. Une enfant issue de parents Noirs est née Blanche ce qui provoque le bannissement de la mère et de la fille. Ce que je trouve intéressant dans l'approche de l'auteur, c'est qu'à aucun moment on pense que la maman ait pu commettre un adultère ce qui est toujours le cas quand on présente une maman Blanche avec un enfant Noir. De plus Nuage n'est pas albinos ce qui nous conduirait vers une tout autre problématique plus dramatique. Christian Peultier nous livre donc un scénario très classique d'exclusion, de rencontres et d'épreuves surmontées qui permettront de vaincre les préjugés initiaux. Le récit est livré avec un très beau graphisme de la savane et de la vie au village. Les animaux sont nombreux et très bien dessinés de façon réaliste. C'est une vraie promenade en brousse où nous guide Nuage à dos d'éléphants ou d'autruches. Il n'y a pas de réelle tension dramatique tellement la fin est prévisible. Christian Peultier conclut par une touche d'humour et d'amour un récit qui peut plaire à tous.
It's not a Piece of Cake
Définitivement, j'aime beaucoup le trait de Nancy Peña ! Et même si je considère que Le Chat du kimono reste le meilleur de la série à mes yeux, sous ses airs de faux conte de fée inspiré par le japon, nous avons ici une histoire qui glisse du conte fantastique du premier volume à une intrigue très british, dans un manoir perdue dans les landes. C'est un changement de ton mais pas de personnage, puisque nous suivons cette fois-ci encore Vickor Neville. Mais cette intrigue sera bien plus tournée autour de l'enquête. La résolution ne sera pas celle de l'histoire que l'on pense, et nombreux seront les retournements. J'aime beaucoup ce que Nancy Peña développe avec son personnage de Viktor, oscillant entre névroses et intuitions, voyageant dans ses rêves comme discutant avec les morts, mais sans perdre de vue son travail ni ses idées. Une sorte d'anti-héros, qui réussit sans même le vouloir et semble toujours à côté de la plaque, en décalage avec son environnement et les autres êtres humains. Je ne sais pas si l'auteure voulait parler de cette façon d'une forme d'autisme, de narcolepsie ou de difficulté sociale, mais elle réussit à nous le rendre attachant, autant que son combat intérieur nous fait comprendre le poids de son passé familiale. L'histoire est menée avec brio, dans une succession de moments qui me font penser aux meilleurs des romans anglais (autant Agatha Christie que Conan Doyle me semblent être des inspirations), dans une lande que n'aurait pas reniée Emilie Brontë. C'est surtout sublimé par le trait, oscillant entre les périodes de rêve qui sont colorés et le noir et blanc de la réalité, toujours plus dure. C'est presque dommage que le personnage de Alice Barns passe au second plan, j'adorais sa bouille et sa façon d'être une peste adorable. En somme, la suite parfaitement maitrisé par l'auteure qu'il fallait à Tea Party. Je serais franchement demandeur d'une suite, tant je trouve que la série ne s'essouffle pas d'un tome à l'autre, Nancy Peña trouvant toujours matière à nous divertir et nous surprendre. Et je ne parle pas des relectures, pour les dessins ou l'histoire qui offre toujours un intérêt même une fois les mystères dévoilés. Non, franchement, une réussite !
Brougue
Etant un aficionado du trait de Franz, forcément avec cette série je me suis régalé et peu importe si la série est abandonnée. Visuellement c’est magnifique. Le graphisme est délicat et détaillé. Tout comme j’aime. L’histoire est originale. La Renarde, Goff, Félémius, le Bleu ne sont que des pions minuscules sur un échiquier tortueux. Les personnages sont attachants. Les rebondissements sont nombreux. La lecture est fluide. Les intrigues sont bien construites. Quoi demander de plus ? Une excellente série que je recommande chaudement.
Le Serpent et le Coyote
Un voyage à travers les déserts nord américains en camping-car, attention le voyage est tout sauf touristique. Notre personnage principal, un truand repenti devient pour survivre à un contrat dont il est la cible un témoin protégé ou une balance pour le milieu des truands. Inspiré de faits réels, le WITSEC est une organisation gouvernementale américaine fondée en 1960 pour stopper la puissance et l'influence des groupes mafieux dans la société Américaine où notre héros bénéficie d'un système de protection de témoins. En brisant l'omerta, ces hommes sont obligés de vivre cacher pour échapper à une mort certaine et le choix de prendre comme héros ce profil d'homme donne de la crédibilité et de l'originalité à cette aventure. Les traversées du désert sont toutes remplies d'actions avec des personnages tous plus dangereux les uns que les autres et ont un point commun , éliminer cette balance. Un scénario très rythmé avec un enchaînement d'événements coté administration comme coté truand mais une histoire très fluide et dynamique, la lecture est un vrai plaisir. Les seuls points décevants sont le héros à qui rien ne peut arriver et une fin trop attendue mais c'est tellement entraînant, bercé par un dessin qui vous plonge dans les déserts Américains et puis évidemment les conversations avec le coyote en font tout simplement une bd à ne pas manquer.
Il faut flinguer Ramirez
Sélectionnée parmi les 5 titres proposés lors du prix des Bulles de Sang d'Encre de 2019, je n'ai pas hésité à me procurer cette BD sous les conseils avisés de Fabrice Matron, libraire spécialiste du genre. Nous avons ici à faire à un ouvrage où la qualité graphique (entièrement numérique) nous scotche littéralement. Je ne pensais pas que la Bande Dessinée pouvait nous offrir une telle pureté artistique. Paradoxalement, moi qui ai été "élevé" par les albums d'Astérix, j'ai eu un peu de mal à accrocher tout de suite à ce style. Le scénario, digne d'un bon Tarantino (comme certains commentaires le soulignent), nous plonge dans un humour et une violence sublimés par les couleurs fantastiques que nous offre cet album. Notre bon Jacques Ramirez, muet et expert de génie en SAV chez la Robotop, entreprise spécialisée dans les aspirateurs, se retrouvera malgré lui lié à la fois à la mafia mexicaine, deux braqueuses des plus sexy et la police de Falcon City en Arizona. Des courses poursuites folles, un humour bien huilé et des personnages loufoques sont au rendez-vous. Une lecture est nécessaire de cette bande dessinée signée Nicolas Petrimaux où ses influences du monde des jeux vidéos se font ressentir à bon escient. Mention spéciale pour la publicité et la chanson que l'on peut trouver via des QR Code et qui nous emmène au delà de la Bande Dessinée. Incroyable. Vivement le 3ème et dernier volet de la saga.
Mon ami Pierrot
Mon ami Pierrot, prête moi ta plume... que je vive mes rêves ! Véritable conte pour adultes, la BD de Jim Bishop reprend les codes de ce dernier pour nous emmener dans une réflexion sur la relation homme-femme, sur la liberté, sur l'autonomie, sur la pensée libre, etc. Emprisonnée dans une vie toute tracée par sa mère, reprenant là avec sa fille la prison qu'elle a subi dans le passé, Cléa fait une rencontre qui va changer sa vie. Pierrot, un magicien, va la prendre sous son aile, la séduire et lui faire découvrir la vie, à sa façon et de toutes les façons. La relation merveilleuse du début va doucement se changer en relation toxique, comme si, une fois son œuvre de libération terminée, Pierrot se désintéressait de sa dulcinée. Je vous laisse découvrir la suite et l'explication de tout cela, qui, si je dois faire une petite critique est un poil convenue. L'ouvrage se lit bien, beaucoup de pages sont presque muettes, le dessin ayant la part belle, ce qui ne me déplaît pas. Je l'ai déjà dit ailleurs, me semble-t-il, mais je vois la bande dessinée de cette façon : le texte en appui du graphisme, lorsque cela est nécessaire (ce qui ne m'empêche pas d'apprécier des bds bavardes). Le dessin est très coloré, il contrecarre un peu avec le ton finalement très grave de la bd. Les visages sont très expressifs (excellent point !). L'enchaînement des péripéties est fluide et on tourne les pages encore et encore. J'ai beaucoup apprécié ma lecture, on est sur une vraie belle bd. Au-delà du conte, le passage de l'enfance vers l'âge adulte est bien mis en avant et pose in fine la seule vraie question : quand avez-vous abandonné vos rêves pour vous fixer dans la réalité ? Après, je pense que je vais devoir relire le bouquin un jour. A la lecture, et encore plus à la réflexion, l'héroïne a quelque chose qui me gêne. Liberté trouvée et retrouvée ? Ou monceau d'égoïsme ? Je n'en dis pas plus pour le moment, pour ne pas spoiler les futurs lecteurs, et parce que je dois encore réfléchir à la question... Néanmoins, je conseille fortement cette lecture surprenante et portant à réflexion, quoi demander de plus en fin de compte ?
Docteur Jekyll & Mister Hyde
Mattotti et Kamsky ont adapté ici un des grands mythes littéraires. Et je trouve qu’ils l’ont plutôt bien fait. Le dessin de Mattotti tout d’abord, que j’ai trouvé original et, comme souvent avec lui, très beau. Plusieurs planches ressemblent à des tableaux, dans un genre où un certain cubisme mâtiné de Fernand Léger aurait été perverti par quelques touches expressionnistes (je pense à Otto Dix) ou surréalistes. J’ai aussi senti quelques accointances avec le beau dessin de Carlos Nin, pour rester dans le domaine de la BD. Quant au « scénario », c’est-à-dire l’adaptation proprement dite, réalisée à quatre mains, elle est bien fichue. Littéraire mais fluide, agréable. L’ambivalence du personnage principal est bien rendue. Sa descente aux enfers donne dans le dernier tiers des images saisissantes et là, le dessin de Mattotti se révèle puissant.