C'est la première oeuvre de Jung que je lis et j'ai beaucoup apprécié son style graphique et narratif.
Si la double recherche de ses origines (familiales et nationale) est assez classique, j'ai beaucoup aimé la façon dont Jung a traité ces sujets.
Claire en tant qu'immigrée de la deuxième génération sans beaucoup de racines au pays se sent bien plus française que coréenne.
Comme il n'y a pas de passif historique entre les deux pays son intégration est vraiment assez facile. C'est la découverte malheureuse de son abandon et de son adoption qui provoque un traumatisme qui remet tout en cause.
J'ai trouvé le scénario très touchant capable d'induire de nombreuses questions sur la problématique de l'abandon. D'autant plus que Claire est abandonnée en 1982, époque où la Corée n'est plus le pays misérable des années 60.
Jung n'apporte pas de réponse approfondie à cette problématique. C'est la reconstruction de Claire qui l'intéresse à travers la fin du récit. Cette reconstruction passe forcément par un deuil dans son passé.
Jung nous propose une fin sous forme de réconciliation entre son passé et son présent qui peut paraître simpliste mais que je trouve porteuse d'avenir et qui me plait bien.
J'ai découvert le graphisme de Jung qui m'a conquis immédiatement. Son trait est précis, fin et donne beaucoup de personnalité aux personnages. Ses extérieurs de Paris et surtout de Séoul créent une ambiance qui porte la dramaturgie du récit.
J'aime beaucoup l'utilisation de ses gris et de ses noirs avec cette pointe de rouge qui renforce le tragique de la situation. Ses personnages sont vraiment attachants et la relation entre la soeur et le petit frère est très bien mise en image tout en lui donnant de la profondeur émotionnelle.
Une superbe lecture qui me donne envie de poursuivre avec cet auteur.
Par où commencer?
Bon, je me lance... Prix des "Bulles de Sang d'Encre 2022", récompense que je suis attentivement depuis 4 ans, je ne pouvais faire autrement que de m'approprier cette oeuvre.
Amateur de romans historiques avant de m'intéresser à la bande dessinée, j'ai eu l'immense plaisir de découvrir que les deux genres étaient réunis dans Contrapaso.
Nous sommes plongés dans l'Espagne franquiste des années 50, où le journalisme doit travailler pour servir le gouvernement d'un régime répressif. C'est là que nous faisons connaissance d'Emilio Sanz et Léon Lenoir, deux hommes que tout oppose mais qui fera un duo très attachant.
L'enquête commence par la découverte du corps sans vie d'une femme près d'un lac. Le scénario complexe et passionnant nous plonge dans le milieu médical psychiatrique et obstétrique afin de nous peindre un tableau noir de l'Espagne franquiste. Sans vouloir en dévoiler d'avantage, l'histoire s'achève en livrant les prémices du second volet de la série.
Le dessin est juste remarquable. Une richesse dans les détails et les couleurs nous laisse le temps d'observer chacune des vignettes de cette bande dessinée. Teresa Valero nous explique à la fin du livre l'application dans son travail des planches où le moindre élément de dessin est recherché.
C'est une bande dessinée absolument essentielle pour tous les adeptes de l'Histoire. Étant d'origine espagnole, j'ai certainement eu une lecture plus passionnée qu'elle n'aurait dû l'être. Je m'incline face au travail impressionnant de madame Valero. Mon petit bémol viendrait peut être de la complexité un peu poussée du scénario. En effet, j'ai dû plusieurs fois faire demi tour pour comprendre certains liens. La note maximale n'est pas loin.
Je trouve certaines critiques assez dures. Cette 2eme saison Namibia est légèrement en dessous de Kenya mais ça reste très bien. Je ne me suis pas ennuyé, ayant lu les critiques avant ma lecture je m'attendais au pire mais au final j'ai passé un bon moment. Les tomes 3-4-5 sont justement ce qui fait que j'aime une lecture. C'est à dire un scénario qui nous embarque loin de ce qu'on aurait pu s'imaginer.
Note réel 3.5 mais je préfère trancher à 4 plutôt qu'à 3.
Un conseil, lisez cette 2eme saison sans comparer aux autres histoires et ça devrait bien se passer :).
Tiens, cet album est passé totalement inaperçu dans nos contrées, alors qu'il est sorti il y a plus d'un an, et qu'il est pétri de qualités.
Commençons par le dessin. Se plaçant dans une large veine graphique inspirée par les premiers "Donjon", on y décèle un style particulier, avec des personnages en forme d'obus, sans épaules et sans cou. C'est très étrange de prime abord, mais le génie de la mise en page de Blonk, et ses jolis décors, font vite oublier ce sentiment d'étrangeté. Le récit nous plonge dans un Moyen-Âge "moyen", en un lieu indéterminé, et cette imprécision n'a pas vraiment d'importance car l'histoire pourrait en effet se passe n'importe où en Europe pendant cette grande époque d'obscurantisme. La seule incongruité étant que les personnages parlent le français du Québec, patrie de l'auteur. Mais là encore, pas vraiment gênant pour les lecteurs francophones du Vieux Continent, si certains termes sont éloignés des nôtres, le contexte permet de les comprendre dans effort.
Nous voilà donc dans une communauté médiévale "classique", confrontée à ce qu'elle n'aime pas, à savoir la différence. laquelle est représentée par Bastien, réellement différent, et Sidonie, qui sait seulement se servir de ce qu'il y a autour d'elle, dans la nature. En vérité elle est un peu plus que cela, mais elle met ses connaissances et ses pouvoirs au service des autres. Mais cette différence gêne, et l'action conjuguée de deux ou trois personnages malveillants va obliger ce couple improbable à devoir agir pour sauver sa vie. L'issue ne va pas être très heureuse, hélas, mais elle est presque inéluctable.
Malgré la présence -discrète- d'éléments fantastiques, c'est cette vraisemblance qui m'a séduit dans le récit, cette cruauté qui faisait rage il y a 500, 800 ou 1 000 ans, et qui cause encore des ravages aujourd'hui. Les dialogues et les situations sont extrêmement travaillés, et pour cause, puisque Blonk a mis 7 ans à faire cet album, après le premier, "23h72", chez le même éditeur.
Une belle découverte.
Jusqu’à présent, je n’ai jamais lu les récits de Jean-Philippe Stassen car je n’aimais pas son style graphique… J’ai donc reporté à maintes fois la lecture d’un de ses ouvrages et finalement, la présence d’albums réalisés par cet auteur à la bibliothèque universitaire de ma ville m’a encouragé à les découvrir.
Premier album de Jean-Philippe Stassen : « Déogratias »… et une petite claque… mais une claque quand même ! Comme d’habitude sur les albums de la collection « Aire libre » serais-je tenté de dire.
C’est un récit fort que nous propose l’auteur sur la guerre civile au Rwanda… On y voit comment ça s’est arrivé, pourquoi ce fut un génocide.
On y découvre comment la folie et la haine qui habitaient inexorablement et durablement le cœur des femmes et des hommes se sont mises tel une cocote minute à exploser d’un seul coup avec l’extrême violence qui accompagna les tortionnaires envers leurs victimes. Et moi qui ait assisté avec une relative indifférence à cette horreur devant les actualités télévisées de mon époque… Trop jeune, trop loin de la France, trop compliqué… Je n’étais pas assez mûr pour comprendre ou plutôt essayer de saisir ce qui se passait là-bas…
Et au milieu de tout ça, Déogratias, un jeune rwandais avec ses défauts et qualités mais surtout avec ses rêves d’adolescents et la naïveté qui le caractérisent, qui perd ses certitudes et ses repères… Un choc émotionnel dont il ne se remettra certainement jamais…
Et au milieu de tout ça, des occidentaux qui se croient supérieurs et qui profitent de leur soi-disant richesse pour exploiter cette population… heureusement, ils ne sont pas tous comme ça mais bon…
Et le dessin ? Ben, il s’avère finalement extrêmement lisible et adapté à ce genre de récit. Seule la narration n’est pas exempte de tout reproche car il faut suivre avec tous ces allers-retours sur le passé et le présent.
Alors, oui, merci à Jean-Philippe Stassen d’avoir réalisé ce livre qui sonne comme un témoignage historique et hautement tragique du Rwanda… Pour ne pas oublier ce qui se passa là-bas…
Attention, livre très lourd à lire. Et je dois dire que j'ai du mal à savoir quoi dire, tout comme Alix.
Cette BD est une claque dans la gueule, même si elle est très bavarde et que le dessin est avant tout un support du texte. Niveau BD, nous sommes dans les limites flous de ce média. Mais pour autant, et malgré les difficultés que j'ai eu parfois à lire le texte qui épouse la forme des objets présentés, c'est une lecture qui aspire très vite et dont j'ai eu du mal à décrocher.
Parce que c'est une lecture brutale, très violente, qui met mal à l'aise. Alors oui, c'est une BD qui parle de viols et de violence sexuelles, le tout mélangé à cette affaire de l'éventreur du Yorkshire. Une affaire dont je n'avais jamais eu connaissance mais qui est ... Diablement terrifiante. Elle expose à la fois la violence sociétale dont les femmes sont victimes dans nos belles démocraties occidentales (et qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit, je n'ai aucun doute que c'est pire ailleurs), mais surtout elle met en lumière le sexisme inhérent à nos société. L'histoire est anglaise, mais universelle, la France n'a sans doute pas de leçon à donner la-dessus. Quand on voit la police agir, la lenteur de la justice et les erreurs qui furent commises sur cette enquête, il y a de quoi hurler. Un homme tue des femmes ? C'est parce que ce sont des prostituées, voila tout. Quand bien même les enquêtes semblent démontrer l'inverse. Une jeune femme témoigne ? Elle est jeune, c'est une femme. Personne ne l'écoute.
Quand je vois ce livre, je me dis qu'il faudrait faire un film sur cette affaire. Un film ou le tueur serait absent, mais l'on verrait les victimes. Les 35 enfants ayant grandis sans mère, les 13 mortes et les 9 autres agressées violemment. On devrait montrer plus encore à la face du monde le souci que ce livre soulève : le sexisme partout, tout le temps, à tout les niveaux. Dans nos écoles, lorsqu'une fille se fait ostraciser et traiter de tout les noms pour avoir été abusée, dans nos journaux, lorsqu'une femme est exposée en place publique pour atteinte aux mœurs, dans le foyer, lorsqu'on laisse les petites filles apprendre à faire la vaisselle quand les garçons retournent jouer ... C'est un livre qui donne envie de hurler pour tout changer, même si la colère et la violence n'y changeront rien. Il faut du temps, et de l'apprentissage. En commençant par s'instruire, et ce livre le fait très bien. Salutaire et à mettre dans toutes les mains.
Parue sans faire de bruit au mois de septembre, « La Couleur des choses » s’est imposée ces dernières semaines comme un mini-phénomène éditorial, bien en vue dans les têtes de gondole des libraires. Et on comprend pourquoi, même si un premier feuilletage n’est pas forcément engageant. En effet, quel intérêt pourrait avoir une bande dessinée (mais sommes-nous encore dans la bande dessinée ?) où les personnages sont remplacés par des petits cercles de couleur évoluant dans un décor minimaliste en vue aérienne ? Oui mais voilà, dès que l’on attaque la lecture, la magie opère. D’abord intrigué, on est vite happé par le récit, pour être ensuite littéralement hypnotisé par cet ouvrage décidément hors normes.
Et si le graphisme est d’une audace incroyable, la narration n’est pas en reste, tant s’en faut, avec un synopsis imparable, digne des meilleurs thrillers, assortie d’un dénouement « WTF » pour le moins inattendu. On est ému par le sort de ce pauvre garçon, Simon, sur qui des mauvaises fées ont dû lancer un sort à la naissance. Issu d’un milieu familial défavorisé, souffrant d’obésité et harcelé par les caïds du quartier, Simon aura toutefois cette « chance » d’avoir joué les bons numéros au tiercé sur les bons conseils d’une voyante à qui il avait rendu service. Mais quand on ne nait pas avec les bonnes cartes en main, même un coup de fortune comporte des revers… Putain de destin ! Le jeune garçon va se voir entraîné dans une spirale infernale que son statut de mineur va compliquer (non majeur, il ne pourra percevoir les gains sans l’aval de l’un de ses parents) et qui va lui faire perdre les dernières illusions de l’enfance. Car en effet, cette histoire de ticket gagnant placera Simon aux premières loges d’un spectacle peu glorieux, celui du monde des adultes où méchanceté, violence, convoitise et cupidité en seront les principaux protagonistes, où la couleur des choses prend souvent une teinte glauque.
Avec cette œuvre extrêmement ludique qui n’en est pas moins une peinture sociale édifiante de l’Angleterre contemporaine, dotée d’un humour discrètement acerbe, Martin Panchaud, auteur suisse tout juste quadragénaire, prend un malin plaisir à brouiller les codes du neuvième art par une lecture en vue aérienne, en substituant par exemple des plans de maison aux cases, en inventant une nouvelle iconographie par l’insertion de pictogrammes, représentations graphiques et divers symboles au milieu d’un déroulé narratif qui s’autorise toutes les fantaisies. Le résultat est véritablement bluffant, plaçant l’objet quelque part entre la pièce de théâtre, le jeu de plateau et l’appli de smartphone.
Démarche oubapienne révolutionnaire, qui n’est pas sans rappeler le travail d’un certain Chris Ware mais aussi cette vertigineuse machine à remonter le temps qu’est Ici, de Richard Mc Guire. Déjà récompensé par le Grand Prix de la critique, nommé en sélection officielle à Angoulême, il n’est pas du tout impossible que « La Couleur des choses » obtienne le Fauve ultime, mais on peut aisément parier sur une attribution du Prix de l’audace.
C'est la première oeuvre d'Eric Hérenguel que je lis. Ce diptyque ne m'a pas laissé indifférent même si mon rationalisme a un peu de mal avec les histoires ésotériques.
Je dois pourtant avouer que les deux tomes de l'auteur sont très bien travaillés même si la sauce Templiers a été cuisinée et recuite de nombreuses fois.
Mais Hérenguel prend le temps d'installer une superbe ambiance dans cette petite et paisible ville de Providence (N.H).
Les premières cases nous plongent dans des couleurs d'automne qui invitent à la balade et au fantastique.
Le scénario ne finasse pas car dès la page 12 un flash-back nous dévoile ce à quoi nous allons être confrontés. Le scénario s'amuse ensuite à nous perdre vers un embryon d'histoire d'amour qui fera long feu (encore que).
Car Hérenguel nous plonge dans un scénario de plus en plus sombre où les âmes les plus innocentes ne sont pas épargnées. Pour encadrer ce récit l'auteur nous fournit toute une galerie de personnages forts.
Le summum étant l'abject Dixon pendant maléfique du sheriff Stuart, deux personnages avec qui la belle et énigmatique Cathy sera bien obligée de composer.
À priori l'occultisme est un domaine que connait bien l'auteur. Ce n'est pas un de mes domaines de prédilection mais ici c'est bien amené et sans prendre cela trop au sérieux, on se laisse assez vite porter par la dynamique du récit.
J'ai trouvé le graphisme vraiment bon. J'ai beaucoup aimé les extérieurs de la ville ou de la forêt. La galerie de monstres est vraiment impressionnante.
Une oeuvre qui rend hommage au western fantastique et qui se lit avec un certain plaisir. 3.5
George Dandin n'est pas une pièce des plus connues de Molière. Elle est fortement influencée du répertoire des farces de la comédie italienne du XVIIème siècle.
On retrouve d'ailleurs le squelette et plusieurs scènes de la pièce dans d'autres oeuvres (La Jalousie du Barbouillé ou le mariage forcé). Mais ici Molière approfondit le sujet pour proposer une pièce en trois actes qui en fait une satire du couple et de l'hypocrisie des mariages arrangés.
C'est un plaisir de lire la mise en scène de Simon Léturgie. J'ai déjà eu le plaisir de lire plusieurs de ses adaptations théâtrales en BD et j'aime la façon dont il rend compte visuellement de la profondeur et du comique des textes de Molière.
Car ici tous les personnages portent le ridicule dans leurs manières et leur nom (Sotenville, Prudoterie). La mise en scène de Létargie est assez simple et suit à la lettre le texte original sans extravagance.
L'effet comique est surtout donné par le graphisme de Léturgie et Di Martino. J'aime bien ce style rond et humoristique qui amplifie la gestuelle comique et ridicule des personnages.
Les personnages de Léturgie se ressemblent d'une oeuvre à l'autre mais cela correspond à l'esprit d'une compagnie de théâtre où une troupe de comédiens passaient d'une pièce à une autre.
D'une façon très moderne on peut aussi y lire la difficulté de prouver la réalité d'une information d'autant plus que cette information remet en question l'équilibre de votre système de pensée et de vie.
J'ai lu la version en couleur et je la conseille tellement la mise en couleur de Julien Loïs apporte au plaisir de la lecture.
Un classique avec beaucoup d'humour qui se lit rapidement.
3.5
Trop court, j'ai adoré cette histoire mais assez frustré par cette fin. Il aurait été sympa de suivre l'évolution et quelques aventures de la petite également, plutôt qu'un bref résumé de sa mère. Très beaux dessins en tout cas. Histoire prenante, réaliste avec des morts qui nous chagrinent.
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Babybox
C'est la première oeuvre de Jung que je lis et j'ai beaucoup apprécié son style graphique et narratif. Si la double recherche de ses origines (familiales et nationale) est assez classique, j'ai beaucoup aimé la façon dont Jung a traité ces sujets. Claire en tant qu'immigrée de la deuxième génération sans beaucoup de racines au pays se sent bien plus française que coréenne. Comme il n'y a pas de passif historique entre les deux pays son intégration est vraiment assez facile. C'est la découverte malheureuse de son abandon et de son adoption qui provoque un traumatisme qui remet tout en cause. J'ai trouvé le scénario très touchant capable d'induire de nombreuses questions sur la problématique de l'abandon. D'autant plus que Claire est abandonnée en 1982, époque où la Corée n'est plus le pays misérable des années 60. Jung n'apporte pas de réponse approfondie à cette problématique. C'est la reconstruction de Claire qui l'intéresse à travers la fin du récit. Cette reconstruction passe forcément par un deuil dans son passé. Jung nous propose une fin sous forme de réconciliation entre son passé et son présent qui peut paraître simpliste mais que je trouve porteuse d'avenir et qui me plait bien. J'ai découvert le graphisme de Jung qui m'a conquis immédiatement. Son trait est précis, fin et donne beaucoup de personnalité aux personnages. Ses extérieurs de Paris et surtout de Séoul créent une ambiance qui porte la dramaturgie du récit. J'aime beaucoup l'utilisation de ses gris et de ses noirs avec cette pointe de rouge qui renforce le tragique de la situation. Ses personnages sont vraiment attachants et la relation entre la soeur et le petit frère est très bien mise en image tout en lui donnant de la profondeur émotionnelle. Une superbe lecture qui me donne envie de poursuivre avec cet auteur.
Contrapaso
Par où commencer? Bon, je me lance... Prix des "Bulles de Sang d'Encre 2022", récompense que je suis attentivement depuis 4 ans, je ne pouvais faire autrement que de m'approprier cette oeuvre. Amateur de romans historiques avant de m'intéresser à la bande dessinée, j'ai eu l'immense plaisir de découvrir que les deux genres étaient réunis dans Contrapaso. Nous sommes plongés dans l'Espagne franquiste des années 50, où le journalisme doit travailler pour servir le gouvernement d'un régime répressif. C'est là que nous faisons connaissance d'Emilio Sanz et Léon Lenoir, deux hommes que tout oppose mais qui fera un duo très attachant. L'enquête commence par la découverte du corps sans vie d'une femme près d'un lac. Le scénario complexe et passionnant nous plonge dans le milieu médical psychiatrique et obstétrique afin de nous peindre un tableau noir de l'Espagne franquiste. Sans vouloir en dévoiler d'avantage, l'histoire s'achève en livrant les prémices du second volet de la série. Le dessin est juste remarquable. Une richesse dans les détails et les couleurs nous laisse le temps d'observer chacune des vignettes de cette bande dessinée. Teresa Valero nous explique à la fin du livre l'application dans son travail des planches où le moindre élément de dessin est recherché. C'est une bande dessinée absolument essentielle pour tous les adeptes de l'Histoire. Étant d'origine espagnole, j'ai certainement eu une lecture plus passionnée qu'elle n'aurait dû l'être. Je m'incline face au travail impressionnant de madame Valero. Mon petit bémol viendrait peut être de la complexité un peu poussée du scénario. En effet, j'ai dû plusieurs fois faire demi tour pour comprendre certains liens. La note maximale n'est pas loin.
Namibia
Je trouve certaines critiques assez dures. Cette 2eme saison Namibia est légèrement en dessous de Kenya mais ça reste très bien. Je ne me suis pas ennuyé, ayant lu les critiques avant ma lecture je m'attendais au pire mais au final j'ai passé un bon moment. Les tomes 3-4-5 sont justement ce qui fait que j'aime une lecture. C'est à dire un scénario qui nous embarque loin de ce qu'on aurait pu s'imaginer. Note réel 3.5 mais je préfère trancher à 4 plutôt qu'à 3. Un conseil, lisez cette 2eme saison sans comparer aux autres histoires et ça devrait bien se passer :).
Poisson à pattes
Tiens, cet album est passé totalement inaperçu dans nos contrées, alors qu'il est sorti il y a plus d'un an, et qu'il est pétri de qualités. Commençons par le dessin. Se plaçant dans une large veine graphique inspirée par les premiers "Donjon", on y décèle un style particulier, avec des personnages en forme d'obus, sans épaules et sans cou. C'est très étrange de prime abord, mais le génie de la mise en page de Blonk, et ses jolis décors, font vite oublier ce sentiment d'étrangeté. Le récit nous plonge dans un Moyen-Âge "moyen", en un lieu indéterminé, et cette imprécision n'a pas vraiment d'importance car l'histoire pourrait en effet se passe n'importe où en Europe pendant cette grande époque d'obscurantisme. La seule incongruité étant que les personnages parlent le français du Québec, patrie de l'auteur. Mais là encore, pas vraiment gênant pour les lecteurs francophones du Vieux Continent, si certains termes sont éloignés des nôtres, le contexte permet de les comprendre dans effort. Nous voilà donc dans une communauté médiévale "classique", confrontée à ce qu'elle n'aime pas, à savoir la différence. laquelle est représentée par Bastien, réellement différent, et Sidonie, qui sait seulement se servir de ce qu'il y a autour d'elle, dans la nature. En vérité elle est un peu plus que cela, mais elle met ses connaissances et ses pouvoirs au service des autres. Mais cette différence gêne, et l'action conjuguée de deux ou trois personnages malveillants va obliger ce couple improbable à devoir agir pour sauver sa vie. L'issue ne va pas être très heureuse, hélas, mais elle est presque inéluctable. Malgré la présence -discrète- d'éléments fantastiques, c'est cette vraisemblance qui m'a séduit dans le récit, cette cruauté qui faisait rage il y a 500, 800 ou 1 000 ans, et qui cause encore des ravages aujourd'hui. Les dialogues et les situations sont extrêmement travaillés, et pour cause, puisque Blonk a mis 7 ans à faire cet album, après le premier, "23h72", chez le même éditeur. Une belle découverte.
Déogratias
Jusqu’à présent, je n’ai jamais lu les récits de Jean-Philippe Stassen car je n’aimais pas son style graphique… J’ai donc reporté à maintes fois la lecture d’un de ses ouvrages et finalement, la présence d’albums réalisés par cet auteur à la bibliothèque universitaire de ma ville m’a encouragé à les découvrir. Premier album de Jean-Philippe Stassen : « Déogratias »… et une petite claque… mais une claque quand même ! Comme d’habitude sur les albums de la collection « Aire libre » serais-je tenté de dire. C’est un récit fort que nous propose l’auteur sur la guerre civile au Rwanda… On y voit comment ça s’est arrivé, pourquoi ce fut un génocide. On y découvre comment la folie et la haine qui habitaient inexorablement et durablement le cœur des femmes et des hommes se sont mises tel une cocote minute à exploser d’un seul coup avec l’extrême violence qui accompagna les tortionnaires envers leurs victimes. Et moi qui ait assisté avec une relative indifférence à cette horreur devant les actualités télévisées de mon époque… Trop jeune, trop loin de la France, trop compliqué… Je n’étais pas assez mûr pour comprendre ou plutôt essayer de saisir ce qui se passait là-bas… Et au milieu de tout ça, Déogratias, un jeune rwandais avec ses défauts et qualités mais surtout avec ses rêves d’adolescents et la naïveté qui le caractérisent, qui perd ses certitudes et ses repères… Un choc émotionnel dont il ne se remettra certainement jamais… Et au milieu de tout ça, des occidentaux qui se croient supérieurs et qui profitent de leur soi-disant richesse pour exploiter cette population… heureusement, ils ne sont pas tous comme ça mais bon… Et le dessin ? Ben, il s’avère finalement extrêmement lisible et adapté à ce genre de récit. Seule la narration n’est pas exempte de tout reproche car il faut suivre avec tous ces allers-retours sur le passé et le présent. Alors, oui, merci à Jean-Philippe Stassen d’avoir réalisé ce livre qui sonne comme un témoignage historique et hautement tragique du Rwanda… Pour ne pas oublier ce qui se passa là-bas…
L'une d'elles
Attention, livre très lourd à lire. Et je dois dire que j'ai du mal à savoir quoi dire, tout comme Alix. Cette BD est une claque dans la gueule, même si elle est très bavarde et que le dessin est avant tout un support du texte. Niveau BD, nous sommes dans les limites flous de ce média. Mais pour autant, et malgré les difficultés que j'ai eu parfois à lire le texte qui épouse la forme des objets présentés, c'est une lecture qui aspire très vite et dont j'ai eu du mal à décrocher. Parce que c'est une lecture brutale, très violente, qui met mal à l'aise. Alors oui, c'est une BD qui parle de viols et de violence sexuelles, le tout mélangé à cette affaire de l'éventreur du Yorkshire. Une affaire dont je n'avais jamais eu connaissance mais qui est ... Diablement terrifiante. Elle expose à la fois la violence sociétale dont les femmes sont victimes dans nos belles démocraties occidentales (et qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit, je n'ai aucun doute que c'est pire ailleurs), mais surtout elle met en lumière le sexisme inhérent à nos société. L'histoire est anglaise, mais universelle, la France n'a sans doute pas de leçon à donner la-dessus. Quand on voit la police agir, la lenteur de la justice et les erreurs qui furent commises sur cette enquête, il y a de quoi hurler. Un homme tue des femmes ? C'est parce que ce sont des prostituées, voila tout. Quand bien même les enquêtes semblent démontrer l'inverse. Une jeune femme témoigne ? Elle est jeune, c'est une femme. Personne ne l'écoute. Quand je vois ce livre, je me dis qu'il faudrait faire un film sur cette affaire. Un film ou le tueur serait absent, mais l'on verrait les victimes. Les 35 enfants ayant grandis sans mère, les 13 mortes et les 9 autres agressées violemment. On devrait montrer plus encore à la face du monde le souci que ce livre soulève : le sexisme partout, tout le temps, à tout les niveaux. Dans nos écoles, lorsqu'une fille se fait ostraciser et traiter de tout les noms pour avoir été abusée, dans nos journaux, lorsqu'une femme est exposée en place publique pour atteinte aux mœurs, dans le foyer, lorsqu'on laisse les petites filles apprendre à faire la vaisselle quand les garçons retournent jouer ... C'est un livre qui donne envie de hurler pour tout changer, même si la colère et la violence n'y changeront rien. Il faut du temps, et de l'apprentissage. En commençant par s'instruire, et ce livre le fait très bien. Salutaire et à mettre dans toutes les mains.
La Couleur des choses
Parue sans faire de bruit au mois de septembre, « La Couleur des choses » s’est imposée ces dernières semaines comme un mini-phénomène éditorial, bien en vue dans les têtes de gondole des libraires. Et on comprend pourquoi, même si un premier feuilletage n’est pas forcément engageant. En effet, quel intérêt pourrait avoir une bande dessinée (mais sommes-nous encore dans la bande dessinée ?) où les personnages sont remplacés par des petits cercles de couleur évoluant dans un décor minimaliste en vue aérienne ? Oui mais voilà, dès que l’on attaque la lecture, la magie opère. D’abord intrigué, on est vite happé par le récit, pour être ensuite littéralement hypnotisé par cet ouvrage décidément hors normes. Et si le graphisme est d’une audace incroyable, la narration n’est pas en reste, tant s’en faut, avec un synopsis imparable, digne des meilleurs thrillers, assortie d’un dénouement « WTF » pour le moins inattendu. On est ému par le sort de ce pauvre garçon, Simon, sur qui des mauvaises fées ont dû lancer un sort à la naissance. Issu d’un milieu familial défavorisé, souffrant d’obésité et harcelé par les caïds du quartier, Simon aura toutefois cette « chance » d’avoir joué les bons numéros au tiercé sur les bons conseils d’une voyante à qui il avait rendu service. Mais quand on ne nait pas avec les bonnes cartes en main, même un coup de fortune comporte des revers… Putain de destin ! Le jeune garçon va se voir entraîné dans une spirale infernale que son statut de mineur va compliquer (non majeur, il ne pourra percevoir les gains sans l’aval de l’un de ses parents) et qui va lui faire perdre les dernières illusions de l’enfance. Car en effet, cette histoire de ticket gagnant placera Simon aux premières loges d’un spectacle peu glorieux, celui du monde des adultes où méchanceté, violence, convoitise et cupidité en seront les principaux protagonistes, où la couleur des choses prend souvent une teinte glauque. Avec cette œuvre extrêmement ludique qui n’en est pas moins une peinture sociale édifiante de l’Angleterre contemporaine, dotée d’un humour discrètement acerbe, Martin Panchaud, auteur suisse tout juste quadragénaire, prend un malin plaisir à brouiller les codes du neuvième art par une lecture en vue aérienne, en substituant par exemple des plans de maison aux cases, en inventant une nouvelle iconographie par l’insertion de pictogrammes, représentations graphiques et divers symboles au milieu d’un déroulé narratif qui s’autorise toutes les fantaisies. Le résultat est véritablement bluffant, plaçant l’objet quelque part entre la pièce de théâtre, le jeu de plateau et l’appli de smartphone. Démarche oubapienne révolutionnaire, qui n’est pas sans rappeler le travail d’un certain Chris Ware mais aussi cette vertigineuse machine à remonter le temps qu’est Ici, de Richard Mc Guire. Déjà récompensé par le Grand Prix de la critique, nommé en sélection officielle à Angoulême, il n’est pas du tout impossible que « La Couleur des choses » obtienne le Fauve ultime, mais on peut aisément parier sur une attribution du Prix de l’audace.
Lune d'argent sur Providence
C'est la première oeuvre d'Eric Hérenguel que je lis. Ce diptyque ne m'a pas laissé indifférent même si mon rationalisme a un peu de mal avec les histoires ésotériques. Je dois pourtant avouer que les deux tomes de l'auteur sont très bien travaillés même si la sauce Templiers a été cuisinée et recuite de nombreuses fois. Mais Hérenguel prend le temps d'installer une superbe ambiance dans cette petite et paisible ville de Providence (N.H). Les premières cases nous plongent dans des couleurs d'automne qui invitent à la balade et au fantastique. Le scénario ne finasse pas car dès la page 12 un flash-back nous dévoile ce à quoi nous allons être confrontés. Le scénario s'amuse ensuite à nous perdre vers un embryon d'histoire d'amour qui fera long feu (encore que). Car Hérenguel nous plonge dans un scénario de plus en plus sombre où les âmes les plus innocentes ne sont pas épargnées. Pour encadrer ce récit l'auteur nous fournit toute une galerie de personnages forts. Le summum étant l'abject Dixon pendant maléfique du sheriff Stuart, deux personnages avec qui la belle et énigmatique Cathy sera bien obligée de composer. À priori l'occultisme est un domaine que connait bien l'auteur. Ce n'est pas un de mes domaines de prédilection mais ici c'est bien amené et sans prendre cela trop au sérieux, on se laisse assez vite porter par la dynamique du récit. J'ai trouvé le graphisme vraiment bon. J'ai beaucoup aimé les extérieurs de la ville ou de la forêt. La galerie de monstres est vraiment impressionnante. Une oeuvre qui rend hommage au western fantastique et qui se lit avec un certain plaisir. 3.5
George Dandin
George Dandin n'est pas une pièce des plus connues de Molière. Elle est fortement influencée du répertoire des farces de la comédie italienne du XVIIème siècle. On retrouve d'ailleurs le squelette et plusieurs scènes de la pièce dans d'autres oeuvres (La Jalousie du Barbouillé ou le mariage forcé). Mais ici Molière approfondit le sujet pour proposer une pièce en trois actes qui en fait une satire du couple et de l'hypocrisie des mariages arrangés. C'est un plaisir de lire la mise en scène de Simon Léturgie. J'ai déjà eu le plaisir de lire plusieurs de ses adaptations théâtrales en BD et j'aime la façon dont il rend compte visuellement de la profondeur et du comique des textes de Molière. Car ici tous les personnages portent le ridicule dans leurs manières et leur nom (Sotenville, Prudoterie). La mise en scène de Létargie est assez simple et suit à la lettre le texte original sans extravagance. L'effet comique est surtout donné par le graphisme de Léturgie et Di Martino. J'aime bien ce style rond et humoristique qui amplifie la gestuelle comique et ridicule des personnages. Les personnages de Léturgie se ressemblent d'une oeuvre à l'autre mais cela correspond à l'esprit d'une compagnie de théâtre où une troupe de comédiens passaient d'une pièce à une autre. D'une façon très moderne on peut aussi y lire la difficulté de prouver la réalité d'une information d'autant plus que cette information remet en question l'équilibre de votre système de pensée et de vie. J'ai lu la version en couleur et je la conseille tellement la mise en couleur de Julien Loïs apporte au plaisir de la lecture. Un classique avec beaucoup d'humour qui se lit rapidement. 3.5
Alim le tanneur
Trop court, j'ai adoré cette histoire mais assez frustré par cette fin. Il aurait été sympa de suivre l'évolution et quelques aventures de la petite également, plutôt qu'un bref résumé de sa mère. Très beaux dessins en tout cas. Histoire prenante, réaliste avec des morts qui nous chagrinent.