Les derniers avis (32293 avis)

Couverture de la série Witchazel
Witchazel

J'ai bien apprécié cette série animalière en quatre épisodes. Une lecture un peu rapide pourrait laisser croire à une gentille série enfantine qui réutilise bien des éléments classiques déjà connus. Un monde animalier à la Mickey avec des personnages assez Comics, de la magie, de la romance, des gentils et des méchants bien définis. Toutefois les auteurs ne se contentent pas de ce schéma si convenu. Ils installent la série sous le signe d'un humour très présent. Humour des mots (le chat Pristi, la pie Lélectrique mais aussi le cerf Arien !). On l'a compris : sous couvert d'amusement réel, Elric et Darnaudet glissent habilement vers des thèmes bien plus adultes. Les T2 et T3 renvoient à la lutte contre le totalitarisme de Cerf Arien, le T4 propose une lutte contre les sectes et la naïveté dans ses croyances, avec en sus quelques allusions au choix de sa sexualité ou à l'image de soi. J'ai trouvé cela bien construit sur un très bon rythme sans une case (ou presque) sans un gag ou un bon mot. Parfois c'est même trop. Toujours est-il que j'ai bien accroché au personnage de Witchazel, image de la jeune femme dynamique et moderne parfois obligée de cacher sa féminité pour montrer sa compétence. Le dessin de Elric présente un petit côté Comics pas désagréable. C'est classique mais cela change du standard des animations contemporaines. Il y a beaucoup de mouvements, c'est bien fluide et les personnages sont très attachants. La mise en couleur est vive et agréable. J'ai acquis l'intégrale de Paquet qui présente une belle couverture rouge et or très chic. Une lecture pour tous très divertissante et agréable.

16/08/2023 (modifier)
Couverture de la série Mojo
Mojo

Il ne fait aucun doute que les auteurs sont des amoureux du Blues. C'est une musique que je ne connais presque pas ainsi que tous les artistes qui sont nommés dans la série. Toutefois cela ne m'a pas empêché d'apprécier la série de Rodolphe et Van Linthout. J'ai trouvé le scénario de Rodolphe assez linéaire mais pas dénué de nuances. À travers les voyages de Slim c'est surtout une reconnaissance des principaux artistes du Blues qui est proposée. Il s'en suit une succession d'anecdotes rapportées à partir de l'histoire souvent réelle des divers musiciens Afro-Américains de blues. L'originalité du scénario de Rodolphe est qu'il s'éloigne d'une facilité de type Forrest Gump. La crise de 29 est tout juste évoquée, pas du tout les différents conflits (WWI et II, Corée et surtout Vietnam) qui probablement n'appartiennent pas à l'univers du Blues. Si Rodolphe évoque des violences raciales et des pendaisons, il les situe dans un contexte de pillage. Pour finir pas un mot de la lutte pour les droits civiques comme si Slim et sa musique restait en dehors de cet univers. Je le comprends comme si le Blues avait été reconnu pour lui-même et ses qualités musicales intrinsèques. Une musique qui vient du fin fond de la misère humaine chantée par des blessés de la vie pas toujours bien propres sur eux. Johnny Cash ne dira pas autre chose dans sa version blanche de cette musique. Rodolphe tombe donc très juste et je lis plus la fin comme une sorte d'allégorie sur un éclat médiatique éphémère vite chassé par la pop, la soul ou d'autres genres. Nul dessin ne pouvait mieux convenir à ce récit que le très beau N&B de Van Linthout. Tous les contrastes, toutes les lumières renvoient aux frontières si fragiles de la misère et de l'opulence quand sa vie ne tient qu'à une corde vocale ou de guitare. Une très belle BD même si perso je l'ai plus appréciée intellectuellement qu'émotionnellement. Ce qui n'est qu'une demi-réussite pour cette thématique.

16/08/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Toutes pour un (Les Gardiennes d'Aether)
Toutes pour un (Les Gardiennes d'Aether)

Ce que j'ai pris au premier coup d'oeil pour un ersatz franco-belge de manga pour adolescentes s'est révélé être en réalité une BD rafraichissante et très drôle. Cela se passe dans une terre de royaumes mi-steampunk mi-magiques, le type de décor fictif qu'affectionnent shonen et autres shojo. Le héros y est un humble serviteur du palais royal, gentil mais un peu naïf. A ses côtés se trouve son amie d'enfance, devenue garde du palais, très douée au combat et très amoureuse de lui. Quand éclate soudain une invasion ravageuse du royaume par un peuple d'insectes géants, le héros, son amie et la princesse royale vont s'enfuir ensemble, bénéficiant de l'aide d'une troisième jeune femme, capitaine solitaire d'un vaisseau dirigeable. Nous avons donc trois femmes, toutes charmantes. L'une est une épéiste de génie, l'autre est une princesse magicienne, et la troisième est une scientifique débrouillarde et indépendante. Et au milieu d'elles, le brave Aether, mignon et bienveillant, mais un peu trop bon et trop con. Pourtant c'est bien lui auquel toutes les trois vont s'attacher et qu'elles vont vouloir protéger à tout prix, ainsi que la puissante épée qu'il a trouvée, quitte à le faire passer pour un baron qu'il n'est pas. Le graphisme est d'influence manga. Il ne sort pas vraiment du lot mais il est agréable et il fonctionne bien. Il réussit en tout cas à bien faire passer les expressions des personnages et les situations humoristiques. Car c'est ça la force de cette BD ; ce n'est pas tellement son intrigue qui a le mérite d'exister mais dont la trame de fond ne passionne pas particulièrement, mais c'est son humour. J'ai mis un petit temps à m'en imprégner, trouvant les quelques premières clins d'oeil à des dialogues de cinéma amusants mais un peu lourds. Mais peu à peu, tandis que je m'attachais davantage aux protagonistes et au contexte, je me suis mis à sourire de plus en plus, puis à rire pour de bon. Il y a quelques vraiment bons moments et des gags qui tombent bien. En outre, les personnages sont assez remarquables, le véritable rôle de héros étant laissé aux trois femmes tandis que le héros masculin, lui, fait souvent figure de potiche. Mais au final, lui aussi a une intéressante personnalité, par sa gentillesse, sa bonhommie et sa bonne humeur. Même s'il est effectivement souvent neuneu comme le disent ses camarades, il a bon fond et il fait bien avancer le récit. Si le premier tome m'avait déjà séduit, l'intégrale qui complète la série a achevé de me convaincre. Déjà c'est un très bel objet, mais en plus il propose un véritable histoire complète et satisfaisante en un album d'un peu plus de 130 pages. La relecture du premier tome m'a encore davantage fait rire que la première fois. La suite m'est parue un tout petit peu moins drôle, même si elle offre encore quelques chouettes gags, situations et dialogues. Elle s'oriente un peu plus vers l'aventure et l'action, avec une vraie intrigue, un méchant et même une traîtrise, assez inattendue d'ailleurs. Si j'ai aimé cette lecture, ce n'est toutefois pas tant pour son intrigue que pour passer davantage de temps avec ses personnages et l'humour qui les accompagne, et j'ai pris un réel plaisir à cela. C'est une chouette BD, divertissante et drôle, avec des protagonistes originaux et attachants, et un univers sympathique lui aussi. Une bonne ambiance du début à la fin !

28/08/2021 (MAJ le 15/08/2023) (modifier)
Couverture de la série Alice Guy
Alice Guy

J'ai préféré cette biographie à celle de Joséphine Baker (des mêmes auteur(e)s) que j'avais lue il y a peu. Je ne connaissais pas Alice Guy avant la lecture de la série et je remercie les auteurs d'avoir comblé cette lacune. Il faut dire que le parcours de madame Guy me parle particulièrement puisque j'ai travaillé dans la métallurgie où les femmes étaient rares. J'ai donc conscience des difficultés qu'elle a dû surmonter pour prouver sa valeur sans relâche tout en restant une épouse et une maman. Ce n'est toujours pas facile aujourd'hui, alors il y a cent ans !! J'ai été conquis par le rythme du récit. Si la jeunesse d'Alice ne m'a pas passionné, il en fut tout autrement dès qu'elle a collaboré avec Léon Gaumont. Le choix des auteur(e)s de présenter l'ascension de la jeune femme à travers des tableaux rapides de quelques pages rend la narration très nerveuse et dynamique. Cela correspond un peu à ces premiers films entrecoupés de plans fixes où l'on pouvait lire le texte. Chaque tableau apporte son lot de nouveautés tant dans la progression du cinéma que celle d'Alice jusqu'à son manque de perspicacité dans l'avenir d'Hollywood. Je n'ai pas trouvé de temps mort dans la narration et le scénario a su se concentrer sur la partie cinéma de la vie de madame Guy. La partie fiction de la biographie est bien travaillée et renforce la crédibilité de l'ensemble. On peut lire en fin d'ouvrage des notices biographiques très intéressantes pour qui aime le cinéma tant les noms évoqués sont prestigieux. Il y a même quelques allusions sur le côté de séduction qu'une jeune femme ne pouvait pas ne pas faire naître dans les yeux de ces hommes plus âgés. Le dessin de Catel va à l'essentiel dans la dynamique des expressions d'Alice et de ses interlocuteurs. Le trait est précis, vif et accompagne bien la fluidité de la narration. J'ai beaucoup aimé certains passages textuels qui posent d'excellentes questions sur la limite fiction/réalité de l'image et son impact sur le public. Une excellente lecture qui rend hommage à une femme longtemps oubliée très injustement.

15/08/2023 (modifier)
Couverture de la série L'Autre Monde
L'Autre Monde

J ai beaucoup aimé la lecture de ce conte onirique un brin philosophique. Le scénario de Rodolphe constitue à mes yeux une fantaisie originale sur la représentation de notre monde à travers les âges. J'ai trouvé la construction très fine dans la confrontation et l'imbrication d'un univers technologique et scientifique issu de l'observation expérimentale en face d'un monde de l'imaginaire qui fait la part belle aux légendes et croyances. Jan Vern débarque dans une sorte de prototype de notre monde oublié dans un coin de l'univers mais dont certaines représentations auraient germé dans le monde de Jan, le nôtre. "A Rome fait comme les romains" même si le ciel te tombe sur la tête se résout Jan pourtant si riche de ses connaissances scientifiques et historiques. Cela nous permet de vivre pleinement cette quête du bonheur simple d'une vie sans tricheur mais avec beaucoup d'amour. C'est une belle histoire pas si simple à bien construire et qui ne tombe jamais dans la mièvrerie à mon goût. Florence Magnin a beau jeu de nous proposer un graphisme qui reprend différentes représentations cartographiques des siècles précédents. Cela fourmille de détails, c'est bourré d'idées qui empruntent à différents univers pour créer une chaleureuse ambiance de conte. Une excellente lecture qui donne le sourire. Il faut faire comme Jan se laisser porter dans ce monde imprévu qui invite à la jouissance du moment présent.

14/08/2023 (modifier)
Couverture de la série Mocha Dick - La Légende de la baleine blanche
Mocha Dick - La Légende de la baleine blanche

J'ai lu cette série d'aventure sur la chasse aux baleines avec un grand intérêt. C'est pourtant une thématique assez épidermique chez moi et que je lis avec un oeil suspicieux. Mais ici j'y ai trouvé mon compte contrairement à la série "Esteban" que j'avais détestée. Tout d'abord cette série est réalisée par des auteurs chiliens dont la nation a subi de plein fouet le pillage de ses eaux par les flottes américaines ou européennes (principalement norvégiennes). Il y a donc un vrai vécu entre le Chili et les baleines. Cela se traduit dans le scénario par une trame qui suit une légende issue de la culture traditionnelle mapuche. Les auteurs en profitent pour nous faire connaître quelques éléments de cette culture à travers le personnage de la Machi. Ensuite Francisco Ortega remet l'église au centre du village en rappelant l'importance de cette légende dans la création du roman de Melville. Cela ne diminue en rien l'oeuvre de l'Américain puisque tous les grands auteurs se sont inspirés de légendes, contes ou écrits traditionnels bien antérieurs à leurs créations. Mais je trouve fondamental de montrer ce que la culture traditionnelle de divers peuples éloignés dans l'espace et le temps a pu apporter à la culture occidentale. Ensuite le tableau des baleiniers que nous proposent les auteurs est bien plus crédible et fort par rapport à ce que j'ai lu ailleurs. Point de sentimentalisme chez les baleiniers. Ils étaient là pour faire fortune au mépris du devenir de l'espèce et des populations autochtones qui vivaient en équilibre avec cette ressource. Enfin le personnage d'Aliro, guerrier Mapuche garant des traditions, montre que l'on ne devient pas harponneur aussi facilement. Ortega ne nous donne aucun répit dans l'intensité tragique du récit où la mort est omniprésente du début à la fin. Une ambiance qui accompagne le récit de façon si bien travaillée que la lecture est accessible à tous les publics. Pour conclure sur le fond, je ferais le parallèle avec la série de Simon Hureau Le Massacre qui montre comment l'extermination d'une espèce animale a pu impacter sur l'identité culturelle des peuples locaux. Ma seule petite réserve concerne le graphisme de Gonzalo Martinez. Il fait le travail mais je le trouve tellement dans les standards d'un dessin d'animation que je ne le trouve pas au niveau du scénario et de l'intensité dramatique du récit. Cela reste bien expressif et dynamique mais pas assez personnel à mon goût. Une excellente lecture qui allie aventure et connaissances extérieures pour tous les publics. Ainsi l'ouvrage se conclut par un glossaire d'une quinzaine de pages qui reprend des éléments de la chasse aux baleines, de la culture des Mapuches et du roman de Melville.

13/08/2023 (modifier)
Couverture de la série Les Petits Ruisseaux
Les Petits Ruisseaux

J'ai trouvé cette lecture bien sympathique et très touchante. Rabaté propose un scénario drôle et original qui allie poésie et modernité. Cela commence dans une atmosphère à la Jacques Tati d'une France d'un autre âge un peu fantasmée dans cette douceur angevine. Mais Rabaté sait cacher son jeu pour mieux nous surprendre en allant explorer le thème presque tabou de la sexualité des séniors. On se demande bien pourquoi c'est si difficile d'en parler surtout après avoir lu la série de Rabaté. Au delà de cette limite votre ticket est toujours valable nous invite à penser l'auteur. C'est bien ce que va découvrir Emile dans son pèlerinage qui se transforme en voyage initiatique inattendu. Le scénario est vraiment plaisant, fluide et même si j'ai une réserve sur le rôle de la beu, j'ai trouvé le récit vif et amusant sans aucun temps mort. Rabaté est assez coutumier des dialogues à la serpe. Ici son utilisation des lieux communs fait merveille dans la bouche de nos piliers de comptoirs. C'est une philosophie du vécu que nous propose l'auteur pas celle des bibliothèques. Le graphisme est magnifié par le grand format du livre. Cela donne de l'espace aux personnages pour pouvoir exprimer leur expressivité. La très belle aquarelle de la couverture est une véritable invite non mensongère pour goûter ce que la vie a de meilleur le plus longtemps possible. Une très bonne lecture.

12/08/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Chant du Monde
Le Chant du Monde

J'ai pris un risque en empruntant cette série. En effet je n'ai jamais réussi à dépasser la page 20 d'un roman de Giono. Je suis toujours resté à la porte de sa langue et de son univers. Jacques Ferrandez devient un spécialiste de l'adaptation de romans pas si faciles. J'avais bien apprécié sa vision de L'Etranger ce qui m'a aidé à entreprendre cette lecture. Comme Ferrandez respecte très bien la langue de Giono, j'ai eu des difficultés à m'approprier les dialogues et le déroulé du récit. Je trouve cela abrupt et rude. Les réparties sont réduites à l'essentiel dans un monde où la parole est rare. Les personnages de Giono/Ferrandez renvoient à une sorte d'animalité fauve bien plus à l'aise dans la nature que dans la société. Gina la vieille ressemble ainsi à la louve dominante cheffe de meute entourée de son harem de mâles soumis. Par contre, Antonio et le Besson aux cheveux rouges me rappellent la personnalité des loups solitaires en osmose avec leur environnement (le fleuve ou les bois) et en recherche de la femelle adéquate. J'ai pu y lire une vision prémonitoire assez écologique de Giono dans le rapport de l'homme avec son milieu naturel. C'est une thématique qui rejoint celle que j'avais aimée dans le bon Dans la forêt (Sarbacane) de Lomig. Le graphisme de Ferrandez aide beaucoup dans la compréhension de l'ouvrage. Ses magnifiques aquarelles nous plongent dans une nature rude, exigeante et si peu hospitalière. Une nature qui a vite fait de vous avaler si on n'y est pas habitué. Le trait de Ferrandez est fin et sec. C'est parfait pour le rendu de la personnalité cachée des personnages qui ne se livrent pas facilement. Une lecture assez exigeante mais l'adaptation de Ferrandez m'a permis de rentrer un peu dans le monde de Giono. Je l'en remercie. A lire pour comprendre le monde de Giono. 3.5

11/08/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Frontier
Frontier

Frontier se présente à mes yeux exactement comme un Cyberpunk transposé dans le cadre de la conquête spatiale. Cela se caractérise par tout ce contexte d'humains ouvriers ballotés par des méga-corporations déshumanisées, rendus esclaves par des dettes sans fin et vivant dans des lieux oppressants totalement dominés par la société qui les possède. Je note d'ailleurs un probable clin d'œil à Cyberpunk avec le nom de la corpo Militech qui traine dans un décor. A cela s'ajoute donc ce cadre spatial avec une plutôt judicieuse vision de l'évolution de la conquête du système solaire et surtout de son exploitation. Ce qui fait la force de cette BD, c'est justement son décor et en particulier la manière dont il est dessiné. Le graphisme de Singelin est formidable. J'adore le soin qu'il apporte à la foule de détails de chacun de ses plans, ce mélange de futurisme et d'humanité, ces stations spatiales surencombrées, ces planètes en cours de terraformation, et l'espace en général. Malgré la simplicité de leurs visages, les personnages ne sont pas en reste, pleins de personnalité, de vie et de dynamisme. Idem pour les couleurs, elles sont aussi excellentes et contribuent à l'âme visuelle de cet album. L'histoire pour sa part m'a légèrement moins convaincu. J'adore son cadre et je trouve les protagonistes plutôt bons, mais je trouve que l'intrigue se traine un peu en longueurs et ne sait pas vraiment où elle va. Il y a plusieurs beaux moments, à nouveaux de formidables paysages et découvertes, mais il me manque une accroche, un sentiment d'une histoire qui prend vraiment corps. Le récit présente en outre quelques éléments naïfs et bienpensants quand il s'agit de présenter la communauté des gentils hommes libres face aux méga-corpos, comme s'il suffisait d'être un tas de chouettes copains motivés et de planter des arbres pour maintenir en vie une station spatiale et des centaines d'occupants sans aucune autre source de revenus ou d'aide extérieure. Cela contraste avec le réalisme cru des premiers chapitres et ça a brisé ma suspension d'incrédulité. Et c'est peut-être à cause de ça que je n'ai pas ressenti de grande émotion en lisant les dernières pages alors que c'est visiblement le but recherché. Toutefois, je trouve quand même que c'est une très belle BD, graphiquement et dans l'idée, et j'aimerais en voir davantage des comme ça.

11/08/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Clifton
Clifton

Je réécris mon avis après avoir relu la plupart des tomes de cette série. Clifton est une bonne série quoique je le pense surtout pour la période Turk-De Groot. C'est peut-être par nostalgie, car c'est avec eux que j'ai découvert cette série, mais après avoir relu les albums pour la première fois depuis au moins 15 ans, je trouve toujours que c'est de l'excellente bd populaire pour enfants. Les scénarios fonctionnent bien, il y a une bonne balance entre l'humour et l'aventure et les dialogues et les personnages sont souvent savoureux. Le dessin de Turk est agréable à l'œil. Si la période De Groot-Bédu commence bien (La Mémoire brisée est mon album préféré non-dessiné par Turk), au fil des tomes le ton va devenir trop sérieux, particulièrement quand Bédu va se retrouver seul aux commandes. Ça reste des albums qui se lisent sans problème, mais je trouve que Clifton a perdu son identité et il ressemble à n'importe quel héros capable d'affronter n'importe quel danger alors qu'au début c'était un colonel à la retraite et donc un peu âgé. Les albums qui ont suivi ceux de Bédu ne m'ont pas trop convaincu. Quant à Macherot, s'il est sans aucun doute le meilleur dessinateur de la série, ses scénarios sont plutôt moyens.

11/10/2007 (MAJ le 11/08/2023) (modifier)