J’ai profité de la récente sortie du nouvel intégrale (Oh ! Giovanna !, Giovanna ! Si !, Giovanna ! Ah !) de Giovanna Casotto pour la découvrir.
Et je dois reconnaître que je suis plutôt satisfait.
La plupart du temps, les albums porno sont très médiocres au niveau du scénario. Bon, vous me direz que l’on ne lit pas des BD porno pour le scénario… mais… c’est mieux quand c’est bien écrit, reconnaissons le.
Et bien là j’ai été complètement séduit. Non pas que ce soit de la grande littérature, mais cet ensemble de courtes histoires, complètement différentes les unes des autres, ont ce charme de jouer avec de nombreux fantasmes, mais surtout d’avoir énormément d’humour. Elles sont extrêmement bien construites et offrent souvent une chute à laquelle je ne m’attendais pas et qui me faisait vraiment sourire.
C’est une qualité indéniable de cette série.
Quant aux dessins, ils sont tout simplement splendides, Casotto a un talent pour dessiner les corps vraiment indéniable. Les proportions, les formes, tout est sublime, je n’ai vu aucune fausse note. Le traitement des couleurs, mélange de noir et blanc pour les corps, et de couleurs pour certains objets, certains éléments des décors est sublime.
J’ai commencé à lire l’intégrale, pensant le lire en plusieurs fois, finalement je l’ai lue d’une traite tellement j’y ai pris plaisir, tant pour les yeux que pour les histoires, toujours curieux de lire la suivante.
Je recommande à tous les amateurs du genre, ou aux curieux de découvrir ce genre, pour moi, cette série fait partie indiscutablement du top 10, voire top 5 des séries érotico-porno.
Myles Hyman est peut être plus un illustrateur qu’un dessinateur de bd pur. Néanmoins ses incursions dans le monde de la bande dessinée ne laisse pas indifférent ( La loterie). Il revient ici avec un album de qualité qui nous relate l’atmosphère qui règne en Europe après la seconde guerre mondiale. Le Bloc Communiste ne s’est pas encore totalement installé même si on devine aisément les intentions de Moscou. Vienne ou se déroule en grande partie l’histoire mais aussi Prague sont truffées d’espion. On se jauge, on s’observe. Certains tentent de faire oublier leur rôle pendant la guerre, d’autres veulent fuir l’avancée communiste.
Le scénario de Fromental est remarquable mais complexe. Il faut soigneusement noter les noms de tous les protagonistes pour bien suivre l’histoire. Cette histoire m’a fait penser au film « la taupe » avec Gary Oldman et Colin Firth qui est exactement dans le même esprit. Le trait de Hyman quoique un peu figé nous offre quelques superbes tableaux de cette Europe d après guerre ou la guerre froide va s’installer progressivement. Une très belle histoire qui devrait ravir les amateurs de récits d’espionnage; je pense par exemple aux fans de Blake et Mortimer
Oukilimignou !!!! Pépin et Olivia est, à ma connaissance (mais je n'ai pas lu Les Vermeilles) la première BD jeunesse de Camille Jourdy. Et c'est un essai transformé. On connaissait son trait tendre qui ici se prête à vermeille (hihihi) à l'exercice. Graphiquement, ça m'a rappelé certaines de mes lectures de jeunesse, et en premier chef Tomtom et Nana, mais aussi narrativement. On est dans ce ton direct et un peu naïf de l'enfance. Dans ce qui est a priori le premier tome (tom, hihihi) des aventures de Pépin et Olivia, tout est porté à hauteur d'enfant. Que ce soient les dialogues, les situations vécues ou bien les préoccupations des personnages, tout sonne juste, et c'est du coup très touchant.
Du point de vue du scénario, Camille Jourdy nous donne à découvrir un univers complet qui se révèle progressivement au travers de ces histoires à tiroirs. En effet, il s'agit d'une succession de petites aventures du quotidien, indépendantes l'une de l'autre, mais pas que. En effet, on retombe parfois sur une situation amorcée plus tôt, ou un personnage qui réintroduit une question non résolue. Tout cela est très bien cousu. On sourit devant ces histoires de trois fois rien (ce tome s'intitule La Grande fête de rien du tout), c'est lumineux, bourré de tendresse, espiègle comme une nuée de moineaux.
Pour un peu, ça donnerait presque envie de refaire des gosses !...
Objectivement, et alors que je ne suis vraiment pas le cœur de cible, j’ai été très touché par ce récit qui traite du sentiment maternel.
J’ai trouvé l’histoire belle dans sa simplicité, dans son humanité. C’est un très beau portrait de mère, un bel hommage aux services de néo-natalité et une œuvre emplie d’espoir. Sur un synopsis des plus basiques, Virginie Grimaldi parvient même à créer un suspense qui tient le lecteur en haleine, ce dernier se demandant tout du long si l’enfant au centre des attentions survivra bel et bien à la délicate période qui suit sa naissance prématurée.
Le récit à la première personne sous forme de journal intime est un grand classique. L’originalité vient du fait qu’il est ici scindé en deux époques, et que l’on saute constamment d’une à l’autre, passant de la jeune femme qui vient d’accoucher pour la première fois à la mère de près de 50 ans qui vient de voir son dernier enfant quitter le cocon familial. Il n’y a rien d’exceptionnel dans ce qui est raconté mais la douceur avec laquelle les craintes, les doutes, les petites joies et les grandes peines sont évoqués sonne si juste qu’elle m’a réellement touché.
Et puis le dessin participe à la fête par, là encore, sa douceur et sa luminosité. Le style « cahier à lignes » employé pour illustrer le narratif de Lili/Elise est lui aussi bien vu tant il rend le personnage proche de nous, simple, accessible, fragile.
Enfin, je n’ai pas lu l’œuvre originale mais à la lecture de cette bande dessinée, je n’ai ressenti aucune coupure, aucune faute de rythme, aucun bricolage hasardeux. Là encore, je trouve que c’est du beau travail.
Donc voilà, alors que cette thématique me saoule d’ordinaire très rapidement, j’ai pris un plaisir réel à lire cette adaptation. Profondément touchant (même si non dénué de gros clichés).
J’ai été extrêmement touché par ce récit, sans doute parce que le statut de parents vieillissants devient un sujet de plus en plus d’actualité pour moi (mes parents sont octogénaires et je vois leurs facultés baisser au fil des ans). Je trouve en tous les cas qu’après un début de récit un peu poussif, l’auteur parvient à trouver un ton qui rend son récit addictif, touchant, très humain. Très dur aussi, car la lente agonie de sa mère, qui passe d’hôpitaux en hôpitaux, d’examens en examens, fatiguée d’être un poids pour ses enfants, ne peut que casser le moral du lecteur. Ajoutez à cela ce père alcoolique qui n’est d’aucune aide et au contraire ajoute encore une charge supplémentaire sur les épaules des deux fils et vous comprendrez à quel point ce récit peut être déprimant.
Mais à côté de cela, et c’est toute la force de cet album, l’auteur propose de nombreux passages lumineux car si une vie s’éteint, une autre (celle du fils du narrateur) prend son envol.
Le lien entre tous ces personnages est marqué par la nourriture. Madang se souvient avec nostalgie de tous les mets que lui préparaient sa mère et tente de conserver ce savoir-faire pour transmettre à son fils le goût des choses simples. Une fois de plus dans un récit asiatique parlant de nourriture, j’ai été marqué par le rapport à la nature qui y est développé. Le narrateur récolte beaucoup de plantes indigènes qui poussent directement dans son jardin ou dans un talus (bien aidé par une voisine passionnée), les prépare avec simplicité (en salade ou simplement sautés si j’en crois la traduction de l’intitulé des plats) ou se lance dans une préparation qui permettra une longue conservation (c’est évidemment le cas du kimchi).
Le récit est ainsi rythmé entre la charge morale que représentent ses parents pour le narrateur, ses souvenirs de jeunesse, sa culpabilité vis-à-vis de son propre fils (qu’il ne voit pas beaucoup grandir, occupé qu’il est par son travail et ses parents), son travail de mangaka et l’aménagement de sa nouvelle maison. Difficile de faire plus « récit du quotidien » que ça, mais la sauce prend parfaitement et j’ai littéralement dévoré ce gros manga.
Au niveau du dessin, il n’est pas toujours évident de différencier les personnages, surtout lorsqu’un flash-back nous replonge dans l’enfance du narrateur. Il est alors facile de confondre le narrateur et sa mère encore jeune, d’une part, et l’épouse du narrateur et son propre fils d’autre part. On ne sait alors plus trop si nous sommes dans les souvenir du narrateur ou à l’époque présente et j’ai dû ainsi effectuer quelques petits retours en arrière pour bien comprendre ce que je lisais. Mais, honnêtement, ce n’est qu’un détail et dans l’ensemble le dessin est facile à lire. Et s’il est très épuré, le trait sait se faire précis dès qu’il s’agit de représenter la nature. Franchement, et malgré le petit problème évoqué, 90% du temps, c’est vraiment agréable à lire.
A titre personnel, j’ai été extrêmement touché durant ma lecture, et c’est la raison pour laquelle j’accorde un 4/5 à l’ensemble.
Les attentats du 13 novembre constituent un évènement effroyable dans l'histoire récente de notre pays.
Presque six ans plus tard s'est ouvert le procès fleuve qui a permis de juger toutes les personnes (on l'espère) impliquées dans l'affaire. Bahareh Akrami, dite Babou, s'est retrouvée à deux pas de l'une des fusillades, et s'est constituée partie civile. Et comme elle est autrice de bande dessinée, elle s'est mise presque spontanément à dessiner ce qu'elle a vécu de ce procès, en donnant ses impressions. La littérature autour de cet évènement est encore assez mince, si l'on excepte bien sûr les nombreux articles de presse. Ce qui fait -probablement- l'originalité de "Babou", c'est son positionnement éditorial. Elle a en effet décidé de nous livrer les surnoms qu'elle donnait aux magistrats, aux avocats, de donner son avis sur la personnalité des accusés (des "teubés"), et comme c'est vite devenu une obsession, les pages se sont accumulées pendant les neuf mois d'instruction. Le résultat est un album de plus de 300 pages, dans lesquels on a en effet le ressenti d'une jeune femme de son, temps, issue de l'immigration et dynamique, jeune maman et usagère du langage urbain (j'ai par exemple appris pour l'occasion la définition de "miskin").
Le style graphique de Bahareh Akrimi est assez efficace, l'essentiel de ses dessins se résume à des portraits des différents protagonistes du procès. Elle agrémente parfois ses commentaires par des schémas et des bingos, ce qui donne une touche 'fun' à son propos.
C'est une somme imposante, authentique, unique et donc précieuse. Précieuse pour comprendre l'ampleur mais aussi les détails des attentats du 13 septembre. A noter des annexes très fournies : Un rappel des différents "accusés" du procès, à savoir une vingtaine de personnes ; une retranscription de la plaidoirie et des petits textes des différents avocats en guise de postface.
A la suite de la lecture du Le Voyage de Marcel Grob, je tombe sur une autre BD parlant de la complexité d'une époque pas si lointaine, 80 ans à peine …
Si les camps de concentration allemands sont bien connus du grand public désormais, il est plus rare de parler de ceux ayant existés dans d'autres pays (Espagne, Angleterre, France …) y compris dans la période de la Seconde Guerre Mondiale. Les tsiganes, victimes régulières de haine de la part des gadjos, vont subir le racisme de la société de ces années là et surtout la haine d'un gouvernement comme celui de Vichy. Mais pas que …
Cette BD nous conte le camp de Saumur, là où furent enfermés plusieurs milliers d'hommes et de femmes, dans une précarité constante, affamés et privés de tout. La BD parle aussi de ceux qui s'acharnaient contre leur sort, ces hommes et femmes qui tentaient de leur venir en aide, ici surtout représenté par l'abbé Jollec. Il est intéressant de voir comment il sera refusé de toute aide par les pouvoirs en place, que ce soit spirituel ou politique. Et la misère ne s'arrêtera pas avec la guerre, puisque ce n'est qu'un an après celle-ci qu'ils seront enfin libérés de cet endroit inhumain.
La BD est intéressante, c'est un documentaire qui met parfaitement en lumière les contradictions d'une société qui cherche à être plus humaine après la guerre, mais pas à tout le monde. Le racisme bien présent, la mentalité puritaine (les tsiganes et les prostituées sont considérés égaux), mais aussi la débrouille pour survivre dans le camp, la solidarité qui permets de s'en sortir. De les voir manger des hérissons pour survivre m'a rappelé que par chez nous, les tsiganes sont parfois appelés mangeurs de hérissons. Mais quand on voit les extrémités auxquelles ils sont poussés pour ça …
Cette BD a un dessin que j'ai beaucoup aimé : c'est charbonneux mais précis, les contours et les ombrages ressortent particulièrement. L'ensemble devient plutôt précis, comme on l'attendrait pour une BD documentaire. Et elle permet de faire des cases marquantes, des visages et des paysages qui parlent visuellement. C'est le genre de BD que je recommande parce qu'elle fait parfaitement bien son office : le ton est donné dès la page de garde, et vous y trouverez ce qui est annoncé.
Je suis très client de Tom Tirabosco, auteur dont le trait me plait à chaque lecture et qui sait jouer de scénarios habiles. C'est moins le cas niveau scénario ici, mais qu'est-ce qu'on en prend dans les mirettes niveau dessin !
Ma note est un reflet du grand plaisir que j'ai eu à dévorer la BD, entre les pages de découverte dans la nature et le trait charbonneux toujours aussi reconnaissable et maitrisé. C'est un plaisir visuel, cet auteur m'intéresse énormément ! Pour le scénario, la BD étant sortie il y a 4 ans, on sent poindre dedans toutes les interrogations face au changement climatique qui commencent à émerger en masse (l'auteur étant par ailleurs très actif dans l'écologie de façon globale). On parle de plusieurs associations, mouvements ou faits qui sont ancrés dans l'époque (élection de Trump, Bernie Sanders, etc …). Maintenant, je reconnais que la jeune femme qui parle de problématiques qui semblent plus toucher les européens en vivant aux Etats-Unis, c'est assez étrange.
Le tout est une sorte de fable, de conte avec une quête dans un monde en perdition progressive. Plusieurs sujets sont évoqués rapidement (violence policière par exemple) pour aboutir à cette quête dans la nature, puis une accélération un peu brusque du temps pour aboutir à cette fin qui reboucle sur le début, tout en étant quelque peu amère.
Je comprends les propos de l'auteur, et j'aime bien la façon dont il représente tout ça dans une histoire qu'il ne faut pas voir comme plus importante qu'elle ne l'est. Une errance dans une nature subissant les conséquences de l'action humaine, une femme voulant fuir notre monde, des considérations sur la société occidentale, et un superbe dessin. Rien de plus, mais rien de moins !
J’ai découvert cette histoire dans la version récente d’Urban Comics.
Je salue d’ailleurs l’excellente initiative de l’éditeur puisqu’en plus du grand braquage, on trouve également d’autres récits autour de notre héroïne en grande partie par le même auteur, on passe de 85 pages à pas loin de 240.
Je pense que j’aurais mis 3* sur le récit principal, mais les autres étant dans la continuité, je trouve qu’ils ajoutent pas mal de cohérence et d’approfondissement à l’histoire et aux personnages. Du coup je n’ai pas eu le sentiment de trop peu et je suis sorti plutôt comblé de ma lecture.
L’album démarre avec Detective Comics #759-762, notre héroïne y est le sujet mais sera bien peu présente puisqu’elle est censée être morte, on va suivre l’enquête d’un privé Slam Bradley.
Le dessin m’a paru un peu brouillon au début avant de m’emporter, le côté polar est très agréable à suivre et la narration est excellente. Ce récit se pose comme un préquel au grand braquage.
On enchaine ensuite avec l’histoire de ce fameux braquage, un peu surprenant, on est plus sur du Ocean eleven avec cette équipe mise en place. J’ai pris cette aventure comme une des 1eres de notre héroïne, elle apparait plutôt loin des capacités qu’on lui connaît, reste que les autres personnages sont intéressants (le tueur en tête) et l’intrigue plutôt plaisante, on notera l’importance de notre privé dans le final.
La suite Catwoman #1-4 et "Date Knight" in Solo (2004) #1 se révélera plus conforme à l’univers, l’aura de notre héroïne prend forme, elle combattra un super vilain et commencera son jeu du chat et la souris avec Bat.
En fait, je me rends compte en postant que cette édition compile le 1er tome de Ed Brubaker présente Catwoman tout en y incluant l’album le grand braquage et une petite histoire inédite.
Au final, un plutôt chouette album, l’ensemble est homogène, le graphisme et la narration y sont pour beaucoup, c’est parfaitement ciselé. J’ai aimé en apprendre plus sur notre héroïne avec cette version.
Comme beaucoup, je suis assez réticent à la reprise de séries par d'autres auteurs, ce qui semble se multiplier ces dernières années. On dirait une sorte de crise de nécromancie par des éditeurs toujours avide de traire la vache jusqu'au bout. Je suis bien plus client de la démarche prise avec Spirou, où chaque auteur est d'une totale liberté tant qu'on ne touche pas à la série-mère, ce qui permets d'avoir droit à de belles propositions.
Gaston, donc, est repris. Un monument de l'humour qui me fait littéralement pleurer de rire rien qu'à repenser à des gags. Qu'on y touche et je hurle ! Mais la reprise s'est faite, et je l'ai lu.
Et j'ai ... bien aimé. Franchement, ça m'a plu. Pas au point de le considérer comme immanquable, culte ou inégalable, mais ça m'a vraiment plu. Et même ... Ca m'a frustré. Tout comme voir des personnes tenter de rentrer dans le moule d'une série culte, j'ai eu l'impression que l'auteur aurait pu aller plus loin si on lui avait laissé la possibilité de faire ce qu'il veut. S'il n'était pas tenu de faire simplement du Gaston Lagaffe.
A la lecture de la BD, après les quelques gags qui avaient déjà fuités, j'ai trouvé le tout franchement bien. J'ai éclaté de rire sur plusieurs gags, je l'avoue, je le confesse. Oui, c'est drôle et bien trouvé (le gag du hamac est particulièrement savoureux), c'est inventif et on retrouve une ambiance qui rappelle très fortement la série d'origine. Quelques ajouts supplémentaires sont excellents : le psy, notamment, qui m'a aussi beaucoup fait rire. Simple mais efficace, ponctué de bons mots dans des situations parfaites.
Il y a bien quelques écueils : la relation avec Mademoiselle Jeanne m'a paru un peu trop unilatérale (et pas très en phase avec les albums de Franquin qui allaient plus loin dans leur couple), le fait de nouer une trame sur l'ensemble qui ne m'a pas semblé indispensable, et la fin qui est certes un bel hommage à Franquin, mais m'a semblé trop verser dans l'hommage. J'avais apprécié les petits clins d’œil simple, notamment lorsque Lebrac refait une planche détruite et que tout le monde souligne que Franquin aurait fait mieux. C'est parfaitement bien dosé dans l'humour, l'hommage et l'univers de Gaston. La fin est une belle idée, montrant presque un lien de tout ceux que Franquin a inspiré, mais je pense que je l'aurais préféré plus subtile. J'ajouterais que l'humour cartoonesque est parfois trop présent, notamment en gag final qui fait forcé.
Mais voila, c'est des détails et je retiens de l'ensemble quelques bons fous rires et des bons mots qui m'ont vraiment plu. Le dessin reste dans la veine de Franquin, même si le trait est plus rond que la plume qu'il utilisait dans les derniers albums. En fin de compte, c'est de l'excellent boulot que je ne peux que saluer. Dans l'idée, je serais tenté de mettre un 3.5 que j'arrondis au-dessus parce que l'exercice était diablement périlleux et que Delaf s'en est admirablement sorti !
Alors fallait-il le faire ? Je ne suis toujours pas sur. Est-ce une BD que je recommande ? Oui, je pense que c'est le cas. Simple non ?
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Giovannissima (Giovanna)
J’ai profité de la récente sortie du nouvel intégrale (Oh ! Giovanna !, Giovanna ! Si !, Giovanna ! Ah !) de Giovanna Casotto pour la découvrir. Et je dois reconnaître que je suis plutôt satisfait. La plupart du temps, les albums porno sont très médiocres au niveau du scénario. Bon, vous me direz que l’on ne lit pas des BD porno pour le scénario… mais… c’est mieux quand c’est bien écrit, reconnaissons le. Et bien là j’ai été complètement séduit. Non pas que ce soit de la grande littérature, mais cet ensemble de courtes histoires, complètement différentes les unes des autres, ont ce charme de jouer avec de nombreux fantasmes, mais surtout d’avoir énormément d’humour. Elles sont extrêmement bien construites et offrent souvent une chute à laquelle je ne m’attendais pas et qui me faisait vraiment sourire. C’est une qualité indéniable de cette série. Quant aux dessins, ils sont tout simplement splendides, Casotto a un talent pour dessiner les corps vraiment indéniable. Les proportions, les formes, tout est sublime, je n’ai vu aucune fausse note. Le traitement des couleurs, mélange de noir et blanc pour les corps, et de couleurs pour certains objets, certains éléments des décors est sublime. J’ai commencé à lire l’intégrale, pensant le lire en plusieurs fois, finalement je l’ai lue d’une traite tellement j’y ai pris plaisir, tant pour les yeux que pour les histoires, toujours curieux de lire la suivante. Je recommande à tous les amateurs du genre, ou aux curieux de découvrir ce genre, pour moi, cette série fait partie indiscutablement du top 10, voire top 5 des séries érotico-porno.
Le Coup de Prague
Myles Hyman est peut être plus un illustrateur qu’un dessinateur de bd pur. Néanmoins ses incursions dans le monde de la bande dessinée ne laisse pas indifférent ( La loterie). Il revient ici avec un album de qualité qui nous relate l’atmosphère qui règne en Europe après la seconde guerre mondiale. Le Bloc Communiste ne s’est pas encore totalement installé même si on devine aisément les intentions de Moscou. Vienne ou se déroule en grande partie l’histoire mais aussi Prague sont truffées d’espion. On se jauge, on s’observe. Certains tentent de faire oublier leur rôle pendant la guerre, d’autres veulent fuir l’avancée communiste. Le scénario de Fromental est remarquable mais complexe. Il faut soigneusement noter les noms de tous les protagonistes pour bien suivre l’histoire. Cette histoire m’a fait penser au film « la taupe » avec Gary Oldman et Colin Firth qui est exactement dans le même esprit. Le trait de Hyman quoique un peu figé nous offre quelques superbes tableaux de cette Europe d après guerre ou la guerre froide va s’installer progressivement. Une très belle histoire qui devrait ravir les amateurs de récits d’espionnage; je pense par exemple aux fans de Blake et Mortimer
Pépin et Olivia
Oukilimignou !!!! Pépin et Olivia est, à ma connaissance (mais je n'ai pas lu Les Vermeilles) la première BD jeunesse de Camille Jourdy. Et c'est un essai transformé. On connaissait son trait tendre qui ici se prête à vermeille (hihihi) à l'exercice. Graphiquement, ça m'a rappelé certaines de mes lectures de jeunesse, et en premier chef Tomtom et Nana, mais aussi narrativement. On est dans ce ton direct et un peu naïf de l'enfance. Dans ce qui est a priori le premier tome (tom, hihihi) des aventures de Pépin et Olivia, tout est porté à hauteur d'enfant. Que ce soient les dialogues, les situations vécues ou bien les préoccupations des personnages, tout sonne juste, et c'est du coup très touchant. Du point de vue du scénario, Camille Jourdy nous donne à découvrir un univers complet qui se révèle progressivement au travers de ces histoires à tiroirs. En effet, il s'agit d'une succession de petites aventures du quotidien, indépendantes l'une de l'autre, mais pas que. En effet, on retombe parfois sur une situation amorcée plus tôt, ou un personnage qui réintroduit une question non résolue. Tout cela est très bien cousu. On sourit devant ces histoires de trois fois rien (ce tome s'intitule La Grande fête de rien du tout), c'est lumineux, bourré de tendresse, espiègle comme une nuée de moineaux. Pour un peu, ça donnerait presque envie de refaire des gosses !...
Les Moments doux
Objectivement, et alors que je ne suis vraiment pas le cœur de cible, j’ai été très touché par ce récit qui traite du sentiment maternel. J’ai trouvé l’histoire belle dans sa simplicité, dans son humanité. C’est un très beau portrait de mère, un bel hommage aux services de néo-natalité et une œuvre emplie d’espoir. Sur un synopsis des plus basiques, Virginie Grimaldi parvient même à créer un suspense qui tient le lecteur en haleine, ce dernier se demandant tout du long si l’enfant au centre des attentions survivra bel et bien à la délicate période qui suit sa naissance prématurée. Le récit à la première personne sous forme de journal intime est un grand classique. L’originalité vient du fait qu’il est ici scindé en deux époques, et que l’on saute constamment d’une à l’autre, passant de la jeune femme qui vient d’accoucher pour la première fois à la mère de près de 50 ans qui vient de voir son dernier enfant quitter le cocon familial. Il n’y a rien d’exceptionnel dans ce qui est raconté mais la douceur avec laquelle les craintes, les doutes, les petites joies et les grandes peines sont évoqués sonne si juste qu’elle m’a réellement touché. Et puis le dessin participe à la fête par, là encore, sa douceur et sa luminosité. Le style « cahier à lignes » employé pour illustrer le narratif de Lili/Elise est lui aussi bien vu tant il rend le personnage proche de nous, simple, accessible, fragile. Enfin, je n’ai pas lu l’œuvre originale mais à la lecture de cette bande dessinée, je n’ai ressenti aucune coupure, aucune faute de rythme, aucun bricolage hasardeux. Là encore, je trouve que c’est du beau travail. Donc voilà, alors que cette thématique me saoule d’ordinaire très rapidement, j’ai pris un plaisir réel à lire cette adaptation. Profondément touchant (même si non dénué de gros clichés).
Le Gout du Kimchi
J’ai été extrêmement touché par ce récit, sans doute parce que le statut de parents vieillissants devient un sujet de plus en plus d’actualité pour moi (mes parents sont octogénaires et je vois leurs facultés baisser au fil des ans). Je trouve en tous les cas qu’après un début de récit un peu poussif, l’auteur parvient à trouver un ton qui rend son récit addictif, touchant, très humain. Très dur aussi, car la lente agonie de sa mère, qui passe d’hôpitaux en hôpitaux, d’examens en examens, fatiguée d’être un poids pour ses enfants, ne peut que casser le moral du lecteur. Ajoutez à cela ce père alcoolique qui n’est d’aucune aide et au contraire ajoute encore une charge supplémentaire sur les épaules des deux fils et vous comprendrez à quel point ce récit peut être déprimant. Mais à côté de cela, et c’est toute la force de cet album, l’auteur propose de nombreux passages lumineux car si une vie s’éteint, une autre (celle du fils du narrateur) prend son envol. Le lien entre tous ces personnages est marqué par la nourriture. Madang se souvient avec nostalgie de tous les mets que lui préparaient sa mère et tente de conserver ce savoir-faire pour transmettre à son fils le goût des choses simples. Une fois de plus dans un récit asiatique parlant de nourriture, j’ai été marqué par le rapport à la nature qui y est développé. Le narrateur récolte beaucoup de plantes indigènes qui poussent directement dans son jardin ou dans un talus (bien aidé par une voisine passionnée), les prépare avec simplicité (en salade ou simplement sautés si j’en crois la traduction de l’intitulé des plats) ou se lance dans une préparation qui permettra une longue conservation (c’est évidemment le cas du kimchi). Le récit est ainsi rythmé entre la charge morale que représentent ses parents pour le narrateur, ses souvenirs de jeunesse, sa culpabilité vis-à-vis de son propre fils (qu’il ne voit pas beaucoup grandir, occupé qu’il est par son travail et ses parents), son travail de mangaka et l’aménagement de sa nouvelle maison. Difficile de faire plus « récit du quotidien » que ça, mais la sauce prend parfaitement et j’ai littéralement dévoré ce gros manga. Au niveau du dessin, il n’est pas toujours évident de différencier les personnages, surtout lorsqu’un flash-back nous replonge dans l’enfance du narrateur. Il est alors facile de confondre le narrateur et sa mère encore jeune, d’une part, et l’épouse du narrateur et son propre fils d’autre part. On ne sait alors plus trop si nous sommes dans les souvenir du narrateur ou à l’époque présente et j’ai dû ainsi effectuer quelques petits retours en arrière pour bien comprendre ce que je lisais. Mais, honnêtement, ce n’est qu’un détail et dans l’ensemble le dessin est facile à lire. Et s’il est très épuré, le trait sait se faire précis dès qu’il s’agit de représenter la nature. Franchement, et malgré le petit problème évoqué, 90% du temps, c’est vraiment agréable à lire. A titre personnel, j’ai été extrêmement touché durant ma lecture, et c’est la raison pour laquelle j’accorde un 4/5 à l’ensemble.
On aurait aimé savoir
Les attentats du 13 novembre constituent un évènement effroyable dans l'histoire récente de notre pays. Presque six ans plus tard s'est ouvert le procès fleuve qui a permis de juger toutes les personnes (on l'espère) impliquées dans l'affaire. Bahareh Akrami, dite Babou, s'est retrouvée à deux pas de l'une des fusillades, et s'est constituée partie civile. Et comme elle est autrice de bande dessinée, elle s'est mise presque spontanément à dessiner ce qu'elle a vécu de ce procès, en donnant ses impressions. La littérature autour de cet évènement est encore assez mince, si l'on excepte bien sûr les nombreux articles de presse. Ce qui fait -probablement- l'originalité de "Babou", c'est son positionnement éditorial. Elle a en effet décidé de nous livrer les surnoms qu'elle donnait aux magistrats, aux avocats, de donner son avis sur la personnalité des accusés (des "teubés"), et comme c'est vite devenu une obsession, les pages se sont accumulées pendant les neuf mois d'instruction. Le résultat est un album de plus de 300 pages, dans lesquels on a en effet le ressenti d'une jeune femme de son, temps, issue de l'immigration et dynamique, jeune maman et usagère du langage urbain (j'ai par exemple appris pour l'occasion la définition de "miskin"). Le style graphique de Bahareh Akrimi est assez efficace, l'essentiel de ses dessins se résume à des portraits des différents protagonistes du procès. Elle agrémente parfois ses commentaires par des schémas et des bingos, ce qui donne une touche 'fun' à son propos. C'est une somme imposante, authentique, unique et donc précieuse. Précieuse pour comprendre l'ampleur mais aussi les détails des attentats du 13 septembre. A noter des annexes très fournies : Un rappel des différents "accusés" du procès, à savoir une vingtaine de personnes ; une retranscription de la plaidoirie et des petits textes des différents avocats en guise de postface.
Tsiganes
A la suite de la lecture du Le Voyage de Marcel Grob, je tombe sur une autre BD parlant de la complexité d'une époque pas si lointaine, 80 ans à peine … Si les camps de concentration allemands sont bien connus du grand public désormais, il est plus rare de parler de ceux ayant existés dans d'autres pays (Espagne, Angleterre, France …) y compris dans la période de la Seconde Guerre Mondiale. Les tsiganes, victimes régulières de haine de la part des gadjos, vont subir le racisme de la société de ces années là et surtout la haine d'un gouvernement comme celui de Vichy. Mais pas que … Cette BD nous conte le camp de Saumur, là où furent enfermés plusieurs milliers d'hommes et de femmes, dans une précarité constante, affamés et privés de tout. La BD parle aussi de ceux qui s'acharnaient contre leur sort, ces hommes et femmes qui tentaient de leur venir en aide, ici surtout représenté par l'abbé Jollec. Il est intéressant de voir comment il sera refusé de toute aide par les pouvoirs en place, que ce soit spirituel ou politique. Et la misère ne s'arrêtera pas avec la guerre, puisque ce n'est qu'un an après celle-ci qu'ils seront enfin libérés de cet endroit inhumain. La BD est intéressante, c'est un documentaire qui met parfaitement en lumière les contradictions d'une société qui cherche à être plus humaine après la guerre, mais pas à tout le monde. Le racisme bien présent, la mentalité puritaine (les tsiganes et les prostituées sont considérés égaux), mais aussi la débrouille pour survivre dans le camp, la solidarité qui permets de s'en sortir. De les voir manger des hérissons pour survivre m'a rappelé que par chez nous, les tsiganes sont parfois appelés mangeurs de hérissons. Mais quand on voit les extrémités auxquelles ils sont poussés pour ça … Cette BD a un dessin que j'ai beaucoup aimé : c'est charbonneux mais précis, les contours et les ombrages ressortent particulièrement. L'ensemble devient plutôt précis, comme on l'attendrait pour une BD documentaire. Et elle permet de faire des cases marquantes, des visages et des paysages qui parlent visuellement. C'est le genre de BD que je recommande parce qu'elle fait parfaitement bien son office : le ton est donné dès la page de garde, et vous y trouverez ce qui est annoncé.
Femme sauvage
Je suis très client de Tom Tirabosco, auteur dont le trait me plait à chaque lecture et qui sait jouer de scénarios habiles. C'est moins le cas niveau scénario ici, mais qu'est-ce qu'on en prend dans les mirettes niveau dessin ! Ma note est un reflet du grand plaisir que j'ai eu à dévorer la BD, entre les pages de découverte dans la nature et le trait charbonneux toujours aussi reconnaissable et maitrisé. C'est un plaisir visuel, cet auteur m'intéresse énormément ! Pour le scénario, la BD étant sortie il y a 4 ans, on sent poindre dedans toutes les interrogations face au changement climatique qui commencent à émerger en masse (l'auteur étant par ailleurs très actif dans l'écologie de façon globale). On parle de plusieurs associations, mouvements ou faits qui sont ancrés dans l'époque (élection de Trump, Bernie Sanders, etc …). Maintenant, je reconnais que la jeune femme qui parle de problématiques qui semblent plus toucher les européens en vivant aux Etats-Unis, c'est assez étrange. Le tout est une sorte de fable, de conte avec une quête dans un monde en perdition progressive. Plusieurs sujets sont évoqués rapidement (violence policière par exemple) pour aboutir à cette quête dans la nature, puis une accélération un peu brusque du temps pour aboutir à cette fin qui reboucle sur le début, tout en étant quelque peu amère. Je comprends les propos de l'auteur, et j'aime bien la façon dont il représente tout ça dans une histoire qu'il ne faut pas voir comme plus importante qu'elle ne l'est. Une errance dans une nature subissant les conséquences de l'action humaine, une femme voulant fuir notre monde, des considérations sur la société occidentale, et un superbe dessin. Rien de plus, mais rien de moins !
Catwoman - Le dernier braquage (Le grand braquage)
J’ai découvert cette histoire dans la version récente d’Urban Comics. Je salue d’ailleurs l’excellente initiative de l’éditeur puisqu’en plus du grand braquage, on trouve également d’autres récits autour de notre héroïne en grande partie par le même auteur, on passe de 85 pages à pas loin de 240. Je pense que j’aurais mis 3* sur le récit principal, mais les autres étant dans la continuité, je trouve qu’ils ajoutent pas mal de cohérence et d’approfondissement à l’histoire et aux personnages. Du coup je n’ai pas eu le sentiment de trop peu et je suis sorti plutôt comblé de ma lecture. L’album démarre avec Detective Comics #759-762, notre héroïne y est le sujet mais sera bien peu présente puisqu’elle est censée être morte, on va suivre l’enquête d’un privé Slam Bradley. Le dessin m’a paru un peu brouillon au début avant de m’emporter, le côté polar est très agréable à suivre et la narration est excellente. Ce récit se pose comme un préquel au grand braquage. On enchaine ensuite avec l’histoire de ce fameux braquage, un peu surprenant, on est plus sur du Ocean eleven avec cette équipe mise en place. J’ai pris cette aventure comme une des 1eres de notre héroïne, elle apparait plutôt loin des capacités qu’on lui connaît, reste que les autres personnages sont intéressants (le tueur en tête) et l’intrigue plutôt plaisante, on notera l’importance de notre privé dans le final. La suite Catwoman #1-4 et "Date Knight" in Solo (2004) #1 se révélera plus conforme à l’univers, l’aura de notre héroïne prend forme, elle combattra un super vilain et commencera son jeu du chat et la souris avec Bat. En fait, je me rends compte en postant que cette édition compile le 1er tome de Ed Brubaker présente Catwoman tout en y incluant l’album le grand braquage et une petite histoire inédite. Au final, un plutôt chouette album, l’ensemble est homogène, le graphisme et la narration y sont pour beaucoup, c’est parfaitement ciselé. J’ai aimé en apprendre plus sur notre héroïne avec cette version.
Gaston Lagaffe (Delaf d'après Franquin)
Comme beaucoup, je suis assez réticent à la reprise de séries par d'autres auteurs, ce qui semble se multiplier ces dernières années. On dirait une sorte de crise de nécromancie par des éditeurs toujours avide de traire la vache jusqu'au bout. Je suis bien plus client de la démarche prise avec Spirou, où chaque auteur est d'une totale liberté tant qu'on ne touche pas à la série-mère, ce qui permets d'avoir droit à de belles propositions. Gaston, donc, est repris. Un monument de l'humour qui me fait littéralement pleurer de rire rien qu'à repenser à des gags. Qu'on y touche et je hurle ! Mais la reprise s'est faite, et je l'ai lu. Et j'ai ... bien aimé. Franchement, ça m'a plu. Pas au point de le considérer comme immanquable, culte ou inégalable, mais ça m'a vraiment plu. Et même ... Ca m'a frustré. Tout comme voir des personnes tenter de rentrer dans le moule d'une série culte, j'ai eu l'impression que l'auteur aurait pu aller plus loin si on lui avait laissé la possibilité de faire ce qu'il veut. S'il n'était pas tenu de faire simplement du Gaston Lagaffe. A la lecture de la BD, après les quelques gags qui avaient déjà fuités, j'ai trouvé le tout franchement bien. J'ai éclaté de rire sur plusieurs gags, je l'avoue, je le confesse. Oui, c'est drôle et bien trouvé (le gag du hamac est particulièrement savoureux), c'est inventif et on retrouve une ambiance qui rappelle très fortement la série d'origine. Quelques ajouts supplémentaires sont excellents : le psy, notamment, qui m'a aussi beaucoup fait rire. Simple mais efficace, ponctué de bons mots dans des situations parfaites. Il y a bien quelques écueils : la relation avec Mademoiselle Jeanne m'a paru un peu trop unilatérale (et pas très en phase avec les albums de Franquin qui allaient plus loin dans leur couple), le fait de nouer une trame sur l'ensemble qui ne m'a pas semblé indispensable, et la fin qui est certes un bel hommage à Franquin, mais m'a semblé trop verser dans l'hommage. J'avais apprécié les petits clins d’œil simple, notamment lorsque Lebrac refait une planche détruite et que tout le monde souligne que Franquin aurait fait mieux. C'est parfaitement bien dosé dans l'humour, l'hommage et l'univers de Gaston. La fin est une belle idée, montrant presque un lien de tout ceux que Franquin a inspiré, mais je pense que je l'aurais préféré plus subtile. J'ajouterais que l'humour cartoonesque est parfois trop présent, notamment en gag final qui fait forcé. Mais voila, c'est des détails et je retiens de l'ensemble quelques bons fous rires et des bons mots qui m'ont vraiment plu. Le dessin reste dans la veine de Franquin, même si le trait est plus rond que la plume qu'il utilisait dans les derniers albums. En fin de compte, c'est de l'excellent boulot que je ne peux que saluer. Dans l'idée, je serais tenté de mettre un 3.5 que j'arrondis au-dessus parce que l'exercice était diablement périlleux et que Delaf s'en est admirablement sorti ! Alors fallait-il le faire ? Je ne suis toujours pas sur. Est-ce une BD que je recommande ? Oui, je pense que c'est le cas. Simple non ?