Une œuvre utile à l'heure où la montée de l'extrémisme et de la haine de l'autre est malheureusement plus que jamais d'actualité...
L'histoire se place du côté d'un jeune Sénégalais du nom de Yacouba qui fait partie de la classe populaire de la tribu Wolof et dont le destin va basculer dans l'horreur des tranchées de la première guerre mondiale. Ce one shot retrace assez bien, je trouve, le ressenti et le point de vue de ces jeunes Africains qui ne connaissaient rien de la France et du conflit pour lequel ils allaient verser leur sang.
Bien que l'histoire soit parfaitement structurée autour de courts et nombreux chapitres retraçant les tranches de vie de Yacouba (quotidien au Sénégal/conscription/entrainement/tranchée/etc.), je suis toutefois rester légèrement sur ma faim, tant l'histoire aurait pu gagner en épaisseur, notamment en développant plus les personnages secondaires gravitant autour de Yacouba. Tout comme NoirDésir, j'ai aussi apprécié la nuance dans le traitement de l'histoire et des personnages qu'ils soient noirs ou blancs. Pas de condamnation facile un siècle plus tard ici.
Côté graphique, si l'ouvrage paru aux éditions Physalis est très soignée (grammage des pages, présentation des chapitres, etc...), je reste moins sensible au dessin dont le trait est très épais et les décors un peu dépouillés. L'ensemble colle toutefois bien avec l'ambiance Africaine que Julien Monier a souhaité conférer à l'histoire.
Enfin, très bonne idée que cet ajout de documents d'époque en fin d'ouvrage permettant d'éclairer un peu plus la lecture et de mieux appréhender la réalité des événements historiques. Il faudrait à mon sens mettre ce livre entre toutes les mains des collégiens au moment où les commémorations devant les monuments aux morts sont de plus en plus désertes et où de plus en plus de gens ont tendance à oublier l'une des origines de l'immigration en France...
Je terminerai sur cette très belle phrase du lieutenant Villefort que tout le monde devrait garder à l'esprit : "Pour en avoir vu couler plus que de raison, le sang est le même pour tous, Allemands, Français, noirs ou jaunes!" CQFD
Un bon 3,5 ramené à 4/5.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6/10
NOTE GLOBALE : 14/20
Je ne vais pas être original en donnant mon avis sur cette série. Car je vais me contenter de dire ce que mes prédécesseurs ont pu écrire, et donner la même note que la grande majorité jusqu’à présent.
Derrière un concept qui n’est pas nouveau (une même histoire montrée sous le point de vue des différents protagonistes, un par album), et qui a en même temps le mérite d’être assez rare (je crois bien que je n’ai lu que Berceuse assassine, en bande dessinée qui utilise cette manière de faire), ce cache une série vraiment excellente.
L’histoire, une équipe de nettoyeurs après des décès et avant l’arrivée de la police, magouilleurs et mafieux, n’est pas non plus de la plus grande originalité.
Le dessin est beau, certe, mais n’est pas transcendant, on ne passe pas de long moments à contempler les planches.
Et c’est là où réside l’immense qualité de cette série, et le grand talent de ses auteurs. (Je n’avais jamais rien lu d’eux à part The Beatles en bandes dessinées en ce qui concerne le scénariste).
Je me suis laissé entraîner avec passion par le récit, dévorant les albums les un après les autres, impatient d’avoir le temps de lire la suite, et ayant la chance de pouvoir lire la série en entière d’affilée, l’ayant entamé à la sortie du dernier tome. (Ce qui m’a permis de bien avoir l’intrigue en tête et le point de vu de tous les personnages).
Et c’est bien là où je salue la qualité de cette série, elle est la preuve qu’il n’y a pas besoin de faire de l’original, du magnifique, du jamais vu, pour faire de la qualité. Le nombre de foi ou je peux voir des critiques reprochant un manque d’originalité, de nouveauté, comme si il fallait absolument que les auteurs fassent du jamais vu. Et bien cette série est la preuve qu’il n’y a pas besoin de ça, il suffit tout simplement (simplement est-il le mot adapté?) de reprendre des thèmes, des idées, qui ont déjà été fait, et de les magnifier. C’est chose réussi sur ce coup!
Un grand chapeau bas à ces messieurs! Ils ont compris les rouages du genre qu’ils ont traité, et en on fait un petit bijou!
Série humoristique souvent comparée à du FabCaro pour l'usage immodéré de l'absurde, également pour ce style graphique figé volontiers décliné de case en case.
Mais série à bien des égards meilleure que l'original du fait de l'envie de discourir sur notre société française contemporaine, quand notre bon copain Fabrice se contente tel un dandy nihiliste de tout relativiser. Les thématiques sociétales (immigration, racisme, gestion capitaliste des services publics...) sont passées au crible pour mieux rire des réactionnaires désormais majoritaires nous entourant voire nous gouvernant, ou des hypocrites déshumanisés nous poussant à la surconsommation. C'est souvent excessivement bête, le titre en ce sens ne ment pas. Mais quelques gags ici et là réussissent le tour de force de faire s'esclaffer tout en ayant une puissance dénonciatrice incroyable.
L'ensemble n'est pas si inégal que cela, même si le tome 4 lu récemment m'apparaît moins percutant. Et les relectures occasionnelles demeurent fort agréables, les thématiques ne se périmant malheureusement pas. Non, il s'agit vraiment d'une belle série humoristique, un petit succès de librairie amplement mérité et étonnamment boudé sur ce site.
Certes pas un indispensable mais j’ai passé un agréable moment avec cet album.
Comme indiqué dans la description un mix entre la belle et le clochard et le silence des agneaux, ça aurait pu être mieux mais j’ai trouvé que les auteurs réussissaient bien leur pari et tenaient suffisamment leur idée sur la longueur.
Le scénariste s’amuse avec la particularité canine, à savoir qu’ils ne possèdent pas de mémoire d’éléphant …
L’action se situe vraiment au niveau de nos amis poilus, les péripéties s’enchaînent de manière fluide, ça déroule gentiment façon thriller.
Une grosse moitié de l’album est consacré à l’intrigue autour de leur maître, une fois connu le fin mot, j’avais un peu peur de la suite où les auteurs vont explorer le passé de certains chiens dans quelques courts récits, mais cette partie se révèle finalement bien sympathique et astucieuse, ça ajoute au cachet de l’œuvre.
J’ai trouvé le ton assez original, une histoire noire en opposition avec le graphisme déployé plutôt typé jeunesse, ça a un peu le cul entre deux chaises mais ça fonctionne relativement bien.
J’en attendais pas grand chose mais ça se lit très facilement, j’ai bien adhéré à l’idée de base et l’univers proposé.
A défaut d’être vraiment marquant, un album avec des qualités qui arrive à se démarquer dans la production actuelle. Bon après ça fait quand même plus grand ado que adulte comme lecture, je ne conseillerais pas forcément l’achat pour vous mais un chouette cadeau pour la catégorie sus mentionnée.
3,5
3.5
Lorsque j'ai appris que Gaston revenait sous la plume de Delaf, j'avais peur parce que même si j'aime bien cet auteur, Gaston Lagaffe est selon moi l'exemple type d'une création très personnelle et je ne voyais pas un autre auteur que Franquin faire du Gaston. En plus, l'action se passe dans les années 70, figeant Gaston dans les héros du passés (procédé à la mode depuis la reprise de Blake et Mortimer) alors qu'il a toujours vécu dans le présent.
J'étais tout de même curieux de voir le résultat et après avoir des planches sur internet, je trouvais que certains gags marchaient bien et d'autres moins. Finalement, après avoir lu des critiques positifs sur internet, l'album m'a intéressé et je l'ai acheté après un feuilletage à librairie et que je suis tombé sur des gags que je ne connaissais pas et qui m'ont fait bien rire, je l'ai acheté. En fait, je dois dire que la communication chez Dupuis est pas terrible parce que la plupart des gags que je ne trouve pas terrible ont fait parti des premières planches qu'ils ont montré lorsque la nouvelle de la reprise est sortie !
J'ai donc globalement passé un bon moment. L'univers est bien respecté avec notamment des bons jeux de mots. Bon, il y a des gags qui sentent le réchauffé et parfois je me disais des trucs comme 'Franquin aurait mieux écrit ce dialogue', mais je pense que c'est normal que le résultat soit moins bon que ce que faisait le maitre avec sa plus grande œuvre. Delaf a adapté son trait à celui de Franquin et le travail est réussit de ce côté-là.
Les seuls vrai reproches que j'ai maintenant contre la reprise est que Dupuis aurait du sortir ce tome comme le premier tome d'une nouvelle série, comme ce fut le cas avec Lucky Luke après la mort de Morris, ou alors comme un 'Gaston Lagaffe vu par Delaf'. Aussi, le fait que ça se situe dans le passé alors que Delaf finit par faire évoluer certains personnages donnent un résultat étrange. Ainsi Gaston est redevenu un niais qui ne remarque pas les sentiments de Jeanne comme c'était le cas dans quelques vieux gags alors que leur relation avait évolué au fil du temps et en même temps il y a de la nouveauté comme Prunelle qui va chez le psy. Je pense que cela aurait mieux de laisser directement Delaf faire son propre truc sur l'univers de Gaston comme d'autre l'ont fait avec d'autres personnages de BD connus.
Adaptée du best-seller de 1993 de l’écrivaine Lois Lowry, cette bande dessinée nous plonge dans un univers qui rappelle immanquablement « Le Meilleur des mondes » d’Aldous Huxley, ou encore par d’autres aspects, le film de Peter Weir, « The Truman Show ». Un monde ultra normé où la vie de chaque individu est contrôlée de la naissance à la mort, où tout le monde surveille tout le monde, où la moindre émotion, la moindre sensation est étouffée par camisole chimique, jusqu’au langage, à tel point qu’un terme incorrect ou inapproprié vaudra à son locuteur les remontrances de son entourage. Aucun citoyen ne cherche à remettre en cause le système et se contente de réciter les discours rabâchés depuis l’enfance. Un vrai paradis terrestre où tout le monde semble heureux ! Attention toutefois à ne pas s’écarter de la ligne de conduite imposée, le moindre faux pas risquant d’entraîner le suspect vers le « déliement ». Personne ne sait au juste ce qui se cache derrière ce terme, lequel en principe ne concerne que les vieux en fin de vie, mais pour celui qui est visé, il s’agit de la punition ultime, le signe d’infamie le plus honteux redouté par tout le monde.
Philip Craig Russel a fait du roman une adaptation plutôt convaincante, même si la narration souffre de quelques longueurs, surtout au début, et prend un certain temps à trouver son rythme. Malgré sa finesse, le dessin reste lisse et la quasi-absence de couleurs accentue l’impression de monotonie mais cela correspond pourtant tout à fait au sujet comme on le réalisera par la suite. Par moments, l’univers évoque les vieilles publicités des années cinquante auxquelles on aurait retiré toutes les couleurs. D’ailleurs curieusement, la technologie est très peu présente dans cette histoire, ce qui lui confère un côté intemporel et permet de mettre en avant une réflexion philosophique sur un sujet vieux comme le monde : la place de l’individu au sein d’un système totalitaire.
Une fois le malaise installé, car ce monde sous cette perfection des apparences est véritablement terrifiant, le récit va évoluer vers la prise de conscience progressive de Jonas lorsqu’il commencera sa formation pour devenir le nouveau receveur de mémoire de la communauté, et en parallèle les couleurs, associées aux émotions, vont peu à peu prendre le dessus et serviront de marqueur entre le monde connu du jeune garçon et l’« ailleurs » qu’il aspire à connaître.
Le récit va gagner en profondeur dès le moment où Jonas sera formé par son prédécesseur (il y perdra d’ailleurs l’innocence lié à l’enfance), un vieil homme désireux de passer le flambeau car la tâche de receveur, mission sacrificielle, implique de conserver en soi les images d’un passé fait d’humanité mais aussi de souffrances et de violence, tout en tenant dans l’ignorance le reste de la communauté « lobotomisée ». Ainsi, le livre nous questionne sur la nature des émotions, qui comme le yin et le yang, revêtent des aspects sombres et lumineux, indissociables l’un de l’autre. Pour conserver notre humanité, peut-on faire le tri pour ne conserver que l’amour universel et la volonté de partage, ou n’avons-nous d’autre choix que d’accepter sa contrepartie, la compétition visant à dominer l’autre, avec son pendant le plus néfaste, la guerre ?
« Le Passeur » raconte le passage à l’âge adulte et la quête inexpugnable de liberté d’un être qui vient de prendre conscience de l’existence d’un « ailleurs ». Si le début du livre ne sera pas forcément engageant pour tout le monde, il est recommandé de ne pas rester sur ses premières impressions, car il comporte beaucoup de qualité, notamment cette poésie qui irrigue délicatement le récit, mais aussi une vraie réflexion sur nos choix de vie, nos valeurs. Car en effet, les cages dorées que l’on accepte parfois pour préserver notre confort sont-elles compatibles avec notre aspiration à la liberté ? Sommes-nous juste des bêtes d’élevage dociles tout juste bonnes à faire fonctionner un système ou des êtres humains dotés du libre arbitre ?
J’ai toujours apprécié les personnages emblématiques de Jean Tabary. Iznogoud bien entendu mais aussi Totoche et évidemment les aventures de Corinne et Jeannot que je dévorais toutes les semaines dans Pif Gadget.
Cette série a su conquérir le cœur de nombreux lecteurs grâce à son humour irrésistible et à ses personnages attachants. L'ingéniosité de Tabary dans la création de ces deux protagonistes, Corinne et Jeannot, se manifeste à travers des situations comiques et des dialogues piquants. L'humour subtil et les jeux de mots ingénieux sont des éléments clés de cette série, offrant une expérience de lecture divertissante et pleine d'éclats de rire. Tabary maîtrise l'art de la comédie, faisant de chaque planche une aventure hilarante et mémorable. Les situations loufoques auxquelles Corinne et Jeannot sont confrontés ajoutent une dimension comique unique, ce qui m’a permis de m’évader dans un univers plein de surprises et de fantaisie.
Le trait de Tabary est vif et expressif, donnant vie aux personnages de manière dynamique. Les expressions faciales et les gestes humoristiques contribuent à renforcer le ton comique de la série. De plus, la simplicité du style graphique facilite la lisibilité et permet de plonger facilement dans l'univers espiègle du duo. Vous ne pouvez qu'apprcier surtout que les gags sont bien construits et les rebondissements inattendus ajoutent une dimension narrative à la série, garantissant que chaque épisode est une aventure unique ! c est top non ?
La dynamique entre les personnages principaux crée une alchimie plaisante qui évolue au fil des épisodes, offrant une variété d'histoires comiques et touchantes. Vous l’avez compris j’adore Corinne et Jeannot !
Cette série transcende les générations, captivant aussi bien les jeunes lecteurs que les adultes. L'humour intemporel et l'ingéniosité de Tabary font de cette série une œuvre incontournable dans le monde de la bande dessinée. En explorant des thèmes universels tels que l'amitié, l'amour et les péripéties de la vie quotidienne, la série résonne avec un large public, créant un lien entre les lecteurs et les personnages.
En conclusion, la série mérite des éloges pour sa créativité, son humour raffiné et ses personnages mémorables. Jean Tabary a réussi à créer un univers enchanteur qui continue d'apporter joie et rires à tous ceux qui ont le plaisir de suivre les péripéties loufoques de ce duo inoubliable. Je vous encourage vivement à découvrir ou à re découvrir ce petit bijou de la bande dessinée.
Très chouette album, dont je pense avoir apprécié tous les aspects.
Tout ce qui relève de l’expédition scientifique, de l’aspect « historique » de l’ensemble, dont les tenants et aboutissants sont bien présentés. Tout ça étant très bien complété et précisé dans le dossier final (même chose pour la galerie de portraits des scientifiques ayant mené cette expédition plutôt hors du commun, à une époque où science et aventure rimaient parfaitement). Je ne connaissais pas cette expédition, ne connaissais que de nom certains protagonistes, voilà donc pour le petit rappel culturel et historique.
Mais j’ai aussi apprécié la façon dont le récit est mené. Certains passages m’ont fait penser aux récits de Conrad (« Au cœur des ténèbres » en tête), ou au film « Aguirre ou la colère de Dieu » d’Herzog, lorsque certains scientifiques s’enfoncent dans la jungle, Jussieu en tête, lui qui va s’éloigner tellement de la civilisation européenne (physiquement, mentalement et intellectuellement), en collectant des connaissances sur les plantes, les hommes, en découvrant l’horreur des mines du Potosi, qu’il ne reviendra jamais complètement en France (son retour tardif après plusieurs décennies s’apparente à celui de certains animaux retournant sur leur lieu de naissance pour y mourir).
J’ai aussi bien aimé le traitement graphique. Les couleurs et le dessin rendent quelque chose de chaud et d’évanescent – là aussi reviennent les mêmes références que précédemment – la folie de l’aventure (pourtant menée au nom de la raison triomphante en ce siècle des Lumières) accompagnant la folie des hommes (les animaux qui parfois commentent l’action des hommes ajoutent à cette folie ambiante, et au côté « entrée dans un autre monde »).
Je salue pour finir le beau travail éditorial des éditions Locus Solus, qui ont publié une belle histoire (romancée juste ce qu’il faut pour « faire passer » l’histoire), et l’ont très bien fait.
On peut penser ce qu'on veut sur les choix dans les différentes sélections du festival d'Angoulême, moi, ça m'aura permis de dénicher ce petit bijou, enfin ce gros bijou de 478 pages. Un thriller dystopique et social qui m'a tenu en haleine de la première à la dernière page.
Je découvre Lucia Biagi, autrice italienne, avec "Cyan" qui est son troisième roman graphique.
Elle a créé un monde fascinant et inquiétant dans la ville imaginaire de Bourne où la couleur de peau (et de cheveux) a toute son importance. Les jaunes sont les plus aisés, les rouges la classe moyenne et les bleus ou cyan sont en bas de l'échelle sociale. Et dans cette mégalopole, la ségrégation est de mise, chacun son quartier.
Six adolescents, Liv (une jaune), Roman, Yari et Becca (des bleus), Emil et Mina (des rouges) se rencontrent et décident d'aller au-delà de ces différences jusqu'au jour de "la tragédie du bord de mer" qui va les séparer avec la mort de Yari. Vingt ans plus tard, des preuves de l'implication de Yari sur cette tragédie sont découvertes. Liv, Roman, Becca, Emil et Mina vont se retrouver et devoir faire front pour faire éclater la vérité, car deux inspecteurs mènent l’enquête et ils les ont en ligne de mire.
Le premier mot qui me vient à l'esprit après avoir refermé la BD : maîtrise. D'abord un scénario qui prend son temps pour installer l'intrigue en dévoilant par petites touches avec de nombreux allers-retours sur les deux périodes (présent et passé), les enjeux qui se jouent et de cerner l'évolution de ce monde dystopique. Ensuite, des personnages aux profils bien disparates qui ne laissent pas indifférent, chacun à sa manière, parmis lesquels Lucia Biagi a su rendre attachant nos cinq protagonistes aux caractères très travaillés et pas sans défauts. Enfin, d'avoir mixé le tout avec ingéniosité pour rendre l'ensemble crédible et captivant.
Le portrait d'une jeunesse désenchantée sur fond de politique, de discrimination, d'amitié et d'amour qui pose la problématique de l'intégration. On pourra évidemment faire un parallèle avec notre monde actuel.
Un dessin dans le style comics underground, un style dont je ne suis pas spécialement friand. Et bien, à ma grande surprise, il m'a conquis. Un dessin expressif, lisible et très détaillé où les couleurs tiennent un rôle majeur dans la narration. Les personnages sont reconnaissables au premier coup d'œil et ne sortent pas du même moule. Du très beau travail.
En conclusion, j'ai passé un excellent moment et je recommande chaudement aux amateurs de dystopie et/ou de polar.
Coup de cœur.
Je me joins aux avis dithyrambiques. « Hoka Hey ! » est le genre d’album qui me rappelle pourquoi j’aime la BD : je me suis retrouvé transporté dans un autre monde, j’ai vibré, j’ai ri, j’ai (presque) pleuré, et je suis ressorti de ma lecture comme on ressort d’un bon film au cinéma : on plane, un peu abasourdi, et on revient tant bien que mal à la réalité, après avoir complètement oublié cette dernière pendant 2 heures (il faut bien ça, l’album fait 224 pages).
Surtout que la réalisation est exemplaire. La narration est fluide et légère, grâce aux nombreuses scènes contemplatives, qui nous permettent d’admirer les magnifiques paysages Nord-Américains. Le dessin est absolument magnifique, le trait est fin et précis, le couleurs lumineuses… quel délice pour les yeux.
Les thèmes « indiens contre hommes blancs » ne sont certes pas vraiment originaux, l’intrigue ne se démarque pas de la pléthore d’histoires du même genre parues au cours des années, mais cela ne m’a pas du tout dérangé, peut-être grâce à ce petit groupe de personnages vraiment attachants. La fin est très belle.
Un superbe moment de lecture.
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Histoire des tirailleurs sénégalais (Sang noir)
Une œuvre utile à l'heure où la montée de l'extrémisme et de la haine de l'autre est malheureusement plus que jamais d'actualité... L'histoire se place du côté d'un jeune Sénégalais du nom de Yacouba qui fait partie de la classe populaire de la tribu Wolof et dont le destin va basculer dans l'horreur des tranchées de la première guerre mondiale. Ce one shot retrace assez bien, je trouve, le ressenti et le point de vue de ces jeunes Africains qui ne connaissaient rien de la France et du conflit pour lequel ils allaient verser leur sang. Bien que l'histoire soit parfaitement structurée autour de courts et nombreux chapitres retraçant les tranches de vie de Yacouba (quotidien au Sénégal/conscription/entrainement/tranchée/etc.), je suis toutefois rester légèrement sur ma faim, tant l'histoire aurait pu gagner en épaisseur, notamment en développant plus les personnages secondaires gravitant autour de Yacouba. Tout comme NoirDésir, j'ai aussi apprécié la nuance dans le traitement de l'histoire et des personnages qu'ils soient noirs ou blancs. Pas de condamnation facile un siècle plus tard ici. Côté graphique, si l'ouvrage paru aux éditions Physalis est très soignée (grammage des pages, présentation des chapitres, etc...), je reste moins sensible au dessin dont le trait est très épais et les décors un peu dépouillés. L'ensemble colle toutefois bien avec l'ambiance Africaine que Julien Monier a souhaité conférer à l'histoire. Enfin, très bonne idée que cet ajout de documents d'époque en fin d'ouvrage permettant d'éclairer un peu plus la lecture et de mieux appréhender la réalité des événements historiques. Il faudrait à mon sens mettre ce livre entre toutes les mains des collégiens au moment où les commémorations devant les monuments aux morts sont de plus en plus désertes et où de plus en plus de gens ont tendance à oublier l'une des origines de l'immigration en France... Je terminerai sur cette très belle phrase du lieutenant Villefort que tout le monde devrait garder à l'esprit : "Pour en avoir vu couler plus que de raison, le sang est le même pour tous, Allemands, Français, noirs ou jaunes!" CQFD Un bon 3,5 ramené à 4/5. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6/10 NOTE GLOBALE : 14/20
RIP
Je ne vais pas être original en donnant mon avis sur cette série. Car je vais me contenter de dire ce que mes prédécesseurs ont pu écrire, et donner la même note que la grande majorité jusqu’à présent. Derrière un concept qui n’est pas nouveau (une même histoire montrée sous le point de vue des différents protagonistes, un par album), et qui a en même temps le mérite d’être assez rare (je crois bien que je n’ai lu que Berceuse assassine, en bande dessinée qui utilise cette manière de faire), ce cache une série vraiment excellente. L’histoire, une équipe de nettoyeurs après des décès et avant l’arrivée de la police, magouilleurs et mafieux, n’est pas non plus de la plus grande originalité. Le dessin est beau, certe, mais n’est pas transcendant, on ne passe pas de long moments à contempler les planches. Et c’est là où réside l’immense qualité de cette série, et le grand talent de ses auteurs. (Je n’avais jamais rien lu d’eux à part The Beatles en bandes dessinées en ce qui concerne le scénariste). Je me suis laissé entraîner avec passion par le récit, dévorant les albums les un après les autres, impatient d’avoir le temps de lire la suite, et ayant la chance de pouvoir lire la série en entière d’affilée, l’ayant entamé à la sortie du dernier tome. (Ce qui m’a permis de bien avoir l’intrigue en tête et le point de vu de tous les personnages). Et c’est bien là où je salue la qualité de cette série, elle est la preuve qu’il n’y a pas besoin de faire de l’original, du magnifique, du jamais vu, pour faire de la qualité. Le nombre de foi ou je peux voir des critiques reprochant un manque d’originalité, de nouveauté, comme si il fallait absolument que les auteurs fassent du jamais vu. Et bien cette série est la preuve qu’il n’y a pas besoin de ça, il suffit tout simplement (simplement est-il le mot adapté?) de reprendre des thèmes, des idées, qui ont déjà été fait, et de les magnifier. C’est chose réussi sur ce coup! Un grand chapeau bas à ces messieurs! Ils ont compris les rouages du genre qu’ils ont traité, et en on fait un petit bijou!
Faut pas prendre les cons pour des gens
Série humoristique souvent comparée à du FabCaro pour l'usage immodéré de l'absurde, également pour ce style graphique figé volontiers décliné de case en case. Mais série à bien des égards meilleure que l'original du fait de l'envie de discourir sur notre société française contemporaine, quand notre bon copain Fabrice se contente tel un dandy nihiliste de tout relativiser. Les thématiques sociétales (immigration, racisme, gestion capitaliste des services publics...) sont passées au crible pour mieux rire des réactionnaires désormais majoritaires nous entourant voire nous gouvernant, ou des hypocrites déshumanisés nous poussant à la surconsommation. C'est souvent excessivement bête, le titre en ce sens ne ment pas. Mais quelques gags ici et là réussissent le tour de force de faire s'esclaffer tout en ayant une puissance dénonciatrice incroyable. L'ensemble n'est pas si inégal que cela, même si le tome 4 lu récemment m'apparaît moins percutant. Et les relectures occasionnelles demeurent fort agréables, les thématiques ne se périmant malheureusement pas. Non, il s'agit vraiment d'une belle série humoristique, un petit succès de librairie amplement mérité et étonnamment boudé sur ce site.
Stray dogs
Certes pas un indispensable mais j’ai passé un agréable moment avec cet album. Comme indiqué dans la description un mix entre la belle et le clochard et le silence des agneaux, ça aurait pu être mieux mais j’ai trouvé que les auteurs réussissaient bien leur pari et tenaient suffisamment leur idée sur la longueur. Le scénariste s’amuse avec la particularité canine, à savoir qu’ils ne possèdent pas de mémoire d’éléphant … L’action se situe vraiment au niveau de nos amis poilus, les péripéties s’enchaînent de manière fluide, ça déroule gentiment façon thriller. Une grosse moitié de l’album est consacré à l’intrigue autour de leur maître, une fois connu le fin mot, j’avais un peu peur de la suite où les auteurs vont explorer le passé de certains chiens dans quelques courts récits, mais cette partie se révèle finalement bien sympathique et astucieuse, ça ajoute au cachet de l’œuvre. J’ai trouvé le ton assez original, une histoire noire en opposition avec le graphisme déployé plutôt typé jeunesse, ça a un peu le cul entre deux chaises mais ça fonctionne relativement bien. J’en attendais pas grand chose mais ça se lit très facilement, j’ai bien adhéré à l’idée de base et l’univers proposé. A défaut d’être vraiment marquant, un album avec des qualités qui arrive à se démarquer dans la production actuelle. Bon après ça fait quand même plus grand ado que adulte comme lecture, je ne conseillerais pas forcément l’achat pour vous mais un chouette cadeau pour la catégorie sus mentionnée. 3,5
Gaston Lagaffe (Delaf d'après Franquin)
3.5 Lorsque j'ai appris que Gaston revenait sous la plume de Delaf, j'avais peur parce que même si j'aime bien cet auteur, Gaston Lagaffe est selon moi l'exemple type d'une création très personnelle et je ne voyais pas un autre auteur que Franquin faire du Gaston. En plus, l'action se passe dans les années 70, figeant Gaston dans les héros du passés (procédé à la mode depuis la reprise de Blake et Mortimer) alors qu'il a toujours vécu dans le présent. J'étais tout de même curieux de voir le résultat et après avoir des planches sur internet, je trouvais que certains gags marchaient bien et d'autres moins. Finalement, après avoir lu des critiques positifs sur internet, l'album m'a intéressé et je l'ai acheté après un feuilletage à librairie et que je suis tombé sur des gags que je ne connaissais pas et qui m'ont fait bien rire, je l'ai acheté. En fait, je dois dire que la communication chez Dupuis est pas terrible parce que la plupart des gags que je ne trouve pas terrible ont fait parti des premières planches qu'ils ont montré lorsque la nouvelle de la reprise est sortie ! J'ai donc globalement passé un bon moment. L'univers est bien respecté avec notamment des bons jeux de mots. Bon, il y a des gags qui sentent le réchauffé et parfois je me disais des trucs comme 'Franquin aurait mieux écrit ce dialogue', mais je pense que c'est normal que le résultat soit moins bon que ce que faisait le maitre avec sa plus grande œuvre. Delaf a adapté son trait à celui de Franquin et le travail est réussit de ce côté-là. Les seuls vrai reproches que j'ai maintenant contre la reprise est que Dupuis aurait du sortir ce tome comme le premier tome d'une nouvelle série, comme ce fut le cas avec Lucky Luke après la mort de Morris, ou alors comme un 'Gaston Lagaffe vu par Delaf'. Aussi, le fait que ça se situe dans le passé alors que Delaf finit par faire évoluer certains personnages donnent un résultat étrange. Ainsi Gaston est redevenu un niais qui ne remarque pas les sentiments de Jeanne comme c'était le cas dans quelques vieux gags alors que leur relation avait évolué au fil du temps et en même temps il y a de la nouveauté comme Prunelle qui va chez le psy. Je pense que cela aurait mieux de laisser directement Delaf faire son propre truc sur l'univers de Gaston comme d'autre l'ont fait avec d'autres personnages de BD connus.
Le Passeur (Lowry)
Adaptée du best-seller de 1993 de l’écrivaine Lois Lowry, cette bande dessinée nous plonge dans un univers qui rappelle immanquablement « Le Meilleur des mondes » d’Aldous Huxley, ou encore par d’autres aspects, le film de Peter Weir, « The Truman Show ». Un monde ultra normé où la vie de chaque individu est contrôlée de la naissance à la mort, où tout le monde surveille tout le monde, où la moindre émotion, la moindre sensation est étouffée par camisole chimique, jusqu’au langage, à tel point qu’un terme incorrect ou inapproprié vaudra à son locuteur les remontrances de son entourage. Aucun citoyen ne cherche à remettre en cause le système et se contente de réciter les discours rabâchés depuis l’enfance. Un vrai paradis terrestre où tout le monde semble heureux ! Attention toutefois à ne pas s’écarter de la ligne de conduite imposée, le moindre faux pas risquant d’entraîner le suspect vers le « déliement ». Personne ne sait au juste ce qui se cache derrière ce terme, lequel en principe ne concerne que les vieux en fin de vie, mais pour celui qui est visé, il s’agit de la punition ultime, le signe d’infamie le plus honteux redouté par tout le monde. Philip Craig Russel a fait du roman une adaptation plutôt convaincante, même si la narration souffre de quelques longueurs, surtout au début, et prend un certain temps à trouver son rythme. Malgré sa finesse, le dessin reste lisse et la quasi-absence de couleurs accentue l’impression de monotonie mais cela correspond pourtant tout à fait au sujet comme on le réalisera par la suite. Par moments, l’univers évoque les vieilles publicités des années cinquante auxquelles on aurait retiré toutes les couleurs. D’ailleurs curieusement, la technologie est très peu présente dans cette histoire, ce qui lui confère un côté intemporel et permet de mettre en avant une réflexion philosophique sur un sujet vieux comme le monde : la place de l’individu au sein d’un système totalitaire. Une fois le malaise installé, car ce monde sous cette perfection des apparences est véritablement terrifiant, le récit va évoluer vers la prise de conscience progressive de Jonas lorsqu’il commencera sa formation pour devenir le nouveau receveur de mémoire de la communauté, et en parallèle les couleurs, associées aux émotions, vont peu à peu prendre le dessus et serviront de marqueur entre le monde connu du jeune garçon et l’« ailleurs » qu’il aspire à connaître. Le récit va gagner en profondeur dès le moment où Jonas sera formé par son prédécesseur (il y perdra d’ailleurs l’innocence lié à l’enfance), un vieil homme désireux de passer le flambeau car la tâche de receveur, mission sacrificielle, implique de conserver en soi les images d’un passé fait d’humanité mais aussi de souffrances et de violence, tout en tenant dans l’ignorance le reste de la communauté « lobotomisée ». Ainsi, le livre nous questionne sur la nature des émotions, qui comme le yin et le yang, revêtent des aspects sombres et lumineux, indissociables l’un de l’autre. Pour conserver notre humanité, peut-on faire le tri pour ne conserver que l’amour universel et la volonté de partage, ou n’avons-nous d’autre choix que d’accepter sa contrepartie, la compétition visant à dominer l’autre, avec son pendant le plus néfaste, la guerre ? « Le Passeur » raconte le passage à l’âge adulte et la quête inexpugnable de liberté d’un être qui vient de prendre conscience de l’existence d’un « ailleurs ». Si le début du livre ne sera pas forcément engageant pour tout le monde, il est recommandé de ne pas rester sur ses premières impressions, car il comporte beaucoup de qualité, notamment cette poésie qui irrigue délicatement le récit, mais aussi une vraie réflexion sur nos choix de vie, nos valeurs. Car en effet, les cages dorées que l’on accepte parfois pour préserver notre confort sont-elles compatibles avec notre aspiration à la liberté ? Sommes-nous juste des bêtes d’élevage dociles tout juste bonnes à faire fonctionner un système ou des êtres humains dotés du libre arbitre ?
Corinne et Jeannot
J’ai toujours apprécié les personnages emblématiques de Jean Tabary. Iznogoud bien entendu mais aussi Totoche et évidemment les aventures de Corinne et Jeannot que je dévorais toutes les semaines dans Pif Gadget. Cette série a su conquérir le cœur de nombreux lecteurs grâce à son humour irrésistible et à ses personnages attachants. L'ingéniosité de Tabary dans la création de ces deux protagonistes, Corinne et Jeannot, se manifeste à travers des situations comiques et des dialogues piquants. L'humour subtil et les jeux de mots ingénieux sont des éléments clés de cette série, offrant une expérience de lecture divertissante et pleine d'éclats de rire. Tabary maîtrise l'art de la comédie, faisant de chaque planche une aventure hilarante et mémorable. Les situations loufoques auxquelles Corinne et Jeannot sont confrontés ajoutent une dimension comique unique, ce qui m’a permis de m’évader dans un univers plein de surprises et de fantaisie. Le trait de Tabary est vif et expressif, donnant vie aux personnages de manière dynamique. Les expressions faciales et les gestes humoristiques contribuent à renforcer le ton comique de la série. De plus, la simplicité du style graphique facilite la lisibilité et permet de plonger facilement dans l'univers espiègle du duo. Vous ne pouvez qu'apprcier surtout que les gags sont bien construits et les rebondissements inattendus ajoutent une dimension narrative à la série, garantissant que chaque épisode est une aventure unique ! c est top non ? La dynamique entre les personnages principaux crée une alchimie plaisante qui évolue au fil des épisodes, offrant une variété d'histoires comiques et touchantes. Vous l’avez compris j’adore Corinne et Jeannot ! Cette série transcende les générations, captivant aussi bien les jeunes lecteurs que les adultes. L'humour intemporel et l'ingéniosité de Tabary font de cette série une œuvre incontournable dans le monde de la bande dessinée. En explorant des thèmes universels tels que l'amitié, l'amour et les péripéties de la vie quotidienne, la série résonne avec un large public, créant un lien entre les lecteurs et les personnages. En conclusion, la série mérite des éloges pour sa créativité, son humour raffiné et ses personnages mémorables. Jean Tabary a réussi à créer un univers enchanteur qui continue d'apporter joie et rires à tous ceux qui ont le plaisir de suivre les péripéties loufoques de ce duo inoubliable. Je vous encourage vivement à découvrir ou à re découvrir ce petit bijou de la bande dessinée.
Méridien
Très chouette album, dont je pense avoir apprécié tous les aspects. Tout ce qui relève de l’expédition scientifique, de l’aspect « historique » de l’ensemble, dont les tenants et aboutissants sont bien présentés. Tout ça étant très bien complété et précisé dans le dossier final (même chose pour la galerie de portraits des scientifiques ayant mené cette expédition plutôt hors du commun, à une époque où science et aventure rimaient parfaitement). Je ne connaissais pas cette expédition, ne connaissais que de nom certains protagonistes, voilà donc pour le petit rappel culturel et historique. Mais j’ai aussi apprécié la façon dont le récit est mené. Certains passages m’ont fait penser aux récits de Conrad (« Au cœur des ténèbres » en tête), ou au film « Aguirre ou la colère de Dieu » d’Herzog, lorsque certains scientifiques s’enfoncent dans la jungle, Jussieu en tête, lui qui va s’éloigner tellement de la civilisation européenne (physiquement, mentalement et intellectuellement), en collectant des connaissances sur les plantes, les hommes, en découvrant l’horreur des mines du Potosi, qu’il ne reviendra jamais complètement en France (son retour tardif après plusieurs décennies s’apparente à celui de certains animaux retournant sur leur lieu de naissance pour y mourir). J’ai aussi bien aimé le traitement graphique. Les couleurs et le dessin rendent quelque chose de chaud et d’évanescent – là aussi reviennent les mêmes références que précédemment – la folie de l’aventure (pourtant menée au nom de la raison triomphante en ce siècle des Lumières) accompagnant la folie des hommes (les animaux qui parfois commentent l’action des hommes ajoutent à cette folie ambiante, et au côté « entrée dans un autre monde »). Je salue pour finir le beau travail éditorial des éditions Locus Solus, qui ont publié une belle histoire (romancée juste ce qu’il faut pour « faire passer » l’histoire), et l’ont très bien fait.
Cyan
On peut penser ce qu'on veut sur les choix dans les différentes sélections du festival d'Angoulême, moi, ça m'aura permis de dénicher ce petit bijou, enfin ce gros bijou de 478 pages. Un thriller dystopique et social qui m'a tenu en haleine de la première à la dernière page. Je découvre Lucia Biagi, autrice italienne, avec "Cyan" qui est son troisième roman graphique. Elle a créé un monde fascinant et inquiétant dans la ville imaginaire de Bourne où la couleur de peau (et de cheveux) a toute son importance. Les jaunes sont les plus aisés, les rouges la classe moyenne et les bleus ou cyan sont en bas de l'échelle sociale. Et dans cette mégalopole, la ségrégation est de mise, chacun son quartier. Six adolescents, Liv (une jaune), Roman, Yari et Becca (des bleus), Emil et Mina (des rouges) se rencontrent et décident d'aller au-delà de ces différences jusqu'au jour de "la tragédie du bord de mer" qui va les séparer avec la mort de Yari. Vingt ans plus tard, des preuves de l'implication de Yari sur cette tragédie sont découvertes. Liv, Roman, Becca, Emil et Mina vont se retrouver et devoir faire front pour faire éclater la vérité, car deux inspecteurs mènent l’enquête et ils les ont en ligne de mire. Le premier mot qui me vient à l'esprit après avoir refermé la BD : maîtrise. D'abord un scénario qui prend son temps pour installer l'intrigue en dévoilant par petites touches avec de nombreux allers-retours sur les deux périodes (présent et passé), les enjeux qui se jouent et de cerner l'évolution de ce monde dystopique. Ensuite, des personnages aux profils bien disparates qui ne laissent pas indifférent, chacun à sa manière, parmis lesquels Lucia Biagi a su rendre attachant nos cinq protagonistes aux caractères très travaillés et pas sans défauts. Enfin, d'avoir mixé le tout avec ingéniosité pour rendre l'ensemble crédible et captivant. Le portrait d'une jeunesse désenchantée sur fond de politique, de discrimination, d'amitié et d'amour qui pose la problématique de l'intégration. On pourra évidemment faire un parallèle avec notre monde actuel. Un dessin dans le style comics underground, un style dont je ne suis pas spécialement friand. Et bien, à ma grande surprise, il m'a conquis. Un dessin expressif, lisible et très détaillé où les couleurs tiennent un rôle majeur dans la narration. Les personnages sont reconnaissables au premier coup d'œil et ne sortent pas du même moule. Du très beau travail. En conclusion, j'ai passé un excellent moment et je recommande chaudement aux amateurs de dystopie et/ou de polar. Coup de cœur.
Hoka Hey !
Je me joins aux avis dithyrambiques. « Hoka Hey ! » est le genre d’album qui me rappelle pourquoi j’aime la BD : je me suis retrouvé transporté dans un autre monde, j’ai vibré, j’ai ri, j’ai (presque) pleuré, et je suis ressorti de ma lecture comme on ressort d’un bon film au cinéma : on plane, un peu abasourdi, et on revient tant bien que mal à la réalité, après avoir complètement oublié cette dernière pendant 2 heures (il faut bien ça, l’album fait 224 pages). Surtout que la réalisation est exemplaire. La narration est fluide et légère, grâce aux nombreuses scènes contemplatives, qui nous permettent d’admirer les magnifiques paysages Nord-Américains. Le dessin est absolument magnifique, le trait est fin et précis, le couleurs lumineuses… quel délice pour les yeux. Les thèmes « indiens contre hommes blancs » ne sont certes pas vraiment originaux, l’intrigue ne se démarque pas de la pléthore d’histoires du même genre parues au cours des années, mais cela ne m’a pas du tout dérangé, peut-être grâce à ce petit groupe de personnages vraiment attachants. La fin est très belle. Un superbe moment de lecture.