Les derniers avis (32286 avis)

Couverture de la série Rikk & Frya
Rikk & Frya

J'aime bien le travail de Ced. Je l'avais découvert dans Hôtel Pennington et confirmé avec A.S.T.. Ici encore je ne suis pas déçu. J'aime bien son humour légèrement décalé et gentil. Je trouve que c'est une excellente proposition pour un jeune public comme point de vue un peu subversif sans être méchant. De plus Ced propose toujours des univers sympas et travaillés avec un poil de connaissance générale. Rykk & Frya s'invitent dans un univers de mythologie nordique. Il ne faut pas s'attendre à rencontrer Thorgal mais des divinités bien rigolotes comme l'écureuil Ratatosk ou Kraky le Kraken. La finesse de la série est que si Ced reste dans un univers fantastique, il interroge son jeune lectorat sur la création d'une légende autour d'une tradition assez machiste. C'est un autre degré de lecture qui ouvre l'histoire à un public plus large. Le graphisme rond de Ztnarf rappelle un peu des personnages à la Titeuf dans leurs mimiques et leur humour. Cela donne une atmosphère dynamique et amusante qui devrait plaire aux plus jeunes. Dans l'ensemble j'aime beaucoup les propositions de Sarbacane en Jeunesse. Cette série ne déroge pas à la règle. 3.5

10/01/2024 (modifier)
Couverture de la série Orgies barbares
Orgies barbares

J'ai vraiment été séduit par cette production Tabou pour adultes. Hartmann construit un récit à épisodes à partir d'histoires courtes qui possèdent une cohérence narrative. J'ai trouvé son ambiance médiévale légèrement fantasy très réussie. Bien sûr le scénario réutilise des classiques du genre érotique/porno (la prisonnière, la fausse innocente, les contes...) d'une façon très explicite mais dans un esprit humoristique et sans perversité brutale. Les dialogues souvent drôles et décalés participent au plaisir de la lecture. J'ai vraiment accroché au graphisme de Hartmann et particulièrement à ses héroïnes. Ni poupées gonflables ni gamines hentaï, Shaya, Yasmine, Laïs et leurs collègues sont très attirantes en femmes accomplies et délurées. Mais Hartmann ne s'est pas contenté de peindre des top models variées, il a apporté beaucoup de soins aux personnages masculins secondaires et aux décors extérieurs. C'est vraiment très soigné et cela m'a permis de rentrer facilement dans le récit. Une vraie réussite dans le genre des lectures strictement pour adultes.

10/01/2024 (modifier)
Couverture de la série Henri Désiré Landru
Henri Désiré Landru

Lorsque j’ai commencé cet album, je me suis dit – comme d’habitude ! – que Chabouté avait un sacré coup de crayon, et que son utilisation tranchée du Noir et Blanc donnait un résultat très lisible et agréable. Je me suis aussi dit que ça partait dans quelque chose de très classique, reprenant la trame connue, autour du procès de Landru. Et là il y avait une légère déception qui pointait. Et puis, petit à petit, le scénario de Chabouté a déroulé une intrigue originale. Plausible en théorie, amusante (en restant dans le glauque !) et maligne, qui prend à contre-pied ce que nous savons de Landru, de ses actes et de sa personnalité. Et si le monstre n’était qu’un faible naïf et imbécile, un vulgaire margoulin tombé sur plus noir que lui ? Car Chabouté garde la noirceur de l’histoire réelle. Il y ajoute juste une variante qui donne du piment au récit. La noirceur n’est pas présente que dans les nombreux assassinats de femmes, mais aussi dans la vision très expressionniste de la Première guerre mondiale et des tranchées, dans une vision qui se rapproche de celle de Tardi. Une lecture très recommandable, une nouvelle fois Chabouté – toujours dans la simplicité – réussit à captiver, sur un canevas pourtant connu de tous.

10/01/2024 (modifier)
Couverture de la série L'Expert (Jennifer Daniel)
L'Expert (Jennifer Daniel)

L’expert est un récit policier d’une autrice allemande. Cette histoire lui permet de revenir sur les turbulentes années ‘70 en RFA, alors que l’Automne allemand arrive, une période marquée par les attentats de la fraction armée rouge. Le récit se focalise sur un personnage, employé dans une morgue à titre d’assistant pour un médecin légiste. Son métier lui a donné une certaine expérience en matière de morts suspectes. Par ailleurs, il porte en lui (et comme beaucoup d’Allemands de sa génération) la culpabilité de la seconde guerre mondiale. Coupable d’avoir laissé faire, coupable d’avoir obéi, coupable d’avoir participé. J’ai trouvé ce personnage très intéressant, bien plus complexe que ce qu’il laisse entrevoir au début du récit, bien plus humain que ce que son austérité laisse supposer. La richesse de son profil psychologique le dote d’épaules assez larges pour porter ce récit. Le récit policier est bien construit, avec un moment clé construit sur une double révélation, la première que l’on voit venir de loin et la seconde à laquelle on ne s’attend pas et qui change toute la donne. Il s’agit pourtant d’une intrigue toute simple qui tient plus du fait divers que du grand complot d’Etat mais sa nature est révélatrice des origines du mal-être de la société allemande de l’époque : des jeunes qui refusent de porter le poids des fautes de leurs ainés, des ainés rongés par ce sentiment de culpabilité, … et des nantis qui ne réalisent pas à quel point cette société est prête à imploser. Le dessin de Jennifer Daniel est singulier. D’aspect naïf, soutenu par une colorisation vive (bien adaptée à ces années ‘70), il semble de prime abord maladroit. Les roues des voitures semblent trop petites, les perspectives sont parfois étranges (enfantines, dirais-je), les personnages sont croqués sommairement, les visages sont on ne peut plus simplifiés. Pourtant, ce dessin a réussi à me charmer grâce à la spontanéité qui s’en dégage. Certes, il est difficile de lire des émotions sur les visages des personnages mais leurs postures suffisent souvent à dévoiler leurs états d’âme. La mise en page est très aérée et cet album se lit rapidement, avec de temps à autres, un arrêt sur une grande illustration aux allures de tableau naïf. Franchement une bonne surprise à mes yeux. Peut-être pas franchement bien mais mieux qu’un simple « pas mal ».

10/01/2024 (modifier)
Couverture de la série Al Capone
Al Capone

J’ai trouvé tout ce que j’attendais avec cet album. Pas de grosses surprises dans les événements, mais j’ai aimé cette vision un peu décalée de ce personnage, surtout du fait que c’est lui même qui raconte sa vie à sa maman. La vérité sera gentiment écornée, la voix off/confession (de Capone) est édulcorée par rapport aux images (les faits réels). Il y a un côté objectif/subjectif bien agréable, ce décalage amenant quelques sourires, dans ses propos Al Capone reste le gentil petit garçon et n’a fait que se défendre. Un angle de vue assez bien trouvé et original. Le tout est majestueusement mis en scène, c’est parfaitement construit et le graphisme m’a conquis, de chouettes couleurs et un trait tout en rondeur. Malgré sa densité, l’album se lit vite mais un plaisir de parcourir chaque planches. On ajoute à ça une belle qualité d’édition pour enfoncer le clou. Sympathique œuvre. 3,5

10/01/2024 (modifier)
Couverture de la série La Petite Famille
La Petite Famille

J'aime beaucoup ce type de récit tendre et touchant. Loïc Dauvillier propose à un très large public une histoire intergénérationnelle où beaucoup se reconnaitrons. Les trois récits s'enchaînent pour aboutir au concept de deuil traité d'une façon très délicate. C'est une chronique de la vie familiale ordinaire qui touche juste par sa simplicité émouvante. Dauvillier évite le drame pathétique et guimauve. Implicitement l'auteur nous appelle à profiter des bons moments quand ils se présentent à la pêche, au foot, au bistrot sachant que cela n'aura qu'un temps. Le graphisme de Marc Lizano soutient très bien ce type de série. Ses personnages à grosse tête loin d'être ridicules apportent une grande expression d'humanité bienveillante. Une bonne lecture à partager avec ses jeunes enfants. 3.5

09/01/2024 (modifier)
Couverture de la série Creuser Voguer
Creuser Voguer

C'est vraiment une lecture atypique, originale et d'une grande tendresse poétique. Delphine Panique a été au contact d'un public habitué des centres sociaux. Elle aurait pu (du ?) en produire un opus documentaire journalistique assez en vogue aujourd'hui dans le monde de la BD. Elle était bien entourée pour aller dans cette direction descriptive rationnelle mais sa sensibilité a guidé sa créativité vers une oeuvre poétique bien plus intéressante à mon avis. Autour de dix histoires courtes qui présentent le vécu de femmes invisibles dont on prétend qu'elles occupent des postes "non qualifiés" souvent précaires et à faibles rémunérations. Elles sont corvéables à merci, acceptent des horaires à rallonge, et doivent souvent passer un temps infini dans les transports. Ici elles pêchent le barbe, tissent le bleu iribé, extraient le ploiron ou conduisent la bibinette. Derrière la poésie du vocabulaire, l'autrice invite à ouvrir les yeux sur une réalité bien plus sordide. Il ne faut pas chercher plus loin les soeurs des aides ménagères, femmes de ménage, aides-soignantes chez nous ou petites mains des ateliers de tissage ou enfants des mines à quelques heures d'avion. Des métiers qui vous cassent le dos, rongent les poumons ou vous tuent les yeux. C'est un monde que je connais bien et je suis rentré dans l'univers de Delphine Panique avec admiration pour la façon dont elle a su exprimer l'essence même de la souffrance et de l'abnégation de ces femmes qui veulent nourrir leurs enfants, les enfants de leurs soeurs et... Les dialogues sont rares car c'est un monde où on ne se dévoile pas par peur d'une dénonciation, d'un contrôle et d'une perte de revenus. Alors l'autrice comme un pied de nez, nous propose une page entière d'explications style journalistique décalé. C'est un contre point souvent drôle à une ambiance lourde. À l'image des dialogues le graphisme est minimaliste. Toutefois la précision du trait rend la surenchère de détails superflue et donne aux récits une valeur universelle et intemporelle. La mise en couleurs autour des bleus et des jaunes travaille beaucoup à créer une atmosphère qui m'a remué. Une excellente lecture qui demande aux lecteurs un vrai partage avec l'autrice pour tourner les yeux vers ce fond de cale.

09/01/2024 (modifier)
Par peckexcel
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bayou Bastardise
Bayou Bastardise

Et pourtant ça ne partait pas gagnant... J'ai lu l'intégrale des trois tomes en 2 fois, la première session correspondait au premier tome et la seconde session au deux suivants (ça a son importance pour la suite). Bayou Bastardise c'est l'histoire d'un groupe d'individus vivant dans les bayous de la Nouvelle Orléans, on suit ici une communauté de redneck, white trash pour certains sur fond de violence, de drogue et d'argent. Et c'était passionnant, un attention particulière a été mise dans la caractérisation de chaque personnage, et il y en a beaucoup, et certains meurent plus ou moins vite... De telle sorte qu'on ne peut pas prédire le destin d'aucun d'entre eux. Assez paradoxalement, les personnages font des choses horribles humainement parlant les uns envers les autres, et pourtant on s'y attache, il y a même un peu d'espoir inattendu à la fin, de telle sorte qu'on referme le livre avec un étrange sentiment feel good... Alors que ce qui vient de se passer est d'une rare violence... Mais les arcs narratifs sont bouclés et on a un sentiment de satisfaction qui ne m'était pas arrivé depuis bien longtemps. Alors pourquoi 4 et pas 5 ? Parce que le tome 1 m'a quasiment fait décrocher : on va multiplier les personnages à l'excès, certains on ne va les suivre que quelques pages, avant leur mort, et on finit par se perdre, diluer fortement l'intrigue. C'est généreux mais à l'excès, indigeste du coup. Je pense que le scénariste s'en est rendu compte car le tome deux part dans une autre direction et fait la part belle à la notion de communauté, généralement ça ne me touche pas vraiment, mais là étonnamment ça a marché… Ajouté à cela des dessins qui ont grandement évolué, le trait s'est précisé, les cases agrandies… On a le sentiment d'une prise de maturité tant au niveau du scénario que du dessin. Bref un excellent moment ! Une intrigue intéressante, mais où on s'intéresse d'abord et avant tout aux personnages, à leur part d'humanité, leurs faiblesses, leurs forces, la notion de groupe et d'individus, de symboles et de représentation. Loin des clichés du genre c'était une escale inattendue et particulièrement plaisante dans un univers qui avait tout pour me maintenir à distance. Bravo aux auteurs et merci de m'avoir fait passer un si bon moment.

09/01/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Frontières du douanier Rousseau
Les Frontières du douanier Rousseau

Avec « Les frontières du douanier Rousseau », Mathieu Siam nous propose une biographie assez classique du peintre. Il se sert du procès pour escroquerie qui vit ce dernier condamné à deux ans de réclusion pour nous présenter quelques témoins clés de sa vie. C’est donc au travers de quatre témoignages (parfois fantaisistes puisque certains des « témoins » n’étaient en réalité pas présents lors du procès) mais aussi de l’attitude même d’Henri Rousseau durant son procès ainsi que des plaidoiries des avocats que nous allons cerner la personnalité du peintre. Et, franchement, le procédé est efficace et l’album remplit pleinement son office. Il faut dire aussi que je partais de loin, ne connaissant du douanier Rousseau que quelques tableaux mais rien de l’homme. Grâce à cette bande dessinée, j’ai découvert un artiste attachant et naïf, un homme marqué par le destin, un ami fidèle prêt à tendre la main vers celui dans le besoin mais aussi vers qui ses amis tendaient la main, admiratifs de la démarche du peintre autant que séduits par la naïveté de l’homme. La mise en image (en couleurs directes) de Thibaut Lambert est parfaite pour le personnage de Rousseau. Ce trait dégage justement cette naïveté qui caractérise tant le peintre. Ce sont surtout les membres des personnages (jambes, bras, mains, pieds) qui leur donnent l’air maladroit (bien souvent, on a l’impression qu’une jambe se dirige vers nous alors que l’autre va clairement vers la gauche). Il y a ainsi une douce candeur qui se dégage des planches et vient faire écho à l’histoire même du peintre. Par ailleurs, les personnages se distinguent facilement et les planches sont bien aérées et proposent des compositions variées. L’album se lit vite et avec plaisir. Des étapes marquantes de la vie de l’artiste nous permettent de le découvrir dans sa dimension humaine. La biographie proposée en fin d’album nous permet d’un peu approfondir nos connaissances. Dans le genre, c’est donc vraiment bien fait même si très classique.

09/01/2024 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 4/5
Couverture de la série Namor - Voyage au fond des mers
Namor - Voyage au fond des mers

Mettre en scène le célèbre Sub-Mariner comme un mythe aussi fantaisiste et improbable que l'Atlantide, le fameux continent englouti, est une idée qui aurait pu offrir à la ligne Ultimate du MCG une occasion d'explorer le personnage (créé par Bill Everett en 1939 !) avec un décalage assez bienvenu de ses versions "Super-Héroïques" classiques. Assez ambivalent dans ses incarnations successives et les rôles qu'on lui a fait jouer au fil de sa longue carrière, le prince des mers a mis longtemps a trouver sa place au sein de l'univers Marvel. Il apparait la plupart du temps comme le simple faire-valoir de Super-Héros bien mieux mis en scène -même si pourtant parfois plus "simplistes" dans leur genèse. J'avoue ne m'être vraiment attaché à cet orgueilleux monarque qu'à partir du moment où John Byrne (... Encore lui, toujours lui !) l'a transformé en chef d'entreprise (!!) tout en nous fournissant une explication assez rationnelle sur les raisons de ses changements -assez radicaux !- d’allégeance successifs. Comment résister à cette série : ses démêlées avec les jumeaux Marrs étaient tellement "Dynasty"...! C'est Peter Milligan qui l'a eue, cette bonne idée, pour sa mini série. Mais alors pourquoi ne prend-on pas plus de plaisir que ça à cette lecture, si courageusement éloignée du genre habituel où évolue notre noble amphibien ? Bon, comme pointé précédemment, le prince de sang mêlé ne fait que de (très !) rares apparitions (meurtrières et pourtant muettes...!), donnant la vedette à une espèce de scientifique dogmatique -très contemporain, du coup !- pas sympathique pour deux sous : le besoin qu'on éprouve à le voir confronté à ses illusions -et surtout à se faire dessouder à son tour !- rend la lecture rien moins que confortable. Où sont l'aventure, la quête ? L'espoir et le positivisme propre au genre ; ou même l'humour traditionnellement associé aux justiciers costumés ? Rien de tout ça, ici : privilégiant un angle quasi S.F. assez séduisant, l'auteur dépouille presque complètement l'histoire de la moindre scorie romantique ; nous donnant à lire un exercice de style finalement très sec qui, dans sa progression tranquille, ne pousse pas franchement à l'enthousiasme. L'abondance des dialogues, se résumant à : " J'y crois !"/"J'y crois pas !", le tout participant surtout de la subjectivité des personnages, n'apporte pas grand chose au récit et accentue encore la distanciation d'avec l'intérêt du sujet -ou mêmes du sort des intervenants. Et la conclusion, très logique, n'empêche pas un certain malaise quant aux moyens -assez tordus...- employés par Namor pour parvenir à ses fins. Scénario intéressant mais traitement un peu "plouf" (!), donc. Le dessin (magnifique de maitrise !) et la colorisation (somptueuse de justesse) de Esad Ribic enfoncent malheureusement le clou, tant la beauté des planches pousse à la contemplation plutôt qu'au dynamisme. Mais le découpage de "l'action" (on va dire comme ça...) demeure assez réussi malgré les nombreuses bulles à caser. À noter aussi son parti-pris de "réalisme" dans sa représentation du souverain Atlante : sobre et précise. C'est pour son magnifique travail que je mets une super-note ! Une bonne idée, donc ; mais qui s'apparente plus à une extrapolation assez extrême du concept d'un royaume abyssal protégé par une créature impitoyable plutôt qu'à une simple aventure du Sub-Mariner... M'est avis que ce prince charmant-là plairait moyen à Susan Storm !

08/01/2024 (modifier)