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Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Red Wing
Red Wing

Variation habile sur les paradoxes temporels - Il s'agit d'une histoire complète indépendante de toute autre, initialement parue sous la forme d'une minisérie en 4 épisodes publiés en 2011. le scénario est de Jonathan Hickman et les illustrations de Nick Pitarra. Plusieurs pilotes de Red Wing sont en train de voler dans le Tithonien (environ -150 millions d'années) ; ils effectuent un saut et se retrouvent à Paris, au vingt-et-unième siècle. La ville est dévastée et des sortes de sondes robotisées gigantesques sont en train de récupérer tous les matériaux possibles. Les pilotes de Red Wing engagent le combat, l'un des vaisseaux est touché, le pilote enclenche un saut et se délite en mourant de vieillesse car il avait perdu ses boucliers. Il s'appelait Robert Dorne. Une inscription apprend au lecteur que le temps n'est pas linéaire et qu'il n'y a pas de paradoxe. le récit se déroule au vingt-troisième siècle où Dominic Dorne et Valin Redd sont en train d'évaluer les chances de survie du père de Dominic, autour d'un verre. le lendemain, ils intègrent un escadron de Red Wing sous le commandement de Maye Lewis. Avant de voler, ils bénéficient d'un cours sur la forme du temps ; en effet ils sont amenés à mener une guerre dans le temps (à toutes les époques possibles et imaginables) contre un ennemi maîtrisant également le voyage dans le temps, dont ils ne connaissent ni l'identité, ni l'apparence. Les affrontements nécessitent plus d'intelligence que de technique de vol. La spécialité de Jonathan Hickman est de prendre une idée ou un concept qui semble avoir déjà été retourné dans tous les sens et de construire une structure narrative sophistiquée servant d'écrin à cette idée. Il faut comprendre par là que l'étude de caractère ou le développement psychologique des personnages passe largement au second plan. La longueur de cette histoire (4 épisodes) fait qu'elle s'apparente plus à une nouvelle, qu'à un récit au long cours. Une fois l'histoire terminée, le lecteur peut effectivement constater qu'Hickman avait une idée dont il a tiré le meilleur parti dans le cadre de cette nouvelle. L'idée d'Hickman est de considérer les voyages dans le temps sous un angle un peu différent. Dans le sous-sous-sous-genre de la science-fiction que sont les voyages dans le temps, il y a quelques schémas qui ont fini par se dégager. (1) le passé est immuable et les actions des voyageurs dans le temps concourent à la réalisation de ce passé immuable (exemple : je voyage dans le temps pour rencontrer le Christ et à force d'en parler les gens finissent par me prendre pour une sorte de prophète et je finis crucifié). (2) Chaque fois qu'un chononaute intervient dans le passé, ses actions génèrent une réalité divergente ce qui induit qu'il ne pourra jamais revenir dans sa réalité de départ. (3) Si vous voyagez dans le temps, surtout n'allez jamais, mais alors jamais jamais, à la rencontre de vous-même à une autre époque ; les paradoxes qui en découleraient provoqueraient la fin de monde. (4) Pour la majeure partie des scénaristes, le voyage dans le temps est soit basique (un individu remonte dans le passé pour rencontrer une figure historique), soit une source de paradoxes inextricables dont le scénariste n'arrive pas à se dépêtrer perdant pied dans les contradictions qu'il a lui-même générées, avec une céphalée carabinée pour le pauvre lecteur qui essaye d'y trouver une logique (il existe quelques contre-exemples bien construits tels que Universal War One). Du fait de son format court, Hickman louvoie avec adresse entre ces écueils. Par 2 fois un personnage expose une projection holographique de la structure du temps pour expliquer le principe des voyages effectués par les soldats (je n'ai pas été très convaincu par l'explication, mais elle fait illusion le temps du récit). En fait Hickman retient tout de suite l'attention du lecteur avec sa première scène où un escadron de Red Wing change d'époque pour échapper à ses poursuivants. Enfin un scénariste qui intègre le fait que pour des individus pouvant se déplacer dans le temps la fuite est simple comme bonjour (= il suffit de changer d'époque pour semer ses ennemis). Ça fait plaisir d'être pris pour un lecteur un peu évolué, biberonné aux paradoxes temporels. À partir de là Hickman s'amuse comme un petit fou avec son idée en mettant en scène la rechercher de Robert Dorme par son fils. Hickman tire le meilleur parti possible de son idée, en ayant recourt à des ellipses narratives qui lui permettent d'éviter de se prendre les pieds dans les replis du tapis temporel. le récit est rapide et drôle avec une variation inspirée sur la maxime de Saint Exupéry : nous n'héritons pas de la Terre, nous l'empruntons à nos enfants. Nick Pitarra dispose d'un atout majeur pour illustrer cette nouvelle : il a un goût pour la science-fiction qui ne se limite pas à des vaisseaux rutilants et des gros costauds en combinaison de vol. Pour commencer il ose concevoir les Red Wing avec une silhouette asymétrique qui leur donne une forme unique. Ensuite, il est tout aussi à l'aise lorsqu'il s'agit de concevoir ces vaisseaux charognards qui phagocytent les réserves du passé, une station orbitale, ou un verger de culture à bord de la station mère. Ses personnages disposent d'anatomies normales, pas balèze bodybuildé, pas de femmes exagérément sexuée. Il décrit avec clarté ce que demande le scénario. L'aspect concret de ses dessins fournit un ancrage nécessaire au caractère débridé du scénario. S'il n'y a pas de case dont le visuel ressorte fortement, il y a plusieurs séquences visuellement mémorables, à commencer par cette succession de sauts au cours de laquelle le pauvre pilote tombe littéralement en poussière du fait l'absence de bouclier de protection. Cette histoire s'apparente à une nouvelle de science-fiction racontant une guerre à travers le temps par des voyages à bords de vaisseaux, contre un ennemi non identifié. Jonathan Hickman dispose d'une bonne idée qu'il développe avec habileté pour éviter de se heurter aux habituelles limites logiques des voyages dans le temps. Nick Pitarra réalise une mise en images pragmatique qui permet à l'intrigue de tenir la route, avec quelques séquences remarquables. Il s'agit d'une nouvelle bien troussée, un peu légère en tant qu'histoire complète, avec un dénouement très classique. Hickman et Pitarra ont également réalisé ensemble Les projets Manhattan.

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Ducky Coco
Ducky Coco

On reste bien dans la veine Anouk Ricard avec un peu plus de sauce piquante que dans Animan sans aller jusqu'aux Coucous Bouzon. Des recettes à base d'humour simple (mais pas simpliste) et délicieusement absurde. Comme l'ensemble de son œuvre, il est possible que cet humour ne marche pas avec tout le monde. Chez nous cette délicieuse débilité a conquis toute la famille.

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Anatole(s)
Anatole(s)

Une vision douce amère, coutumière chez l’auteur, de la vie qui passe. Agréable, léger et profond en même temps. Le dessin peut paraître un peu fade.

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Les Deux Vies de Baudouin
Les Deux Vies de Baudouin

Les Deux Vies de Baudouin, c’est du Fabien Toulmé pur jus. Dès les premières pages, on sent qu’il sait raconter, qu’il maîtrise son rythme. C’est une histoire classique sur la base du “premier jour du reste de ta vie”, un thème qui a été traité et retraité, souvent très bien. J’avoue avoir eu un peu peur de me lasser, mais ça fonctionne, et même mieux que prévu. Le dessin est dans la continuité de ce que Toulmé fait habituellement, simple mais efficace, avec un plus cette fois : le travail sur la mise en couleur des flashbacks. C’est subtil, bien pensé, et ça ajoute vraiment une profondeur à la narration, rendant les allers-retours dans le temps beaucoup plus fluides. Chaque scène est à sa place, chaque émotion bien dosée. Au final, c’est une belle histoire, portée par une mise en scène soignée. Toulmé confirme qu’il sait toucher là où il faut, sans en faire trop, et c’est ce qui rend cet album si agréable.

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série L'Autre Fin du Monde
L'Autre Fin du Monde

Album original par son dessin minimaliste et une mise en page très inventive. Original aussi par son scénario à tiroirs, qu'on a le temps d'ouvrir et fermer pendant plus de 1100 pages. L'ensemble reste fluide même si j'ai trouvé quelques passages un peu longs.

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Salade César
Salade César

L’idée de Karibou de positionner César en idiot le plus puissant de l’époque était déjà un concept comique qui m’avait interpelé. Force est d’avouer que l’exploitation de l’idée fonctionne très bien, même si je suis bon public. Le dessin de Josselin Duparcmeur colle très bien au concept, avec un mélange de réalisme et d’inexpression des personnages qui met en exergue le décalage absurde entre le rôle et la bétise de César. Le gaufrier vient renforcer une perception comic strip qui facilite la lecture et met l’ensemble dans une belle dynamique. Au final, voilà une BD qui m’a fait “bien marrer” et cela tombe très bien, c’est ce que j’en attendais.

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Le Linge sale
Le Linge sale

Pascal Rabaté est décidément un sacré raconteur d’histoires. Dans "Le Linge Sale", il nous livre une histoire cynique et corrosive, dévoilant avec ironie les travers de ses personnages. L’intrigue, bien que simple en apparence, révèle progressivement les vérités cachées et les petites mesquineries de chacun, offrant un regard critique sur la nature humaine. Les personnages sont authentiques ce qui les rend attachants et exaspérants à la fois. Je suis moins fan du dessin de Sébastien Gnaedig. Bien que fonctionnel, il m’a semblé parfois un peu simpliste et manquant de détails dans certaines scènes qu'il aurait pu enrichir. Cela dit, la bichromie utilisée fonctionne très bien, créant une atmosphère particulière qui sert le ton cynique de l’histoire. Les choix graphiques minimalistes mettent en valeur les expressions et les gestes des personnages, mais j’aurais apprécié une touche de complexité supplémentaire. “Le Linge Sale” explore les thèmes de l’hypocrisie sociale, des secrets de famille et de la petitesse humaine avec une acuité très propre à Rabaté qui guarde une certaine légèreté grâce à son humour noir. En fin de compte, malgré mes réserves sur le dessin, cette bande dessinée reste très agréable à lire. Pour ceux qui apprécient les récits mordants et les critiques sociales déguisées en comédies noires, “Le Linge Sale” est un choix parfait.

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Deep it
Deep it

Difficile ici de distinguer cet album du premier (Deep Me). Je considère même que celui commence au 2/3 du premier. Moins poussé que le premier d'un point de vue "plastique" (je pense qu'on ne parle plus de mise en couleurs ou en page à ce niveau), on va cette fois plus loin dans l'exploration méta-physique, toujours avec cet équilibre entre pureté du dessin et profondeur de la reflexion qui sied si bien à Marc-Antoine Mathieu. Encore une réussite.

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Les experts
Les experts

Amateurs d'humour absurde bienvenue. J'avais découvert Anouk Ricard avec Coucous Bouzon qui m'a beaucoup plu et beaucoup fait rire. Le décalage fond et forme marche ici aussi très bien et je pense que certaines cases sont des memes à elles seules. Tout le monde ne peut pas accrocher à cet humour mais si vous aimez le genre vous ne serez pas déçu.

03/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Indes fourbes
Les Indes fourbes

Avec une dream team composée par Alain Ayroles au scénario et Juanjo Guarnido au dessin, il devient presque difficile de ne pas décevoir. Et j’avais beau avoir des attentes élevées, ca a très bien marché pour moi. Le récit explore des thèmes classiques du roman picaresque, où les petits vauriens règnent en maître. La survie par la ruse, la critique sociale et la quête de fortune dont donc au programme. Le scénario d’Alain Ayroles est riche et dense, mêlant habilement humour, satire et tragédie. La structure narrative est soignée, avec des retournements de situation bien placés et des dialogues vivants même si j’ai trouvé des passages un peu longs voire tirés par les cheveux. Le dessin de Juanjo Guarnido est comme on pouvait s’y attendre époustouflant. Quittant l'anthropomorphisme, Guarnido apporte un réalisme détaillé. Ses illustrations regorgent de détails, que ce soit dans les paysages luxuriants, les scènes de ville animées ou les expressions faciales des personnages. Chaque planche est une œuvre d’art en soi, j’adore. Si ce n’est une BD culte, "Les Indes fourbes" est pour moi une BD incontournable.

03/06/2024 (modifier)