Berserk est sans doute l'une des œuvres les plus prenantes et les plus "choquantes" du 9eme art.
Après lecture des 16 premiers tomes il est difficile de ressortir Indemne de cette lecture. Trois premiers tomes d'exposition avant de partir sur les traces de Guts et la troupe du faucon. Et petit à petit on s'attache aux différents personnages le héros bien entendu mais aussi ses compagnons notamment Casca mais aussi Pippin ou Rickert. Et puis c'est le choc du tome 13 et du sabbat. Toutes ces péripéties sont portées par le dessin de l'auteur incroyablement détaillé même si sur certaines scènes d'actions il peut être à mon goût un peu confus ou chargé.
Berserk est une oeuvre extrême qui ne plaira pas à tout le monde mais qui mérite d'être découverte. Je lirai la suite et espère que le tome 41 le dernier de l'auteur décédé depuis conclura la série malgré tout à moins que l'éditeur poursuive avec un autre scénariste.
MAJ 18/05/2024
J'ai lu les 41 tomes et je trouve que ce dernier constitue une fin acceptable et pour moi réussie de la série. On peut chipoter et trouver que cela mérite de continuer afin d'aller plus loin dans l'histoire et d'amener une autre fin qui conclurait de manière ferme et définitive la série mais je trouve celle-ci acceptable.
On sait désormais que la série se poursuivra à voir quelle qualité aura la reprise
Honnêtement rien de fou avec cette nouvelle série mais j’ai bien envie de m’emballer. 3,5 que j’arrondis de bon cœur au supérieur, j’ai passé un très bon moment.
Pourtant je n’ai lu que le 1er tome mais plus j’avançais dans ma lecture, plus j’étais conquis. Il pose parfaitement les ambiances et enjeux, je suis même déçu de ne pas pouvoir enchaîner avec la suite. Bref l’univers me plaît bien.
Premier bon point : l’ambiance, j’ai vraiment aimé ce microcosme type cité interdite, un lieu sectaire avec ses codes et hiérarchies. Nous y suivrons Karin, une jeune fille qui rêve d’échapper à sa condition familiale en se faisant une place au palais et surtout se faire des amies.
Ne vous arrêtez pas à cette présentation qui peut faire fuir, même si le ton n’est pas bien réaliste, on apprend plein d’infos (à prendre toutefois avec des pincettes) sur le fonctionnement de ce genre de lieu, et surtout on n’est pas dans un Shojo mais bien dans un Seinen.
J’ai trouvé l’héroïne attachante, ses interactions avec les autres servantes m’ont amusé. Précisons également qu’elle possède, de part sa parenté et j’imagine un entraînement forcé, quelques aptitudes fatales qui renvoient au titre et qui lui seront bien utiles pour survivre à la cour.
Les enjeux ne manquant pas, bien sûr il y a un côté un peu mièvre dans ce qu’elle veut devenir, mais c’est dynamisé par les intrigues de cour, au programme : lutte de pouvoir entre l’impératrice, la princesse et la concubine, sous fond de complots, espions, assassins …
J’espère pas une série à rallonge mais en l’état j’ai bien aimé le cocktail proposé.
Il manque un petit je ne sais quoi à cette BD pour que j''en fasse un coup de cœur, mais elle est vraiment très bien. J'hésite encore...
Le dessin est chouette, clair, et très cartoonesque dans l'ensemble, le trait fin, mais l'auteur laisse entrevoir à plusieurs reprises d'autres facettes de son talent en s'illustrant dans d'autres styles plus... "sérieux" disons (à défaut d'un terme plus adapté).
J'aime cette histoire simple et honnête où le lecteur est embarqué dans la vie intime de l'auteur, dans ses relations familiales, ses dilemmes, mais également dans le flot historique. J'ai aimé me sentir en empathie avec cette jeunesse turque qui vomit la dictature d'Erdogan. C'est toujours un bol d'air de sentir que la liberté souffle dans le cœur des Hommes du monde entier. La grande internationale humaniste ?... Dis comme ça, c'est vrai que c'est naïf, mais on sent clairement cette dimension universelle. Car oui, je pense que où que nous soyons sur la planète, nous aspirons tous au bonheur et la liberté, la liberté de faire advenir ce qui en nous, demeure profondément en germe. Oui, en plus d'être naïf, ça sonne grave, presque tragique. Mais là est la force de ce jeune auteur : il sait prendre de la distance avec tout ça, fait preuve d'humour, dose parfaitement les émotions traversées que le lecteur devine omniprésentes. En clair, cette BD respire la vie !
Et aussi ce constat : la BD, c'est quand même un truc de gauche !
Blague à part, Ersin Kalabulut est un auteur à suivre.
Ah la saga [JUPI]TER[RE]
Déjà le dessin est incroyablement beau: personnages, couleurs, arrière-plans, angles. Tout est bien travaillé et c'est un bonheur pour les yeux.
L'histoire de SF est relativement simple au départ.
Une communauté perdue qui découvre un univers bien plus vaste et cherche à survivre (premier cycle TER).
Le premier cycle se passe totalement dans l'espace comme une sorte de survival en mode space opera où deux communautés s'affrontent: les scientifiques et les religieux. Un thème récurrent mais cela passe bien ici. Nous vivons au rythme des personnages et de la course poursuite.
L'absurdité des pertes humaines et le fait que les survivants n'ont pas le temps de faire le deuil et sont hébétés mais continuent de se battre pour survivre est très marquant.
Le deuxième cyle TERRE se passe sur une bonne vieille planète respirable. La nôtre ? vous le découvrivrez à la lecture.
Le talent de l'auteur est de réussir à sortir une histoire riche en actions et poursuites tout en étant extrêmement onirique.
Partis à la découverte de la planète, nos personnages devront encore affronter bien des épreuves.
Les tomes 1 et 2 consistuent de l'excellente science-fiction (entre Léo et Bourgeon), le tome 3 est plus explicatif et onirique.
Il y a bien quelques questions qui se posent quant au choix des failles temporelles et je dois dire que cela m'a donné le même ressenti qu'avec le cycle de Cyan de Bourgeon (j'adore mais je n'ai tjs pas tout saisi).
Au final, c'est le côté onirique qui laissera un souvenir marquant de cette série.
Ah vivre et mourir, aimer et haïr. Au final il faut savoir être heureux.
Bonne lecture !
C'est une bonne surprise. D'habitude je n'arrive pas à adhérer totalement aux projets de Rabaté. Ici j'ai été enchanté par cette courte histoire très fraiche et tendre.
Rabaté s'empare d'un thème que nous avons tous rencontré un jour ou l'autre. Que ferais-je si on m'annonce que je vais mourir dans un laps de temps très court ?
Dans la série, l'auteur propose deux réponses entre vie et mort. Le récit enchaîne alors les situations improbables mais drôles avec beaucoup d'humanité dans le regard de Martin.
C'est original, fin et intelligent de bout en bout avec un final un peu désuet à la Tati mais tellement réconfortant.
Le graphisme de Ravard colle parfaitement à l'esprit humoristique de la série un peu pince sans rire. J'y ai retrouvé un trait à la Sempé ou à la Piem économe mais terriblement efficace.
Un trait qui touche à notre émotion.
Une lecture courte mais revigorante.
Je n'ai pas lu le roman dont est tiré cet album, par contre j'en ai largement entendu parler (et j'apprécie l'oeuvre musicale de Gael Faye). Du coup l'avis de Ro m'a plus que donné envie de franchir le pas. Et comme en plus j'apprécie vraiment bien le dessin, c'est une lecture qui s'annonçait prometteuse.
Le début n'est pas désagréable, mais j'ai trouvé qu'il manquait un petit quelque chose, j'ai trouvé ça trop introductif, trop descriptif. La vie du petit Gaby, ses petits jeux avec les gamins du quartier, les disputes de ses parents, le tout sur fond de contexte politique instable et de tension permanente. C'est clairement important, ce contexte est nécessaire pour comprendre quelle a été la vie de cet enfant. Pour autant ça ne m'a pas ému autant que cela aurait dû, et surtout ça m'a rappelé pas mal de lectures récentes. Sur des thèmes similaires, ou pas très éloignés : terrorisme, migrants, guerres diverses et variées... le monde qui nous entoure ne manque pas de saloperie pour nous égayer le moral. Et je crois que je commence à avoir ma dose dans ce genre là.
Cela dit, le dernier quart de l'album m'a plutôt saisi aux tripes. A partir du moment où la guerre éclate, que sa famille est disséminée, qu'ils sont sans nouvelles de leurs proches, qu'il commence à y avoir des morts, ça nous met face à la réalité de la chose. Et une nouvelle fois hélas cette réalité fait mal au bide. Et comme j'aime Gael Faye, ben ça fait d'autant plus mal de lire tout ça.
Au final une belle histoire, dure, mais un album à lire. Et en plus visuellement c'est top, l'ambiance nous transporte en Afrique et ça ne gâche rien, bien au contraire.
Alors qu'ils se baladent en forêt, Ana perd son petit frère dans une grotte et tous deux se retrouvent de l'autre côté, dans une forêt de conte de fées où venir en aide aux gens n'apportent rien de bon et où rôde la terrible sorcière Baba Yaga. En évitant les dangers et les absurdités de ce monde, Ana va devoir retrouver son petit frère si elle veut pouvoir retourner chez elle un jour.
C'est un bel album cartonné, épais et à dos rond. La couverture, légèrement granuleuse, est belle et attirante, présageant de planches dans un style similaire, s'apparentant un peu à celui des Kerascoët ou de Blain. Directement peint à l'encre et à l'aquarelle, il dégage des touches de naïveté autant que d'esthétisme tout en se rendant parfaitement fluide à la lecture.
L'intrigue commence de manière bateau. Combien de fois a-t-on déjà vu cette histoire d'une jeune fille transportée dans un royaume magique et dangereux où elle va devoir triompher des périls pour retrouver un proche ? Cet univers là est inspiré des contes slaves, avec des éléments aussi connus que Baba Yaga et d'autres moins célèbres, dont certains que je venais d'ailleurs tout juste de rencontrer dans les contes roumains de Au cœur des terres ensorcelées. Et la pauvre Ana est brinquebalée de l'un à l'autre sans rien maîtriser, ignorant tout des lois de cet endroit si différent de son monde moderne...
...jusqu'à sa rencontre avec Loup Gris. Et là tout bascule. La jeune fille reprend la main, grâce à l'aide combinée de son ami Poupée et du terrible loup. Ce dernier se révèle d'ailleurs fort charismatique, notamment grâce à son phrasé soutenu et délicat qui contraste avec humour avec sa dangerosité.
Et alors qu'on a l'impression qu'après bien des péripéties, le conte va trouver une fin heureuse tellement convenue, l'histoire prend une tournure surprenante, à la fois cruelle et adulte, qui l'amène à une conclusion aussi bienvenue qu'inattendue.
Plus ma lecture de cet album progressait, plus je me suis vu convaincu, intéressé et finalement complètement charmé.
Un beau conte moderne sur base de légendes slaves qui amène le lecteur là où il ne l'attend pas.
Que ce soit en BD, en film ou tout autre média, je ne connaissais finalement que la première partie de la trilogie Marseillaise de Pagnol, à savoir Marius. Et je découvre ici directement sa troisième partie sans être passé par la seconde, Fanny. Et pourtant, je n'y ai vu aucun désagrément ou manquant, d'une part car César se déroule vingt ans plus tard, et d'autre part car tout ce qu'il nous est nécessaire de savoir est inclus dans Marius et dans la description de la situation que les dialogues nous apprennent dès les premières pages de César. L'épisode Fanny m'est alors paru comme une simple ellipse facilement résumée entre Marius et ce grand final.
Et j'ai grandement apprécié cette conclusion !
L'ambiance provençale y est un peu moins présente que dans Marius et d'autres œuvres de Pagnol, mais on est bien sûr plongé en plein dedans, entre Marseille et Toulon. L'humour aussi s'y fait plus rare, les choses qui sont racontées ici étant plus graves, plus tournées vers les sentiments que le rire. Mais il n'est pas absent pour autant, plusieurs situations et dialogues amenant facilement le sourire et la bonne humeur.
Le dessin de Victor Lepointe est très bien aussi. Il s'attache à offrir des décors détaillés et soignés, qui sont autant de cadres dépaysants et charmants aux tribulations des personnages.
Mais c'est surtout l'intrigue qui m'a plu. J'ai aimé comment elle traitait avec intelligence et sympathie des conséquences engendrées par les actions des parties précédentes. C'est plein de sentiments complexes et humains, tous portés par l'optimisme d'un Marcel Pagnol intelligent et sage qui sait à la fois charmer et présenter les choses de manière crédible et touchante. On sourit, on réfléchit un peu, on ressent des choses parfois douces-amères, parfois amusantes et finalement agréables. Et les personnages sont également tous très bons, avec une vraie galerie de caractères qui se répondent les uns aux autres.
Ce n'est peut-être pas un grand chef d'œuvre indispensable mais j'ai passé un très bon moment aux côtés de nos amis Marseillais, avec l'envie de leur souhaiter tout le bonheur du monde.
Smudja est un artiste, stricto sensu. Ses cases sont une collection de tableaux qu'il rassemble pour en faire une histoire, une BD.
Sa bibliographie met immédiatement en lumière sa connaissance, son amour et son respect pour la peinture.
Parler avec lui est une invitation à rentrer dans le premier musée venu, le voir manier ses aquarelles pousse à ressortir ses pinceaux une fois rentré (talent ou pas, la peinture est à portée de tous quelque soit le matériel).
Alors forcément, cette série est une madeleine de Proust pour tout amateur d'art, novice ou non. Utiliser un postulat loufoque pour mettre en mouvement des œuvres connues ou inspirées de et croiser tous les grands noms de l'époque, c'est magique.
Mais si Smudja a toutes les meilleures intentions du monde et un réel talent de dessinateur, son pendant scénaristique est plus poussif. Les situations font parfois du surplace et certains personnages majeurs ne créent aucune empathie. Bien que la légèreté poétique demeure, la lecture peut devenir lassante et le risque grandit que l'on ne feuillette simplement ces albums uniquement pour admirer le dessin.
Depuis sa sortie, les éloges faits à cette bande dessinée n’ont pas manqué. Et en effet, celle-ci semble réunir de nombreux ingrédients pour en faire un des ouvrages marquants de l’année. Conçue comme une aventure épique dans un monde imaginaire, avec une portée philosophique indéniable, elle est fort susceptible de rallier un public varié.
« Le Dieu-Fauve » bénéficie du scénario maîtrisé de Fabien Vehlmann, un scénario haletant, tout en bruit et en fureur, dans un monde différent du nôtre mais où règnent les humains avec leur besoin irrépressible de domination. A travers « Sans-Voix », ce singe dressé pour tuer, dans le seul but de satisfaire les foules des arènes de combat, c’est non seulement la cruauté et la maltraitance exercée sur l’espèce animale qui est évoquée, mais aussi, telle une thématique parallèle, l’esclavage dans une société aux croyances polythéistes, avec ses castes et son aristocratie. Elle est gouvernée principalement par des femmes, notamment la consule Ea, l’amirale Ocre-Brune et la « Grande-Veneuse », une redoutable guerrière, celle qui a fait de « Sans-Voix » un monstre extrêmement dangereux, une « arme divine ». Mais ces femmes, qui n’ont rien à envier aux hommes en matière de brutalité, n’hésiteront pas, lorsque la grande catastrophe surviendra, à utiliser leurs guerriers pour massacrer tout un village afin de s’en accaparer les ressources. Miroir tendu au notre, cet univers s’avère une allégorie pour le moins effrayante de notre monde de brutes.
« Le Dieu-Fauve » est traversé par une violence extrêmement dense, symbolisée par le singe Sans-Voix, qui, une fois libre de ses chaînes, va laisser exploser sa rage et sa colère envers les humains. Combattant hors-pair, il représente une menace permanente, invisible, harcelant le groupe de survivants qui tente de rejoindre la capitale. Globalement, il est difficile de ressentir de l’empathie pour ses victimes. Le seul personnage un tant soit peu attachant étant Awa. Repérée dès son plus jeune âge pour son intelligence et élevée par la consule, la jeune esclave a développé de l’empathie vis-à-vis de Sans-Voix, dont elle se considère l’âme-sœur, ainsi qu’un sentiment de révolte ayant ses origines dans l’asservissement de sa famille.
Le dessin de Roger sert parfaitement l’histoire. Son trait semi-réaliste, tendu comme un arc et acéré comme un couteau, avec peu de place pour des scènes contemplatives, est assez spectaculaire et totalement en phase avec la puissance narrative. Cadrage et mouvement reflètent très bien la tension et la violence inhérentes au récit. De même, la menace impalpable représentée par ce « dieu-fauve » est hyper bien rendue, faisant que l’on visualise à peine les attaques du « monstre », tant elles sont fulgurantes, à la manière d’un « Alien » ou d’un « Predator ». On regrettera juste cette difficulté heureusement passagère à identifier immédiatement les différents protagonistes.
Je recommande évidemment la lecture du « Dieu-Fauve », même si je serai un peu moins dithyrambique que d’autres concernant une narration, certes de qualité, mais obligeant à quelques retours en arrière en raison même de l’élaboration de l’univers propre au récit, peut-être un peu complexe pour un format finalement assez court. Du reste, le propos de fond est digne d’intérêt, invitant en filigrane chacun d’entre nous à nous révolter face aux dominations de toutes sortes, qui semblent encore avoir de beaux jours devant elle au regard de notre réalité terrestre…
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Berserk
Berserk est sans doute l'une des œuvres les plus prenantes et les plus "choquantes" du 9eme art. Après lecture des 16 premiers tomes il est difficile de ressortir Indemne de cette lecture. Trois premiers tomes d'exposition avant de partir sur les traces de Guts et la troupe du faucon. Et petit à petit on s'attache aux différents personnages le héros bien entendu mais aussi ses compagnons notamment Casca mais aussi Pippin ou Rickert. Et puis c'est le choc du tome 13 et du sabbat. Toutes ces péripéties sont portées par le dessin de l'auteur incroyablement détaillé même si sur certaines scènes d'actions il peut être à mon goût un peu confus ou chargé. Berserk est une oeuvre extrême qui ne plaira pas à tout le monde mais qui mérite d'être découverte. Je lirai la suite et espère que le tome 41 le dernier de l'auteur décédé depuis conclura la série malgré tout à moins que l'éditeur poursuive avec un autre scénariste. MAJ 18/05/2024 J'ai lu les 41 tomes et je trouve que ce dernier constitue une fin acceptable et pour moi réussie de la série. On peut chipoter et trouver que cela mérite de continuer afin d'aller plus loin dans l'histoire et d'amener une autre fin qui conclurait de manière ferme et définitive la série mais je trouve celle-ci acceptable. On sait désormais que la série se poursuivra à voir quelle qualité aura la reprise
Le Palais des assassins
Honnêtement rien de fou avec cette nouvelle série mais j’ai bien envie de m’emballer. 3,5 que j’arrondis de bon cœur au supérieur, j’ai passé un très bon moment. Pourtant je n’ai lu que le 1er tome mais plus j’avançais dans ma lecture, plus j’étais conquis. Il pose parfaitement les ambiances et enjeux, je suis même déçu de ne pas pouvoir enchaîner avec la suite. Bref l’univers me plaît bien. Premier bon point : l’ambiance, j’ai vraiment aimé ce microcosme type cité interdite, un lieu sectaire avec ses codes et hiérarchies. Nous y suivrons Karin, une jeune fille qui rêve d’échapper à sa condition familiale en se faisant une place au palais et surtout se faire des amies. Ne vous arrêtez pas à cette présentation qui peut faire fuir, même si le ton n’est pas bien réaliste, on apprend plein d’infos (à prendre toutefois avec des pincettes) sur le fonctionnement de ce genre de lieu, et surtout on n’est pas dans un Shojo mais bien dans un Seinen. J’ai trouvé l’héroïne attachante, ses interactions avec les autres servantes m’ont amusé. Précisons également qu’elle possède, de part sa parenté et j’imagine un entraînement forcé, quelques aptitudes fatales qui renvoient au titre et qui lui seront bien utiles pour survivre à la cour. Les enjeux ne manquant pas, bien sûr il y a un côté un peu mièvre dans ce qu’elle veut devenir, mais c’est dynamisé par les intrigues de cour, au programme : lutte de pouvoir entre l’impératrice, la princesse et la concubine, sous fond de complots, espions, assassins … J’espère pas une série à rallonge mais en l’état j’ai bien aimé le cocktail proposé.
Journal inquiet d'Istanbul
Il manque un petit je ne sais quoi à cette BD pour que j''en fasse un coup de cœur, mais elle est vraiment très bien. J'hésite encore... Le dessin est chouette, clair, et très cartoonesque dans l'ensemble, le trait fin, mais l'auteur laisse entrevoir à plusieurs reprises d'autres facettes de son talent en s'illustrant dans d'autres styles plus... "sérieux" disons (à défaut d'un terme plus adapté). J'aime cette histoire simple et honnête où le lecteur est embarqué dans la vie intime de l'auteur, dans ses relations familiales, ses dilemmes, mais également dans le flot historique. J'ai aimé me sentir en empathie avec cette jeunesse turque qui vomit la dictature d'Erdogan. C'est toujours un bol d'air de sentir que la liberté souffle dans le cœur des Hommes du monde entier. La grande internationale humaniste ?... Dis comme ça, c'est vrai que c'est naïf, mais on sent clairement cette dimension universelle. Car oui, je pense que où que nous soyons sur la planète, nous aspirons tous au bonheur et la liberté, la liberté de faire advenir ce qui en nous, demeure profondément en germe. Oui, en plus d'être naïf, ça sonne grave, presque tragique. Mais là est la force de ce jeune auteur : il sait prendre de la distance avec tout ça, fait preuve d'humour, dose parfaitement les émotions traversées que le lecteur devine omniprésentes. En clair, cette BD respire la vie ! Et aussi ce constat : la BD, c'est quand même un truc de gauche ! Blague à part, Ersin Kalabulut est un auteur à suivre.
TERRE
Ah la saga [JUPI]TER[RE] Déjà le dessin est incroyablement beau: personnages, couleurs, arrière-plans, angles. Tout est bien travaillé et c'est un bonheur pour les yeux. L'histoire de SF est relativement simple au départ. Une communauté perdue qui découvre un univers bien plus vaste et cherche à survivre (premier cycle TER). Le premier cycle se passe totalement dans l'espace comme une sorte de survival en mode space opera où deux communautés s'affrontent: les scientifiques et les religieux. Un thème récurrent mais cela passe bien ici. Nous vivons au rythme des personnages et de la course poursuite. L'absurdité des pertes humaines et le fait que les survivants n'ont pas le temps de faire le deuil et sont hébétés mais continuent de se battre pour survivre est très marquant. Le deuxième cyle TERRE se passe sur une bonne vieille planète respirable. La nôtre ? vous le découvrivrez à la lecture. Le talent de l'auteur est de réussir à sortir une histoire riche en actions et poursuites tout en étant extrêmement onirique. Partis à la découverte de la planète, nos personnages devront encore affronter bien des épreuves. Les tomes 1 et 2 consistuent de l'excellente science-fiction (entre Léo et Bourgeon), le tome 3 est plus explicatif et onirique. Il y a bien quelques questions qui se posent quant au choix des failles temporelles et je dois dire que cela m'a donné le même ressenti qu'avec le cycle de Cyan de Bourgeon (j'adore mais je n'ai tjs pas tout saisi). Au final, c'est le côté onirique qui laissera un souvenir marquant de cette série. Ah vivre et mourir, aimer et haïr. Au final il faut savoir être heureux. Bonne lecture !
La Loi des Probabilités
C'est une bonne surprise. D'habitude je n'arrive pas à adhérer totalement aux projets de Rabaté. Ici j'ai été enchanté par cette courte histoire très fraiche et tendre. Rabaté s'empare d'un thème que nous avons tous rencontré un jour ou l'autre. Que ferais-je si on m'annonce que je vais mourir dans un laps de temps très court ? Dans la série, l'auteur propose deux réponses entre vie et mort. Le récit enchaîne alors les situations improbables mais drôles avec beaucoup d'humanité dans le regard de Martin. C'est original, fin et intelligent de bout en bout avec un final un peu désuet à la Tati mais tellement réconfortant. Le graphisme de Ravard colle parfaitement à l'esprit humoristique de la série un peu pince sans rire. J'y ai retrouvé un trait à la Sempé ou à la Piem économe mais terriblement efficace. Un trait qui touche à notre émotion. Une lecture courte mais revigorante.
Petit pays
Je n'ai pas lu le roman dont est tiré cet album, par contre j'en ai largement entendu parler (et j'apprécie l'oeuvre musicale de Gael Faye). Du coup l'avis de Ro m'a plus que donné envie de franchir le pas. Et comme en plus j'apprécie vraiment bien le dessin, c'est une lecture qui s'annonçait prometteuse. Le début n'est pas désagréable, mais j'ai trouvé qu'il manquait un petit quelque chose, j'ai trouvé ça trop introductif, trop descriptif. La vie du petit Gaby, ses petits jeux avec les gamins du quartier, les disputes de ses parents, le tout sur fond de contexte politique instable et de tension permanente. C'est clairement important, ce contexte est nécessaire pour comprendre quelle a été la vie de cet enfant. Pour autant ça ne m'a pas ému autant que cela aurait dû, et surtout ça m'a rappelé pas mal de lectures récentes. Sur des thèmes similaires, ou pas très éloignés : terrorisme, migrants, guerres diverses et variées... le monde qui nous entoure ne manque pas de saloperie pour nous égayer le moral. Et je crois que je commence à avoir ma dose dans ce genre là. Cela dit, le dernier quart de l'album m'a plutôt saisi aux tripes. A partir du moment où la guerre éclate, que sa famille est disséminée, qu'ils sont sans nouvelles de leurs proches, qu'il commence à y avoir des morts, ça nous met face à la réalité de la chose. Et une nouvelle fois hélas cette réalité fait mal au bide. Et comme j'aime Gael Faye, ben ça fait d'autant plus mal de lire tout ça. Au final une belle histoire, dure, mais un album à lire. Et en plus visuellement c'est top, l'ambiance nous transporte en Afrique et ça ne gâche rien, bien au contraire.
Terrible - L'Enfant, la jeune fille et la sorcière
Alors qu'ils se baladent en forêt, Ana perd son petit frère dans une grotte et tous deux se retrouvent de l'autre côté, dans une forêt de conte de fées où venir en aide aux gens n'apportent rien de bon et où rôde la terrible sorcière Baba Yaga. En évitant les dangers et les absurdités de ce monde, Ana va devoir retrouver son petit frère si elle veut pouvoir retourner chez elle un jour. C'est un bel album cartonné, épais et à dos rond. La couverture, légèrement granuleuse, est belle et attirante, présageant de planches dans un style similaire, s'apparentant un peu à celui des Kerascoët ou de Blain. Directement peint à l'encre et à l'aquarelle, il dégage des touches de naïveté autant que d'esthétisme tout en se rendant parfaitement fluide à la lecture. L'intrigue commence de manière bateau. Combien de fois a-t-on déjà vu cette histoire d'une jeune fille transportée dans un royaume magique et dangereux où elle va devoir triompher des périls pour retrouver un proche ? Cet univers là est inspiré des contes slaves, avec des éléments aussi connus que Baba Yaga et d'autres moins célèbres, dont certains que je venais d'ailleurs tout juste de rencontrer dans les contes roumains de Au cœur des terres ensorcelées. Et la pauvre Ana est brinquebalée de l'un à l'autre sans rien maîtriser, ignorant tout des lois de cet endroit si différent de son monde moderne... ...jusqu'à sa rencontre avec Loup Gris. Et là tout bascule. La jeune fille reprend la main, grâce à l'aide combinée de son ami Poupée et du terrible loup. Ce dernier se révèle d'ailleurs fort charismatique, notamment grâce à son phrasé soutenu et délicat qui contraste avec humour avec sa dangerosité. Et alors qu'on a l'impression qu'après bien des péripéties, le conte va trouver une fin heureuse tellement convenue, l'histoire prend une tournure surprenante, à la fois cruelle et adulte, qui l'amène à une conclusion aussi bienvenue qu'inattendue. Plus ma lecture de cet album progressait, plus je me suis vu convaincu, intéressé et finalement complètement charmé. Un beau conte moderne sur base de légendes slaves qui amène le lecteur là où il ne l'attend pas.
César (Marcel Pagnol)
Que ce soit en BD, en film ou tout autre média, je ne connaissais finalement que la première partie de la trilogie Marseillaise de Pagnol, à savoir Marius. Et je découvre ici directement sa troisième partie sans être passé par la seconde, Fanny. Et pourtant, je n'y ai vu aucun désagrément ou manquant, d'une part car César se déroule vingt ans plus tard, et d'autre part car tout ce qu'il nous est nécessaire de savoir est inclus dans Marius et dans la description de la situation que les dialogues nous apprennent dès les premières pages de César. L'épisode Fanny m'est alors paru comme une simple ellipse facilement résumée entre Marius et ce grand final. Et j'ai grandement apprécié cette conclusion ! L'ambiance provençale y est un peu moins présente que dans Marius et d'autres œuvres de Pagnol, mais on est bien sûr plongé en plein dedans, entre Marseille et Toulon. L'humour aussi s'y fait plus rare, les choses qui sont racontées ici étant plus graves, plus tournées vers les sentiments que le rire. Mais il n'est pas absent pour autant, plusieurs situations et dialogues amenant facilement le sourire et la bonne humeur. Le dessin de Victor Lepointe est très bien aussi. Il s'attache à offrir des décors détaillés et soignés, qui sont autant de cadres dépaysants et charmants aux tribulations des personnages. Mais c'est surtout l'intrigue qui m'a plu. J'ai aimé comment elle traitait avec intelligence et sympathie des conséquences engendrées par les actions des parties précédentes. C'est plein de sentiments complexes et humains, tous portés par l'optimisme d'un Marcel Pagnol intelligent et sage qui sait à la fois charmer et présenter les choses de manière crédible et touchante. On sourit, on réfléchit un peu, on ressent des choses parfois douces-amères, parfois amusantes et finalement agréables. Et les personnages sont également tous très bons, avec une vraie galerie de caractères qui se répondent les uns aux autres. Ce n'est peut-être pas un grand chef d'œuvre indispensable mais j'ai passé un très bon moment aux côtés de nos amis Marseillais, avec l'envie de leur souhaiter tout le bonheur du monde.
Vincent et Van Gogh
Smudja est un artiste, stricto sensu. Ses cases sont une collection de tableaux qu'il rassemble pour en faire une histoire, une BD. Sa bibliographie met immédiatement en lumière sa connaissance, son amour et son respect pour la peinture. Parler avec lui est une invitation à rentrer dans le premier musée venu, le voir manier ses aquarelles pousse à ressortir ses pinceaux une fois rentré (talent ou pas, la peinture est à portée de tous quelque soit le matériel). Alors forcément, cette série est une madeleine de Proust pour tout amateur d'art, novice ou non. Utiliser un postulat loufoque pour mettre en mouvement des œuvres connues ou inspirées de et croiser tous les grands noms de l'époque, c'est magique. Mais si Smudja a toutes les meilleures intentions du monde et un réel talent de dessinateur, son pendant scénaristique est plus poussif. Les situations font parfois du surplace et certains personnages majeurs ne créent aucune empathie. Bien que la légèreté poétique demeure, la lecture peut devenir lassante et le risque grandit que l'on ne feuillette simplement ces albums uniquement pour admirer le dessin.
Le Dieu-Fauve
Depuis sa sortie, les éloges faits à cette bande dessinée n’ont pas manqué. Et en effet, celle-ci semble réunir de nombreux ingrédients pour en faire un des ouvrages marquants de l’année. Conçue comme une aventure épique dans un monde imaginaire, avec une portée philosophique indéniable, elle est fort susceptible de rallier un public varié. « Le Dieu-Fauve » bénéficie du scénario maîtrisé de Fabien Vehlmann, un scénario haletant, tout en bruit et en fureur, dans un monde différent du nôtre mais où règnent les humains avec leur besoin irrépressible de domination. A travers « Sans-Voix », ce singe dressé pour tuer, dans le seul but de satisfaire les foules des arènes de combat, c’est non seulement la cruauté et la maltraitance exercée sur l’espèce animale qui est évoquée, mais aussi, telle une thématique parallèle, l’esclavage dans une société aux croyances polythéistes, avec ses castes et son aristocratie. Elle est gouvernée principalement par des femmes, notamment la consule Ea, l’amirale Ocre-Brune et la « Grande-Veneuse », une redoutable guerrière, celle qui a fait de « Sans-Voix » un monstre extrêmement dangereux, une « arme divine ». Mais ces femmes, qui n’ont rien à envier aux hommes en matière de brutalité, n’hésiteront pas, lorsque la grande catastrophe surviendra, à utiliser leurs guerriers pour massacrer tout un village afin de s’en accaparer les ressources. Miroir tendu au notre, cet univers s’avère une allégorie pour le moins effrayante de notre monde de brutes. « Le Dieu-Fauve » est traversé par une violence extrêmement dense, symbolisée par le singe Sans-Voix, qui, une fois libre de ses chaînes, va laisser exploser sa rage et sa colère envers les humains. Combattant hors-pair, il représente une menace permanente, invisible, harcelant le groupe de survivants qui tente de rejoindre la capitale. Globalement, il est difficile de ressentir de l’empathie pour ses victimes. Le seul personnage un tant soit peu attachant étant Awa. Repérée dès son plus jeune âge pour son intelligence et élevée par la consule, la jeune esclave a développé de l’empathie vis-à-vis de Sans-Voix, dont elle se considère l’âme-sœur, ainsi qu’un sentiment de révolte ayant ses origines dans l’asservissement de sa famille. Le dessin de Roger sert parfaitement l’histoire. Son trait semi-réaliste, tendu comme un arc et acéré comme un couteau, avec peu de place pour des scènes contemplatives, est assez spectaculaire et totalement en phase avec la puissance narrative. Cadrage et mouvement reflètent très bien la tension et la violence inhérentes au récit. De même, la menace impalpable représentée par ce « dieu-fauve » est hyper bien rendue, faisant que l’on visualise à peine les attaques du « monstre », tant elles sont fulgurantes, à la manière d’un « Alien » ou d’un « Predator ». On regrettera juste cette difficulté heureusement passagère à identifier immédiatement les différents protagonistes. Je recommande évidemment la lecture du « Dieu-Fauve », même si je serai un peu moins dithyrambique que d’autres concernant une narration, certes de qualité, mais obligeant à quelques retours en arrière en raison même de l’élaboration de l’univers propre au récit, peut-être un peu complexe pour un format finalement assez court. Du reste, le propos de fond est digne d’intérêt, invitant en filigrane chacun d’entre nous à nous révolter face aux dominations de toutes sortes, qui semblent encore avoir de beaux jours devant elle au regard de notre réalité terrestre…