Pascal Rabaté est décidément un sacré raconteur d’histoires. Dans "Le Linge Sale", il nous livre une histoire cynique et corrosive, dévoilant avec ironie les travers de ses personnages. L’intrigue, bien que simple en apparence, révèle progressivement les vérités cachées et les petites mesquineries de chacun, offrant un regard critique sur la nature humaine. Les personnages sont authentiques ce qui les rend attachants et exaspérants à la fois.
Je suis moins fan du dessin de Sébastien Gnaedig. Bien que fonctionnel, il m’a semblé parfois un peu simpliste et manquant de détails dans certaines scènes qu'il aurait pu enrichir. Cela dit, la bichromie utilisée fonctionne très bien, créant une atmosphère particulière qui sert le ton cynique de l’histoire. Les choix graphiques minimalistes mettent en valeur les expressions et les gestes des personnages, mais j’aurais apprécié une touche de complexité supplémentaire.
“Le Linge Sale” explore les thèmes de l’hypocrisie sociale, des secrets de famille et de la petitesse humaine avec une acuité très propre à Rabaté qui guarde une certaine légèreté grâce à son humour noir. En fin de compte, malgré mes réserves sur le dessin, cette bande dessinée reste très agréable à lire. Pour ceux qui apprécient les récits mordants et les critiques sociales déguisées en comédies noires, “Le Linge Sale” est un choix parfait.
Difficile ici de distinguer cet album du premier (Deep Me). Je considère même que celui commence au 2/3 du premier.
Moins poussé que le premier d'un point de vue "plastique" (je pense qu'on ne parle plus de mise en couleurs ou en page à ce niveau), on va cette fois plus loin dans l'exploration méta-physique, toujours avec cet équilibre entre pureté du dessin et profondeur de la reflexion qui sied si bien à Marc-Antoine Mathieu.
Encore une réussite.
Amateurs d'humour absurde bienvenue. J'avais découvert Anouk Ricard avec Coucous Bouzon qui m'a beaucoup plu et beaucoup fait rire. Le décalage fond et forme marche ici aussi très bien et je pense que certaines cases sont des memes à elles seules. Tout le monde ne peut pas accrocher à cet humour mais si vous aimez le genre vous ne serez pas déçu.
Avec une dream team composée par Alain Ayroles au scénario et Juanjo Guarnido au dessin, il devient presque difficile de ne pas décevoir. Et j’avais beau avoir des attentes élevées, ca a très bien marché pour moi.
Le récit explore des thèmes classiques du roman picaresque, où les petits vauriens règnent en maître. La survie par la ruse, la critique sociale et la quête de fortune dont donc au programme.
Le scénario d’Alain Ayroles est riche et dense, mêlant habilement humour, satire et tragédie. La structure narrative est soignée, avec des retournements de situation bien placés et des dialogues vivants même si j’ai trouvé des passages un peu longs voire tirés par les cheveux.
Le dessin de Juanjo Guarnido est comme on pouvait s’y attendre époustouflant. Quittant l'anthropomorphisme, Guarnido apporte un réalisme détaillé. Ses illustrations regorgent de détails, que ce soit dans les paysages luxuriants, les scènes de ville animées ou les expressions faciales des personnages. Chaque planche est une œuvre d’art en soi, j’adore.
Si ce n’est une BD culte, "Les Indes fourbes" est pour moi une BD incontournable.
Anouk Ricard reste fidèle à elle même avec un humour à la fois enfantin (au sens pur et noble du terme) et absurde. Moins incisif ici que dans les coucous Bouzon, on reste néanmoins sur ce même registre gentiment débile. J'avoue que je suis très bon public pour ce genre mais il est possible que ça ne plaise pas à tout le monde.
Note : 4,5/5
Étant particulièrement fan du travail de Marc-Antoine Mathieu, ce diptyque (en l'intégrant avec Deep it) m'a encore impressionné par sa capacité à se réinventer.
Se réinventer sur la forme : je considère MAM comme un plasticien de la BD qui aime jouer avec le matériau. J'ai une pensée émue pour son éditeur qui doit prendre une suée à chaque projet. Là encore on ne déroge pas à la règle et le matériau page imprimée sert énormément l'histoire.
Se réinventer sur le fond. J'aime aussi MAM parce qu'il m'amène rapidement et de manière très fluide sur des questions philosophiques et méta-physiques. Cet album ne déroge pas à la règle.
Dans un récit complexe et fluide, MAM nous plonge dans une conscience isolée, stimulée par l'angoisse de son ignorance. L'histoire se dévoile à travers des dégradés de gris et de noir. Les deux premiers tiers de l'album brillent par leur intrigue, évoquant un polar décalé, tandis que le dernier tiers complexifie les questionnements de manière abrupte et introduit le 2e album.
Une œuvre exigeante qui invite les lecteurs curieux à une réflexion approfondie, offrant une expérience de lecture riche, bien plus ambitieuse que ne le laisse paraître son minimalisme initial.
C'est dingue comme Lewis Trondheim essaie toujours de se présenter comme un râleur, parano et hypocondriaque et que je le trouve attachant quand même.
Il a d'ailleurs avoué dans "Entretiens avec Lewis Trondheim" de Thierry Groensteen qu'il forçait quand même beaucoup le trait, voilà qui me rassure.
On est ici dans ce qu'on pourrait qualifier de préambule de Les Petits Riens
Il n'y a pas les jolies couleurs des Petits Riens, on sent qu'on est encore au début du concept mais cela fonctionne très bien.
Cela fonctionne aussi très bien pour moi au niveau du dessin alors que L. Trondheim se considère comme un piètre dessinateur. Pour moi il montre ici encore une fois qu'il est à la fois bon dessinateur et bon raconteur d'histoires.
Superbe réinterprétation de “La Ferme des Animaux”. L’auteur s’inspire de l’idée originale de George Orwell et prend beaucoup de libertés, ce qui aurait pu être un exercice délicat. Il parvient à transformer cette réinterprétation en une œuvre tout à fait réussie de mon point de vue.
Les libertés prises par Xavier Dorison avec le récit de base sont non seulement audacieuses mais aussi bien exécutées, ajoutant une dimension nouvelle et pertinente à l’histoire sans trahir l’essence du message original.
Le récit est fluide et se lit avec facilité. Cette fluidité s’accompagne parfois d’un manque de subtilité dans le déroulement de l’intrigue. Certaines transitions et développements semblent conçus pour rendre le récit plus accessible au grand public, ce qui peut en ôter un peu de la profondeur et de la nuance. Cette approche est efficace pour toucher un large lectorat, mais elle m’empêche de lui donner une note parfaite.
Le dessin de Felix Delep et la mise en couleurs de Jessica Bodard sont remarquables. Chaque page est un véritable plaisir pour les yeux, avec des illustrations qui capturent parfaitement l’atmosphère de l’histoire et les émotions des personnages. La mise en page est également excellente, avec une composition qui guide le lecteur de manière intuitive et renforce l’impact visuel du récit. Les scènes clés sont particulièrement bien mises en valeur, offrant des moments mémorables et saisissants.
En somme, cette réinterprétation de “La Ferme des Animaux” est une très belle surprise. Bien que j’aurais apprécié un peu plus de subtilité dans certains aspects du récit, l’ensemble est une réussite. Le travail de l’auteur, tant sur le plan narratif que visuel, mérite d’être salué. C’est une œuvre qui ravira autant les fans de l’original que les nouveaux lecteurs, offrant une nouvelle perspective sur une histoire intemporelle.
Une découverte de Jean Dytar avec cet album.
L'histoire d'un cartographe français réfugié à Londres pour échapper aux purges religieuses. Son passé resurgit quand un noble anglais le sollicite sur son précédent voyage aux Amériques.
C'est très bien documenté, le récit aborde les relations de couple, la place des femmes et les premiers pas européens en Floride. C'est fluide et subtil.
La narration et la mise en page accompagnent très bien le dessin épuré et efficace.
En fin d’album, des gravures issues de l'histoire sont reproduites et on a le droit à un laïus historique assez complet réalisé par un spécialiste.
Cela rend l'ensemble encore plus intéressant. On comprend d'autant mieux le sérieux de la démarche de Jean Dytar.
Une belle réussite en tout cas, dont je recommande la lecture !
Fichtre ! Il s'en est fallu de peu que j'attribue la note maximale à cet album ! sans doute ma frilosité est-elle due à sa thématique sommes toutes très classique mais même de ce point de vue, je trouve que les auteurs parviennent à faire du neuf avec du vieux.
Cet album, s'il nous conte avant tout une histoire d'amitié, développe avec intelligence la thématique de l'accomplissement personnel. Choisir, c'est renoncer, disait André Gide, et cette citation résume parfaitement l'ensemble du livre. Les auteurs nous amènent ainsi à réfléchir sur nos propres choix, à réaliser la charge qui pèse sur chacun d'entre nous, résultante de nos choix de vie, et qu'il nous faudra assumer. C'est une très belle thématique, que je trouve finement développée dans le présent album.
Mais ce thème ne serait rien sans les personnages qui le portent. le couple formé par Ulysse et Cyrano est extrêmement classique et il est difficile de ne pas s'attacher à ces deux gaillards. Mais ce sont les rôles secondaires qui sont à mes yeux les mieux réussis, à commencer par le père d'Ulysse, qui en présente l'antithèse parfaite et dont on se rend progressivement compte des sacrifice qu'il a dû accepter pour un prétendu confort matériel.
Et puis il y a le livre objet en lui-même. Les éditions Casterman ont vu les choses en grand et non seulement l'objet présente un format impressionnant mais, en plus, les planches de Stéphane Servain sont toutes extrêmement soignées et belles à voir. Car ce n'est pas tout d'avoir un bel écrin, encore faut-il qu'il convienne au bijou qu'il renferme. Et ici, c'est le cas. Aucune planche ne m'a semblé vide, aucun décors ne m'a semblé pauvre, aucun regard ne m'a semblé creux. la richesse des planches justifie le format de la bande dessinée. Même la pagination m'a semblé parfaite.
Franchement, on n'est pas passé loin du culte !
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Le Linge sale
Pascal Rabaté est décidément un sacré raconteur d’histoires. Dans "Le Linge Sale", il nous livre une histoire cynique et corrosive, dévoilant avec ironie les travers de ses personnages. L’intrigue, bien que simple en apparence, révèle progressivement les vérités cachées et les petites mesquineries de chacun, offrant un regard critique sur la nature humaine. Les personnages sont authentiques ce qui les rend attachants et exaspérants à la fois. Je suis moins fan du dessin de Sébastien Gnaedig. Bien que fonctionnel, il m’a semblé parfois un peu simpliste et manquant de détails dans certaines scènes qu'il aurait pu enrichir. Cela dit, la bichromie utilisée fonctionne très bien, créant une atmosphère particulière qui sert le ton cynique de l’histoire. Les choix graphiques minimalistes mettent en valeur les expressions et les gestes des personnages, mais j’aurais apprécié une touche de complexité supplémentaire. “Le Linge Sale” explore les thèmes de l’hypocrisie sociale, des secrets de famille et de la petitesse humaine avec une acuité très propre à Rabaté qui guarde une certaine légèreté grâce à son humour noir. En fin de compte, malgré mes réserves sur le dessin, cette bande dessinée reste très agréable à lire. Pour ceux qui apprécient les récits mordants et les critiques sociales déguisées en comédies noires, “Le Linge Sale” est un choix parfait.
Deep it
Difficile ici de distinguer cet album du premier (Deep Me). Je considère même que celui commence au 2/3 du premier. Moins poussé que le premier d'un point de vue "plastique" (je pense qu'on ne parle plus de mise en couleurs ou en page à ce niveau), on va cette fois plus loin dans l'exploration méta-physique, toujours avec cet équilibre entre pureté du dessin et profondeur de la reflexion qui sied si bien à Marc-Antoine Mathieu. Encore une réussite.
Les experts
Amateurs d'humour absurde bienvenue. J'avais découvert Anouk Ricard avec Coucous Bouzon qui m'a beaucoup plu et beaucoup fait rire. Le décalage fond et forme marche ici aussi très bien et je pense que certaines cases sont des memes à elles seules. Tout le monde ne peut pas accrocher à cet humour mais si vous aimez le genre vous ne serez pas déçu.
Les Indes fourbes
Avec une dream team composée par Alain Ayroles au scénario et Juanjo Guarnido au dessin, il devient presque difficile de ne pas décevoir. Et j’avais beau avoir des attentes élevées, ca a très bien marché pour moi. Le récit explore des thèmes classiques du roman picaresque, où les petits vauriens règnent en maître. La survie par la ruse, la critique sociale et la quête de fortune dont donc au programme. Le scénario d’Alain Ayroles est riche et dense, mêlant habilement humour, satire et tragédie. La structure narrative est soignée, avec des retournements de situation bien placés et des dialogues vivants même si j’ai trouvé des passages un peu longs voire tirés par les cheveux. Le dessin de Juanjo Guarnido est comme on pouvait s’y attendre époustouflant. Quittant l'anthropomorphisme, Guarnido apporte un réalisme détaillé. Ses illustrations regorgent de détails, que ce soit dans les paysages luxuriants, les scènes de ville animées ou les expressions faciales des personnages. Chaque planche est une œuvre d’art en soi, j’adore. Si ce n’est une BD culte, "Les Indes fourbes" est pour moi une BD incontournable.
Animan
Anouk Ricard reste fidèle à elle même avec un humour à la fois enfantin (au sens pur et noble du terme) et absurde. Moins incisif ici que dans les coucous Bouzon, on reste néanmoins sur ce même registre gentiment débile. J'avoue que je suis très bon public pour ce genre mais il est possible que ça ne plaise pas à tout le monde.
Deep Me
Note : 4,5/5 Étant particulièrement fan du travail de Marc-Antoine Mathieu, ce diptyque (en l'intégrant avec Deep it) m'a encore impressionné par sa capacité à se réinventer. Se réinventer sur la forme : je considère MAM comme un plasticien de la BD qui aime jouer avec le matériau. J'ai une pensée émue pour son éditeur qui doit prendre une suée à chaque projet. Là encore on ne déroge pas à la règle et le matériau page imprimée sert énormément l'histoire. Se réinventer sur le fond. J'aime aussi MAM parce qu'il m'amène rapidement et de manière très fluide sur des questions philosophiques et méta-physiques. Cet album ne déroge pas à la règle. Dans un récit complexe et fluide, MAM nous plonge dans une conscience isolée, stimulée par l'angoisse de son ignorance. L'histoire se dévoile à travers des dégradés de gris et de noir. Les deux premiers tiers de l'album brillent par leur intrigue, évoquant un polar décalé, tandis que le dernier tiers complexifie les questionnements de manière abrupte et introduit le 2e album. Une œuvre exigeante qui invite les lecteurs curieux à une réflexion approfondie, offrant une expérience de lecture riche, bien plus ambitieuse que ne le laisse paraître son minimalisme initial.
Carnet de bord
C'est dingue comme Lewis Trondheim essaie toujours de se présenter comme un râleur, parano et hypocondriaque et que je le trouve attachant quand même. Il a d'ailleurs avoué dans "Entretiens avec Lewis Trondheim" de Thierry Groensteen qu'il forçait quand même beaucoup le trait, voilà qui me rassure. On est ici dans ce qu'on pourrait qualifier de préambule de Les Petits Riens Il n'y a pas les jolies couleurs des Petits Riens, on sent qu'on est encore au début du concept mais cela fonctionne très bien. Cela fonctionne aussi très bien pour moi au niveau du dessin alors que L. Trondheim se considère comme un piètre dessinateur. Pour moi il montre ici encore une fois qu'il est à la fois bon dessinateur et bon raconteur d'histoires.
Le Château des Animaux
Superbe réinterprétation de “La Ferme des Animaux”. L’auteur s’inspire de l’idée originale de George Orwell et prend beaucoup de libertés, ce qui aurait pu être un exercice délicat. Il parvient à transformer cette réinterprétation en une œuvre tout à fait réussie de mon point de vue. Les libertés prises par Xavier Dorison avec le récit de base sont non seulement audacieuses mais aussi bien exécutées, ajoutant une dimension nouvelle et pertinente à l’histoire sans trahir l’essence du message original. Le récit est fluide et se lit avec facilité. Cette fluidité s’accompagne parfois d’un manque de subtilité dans le déroulement de l’intrigue. Certaines transitions et développements semblent conçus pour rendre le récit plus accessible au grand public, ce qui peut en ôter un peu de la profondeur et de la nuance. Cette approche est efficace pour toucher un large lectorat, mais elle m’empêche de lui donner une note parfaite. Le dessin de Felix Delep et la mise en couleurs de Jessica Bodard sont remarquables. Chaque page est un véritable plaisir pour les yeux, avec des illustrations qui capturent parfaitement l’atmosphère de l’histoire et les émotions des personnages. La mise en page est également excellente, avec une composition qui guide le lecteur de manière intuitive et renforce l’impact visuel du récit. Les scènes clés sont particulièrement bien mises en valeur, offrant des moments mémorables et saisissants. En somme, cette réinterprétation de “La Ferme des Animaux” est une très belle surprise. Bien que j’aurais apprécié un peu plus de subtilité dans certains aspects du récit, l’ensemble est une réussite. Le travail de l’auteur, tant sur le plan narratif que visuel, mérite d’être salué. C’est une œuvre qui ravira autant les fans de l’original que les nouveaux lecteurs, offrant une nouvelle perspective sur une histoire intemporelle.
Florida
Une découverte de Jean Dytar avec cet album. L'histoire d'un cartographe français réfugié à Londres pour échapper aux purges religieuses. Son passé resurgit quand un noble anglais le sollicite sur son précédent voyage aux Amériques. C'est très bien documenté, le récit aborde les relations de couple, la place des femmes et les premiers pas européens en Floride. C'est fluide et subtil. La narration et la mise en page accompagnent très bien le dessin épuré et efficace. En fin d’album, des gravures issues de l'histoire sont reproduites et on a le droit à un laïus historique assez complet réalisé par un spécialiste. Cela rend l'ensemble encore plus intéressant. On comprend d'autant mieux le sérieux de la démarche de Jean Dytar. Une belle réussite en tout cas, dont je recommande la lecture !
Ulysse & Cyrano
Fichtre ! Il s'en est fallu de peu que j'attribue la note maximale à cet album ! sans doute ma frilosité est-elle due à sa thématique sommes toutes très classique mais même de ce point de vue, je trouve que les auteurs parviennent à faire du neuf avec du vieux. Cet album, s'il nous conte avant tout une histoire d'amitié, développe avec intelligence la thématique de l'accomplissement personnel. Choisir, c'est renoncer, disait André Gide, et cette citation résume parfaitement l'ensemble du livre. Les auteurs nous amènent ainsi à réfléchir sur nos propres choix, à réaliser la charge qui pèse sur chacun d'entre nous, résultante de nos choix de vie, et qu'il nous faudra assumer. C'est une très belle thématique, que je trouve finement développée dans le présent album. Mais ce thème ne serait rien sans les personnages qui le portent. le couple formé par Ulysse et Cyrano est extrêmement classique et il est difficile de ne pas s'attacher à ces deux gaillards. Mais ce sont les rôles secondaires qui sont à mes yeux les mieux réussis, à commencer par le père d'Ulysse, qui en présente l'antithèse parfaite et dont on se rend progressivement compte des sacrifice qu'il a dû accepter pour un prétendu confort matériel. Et puis il y a le livre objet en lui-même. Les éditions Casterman ont vu les choses en grand et non seulement l'objet présente un format impressionnant mais, en plus, les planches de Stéphane Servain sont toutes extrêmement soignées et belles à voir. Car ce n'est pas tout d'avoir un bel écrin, encore faut-il qu'il convienne au bijou qu'il renferme. Et ici, c'est le cas. Aucune planche ne m'a semblé vide, aucun décors ne m'a semblé pauvre, aucun regard ne m'a semblé creux. la richesse des planches justifie le format de la bande dessinée. Même la pagination m'a semblé parfaite. Franchement, on n'est pas passé loin du culte !