Vraie note 3,5
On ne juge pas un livre à sa couverture, et cela s'applique très bien au Roi des Bourdons de David, un album qui surprend par sa profondeur, bien au-delà de son apparence légère et du style simple en ligne claire. On pourrait facilement passer à côté en pensant que c’est une histoire de super-héros animalier, mais en réalité, le côté fantastique n’est qu’un prétexte. Ce qui rend cette série intéressante, c’est la manière dont de Thuin y injecte ses réflexions personnelles et ses critiques du milieu de l’édition.
Le héros, Zola, se retrouve doté de super-pouvoirs après avoir sauvé un bourdon, un détail presque anecdotique qui ouvre la voie à une exploration plus intime. Le cœur du récit repose sur les difficultés de Zola à percer dans le monde de la BD, un monde où règnent le cynisme et la rentabilité, et où la passion peut facilement se heurter à l’indifférence des éditeurs. Reste néanmoins que j'ai trouvé cette critique un peu facile et cliché.
Là ou Thuin fait fort par contre, c'est sa capacité à mélanger des thématiques variées : la maladie, la famille, la recherche de sens dans la création artistique, et bien entendu cette critique douce-amère du système éditorial. Il y a des moments d’humour, mais le ton devient progressivement plus sombre et introspectif au fil des tomes, sans pour autant tomber dans le pathos.
Clairement pas une série qui cherche à en mettre plein la vue, mais elle parvient à faire mouche par son humanité et sa sincérité. Une lecture qui vaut le coup.
Je préfère prévenir avant, j'aime beaucoup les scénarios de Rabaté. Celui-ci n'est pas le meilleur mais se laisse quand même très bien lire. Le dessin fonctionne, les clins d'oeil aussi :) Un "bon" moment d'humanité comme à chaque fois.
Avec très peu de paroles, Chabouté arrive a construire une belle histoire. Beaucoup de sens, touchant, subtil, humain servi par un excellent dessin en noir et blanc.
C'est une belle lecture sur le thème de l'évasion. Je recommande.
J'aime beaucoup l'ensemble du travail de Marc Antoine Mathieu. Et j'appréhende chaque nouvel album en me disant que j'ai peur d'être déçu.
Encore une fois c'est original, beau, élégant, précis et je me fais happer par l'histoire.
Merci et bravo Maestro.
Belle collaboration de Benoit Peeters avec Aurelia Aurita. Ils créent ce superbe livre qui retrace le parcours culinaire de Benoit Peeters. Depuis ses premières expériences avec la haute gastronomie jusqu'à aujourd'hui, Benoit Peeters a parcouru un chemin remarquable. Sous le coup de crayon léger et expressif d'Aurélia Aurita, ce voyage à travers les saveurs se révèle divertissant et instructif.
Il ne s'agit pas simplement d'un livre de recettes. L'essence de cet ouvrage réside davantage dans une philosophie de la gastronomie, et comme il se doit avec un tel thème, le livre se dévore. Les moments clés sont représentés par des restaurants prestigieux, des plats classiques ou complexes, et des rencontres marquantes. En tournant les pages, les papilles de Benoit Peeters s'aiguisent tandis que le lecteur ressent une envie irrésistible de goûter à ces plats. J'ai sincèrement eu envie de partager certaines de ces expériences culinaires avec lui.
J'ai particulièrement apprécié sa vision de la cuisine, qui la considère comme un mariage d'ingrédients donnant naissance à quelque chose de plus grand. C'est plus qu'une simple alimentation, c'est un équilibre des sensations.
Cet ouvrage ravira les amateurs de grande gastronomie, avec une touche d'autodérision, parsemé de découvertes culinaires et servi avec simplicité et bonne humeur. Je le recommande vivement !
J'étais complètement passé à côté de cette histoire inspirée d’une légende du Nord de l’Angleterre
Le singe de Hartlepool est une histoire sur la bêtise humaine, le racisme mais aussi sur la cruauté aveugle dont peut-être capable l’Homme.
Comme à son habitude, Lupano livre un récit fluide et je trouve que le dessin de Jérémie Moreau l'accompagne très bien.
Un coup de cœur pour cet album. Isabelle Maroger raconte avec finesse, subtilité et émotion l'histoire de sa mère qu'elles découvrent ensemble en famille. La barbarie nazie ne s'est pas exprimée que dans les camps. Une belle BD pour s'en rappeler.
Et bravo aussi pour l'illustration qui fait passer l'émotion sans lourdeur.
Une belle exploration de la construction de l'univers intellectuel de Bourdieu par son intérêt marqué pour l'Algérie. Une enquête complète, mêlant histoire, biographie et sociologie dans le contexte intellectuel et politique de l'Algérie à l'époque (guerre d'Algérie).
Des rappels théoriques éclairants sur l'évolution de la sociologie en tant que discipline scientifique, ainsi que sur la contribution significative de Bourdieu à ce domaine.
C'est dense et bien documenté. Je regrette juste de trouver un peu trop la patte de l'auteur dans l'expression de son opinion politique qui n'est peut être pas au même niveau de rigueur que Bourdieu lui-même.
Le style de dessin de Thomas, à la fois classique et réaliste, accompagne harmonieusement cette lecture dense tout en restant accessible.
En conclusion, cet ouvrage représente une lecture exigeante mais enrichissante, offrant une compréhension approfondie des débuts de Bourdieu dans le contexte algérien de l'époque.
Je découvre Alix Garin avec ce road movie émouvant. C'est un 4 étoiles qui est plus un 3,5.
La thématique d'Alzheimer est abordée avec délicatesse et il y a de beaux passages, le déroulé est fluide.
J'ai beaucoup aimé le dessin, simple mais expressif avec des couleurs qui servent l'histoire.
Dans les moins, pardonnables pour un premier livre : c'est un récit un peu convenu avec des passages typiques de ce type de road-movie : arrêts en motel, rencontres, moments de partage sur une plage déserte, et le classique accident de voiture...
Je trouve aussi que l'autrice se disperse un peu sur les sujets à traiter (la recherche d'identité sexuelle de l'héroïne, le lien avec sa mère, Alzheimer etc.), le récit aurait peut être gagné en force en en mettant moins ? Y compris pour le final.
Exercice de style oldschool
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Il s'agit d'une minisérie (ou maxisérie) en 12 épisodes écrite par Steve Niles (scénariste de 30 jours de nuit) et illustrée par Kelley Jones, spécialiste des histoires décalées de Batman (au choix Batman et Dracula : Pluie de sang, ou Batman : Haunted Gotham, en anglais pour ce dernier).
Dans cette histoire, un nouveau criminel exécute froidement des membres de la pègre et de la police ; il fait régner la terreur sur Gotham à tel point que plus personne n'ose sortir la nuit (donc plus aucun crime la nuit). Non seulement il a réussi là où Batman a échoué, mais en plus il semble lui en vouloir personnellement en manipulant ses ennemis les plus coriaces (Joker, Killer Croc, Catwoman, Scarecrow et Clayface). Pendant ce temps là, la police enquête sous la forme d'une belle femme nommée April Clarkson qui fait tourner la tête de Bruce Wayne et même de Batman. de son coté, Alfred Pennyworth est toujours aussi serviable, ironique et spécialiste hors pair dans tous les domaines scientifiques et techniques.
D'un coté, ce récit est incroyablement oldschool : aucune profondeur psychologique, un coupable dont on devine vite l'identité, des méchants qui ne sont là que pour se faire taper dessus, une horreur plus suggérée que montrée, des méchants très méchants, un Batman invincible, un James Gordon fidèle et incapable de voir l'identité secrète de Batman, des dessins tout en poses théâtrales outrées, des prises de vues en plongées et contreplongées, des civils qui hurlent à plein poumon devant les crimes commis, une pègre en dessous de tout en terme d'efficacité... jusqu'à Michelle Madsen qui recourt à de gros à-plat de couleurs criardes, sans aucun effet de dégradés.
D'un autre coté, ce récit kitch à souhait dégage un parfum d'aventure simple et d'horreur très années 70 irrésistibles. C'est vrai que la trame ressemble à s'y méprendre à celle de Silence où un mystérieux criminel manipule dans l'ombre les ennemis de Batman pour le détruire. Mais cette trame permet de mettre en scène de manière efficace plusieurs ennemis classiques, sans soucis de continuité ou de motivations plus ou moins crédibles. Et Steve Niles égrène les scènes attendus avec facilité et fluidité : Batman tombant sous les balles, Bruce Wayne rabrouant Alfred, Alfred faisant la leçon à Batman, le Joker en pleine crise de démence, etc. Il insère également des scènes moins attendues telles que Batman amoureux, Batman aux commandes d'un robot géant, un corps calciné, une scène d'ouverture de cercueil, etc.
Kelley Jones est un dessinateur qui a choisi depuis longtemps un style à l'opposé du photoréalisme ; il préfère l'exagération outrée et anatomiquement incorrectes aux proportions harmonieuses, les poses théâtrales aux postures naturelles, les perspectives faussées au respect des dimensions, les décors gothiques aux intérieurs douillets. Dans ce tome, Kelley Jones s'est appliqué et cela se voit. Chaque exagération ou disproportion sert le dessin. Pour les décors, il a fait un effort de conception et le look gothico-rétrofuturiste de l'ordinateur de la batcave est une merveille visuelle. Les moyens de transports utilisés par Batman sont absolument et délicieusement improbables et délirants. À l'évidence, c'est un style qui ne peut pas plaire à tout le monde, fuyez si vous êtes allergique aux oreilles démesurément pointues de Batman, aux effets de cape immensément longue et tourbillonnante et aux postures grotesques. Kelley Jones est à l'unisson du scénario qui nous plonge dans une fantasmagorie macabre.
Pour ma part, j'ai vraiment passé un bon moment à lire ce récit très simple et linéaire dans une première approche et assez savoureux à un deuxième niveau avec des dessins et une présentation très influencée par Bernie Wrightson et les EC Comics.
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Le Roi des bourdons
Vraie note 3,5 On ne juge pas un livre à sa couverture, et cela s'applique très bien au Roi des Bourdons de David, un album qui surprend par sa profondeur, bien au-delà de son apparence légère et du style simple en ligne claire. On pourrait facilement passer à côté en pensant que c’est une histoire de super-héros animalier, mais en réalité, le côté fantastique n’est qu’un prétexte. Ce qui rend cette série intéressante, c’est la manière dont de Thuin y injecte ses réflexions personnelles et ses critiques du milieu de l’édition. Le héros, Zola, se retrouve doté de super-pouvoirs après avoir sauvé un bourdon, un détail presque anecdotique qui ouvre la voie à une exploration plus intime. Le cœur du récit repose sur les difficultés de Zola à percer dans le monde de la BD, un monde où règnent le cynisme et la rentabilité, et où la passion peut facilement se heurter à l’indifférence des éditeurs. Reste néanmoins que j'ai trouvé cette critique un peu facile et cliché. Là ou Thuin fait fort par contre, c'est sa capacité à mélanger des thématiques variées : la maladie, la famille, la recherche de sens dans la création artistique, et bien entendu cette critique douce-amère du système éditorial. Il y a des moments d’humour, mais le ton devient progressivement plus sombre et introspectif au fil des tomes, sans pour autant tomber dans le pathos. Clairement pas une série qui cherche à en mettre plein la vue, mais elle parvient à faire mouche par son humanité et sa sincérité. Une lecture qui vaut le coup.
Crève saucisse
Je préfère prévenir avant, j'aime beaucoup les scénarios de Rabaté. Celui-ci n'est pas le meilleur mais se laisse quand même très bien lire. Le dessin fonctionne, les clins d'oeil aussi :) Un "bon" moment d'humanité comme à chaque fois.
Tout seul
Avec très peu de paroles, Chabouté arrive a construire une belle histoire. Beaucoup de sens, touchant, subtil, humain servi par un excellent dessin en noir et blanc. C'est une belle lecture sur le thème de l'évasion. Je recommande.
3 Secondes (3'')
J'aime beaucoup l'ensemble du travail de Marc Antoine Mathieu. Et j'appréhende chaque nouvel album en me disant que j'ai peur d'être déçu. Encore une fois c'est original, beau, élégant, précis et je me fais happer par l'histoire. Merci et bravo Maestro.
Comme un chef
Belle collaboration de Benoit Peeters avec Aurelia Aurita. Ils créent ce superbe livre qui retrace le parcours culinaire de Benoit Peeters. Depuis ses premières expériences avec la haute gastronomie jusqu'à aujourd'hui, Benoit Peeters a parcouru un chemin remarquable. Sous le coup de crayon léger et expressif d'Aurélia Aurita, ce voyage à travers les saveurs se révèle divertissant et instructif. Il ne s'agit pas simplement d'un livre de recettes. L'essence de cet ouvrage réside davantage dans une philosophie de la gastronomie, et comme il se doit avec un tel thème, le livre se dévore. Les moments clés sont représentés par des restaurants prestigieux, des plats classiques ou complexes, et des rencontres marquantes. En tournant les pages, les papilles de Benoit Peeters s'aiguisent tandis que le lecteur ressent une envie irrésistible de goûter à ces plats. J'ai sincèrement eu envie de partager certaines de ces expériences culinaires avec lui. J'ai particulièrement apprécié sa vision de la cuisine, qui la considère comme un mariage d'ingrédients donnant naissance à quelque chose de plus grand. C'est plus qu'une simple alimentation, c'est un équilibre des sensations. Cet ouvrage ravira les amateurs de grande gastronomie, avec une touche d'autodérision, parsemé de découvertes culinaires et servi avec simplicité et bonne humeur. Je le recommande vivement !
Le Singe de Hartlepool
J'étais complètement passé à côté de cette histoire inspirée d’une légende du Nord de l’Angleterre Le singe de Hartlepool est une histoire sur la bêtise humaine, le racisme mais aussi sur la cruauté aveugle dont peut-être capable l’Homme. Comme à son habitude, Lupano livre un récit fluide et je trouve que le dessin de Jérémie Moreau l'accompagne très bien.
Lebensborn
Un coup de cœur pour cet album. Isabelle Maroger raconte avec finesse, subtilité et émotion l'histoire de sa mère qu'elles découvrent ensemble en famille. La barbarie nazie ne s'est pas exprimée que dans les camps. Une belle BD pour s'en rappeler. Et bravo aussi pour l'illustration qui fait passer l'émotion sans lourdeur.
Bourdieu - Une enquête algérienne
Une belle exploration de la construction de l'univers intellectuel de Bourdieu par son intérêt marqué pour l'Algérie. Une enquête complète, mêlant histoire, biographie et sociologie dans le contexte intellectuel et politique de l'Algérie à l'époque (guerre d'Algérie). Des rappels théoriques éclairants sur l'évolution de la sociologie en tant que discipline scientifique, ainsi que sur la contribution significative de Bourdieu à ce domaine. C'est dense et bien documenté. Je regrette juste de trouver un peu trop la patte de l'auteur dans l'expression de son opinion politique qui n'est peut être pas au même niveau de rigueur que Bourdieu lui-même. Le style de dessin de Thomas, à la fois classique et réaliste, accompagne harmonieusement cette lecture dense tout en restant accessible. En conclusion, cet ouvrage représente une lecture exigeante mais enrichissante, offrant une compréhension approfondie des débuts de Bourdieu dans le contexte algérien de l'époque.
Ne m'oublie pas
Je découvre Alix Garin avec ce road movie émouvant. C'est un 4 étoiles qui est plus un 3,5. La thématique d'Alzheimer est abordée avec délicatesse et il y a de beaux passages, le déroulé est fluide. J'ai beaucoup aimé le dessin, simple mais expressif avec des couleurs qui servent l'histoire. Dans les moins, pardonnables pour un premier livre : c'est un récit un peu convenu avec des passages typiques de ce type de road-movie : arrêts en motel, rencontres, moments de partage sur une plage déserte, et le classique accident de voiture... Je trouve aussi que l'autrice se disperse un peu sur les sujets à traiter (la recherche d'identité sexuelle de l'héroïne, le lien avec sa mère, Alzheimer etc.), le récit aurait peut être gagné en force en en mettant moins ? Y compris pour le final.
Batman - Minuit à Gotham
Exercice de style oldschool - Il s'agit d'une minisérie (ou maxisérie) en 12 épisodes écrite par Steve Niles (scénariste de 30 jours de nuit) et illustrée par Kelley Jones, spécialiste des histoires décalées de Batman (au choix Batman et Dracula : Pluie de sang, ou Batman : Haunted Gotham, en anglais pour ce dernier). Dans cette histoire, un nouveau criminel exécute froidement des membres de la pègre et de la police ; il fait régner la terreur sur Gotham à tel point que plus personne n'ose sortir la nuit (donc plus aucun crime la nuit). Non seulement il a réussi là où Batman a échoué, mais en plus il semble lui en vouloir personnellement en manipulant ses ennemis les plus coriaces (Joker, Killer Croc, Catwoman, Scarecrow et Clayface). Pendant ce temps là, la police enquête sous la forme d'une belle femme nommée April Clarkson qui fait tourner la tête de Bruce Wayne et même de Batman. de son coté, Alfred Pennyworth est toujours aussi serviable, ironique et spécialiste hors pair dans tous les domaines scientifiques et techniques. D'un coté, ce récit est incroyablement oldschool : aucune profondeur psychologique, un coupable dont on devine vite l'identité, des méchants qui ne sont là que pour se faire taper dessus, une horreur plus suggérée que montrée, des méchants très méchants, un Batman invincible, un James Gordon fidèle et incapable de voir l'identité secrète de Batman, des dessins tout en poses théâtrales outrées, des prises de vues en plongées et contreplongées, des civils qui hurlent à plein poumon devant les crimes commis, une pègre en dessous de tout en terme d'efficacité... jusqu'à Michelle Madsen qui recourt à de gros à-plat de couleurs criardes, sans aucun effet de dégradés. D'un autre coté, ce récit kitch à souhait dégage un parfum d'aventure simple et d'horreur très années 70 irrésistibles. C'est vrai que la trame ressemble à s'y méprendre à celle de Silence où un mystérieux criminel manipule dans l'ombre les ennemis de Batman pour le détruire. Mais cette trame permet de mettre en scène de manière efficace plusieurs ennemis classiques, sans soucis de continuité ou de motivations plus ou moins crédibles. Et Steve Niles égrène les scènes attendus avec facilité et fluidité : Batman tombant sous les balles, Bruce Wayne rabrouant Alfred, Alfred faisant la leçon à Batman, le Joker en pleine crise de démence, etc. Il insère également des scènes moins attendues telles que Batman amoureux, Batman aux commandes d'un robot géant, un corps calciné, une scène d'ouverture de cercueil, etc. Kelley Jones est un dessinateur qui a choisi depuis longtemps un style à l'opposé du photoréalisme ; il préfère l'exagération outrée et anatomiquement incorrectes aux proportions harmonieuses, les poses théâtrales aux postures naturelles, les perspectives faussées au respect des dimensions, les décors gothiques aux intérieurs douillets. Dans ce tome, Kelley Jones s'est appliqué et cela se voit. Chaque exagération ou disproportion sert le dessin. Pour les décors, il a fait un effort de conception et le look gothico-rétrofuturiste de l'ordinateur de la batcave est une merveille visuelle. Les moyens de transports utilisés par Batman sont absolument et délicieusement improbables et délirants. À l'évidence, c'est un style qui ne peut pas plaire à tout le monde, fuyez si vous êtes allergique aux oreilles démesurément pointues de Batman, aux effets de cape immensément longue et tourbillonnante et aux postures grotesques. Kelley Jones est à l'unisson du scénario qui nous plonge dans une fantasmagorie macabre. Pour ma part, j'ai vraiment passé un bon moment à lire ce récit très simple et linéaire dans une première approche et assez savoureux à un deuxième niveau avec des dessins et une présentation très influencée par Bernie Wrightson et les EC Comics.