Voilà une reprise qui a fait couler beaucoup d'encre et je suis ravi de lire beaucoup de modération et d'objectivité dans les critiques précédentes.
J'ai en effet trouvé dans d'autres endroits la critique très sévère avec Delaf. Oui ce n'est pas Franquin, oui il touche à la légende mais 1/ ce n'est pas la première fois que ca arrive chez Dupuis quand même ? et 2/ objectivement, Delaf a fait du bon boulot.
On voit que Delaf s'y est attelé avec beaucoup de respect et je ne sais franchement pas si j'aurais vu une différence à l'aveugle, sans savoir. Je trouve que Delaf a su capter l'essence de Gaston, car il ne s'agit pas de que de gags absurdes, il y a du charme en plus que Delaf a su maintenir de mon point de vue.
Sur l'aspect graphique, ce n'était pas une mince affaire de reprendre Franquin et je trouve qu'on est bien dans le même esprit, avec peut être une petite touche de modernité. Oui ce n'est pas exactement le même dessin, mais c'est inévitable.
La reprise de Gaston par Delaf est une agréable surprise, un hommage respectueux et rafraîchissant à un classique intemporel.
Un humain doit s'accomplir individuellement, sinon ce n'est qu'une fourmi.
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Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. La première édition de cet ouvrage date de 2020. Elle a été réalisée par Valérie Mangin & Denis Bajram pour le scénario, par Thibaud de Rochebrune pour les dessins, l'encrage et la mise en couleurs. Il s'agit d'une bande dessinée de 94 pages.
Une petite navette spatiale en provenance d'une arche de colonisation arrive à proximité d'une planète plongée dans l'obscurité, avec une zone rougeoyante à sa surface. À son bord se trouve 5 membres d'équipages humains et un robot : la capitaine, Miller, Tafsir, la docteure Malika, Hiroshi et l'androïde Ellis. Cette dernière s'inquiète des ordres déconcertants de la capitaine. Peu de temps après le vaisseau traverse l'atmosphère de la planète et coule dans ses eaux, à proximité de la zone rougeoyante. Comprenant que leur navette s'enfonce dans l'océan, les membres de l'équipage revêtent leur combinaison pour sortir, bien qu'ils aient constaté la présence de créatures monstrueuses évoquant un croisement entre des méduses et des pieuvres géantes. le vaisseau explose alors que Miller ne parvient pas à en sortir et il meurt. Les autres se retrouvent vite encerclés par les créatures aquatiques. Il leur faut un peu de temps pour se rendre compte qu'elles ne les attaquent pas, mais qu'au contraire, elles les aident à gagner la surface, les sauvant ainsi de la noyade. Plus surprenant encore, elles remontent également le cadavre de Miller, qu'elles déposent sur la grève. Les quatre survivants et le robot commencent à réfléchir sur qu'ils peuvent faire. Analyser l'air pour savoir s'il est respirable par des humains, puis se mettre en quête de nourriture. L'activité volcanique génère une lueur rougeâtre qui illumine assez la nuit pour qu'ils se rendent compte que se tiennent devant eux plusieurs dizaines d'êtres humains nus. La capitaine retire alors le casque de sa combinaison comprenant que l'air est respirable. Quelques individus s'avancent vers eux et leur prennent gentiment un gant, un casque.
Les cinq rescapés suivent les autochtones vers une zone dégagée entourée d'habitations basses en forme de dôme. Ils ont remarqué des ossements humains accrochés à des pics autour du campement. Un ancien leur adresse la parole, parlant la même langue qu'eux et leur demandant d'où ils viennent. La capitaine explique qu'ils viennent de l'arche colonisatrice Alma Mater, son commandant les a envoyés en reconnaissance à la recherche d'une planète habitable. C'est maintenant l'heure de manger. Une femme apporte un bol avec de la nourriture aux cinq voyageurs. Ellis se livre à une analyse de son contenu : un aliment comestible, végétal, riche en protéines. Ils mangent sans crainte, sauf Ellis un robot qui n'a pas besoin de sustenter. Elle note qu'ils disposent d'objets en plastique, et en métal usiné. Une fois le repas terminé, une autre indigène leur indique qu'il faut dormir maintenant. Ils essayent d'engager la conversation sur leur origine, sur les créatures marines, peut-être dressées. Mais ils n'obtiennent que des réponses brèves sans information, et le rappel que c'est l'heure d'aller se coucher. Ils obtempèrent, tout en passant devant ces squelettes exposés sur des piques. Une fois dans l'habitation qui leur a été attribuée, ils se demandent si Miller sera aussi exposé sur une pique, s'il y a des rites funéraires dans cette communauté. Enfin, Hiroshi va monter la garde avec Ellis pour la nuit.
Les époux Valérie Mangin (scénariste de la série Alix Senator) & Denis Bajram (scénariste d'Universal War) ont déjà collaboré sur d'autres histoires comme Abymes (2013, 3 tomes avec Griffo et Loïc Malnati), Expérience Mort (2014-2016, 4 tomes avec Jean-Michel Ponzio). Ici, ils ont réalisé une histoire de science-fiction, complète en 1 tome. le lecteur découvre rapidement que le récit fonctionne sur une mécanique pour partie d'enquête, pour partie de thriller. Il s'agit pour les 5 voyageurs de découvrir d'où proviennent les êtres humains de la communauté qui les a accueillis, et de comprendre comment fonctionne leur société. le temps est compté car il y a une force inconnue à l’œuvre qui sape leur volonté de bien étrange manière, avec des conséquences incapacitantes. le lecteur suit donc Ellis, la capitaine, Tafsir, Malika et Hiroshi dans leur exploration pour découvrir ce qu'il en est. Les auteurs font en sorte que chaque personnage a un rôle ou une profession qui le définit, et le distingue des autres. L'artiste fait en sorte de leur donner des traits différenciés de manière que le lecteur les reconnaisse au premier coup d’œil. Ils n'ont pas une personnalité très marquée, essentiellement un unique trait de caractère lié à leur métier pour le soldat Hiroshi, à la prise de décision pour la capitaine, à la curiosité scientifique. Pour autant, l'empathie fonctionne parce que le lecteur se retrouve confronté au mystère de cette communauté, de la même manière que les voyageurs. Comme eux, ils se demandent quoi faire, quel degré de méfiance il faut avoir, comment s'y prendre pour comprendre les valeurs et les coutumes de cette société, et à quel moment il sera possible d'envisager la probabilité de l'établissement de l'envoi d'un message de détresse à l'arche colonisatrice, ou la nécessité de se résigner à un long séjour sur cet atoll.
La couverture promet un mystère : celui d'un explorateur spatial face à une communauté primitive. En y prêtant un peu plus attention, le lecteur se rend compte que les personnages sur le rivage sont nus pour la plupart. C'est un choix assez risqué, car vite perçu comme politiquement incorrect, mais qui reflète totalement l'intérieur de la bande dessinée. Car, oui, il y a bien une communauté de gens qui vivent dans le plus simple appareil et ils sont dessinés avec le même naturel que sur la couverture, avec la même distance. du coup, cela n'a rien d'érotique, tout en étant une caractéristique essentielle de ladite communauté. le lecteur prend ainsi conscience de l'habileté de l'artiste à intégrer un élément visuel pouvant facilement s'avérer tendancieux et prêter le flanc à la critique. Tout du long de l'histoire, il va pouvoir se régaler de visions inattendues et spectaculaires. Sans tout dévoiler, il est possible de prendre deux exemples. le passage sous-marin dans une eau rendue rouge par l'activité volcanique est magnifique, les angles de prise de vue rendant bien compte de l'inquiétude des astronautes face à ces créatures marines dont ils ignorent tout des intentions. Lors de leurs explorations, ils découvrent des cultures en terrasse, sous une lumière artificielle, dans une lumière splendide, avec un très bel effet de profondeur. Dépassée la moitié du récit, le lecteur peut également prendre la mesure de l'agencement de cet environnement très particulier, et du fait que la disposition de cette différentes parties fait sens par rapport à l'élément structurant principal.
Bien sûr, comme le récit fonctionne sur le principe de la découverte d'une planète et de son peuple, le lecteur s'attend à découvrir des sites différents. C'est bien le cas, et le dessinateur leur donne à tous une identité propre, des caractéristiques spécifiques, et une ambiance particulière en leur attribuant une tonalité lumineuse à chacun, par exemple le rouge pour la phase sous-marine, le bleu chaleureux pour l'eau du lagon et pour le ciel, une teinte gris bleuté pour a nuit, le vert pour la séquence avec les cultures en terrasse. le lecteur ressent ainsi bien les différentes phases du récit, à chaque changement de lieu. le fait que Thibaud de Rochebrune réalise l'intégralité de ses planches (découpage, dessin, encrage, couleurs) leur apporte une unité et une fluidité remarquable. En particulier, il gère la densité d'information visuelle avec une intelligence impressionnante, entre ce qu'il représente, et ce qu'il suggère par le biais d'un camaïeu de couleur en fond de case. Cela donne une lecture visuelle légère avec une bonne densité d'informations, sans jamais ressentir d'impression de vide des cases, un équilibre remarquable. S'il y est sensible, le lecteur remarque également que l'artiste apporte de la variété dans sa narration visuelle en utilisant aussi bien des bandes de cases rectangulaires, que des cases de la largeur de la page, ou des cases de la hauteur de la page, en fonction de la nature de la séquence.
Le lecteur emboîte donc le pas des cinq explorateurs pour découvrir le mode de fonctionnement de cette étrange communauté. Il remarque que le scénario est construit sur des étapes très claires, avec une progression quasi mécanique dans ce qui arrive aux explorateurs, l'un après l'autre, sur la base du passage en revue des quatre éléments naturels. Il retrouve le goût de Bajram pour la science-fiction claire et bien construite, et le savoir-faire d'exposition naturelle. Sa curiosité est piquée par plusieurs mystères, et son attention est captive du fait d'un rythme rapide et régulier, sans être précipité. Il repère rapidement le thème principal sous-jacent : celui de la place du libre arbitre dans une société humaine, et de la place de l'être humain dans un écosystème. À quelques reprises, il relève une remarque qui fait écho à d'autres notions. Difficile de ne pas reconnaître une philosophie spirituelle quand un autochtone explique qu'il passe sa vie à souffrir. Difficile de ne pas sourire en voyant des humains courir dans des roues de type roue pour cage de rongeur, et refuser de quitter ce système, comme un employé bossant comme un automate sans espoir de ne jamais aller nulle part. Ce passage entre d'ailleurs en résonance avec le fait que l'entité du Grand Tout aime tous ceux qui lui sont utiles.
Les auteurs proposent au lecteur de suivre une bande de cinq naufragés sur une planète essentiellement aquatique, où se trouve déjà une autre communauté d'humains mais qui n'ont aucun souvenir que leurs ancêtres aient connu une autre vie. La narration visuelle semble un peu légère par endroit en surface, mais très vite elle emporte le lecteur par son dosage parfait entre densité d'informations et suggestion, avec un rythme vif et régulier. L'intrigue happe le lecteur avec ses mystères, plutôt qu'avec ses personnages, avec leur situation et l'exploration qu'ils doivent effectuer. le lecteur voit apparaître les phases mécaniques du récit, mais aussi la structure sous-jacente logique et élégante, et il voit émerger petit à petit une réflexion sur la société, mais aussi sur la construction d'une interaction entre deux communautés différentes, avec un le rôle ironique du robot, un élément non humain, mais fabriqué par des humains.
3,5.
Les dessins de cette bande dessinée sont très jolies, et c'est en grande partie grâce à eux que je lui attribue 4 étoiles au lieu de 3. La lecture est fluide et captivante, sans aucun moment d'ennui. J'ajoute cette BD à mes favoris car elle m'a offert un agréable moment de lecture. Avec ses animaux, ses paysages forestiers, une touche de mystère, un scénario qui tiens la route (bien que pas très original) et surtout, son dessin, elle m'a pleinement satisfait.
[Sans spoiler, mais cette critique peut contenir des indices, donc évitez de lire si vous n'avez pas encore lu la BD]
Je ne lis jamais les quatrièmes de couverture, donc le tournant de l'histoire m'a complètement pris par surprise. J'avoue que j'aurais préféré une intrigue davantage axée sur le développement de la jeune fille dans cet environnement de chasse cruel, sans l'élément fantastique. Cependant, je ne suis pas déçu pour autant. Comme souvent, c'est la fin qui m'a laissé un peu perplexe : trop rapide à mon goût. Je m'attendais à plus de développement et j'ai été surpris de tourner la dernière page si soudainement.
J'avais déjà découvert le travail de Xavier dans la série Toxic Boy, et j'avais pu échanger un peu avec lui. Il avait annoncé travailler sur cette BD et je l'ai vu ensuite exposé en vitrine de mon libraire. J'ai été tiraillé entre l'envie de la lire et mon éco-anxiété (ce qui m'a toujours retenu de lire "Un monde sans fin" d'ailleurs). J'ai finalement pris mon courage à deux mains pour l'acheter, arguant que c'était pour enrichir BDthèque. Et alors, qu'en penser ? Que si vous cherchez un remède à l'éco-anxiété, c'est pas ici que vous l'aurez. Mais que ça ne risque pas de l'aggraver non plus. Disons que ça aide. Un peu.
Le bouquin est dense, plus de 300 pages, mais salutaire. En l'état, c'est une synthèse (et non un résumé) du rapport du GIEC avec commentaires pour en comprendre la portée et le sens. Et je trouve ça génial.
Le GIEC, on en entend souvent parler (en bien ou en mal) sans trop savoir ce que c'est, ce qu'il font, pourquoi et comment. Et son existence tourne autour d'une seule et unique chose : le changement climatique. Pour l'étudier correctement, le GIEC produit régulièrement des rapports, le dernier en date étant celui de 2021 et a fait quelque peu de bruit. Malheureusement pas assez ...
C'est pour cela que ce genre de BD existe : essayer de synthétiser l'essentiel dans une publication destinée au grand public. Parce que le rapport complet fait un nombre de pages colossales et que son résumé fait 87 pages (35 pour celui à destination des décideurs). Il parait assez fou de le lire alors qu'on est néophyte du genre et au vu de la spécialisation de ce qui y est décrit. S'atteler à la lourde tâche de le vulgariser est à la fois louable et impressionnant ! Mais Xavier Henrion s'est adjoint le concours d'une spécialiste, et tant mieux !
En effet, la BD est une série d'échanges avec des spécialistes du climat, chacun étant spécialiste d'un aspect spécifique. Les échanges permettent de retracer les grandes lignes du rapport du GIEC, qui est découpé en trois grandes parties. Et si le résumé surtout connu est "C'est grave la merde", il y a tout un pan important occulté : celui de l'action et des stratégies à adopter. Une note finale qui évite à la BD de plomber l'ambiance, même si elle alourdit bien le ton dès le début.
Une des originalités de la BD, outre ses échanges en tout sens incroyablement riches, est d'avoir présenté le récit entre Iris et Xavier. Ce dernier ne connait rien au GIEC tandis qu'elle travaille dans le milieu. Le pauvre Xavier est alors trimballé de rencontres en rencontres pour se prendre de plein fouet la réalité dans la gueule. Réalité qui fait mal et conduit à la dépression, ce que j'ai personnellement expérimenté. Et le moment où il regarde par la fenêtre en pensant, à chaque avion qui passe, que c'est foutu, je peux totalement le comprendre. C'est là où la BD fait mouche : elle nous met aussi face à ce que ce rapport provoque. Et elle rappelle que la peur est un inhibiteur d'action, nous empêchant d'agir alors qu'il le faut.
D'ailleurs la BD rappelle à la fin que si le changement est 100 % d'origine humaine, cela signifie que nous sommes 100% de la solution. Un rappel du rôle crucial que nous jouons tous.
Niveau dessin, j'ai retrouvé des tics et expressions que l'auteur avait utilisé dans Toxic Boy mais il s'essaye avec un très bon résultat à la vulgarisation des graphiques et courbes, aux explications du fonctionnement ou encore à la métaphore. C'est dynamique et aéré dans la mise en page, même si la lecture est dense (et éprouvante). Ne vous y lancez pas pour vous détendre, il faut s'accrocher pour s'y plonger complètement.
Donc voila, c'est pas la BD qui vous rassurera, mais en tout cas elle fait tout pour ne pas avoir le tableau le plus sombre possible. Je pense qu'elle est essentielle à tout CDI et à toute bibliothèque pour que tout à chacun comprenne l'importance de ce rapport du GIEC et que l'écologie sans lutte des classes, c'est du jardinage. Faut qu'on se bouge comme jamais auparavant, plus vite qu'on ne l'imagine, et tous ensemble. Une BD qui incite à agir et c'est exactement ce dont on a besoin.
Un bon roman graphique comme Pascal Rabaté sait les faire. Il explore ici les contrastes entre deux mondes sociaux opposés et c'est cette fois la bourgeoisie de province qui se fait moquer.
À travers des dialogues subtils, des illustrations évocatrices et son habituelle espièglerie, Rabaté donne vie à des personnages authentiques. Il réussit à aborder des thèmes sociaux et politiques tout en préservant un récit fluide et prenant.
Très belle surprise qui m'a été conseillée par mon libraire. J'avais 15 ans quand les faits se sont produits et n'etais jamais revenu sur ce moment de l'histoire du Rwanda, pas vraiment le plus glorieux pour la France et les occidentaux en général.
Voir cela à travers les yeux d'un enfant n'est pas qu'une ficelle scénaristique, ce sont les relations amicales et familiales qui en prennent un coup dans ces moments là et c'est bien ce que les auteurs (récit originel de Gael Faye) réussissent à partager. Je me suis pris une sacrée claque et n'ai pas eu l'impression de lire le digest de l'œuvre originale.
Le dessin est académique, j'ai aimé car il permet de bien rester concentré sur l'histoire.
Un album coup de poing que je recommande fortement.
Par le meme auteur qu'un roman d'amour, on reste dans la poésie avec cette adaptation d'un roman d'Antonio Monesco. L'émotion passe très bien avec cette mise en couleur et les noirs profonds et je me suis bien fait happer par cette histoire étrange qui sort vraiment du schéma classique.
Un enchaînement fluide de saynètes qui ne sont pas sans rappeler les vacances de Mr Hulot. C'est simple, subtil, délicat et vraiment amusant. Les personnages sont finement caricaturés et rappelleront forcément du déjà vu aux amateurs de bord de mer. Le montage et les enchaînements fonctionnent très bien. Drôle, moqueur et facétieux, j'adore !
Comme NoirDésir, surpris de trouver cet auteur (que je ne connaissais pas) chez Fluide Glacial.
On est certes dans l'humour mais il est ici noir et grinçant.
Je ne connaissais pas Ersin Karabulut mais je vais suivre.
Le niveau des contes n'est pas homogène mais aucun ne passe complètement à côté.
Un style graphique varié mais qui fonctionne très très bien, au service d'une vision corrosive de notre société, beaucoup de sujets y passent.
Je recommande fortement.
Amoureux de l'Art, procurez-vous cette magnifique déclaration d'amour aux sujets des oeuvres et des personnes qui les observent, les admirent, les commentent ou les snobbent, c'est selon.
Qui ne se reconnaîtra pas dans l'un des visiteurs croqués par ce talentueux Chabouté? Et quel meilleur cadre qu'un musée de nuit pour sublimer son noir&blanc? Un musée où les oeuvres prennent vie et sortent de leur cadrer pour vaquer à leurs habitudes d'après-fermeture: étalage de potins, déclaration d'amour, contemplation, réflexion.... les chefs-d'oeuvre de la sculpture et de la peinture s'accaparent nos traits et nos pensées. Peut-être sommes-nous les sujets et eux les spectateurs?
De belles tranches de vie, de belle redécouvertes d'oeuvre (quel dommage que le musée d'Orsay soit si loin). Quelques running gags bien placés (le buste trop petit qui demande à être placé plus haut) et de belles mise en scène. Mais l'album met quelques temps à indiquer dans quoi s'embarque le lecteur, ce qui peut rebuter quelqu'un le feuilletant à la va-vite pour décider de le prendre ou non.
Enfin bémol pour les moins-sensibles à la poésie comme moi, les contages de fleurette sont vraiment trop gnangnans. "Je t'aime" en boucle sans argumentaire... Au moins leurs opposés démontrent par leurs coups vache de retournement de toile que des actes sont nécessaires, action-réaction.
Un très bel hommage à la Culture, à ceux qui l'entretiennent et à ceux qui la soutiennent.
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Gaston Lagaffe (Delaf d'après Franquin)
Voilà une reprise qui a fait couler beaucoup d'encre et je suis ravi de lire beaucoup de modération et d'objectivité dans les critiques précédentes. J'ai en effet trouvé dans d'autres endroits la critique très sévère avec Delaf. Oui ce n'est pas Franquin, oui il touche à la légende mais 1/ ce n'est pas la première fois que ca arrive chez Dupuis quand même ? et 2/ objectivement, Delaf a fait du bon boulot. On voit que Delaf s'y est attelé avec beaucoup de respect et je ne sais franchement pas si j'aurais vu une différence à l'aveugle, sans savoir. Je trouve que Delaf a su capter l'essence de Gaston, car il ne s'agit pas de que de gags absurdes, il y a du charme en plus que Delaf a su maintenir de mon point de vue. Sur l'aspect graphique, ce n'était pas une mince affaire de reprendre Franquin et je trouve qu'on est bien dans le même esprit, avec peut être une petite touche de modernité. Oui ce n'est pas exactement le même dessin, mais c'est inévitable. La reprise de Gaston par Delaf est une agréable surprise, un hommage respectueux et rafraîchissant à un classique intemporel.
Inhumain
Un humain doit s'accomplir individuellement, sinon ce n'est qu'une fourmi. - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. La première édition de cet ouvrage date de 2020. Elle a été réalisée par Valérie Mangin & Denis Bajram pour le scénario, par Thibaud de Rochebrune pour les dessins, l'encrage et la mise en couleurs. Il s'agit d'une bande dessinée de 94 pages. Une petite navette spatiale en provenance d'une arche de colonisation arrive à proximité d'une planète plongée dans l'obscurité, avec une zone rougeoyante à sa surface. À son bord se trouve 5 membres d'équipages humains et un robot : la capitaine, Miller, Tafsir, la docteure Malika, Hiroshi et l'androïde Ellis. Cette dernière s'inquiète des ordres déconcertants de la capitaine. Peu de temps après le vaisseau traverse l'atmosphère de la planète et coule dans ses eaux, à proximité de la zone rougeoyante. Comprenant que leur navette s'enfonce dans l'océan, les membres de l'équipage revêtent leur combinaison pour sortir, bien qu'ils aient constaté la présence de créatures monstrueuses évoquant un croisement entre des méduses et des pieuvres géantes. le vaisseau explose alors que Miller ne parvient pas à en sortir et il meurt. Les autres se retrouvent vite encerclés par les créatures aquatiques. Il leur faut un peu de temps pour se rendre compte qu'elles ne les attaquent pas, mais qu'au contraire, elles les aident à gagner la surface, les sauvant ainsi de la noyade. Plus surprenant encore, elles remontent également le cadavre de Miller, qu'elles déposent sur la grève. Les quatre survivants et le robot commencent à réfléchir sur qu'ils peuvent faire. Analyser l'air pour savoir s'il est respirable par des humains, puis se mettre en quête de nourriture. L'activité volcanique génère une lueur rougeâtre qui illumine assez la nuit pour qu'ils se rendent compte que se tiennent devant eux plusieurs dizaines d'êtres humains nus. La capitaine retire alors le casque de sa combinaison comprenant que l'air est respirable. Quelques individus s'avancent vers eux et leur prennent gentiment un gant, un casque. Les cinq rescapés suivent les autochtones vers une zone dégagée entourée d'habitations basses en forme de dôme. Ils ont remarqué des ossements humains accrochés à des pics autour du campement. Un ancien leur adresse la parole, parlant la même langue qu'eux et leur demandant d'où ils viennent. La capitaine explique qu'ils viennent de l'arche colonisatrice Alma Mater, son commandant les a envoyés en reconnaissance à la recherche d'une planète habitable. C'est maintenant l'heure de manger. Une femme apporte un bol avec de la nourriture aux cinq voyageurs. Ellis se livre à une analyse de son contenu : un aliment comestible, végétal, riche en protéines. Ils mangent sans crainte, sauf Ellis un robot qui n'a pas besoin de sustenter. Elle note qu'ils disposent d'objets en plastique, et en métal usiné. Une fois le repas terminé, une autre indigène leur indique qu'il faut dormir maintenant. Ils essayent d'engager la conversation sur leur origine, sur les créatures marines, peut-être dressées. Mais ils n'obtiennent que des réponses brèves sans information, et le rappel que c'est l'heure d'aller se coucher. Ils obtempèrent, tout en passant devant ces squelettes exposés sur des piques. Une fois dans l'habitation qui leur a été attribuée, ils se demandent si Miller sera aussi exposé sur une pique, s'il y a des rites funéraires dans cette communauté. Enfin, Hiroshi va monter la garde avec Ellis pour la nuit. Les époux Valérie Mangin (scénariste de la série Alix Senator) & Denis Bajram (scénariste d'Universal War) ont déjà collaboré sur d'autres histoires comme Abymes (2013, 3 tomes avec Griffo et Loïc Malnati), Expérience Mort (2014-2016, 4 tomes avec Jean-Michel Ponzio). Ici, ils ont réalisé une histoire de science-fiction, complète en 1 tome. le lecteur découvre rapidement que le récit fonctionne sur une mécanique pour partie d'enquête, pour partie de thriller. Il s'agit pour les 5 voyageurs de découvrir d'où proviennent les êtres humains de la communauté qui les a accueillis, et de comprendre comment fonctionne leur société. le temps est compté car il y a une force inconnue à l’œuvre qui sape leur volonté de bien étrange manière, avec des conséquences incapacitantes. le lecteur suit donc Ellis, la capitaine, Tafsir, Malika et Hiroshi dans leur exploration pour découvrir ce qu'il en est. Les auteurs font en sorte que chaque personnage a un rôle ou une profession qui le définit, et le distingue des autres. L'artiste fait en sorte de leur donner des traits différenciés de manière que le lecteur les reconnaisse au premier coup d’œil. Ils n'ont pas une personnalité très marquée, essentiellement un unique trait de caractère lié à leur métier pour le soldat Hiroshi, à la prise de décision pour la capitaine, à la curiosité scientifique. Pour autant, l'empathie fonctionne parce que le lecteur se retrouve confronté au mystère de cette communauté, de la même manière que les voyageurs. Comme eux, ils se demandent quoi faire, quel degré de méfiance il faut avoir, comment s'y prendre pour comprendre les valeurs et les coutumes de cette société, et à quel moment il sera possible d'envisager la probabilité de l'établissement de l'envoi d'un message de détresse à l'arche colonisatrice, ou la nécessité de se résigner à un long séjour sur cet atoll. La couverture promet un mystère : celui d'un explorateur spatial face à une communauté primitive. En y prêtant un peu plus attention, le lecteur se rend compte que les personnages sur le rivage sont nus pour la plupart. C'est un choix assez risqué, car vite perçu comme politiquement incorrect, mais qui reflète totalement l'intérieur de la bande dessinée. Car, oui, il y a bien une communauté de gens qui vivent dans le plus simple appareil et ils sont dessinés avec le même naturel que sur la couverture, avec la même distance. du coup, cela n'a rien d'érotique, tout en étant une caractéristique essentielle de ladite communauté. le lecteur prend ainsi conscience de l'habileté de l'artiste à intégrer un élément visuel pouvant facilement s'avérer tendancieux et prêter le flanc à la critique. Tout du long de l'histoire, il va pouvoir se régaler de visions inattendues et spectaculaires. Sans tout dévoiler, il est possible de prendre deux exemples. le passage sous-marin dans une eau rendue rouge par l'activité volcanique est magnifique, les angles de prise de vue rendant bien compte de l'inquiétude des astronautes face à ces créatures marines dont ils ignorent tout des intentions. Lors de leurs explorations, ils découvrent des cultures en terrasse, sous une lumière artificielle, dans une lumière splendide, avec un très bel effet de profondeur. Dépassée la moitié du récit, le lecteur peut également prendre la mesure de l'agencement de cet environnement très particulier, et du fait que la disposition de cette différentes parties fait sens par rapport à l'élément structurant principal. Bien sûr, comme le récit fonctionne sur le principe de la découverte d'une planète et de son peuple, le lecteur s'attend à découvrir des sites différents. C'est bien le cas, et le dessinateur leur donne à tous une identité propre, des caractéristiques spécifiques, et une ambiance particulière en leur attribuant une tonalité lumineuse à chacun, par exemple le rouge pour la phase sous-marine, le bleu chaleureux pour l'eau du lagon et pour le ciel, une teinte gris bleuté pour a nuit, le vert pour la séquence avec les cultures en terrasse. le lecteur ressent ainsi bien les différentes phases du récit, à chaque changement de lieu. le fait que Thibaud de Rochebrune réalise l'intégralité de ses planches (découpage, dessin, encrage, couleurs) leur apporte une unité et une fluidité remarquable. En particulier, il gère la densité d'information visuelle avec une intelligence impressionnante, entre ce qu'il représente, et ce qu'il suggère par le biais d'un camaïeu de couleur en fond de case. Cela donne une lecture visuelle légère avec une bonne densité d'informations, sans jamais ressentir d'impression de vide des cases, un équilibre remarquable. S'il y est sensible, le lecteur remarque également que l'artiste apporte de la variété dans sa narration visuelle en utilisant aussi bien des bandes de cases rectangulaires, que des cases de la largeur de la page, ou des cases de la hauteur de la page, en fonction de la nature de la séquence. Le lecteur emboîte donc le pas des cinq explorateurs pour découvrir le mode de fonctionnement de cette étrange communauté. Il remarque que le scénario est construit sur des étapes très claires, avec une progression quasi mécanique dans ce qui arrive aux explorateurs, l'un après l'autre, sur la base du passage en revue des quatre éléments naturels. Il retrouve le goût de Bajram pour la science-fiction claire et bien construite, et le savoir-faire d'exposition naturelle. Sa curiosité est piquée par plusieurs mystères, et son attention est captive du fait d'un rythme rapide et régulier, sans être précipité. Il repère rapidement le thème principal sous-jacent : celui de la place du libre arbitre dans une société humaine, et de la place de l'être humain dans un écosystème. À quelques reprises, il relève une remarque qui fait écho à d'autres notions. Difficile de ne pas reconnaître une philosophie spirituelle quand un autochtone explique qu'il passe sa vie à souffrir. Difficile de ne pas sourire en voyant des humains courir dans des roues de type roue pour cage de rongeur, et refuser de quitter ce système, comme un employé bossant comme un automate sans espoir de ne jamais aller nulle part. Ce passage entre d'ailleurs en résonance avec le fait que l'entité du Grand Tout aime tous ceux qui lui sont utiles. Les auteurs proposent au lecteur de suivre une bande de cinq naufragés sur une planète essentiellement aquatique, où se trouve déjà une autre communauté d'humains mais qui n'ont aucun souvenir que leurs ancêtres aient connu une autre vie. La narration visuelle semble un peu légère par endroit en surface, mais très vite elle emporte le lecteur par son dosage parfait entre densité d'informations et suggestion, avec un rythme vif et régulier. L'intrigue happe le lecteur avec ses mystères, plutôt qu'avec ses personnages, avec leur situation et l'exploration qu'ils doivent effectuer. le lecteur voit apparaître les phases mécaniques du récit, mais aussi la structure sous-jacente logique et élégante, et il voit émerger petit à petit une réflexion sur la société, mais aussi sur la construction d'une interaction entre deux communautés différentes, avec un le rôle ironique du robot, un élément non humain, mais fabriqué par des humains.
Un loup pour l'homme
3,5. Les dessins de cette bande dessinée sont très jolies, et c'est en grande partie grâce à eux que je lui attribue 4 étoiles au lieu de 3. La lecture est fluide et captivante, sans aucun moment d'ennui. J'ajoute cette BD à mes favoris car elle m'a offert un agréable moment de lecture. Avec ses animaux, ses paysages forestiers, une touche de mystère, un scénario qui tiens la route (bien que pas très original) et surtout, son dessin, elle m'a pleinement satisfait. [Sans spoiler, mais cette critique peut contenir des indices, donc évitez de lire si vous n'avez pas encore lu la BD] Je ne lis jamais les quatrièmes de couverture, donc le tournant de l'histoire m'a complètement pris par surprise. J'avoue que j'aurais préféré une intrigue davantage axée sur le développement de la jeune fille dans cet environnement de chasse cruel, sans l'élément fantastique. Cependant, je ne suis pas déçu pour autant. Comme souvent, c'est la fin qui m'a laissé un peu perplexe : trop rapide à mon goût. Je m'attendais à plus de développement et j'ai été surpris de tourner la dernière page si soudainement.
Horizons climatiques - Rencontre avec neuf scientifiques du G.I.E.C.
J'avais déjà découvert le travail de Xavier dans la série Toxic Boy, et j'avais pu échanger un peu avec lui. Il avait annoncé travailler sur cette BD et je l'ai vu ensuite exposé en vitrine de mon libraire. J'ai été tiraillé entre l'envie de la lire et mon éco-anxiété (ce qui m'a toujours retenu de lire "Un monde sans fin" d'ailleurs). J'ai finalement pris mon courage à deux mains pour l'acheter, arguant que c'était pour enrichir BDthèque. Et alors, qu'en penser ? Que si vous cherchez un remède à l'éco-anxiété, c'est pas ici que vous l'aurez. Mais que ça ne risque pas de l'aggraver non plus. Disons que ça aide. Un peu. Le bouquin est dense, plus de 300 pages, mais salutaire. En l'état, c'est une synthèse (et non un résumé) du rapport du GIEC avec commentaires pour en comprendre la portée et le sens. Et je trouve ça génial. Le GIEC, on en entend souvent parler (en bien ou en mal) sans trop savoir ce que c'est, ce qu'il font, pourquoi et comment. Et son existence tourne autour d'une seule et unique chose : le changement climatique. Pour l'étudier correctement, le GIEC produit régulièrement des rapports, le dernier en date étant celui de 2021 et a fait quelque peu de bruit. Malheureusement pas assez ... C'est pour cela que ce genre de BD existe : essayer de synthétiser l'essentiel dans une publication destinée au grand public. Parce que le rapport complet fait un nombre de pages colossales et que son résumé fait 87 pages (35 pour celui à destination des décideurs). Il parait assez fou de le lire alors qu'on est néophyte du genre et au vu de la spécialisation de ce qui y est décrit. S'atteler à la lourde tâche de le vulgariser est à la fois louable et impressionnant ! Mais Xavier Henrion s'est adjoint le concours d'une spécialiste, et tant mieux ! En effet, la BD est une série d'échanges avec des spécialistes du climat, chacun étant spécialiste d'un aspect spécifique. Les échanges permettent de retracer les grandes lignes du rapport du GIEC, qui est découpé en trois grandes parties. Et si le résumé surtout connu est "C'est grave la merde", il y a tout un pan important occulté : celui de l'action et des stratégies à adopter. Une note finale qui évite à la BD de plomber l'ambiance, même si elle alourdit bien le ton dès le début. Une des originalités de la BD, outre ses échanges en tout sens incroyablement riches, est d'avoir présenté le récit entre Iris et Xavier. Ce dernier ne connait rien au GIEC tandis qu'elle travaille dans le milieu. Le pauvre Xavier est alors trimballé de rencontres en rencontres pour se prendre de plein fouet la réalité dans la gueule. Réalité qui fait mal et conduit à la dépression, ce que j'ai personnellement expérimenté. Et le moment où il regarde par la fenêtre en pensant, à chaque avion qui passe, que c'est foutu, je peux totalement le comprendre. C'est là où la BD fait mouche : elle nous met aussi face à ce que ce rapport provoque. Et elle rappelle que la peur est un inhibiteur d'action, nous empêchant d'agir alors qu'il le faut. D'ailleurs la BD rappelle à la fin que si le changement est 100 % d'origine humaine, cela signifie que nous sommes 100% de la solution. Un rappel du rôle crucial que nous jouons tous. Niveau dessin, j'ai retrouvé des tics et expressions que l'auteur avait utilisé dans Toxic Boy mais il s'essaye avec un très bon résultat à la vulgarisation des graphiques et courbes, aux explications du fonctionnement ou encore à la métaphore. C'est dynamique et aéré dans la mise en page, même si la lecture est dense (et éprouvante). Ne vous y lancez pas pour vous détendre, il faut s'accrocher pour s'y plonger complètement. Donc voila, c'est pas la BD qui vous rassurera, mais en tout cas elle fait tout pour ne pas avoir le tableau le plus sombre possible. Je pense qu'elle est essentielle à tout CDI et à toute bibliothèque pour que tout à chacun comprenne l'importance de ce rapport du GIEC et que l'écologie sans lutte des classes, c'est du jardinage. Faut qu'on se bouge comme jamais auparavant, plus vite qu'on ne l'imagine, et tous ensemble. Une BD qui incite à agir et c'est exactement ce dont on a besoin.
Sous les galets la plage
Un bon roman graphique comme Pascal Rabaté sait les faire. Il explore ici les contrastes entre deux mondes sociaux opposés et c'est cette fois la bourgeoisie de province qui se fait moquer. À travers des dialogues subtils, des illustrations évocatrices et son habituelle espièglerie, Rabaté donne vie à des personnages authentiques. Il réussit à aborder des thèmes sociaux et politiques tout en préservant un récit fluide et prenant.
Petit pays
Très belle surprise qui m'a été conseillée par mon libraire. J'avais 15 ans quand les faits se sont produits et n'etais jamais revenu sur ce moment de l'histoire du Rwanda, pas vraiment le plus glorieux pour la France et les occidentaux en général. Voir cela à travers les yeux d'un enfant n'est pas qu'une ficelle scénaristique, ce sont les relations amicales et familiales qui en prennent un coup dans ces moments là et c'est bien ce que les auteurs (récit originel de Gael Faye) réussissent à partager. Je me suis pris une sacrée claque et n'ai pas eu l'impression de lire le digest de l'œuvre originale. Le dessin est académique, j'ai aimé car il permet de bien rester concentré sur l'histoire. Un album coup de poing que je recommande fortement.
La Petite Lumière
Par le meme auteur qu'un roman d'amour, on reste dans la poésie avec cette adaptation d'un roman d'Antonio Monesco. L'émotion passe très bien avec cette mise en couleur et les noirs profonds et je me suis bien fait happer par cette histoire étrange qui sort vraiment du schéma classique.
Vive la marée !
Un enchaînement fluide de saynètes qui ne sont pas sans rappeler les vacances de Mr Hulot. C'est simple, subtil, délicat et vraiment amusant. Les personnages sont finement caricaturés et rappelleront forcément du déjà vu aux amateurs de bord de mer. Le montage et les enchaînements fonctionnent très bien. Drôle, moqueur et facétieux, j'adore !
Les Contes ordinaires d'Ersin Karabulut
Comme NoirDésir, surpris de trouver cet auteur (que je ne connaissais pas) chez Fluide Glacial. On est certes dans l'humour mais il est ici noir et grinçant. Je ne connaissais pas Ersin Karabulut mais je vais suivre. Le niveau des contes n'est pas homogène mais aucun ne passe complètement à côté. Un style graphique varié mais qui fonctionne très très bien, au service d'une vision corrosive de notre société, beaucoup de sujets y passent. Je recommande fortement.
Musée
Amoureux de l'Art, procurez-vous cette magnifique déclaration d'amour aux sujets des oeuvres et des personnes qui les observent, les admirent, les commentent ou les snobbent, c'est selon. Qui ne se reconnaîtra pas dans l'un des visiteurs croqués par ce talentueux Chabouté? Et quel meilleur cadre qu'un musée de nuit pour sublimer son noir&blanc? Un musée où les oeuvres prennent vie et sortent de leur cadrer pour vaquer à leurs habitudes d'après-fermeture: étalage de potins, déclaration d'amour, contemplation, réflexion.... les chefs-d'oeuvre de la sculpture et de la peinture s'accaparent nos traits et nos pensées. Peut-être sommes-nous les sujets et eux les spectateurs? De belles tranches de vie, de belle redécouvertes d'oeuvre (quel dommage que le musée d'Orsay soit si loin). Quelques running gags bien placés (le buste trop petit qui demande à être placé plus haut) et de belles mise en scène. Mais l'album met quelques temps à indiquer dans quoi s'embarque le lecteur, ce qui peut rebuter quelqu'un le feuilletant à la va-vite pour décider de le prendre ou non. Enfin bémol pour les moins-sensibles à la poésie comme moi, les contages de fleurette sont vraiment trop gnangnans. "Je t'aime" en boucle sans argumentaire... Au moins leurs opposés démontrent par leurs coups vache de retournement de toile que des actes sont nécessaires, action-réaction. Un très bel hommage à la Culture, à ceux qui l'entretiennent et à ceux qui la soutiennent.