C'est très vieux. Mais qu'est-ce que c'est bien fait !...
"Futuropolis" démarre dans l'hebdo "Junior" n° 54 du 7 Avril 1937. Il s'y termine dans le n° 110 du 4 Mai 1938.
J'ai fait l'acquisition de cette "fresque" en 1980.
Une véritable découverte : celle d'une SF française pensée et conçue voici... 70 ans !
"Futuropolis" est une fresque, une vraie, teintée de philosophie. Elle mélange la "grande aventure" et une science-fiction très imaginative.
Bien sûr, tout ceci est inspiré du film Métropolis réalisé par Fritz Lang en 1927, où un jeune homme de la "ville des Maîtres" prend parti de la "ville des humbles"... grâce à l'amour d'une jeune fille.
Mais c'est néanmoins passionnant !
Au vu des règles graphiques de l'époque : à savoir des cases "normales" et une mise en page formatée, Pellos parvient néanmoins à faire preuve d'une très grande créativité.
C'est -parfois- étriqué mais, n'empêche : le graphisme est réellement innovant, créatif, les cadrages sont audacieux. Le dessinateur renouvelle ici -avec un véritable dynamisme- un genre qui était, à l'époque, parmi les plus classiques.
Une très belle oeuvre, bien oubliée, réalisée -à l'origine- en un magnifique noir/blanc et qui se révèle, encore actuellement, bien enthousiasmante.
Futuropolis fera l'objet d'un très bel album... 40 ans plus tard.
L’histoire se passe en 2478, date à laquelle les humains ont colonisé de nombreuses planètes dans l’univers. A ce moment, un empire tout puissant, la nouvelle Rome, règne en maître en utilisant des moyens douteux et répressifs pour conserver le pouvoir et asservir une population dont la grande majorité vit dans des ghettos et manque de tout.
Tous attendent le grand changement….
Au départ, l’idée ressemble à une histoire comme Star Wars avec un méchant oppresseur accroché au pouvoir, un oracle prédisant la venue d’un messie qui, aidé par le résistance, devra sauver l’humanité de l’oppression.
Donc rien de bien original jusqu’ici puisque la fin semble connue par avance.
Pourtant, force est de constater que ce récit semble bien construit et que le monde imaginé par les auteurs est assez complexe et suscite donc, en tout cas chez moi, un certain intérêt car la manière d’arriver à cette fin devrait s’avérer très intéressante au vu de ce premier tome qui sert à présenter ce monde ainsi que les héros de l’histoire aux origines différentes, dont le destin devra les amener à se croiser pour libérer l’humanité.
Les dessins et les couleurs sont quant à eux de très bonne facture, ce qui en fait pour moi un très bon premier album de science-fiction dont la qualité devra toutefois être confirmée par un second, que j’attends au moins du même niveau et en attendant, je vous en conseille la lecture.
Ah ! Enfin une série de SF qui tient ses promesses !
Enfin, disons plutôt que j'ai pris beaucoup de plaisir à la découvrir. De prime abord, on a l'impression de se retrouver dans un énième ersatz de Star Wars, une sorte de récit à part racontant les aventures du petit-cousin de Greedo. Il est vrai que le style graphique de Sean Wang fait curieusement penser à certaines bandes dérivées de l'univers "créé" par George Lucas.
Et pourtant "Runners" n'y ressemble pas beaucoup. Ca se situe dans un univers assez proche, avec des personnages ayant d'étranges pouvoirs, à peine entrevus dans ce tome 1... Mais point d'embrouillamini politico-commercial dans cet univers, point de discours philosophique, juste l'histoire d'un équipage de convoyeurs qui se retrouve -probablement- au coeur d'un gigantesque et surprenant trafic. Enfin, surprenant si comme moi, vous êtes un peu rouillé(e) côté SF, car il est fort probable que Wang ait piqué des trucs à droite et à gauche.
"Runners" ne brille pas par son originalité, donc, mais plutôt par son traitement. C'est frais, enlevé, c'est plein d'humour (mais pas trop non plus), et le dessin est vraiment joli, dans une marge semi-réaliste assez traditionnelle du comics américain. Mais curieusement, ainsi qu'il l'avoue lui-même en postface, Sean Wang a essayé d'intégrer des caractéristiques manga et franco-belges à ses bandes. Dans quel but ? Une meilleure lisibilité hors du public anglo-saxon ? Si c'est ça, le pari est réussi, car son dessin est très agréable, et ses designs plus que corrects.
Ma note se situe plutôt vers 3,5/5, mais comme cette série a l'air de passer inaperçue malgré l'excellent travail fait par Kymera, je donne un coup de pouce. Achat conseillé si vous aimez le style.
Pour les curieux, à noter que les élèves de la Dave School ont réalisé un petit film d'animation qui reprend une partie du premier chapitre. Il est visible ici.
Un très beau livre qui nous ferait presque croire qu’Albin Michel est un bon éditeur de BD. Le scénario est assez simple : une belle maison à vendre dans un quartier bourgeois de Bordeaux, mais une seule condition ne pas touchez aux propriétaires empaillés de la maison. Malheur à celui qui enfreint la règle.
Les anciens propriétaires, spécialistes de la taxidermie, restent figés dans une des pièces de la demeure. Nous suivons, dès lors, le destin de plusieurs propriétaires successifs, sur une durée d’un siècle environ.
Concernant le scénario, les chutes successives de ces nouvelles m’ont parfois un peu déçu. On ne sait pas grand-chose du couple empaillé. Le baobab, planté au milieu du jardin qui effraye tant les gens, ne livre pas tous ses secrets. L’histoire m’a fait penser à l’excellente série Green Manor. On trouve le même concept : unité de lieu, mais des personnages et l’époque qui changent lors de chaque histoire, ainsi qu’une bonne dose de cynisme. Dans ce livre, les personnages ont presque tous des motivations troubles et ils le paieront cher.
Au dessin, Bézian fait des merveilles, j’ai beaucoup aimé les teintes de couleur de son album. Les personnages sont très expressifs et les décors magnifiques. Rien que pour ça, je conseille fortement l’achat de l’album.
C’est mon chéri qui m’a offert cette BD pour la Saint Valentin… tiens ? C’est bizarre ?!
A vrai dire il savait que je lorgnais déjà dessus. A aucun moment je n’ai été déçue, tout est chouette, le dessin et le scénario.
Je me suis bien sûr empressée de lire le second album dès sa sortie, j’ai lu dans certains avis que je respecte, que cette parodie de magazine féminin est plutôt superficielle et fausse, voire misogyne (si j’ai bien compris), justement je ne suis pas adepte de ces magazines « trop féminins » ou l’on ne parle que de mecs ou de fringues et du coup je trouve que l’œil d’Anne Gaillard est très lucide. J’ai préféré l’article consacré à Calyssa Mélanome et moi aussi j’ai eu envie un jour de me scier les tibias pour rentrer dans mes bottes.
Je suis moi-même « jeune » auteur de BD et lors de salon je n’hésite pas à conseiller de lire "Valentine" et j’espère bien avoir l’honneur un de ces jours de partager un festival avec Anne Gaillard.
Comme mes compères, j’aimais bien les (més)-aventures de Hagar Dunor le Viking et j’ai eu l’occasion de me replonger récemment dans ses strips avec un album paru en version pocket chez "J’ai lu". J’apprécie beaucoup l’humour de Dik Browne mettant en image ce brave viking qui a plus de soucis à se faire avec son équipage (dont Eddie) et sa famille (Hildegarde, Ingrid et Homlet) qu’avec ses adversaires. Néanmoins, je préfère les versions N&B, qui mettent vraiment en valeur le trait simple et percutant de l’auteur, ainsi que les strips en deux ou trois cases plutôt que les histoires en une ou deux planches. A noter que la relecture de strips de Hagar Dunor m’a fait penser à ceux de Robin Dubois ; même attirance pour les tavernes pour fuir une femme "directive". Bref, à lire !
En bref, deux sentiments me sont restés après la lecture de ce pavé.
Tout d'abord la justesse du ton donné à l'histoire et la narration naturelle sans recherche d'effets. On se sent tout de suite proche de l'auteur. Et comme le passage de l'enfant à l'ado puis à l'adulte nous concerne tous à un moment ou un autre de notre vie, on sera forcément touché par l'expérience de l'auteur.
Et au final, la fraîcheur du dessin m'a enthousiasmé. Ce style rappelle justement les gribouillis de bord de page de nos années d'études. D'ailleurs plusieurs pages sans texte laissent uniquement le dessin s'exprimer et nous transmettre les émotions des personnages. C'est très fort.
L'idée géniale de cette BD : et si l'imaginaire était la réalité et la normalité dans un autre monde.
Il m’est impossible ici d’énumérer tous les contes et toutes les légendes populaires intégrés dans ce monde sans gâcher votre plaisir. Je peux juste voir dire que c’est intelligemment mis en scène avec beaucoup de poésie, de tendresse, de douce naïveté et relevé d’une pointe d’humour.
Le dessin, un brin désuet mais parfait pour le sujet, est plein de charme. On est happé par les quelques dessins pleine page.
Une petite déception m’empêche de mettre 5/5 : j’ai fini ma lecture en me disant « oh non ! déjà fini ! ». J’aurai facilement lu 2 ou 3 tomes de plus sur ce sujet tellement bien maîtrisé.
Une étrange maladie est en train de décimer la population de Spleencity : La pest.
Pour lutter contre cette épidémie et éviter la propagation du mal, les malades sont isolés dans des fosses dans l’attente de la découverte d’un remède.
Pendant ce temps, les autorités religieuses bien-pensantes dictent leurs lois en matière d’hygiène….
Dans ce tourbillon de mensonges mis en place par les autorités, Abélard tente de découvrir la vérité.
Cette Bd pour l’instant très bien construite dans une atmosphère particulière et dérangeante qui a déjà fait le succès de ces deux auteurs dans Le phalanstère du bout du monde est pour moi une belle réussite dont je vous conseille la lecture en attendant la sortie du dernier tome.
Pas fort (ou plus du tout) connu, ce personnage. C'est dommage...
Nous sommes en 1946. Alex Raymond, l'auteur, dessine Agent secret X-9 depuis 1936. Il décide de changer -un peu- de registre. Il crée ainsi Rip Kirby, un détective comme on se plaisait à imaginer les "privés" des années 40/50 aux Etats-Unis.
Tout à fait à l'opposé des personnages de Chandler qui traînent leur carcasse désabusée dans les bars louches, Rip est quelqu'un de vraiment racé, cérébral, intellectuel.
Pour le plaisir du scénario, Raymond crée autour de lui un petit groupe composé de deux Femmes fatales qui se détestent et d'un "adjoint" (excellente, l'idée de l'ancien forçat majordome) qui n'a pas peur de faire le coup de poing. La tête et les jambes sont ainsi réunis pour une longue série plaisante, agréable de lecture et -surtout- dessinée par Alex Raymond.
Et je l'aime vraiment bien, ce Monsieur, créateur -entre autres- du fantastique Flash Gordon.
Rip Kirby est une série d'histoires policières "normales", avec les bons et les méchants. De vrais méchants.
La mise en scène des planches est classique, sans cases éclatées, les dessins étant "limités" aux rectangles et carrés types de cette époque.
Mais c'est surtout le dessin qui a retenu mon attention. J'aime le noir et blanc. Et ici, c'est une véritable série réaliste fondée sur le magnifique contraste des deux tons. Style "académique" ?... Peut-être... C'est vrai que parfois les personnages semblent "prendre la pose".
Mais c'est tout Alex Raymond, ça : un graphisme net, solide, racé.
Et en France ?...
Série peu connue, c'est vrai. Pourtant, "Rip Kirby" sera publié quotidiennement dans des journaux à grands tirages (L'Aurore, Le Parisien Libéré).
Les albums :
Ce n'est qu'en 1975 que l'éditeur Hachette "sort" un opus broché.
De 1978 à 1986, Glénat éditera 12 très bons albums cartonnés.
En 1987 sortira une "intégrale" . Mais peut-on parler "d'intégrale" alors qu'elle ne reprend que la période 1946-1947 ?.. ; et surtout qu'elle ne concerne que les 3 premières histoires éditées ?...
A noter :
Suite au décès d'Alex Raymond, survenu le 6 Septembre 1956, la série sera -très bien- reprise par John Prentice.
Rip Kirby ?... Une très bonne série à la "vraie" ambiance américaine des années d'avant-guerre. Du grand art... tout simplement.
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Futuropolis
C'est très vieux. Mais qu'est-ce que c'est bien fait !... "Futuropolis" démarre dans l'hebdo "Junior" n° 54 du 7 Avril 1937. Il s'y termine dans le n° 110 du 4 Mai 1938. J'ai fait l'acquisition de cette "fresque" en 1980. Une véritable découverte : celle d'une SF française pensée et conçue voici... 70 ans ! "Futuropolis" est une fresque, une vraie, teintée de philosophie. Elle mélange la "grande aventure" et une science-fiction très imaginative. Bien sûr, tout ceci est inspiré du film Métropolis réalisé par Fritz Lang en 1927, où un jeune homme de la "ville des Maîtres" prend parti de la "ville des humbles"... grâce à l'amour d'une jeune fille. Mais c'est néanmoins passionnant ! Au vu des règles graphiques de l'époque : à savoir des cases "normales" et une mise en page formatée, Pellos parvient néanmoins à faire preuve d'une très grande créativité. C'est -parfois- étriqué mais, n'empêche : le graphisme est réellement innovant, créatif, les cadrages sont audacieux. Le dessinateur renouvelle ici -avec un véritable dynamisme- un genre qui était, à l'époque, parmi les plus classiques. Une très belle oeuvre, bien oubliée, réalisée -à l'origine- en un magnifique noir/blanc et qui se révèle, encore actuellement, bien enthousiasmante. Futuropolis fera l'objet d'un très bel album... 40 ans plus tard.
Messiah Complex
L’histoire se passe en 2478, date à laquelle les humains ont colonisé de nombreuses planètes dans l’univers. A ce moment, un empire tout puissant, la nouvelle Rome, règne en maître en utilisant des moyens douteux et répressifs pour conserver le pouvoir et asservir une population dont la grande majorité vit dans des ghettos et manque de tout. Tous attendent le grand changement…. Au départ, l’idée ressemble à une histoire comme Star Wars avec un méchant oppresseur accroché au pouvoir, un oracle prédisant la venue d’un messie qui, aidé par le résistance, devra sauver l’humanité de l’oppression. Donc rien de bien original jusqu’ici puisque la fin semble connue par avance. Pourtant, force est de constater que ce récit semble bien construit et que le monde imaginé par les auteurs est assez complexe et suscite donc, en tout cas chez moi, un certain intérêt car la manière d’arriver à cette fin devrait s’avérer très intéressante au vu de ce premier tome qui sert à présenter ce monde ainsi que les héros de l’histoire aux origines différentes, dont le destin devra les amener à se croiser pour libérer l’humanité. Les dessins et les couleurs sont quant à eux de très bonne facture, ce qui en fait pour moi un très bon premier album de science-fiction dont la qualité devra toutefois être confirmée par un second, que j’attends au moins du même niveau et en attendant, je vous en conseille la lecture.
Runners
Ah ! Enfin une série de SF qui tient ses promesses ! Enfin, disons plutôt que j'ai pris beaucoup de plaisir à la découvrir. De prime abord, on a l'impression de se retrouver dans un énième ersatz de Star Wars, une sorte de récit à part racontant les aventures du petit-cousin de Greedo. Il est vrai que le style graphique de Sean Wang fait curieusement penser à certaines bandes dérivées de l'univers "créé" par George Lucas. Et pourtant "Runners" n'y ressemble pas beaucoup. Ca se situe dans un univers assez proche, avec des personnages ayant d'étranges pouvoirs, à peine entrevus dans ce tome 1... Mais point d'embrouillamini politico-commercial dans cet univers, point de discours philosophique, juste l'histoire d'un équipage de convoyeurs qui se retrouve -probablement- au coeur d'un gigantesque et surprenant trafic. Enfin, surprenant si comme moi, vous êtes un peu rouillé(e) côté SF, car il est fort probable que Wang ait piqué des trucs à droite et à gauche. "Runners" ne brille pas par son originalité, donc, mais plutôt par son traitement. C'est frais, enlevé, c'est plein d'humour (mais pas trop non plus), et le dessin est vraiment joli, dans une marge semi-réaliste assez traditionnelle du comics américain. Mais curieusement, ainsi qu'il l'avoue lui-même en postface, Sean Wang a essayé d'intégrer des caractéristiques manga et franco-belges à ses bandes. Dans quel but ? Une meilleure lisibilité hors du public anglo-saxon ? Si c'est ça, le pari est réussi, car son dessin est très agréable, et ses designs plus que corrects. Ma note se situe plutôt vers 3,5/5, mais comme cette série a l'air de passer inaperçue malgré l'excellent travail fait par Kymera, je donne un coup de pouce. Achat conseillé si vous aimez le style. Pour les curieux, à noter que les élèves de la Dave School ont réalisé un petit film d'animation qui reprend une partie du premier chapitre. Il est visible ici.
Ne touchez à rien
Un très beau livre qui nous ferait presque croire qu’Albin Michel est un bon éditeur de BD. Le scénario est assez simple : une belle maison à vendre dans un quartier bourgeois de Bordeaux, mais une seule condition ne pas touchez aux propriétaires empaillés de la maison. Malheur à celui qui enfreint la règle. Les anciens propriétaires, spécialistes de la taxidermie, restent figés dans une des pièces de la demeure. Nous suivons, dès lors, le destin de plusieurs propriétaires successifs, sur une durée d’un siècle environ. Concernant le scénario, les chutes successives de ces nouvelles m’ont parfois un peu déçu. On ne sait pas grand-chose du couple empaillé. Le baobab, planté au milieu du jardin qui effraye tant les gens, ne livre pas tous ses secrets. L’histoire m’a fait penser à l’excellente série Green Manor. On trouve le même concept : unité de lieu, mais des personnages et l’époque qui changent lors de chaque histoire, ainsi qu’une bonne dose de cynisme. Dans ce livre, les personnages ont presque tous des motivations troubles et ils le paieront cher. Au dessin, Bézian fait des merveilles, j’ai beaucoup aimé les teintes de couleur de son album. Les personnages sont très expressifs et les décors magnifiques. Rien que pour ça, je conseille fortement l’achat de l’album.
Valentine
C’est mon chéri qui m’a offert cette BD pour la Saint Valentin… tiens ? C’est bizarre ?! A vrai dire il savait que je lorgnais déjà dessus. A aucun moment je n’ai été déçue, tout est chouette, le dessin et le scénario. Je me suis bien sûr empressée de lire le second album dès sa sortie, j’ai lu dans certains avis que je respecte, que cette parodie de magazine féminin est plutôt superficielle et fausse, voire misogyne (si j’ai bien compris), justement je ne suis pas adepte de ces magazines « trop féminins » ou l’on ne parle que de mecs ou de fringues et du coup je trouve que l’œil d’Anne Gaillard est très lucide. J’ai préféré l’article consacré à Calyssa Mélanome et moi aussi j’ai eu envie un jour de me scier les tibias pour rentrer dans mes bottes. Je suis moi-même « jeune » auteur de BD et lors de salon je n’hésite pas à conseiller de lire "Valentine" et j’espère bien avoir l’honneur un de ces jours de partager un festival avec Anne Gaillard.
Hägar Dünor le Viking
Comme mes compères, j’aimais bien les (més)-aventures de Hagar Dunor le Viking et j’ai eu l’occasion de me replonger récemment dans ses strips avec un album paru en version pocket chez "J’ai lu". J’apprécie beaucoup l’humour de Dik Browne mettant en image ce brave viking qui a plus de soucis à se faire avec son équipage (dont Eddie) et sa famille (Hildegarde, Ingrid et Homlet) qu’avec ses adversaires. Néanmoins, je préfère les versions N&B, qui mettent vraiment en valeur le trait simple et percutant de l’auteur, ainsi que les strips en deux ou trois cases plutôt que les histoires en une ou deux planches. A noter que la relecture de strips de Hagar Dunor m’a fait penser à ceux de Robin Dubois ; même attirance pour les tavernes pour fuir une femme "directive". Bref, à lire !
Blankets - Manteau de neige
En bref, deux sentiments me sont restés après la lecture de ce pavé. Tout d'abord la justesse du ton donné à l'histoire et la narration naturelle sans recherche d'effets. On se sent tout de suite proche de l'auteur. Et comme le passage de l'enfant à l'ado puis à l'adulte nous concerne tous à un moment ou un autre de notre vie, on sera forcément touché par l'expérience de l'auteur. Et au final, la fraîcheur du dessin m'a enthousiasmé. Ce style rappelle justement les gribouillis de bord de page de nos années d'études. D'ailleurs plusieurs pages sans texte laissent uniquement le dessin s'exprimer et nous transmettre les émotions des personnages. C'est très fort.
L'Autre Monde
L'idée géniale de cette BD : et si l'imaginaire était la réalité et la normalité dans un autre monde. Il m’est impossible ici d’énumérer tous les contes et toutes les légendes populaires intégrés dans ce monde sans gâcher votre plaisir. Je peux juste voir dire que c’est intelligemment mis en scène avec beaucoup de poésie, de tendresse, de douce naïveté et relevé d’une pointe d’humour. Le dessin, un brin désuet mais parfait pour le sujet, est plein de charme. On est happé par les quelques dessins pleine page. Une petite déception m’empêche de mettre 5/5 : j’ai fini ma lecture en me disant « oh non ! déjà fini ! ». J’aurai facilement lu 2 ou 3 tomes de plus sur ce sujet tellement bien maîtrisé.
Pest
Une étrange maladie est en train de décimer la population de Spleencity : La pest. Pour lutter contre cette épidémie et éviter la propagation du mal, les malades sont isolés dans des fosses dans l’attente de la découverte d’un remède. Pendant ce temps, les autorités religieuses bien-pensantes dictent leurs lois en matière d’hygiène…. Dans ce tourbillon de mensonges mis en place par les autorités, Abélard tente de découvrir la vérité. Cette Bd pour l’instant très bien construite dans une atmosphère particulière et dérangeante qui a déjà fait le succès de ces deux auteurs dans Le phalanstère du bout du monde est pour moi une belle réussite dont je vous conseille la lecture en attendant la sortie du dernier tome.
Rip Kirby
Pas fort (ou plus du tout) connu, ce personnage. C'est dommage... Nous sommes en 1946. Alex Raymond, l'auteur, dessine Agent secret X-9 depuis 1936. Il décide de changer -un peu- de registre. Il crée ainsi Rip Kirby, un détective comme on se plaisait à imaginer les "privés" des années 40/50 aux Etats-Unis. Tout à fait à l'opposé des personnages de Chandler qui traînent leur carcasse désabusée dans les bars louches, Rip est quelqu'un de vraiment racé, cérébral, intellectuel. Pour le plaisir du scénario, Raymond crée autour de lui un petit groupe composé de deux Femmes fatales qui se détestent et d'un "adjoint" (excellente, l'idée de l'ancien forçat majordome) qui n'a pas peur de faire le coup de poing. La tête et les jambes sont ainsi réunis pour une longue série plaisante, agréable de lecture et -surtout- dessinée par Alex Raymond. Et je l'aime vraiment bien, ce Monsieur, créateur -entre autres- du fantastique Flash Gordon. Rip Kirby est une série d'histoires policières "normales", avec les bons et les méchants. De vrais méchants. La mise en scène des planches est classique, sans cases éclatées, les dessins étant "limités" aux rectangles et carrés types de cette époque. Mais c'est surtout le dessin qui a retenu mon attention. J'aime le noir et blanc. Et ici, c'est une véritable série réaliste fondée sur le magnifique contraste des deux tons. Style "académique" ?... Peut-être... C'est vrai que parfois les personnages semblent "prendre la pose". Mais c'est tout Alex Raymond, ça : un graphisme net, solide, racé. Et en France ?... Série peu connue, c'est vrai. Pourtant, "Rip Kirby" sera publié quotidiennement dans des journaux à grands tirages (L'Aurore, Le Parisien Libéré). Les albums : Ce n'est qu'en 1975 que l'éditeur Hachette "sort" un opus broché. De 1978 à 1986, Glénat éditera 12 très bons albums cartonnés. En 1987 sortira une "intégrale" . Mais peut-on parler "d'intégrale" alors qu'elle ne reprend que la période 1946-1947 ?.. ; et surtout qu'elle ne concerne que les 3 premières histoires éditées ?... A noter : Suite au décès d'Alex Raymond, survenu le 6 Septembre 1956, la série sera -très bien- reprise par John Prentice. Rip Kirby ?... Une très bonne série à la "vraie" ambiance américaine des années d'avant-guerre. Du grand art... tout simplement.