Les derniers avis (31952 avis)

Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Ce n'est pas toi que j'attendais
Ce n'est pas toi que j'attendais

Je découvre en lisant le commentaire de Gruizzli que c’est la première BD de Fabien Toulmé que j’avais découvert avec l’excellent L'Odyssée d'Hakim et Inoubliables. Ca ne rend la performance qu’encore plus impressionnante, parce que c’est effectivement très bien maîtrisé niveau narration, dessin et scénario ! “Ce n’est pas toi que j’attendais” de Fabien Toulmé m’a vraiment touché. Dans ce témoignage sincère, Toulmé raconte son parcours émotionnel en découvrant le handicap de sa fille Julia. ll aborde avec honnêteté la peur, le rejet, la culpabilité, mais aussi l’émergence de l’amour inconditionnel et de l’acceptation. Le style graphique de Toulmé est clair et très lisible, ce qui rend l’histoire accessible et immersive. Les émotions des personnages sont bien capturées, et j’ai trouvé que cela ajoutait une profondeur touchante au récit. Pour moi, cette lisibilité permet de se plonger sans effort dans le récit, et c’est un vrai plus. Ce que j’apprécie le plus, c’est la sincérité de son témoignage. Toulmé parvient à exprimer des émotions complexes avec simplicité et vérité. On ressent toute la palette des sentiments humains à travers ses mots et ses dessins. Les personnages sont attachants et leur évolution est montrée avec beaucoup de justesse. On suit la famille dans son quotidien, ses doutes, ses moments de joie et ses peines. Le récit est ponctué de petites touches d’humour qui allègent le propos sans jamais le dénaturer. Personnellement, j’ai trouvé ces moments de légèreté très bienvenus. Une belle réussite, en particulier pour une première !

12/06/2024 (modifier)
Par bab
Note: 4/5
Couverture de la série La Fleur au fusil
La Fleur au fusil

Une couverture qui interpelle, un quatrième de couverture qui donne envie : on continue sur les achats impulsifs. C'est une biographie romancée, qui pour moi s'apparente à un western presque spaghetti à la Sergio Leone. En tout cas, il me semble clairement y voir des influences notoires qui fonctionnent plutôt bien. On se projette très facilement dans les ambiances, aidé par les couleurs chaudes, presque (trop) sombres, un sens du cadre bien travaillé avec de belles profondeurs sur les paysages. Le dessin est cependant inégal. Si les décors sont magnifiques avec, comme je l'ai dit, une belle mise en couleurs, les visages de personnages sont parfois surprenant d'une case à l'autre, pouvant passer du moche grotesque au superbe. C'est assez étonnant ce déséquilibre, à se demander si ce n'est pas volontaire, et à aimer en connaitre la raison. Quand au scénario, il est fort bien mené sur fond historique, alternant plutôt habilement les flash-back, qui viennent entrecouper l'histoire, donnant de la profondeur aux personnages au fil de la lecture. L'ambiance western est clairement là, et un fond sonore d'Enio Morricone vient parfaitement agrémenter la lecture. J'aurais volontiers mis un 4/5 franc, mais je tempère par ces dessins de visages qui me laisse perplexe.

12/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Luna Park
Luna Park

Thriller russe et fantastique - Alik Strelnikov fut un soldat russe pendant la guerre en Tchétchénie. Il a quitté son pays pour émigrer aux États-Unis. Il a trouvé un boulot de gros bras pour un petit caïd installé dans un parc d'attraction abandonné. Il passe ses journées à recouvrir des créances en retard auprès de pauvres hères qui mettent trop de temps à rembourser, ou à payer leur protection ou à donner leur part de de revenus de la prostitution. le reste de la journée il erre d'attraction abandonnée en attraction en ruine. Et le soir si tout va bien, Marina le rejoint dans sa chambre sordide pour faire l'amour. Quand tout va mal, les cauchemars reprennent le dessus : une femme qu'il a abandonnée à un sort affreux, les horreurs de la guerre en Tchétchénie, les horreurs d'une guerre plus ancienne en Russie, etc. Il ne lui reste plus alors qu'à se faire une piquouze en espérant trouver un oubli réparateur. Cette existence sordide ne durera pas longtemps car un autre caïd a des vues sur le territoire de l'employeur d'Alik, Marina ne supporte plus la séparation d'avec sa fille et les cartes du tarot indiquent que la violence va aller en s'intensifiant. Dès les premières pages, le lecteur prend conscience qu'il a plongé dans un récit ambitieux, adulte, complexe et sans espoir. La mise en couleurs a été confiée à Dave Stewart, un artiste exceptionnel. Il a choisi une palette très restreinte de teintes à dominante grise et marron. Chaque page dégage une atmosphère glauque, étouffante, irrespirable et condamnée. Ces ambiances évoquent les pages les plus sombres de V pour Vendetta et le style des dessins s'approchent également parfois de celui de David Lloyd. Danijel Zezelj effectue un travail remarquable d'une grande sensibilité pétrie de désespoir et d'une remarquable puissance d'évocation de Coney Island. À chaque page, le lecteur plonge dans l'univers d'Alik Strelnikov et il a l'impression d'être avec lui dans la même pièce ou au même endroit juste à ses cotés que ce soit dans sa chambre minable, ou devant une attraction fermée, ou sur un champ de bataille, ou en face de prisonniers tchétchènes, ou dans un champ enneigé de Novgorod face à un loup, ou dans les tranchées de la guerre de 14-18, etc. Zezelj n'abuse pas de gros aplats de noir pour accentuer la noirceur du récit, il préfère rester proche de la réalité, simplifier les traits pour ne garder que les éléments visuels les plus saillants. Ce parti pris aboutit à une lecture très facile de ses dessins qui ne gardent que l'essentiel et dans lesquels les éléments réalistes se détachent avec une grande force pour mieux marquer l'esprit du lecteur. Sa stylisation s'arrête juste avant que les illustrations ne basculent dans l'abstraction. C'est un remarquable travail de composition rendu encore plus saisissant par la palette sophistiquée et restreinte des teintes utilisées par Dave Stewart. Les illustrations méritent 5 étoiles. La première moitié du récit est aussi déroutante qu'envoutante. Kevin Baker dévoile petit à petit l'histoire personnelle et la voie quotidienne de son personnage principal d'une manière morcelée en intercalant les moments présents et les moments passé, au fil des remémorations de Strelnikov. le lecteur assemble petit à petit les pièces du puzzle et c'est un vrai plaisir que de découvrir une pièce après l'autre avec chacune son ambiance et ses sensations tout en essayant de recomposer l'image complète. Baker a effectué un gros travail de recherche sur les conflits russes du vingtième siècle et sur la culture russe qui contribue à la véracité du personnage et à l'épaisseur de l'intrigue. le choix du parc d'attraction permet de composer des scènes dont l'étrangeté du décor intensifie le malaise des actions, un régal. Et puis petit à petit, Kevin Baker délaisse le domaine du polar urbain mettant en scène des petites frappes se mangeant entre elles en introduisant un élément fantastique dans le récit. Ce basculement du récit dans un autre registre m'a complètement déconnecté du récit et arrêté dans ma lecture. Je ne suis pas opposé au mélange des genres, mais dans ce cas particulier il m'a semblé malheureux. Baker commence par installer une ambiance des plus réussies basées sur le morcellement des souvenirs de Strelnikov et sur des scènes très visuelles laissant présager un règlement de comptes bien tordu, sans beaucoup d'espoir d'une fin heureuse. Puis survient l'élément fantastique qui sert de lien entre les pièces du puzzle qui ne s'assemblaient pas avec les autres, mais qui révèle aussi de fait l'issue de l'affrontement à la moitié du tome et qui oriente le récit dans une autre direction moins intéressante. Chaque scène reste intéressante pour elle-même, mais mises bout à bout elles ne forment pas un récit accrocheur.

11/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Howard le Canard - L'Intégrale
Howard le Canard - L'Intégrale

Pas le canard que vous croyez - Ce tome contient les épisodes 1 à 14 de la série Howard the duck (en abrégé HtD) et le numéro annuel 1, ainsi que sa première apparition dans Fear 19, et celles dans Giant size Man-Thing 1, Marvel Treasury edition 12, et des extraits de Giant size Man-Thing 4 & 5. Ces épisodes sont initialement parus en 1976/1977, et ils ont tous été écrits par Steve Gerber. Les dessinateurs sont Val Mayerik (Fear 19, HtD annual 1, Giant size Man-Thing 1), Frank Brunner (Giant size Man-Thing 4 & 5, HtD 1 & 2), John Buscema (HtD 3), Gene Colan essentiellement encré par Steve Leialoha (HtD 4 à 14), et Sal Buscema pour Marvel Treasury edition 12. Howard le canard est (comme son nom l'indique) un canard anthropomorphe venant d'une autre dimension, avec des pieds palmés, des mains à 4 doigts, une veste de costume bleue, des gants blancs, un minuscule chapeau, et il fume le cigare. Il est arrivé par inadvertance dans notre réalité, lors d'une crise survenue au nexus des réalités (dans un marais de Floride où réside Man-Thing). Il a fini par rester pour de bon à Cleveland, où il s'est lié d'amitié avec Beverly Switzler. Ce n'est pas un superhéros, malgré ce que pourrait laisser penser le choix de la couverture pour ce recueil. Après avoir accompagné Man-Thing et quelques autres dans un imbroglio transdimensionnel, il se retrouve sans le sous et sans emploi à Cleveland, dans l'état de l'Ohio. Au cours de ces nombreux épisodes, il va se retrouver à combattre une vache vampire (avec une cape), un sorcier souhaitant récupérer un objet de pouvoir (avec une apparition décalée de Spider-Man), l'homme-navet (sic), un somnambule magicien, un bonhomme de pain d'épice géant, les 4 membres de KISS, etc. Un concours de circonstance va le pousser à se présenter comme candidat à la présidentielle des États-Unis. Ce recueil se termine avec de nombreux bonus, dont une postface en 1 page de Steve Gerber (datée de 2008), et une interview d'époque, de 9 pages, menée par David Anthony Kraft, beaucoup plus personnelle que ce à quoi on pouvait s'attendre (car parue dans un fanzine appelé FOOM, Friends Of Ol' Marvel). Dans cet entretien, le lecteur a la confirmation de ce que lui a montré la lecture de ces épisodes : Howard, c'est Steve Gerber. Il n'y a qu'à regarder le sous-titre de la série : piégé dans un monde qu'il n'a pas créé (Trapped in a world he never made). Derrière les aventures hallucinées d'Howard, le lecteur a accès à ses pensées intérieures qui reflètent l'esprit d'un individu inadapté à la société dans laquelle il se trouve. La transposition d'Howard en Steve Gerber n'est ni systématique, ni de tous les instants. En fonction des épisodes, Howard peut se conduire en personnage principal traditionnel, assez sarcastique, ou être vu par les personnes qu'il croise comme un imposteur, un nain dans un costume de canard. le lecteur sent que le scénariste tente de jouer sur cette méprise comme d'un élément comique, mais le niveau d'humour reste bas. Ses opposants sont souvent de drôles de clients, de la vache mordue par un vampire, à une quadragénaire convaincue qu'il existe une conspiration de voleur de foie à laquelle Howard est associée. Il croise de rares personnages de l'univers partagé Marvel : Spider-Man, Hellstorm, Man-Thing, et KISS dans leur version superhéros à la sauce Marvel. Au bout de quelques épisodes, c'est la liberté narrative qui frappe le lecteur de plein fouet. Alors qu'Howard a commencé dans une série obscure d'un personnage (Man-Thing, alors écrit par Steve Gerber) déjà bien éloignée du modèle de base des superhéros, il s'éloigne encore plus du moule Marvel. Il n'est pas question à proprement parler de supercriminels costumés. Dans l'interview en fin de tome (ainsi que dans l'épisode 16), Steve Gerber reconnaît qu'il fait une concession majeure au comics de superhéros : inclure un affrontement physique par épisode, pour entretenir la dynamique du récit, mais c'est la seule. Il explique également qu'à l'époque l'expression créatrice des auteurs de comics était encore fortement bridée par l'existence et l'implémentation des exigence du Comics Code Authority, une forme de règlement d'autocensure mis en place par la profession pour éviter des récits trop traumatisant pour le public des enfants, avec le risque d'une censure extérieure plus drastique. Toujours dans cette interview en fin, Steve Gerber revient sur la genèse du personnage. Il explique qu'il s'agissait d'un figurant dans une histoire de Man-Thing et qu'il avait explicitement précisé au dessinateur qu'il ne devait pas ressembler à Donald, pour éviter toute réclamation de Disney (il y en aura quand même). Au vu du caractère irascible d'Howard (et de son cigare), il y a peu de risque de le confondre avec Donald. La liberté de ton se manifeste donc dans la dimension loufoque des opposants, ainsi que dans les sujets abordés. le scénariste peut aussi bien évoquer la difficulté pour une personne non-conformiste de vivre en société, que la religion organisée, que le paraître des hommes politiques, que le comportement potentiellement irrationnel des autres membres de la société, ou encore la déprime (proche de la dépression). Dans l'interview, Gerber confirme ce que ressent le lecteur : il n'avait de plan à long terme pour Howard, préférant concevoir chaque épisode selon l'inspiration du moment. Ce genre d'approche narrative fonctionne donc plus sur les principes de la comédie dramatique, que sur le mécanisme d'une intrigue ambitieuse. En fonction de l'inspiration de l'auteur, le résultat peut être emballant (la dynamique de la candidature était personnelle et bien huilée), ou lassant (la suite de séquences liées à la déprime d'Howard). Dans les 2 cas, le lecteur n'a aucune idée de ce à quoi s'attendre. Restant dans le cadre de récits destinés à la jeunesse, Steve Gerber se tient relativement éloigné d'une narration trop expérimentale ou psychédélique, pour rester sur la base d'histoires avec des personnages et une progression dramatique. Il aborde des sujets qui lui tiennent à cœur, et s'il n'était pas trop pressé ce mois-là, il réussit à mettre en scène ses propres convictions personnelles sur la solitude, la vie en société, l'amitié, et même la relation avec le lectorat. Ce dernier point est abordé dans l'épisode 16 de la série (le dernier de ce tome). le lecteur découvre une suite de dessins en double page, avec des pavés de texte écrits par Steve Gerber. Ce dernier explique qu'il était en retard pour rendre son histoire, mais qu'il ne souhaitait pas que ce numéro soit une réédition d'un numéro précédent (pratique utilisée à l'époque, en cas de créateur en retard par rapport à la cadence mensuelle). Il rédige donc un texte très personnel dans lequel il se met en scène, avec Howard comme expression de sa conscience. le lecteur a du mal à croire que le responsable éditorial de l'époque ait pu donner suite à un tel écart par rapport à l'ordinaire des comics. À la lecture de ce texte, il apparaît que l'auteur tient un propos à destination d'adultes et pas d'enfants, ni même d'adolescents. Plusieurs dessinateurs se succèdent pour mettre en scène ce canard d'une race à part. le premier est compétent par rapport aux standards de l'époque, dans une veine réaliste, avec un bon niveau de détails. Par contre quand Val Mayerik revient pour le numéro annuel, ses dessins sont devenus assez laids. le lecteur ressent tout de suite un changement de qualité pour le mieux, avec la quarantaine de pages dessinées par Frank Brunner. le niveau de réalisme est plus élevé, et les expressions du canard sont beaucoup plus parlantes. La mise en couleurs reste criarde et elle l'est tout au long du tome du fait de moyens techniques assez limités à l'époque. L'épisode 3 d'HtD permet d'apprécier une prestation honorable de John Buscema, pas trop pressé, mais par très inspiré non plus. Sal Buscema réalise un travail fonctionnel, assez laid en ce qui concerne les expressions des visages. Environ les 3 quarts du volume sont dessinés par Gene Colan. L'association entre Howard et lui ne semble pas une évidence a priori. Pourtant son approche graphique est assez éloignée des standards des superhéros de l'époque, avec un rendu mettant en avant le mouvement, plus ou moins accentué en fonction des séquences. L'esthétique de Colan ne recherche pas la rondeur des contours, ni la propreté des surfaces. Les lignes de contour peuvent être torturées, cassantes, et les surfaces sont texturées par des traits ou de petits aplats de noir non significatifs. Au final cette esthétique très particulière sert plutôt Howard, qu'elle ne le dessert. Il n'apparaît ni comme un superhéros, ni comme un ersatz de Donald. L'encrage de Steve Leialoha est assez respectueux des crayonnés de Colan, en y intégrant des aspérités ou des précisions de détails pas toujours en phase avec la composition générale du dessin. Ce n'est pas le meilleur encreur de ce dessinateur, mais il ne trahit pas non plus l'esprit des dessins. Cette première moitié des épisodes d'Howard the Duck ne s'adresse pas à tous les lecteurs. Il vaut mieux être familier avec la forme des comics de l'époque, ou de Steve Gerber pour disposer de la motivation nécessaire, afin d'entamer cette lecture. Sous cette réserve, le lecteur découvre une série de Steve Gerber en total décalage avec la production de l'époque, très personnelle, et différente des autres qu'il a pu écrire (Man-Thing, Omega the Unknown, et autres). Une œuvre personnelle d'un créateur piégé dans un monde qu'il n'a pas créé.

11/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Âme Augmentée
Âme Augmentée

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce comics ne laisse pas indifférent. BD vraiment exigeante, dérangeante et malaisante. Ame Augmentée frappe juste et fort. Qu’on aime ou pas, cette lecture marque fortement et laisse une empreinte en nous qui l’amènera pour ma part sans aucun doute sur le podium des bds SF de 2024. Un graphisme particulier, exagéré assez proche de Bill Plympton, qui m'a rappelé également par moment sur sa dernière partie et aidé par la tonalité des couleurs du Ludovic Debeurme. Des personnages à la base (excepté Del) peu attachants mais qui finalement arrive à nous touchés. Une densité folle niveau thématique dont la principale: L'Identité/la Singularité d'un être est interrogé à travers divers angles: Qu'est-ce-que notre identité, humanité ? Qu'est-ce-qui la définit? De ce fait des sujets tels que la mémoire, le clonage, le transhumanisme, l’immortalité, le racisme, l'autre ...son regard (Incluant celui du lecteur), sont également pleinement abordés. Bien que ces thématiques aient été déjà fortement exploités par le passé, l’originalité du récit évite tout possible écueil de redite et de lourdeur. Que dire sinon, l’histoire est très finement écrite, plutôt subtil sur bien des aspects, et bien que complexe dans ces réflexions reste compréhensible, abordable et fluide pour le lecteur. La dramaturgie se met en place, les fils se nouent et se dénouent, nous ne lâcherons pas le livre avant la fin. Encore une fois, gros travail éditorial des éditions 404 même si le texte souffre de quelques coquilles. La postface, la galerie d'affiche et les notes de l'auteur viennent enrichir et éclairer ce bouquin admirable et son élaboration. La filiation avec Aronofsky (qui signe la préface) mais surtout avec Cronenberg, est évidente. Une œuvre à découvrir et à murir. Dérangeante mais fascinante. Culte en devenir.

11/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Miroir de nos peines
Miroir de nos peines

Miroir de nos peines est un roman qui fait suite à l'excellent Au revoir là-haut de Pierre Lemaître. Les deux histoires sont distinctes et nul besoin d'avoir lu le premier roman pour s'immerger avec bonheur dans celui-ci. Je n'ai pas lu cette suite (en roman) mais on retrouve dans l'adaptation de Christian de Metter les qualités que j'avais aimées dans Au revoir là-haut. Premièrement le scénario est superbement bien construit autour de destins croisés qui vont converger vers un même point. C'est finement orchestré de façon à rendre un récit fluide, logique et cohérent qui est facilement compréhensible. Pour autant, les auteurs Lemaitre/de Metter distillent les informations de façon parcimonieuse ce qui fait du début du roman un véritable polar avec une enquête à surprises. Ensuite les personnages expriment une humanité forte. Louise en premier lieu qui est le révélateur des sentiments bons ou mauvais qui entouraient l'histoire d'amour de sa mère. Cela produit une seconde partie bien plus intime et sentimentale qui donne une vision plus profonde des divers intervenants. Cela est enveloppé d'une atmosphère historique qui sert de critique à l'organisation sociétale d'une France déboussolée. On pourrait reprocher aux auteurs de favoriser la vision optimiste avec une fin de style "tout est bien qui finit bien" mais j'ai apprécié ce côté frais et rayonnant du récit. Si de Metter est cadré par sa volonté de suivre l'esprit du roman, il propose un graphisme bien personnel riche en détails et une mise en scène très efficace. Son découpage et sa mise en scène créent un fort dynamisme et renforcent les effets de surprise de l'enquête. De Metter réussit très bien à créer une ambiance où la petite histoire se cale parfaitement à la grande histoire. Les personnages sont juste conformes à l'esprit de leur époque. Le choix des dialogues, les détails architecturaux, les costumes ou uniformes et surtout les expressions des visages, tout est à sa place. Cela donne une lecture qui m'a capturé de plus en plus au fil des pages. Une très bonne lecture qui m'a bien touché par son esprit très positif.

11/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Le Paradis perdu de John Milton
Le Paradis perdu de John Milton

Comment supporter cette dette immense d'une reconnaissance éternelle ? - Ce tome est indépendant de tout autre et constitue une adaptation du poème épique le Paradis Perdu (première version en 10 parties en 1667, deuxième version en 12 parties en 1674), de John Milton (1608-1674). Il a été réalisé par Pablo Auladell, et sa première édition date de 2015. La traduction de l'espagnol en français a été réalisée par Benoît Mitaine, en suivant la traduction de 1836, réalisée par François-René Chateaubriand (1768-1848). L'ouvrage commence avec un avant-propos de l'auteur expliquant la genèse de cette adaptation débutée en 2010, interrompue pendant deux ans, puis reprise pendant trois ans. Dans l'obscurité, Satan dort contre une ange dans son lit. le jour se lève sur la cité radieuse : Satan écarte le rideau et regarde par la fenêtre. Il aperçoit au loin l'archange majeur Michel debout sur un rempart et regardant dans le lointain. Michel tourne son regard perçant vers lui, puis il lève son épée vers le ciel alors que la pluie se met à tomber. Un chapeau avec un ruban chute dans les ténèbres, dans le gouffre des Tartares. Dans l'Enfer s'élève le panache d'un feu, et des oiseaux planent au-dessus d'un charnier. Des anges gisent semblant morts, des épées et des lances éparses à proximité d'eux. le narrateur s'interroge : quelle cause poussa les premiers parents à se séparer de leur Créateur ? Qui les entraîna à cette honteuse révolte ? À transgresser leur unique interdit ? Dans les eaux noires du lac, une silhouette bouge et se redresse : le serpent, l'infernal serpent, Satan. Son orgueil l'avait précipité du ciel avec son armée d'anges rebelles. Jeté la tête en bas par le souverain Pouvoir, entouré de flammes, depuis la voute éthérée. Satan se redresse et contemple l'environnement qui l'entoure. Il est tombé dans le gouffre dans fond de la perdition, dans des régions de chagrin où ni repos, ni espérance ne pourraient jamais habiter. Il découvre un autre corps entre deux eaux et le reconnaît : Belzébuth. Il lui fait prendre conscience de quelle hauteur, dans quel abîme ils sont tombés. Mais tout n'est pas perdu. Ni sa colère, ni sa puissance ne pourront jamais soumettre sa volonté et son courage. Satan ne demandera point grâce d'un genou suppliant, et il ne respectera point un pouvoir venu à douter de son empire, par la terreur de son bras. Belzébuth a repris conscience et l'interroge : et si leur vainqueur avait laissé entiers leur esprit et leur vigueur afin qu'ils puissent endurer la souffrance d'un éternel châtiment ? Satan fait quelques pas de côté et saisi une lance fichée dans l'eau. Il s'envole et survole l'étendue sous lui. Est-ce ici le séjour où ils devront changer contre le ciel ? Soit, plus loin de Lui ils seront, mieux ce sera. Qu'importe où il sera, s'il est toujours le même et ce qu'il doit être. Ici au moins, ils seront libres. Mieux vaut régner dans l'Enfer, que servir dans le Ciel. Mais abandonnera-t-il ses amis fidèles dans le lac de l'Oubli ? Satan prend sa lance, tue une bête, la décapite, couvre la tête de Belzébuth avec elle de l'animal. Les deux s'envolent vers un promontoire, et Satan s'adresse aux autres anges encore inanimés. Voilà un projet ambitieux : transcrire en bande dessinée, le long poème épique de Milton. Dans sa traduction de 1836, Chateaubriand explicitait ses choix de traducteur pour conserver les qualités propres de l’œuvre, sans la trahir, malgré certaines de ses particularités la rendant parfois maladroite, parfois obscure. Dans son introduction, il rappelle entre autres que John Milton était aveugle quand il a composé son œuvre. Bentley prétend que, Milton étant aveugle, les éditeurs ont introduit dans le Paradis perdu des interpolations qu'il n'a pas connues : c'est peut-être aller loin ; mais il est certain que la cécité du chantre d'Éden a pu nuire à la correction de son ouvrage. le poète composait la nuit ; quand il avait fait quelques vers, il sonnait ; sa fille ou sa femme descendait ; il dictait : ce premier jet, qu'il oubliait nécessairement bientôt après, restait à peu près tel qu'il était sorti de son génie. le poème fut ainsi conduit à sa fin par inspirations et par dictées ; l'auteur ne put en revoir l'ensemble ni sur le manuscrit ni sur les épreuves. Or il y a des négligences, des répétitions de mots, des cacophonies qu'on n'aperçoit, et pour ainsi dire, qu'on n'entend qu'avec l’œil, en parcourant les épreuves. Milton isolé, sans assistance, sans secours, presque sans amis, était obligé de faire tous les changements dans son esprit, et de relire son poème d'un bout à l'autre dans sa mémoire. Quel prodigieux effort de souvenir ! et combien de fautes ont dû lui échapper ! Chateaubriand évoque également le fait que cette œuvre comprend des références culturelles évidentes au dix-septième siècle, mais déjà perdues au dix-neuvième siècle, rendant certains vers incompréhensibles. En entamant cette bande dessinée, le lecteur a peut-être une idée déjà précise du récit ou de l'intrigue, du style du poète, ou pas du tout. Mais il doit avoir à l'esprit qu'il plonge dans une narration reposant sur des idées et des façons de penser qui datent du dix-septième siècle. du point de vue de l'adaptation, Pablo Auladell a choisi les passages qu'il a retenus, et ceux qu'il a condensés ou laissés de côté. le lecteur ne retrouve donc pas l'intégralité des douze livres de la seconde édition. de même, il a fait des choix esthétiques dans la manière de donner à voir ces êtres bibliques, la cité de Dieu, le Paradis, les anges, et les anges déchus. L'histoire est donc celle de la chute de Satan ange déchu et de ses légions, ainsi que celle d'Ève et Adam, vivants au jardin d'Éden. L'auteur se retrouve à représenter les anges, les démons, les chérubins, Dieu et le Diable. C'est un défi de parvenir à proposer une interprétation visuelle qui ne soit ni naïve, ni stéréotypée, ni emprunte de grandiloquence ridicule, ou de religiosité plus ou moins sincère. L'artiste a choisi de donner des silhouettes anthropomorphes à chacun de ces personnages, avec quelques exceptions pour les chérubins, ou lorsque l'Ennemi prend la forme du serpent dans le jardin d'Éden. Satan dispose d'un corps de haute taille, bien découplé, sans être musculeux, nu du début jusqu'à la fin, avec des attributs sexuels masculins. Il ne porte comme tout vêtement qu'un chapeau à rebord avec un ruban, ce qui permet de l'identifier à coup sûr. Il est doté d'une paire d'ailes. Son visage est souvent fermé, peu expressif. Les autres démons ont également une forme humanoïde, parfois un peu plus massive, seul Belzébuth ayant un visage vraiment différent. La représentation des anges et de Dieu est tout aussi délicate. le lecteur constate que leurs visages sont un peu plus différenciés pour l'archange Michel, Gabriel, Raphael et Abdiel. de manière inattendue, le dessinateur a choisi de leur donner un vêtement, une tunique, ou un chapeau, pour augmenter leur différenciation, par opposition à la multitude des anges déchus. Michel est celui qui fait la plus forte impression sur le lecteur avec son nez aquilin, et son regard bleuté perçant. Auladell a également effectué des choix pour le Très Haut : un individu d'une forte corpulence, quasiment pas de cou, et une tête un peu petite. le lecteur n'en tire pas d'interprétation particulière, si ce n'est qu'il a effectivement fait les hommes à son image. Ève et Adam sont deux êtres humains normaux, vivant nus au Paradis, dépourvus de toute pilosité. Il apparaît quatre autres personnages fort surprenants, au physique un peu différent, la fille de Satan et le fils de cette dernière, ainsi que Chaos et Nuit. Les lieux ne sont pas très nombreux : l'Enfer, la citadelle de Dieu, le jardin d'Éden. le premier est une zone désolée s'étendant à perte de vue, rocheuse avec des étendues d'eau noire. le dessinateur met alors essentiellement en œuvre des nuances de gris, avec une touche de brun. La citadelle céleste ressemble à un haut palais perché dans les nuages, avec une belle architecture que l'on retrouve également pour le mur de clôture du jardin d'Éden. Cet environnement est plus clair, avec des touches de bleu. À nouveau, le lecteur n'y voit pas de sens particulier, si ce n'est que l'artiste s'en est tenu à la vision de John Milton, et à celles qui existaient à son époque. le jardin d'Éden est verdoyant dans une teinte un peu foncée et un peu terne. Il est visible que le couple d'humains y vit en toute sérénité. Les animaux et les végétaux ont une allure un peu fantastique et un peu naïve, attestant du fait que c'est un jardin mythologique. Au fil des séquences, le lecteur constate que l'auteur privilégie les mises en page sous la forme de deux cases de la largeur de la page, mais il peut passer en mode 3, 4 ou 6 cases par page quand la nature de la scène le nécessite. le choix des couleurs sombre produit un effet ténébreux très palpable pour l'Enfer, et semble faire peser comme une contrainte invisible dans le jardin d'Éden et la cité céleste. le lecteur peut l'interpréter comme la présence de Dieu, ou plutôt l'omniprésence de sa volonté en toute chose et en tout être. Régulièrement le lecteur est surpris par un visuel inattendu comme la tour construite autour de Satan, ou le regard scrutateur et perçant de l'archange Michel. Même s'il connaît l'argument de l’œuvre, le lecteur se laisse emmener par cette visualisation de la chute de Lucifer, de la levée de son armée en Enfer, et de la tentation à laquelle il soumet Ève. En fonction de ses convictions religieuses, il peut soit confronter sa foi à cette représentation, tout en conservant à l'esprit qu'elle a été formulée à une autre époque, soit prendre le récit sur un plan mythologique. Il attend évidemment avec impatience la célèbre réplique : Mieux vaut régner dans l'Enfer que servir dans le ciel. La scène s'avère intense et prenante. Il savoure le développement de Satan sur sa motivation : Moi qui m'élevais avec gloire […] jusqu'à ce que l'orgueil et l'ambition m'aient précipité dans l'abîme pour déclarer la guerre au roi du ciel ! Il m'avait créé dans un rang éminent. Être à son service n'avait rien de rude. Mais sa bonté n'a produit en moi que malice. Comment supporter cette dette immense d'une reconnaissance éternelle ? Payer et toujours payer, et toujours devoir. Il est fort probable que le lecteur ait choisi de se lancer dans cette bande dessinée en toute connaissance de cause : l'adaptation d'un long poème épique dont il a déjà apprécié la lecture, ou qu'il souhaite découvrir sous une forme plus accessible. Pablo Auladell a réalisé un solide travail d'adaptation en restant fidèle à l'esprit de l’œuvre, tout en effectuant des choix, d'une part en mettant en avant certains passages et en en passant d'autres sous silence, ensuite en donnant à voir un monde où la volonté de Dieu est omniprésente. le lecteur apprécie ainsi le récit pour l'intrigue, mais aussi pour la manière dont il fait s'incarner la vision de la foi chrétienne de John Milton.

11/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Man-Thing - Le Monstrueux Homme-Chose
Man-Thing - Le Monstrueux Homme-Chose

Intégrité artistique - Ce tome contient l'histoire complète en 3 épisodes parus en 2012, écrite par Steve Gerber et illustrée par Kevin Nowlan qui réalise également la mise en couleurs. Ce tome comprend également l'épisode 12 de la série Man-Thing (paru en 1974), ainsi que la première apparition de Man-Thing dans Savage Tales 1 paru en 1971. Song-cry of… the living dead man (18 pages, scénario de Steve Gerber, dessins de John Buscema, encrage de Klaus Janson) - La créature Man-Thing est attirée par les fortes émotions qui émanent d'un asile d'aliénés désaffecté. À l'intérieur Brian Lazarus, un écrivain, est en proie à des émotions qui s'incarnent en des individus lui réclamant tout un tas de choses. Il devra son salut à l'ingérence de Sybil Mills. Cette histoire est placée après celle de Gerber et Nowlan, mais il vaut mieux la lire en premier, car la suivante y fait référence. Dans années 1970, une nouvelle génération de scénaristes débarque dans le monde des comics avec des ambitions dépassant la simple histoire de superhéros, et un mode de pensée enraciné dans la contre-culture, avec des opinions politiques de gauche. Parmi eux, Steve Gerber ressort comme créateur inventif et capable d'utiliser le genre Superhéros pour écrire n'importe quel type d'histoire. Il est passé à la postérité pour les aventures hors du commun d'une non-équipe de superhéros (Defenders), pour les pérégrinations d'un canard parlant caustique (Howard the duck) et Man-Thing, un personnage qu'il a tellement fait sien que personne après lui n'a pu en tirer quelque chose après lui. Man-Thing est une créature végétale des marais dépourvue d'intellect, capable de ressentir avec acuité les émotions, et tous ceux qui éprouvent de la peur brûlent à son contact. Dans ce premier épisode, l'esprit empathique de Man-Thing est agressé par les émanations psychiques de Brian Lazarus. Steve Gerber raconte l'histoire d'un individu qui passe trop de temps tout seul dans sa tête et qui n'accepte pas les compromis qui accompagnent le passage à l'âge adulte, l'abandon de sa soif d'absolu. le résultat est une plongée dans les névroses ordinaires de tout adulte composant avec les nécessités matérielles de la vie, mais aussi d'une personne créative utilisant ses talents à des fins mercantiles (un scénariste de comics par exemple). Les illustrations de John Buscema (plutôt ses crayonnés, achevés par Klaus Janson) sont professionnelles, sans être très jolies ou très attractives. En un épisode, Steve Gerber prouve de manière éclatante qu'un monstre de boue et de plantes peut servir de dispositif narratif pour évoquer le mal être de la vie en société, du créateur à l'imagination réduite en esclavage au service du profit. 5 étoiles. - Screenplay of the living dead man (62 pages, Gerber & Nowlan) - Une dizaine d'années plus tard, Brian Lazarus est de retour dans le marais. Il recroise la route de Sybil Mills. Il est de nouveau en proie à de violentes émotions, et il s'adresse constamment à une espèce de petite plante anthropomorphe qui est à ses cotés et qu'il a affectueusement surnommée Mindy. À nouveau la force des émotions de Brian perturbe Man-Thing. Dans les années 1980, Marvel Comics annonce un nouveau récit de Man-Thing écrit par Steve Gerber et illustré par Kevin Nowlan ; mais ce dernier tarde à réaliser le projet. Gerber décède en 2008. L'histoire paraît en 2012. Elle constitue un prolongement de l'histoire de Brian Lazarus. Il a fini par se marier et trouver sa place dans la société. Mais le chômage a remis en question cet équilibre fragile et il est de retour dans les Everglades. Gerber écrit une histoire sur l'industrie du divertissement et un créateur nourrissant cette machine (en lui sacrifiant son intégrité artistique) qui doit être nourrie en permanence, pour débiter un flux ininterrompu d'émissions, de spectacles et de films. Son constat est noir et impitoyable. Kevin Nowlan utilise un style très affirmé qui peut demander un temps d'adaptation au lecteur. Les formes sont détourées par des traits fins presque fragiles, et les couleurs apportent autant d'informations visuelles que les crayonnés. Afin de satisfaire aux exigences du scénario, il mélange une approche réaliste des personnages et des endroits, avec les manifestations virtuelles de l'esprit de Lazarus sous une forme plus enfantine. Sa mise en couleurs permet de lier les 2 modes de représentation sans solution de continuité. Il a une capacité très déconcertante à capturer l'expression d'une émotion sur un visage au travers d'un rendu très personnel. Il n'hésite pas à recourir à un registre graphique moqueur ou exagéré pour introduire une forme de dérision et de second degré qui décuple la dimension critique du scénario. En fait Nowlan ne se repose sur aucun des codes graphiques habituels des superhéros, pour un résultat idiosyncrasique qui complémente le scénario, ajoutant une dimension onirique, une saveur particulière unique. 5 étoiles. - … Man-Thing (11 pages, noir & blanc, scénario de Gerry Conway & Roy Thomas, illustrations de Gray Morrow) - Il s'agit du récit des origines de Man-Thing, la transformation de Ted Sallis en cette créature des marais. Le tome se termine avec la courte histoire relatant la première apparition de Man-Thing. Il s'agit d'une histoire d'horreur avec une chute rapide. En onze pages, le lecteur apprend tout ce qu'il y a à savoir sur Man-Thing pour apprécier ses histoires. 4 étoiles pour l'intérêt historique, dans une histoire qui n'a pas trop mal vieilli.

10/06/2024 (modifier)
Couverture de la série J'ai tué le soleil
J'ai tué le soleil

Je ne dois certainement pas être le seul, Winshluss est un auteur que je guette avidement. Le problème c'est que du coup j'ai pas mal d'attente à chacunes de ses productions, même s'il ne m'a jamais déçu depuis, tout ne relève pas systématiquement du génie, J'ai tué le soleil fait un peu partie de cette catégorie. Je qualifierai ma première lecture de gentillette, j'en étais sorti un poil maussade, attention j'ai bien aimé mais il m'a manqué un petit truc pour tenir et me subjuguer jusqu'au final, qui lui est franchement réussi. L'auteur s'essaie au récit post-apo, j'aime son trait un peu charbonneux et sa narration muette mais c'est long à se mettre en place et sur le coup les ingrédients présentés sont déjà vus. Bref il faut tenir pour découvrir le sel de l'histoire, par contre même une fois connu, l'album se relit très bien (peut être même mieux ?). 3,5

10/06/2024 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Dieu-Fauve
Le Dieu-Fauve

Je me joins au concert de louanges accordé à ce superbe album du prolifique Fabien Vehlmann. « Le Dieu-Fauve » nous raconte une aventure passionnante, brutale et sauvage. L’histoire est découpée en chapitres présentant le point de vue de plusieurs personnages, divulguant progressivement les motivations de chacun. La narration est parfaitement maitrisée, j’ai pris beaucoup de plaisir à décortiquer les méandres de l’intrigue, et la fin m’a beaucoup plu. Il faut dire que la mise en image de Roger est sublime. Le découpage est réussi, les planches contiennent de belles grandes cases au dessin très détaillé, et j’ai beaucoup aimé les lignes et les perspectives sur les paysages. Les scènes d’action sont aussi très réussies, très dynamiques. Vraiment, une chouette histoire.

10/06/2024 (modifier)