14/20
La collection KSTR commence en beauté avec un titre qui, s’il ne fait pas aussi « underground » que le reste de la collection, a bien des qualités. Le dessin du jeune Bastien Vivès (22 ans !) est d’une maturité époustouflante ! Sa mise en scène, ses cadrages, ses couleurs sont également un vrai régal. Une belle claque !
Côté scénario, cette histoire de garçon timide et de filles dévergondées est un peu fleur bleue, mais cela passe sans peine, Bastien Vivès sait raconter, il sait nous emporter dans son histoire, pourtant simple, il sait donner à ses personnages une vraie humanité. J’émettrais juste un petit bémol sur la fin, relativement prévisible, elle aurait gagné à nous ménager un peu plus de surprise.
Ne pas se fier à l'infâme bandeau ornant les couvertures des albums de cette série, pour rappeler que c'est une adaptation de romans de Paul-Loup Sulitzer ! "Hannah" est une grande série de bande dessinée, tout simplement !
Le scénario n'est pas une déclinaison des écrits du célèbre romancier people (people romancier ?) qui fait la part belle au texte ou extraits de texte qui servent ici d'inspiration pour négliger le visuel. Jean Annestay fait un véritable travail de scénariste qui ne laisse jamais penser qu'il s'agit d'une adaptation. L'oeuvre est portée par les dialogues bien construits, guidant les personnages au fil des années qui séparent Hannah de son enfance en Pologne de son intrusion dans le monde des affaires en Amérique.
La jeune femme est un personnage central remarquablement complexe, ambitieuse mais dotée d'un sens de l'honneur, réaliste mais poursuivant ses chimères... Sa quête pour vivre sa vie, réussir et ne pas se plier aux coutumes juives auxquelles on l'a destinée l'amèneront à fréquenter toutes sortes de gens, tout en restant sous la protection de Mendell Visoker, un colosse qu'elle considère comme son père de substitution, mais qui n'est pas insensible à sa beauté.
Elle fuira en Australie, trouvera sa voie en créant des produits de beauté avant de se lancer dans le monde des affaires... Les intrigues sont parfaitement réglées, habitées d'une belle galerie de personnages. On pense, par le réalisme et le souci documentaire, aux Steenfort (de Les Maîtres de l'Orge), le côté dynastique en moins. Annestay mérite que son travail soit considéré comme autre chose qu'une opération commerciale des Editions Dupuis.
Franz illustre le tout de son trait puissant, toujours à l'aise, que ce soit dans les grands espaces comme dans les décors urbains, qu'ils soient de luxe ou non. Il personnalise à merveille chacun des nombreux personnages. Rarement on a si bien ressenti les différences de corpulence entre ceux-ci en bande dessinée, notamment pour les femmes. Il rend parfaitement la complexité du scénario sans jamais se laisser aller à la facilité. Un travail de commande ? Difficile à croire, vu le résultat.
Une grande réussite, qui souffrira sans doute toujours de ses origines, mais une bande dessinée avant tout, servie par un excellent scénariste et un dessinateur d'exception. Surtout à ne pas manquer.
Inutile de présenter Blutch et Chesterfield, les deux compères aussi dissemblables qu'inséparables, contraints de faire une guerre dont les enjeux ne sont pas forcément aussi nobles que l'on pourrait le croire.
Située en pleine guerre de sécession, la série présente une image universelle assez peu flatteuse de l'armée, divisée entre officiers fanatiques et soldats obéissant aveuglément. L'absurdité des conflits et de la passivité devant ceux-ci est condamnée par l'insolente personnalité de Blutch, opposé à l'obtus sergent Chesterfield.
Cauvin réussit parfaitement à introduire l'humour dans l'univers du western, mais si cette série avait été conçue au départ pour concurrencer Lucky Luke, elle possède un esprit bien différent avec des héros moins "nobles". Le scénariste n'hésite pas à condamner non seulement les guerres en général, mais à critiquer les idéaux avancés dans celle de sécession, quitte parfois à enfoncer des portes ouvertes, mais également à rétablir des vérités bafouées. L'humour n'est jamais oublié dans les situations ou les dialogues pour bâtir des intrigues pleines de mouvements. Après une trentaine d'albums, comme souvent pour les séries humoristiques, l'inspiration se tarit, et perd l'équilibre entre comique et réalisme. Les intrigues répètent les meilleurs albums, le trait s'épaissit, poncifs et facilités se font dangereusement sentir... Mais les fracassants débuts valent d'être félicités et vaudront toujours à cette série de figurer dans les classiques de la bande dessinée.
Louis Salvérius avait créé graphiquement les tuniques bleues, d'un trait humoristique au départ, puis semi-réaliste, documenté et personnel. Son dernier album, "Outlaws", laissait augurer de grands moments, las, il n'en aura pas eu le temps.
Lambil lui succède avec talent, et c'est lui qui amène la série vers le succès. Son dynamisme et son sens de la composition valorisent le travail de son scénariste.
Un grand classique à savourer par le début.
Note approximative : 3.5/5
J'ai mis du temps avant de lire cette BD car les couvertures des deux tomes parus ne m'attiraient vraiment pas. Mais je serais passé à côté de quelque chose si je ne l'avais pas lue. Cette série est en effet bonne et originale.
Le dessin de Rouge est très plaisant. Plein d'aisance, à la fois détaillé et fluide, il nous offre des personnages et des décors qui nous plongent vraiment dans l'ambiance de la Palestine sous l'occupation Romaine. Une Palestine qui parait vivante et presque moderne.
Il est en outre assisté par son fils Corentin à la colorisation pour un résultat tout à fait agréable. Couleurs sobres, presque simples, discrètement informatisées, mais qui offrent une belle lumière et une agréable clarté aux planches.
Quant au scénario, il est bien construit et surtout original par son décor. Quoique ce soit le contexte de la collection Dédales des Humanoïdes Associés de nous offrir des polars historiques, avec pour enquêteurs des personnages hors de l'ordinaire, embaumeur égyptien, esclave romain, policier chinois et autres moines français, l'idée de se placer dans une ville Palestinienne à l'époque de l'occupation Romaine est pittoresque et intéressante. D'autant plus quand le héros est déchiré entre ses origines samaritaines et son éducation romaine.
Marchands du Temple, occupant romain, prédicateur de Jérusalem, sectes religieuses, nous sommes baignés dans le décor du Nouveau Testament. Mais cela ne reste qu'une toile de fond pour une enquête qui, elle, est tout ce qu'il y a de plus moderne dans son déroulement.
Après un premier tome où le juge Shimon va interroger de manière classique tous les protagonistes ("où étiez-vous le jour du meurtre ?") avant de découvrir l'une des clés de l'énigme, l'action va se corser dans le second tome où le temps pour résoudre son enquête devient subitement limité et où il va devoir affronter de plus près les dangers de son époque.
Une enquête intelligemment menée, légèrement complexe par moment mais sans jamais s'embrouiller.
Si j'ai un reproche à formuler à cette BD, ce serait peut-être le fait que je n'ai pas été toujours très captivé par son récit et son intrigue qui, bien que bien construit, n'est pas aussi original dans son intrigue que dans son décor.
Intéressante, joliment dessinée, bénéficiant d'un excellent décor et de bons personnages, c'est une BD dont je conseille la lecture et que les amateurs d'enquête policière et d'Histoire devraient adorer.
Même s'il est trop tôt pour juger réellement cette série, je me prête au jeu afin d'apporter un avis supplémentaire.
Christophe Bec a une actualité fournie en ce début d'année, et "Pandemonium" est dans la même veine que ses autres nouvelles productions : prometteuse.
Scénario bien construit, bien secondé par un dessin efficace.
A suivre de très près.
C'est sur un conseil que j'ai décidé d'acheter le premier tome... J'ai été surprise de trouver des personnages attachants, une très belle histoire, beaucoup d'humour et une atmosphère empreinte de poésie...
Cela n'engage que moi mais je le conseille vivement aux personnes qui ont envie d'entrer dans un autre univers et se poser quelques questions sur le genre humain...
Bonsoir ! Pour ma part je trouve que "Bleach" est un très bon manga, l'intrigue est soutenue tout au long de la série, le monde, les combats et divers détails sont très bien pensés et graphiquement intéressants pour un manga...
Je trouve que l'évolution des personnages est assez touchante et je le conseille aux fans du genre !
Dragon Ball : un manga passionnant, humoristique et avec de l'action. Je l'avoue le début ne m'a pas plu... mais en découvrant Sangoku, ce personnage drôle et qui ne sait rien de la terre est très attachant.
L'illustration est bien, les personnages bien choisis (surtout Tortue géniale qui fait trop rire). Un manga qui vaut le coup d'oeil certes, mais la suite "Dragon Ball Z" est tout à fait meilleure !!!!
Enfin bref, juste pour ajouter que ceux qui hésitent à l'acheter ne devraient pas !!!!!
C'est trop bien !!!
Dans la ligne directe de Ce qui est à nous, cette série en 2 tomes est d'une qualité remarquable et d'une précision exceptionnelle.
Par rapport à Ce qui est à nous, l'histoire est plus prenante car elle est centrée sur un seul personnage, le Hollandais (Dutchman), qui régna au moins partiellement sur l'empire de la mafia dans les années 30.
Le scénario est parfaitement impeccable, bien ficelé et particulièrement vivant sur le mode grandeur et déchéance d'un caïd. De plus il s'appuie sur un travail rigoureux de Le Saëc.
On peut néanmoins regretter que les auteurs n'aient pas choisi à isoler la vie d'un personnage de plus grande envergure que Dutch Schultz même si sa vie et son existence sont symptomatiques du milieu.
On garde après la lecture de ces deux albums un sentiment de satisfaction extrême tant on plonge avec authenticité dans l'univers de cet homme, tant les auteurs nous font vivre avec intensité son ascension et sa chute, sa gloire et sa misère.
De la même manière que pour Ce qui est à nous, rien ne nous est épargné et loin de mythifier la Cosa Nostra, la description est fine et teintée de réalité. La violence cynique et macabre de ces sociopathes nous rappelle qu'appartenir au milieu n'est pas une gloire, pas une fin en soi mais qu'il s'agit d'un monde déstructuré malgré sa hiérarchisation et ses codes et que ses acteurs en sortent toujours perdants, qu'ils en sont toujours victimes... autant que coupables.
Voilà une Bd à posséder. Entre le docu et le roman noir, Chauvel nous emmène dans les bas-fonds de la mafia du début du siècle.
Les scénarios parfaitement ficelés s'inspirent de faits réels et montrent l'évolution de la Cosa nostra de sa genèse à son apogée.
Avec ses petites histoires, avec ses déchéances et avec sa grandeur, on est ici face à un portrait sans concession. Il n'est ici question ni d'apologie sur fond de romantisme, de nostalgie ou de mythe, mais il n'est pas non plus question de stigmatisation. Ce sont des conditions sociales qui font des voyous, des parcours, des itinéraires, des choix de vie ou des rencontres, le fait du hasard...
L'abondance de personnages et le mélange des petites histoires avec la grande donne un récit parfois dur à suivre et à avaler, mais la qualité de ce qui est proposé donne envie de relire.
Il semblerait que les auteurs aient été dans une démarche d'exhaustivité, tout raconter pour mieux comprendre. Pour tout raconter ils se sont largement documentés. C'est ici un effort de recherche rare et d'une précision extrême.
D'ailleurs les dernières pages en sont la preuve avec un récapitulatif des sources et une explication des faits tels qu'ils ont été vécus.
Le dessin fait lui aussi l'objet de la démarche, Le Saëc a travaillé avec des cartes postales d'époque, s'est rendu plusieurs fois à New York et l'authenticité de son trait en ressort.
Bref une oeuvre majeure tant pour sa qualité de fiction que pour son encyclopédisme.
Je ne mets pas 5/5 car une relecture est nécessaire pour bien saisir les relations entre les personnages et pour parfaitement comprendre les faits. Mais le coeur y est.
A lire pour tout ceux qui aiment cet univers-là.
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14/20 La collection KSTR commence en beauté avec un titre qui, s’il ne fait pas aussi « underground » que le reste de la collection, a bien des qualités. Le dessin du jeune Bastien Vivès (22 ans !) est d’une maturité époustouflante ! Sa mise en scène, ses cadrages, ses couleurs sont également un vrai régal. Une belle claque ! Côté scénario, cette histoire de garçon timide et de filles dévergondées est un peu fleur bleue, mais cela passe sans peine, Bastien Vivès sait raconter, il sait nous emporter dans son histoire, pourtant simple, il sait donner à ses personnages une vraie humanité. J’émettrais juste un petit bémol sur la fin, relativement prévisible, elle aurait gagné à nous ménager un peu plus de surprise.
Hannah
Ne pas se fier à l'infâme bandeau ornant les couvertures des albums de cette série, pour rappeler que c'est une adaptation de romans de Paul-Loup Sulitzer ! "Hannah" est une grande série de bande dessinée, tout simplement ! Le scénario n'est pas une déclinaison des écrits du célèbre romancier people (people romancier ?) qui fait la part belle au texte ou extraits de texte qui servent ici d'inspiration pour négliger le visuel. Jean Annestay fait un véritable travail de scénariste qui ne laisse jamais penser qu'il s'agit d'une adaptation. L'oeuvre est portée par les dialogues bien construits, guidant les personnages au fil des années qui séparent Hannah de son enfance en Pologne de son intrusion dans le monde des affaires en Amérique. La jeune femme est un personnage central remarquablement complexe, ambitieuse mais dotée d'un sens de l'honneur, réaliste mais poursuivant ses chimères... Sa quête pour vivre sa vie, réussir et ne pas se plier aux coutumes juives auxquelles on l'a destinée l'amèneront à fréquenter toutes sortes de gens, tout en restant sous la protection de Mendell Visoker, un colosse qu'elle considère comme son père de substitution, mais qui n'est pas insensible à sa beauté. Elle fuira en Australie, trouvera sa voie en créant des produits de beauté avant de se lancer dans le monde des affaires... Les intrigues sont parfaitement réglées, habitées d'une belle galerie de personnages. On pense, par le réalisme et le souci documentaire, aux Steenfort (de Les Maîtres de l'Orge), le côté dynastique en moins. Annestay mérite que son travail soit considéré comme autre chose qu'une opération commerciale des Editions Dupuis. Franz illustre le tout de son trait puissant, toujours à l'aise, que ce soit dans les grands espaces comme dans les décors urbains, qu'ils soient de luxe ou non. Il personnalise à merveille chacun des nombreux personnages. Rarement on a si bien ressenti les différences de corpulence entre ceux-ci en bande dessinée, notamment pour les femmes. Il rend parfaitement la complexité du scénario sans jamais se laisser aller à la facilité. Un travail de commande ? Difficile à croire, vu le résultat. Une grande réussite, qui souffrira sans doute toujours de ses origines, mais une bande dessinée avant tout, servie par un excellent scénariste et un dessinateur d'exception. Surtout à ne pas manquer.
Les Tuniques Bleues
Inutile de présenter Blutch et Chesterfield, les deux compères aussi dissemblables qu'inséparables, contraints de faire une guerre dont les enjeux ne sont pas forcément aussi nobles que l'on pourrait le croire. Située en pleine guerre de sécession, la série présente une image universelle assez peu flatteuse de l'armée, divisée entre officiers fanatiques et soldats obéissant aveuglément. L'absurdité des conflits et de la passivité devant ceux-ci est condamnée par l'insolente personnalité de Blutch, opposé à l'obtus sergent Chesterfield. Cauvin réussit parfaitement à introduire l'humour dans l'univers du western, mais si cette série avait été conçue au départ pour concurrencer Lucky Luke, elle possède un esprit bien différent avec des héros moins "nobles". Le scénariste n'hésite pas à condamner non seulement les guerres en général, mais à critiquer les idéaux avancés dans celle de sécession, quitte parfois à enfoncer des portes ouvertes, mais également à rétablir des vérités bafouées. L'humour n'est jamais oublié dans les situations ou les dialogues pour bâtir des intrigues pleines de mouvements. Après une trentaine d'albums, comme souvent pour les séries humoristiques, l'inspiration se tarit, et perd l'équilibre entre comique et réalisme. Les intrigues répètent les meilleurs albums, le trait s'épaissit, poncifs et facilités se font dangereusement sentir... Mais les fracassants débuts valent d'être félicités et vaudront toujours à cette série de figurer dans les classiques de la bande dessinée. Louis Salvérius avait créé graphiquement les tuniques bleues, d'un trait humoristique au départ, puis semi-réaliste, documenté et personnel. Son dernier album, "Outlaws", laissait augurer de grands moments, las, il n'en aura pas eu le temps. Lambil lui succède avec talent, et c'est lui qui amène la série vers le succès. Son dynamisme et son sens de la composition valorisent le travail de son scénariste. Un grand classique à savourer par le début.
Le Samaritain (Shimon de Samarie)
Note approximative : 3.5/5 J'ai mis du temps avant de lire cette BD car les couvertures des deux tomes parus ne m'attiraient vraiment pas. Mais je serais passé à côté de quelque chose si je ne l'avais pas lue. Cette série est en effet bonne et originale. Le dessin de Rouge est très plaisant. Plein d'aisance, à la fois détaillé et fluide, il nous offre des personnages et des décors qui nous plongent vraiment dans l'ambiance de la Palestine sous l'occupation Romaine. Une Palestine qui parait vivante et presque moderne. Il est en outre assisté par son fils Corentin à la colorisation pour un résultat tout à fait agréable. Couleurs sobres, presque simples, discrètement informatisées, mais qui offrent une belle lumière et une agréable clarté aux planches. Quant au scénario, il est bien construit et surtout original par son décor. Quoique ce soit le contexte de la collection Dédales des Humanoïdes Associés de nous offrir des polars historiques, avec pour enquêteurs des personnages hors de l'ordinaire, embaumeur égyptien, esclave romain, policier chinois et autres moines français, l'idée de se placer dans une ville Palestinienne à l'époque de l'occupation Romaine est pittoresque et intéressante. D'autant plus quand le héros est déchiré entre ses origines samaritaines et son éducation romaine. Marchands du Temple, occupant romain, prédicateur de Jérusalem, sectes religieuses, nous sommes baignés dans le décor du Nouveau Testament. Mais cela ne reste qu'une toile de fond pour une enquête qui, elle, est tout ce qu'il y a de plus moderne dans son déroulement. Après un premier tome où le juge Shimon va interroger de manière classique tous les protagonistes ("où étiez-vous le jour du meurtre ?") avant de découvrir l'une des clés de l'énigme, l'action va se corser dans le second tome où le temps pour résoudre son enquête devient subitement limité et où il va devoir affronter de plus près les dangers de son époque. Une enquête intelligemment menée, légèrement complexe par moment mais sans jamais s'embrouiller. Si j'ai un reproche à formuler à cette BD, ce serait peut-être le fait que je n'ai pas été toujours très captivé par son récit et son intrigue qui, bien que bien construit, n'est pas aussi original dans son intrigue que dans son décor. Intéressante, joliment dessinée, bénéficiant d'un excellent décor et de bons personnages, c'est une BD dont je conseille la lecture et que les amateurs d'enquête policière et d'Histoire devraient adorer.
Pandemonium
Même s'il est trop tôt pour juger réellement cette série, je me prête au jeu afin d'apporter un avis supplémentaire. Christophe Bec a une actualité fournie en ce début d'année, et "Pandemonium" est dans la même veine que ses autres nouvelles productions : prometteuse. Scénario bien construit, bien secondé par un dessin efficace. A suivre de très près.
Fruits Basket
C'est sur un conseil que j'ai décidé d'acheter le premier tome... J'ai été surprise de trouver des personnages attachants, une très belle histoire, beaucoup d'humour et une atmosphère empreinte de poésie... Cela n'engage que moi mais je le conseille vivement aux personnes qui ont envie d'entrer dans un autre univers et se poser quelques questions sur le genre humain...
Bleach
Bonsoir ! Pour ma part je trouve que "Bleach" est un très bon manga, l'intrigue est soutenue tout au long de la série, le monde, les combats et divers détails sont très bien pensés et graphiquement intéressants pour un manga... Je trouve que l'évolution des personnages est assez touchante et je le conseille aux fans du genre !
Dragon Ball
Dragon Ball : un manga passionnant, humoristique et avec de l'action. Je l'avoue le début ne m'a pas plu... mais en découvrant Sangoku, ce personnage drôle et qui ne sait rien de la terre est très attachant. L'illustration est bien, les personnages bien choisis (surtout Tortue géniale qui fait trop rire). Un manga qui vaut le coup d'oeil certes, mais la suite "Dragon Ball Z" est tout à fait meilleure !!!! Enfin bref, juste pour ajouter que ceux qui hésitent à l'acheter ne devraient pas !!!!! C'est trop bien !!!
Les Parrains - Il était une fois à New York (Mafia Story)
Dans la ligne directe de Ce qui est à nous, cette série en 2 tomes est d'une qualité remarquable et d'une précision exceptionnelle. Par rapport à Ce qui est à nous, l'histoire est plus prenante car elle est centrée sur un seul personnage, le Hollandais (Dutchman), qui régna au moins partiellement sur l'empire de la mafia dans les années 30. Le scénario est parfaitement impeccable, bien ficelé et particulièrement vivant sur le mode grandeur et déchéance d'un caïd. De plus il s'appuie sur un travail rigoureux de Le Saëc. On peut néanmoins regretter que les auteurs n'aient pas choisi à isoler la vie d'un personnage de plus grande envergure que Dutch Schultz même si sa vie et son existence sont symptomatiques du milieu. On garde après la lecture de ces deux albums un sentiment de satisfaction extrême tant on plonge avec authenticité dans l'univers de cet homme, tant les auteurs nous font vivre avec intensité son ascension et sa chute, sa gloire et sa misère. De la même manière que pour Ce qui est à nous, rien ne nous est épargné et loin de mythifier la Cosa Nostra, la description est fine et teintée de réalité. La violence cynique et macabre de ces sociopathes nous rappelle qu'appartenir au milieu n'est pas une gloire, pas une fin en soi mais qu'il s'agit d'un monde déstructuré malgré sa hiérarchisation et ses codes et que ses acteurs en sortent toujours perdants, qu'ils en sont toujours victimes... autant que coupables.
Les Parrains - Il était une fois à New York (Ce qui est à nous)
Voilà une Bd à posséder. Entre le docu et le roman noir, Chauvel nous emmène dans les bas-fonds de la mafia du début du siècle. Les scénarios parfaitement ficelés s'inspirent de faits réels et montrent l'évolution de la Cosa nostra de sa genèse à son apogée. Avec ses petites histoires, avec ses déchéances et avec sa grandeur, on est ici face à un portrait sans concession. Il n'est ici question ni d'apologie sur fond de romantisme, de nostalgie ou de mythe, mais il n'est pas non plus question de stigmatisation. Ce sont des conditions sociales qui font des voyous, des parcours, des itinéraires, des choix de vie ou des rencontres, le fait du hasard... L'abondance de personnages et le mélange des petites histoires avec la grande donne un récit parfois dur à suivre et à avaler, mais la qualité de ce qui est proposé donne envie de relire. Il semblerait que les auteurs aient été dans une démarche d'exhaustivité, tout raconter pour mieux comprendre. Pour tout raconter ils se sont largement documentés. C'est ici un effort de recherche rare et d'une précision extrême. D'ailleurs les dernières pages en sont la preuve avec un récapitulatif des sources et une explication des faits tels qu'ils ont été vécus. Le dessin fait lui aussi l'objet de la démarche, Le Saëc a travaillé avec des cartes postales d'époque, s'est rendu plusieurs fois à New York et l'authenticité de son trait en ressort. Bref une oeuvre majeure tant pour sa qualité de fiction que pour son encyclopédisme. Je ne mets pas 5/5 car une relecture est nécessaire pour bien saisir les relations entre les personnages et pour parfaitement comprendre les faits. Mais le coeur y est. A lire pour tout ceux qui aiment cet univers-là.