Les derniers avis (32275 avis)

Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Moussa et David - Deux enfants d'un même pays
Moussa et David - Deux enfants d'un même pays

Oh la belle surprise ! Déjà alerté par une amie, j'avais gardé dans un coin de ma tête les références de cette BD. Je pensais que ce serait très bien. Et bien c'est encore mieux ! Maurice Rajsfus a pris le parti de raconter le conflit israëlo-palestinien, ou plutôt l'histoire d'Israël et de la Palestine de façon pédagogique. Il n'avait jamais fait de BD. Eh bien il devrait recommencer ! Le résultat est... proche de l'exceptionnel. Avec des mots simples, mais sans faire de raccourci, il arrive à faire passer énormément de notions pas toujours évidentes pour nous, qui voyons le problème sous le prisme déformant des media. Il est grandement aidé par le dessin de Jacques Demiguel, dont c'est la première BD... Avec un style très particulier, à la fois naïf et imagé, chaque case est un modèle de symbolisme, accessible à tous, y compris aux jeunes, cependant. L'objectif est peut-être de toucher les jeunes générations avec cette histoire de deux enfants qui se croisent alors que leurs peuples sont antagonistes. Mais les plus grands ne pourront manquer d'être touchés en plein coeur par cette histoire universelle, actuelle, et si proche, finalement. Pour en savoir plus, je vous recommande l'interview de Jacques Demiguel par Marie Moinard, sur le présent site ! Deux petits regrets cependant. La maquette de Tartamudo n'est pas des plus réussies, même s'il faut passer par-dessus ces premières impressions pour trouver des petits trésors. D'autre part, il est dommage que cet album ne bénéficie pas d'un gros tirage, qui aurait permis une plus large diffusion. L'album risque de ne pas être très visible en librairie. Si vous le trouvez, achetez-le, "Moussa et David" est un petit trésor !!

12/05/2007 (modifier)
Par André
Note: 4/5
Couverture de la série Myrkos
Myrkos

J'avoue avoir découvert cette série un peu par hasard et je dois dire que je suis super bien rentré dans l'histoire. Une série très bien construite sur un thème curieusement rarement abordé en bandes dessinées : la peinture et plus particulièrement la perspective, la découverte d'une technique enrichissante pour le patrimoine de l'art en général. En outre beaucoup de thèmes sont abordés : religion, arts et politique. De plus je trouve le scénario très bon, mélange de fantastique et de réalisme avec un héros qui, il est vrai, ressemble à tous les canons de la beauté, beau, grand, musclé et séducteur... mais qui entraîne le lecteur dans une aventure sans prétention. Après la lecture du troisième tome, je dois dire que c'est toujours aussi agréable a lire!

11/05/2007 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Chevalier au cochon
Le Chevalier au cochon

Sympathique album que voici ! J’ai beaucoup apprécié le ton général de ce récit qui parodie la table ronde et ses exploits chevaleresques. Sous ses airs légers, se cache un véritable fond et même une morale ! Comme pour toute parodie, on aurait pu craindre un amoncellement de clichés mais ce n’est pas cette impression qui prime. Les codes du genre sont en effet passés au moulin à poivre. Mais c’est pour mieux épicer l’histoire qui propose un contenu réel et original. Et faire quelque chose d’original à partir de codes établis nécessite une narration bien maîtrisée qui les distille à bon escient. Pari réussi donc pour Appollo. Concernant le travail de Manu Brughera, il propose un graphisme très personnel qu’on pourrait classer dans ceux des auteurs dits de "nouvelle génération" avec un trait simple mais pas simpliste. Les couleurs saturées contribuent à la qualité de l’ensemble. C’est très coloré, joliment dessiné et fort bien raconté... que demander de plus ? Ah oui, la suite ! :)

11/05/2007 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Muchacho
Muchacho

Un excellent diptyque au format -d'ailleurs- peu courant. J'y ai suivi les pérégrinations d'un jeune prélat -Gabriel de la Serna- qui, outré et furieux d'avoir été obligé de dénoncer un prêtre, va prendre le maquis dans la jungle du Nicaragua. Et ces deux tomes vont montrer la transformation de l'intéressé. De quelqu'un de fragile, d'un peu perdu, Gabriel va se transformer au fil des pages en un révolutionnaire au fort caractère et assumer son engagement dans la révolution... mais aussi son homosexualité. Gabriel va ainsi vivre une sorte de parcours violent, sanglant, initiatique pour devenir un rebelle qui aura le courage de dire "non". Deux albums qui forment vraiment un tout et qui, à leur relecture, m'ont encore permis de découvrir certaines subtilités, de nouvelles qualités de graphisme. L'ensemble de ce récit tient en haleine et parfois étonne de par les directions prises par Lepage. Ce dernier m'a vraiment emmené avec lui pour plonger à la suite de Gabriel dans le maquis, dans une jungle à la moiteur qui oppresse, que l'on dirait palpable. Deux excellents opus aux couleurs directes à l'aquarelle. Un art subtil où il faut vraiment être sûr de soi. Et Lepage l'est, tant au scénario qu'au dessin. Une grande et forte histoire qui laisse des traces en soi après avoir fermé le second volume. Une histoire où les impressions ressenties sont bien réelles. Une histoire qui n'est vraiment pas un ouvrage faisant preuve de militantisme. Quoique...

10/05/2007 (modifier)
Par André
Note: 4/5
Couverture de la série Dans les nuages
Dans les nuages

Voilà un joli petit conte pour enfants mais également pour adultes, qui donne envie de manger de la guimauve en écoutant un bon disque de pop. Le sujet est somme toute assez largement exploité (le gamin et son animal de compagnie-meilleur ami du monde, s'échappe d'un quotidien par le biais de la magie et du fantastique...) par les auteurs. A première vue on se dit qu'on s'attaque à un album lu et relu des dizaines de fois...mais, et c'est en cela que la bd est vraiment excellente, le dessin est pour ma part vraiment délicieux. Du coup, on se laisse réellement transporté par cette histoire, dont tout le monde a déjà rêvé. L'aspect cotonneux des nuages nous entraîne dans un véritable voyage; le dessin très néo-américain nous émerveille et l'humour des dialogues nous fait doucement sourire... Bref un vrai petit régal !!!

10/05/2007 (modifier)
Couverture de la série La Guerre Eternelle
La Guerre Eternelle

Après une très longue hésitation, j'ai finalement décidé de m'offrir l'intégrale de cette série. La raison de cette hésitation était le dessin... je ne l'aime pas vraiment. L'effet vieux dessin aux couleurs plus délavées que les jeans de David Beckham ne me plaît guère en général... En revanche, le scénario est absolument incroyable. Haldeman utilise la science-fiction comme métaphore pour nous parler de son expérience de la guerre du Viêt-nam. Grandiose ! Le titre de cette BD : "La Guerre Eternelle" pourrait laisser croire à une apologie de la guerre. Il n'en est rien ! C'est tout le contraire. L'auteur nous montre l'absurdité de la guerre, son horreur, la bêtise du genre humain, l'agressivité de l'homme face à ce qu'il ne connaît pas et Dieu sait s'il a raison !! L'atmosphère est oppressante, désespérée et particulièrement réussie. Le style de narration consistant à raconter l'histoire comme les mémoires de William Mandela est très habile et donne une sensation de recul et de maturation du récit. L'utilisation du temps dans ses distorsions suite aux voyages effectués dans les colapsars est très réussie (ça semble un peu technique comme ça mais dans la BD c'est clair). Il contribue grandement à montrer la solitude de Mandela et son incompréhension de la guerre et du monde qui l'entoure. S'ajoute à cela une histoire d'amour qui apporte, je trouve, vraiment quelque chose au récit. Une petite touche d'humanité qui croyez moi est une véritable bouffée d'oxygène dans ce récit de guerre et de violence. En parlant de violence, je tire mon chapeau à Haldeman ! Il utilise la violence, certes, mais jamais lorsque c'est inutile et toujours lorsque le message qu'il veut faire passé le nécessite. La violence n'est là que pour illustrer certaines situations car c'est bien une analyse de la folie qu'est la guerre et non un étalage de sang que nous livre là les auteurs. Les fans d'action pure seront sûrement déçus. Il y en a mais ce n'est pas, et de loin, la majeure partie du récit. Après plusieurs pages, je me suis tout de même habitué au dessin de Marvano. Même si je n'aime toujours pas, il restitue je pense complètement l'atmosphère et la pensée qu'Haldeman avait de son histoire. Il le dit d'ailleurs lui-même dans un fax envoyé à Marvano (plusieurs fax entre les deux hommes sont ajoutés à la fin de l'édition intégrale). Je ne mets cependant pas le 5/5. J'ai très longtemps hésité mais finalement, le dessin que je trouve trop moyen et quelques petites longueurs narratives dans le second tome m'ont un peu refroidi. Rien de grave je vous rassure ! La Guerre Eternelle est pour moi une BD fondatrice de la science-fiction. Elle m'a interpellé et vraiment fait réfléchir par moment... la guerre... quelle abomination... et c'est d'autant plus idiot que c'est tellement facile à éviter quand on veut bien réfléchir 5 petites minutes...

10/05/2007 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Journal d'un fantôme
Journal d'un fantôme

Un album dont le genre n'est pas ma tasse de thé, mais qui -l'air de rien- m'a attiré. De Crécy m'a ici emmené dans le voyage de sa propre création. "Pourquoi dessiner" ?... ben oui... pourquoi, au fait ?... Un album qui est une sorte de journal de bord, tel celui d'un capitaine qui mène son navire ; capitaine qui y note tout de ses nombreuses traversées. Avec de Crécy, j'ai appris ses phobies, ses essais et questions graphiques, ses travaux "de commande", ses doutes aussi... Curieux quand même : j'ai l'impression que lorsqu'il doute d'un dessin, d'une certitude postukée, c'est à ce moment là qu'il libère réellement son style, son art, et en donne ainsi ses plus belles planches, ses mises en pages. Continuez de douter, monsieur De Crécy, et votre art ne fera que s'embellir. Curieux paradoxe, non ?...

10/05/2007 (modifier)
Par Jugurtha
Note: 4/5
Couverture de la série Zambada
Zambada

Une petite île exotique bien tranquille, voilà ce qu'est Zambada. Bien sûr, il y a des indépendantistes, mais le commissaire Delgado s'arrange toujours pour que leurs agissements ne risquent pas de troubler sa propre tranquillité. Notre policier est fait bien plus hostile envers ceux qui souhaiteraient le supplanter en venant enquêter pour le compte du gouvernement sur l'île, qu'ils soient confrères ou alliés de son pays (comme des américains, par exemple). Bien soucieux de maîtriser la situation sur son territoire, le commissaire se mêle ainsi d'affaires dont il n'aurait rien à faire, mais qui risqueraient de troubler sa vie retirée dans une province calme, quitte à se mettre hors-la-loi pour ça. Ironique comme son héros, cette série s'empare de thèmes chers au policier comme d'éléments de l'actualité (le terrorisme) pour démythifier le rôle de policier, le calme et réservé Delgago découvrant la vérité en jouant aussi bien en douceur qu'en s'appuyant sur l'aide de la population locale, à l'inverse de collègues abusant de forces et de technologies sans résultats, trop sûrs d'eux et trop en quête de gloire pour reconnaître leurs erreurs. Ainsi, Delgado, avec son soupçon d'immoralité, remet en place son adjoint plein d'ambition en lui répétant ce qui semble être la devise de Zambada: ne pas faire de vagues... Humour et décontraction sont au menu des scénarios de Autheman, solides sans jamais oublier de réserver quelques bons suspenses, avec une belle galerie de personnages. Maltaite illustre l'ensemble de son trait maîtrisé et semi réaliste qui fait merveille ici, avec ses couleurs éclatantes, pour restituer l'ambiance exotique de Zambada. Comme ses personnages, une série qui se construit sans faire de bruit, sans jamais se laisser aller à des effets tapageurs pour une nonchalance originale, agréable et remarquable. Une série à découvrir d'urgence.

09/05/2007 (modifier)
Par Jugurtha
Note: 4/5
Couverture de la série India Dreams
India Dreams

Une superbe évocation de l'Inde, des derniers feux de son époque coloniale à son indépendance à travers le destin de trois femmes. La première, femme d'officier britannique, s'éprend d'un maharadja dont l'autorité est contestée et remise en causes par différents adversaires. La mort du mari de la jeune anglaise révèle ce scandale, et la vie de la fille, ainsi que de la petite fille de cette femme seront bouleversées. Aventure et romantisme se mêlent à merveille dans cette saga qui évoque aussi bien le contexte politique des époques abordées que le tumulte des sentiments qui lient toutes une galerie de personnages dont les vies sont bousculées par les quêtes de pouvoirs et d'argent dont l'Inde est la toile de fond. Le scénario est très habile : la narration est sans cesse renouvelée par la succession d'héroïnes qui reconstituent chacune le contexte de départ de l'arrivée de leur aïeule en Inde et tente de comprendre ce qui a provoqué la mort de l'officier anglais, cause de tous les malheurs rencontrés. De témoignages de contemporains jusqu'en correspondances de différents proches, la vérité prend forme. Grâce à ce procédé, les scénaristes gardent un grand réalisme en ne forçant jamais le trait tout en ménageant un grand suspense. Chaque personnage a sa personnalité, mais ne réserve au final pas forcément ce que peuvent laisser imaginer les apparences. Le dessin en couleur directe est superbe, il confirme par son sens du détail le côté documentaire du scénario, tout en restituant des ambiances exotiques remarquables. Une grande réussite tout simplement, une virtuosité de scénariste et de dessinateur conjuguée pour offrir une magnifique saga.

09/05/2007 (modifier)
Par Sagera
Note: 4/5
Couverture de la série Le réducteur de vitesse
Le réducteur de vitesse

Blain est décidément très à l'aise dès lors qu'il s'agit de mettre la mer et les marins en scène. J'ai beaucoup aimé cette histoire. J'ai beaucoup aimé ses personnages. J'ai beaucoup aimé la manière dont il a développé un récit qui donne à un navire une existence presque charnelle. J'ai été tenu en haleine par l'incroyable voyage de ses trois personnages au coeur de ce géant de métal au ventre immense. Je me suis demandé à chaque rebondissement, si la comédie allait céder au drame, si le comique allait soudain virer aux larmes. Et ça, c'est fort. D'autant plus que la fin est effectivement surprenante, tant elle se situe aux antipodes d'une fin légère et insouciante. Derrière son trait minimaliste et enjoué, Blain est d'abord un auteur sans concession qui n'a visiblement pas peur de tutoyer l'ombre. Une très, très bonne bd donc.... à découvrir.

09/05/2007 (modifier)