Le titre, inspiré du roman "Demain les chiens" de Clifford Donald Simak, peut laisser apercevoir la couleur de ce récit : dans quelques décennies, les oiseaux prendront le pouvoir, de gré ou de force. Les quelques 19 nouvelles qui composent ce gros recueil de 300 pages décrit un monde où les oiseaux font la guerre aux humains et se font la guerre entre eux… Car, contrairement aux autres œuvres optimistes de Tezuka, « Demain les Oiseaux », montre des hommes, puis des oiseaux, tyrans, égoïstes…
Un manga atypique dans l’œuvre de Tezuka, mais aussi un des meilleurs, avec Phénix - L'oiseau de feu et Bouddha.
Le développement du syndicalisme dans les Mauges est trop oubliée des manuels d'histoires, c'est un fait fondamental de l'histoire de notre belle et grande nation (non je plaisante).
Davodeau retrace au travers de l'action de ses parents l'essor de la culture syndicale dans sa chère région natale. On aurait pu craindre de longues descriptions d'actes politiciens, militants, des guéguerres idéologiques socialo-communo-trotskyste, il n'en est rien. Davodeau nous emmène visiter l'existence de gens simple, représentatif d'une culture locale coincé entre christianisme et militantisme, entre progrès et obscurantisme, les conflits romantiques d'un temps qui n'est plus, les crises de conscience, les convictions et les concessions.
Une analyse très fine de l'émergence de cette culture syndicale servit par un dessin efficace.
Une Bd tendre, sur des petites gens au grand coeur.
Un polar "à l'américaine", avec beaucoup d'action spectaculaire et de fusillades sanguinaires.
L'intrigue est parfaitement bâtie, avec quelques ellipses audacieuses. Même audace dans le choix des personnages, particulièrement bien typés, avec lesquelles le scénariste se montre impitoyable, rompant la routine de beaucoup de thriller. Ambiguïté des situations où une certaine justice expéditive semble le dernier recours dans un état gangrené par la corruption. Matz joue avec le feu et s'en sort parfaitement, ne se bornant ainsi pas à un scénario fade et routinier, maintenant toujours la tension.
Colin Wilson l'illustre avec une terrible efficacité, dans une mise en page plus ample que sur ses autres travaux, et il se révèle à l'aise dans cet univers de violences et de trognes patibulaires.
Bref, une des belles réussites dans le domaine du polar.
Univers kafkaïen pour ce cycle de trois albums où un homme plonge dans l'angoisse à partir du moment où ce scénariste déchu reçoit un énorme chèque pour écrire un nouveau synopsis, dès qu'il en recevra la commande.
Au départ, cet homme, Serge Villon, sombre dans la misère en se remémorant la star de l'édition qu'il a été, se souvenant des reproches sur sa production intensive et son caractère impossible qui l'ont marginalisé de la profession.
Fiction ? Lorsque le premier album est sorti, ce cher Patrick Cothias étoffait ses cycles autour des "sept vies de l'épervier" et venait de lancer plusieurs séries chez Dargaud, dont celle-ci. Depuis, la carrière du scénariste a perdu de son envergure...
Retour à la fiction où Villon reçoit donc un énorme chèque d'un mécène inconnu. Avec cet argent, il renoue avec son entourage passé pour mesurer l'étendu du fossé qui s'est creusé entre eux, dont avec un dessinateur avec lequel il a signé son oeuvre la plus célèbre, l'histoire d'un justicier masqué... C'est ensuite la spirale vers la folie au fur et à mesure qu'il se heurte aux réseaux tentaculaires de la société qui l'a engagé, toutes ses questions restant sans réponses...
Curieuse série, donc, aux formes souvent d'un autoportrait, étude en tout cas d'un homme inadapté au monde qui l'entoure dans un milieu que connaît bien le scénariste; critique sans doute du pouvoir de l'argent, Serge Villon se complaisant de tout ce qu'il a bâti même si cela l'a mené sur une voie de garage, tandis que la fortune offerte le rend fou; vision moqueuse du système capitaliste contemporain, détruisant l'individu qui cherche à découvrir qui tire les ficelles au plus haut niveau...
Bien construit pour la forme, avec des considérations psychologiques nullement embarrassantes, séduisant sur le fond avec son originalité, le scénario de Cothias est passionnant de son départ réaliste vers sa fin pessimiste en passant par son développement ironique. Quelques digressions gâchent sans doute le plaisir en donnant quelques faiblesses à un récit qui compte parmi les meilleurs de l'auteur.
Wachs l'illustre sagement avec une mise en couleurs directes efficace, servant bien le texte, mais qui aurait peut-être mérité plus de démesure parfois.
En tout cas, une série passionnante, ambitieuse et originale, qu'il est indispensable de connaître dans son intégralité pour en juger.
Une bonne adaptation de western en BD.
Le dessin est d'une qualité et d'une précision stupéfiante. Tout du long l'histoire est porté par les ambiances, mises en valeur par les couleurs. Les scènes du saloon-bordel m'ont particulièrement marqué avec une utilisation toute en subtilité des teintes chaudes. Ca doit puer l'alcool et la transpiration là-dedans, ça doit sentir le mâle en quête de filles de joie, la débauche à plein nez.
Question scénario, rien de neuf. Que du cliché. Le juste solitaire en quête de vengeance contre un brigand sordide, charismatique et talentueux.
Mais il est quand même bien traité ce scénario, il nous tient en haleine, il est cohérent et jamais simpliste.
Bref une bien bonne BD que les amateurs du genre ne doivent pas laisser passer. Ce n'est pas du western spaghetti, c'est une histoire d'hommes.
Une série au charme unique qu'il faut découvrir absolument ! L'intrigue? Thomas Noland est un soldat qu'un avion emmène vers le Vietnam dans les années soixante-dix. Il raconte le destin de sa famille, depuis son arrière grand père débarquant aux Etats-Unis jusqu'à sa propre histoire...
Récit d'une saga familiale? Oui. Mais l'originalité, c'est la façon dont elle est racontée, plusieurs narrateurs se succédant, tandis que la réalité rattrape Thomas Noland et qu'il découvre les horreurs de la guerre. L'extrême réalisme de la période contemporaine du héros ne l'empêche pas d'être harcelé par la solitude, qui se présente sous les trait d'une jeune fille asiatique, comme il se souvient que son aïeule n'était autre qu'une femme s'étant présentée à son arrière grand-père comme... la misère!
L'existence de son grand-père et celle de son père reviennent à la surface, les deux hommes ayant eu des destins pour le moins mouvementés. On y croise la maffia et la police, les deux ne faisant pas bon ménage et la famille Noland se trouve pris dans la spirale criminelle...
De ces périodes, divers témoins complètent, rectifient ce que raconte Thomas à ses compagnons. De là, d'autres moments surréalistes, comme le tome3 qui revient sur Trévor Noland, relaté par un inspecteur de police... mort (!) qui dialogue avec un chat dans un cimetière. D'autres scènes du même style sont de purs fantasmes qui complètent les psychologies tourmentées des protagonistes successifs.
Cela permet un effet de distanciation avec la stricte réalité, où des paroles naïves de ces personnages extraordinaires (comme la solitude) trouvent tout leur poids en tranchant avec la cruauté des hommes.
Certains personnages complètent l'ensemble en apportant le récit de leur propre destin sans jamais créer de digressions.
Le tout est conté à une vitesse d'enfer et avec maestria par Daniel Pecqueur, créant une mosaïque fascinante qui s'appuie sur des dialogues magnifiques pleins d'intelligence et d'humour.
Franz magnifie cette série de son trait formidable qui donne sa crédibilité à l'histoire par son trait virtuose et réaliste. La scène finale se déroulant dans un camp vietnamien à la fin du tome1 est un moment d'émotion comme rarement on en a retranscrit en bande dessinée.
Une série si originale et magnifique qu'elle mériterait d'être culte. Malheureusement, le cinquième album conclusion, publié longtemps après les autres, ne tient pas toutes ses promesses, la narration étant plus sage, et l'on y trouve des redites.
Mais une série superbe à découvrir, qui déroutera sans doute certains, mais qui possède une réelle capacité à émouvoir et passionner par le talent de ses auteurs. Lisez-la, vite !
"Reiko" est un manga culte au Japon (il a même été adapté en films avec Rina Akiyama dans le rôle titre) et c'est mérité!
Chaque récit de ce premier tome est consacré à un "contrat" de Reiko avec, à chaque fois, un cocktail réussi de suspense, de gore (quand il s'agit de représenter un meurtre ou des zombies, l'auteur n'y va pas avec le dos de la cuiller) et d'humour noir. On est assez dans l'esprit des BD d'EC (Contes de la Crypte) ou de Foerster.
En prime, ce premier tome contient une autre série du même auteur: "Death Sister", nettement plus glauque et mettant en scène un serial killer. Pourquoi ce choix? Tout simplement parce que le 6° épisode de "Reiko", qui conclue ce premier tome, est un crossover entre les deux séries, dont la conclusion risque d'en surprendre plus d'un!
Voici un titre qui ne vole pas sa réputation, l'histoire du simplet Silence exploité par une sinistre brute dans une ferme.
Riche en émotions, l'histoire permet de découvrir les origines de Silence, condamnant au passage le racisme et la bêtise de campagnes profondes. La sorcière et d'autres personnages donnent une note fantastique à une chronique réaliste (mais un peu superficielle) de la vie rurale. Le récit est centré sur Silence, son rapport naïf avec les gens, la nature, les animaux, le tout étant rendu à merveille par sa curieuse façon de s'exprimer, qui signifie bien ses limites mentales. Sa quête de repères au rythme assez lent devient un récit d'initiation qui bascule dans une seconde partie vers plus d'action pour déboucher sur un épilogue cruel finalement inattendu.
Comès illustre tout cela d'un trait souple jouant sur de fortes compositions noir et blanc, représentant parfaitement les décors enneigés, créant parfois des ambiances étranges où le temps parait suspendu. Son dessin, s'il évolue après quelques planches, ne trahit aucune faiblesse et marque une véritable maturité, innovant un style semi-réaliste aux personnages aux visages particulièrement expressifs.
Sans doute un peu inégale au niveau du scénario, l'oeuvre n'en est pas moins originale et de très grande qualité, magnifiée par la force du dessin. La version couleur, même jouant sur des gammes inhabituelles, ne rend pas justice au travail de son auteur. Pour les amateurs, il faut lire La Belette, du même Comès, album moins connu mais sans doute meilleur...
Bonjour,
Malgré le fait que je n'ai jamais lu d'autres mangas que celui-ci, je voudrais dire que c'est le meilleur livre dont ont m'ait parlé ! Mélangeant une histoire d'amour à la famille et à l'école, Miki n'a pas vraiment le temps de réfléchir à la vie qu'elle mène et ceci ajoute à ce manga déjà très drôle plein de rebondissements au cours de l'histoire.
Je vous le conseille fortement !
Sans hésiter le meilleur album de la collection Dupuis Puceron sur les 3 parus jusqu'ici.
Qui a dit que les tout-petits ne comprenaient pas les Bds ?
Mon fis de 3ans en a fait son livre de chevet et y revient régulièrement depuis janvier pour regarder les images et se raconter l'histoire tout seul. Les dessins (certes simplistes) sont attractifs pour les plus petits parce qu'ils les comprennent aisément. L'histoire est attrayante et simple à comprendre, Petit Poilu mignon tout plein.
Il se lit comme un album pour enfants, sauf qu'on peut utiliser les mots que l'on veut pour raconter l'histoire à l'enfant. (et qu'il est moins cher qu'un album pour enfants !) Ensuite l'enfant peut y revenir seul, pas besoin de mots pour comprendre les dessins.
La suite de Petit Poilu en septembre prochain !
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Demain les Oiseaux
Le titre, inspiré du roman "Demain les chiens" de Clifford Donald Simak, peut laisser apercevoir la couleur de ce récit : dans quelques décennies, les oiseaux prendront le pouvoir, de gré ou de force. Les quelques 19 nouvelles qui composent ce gros recueil de 300 pages décrit un monde où les oiseaux font la guerre aux humains et se font la guerre entre eux… Car, contrairement aux autres œuvres optimistes de Tezuka, « Demain les Oiseaux », montre des hommes, puis des oiseaux, tyrans, égoïstes… Un manga atypique dans l’œuvre de Tezuka, mais aussi un des meilleurs, avec Phénix - L'oiseau de feu et Bouddha.
Les Mauvaises Gens
Le développement du syndicalisme dans les Mauges est trop oubliée des manuels d'histoires, c'est un fait fondamental de l'histoire de notre belle et grande nation (non je plaisante). Davodeau retrace au travers de l'action de ses parents l'essor de la culture syndicale dans sa chère région natale. On aurait pu craindre de longues descriptions d'actes politiciens, militants, des guéguerres idéologiques socialo-communo-trotskyste, il n'en est rien. Davodeau nous emmène visiter l'existence de gens simple, représentatif d'une culture locale coincé entre christianisme et militantisme, entre progrès et obscurantisme, les conflits romantiques d'un temps qui n'est plus, les crises de conscience, les convictions et les concessions. Une analyse très fine de l'émergence de cette culture syndicale servit par un dessin efficace. Une Bd tendre, sur des petites gens au grand coeur.
Du plomb dans la tête
Un polar "à l'américaine", avec beaucoup d'action spectaculaire et de fusillades sanguinaires. L'intrigue est parfaitement bâtie, avec quelques ellipses audacieuses. Même audace dans le choix des personnages, particulièrement bien typés, avec lesquelles le scénariste se montre impitoyable, rompant la routine de beaucoup de thriller. Ambiguïté des situations où une certaine justice expéditive semble le dernier recours dans un état gangrené par la corruption. Matz joue avec le feu et s'en sort parfaitement, ne se bornant ainsi pas à un scénario fade et routinier, maintenant toujours la tension. Colin Wilson l'illustre avec une terrible efficacité, dans une mise en page plus ample que sur ses autres travaux, et il se révèle à l'aise dans cet univers de violences et de trognes patibulaires. Bref, une des belles réussites dans le domaine du polar.
Le saumon
Univers kafkaïen pour ce cycle de trois albums où un homme plonge dans l'angoisse à partir du moment où ce scénariste déchu reçoit un énorme chèque pour écrire un nouveau synopsis, dès qu'il en recevra la commande. Au départ, cet homme, Serge Villon, sombre dans la misère en se remémorant la star de l'édition qu'il a été, se souvenant des reproches sur sa production intensive et son caractère impossible qui l'ont marginalisé de la profession. Fiction ? Lorsque le premier album est sorti, ce cher Patrick Cothias étoffait ses cycles autour des "sept vies de l'épervier" et venait de lancer plusieurs séries chez Dargaud, dont celle-ci. Depuis, la carrière du scénariste a perdu de son envergure... Retour à la fiction où Villon reçoit donc un énorme chèque d'un mécène inconnu. Avec cet argent, il renoue avec son entourage passé pour mesurer l'étendu du fossé qui s'est creusé entre eux, dont avec un dessinateur avec lequel il a signé son oeuvre la plus célèbre, l'histoire d'un justicier masqué... C'est ensuite la spirale vers la folie au fur et à mesure qu'il se heurte aux réseaux tentaculaires de la société qui l'a engagé, toutes ses questions restant sans réponses... Curieuse série, donc, aux formes souvent d'un autoportrait, étude en tout cas d'un homme inadapté au monde qui l'entoure dans un milieu que connaît bien le scénariste; critique sans doute du pouvoir de l'argent, Serge Villon se complaisant de tout ce qu'il a bâti même si cela l'a mené sur une voie de garage, tandis que la fortune offerte le rend fou; vision moqueuse du système capitaliste contemporain, détruisant l'individu qui cherche à découvrir qui tire les ficelles au plus haut niveau... Bien construit pour la forme, avec des considérations psychologiques nullement embarrassantes, séduisant sur le fond avec son originalité, le scénario de Cothias est passionnant de son départ réaliste vers sa fin pessimiste en passant par son développement ironique. Quelques digressions gâchent sans doute le plaisir en donnant quelques faiblesses à un récit qui compte parmi les meilleurs de l'auteur. Wachs l'illustre sagement avec une mise en couleurs directes efficace, servant bien le texte, mais qui aurait peut-être mérité plus de démesure parfois. En tout cas, une série passionnante, ambitieuse et originale, qu'il est indispensable de connaître dans son intégralité pour en juger.
L'Etoile du Désert
Une bonne adaptation de western en BD. Le dessin est d'une qualité et d'une précision stupéfiante. Tout du long l'histoire est porté par les ambiances, mises en valeur par les couleurs. Les scènes du saloon-bordel m'ont particulièrement marqué avec une utilisation toute en subtilité des teintes chaudes. Ca doit puer l'alcool et la transpiration là-dedans, ça doit sentir le mâle en quête de filles de joie, la débauche à plein nez. Question scénario, rien de neuf. Que du cliché. Le juste solitaire en quête de vengeance contre un brigand sordide, charismatique et talentueux. Mais il est quand même bien traité ce scénario, il nous tient en haleine, il est cohérent et jamais simpliste. Bref une bien bonne BD que les amateurs du genre ne doivent pas laisser passer. Ce n'est pas du western spaghetti, c'est une histoire d'hommes.
Thomas Noland
Une série au charme unique qu'il faut découvrir absolument ! L'intrigue? Thomas Noland est un soldat qu'un avion emmène vers le Vietnam dans les années soixante-dix. Il raconte le destin de sa famille, depuis son arrière grand père débarquant aux Etats-Unis jusqu'à sa propre histoire... Récit d'une saga familiale? Oui. Mais l'originalité, c'est la façon dont elle est racontée, plusieurs narrateurs se succédant, tandis que la réalité rattrape Thomas Noland et qu'il découvre les horreurs de la guerre. L'extrême réalisme de la période contemporaine du héros ne l'empêche pas d'être harcelé par la solitude, qui se présente sous les trait d'une jeune fille asiatique, comme il se souvient que son aïeule n'était autre qu'une femme s'étant présentée à son arrière grand-père comme... la misère! L'existence de son grand-père et celle de son père reviennent à la surface, les deux hommes ayant eu des destins pour le moins mouvementés. On y croise la maffia et la police, les deux ne faisant pas bon ménage et la famille Noland se trouve pris dans la spirale criminelle... De ces périodes, divers témoins complètent, rectifient ce que raconte Thomas à ses compagnons. De là, d'autres moments surréalistes, comme le tome3 qui revient sur Trévor Noland, relaté par un inspecteur de police... mort (!) qui dialogue avec un chat dans un cimetière. D'autres scènes du même style sont de purs fantasmes qui complètent les psychologies tourmentées des protagonistes successifs. Cela permet un effet de distanciation avec la stricte réalité, où des paroles naïves de ces personnages extraordinaires (comme la solitude) trouvent tout leur poids en tranchant avec la cruauté des hommes. Certains personnages complètent l'ensemble en apportant le récit de leur propre destin sans jamais créer de digressions. Le tout est conté à une vitesse d'enfer et avec maestria par Daniel Pecqueur, créant une mosaïque fascinante qui s'appuie sur des dialogues magnifiques pleins d'intelligence et d'humour. Franz magnifie cette série de son trait formidable qui donne sa crédibilité à l'histoire par son trait virtuose et réaliste. La scène finale se déroulant dans un camp vietnamien à la fin du tome1 est un moment d'émotion comme rarement on en a retranscrit en bande dessinée. Une série si originale et magnifique qu'elle mériterait d'être culte. Malheureusement, le cinquième album conclusion, publié longtemps après les autres, ne tient pas toutes ses promesses, la narration étant plus sage, et l'on y trouve des redites. Mais une série superbe à découvrir, qui déroutera sans doute certains, mais qui possède une réelle capacité à émouvoir et passionner par le talent de ses auteurs. Lisez-la, vite !
Reiko The Zombie Shop
"Reiko" est un manga culte au Japon (il a même été adapté en films avec Rina Akiyama dans le rôle titre) et c'est mérité! Chaque récit de ce premier tome est consacré à un "contrat" de Reiko avec, à chaque fois, un cocktail réussi de suspense, de gore (quand il s'agit de représenter un meurtre ou des zombies, l'auteur n'y va pas avec le dos de la cuiller) et d'humour noir. On est assez dans l'esprit des BD d'EC (Contes de la Crypte) ou de Foerster. En prime, ce premier tome contient une autre série du même auteur: "Death Sister", nettement plus glauque et mettant en scène un serial killer. Pourquoi ce choix? Tout simplement parce que le 6° épisode de "Reiko", qui conclue ce premier tome, est un crossover entre les deux séries, dont la conclusion risque d'en surprendre plus d'un!
Silence
Voici un titre qui ne vole pas sa réputation, l'histoire du simplet Silence exploité par une sinistre brute dans une ferme. Riche en émotions, l'histoire permet de découvrir les origines de Silence, condamnant au passage le racisme et la bêtise de campagnes profondes. La sorcière et d'autres personnages donnent une note fantastique à une chronique réaliste (mais un peu superficielle) de la vie rurale. Le récit est centré sur Silence, son rapport naïf avec les gens, la nature, les animaux, le tout étant rendu à merveille par sa curieuse façon de s'exprimer, qui signifie bien ses limites mentales. Sa quête de repères au rythme assez lent devient un récit d'initiation qui bascule dans une seconde partie vers plus d'action pour déboucher sur un épilogue cruel finalement inattendu. Comès illustre tout cela d'un trait souple jouant sur de fortes compositions noir et blanc, représentant parfaitement les décors enneigés, créant parfois des ambiances étranges où le temps parait suspendu. Son dessin, s'il évolue après quelques planches, ne trahit aucune faiblesse et marque une véritable maturité, innovant un style semi-réaliste aux personnages aux visages particulièrement expressifs. Sans doute un peu inégale au niveau du scénario, l'oeuvre n'en est pas moins originale et de très grande qualité, magnifiée par la force du dessin. La version couleur, même jouant sur des gammes inhabituelles, ne rend pas justice au travail de son auteur. Pour les amateurs, il faut lire La Belette, du même Comès, album moins connu mais sans doute meilleur...
Marmalade Boy
Bonjour, Malgré le fait que je n'ai jamais lu d'autres mangas que celui-ci, je voudrais dire que c'est le meilleur livre dont ont m'ait parlé ! Mélangeant une histoire d'amour à la famille et à l'école, Miki n'a pas vraiment le temps de réfléchir à la vie qu'elle mène et ceci ajoute à ce manga déjà très drôle plein de rebondissements au cours de l'histoire. Je vous le conseille fortement !
Petit Poilu
Sans hésiter le meilleur album de la collection Dupuis Puceron sur les 3 parus jusqu'ici. Qui a dit que les tout-petits ne comprenaient pas les Bds ? Mon fis de 3ans en a fait son livre de chevet et y revient régulièrement depuis janvier pour regarder les images et se raconter l'histoire tout seul. Les dessins (certes simplistes) sont attractifs pour les plus petits parce qu'ils les comprennent aisément. L'histoire est attrayante et simple à comprendre, Petit Poilu mignon tout plein. Il se lit comme un album pour enfants, sauf qu'on peut utiliser les mots que l'on veut pour raconter l'histoire à l'enfant. (et qu'il est moins cher qu'un album pour enfants !) Ensuite l'enfant peut y revenir seul, pas besoin de mots pour comprendre les dessins. La suite de Petit Poilu en septembre prochain !