Persépolis ?... c'est l'histoire d'une partie de la vie de l'auteur.
Avec elle j'ai suivi une période de son enfance, de son adolescence. J'ai suivi la chute du shah d'Iran, ai connu la guerre entre l'Iran et l'Irak, me suis exilé avec elle en Autriche, ai participé à son retour dans son pays...
A chaque étape de cette vie, l'auteur m'a facilement emmené vivre avec elle ces situations tragiques... comme avec un ami.
Seulement voilà : tragiques, oui, mais l'ensemble est réalisé avec une réelle fraîcheur -tant dans le ton que dans le graphisme- qu'on ne peut que se laisser emmener.
L'auteur, à sa façon, m'a ainsi narré ces anecdotes où l'humour tient une certaine place.
Le dessin ?... le trait, au départ, m'a un peu rebuté. C'est minimaliste et très stylisé. Mais j'ai rapidement compris que ce dessin donne justement le ton qu'il fallait pour accompagner le textuel.
Persépolis ?... une "autre" BD, une BD témoignage à nulle autre pareille ; une oeuvre -car c'en est une- vraiment engageante si vous vous laissez prendre par la main. Ce que j'ai fait.
Aude Picault est l'une des jeunes auteur(e)s qui m'emballe actuellement le plus, notamment à travers ses pages drôles et inventives du fameux blog à 4 mains Chicou-chicou. Malheureusement, elle n'a à ce jour quasiment rien publié, et le peu qui était disponible jusqu'à il y a peu date d'il y a quelques années (Papa et le tome 1 de "Moi je").
Aussi est-ce avec un enthousiasme bondissant que je me suis jetée sur le tome 2 de "Moi je", qui vient de sortir, et avec un enthousiasme non moindre que je l'ai refermé : il est ex-cel-lent !
Mais prenons les choses dans l'ordre, avec le tome 1 : sur le moment, ce fut une petite déception. Le trait se cherche encore, les pages sont inégales, l"histoire" est un peu décousue... Bref, malgré des qualités et une originalité indéniables, le tome 1 de "moi je" souffrait de défauts de jeunesse. Un livre sympathique, mais sans plus (3/5).
Mais le tome 2... on se rend compte de tout le chemin parcouru par Aude Picault et de la maturité graphique et narrative qu'elle a acquis au cours des quelques années qui séparent les deux tomes. Elle excelle dans le dessin expressif, où l'attitude, l'expression de ses personnages, leurs actes, sauront suggérer mieux qu'aucun texte toute une palette d'humeurs, la déprime, l'enthousiasme, l'ennui, la joie, etc. En quelques traits très simples en apparence, elle parvient à communiquer au lecteur son état d'humeur du moment... du grand art !
Le tout est d'une légèreté et d'une drôlerie exquises, et se dévore littéralement (4/5).
Un petit bémol tout de même : les livres en eux-mêmes. Ce sont de tout petits livres banals, au papier ordinaire, pas particulièrement soignés ni bien imprimés, qu'on nous vend au prix prohibitif de 8 € pièce !... il y a fort à parier que ce soit un frein important à l'achat pour la plupart des lecteurs potentiels.
Je conseille néanmoins l'achat, surtout du tome 2, vous l'aurez compris, qui peut se lire complètement indépendamment du premier. Parce qu'Aude Picault le vaut bien :)
Je ne peux pas. Non, je ne peux pas, décemment, mettre moins que 4 à cet album, objectivement et subjectivement.
Objectivement :
Moi qui ai une formation de Lettres, je n'ai jamais particulièrement apprécié Rimbaud. Certes, ces écrits étaient fins, très ciselés, mais pour moi cela n'avait pas la puissance de ce que faisait Victor Hugo, ou bien la richesse exotique d'un Parnassien.
Ah,
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Mais je m'égare. Rimbaud a inspiré de nombreux auteurs récents, comme Hugo Pratt avec Corto Maltese et Eric Cantona. Mais je n'aime pas Corto. Et Canto ? Comment dire... Comme auteur, il est un peu limité... Dire qu'on n'aime pas Rimbaud, c'est s'attirer les foudres de nombres de penseurs, lecteurs, amateurs de tout poil. Donc je n'irai pas plus loin.
Subjectivement, je n'ai qu'un seul vrai reproche à faire à cette BD. L'omniprésence des écrits de Rimbaud surcharge un peu trop les pages, je trouve. Ca "casse" un peu la dynamique du récit. Mais pour le reste, c'est du tout bon. On suit Adrien dans sa quête initiatique, qui est aussi une tentative de rédemption envers celui qu'il a pastiché. L'idée d'incarner les auteurs en des animaux-totems est très bien trouvée, bien que non inédite, il me semble. C'est très bien construit, raconté, rythmé.
Quant au dessin de Benjamin Flao, je le trouve un peu léger, pas assez "net", mais finalement ça correspond bien à l'ambiance, au sujet, celle de la recherche d'un poète insaisissable et pourtant omniprésent. Et si on se détache de ces considérations, il faut reconnaître que ses cases sont bien agencées, le découpage est très bon, et le traitement des couleurs, et surtout des ambiances, est remarquable.
Non, je ne peux pas mettre moins de 4/5 à cet album.
Je suis toujours accro à ce scénario palpitant, mais le dessin et les couleurs sont… assez laids. Je remarque une très nette dégradation graphique, rien avoir avec les superbes planches des premiers cycles et surtout les belles couleurs (d’Isabelle Merlet). Tout ceci me fait penser à une autre série où il y a une grosse dégradation graphique (Chroniques de la lune noire).
Mais "Le Chant des Stryges" reste pour moi une très bonne bd. Vivement la suite et le dénouement de ce polar brillant.
Je ne sais pas trop quoi dire à part que j’ai trouvé ça excellent et que ça me donne énormément envie de lire les autres séries de cette collection.
Forcément le scénario et le talent de narrateur de Giroud y sont pour beaucoup et c’est dans le registre historique que je l’apprécie tout particulièrement. Toutes les séquences en flash-backs sont criantes de vérité, l’histoire du 20ème siècle m’ayant toujours passionné, j’ai vraiment été pris dans l’enquête de ce jeune français à la recherche de son passé. Certes, très rapidement on ne comprend plus trop l’intérêt direct de ses recherches mais vu le flot de péripéties dans lequel il est emporté, ses réactions y faisant suite sont tout à fait crédibles.
Je me dis juste que pour la fin il aurait pu éviter de trop nous mettre sur la voie, j’ai trouvé ça un peu téléphoné.
Le graphisme est vraiment excellent, des visages simples aux expressions justes dans des décors très détaillés, on s’attache vite aux personnages. A côté de ça, on ne s’ennuie pas et chaque tome comporte son lot de révélations ; du tout bon.
J’ai beaucoup aimé le concept de cette collection et, en témoignent les avis positifs concernant les autres séries, il sera bon de surveiller les prochaines parutions.
Putain de boulot...
Partir tous les jours pour faire un boulot de merde, c'est une sensation que beaucoup d'entre nous connaissent. Ici Efix illustre et adapte le roman de Jean-Pierre Levaray, qui livre son témoignage sur 30 ans de trime à l'usine (Total ?).
C'est un électrochoc. Bien sûr, si vous êtes bien informé(e)(s), vous savez que la vie en usine est rude, qu'il y a beaucoup d'accidents, des suicides, des dépressions à la chaîne... Mais il vous manquait un témoignage fort.
Le voilà, ce témoignage. On aurait plutôt vu un Etienne Davodeau dans ce genre d'exercice, lui qui est un peu la tête de pont de la BD engagée et sociale. Mais c'est Efix qui se colle au dessin, fidèle de la maison Petit à Petit, mais aussi et surtout auteur entier, libre d'esprit, et ancien ouvrier. Son style très rond n'a pas, de prime abord, d'atomes crochus avec ce type d'histoire. Mais c'est un maître du noir et blanc, et l'on oublie bien vite son style lorsqu'on est pris par une histoire, comme c'est le cas ici.
Les ambiances, les expressions, les cadrages, tout est très bon, et l'on passe un très bon moment de lecture, et de réflexion. Iannick en parle bien mieux que moi, mais croyez-moi, c'est une excellente BD.
Voici une autre série soldée par Glénat, et encore une fois, j’ai vraiment été surpris par sa qualité.
C’est vrai que le premier contact avec le dessin est plutôt repoussant. Malgré le style réaliste, je trouve les visages, les corps et les décors déformés, tordus. Le rendu général fait un peu « sale » et le tout ne s’arrange pas avec le changement de dessinateur sur le 4ème tome. Pourtant, quand on noue le dessin et le scénario, tout semble correspondre parfaitement.
Le récit va se dérouler sur une période assez longue allant de l’avant 2nde guerre mondiale à la fin de celle-ci. On va suivre le destin croisé de 2 hommes issus de 2 univers antagonistes : le premier venant de la classe ouvrière, cherchant à tout prix la fortune et le second venant d’une famille bourgeoise prêt à tout pour défendre ces idées généreuses et loin de ses origines.
Le contexte d’avant-guerre est parfaitement rendu : lutte des classes, changements politiques, l’approche de la guerre. La narration est vraiment très voir trop dense mais le récit se concentre vraiment sur ses 2 hommes qui vont en quelque sorte échanger leur place sans jamais le savoir. Je ne dis rien sur le final de cette série qui est vraiment très réussi, mais il laisse forcément un goût amer dans la bouche.
Je ne saurai que conseiller la lecture de cette excellente série. Un point c’est tout !
J’ai profité de la grande braderie de Glénat en début d’année pour découvrir cette série que je n’aurais certainement pas lu sinon. A la fin de ma lecture, je me suis dit que ça aurait été quand même dommage.
Dans un pays imaginaire situé en Afrique, le scénariste nous plonge au plus profond d’un monde complètement pourri où la seule méthode qui convient pour arriver à ses fins est la corruption. Dans ce contexte, nous allons suivre les pérégrinations de 2 flics qui vont tout faire pour mener à bien leur enquête.
Même si les noms utilisés pour les pays ou villes sont complètement imaginaires, cette série est une énorme critique de ce qui peut se passer en Afrique, avec une vision très « noire » des choses. L’ensemble est souvent assez confus et on a un peu de mal à suivre l’intrigue mais en s’accrochant on pourra apprécier la richesse des dialogues et des personnages vraiment « vivants »… De plus, malgré la confusion, l’intrigue est vraiment bien ficelée et intéressante.
Les dessins sont tout à fait dans le ton africain, avec des personnages qui ont de vrais « tronches » même s’ils sont parfois difficilement reconnaissables. C’est dommage car c’est un défaut qui se cumule avec le côté confus de l’intrigue. Pour le reste, c’est du tout bon. L'auteur a su jouer sur les couleurs chaudes pour rendre le côté étouffant de la chaleur de ce continent. Son trait est vraiment vivant et apporte de l’énergie au récit.
Une très bonne découverte que cette série, j’en conseille la lecture et préviens qu’il faut parfois s’accrocher pour ne pas se perdre en route.
La dénomination "fou", on la retrouve un peu partout dans cette série.
Turf a ici créé un univers personnel complètement baroque... et fou. Son petit royaume d'Eauxfolles est ses personnages sont riches, bien fournis en détails et -surtout- bénéficient d'une très belle palette de couleurs.
Cette "nef" m'a montré une vraie force créatrice de l'auteur, tant dans le développement de ses histoires que dans son graphisme.
Cette série est une sorte d'heureux mélange de genres où l'on peut y retrouver qui une sorte de films fantastiques ou de SF des années 50, qui de vieilles séries animées, de vieux jouets en métal comme j'en ai connu au tout début des années 60 (de vieux machins que l'on "remontait" avec une clé).
Cette "nef" est vraiment inspirée, bénéficie d'un traitement textuel et graphique qui fait que l'on s'y attache d'entrée. Que faut-il demander de plus que de passer un très bon moment de lecture, hein ?...
La claque, une bd d'enfer à se procurer le plus rapidement possible. Fan de Tarantino et d'un univers noir et malsain jetez-vous dessus.
Le scénario est très bon et les dialogues sont percutants, le dessin est très bien approprié à ce style de scénario et les couleurs reflètent parfaitement l'atmosphère.
Bref, ça sent la bd culte à plein nez et c'est tant mieux.
Ma côte 4,5/5.
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Persepolis
Persépolis ?... c'est l'histoire d'une partie de la vie de l'auteur. Avec elle j'ai suivi une période de son enfance, de son adolescence. J'ai suivi la chute du shah d'Iran, ai connu la guerre entre l'Iran et l'Irak, me suis exilé avec elle en Autriche, ai participé à son retour dans son pays... A chaque étape de cette vie, l'auteur m'a facilement emmené vivre avec elle ces situations tragiques... comme avec un ami. Seulement voilà : tragiques, oui, mais l'ensemble est réalisé avec une réelle fraîcheur -tant dans le ton que dans le graphisme- qu'on ne peut que se laisser emmener. L'auteur, à sa façon, m'a ainsi narré ces anecdotes où l'humour tient une certaine place. Le dessin ?... le trait, au départ, m'a un peu rebuté. C'est minimaliste et très stylisé. Mais j'ai rapidement compris que ce dessin donne justement le ton qu'il fallait pour accompagner le textuel. Persépolis ?... une "autre" BD, une BD témoignage à nulle autre pareille ; une oeuvre -car c'en est une- vraiment engageante si vous vous laissez prendre par la main. Ce que j'ai fait.
Moi je
Aude Picault est l'une des jeunes auteur(e)s qui m'emballe actuellement le plus, notamment à travers ses pages drôles et inventives du fameux blog à 4 mains Chicou-chicou. Malheureusement, elle n'a à ce jour quasiment rien publié, et le peu qui était disponible jusqu'à il y a peu date d'il y a quelques années (Papa et le tome 1 de "Moi je"). Aussi est-ce avec un enthousiasme bondissant que je me suis jetée sur le tome 2 de "Moi je", qui vient de sortir, et avec un enthousiasme non moindre que je l'ai refermé : il est ex-cel-lent ! Mais prenons les choses dans l'ordre, avec le tome 1 : sur le moment, ce fut une petite déception. Le trait se cherche encore, les pages sont inégales, l"histoire" est un peu décousue... Bref, malgré des qualités et une originalité indéniables, le tome 1 de "moi je" souffrait de défauts de jeunesse. Un livre sympathique, mais sans plus (3/5). Mais le tome 2... on se rend compte de tout le chemin parcouru par Aude Picault et de la maturité graphique et narrative qu'elle a acquis au cours des quelques années qui séparent les deux tomes. Elle excelle dans le dessin expressif, où l'attitude, l'expression de ses personnages, leurs actes, sauront suggérer mieux qu'aucun texte toute une palette d'humeurs, la déprime, l'enthousiasme, l'ennui, la joie, etc. En quelques traits très simples en apparence, elle parvient à communiquer au lecteur son état d'humeur du moment... du grand art ! Le tout est d'une légèreté et d'une drôlerie exquises, et se dévore littéralement (4/5). Un petit bémol tout de même : les livres en eux-mêmes. Ce sont de tout petits livres banals, au papier ordinaire, pas particulièrement soignés ni bien imprimés, qu'on nous vend au prix prohibitif de 8 € pièce !... il y a fort à parier que ce soit un frein important à l'achat pour la plupart des lecteurs potentiels. Je conseille néanmoins l'achat, surtout du tome 2, vous l'aurez compris, qui peut se lire complètement indépendamment du premier. Parce qu'Aude Picault le vaut bien :)
La Ligne de fuite
Je ne peux pas. Non, je ne peux pas, décemment, mettre moins que 4 à cet album, objectivement et subjectivement. Objectivement : Moi qui ai une formation de Lettres, je n'ai jamais particulièrement apprécié Rimbaud. Certes, ces écrits étaient fins, très ciselés, mais pour moi cela n'avait pas la puissance de ce que faisait Victor Hugo, ou bien la richesse exotique d'un Parnassien. Ah, Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. Mais je m'égare. Rimbaud a inspiré de nombreux auteurs récents, comme Hugo Pratt avec Corto Maltese et Eric Cantona. Mais je n'aime pas Corto. Et Canto ? Comment dire... Comme auteur, il est un peu limité... Dire qu'on n'aime pas Rimbaud, c'est s'attirer les foudres de nombres de penseurs, lecteurs, amateurs de tout poil. Donc je n'irai pas plus loin. Subjectivement, je n'ai qu'un seul vrai reproche à faire à cette BD. L'omniprésence des écrits de Rimbaud surcharge un peu trop les pages, je trouve. Ca "casse" un peu la dynamique du récit. Mais pour le reste, c'est du tout bon. On suit Adrien dans sa quête initiatique, qui est aussi une tentative de rédemption envers celui qu'il a pastiché. L'idée d'incarner les auteurs en des animaux-totems est très bien trouvée, bien que non inédite, il me semble. C'est très bien construit, raconté, rythmé. Quant au dessin de Benjamin Flao, je le trouve un peu léger, pas assez "net", mais finalement ça correspond bien à l'ambiance, au sujet, celle de la recherche d'un poète insaisissable et pourtant omniprésent. Et si on se détache de ces considérations, il faut reconnaître que ses cases sont bien agencées, le découpage est très bon, et le traitement des couleurs, et surtout des ambiances, est remarquable. Non, je ne peux pas mettre moins de 4/5 à cet album.
Le Chant des Stryges
Je suis toujours accro à ce scénario palpitant, mais le dessin et les couleurs sont… assez laids. Je remarque une très nette dégradation graphique, rien avoir avec les superbes planches des premiers cycles et surtout les belles couleurs (d’Isabelle Merlet). Tout ceci me fait penser à une autre série où il y a une grosse dégradation graphique (Chroniques de la lune noire). Mais "Le Chant des Stryges" reste pour moi une très bonne bd. Vivement la suite et le dénouement de ce polar brillant.
Secrets - Le Serpent sous la glace
Je ne sais pas trop quoi dire à part que j’ai trouvé ça excellent et que ça me donne énormément envie de lire les autres séries de cette collection. Forcément le scénario et le talent de narrateur de Giroud y sont pour beaucoup et c’est dans le registre historique que je l’apprécie tout particulièrement. Toutes les séquences en flash-backs sont criantes de vérité, l’histoire du 20ème siècle m’ayant toujours passionné, j’ai vraiment été pris dans l’enquête de ce jeune français à la recherche de son passé. Certes, très rapidement on ne comprend plus trop l’intérêt direct de ses recherches mais vu le flot de péripéties dans lequel il est emporté, ses réactions y faisant suite sont tout à fait crédibles. Je me dis juste que pour la fin il aurait pu éviter de trop nous mettre sur la voie, j’ai trouvé ça un peu téléphoné. Le graphisme est vraiment excellent, des visages simples aux expressions justes dans des décors très détaillés, on s’attache vite aux personnages. A côté de ça, on ne s’ennuie pas et chaque tome comporte son lot de révélations ; du tout bon. J’ai beaucoup aimé le concept de cette collection et, en témoignent les avis positifs concernant les autres séries, il sera bon de surveiller les prochaines parutions.
Putain d'usine
Putain de boulot... Partir tous les jours pour faire un boulot de merde, c'est une sensation que beaucoup d'entre nous connaissent. Ici Efix illustre et adapte le roman de Jean-Pierre Levaray, qui livre son témoignage sur 30 ans de trime à l'usine (Total ?). C'est un électrochoc. Bien sûr, si vous êtes bien informé(e)(s), vous savez que la vie en usine est rude, qu'il y a beaucoup d'accidents, des suicides, des dépressions à la chaîne... Mais il vous manquait un témoignage fort. Le voilà, ce témoignage. On aurait plutôt vu un Etienne Davodeau dans ce genre d'exercice, lui qui est un peu la tête de pont de la BD engagée et sociale. Mais c'est Efix qui se colle au dessin, fidèle de la maison Petit à Petit, mais aussi et surtout auteur entier, libre d'esprit, et ancien ouvrier. Son style très rond n'a pas, de prime abord, d'atomes crochus avec ce type d'histoire. Mais c'est un maître du noir et blanc, et l'on oublie bien vite son style lorsqu'on est pris par une histoire, comme c'est le cas ici. Les ambiances, les expressions, les cadrages, tout est très bon, et l'on passe un très bon moment de lecture, et de réflexion. Iannick en parle bien mieux que moi, mais croyez-moi, c'est une excellente BD.
Les Morin-Lourdel
Voici une autre série soldée par Glénat, et encore une fois, j’ai vraiment été surpris par sa qualité. C’est vrai que le premier contact avec le dessin est plutôt repoussant. Malgré le style réaliste, je trouve les visages, les corps et les décors déformés, tordus. Le rendu général fait un peu « sale » et le tout ne s’arrange pas avec le changement de dessinateur sur le 4ème tome. Pourtant, quand on noue le dessin et le scénario, tout semble correspondre parfaitement. Le récit va se dérouler sur une période assez longue allant de l’avant 2nde guerre mondiale à la fin de celle-ci. On va suivre le destin croisé de 2 hommes issus de 2 univers antagonistes : le premier venant de la classe ouvrière, cherchant à tout prix la fortune et le second venant d’une famille bourgeoise prêt à tout pour défendre ces idées généreuses et loin de ses origines. Le contexte d’avant-guerre est parfaitement rendu : lutte des classes, changements politiques, l’approche de la guerre. La narration est vraiment très voir trop dense mais le récit se concentre vraiment sur ses 2 hommes qui vont en quelque sorte échanger leur place sans jamais le savoir. Je ne dis rien sur le final de cette série qui est vraiment très réussi, mais il laisse forcément un goût amer dans la bouche. Je ne saurai que conseiller la lecture de cette excellente série. Un point c’est tout !
Les Corruptibles
J’ai profité de la grande braderie de Glénat en début d’année pour découvrir cette série que je n’aurais certainement pas lu sinon. A la fin de ma lecture, je me suis dit que ça aurait été quand même dommage. Dans un pays imaginaire situé en Afrique, le scénariste nous plonge au plus profond d’un monde complètement pourri où la seule méthode qui convient pour arriver à ses fins est la corruption. Dans ce contexte, nous allons suivre les pérégrinations de 2 flics qui vont tout faire pour mener à bien leur enquête. Même si les noms utilisés pour les pays ou villes sont complètement imaginaires, cette série est une énorme critique de ce qui peut se passer en Afrique, avec une vision très « noire » des choses. L’ensemble est souvent assez confus et on a un peu de mal à suivre l’intrigue mais en s’accrochant on pourra apprécier la richesse des dialogues et des personnages vraiment « vivants »… De plus, malgré la confusion, l’intrigue est vraiment bien ficelée et intéressante. Les dessins sont tout à fait dans le ton africain, avec des personnages qui ont de vrais « tronches » même s’ils sont parfois difficilement reconnaissables. C’est dommage car c’est un défaut qui se cumule avec le côté confus de l’intrigue. Pour le reste, c’est du tout bon. L'auteur a su jouer sur les couleurs chaudes pour rendre le côté étouffant de la chaleur de ce continent. Son trait est vraiment vivant et apporte de l’énergie au récit. Une très bonne découverte que cette série, j’en conseille la lecture et préviens qu’il faut parfois s’accrocher pour ne pas se perdre en route.
La Nef des fous
La dénomination "fou", on la retrouve un peu partout dans cette série. Turf a ici créé un univers personnel complètement baroque... et fou. Son petit royaume d'Eauxfolles est ses personnages sont riches, bien fournis en détails et -surtout- bénéficient d'une très belle palette de couleurs. Cette "nef" m'a montré une vraie force créatrice de l'auteur, tant dans le développement de ses histoires que dans son graphisme. Cette série est une sorte d'heureux mélange de genres où l'on peut y retrouver qui une sorte de films fantastiques ou de SF des années 50, qui de vieilles séries animées, de vieux jouets en métal comme j'en ai connu au tout début des années 60 (de vieux machins que l'on "remontait" avec une clé). Cette "nef" est vraiment inspirée, bénéficie d'un traitement textuel et graphique qui fait que l'on s'y attache d'entrée. Que faut-il demander de plus que de passer un très bon moment de lecture, hein ?...
Jazz Maynard
La claque, une bd d'enfer à se procurer le plus rapidement possible. Fan de Tarantino et d'un univers noir et malsain jetez-vous dessus. Le scénario est très bon et les dialogues sont percutants, le dessin est très bien approprié à ce style de scénario et les couleurs reflètent parfaitement l'atmosphère. Bref, ça sent la bd culte à plein nez et c'est tant mieux. Ma côte 4,5/5.