Enchaînés est encore une série que j’ai découvert par l’intermédiaire des nombreux avis positifs la concernant.
En fait, j’avais déjà remarqué ces albums grâce aux couvertures qui attirent l’œil mais à chaque feuilletage rapide, les dessins me laissaient vraiment perplexe. Après lecture, je dois dire que ce n’est pas le point fort de la série. Le style réaliste n’est pas toujours très bien maîtrisé et on peut remarquer des défauts de proportions sur les corps et de perspectives sur les visages. L’ensemble a un petit côté austère mais au final l’ambiance générale, ce qui est le principal, est bien rendue.
Au niveau du scénario, la trame de départ est vraiment originale : 4 personnes qui ont toutes des vies difficiles se retrouvent au milieu d’un jeu malsain pouvant leur rapporter gros mais leur demandant de tuer une autre personne. Ce qu’ils ne savent pas c’est que chacun doit tuer un autre participant. Callède commence le récit en nous décrivant de façon très réussie les différents personnages, qui sont certes caricaturaux dans la décadence, mais paraissent réels. Il alterne ensuite entre les différents protagonistes et montre l’évolution de chacun face à ses doutes, ses craintes, ses rêves. Le côté psychologique est très travaillé, bien maîtrisé et donne une certaine profondeur à la lecture. Au final, on se retrouve devant un récit souvent noir, glauque, qui met en avant les dérives de l’être humain. J’ai par contre un petit regret sur le déroulement du dernier tome, pas sur la fin que j’ai trouvée assez réussie, mais sur des passages assez longs qui n’apportent pas grand-chose.
Callède est vraiment un de mes scénaristes préférés, qui sait à chaque fois traiter son sujet du bon côté, avec les bons éléments. Comme beaucoup, je ne peux que conseiller cette série.
Ca, j'aime vraiment bien !...
Une très belle série qui débute dans l'hebdo "Pilote" n° 666 du 10 Août 1972. Sous forme de récits complets de quelques 8/10 pages, elle se terminera dans le n° 706 du 17 Mai 1973, ce après 7 "épisodes".
Ces mange-bitume, c'est une sorte de vision du début des années 2000 avec quasi 30 ans d'avance !
Lob avait imaginé l'importance de plus en plus grande que la voiture allait occuper dans la vie de tous les jours. Avec 30 ans d'avance, il créait déjà des véhicules confortables équipés de TV, d'ordinateurs, d'écrans ; des véhicules où l'on peut travailler au vu de l'impossibilité croissante de se déplacer facilement sur un réseau routier de plus en plus encombré.
A l'époque, Bielsa a créé graphiquement ces sortes de "concept cars" que l'on peut déjà retrouver sur nos routes actuelles.
Bien entendu, un scénario de base a été créé pour donner plus de relief à ces histoires. J'avais ainsi découvert un monde régi par la mécanique, un monde où les hommes vivent quasi tout le temps dans leurs véhicules. J'ai suivi deux flics -Holster et Baudrier (!)- dans leur surveillance aérienne de ces "voitures-maisons" ; des véhicules conduits par des gens de plus en plus solitaires dans leur comportement, de plus en plus indépendants, de plus en plus insupportables aussi...
Une chouette série de récits réunis en un seul album et qui fait se poser des questions en fin de lecture. Est-ce que tout ceci ne pourrait pas devenir réalité dans un futur assez proche ?... mais non, mais non... En êtes-vous bien sûr ?...
Il m’est assez difficile de donner mon avis sur l’écorché. Oui j’ai aimé c’est sur, mais cette série mérite t-elle 4 étoiles ou seulement 3 ? Difficile à dire.
Mon sentiment final est quand même très positif. J’ai passé un bon moment et j’ai aimé le scénario. J’ai aimé le secret que l’on découvre dans le tome 2. C’est bien amené, je ne m’y attendais pas trop. Ce qui est fort c’est qu’au vue de l’énergie mise en œuvre par certains personnages pour garder ce secret on pouvait s’attendre à quelque chose d’une ampleur terrible, une révélation extraordinaire. Eh finalement non, c’est juste une histoire de famille, mais c’est bien raconté et j’ai beaucoup aimé.
Parallèlement je ne me suis pas senti attaché au personnage de Tristan, ni ému par son histoire pourtant pas facile. J’ai du pas mal revenir en arrière dans ma lecture pour être sur de bien tout comprendre, surtout dans le premier tome ou tout n’est pas encore très clair.
Le dessin est plutôt bon, je reconnais aisément le talent du dessinateur, mais ce n’est pas vraiment le style que j’affectionne le plus en BD.
Mais comme d’habitude, j’ai passé un bon avec la série des « secrets ».
J’ai découvert cette série par l’intermédiaire des nombreux avis positifs présents sur le site. Je dois dire qu’après lecture, je ne suis pas du tout déçu même si tout n’est pas parfait.
Le scénario nous plonge dans la peau d’un tueur à gage et la majeure partie des évènements va nous être racontée par une voix off, sa conscience. C’est, je pense, ce traitement qui fait la particularité de cette série puisque le lecteur se retrouve à la place du tueur et on suit son quotidien, son évolution psychologique, ses doutes, ses craintes, son cynisme, la vision qu’il a sur son travail comme si on était à sa place. C’est très agréable à lire et prenant, mais j’ai trouvé que la première intrigue qui se déroule sur les 5 premiers tomes durait un peu en longueur et qu’on tournait parfois un peu en rond. Je pense que ce premier cycle aurait pu se finir plus rapidement. Pour le 6ème tome qui vient de sortir et qui lance un nouveau cycle, c’est toujours aussi bien fait et l’intrigue s’annonce bien.
Le dessin qui ne m’emballait pas au feuilletage se révèle parfaitement dans le ton glauque de cette histoire. Le trait est franc, direct, sans détour comme doit l’être un tueur à gage lorsqu’il doit mener à bien sa mission. Certains agencements de planches sont bien trouvés sur les scènes d’action, et des cases présentées avec des « cassures » rendent bien la psychologie du tueur. Le tout est accompagné d’une très belle colorisation toujours parfaitement dans le ton du récit.
Une excellente lecture à conseiller à tous les lecteurs qui frise le « Culte ! » à cause des petites longueurs exprimées ci-dessus.
Alors là attention les yeux.
Les Humanos nous offrent une belle série en 3 tomes. Mélange de Thriller/Fantastique. Très palpitant dans un huis clos sub-aquatique.
Le dessin est assez sympa, les couleurs sont très réussies et mettent bien dans l'ambiance.
Le scénario bien construit révèle ses informations petit a petit et donne envie de lire la suite. La fin quand a elle, je la trouve un peu mois bien mais n'enlève en rien le plaisir de lire cette BD.
Je pense que c'est un titre à avoir dans sa collection.
Peanuts ?… une longue histoire qui débute en 1950…
Pourquoi "Peanuts" ?… parce que ces gosses ne sont pas plus grands que des
cacahuètes…
Une curieuse série d'ailleurs, dont le lectorat rassemble toutes les couches de la population ; aussi bien les enfants, les "grands", que -et même- les intellectuels pour des histoires à plusieurs niveaux de lecture.
Curieuse série aussi de par le fait que l'on n'y voit jamais d'adultes bien que leur présence soit souvent ressentie : celle de la maîtresse de Linus, du directeur de l'école, la grand-mère, etc…
L'attrait ?… les discours ou soliloques de ces enfants, leurs confidences, leurs rêves, leurs espoirs, leurs joies, leurs peines… une sorte de miroir dans lequel nombre de lecteurs retrouvent peu ou prou de leurs propres névroses.
Et c'est ce qui -en grande partie- en a fait son succès.
Peanuts ?…un graphisme au trait simple, dépouillé, mais "emballé" dans un comique de situations (souvent verbales) qui ne laisse personne indifférent.
Peanuts ?.. Une série devenue très rapidement populaire, car tout un chacun peut s'y retrouver. Une série distribuée dans le monde entier et qui "explosera" dans le milieu des années 60. Et au succès jamais démenti.
Peanuts ?.. Quasi impossible de trouver tout ce qui y a trait, que ce soit en livres, en dessins animés, longs métrages, figurines, poupées, jeux, puzzles…
Même le vaisseau spatial et le module de la mission lunaire Apollo 10 ont été officiellement baptisés "Charlie Brown" et" Snoopy"… c'est vous dire !
Des BD's ?…il y en a dans toutes les éditions. J'ai ici avisé la série parue chez Hachette. Non pas qu'elle soit meilleure qu'une autre, mais chaque album est pour ainsi dire consacré à un personnage en particulier ; ce qui permet de les retrouver "un par un" et de s'en faire une idée générale plus précise.
Peanuts ?… du très grand art… tout simplement.
Une chouette série qui, d'une certaine façon, parodie un peu la "Patrouille des Castors". Sauf qu'ici elle débute à la fin des années 30 et met en scène une petite troupe scoute catholique féminine.
Et qui dit fin des années 30 dit début du fascisme et début de la seconde guerre mondiale. Et cette patrouille va s'y "promener", dans cette guerre ; sous le regard caustique et souvent acide de ses auteurs.
L'histoire générale ?… elle est traitée comme une sorte de feuilleton de ces années noires, mais sous une forme souvent hilarante. Tout y passe : la montée du fascisme, la débâcle de 1940, l'holocauste, les Juifs, le débarquement de 1944. On y retrouve les grands noms de cette époque -bons ou mauvais- tels De Gaulle, Hitler, Churchill, etc dans des situations assez équivoques.
Yann -scénariste- y va parfois "à la louche" pour démystifier à sa façon cette période, en y pratiquant un humour souvent "noir" et assez provocateur.
Hardy, lui, y va de son habituel trait nerveux, heurté même, mettant en scène ce mélange de petites histoires dans la Grande Histoire.
Les "libellules" ?… irrévérencieux, détonnant parfois, à lire au deuxième degré surtout car on pourrait croire les auteurs faisant -à certaines occasions- preuve d'une sorte d'antisémitisme. Ce qui n'est pas le cas.
Un petit bijou.
A la base de cette histoire, une nouvelle de Harlan Ellison : A Boy and his Dog. Pour la petite histoire, la nouvelle en question avait précédemment été adapté au cinéma en 1975. Le film préfigurant ce qui allait être tout un pan du sous-genre post-apocalyptique, a été distribué en France sous le Titre Apocalypse 2024.
Vic & Blood est une nouvelle adaptation de la nouvelle de Ellison, en BD cette fois-ci et par l'un de ses plus grands maîtres: Richard Corben.
Cette histoire de SF au fond noir et pessimiste tranche, d'un point de vue graphique, avec la production habituelle de Corben; pas de créatures colorées, pas de personnages aux muscles hypertrophiés, le style de Corben se fait plus sobre pour dépeindre au mieux la sécheresse de l'univers créé par Ellison.
Le trait de l'auteur reste cependant immédiatement identifiable, ne serait-ce que par son caractère si particulier. Les dernières pages réservent cependant une bonne surprise aux fans de délires visuels fantastiques.
Corben ne retient pas pour autant ses effets, la représentation de ce Monde dévasté est parfaite, que ce soit pour l'aridité irradiée de la surface de la terre en ruine, ou pour la triste quiétude de Topeka la cité sous-terraine.
Les dessins de Corben démontrent une fois de plus leur Efficacité, l'effet est en aussi puissant que d'habitude; cependant c'est avant tout par son scénario que cette BD est magnifiée.
Une histoire sombre, racontée par Blood le chien télépathe, une histoire marquante abordant des thèmes rarement traités en SF : les relations entre l'homme et l'animal ainsi que les besoins viscéraux qu'éprouve l'homme.
Dans ce cadre irradié ou s'étendent des décombres à perte de vue, l'homme au delà de la survie a besoin -de manière animale- de nourriture et de sexe pour vivre.
Vic utilise son chien pour lui dégotter de quoi manger et des femmes. Des femmes qui sont violées sans ménagement, êtres rares, objets de convoitise provoquant de sanglants combats, les femmes ont tout intérêt à vivre cachées dans les citées sous-terraines.
L'humanité est gangrénée par la barbarie. Blood le chien fait preuve de recul, intelligent il porte un regard lucide sur la situation que vivent les hommes.
En tant que lecteur on ressent de l'empathie pour lui.
Ses relations avec Vic sont plutôt bonnes, le Garçon et le chien s'appuyant l'un sur l'autre pour survivre... jusqu'à l'arrivée parmi eux de Quilla June Holmes, une splendide jeune femme, qui va perturber cette relation.
Une forme de triangle amoureux malsain se développe entre ces trois personnages, une situation tendue qui ne pourra-t-être désamorcée que par un choix aussi cruel qu'irréversible s'imposant à l'un des personnages. La résultante sera le temps vraiment fort de l'intrigue. Un véritable climax, si dérangeant qu'il s'avère difficile de l'encaisser de façon sereine à la lecture. Perturbant.
Ensuite le récit se déroule de façon désespérée, rude rhapsodie jouée en fond pour ce Monde si noir.
Les chroniques de Vic et Blood, le gars et son chien, résonnent encore en nous après la lecture.
Ce n'est pas l'album le plus emblématique ni le plus connu de son auteur Richard Corben, c'est l'un de ses meilleurs.
JJJ
Un dessin classique pour une histoire pleine de mystères et de charmes.
J’ai eu un peu de mal au début ; les dialogues m’ont paru maladroits, c’est d’ailleurs toujours le cas, le dessin statique et bien qu’ayant une imagination débordante pour ce qui est de la faune de ses planètes, Leo a tendance à tous les dessiner de la même manière, les mêmes dents, les même têtes rondes (les grégoires, les nestors, les iums et certaines bestioles de Antares). Je n’étais pas emballé.
Et est apparu la mantrisse, "la" trouvaille de Leo autour de laquelle tourne tout son travail et qui accroche n’importe quel lecteur. A partir de la première question soulevée à propos de cette entité, on ne peut plus lâcher, les réponses sont habilement distillées et à côté de ça on suit agréablement l’aventure de Marc et de Kim qui deviennent rapidement attachants. D’autres personnages plus charismatiques ou plus fous comme Alexa et monsieur Pad accentuent l’attachement que l’on éprouve petit à petit pour cette histoire.
La fin : bof, j’attendais plus de réponses, heureusement d’autres cycles suivront pour les apporter.
Je ne suis pas une adepte de l'écriture-catharsis, pas plus que du quotidien de gens ordinaires à qui il n'arrive pas grand chose. Et pourtant, j'ai adoré cette bd.
Pourquoi ? Parce que Larcenet a trouvé selon moi la recette du parfait "roman graphique".
La narration possède une intériorité dénuée d'intellectualisme, de leçons de morale, d'apitoiement et de complaisance. Marco n'est pas un homme fort et, bien que ses ressemblances avec l'auteur soient évidentes, ce dernier ne lui trouve pas d'excuses. Mais il montre que même un homme ordinaire peut, à force d'intelligence, d'empathie et de courage, faire de sa vie une belle histoire.
Larcenet sait mettre en exergue ce qu'il y a de grand, d'intéressant et de digne d'intérêt en chaque être humain. Et si le "combat" de son héros est essentiellement contre lui-même, l'intelligence du propos en fait une lutte universelle. Bien que ne me reconnaissant pas dans les personnages, j'ai été extrêmement touchée par ce récit intelligent qui, loin des props gauchisants ou moralistes qu'on a voulu lui prêter, n'a pour but "que" d'exposer une certaine vision de l'existence. Un essai périlleux (de nombreux auteurs s'y essayant ne font qu'étaler leurs névroses, livrant au public une triste psychothérapie ratée) mais transformé avec brio.
Je pense que les idées fausses concernant cette bd viennent surtout... de son public. En effet, une histoire plébiscitée par les grands enfants intellos, les bobos dépressifs et les tanguys tripants a de quoi rebuter a priori... C'est même la raison qui m'a conduite a ne découvrir cette série que plusieurs années après sa sortie ! Mais que quelques personnes n'aient retiré de l'oeuvre que ce qu'ils voulaient y trouver ne change en rien ses qualités. Le Combat Ordinaire est "juste" un récit anecdotique, un constat psychologique et une ode à l'humanité dont l'intériorité touche à l'excellence. Et chacun y trouvera les pistes qui conviennent à sa propre personnalité.
S'il fallait nécessairement en dégager une morale, ce serait sans doute "nul besoin d'un destin exceptionnel pour faire un homme d'exception".
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Enchaînés
Enchaînés est encore une série que j’ai découvert par l’intermédiaire des nombreux avis positifs la concernant. En fait, j’avais déjà remarqué ces albums grâce aux couvertures qui attirent l’œil mais à chaque feuilletage rapide, les dessins me laissaient vraiment perplexe. Après lecture, je dois dire que ce n’est pas le point fort de la série. Le style réaliste n’est pas toujours très bien maîtrisé et on peut remarquer des défauts de proportions sur les corps et de perspectives sur les visages. L’ensemble a un petit côté austère mais au final l’ambiance générale, ce qui est le principal, est bien rendue. Au niveau du scénario, la trame de départ est vraiment originale : 4 personnes qui ont toutes des vies difficiles se retrouvent au milieu d’un jeu malsain pouvant leur rapporter gros mais leur demandant de tuer une autre personne. Ce qu’ils ne savent pas c’est que chacun doit tuer un autre participant. Callède commence le récit en nous décrivant de façon très réussie les différents personnages, qui sont certes caricaturaux dans la décadence, mais paraissent réels. Il alterne ensuite entre les différents protagonistes et montre l’évolution de chacun face à ses doutes, ses craintes, ses rêves. Le côté psychologique est très travaillé, bien maîtrisé et donne une certaine profondeur à la lecture. Au final, on se retrouve devant un récit souvent noir, glauque, qui met en avant les dérives de l’être humain. J’ai par contre un petit regret sur le déroulement du dernier tome, pas sur la fin que j’ai trouvée assez réussie, mais sur des passages assez longs qui n’apportent pas grand-chose. Callède est vraiment un de mes scénaristes préférés, qui sait à chaque fois traiter son sujet du bon côté, avec les bons éléments. Comme beaucoup, je ne peux que conseiller cette série.
Les Mange-bitume
Ca, j'aime vraiment bien !... Une très belle série qui débute dans l'hebdo "Pilote" n° 666 du 10 Août 1972. Sous forme de récits complets de quelques 8/10 pages, elle se terminera dans le n° 706 du 17 Mai 1973, ce après 7 "épisodes". Ces mange-bitume, c'est une sorte de vision du début des années 2000 avec quasi 30 ans d'avance ! Lob avait imaginé l'importance de plus en plus grande que la voiture allait occuper dans la vie de tous les jours. Avec 30 ans d'avance, il créait déjà des véhicules confortables équipés de TV, d'ordinateurs, d'écrans ; des véhicules où l'on peut travailler au vu de l'impossibilité croissante de se déplacer facilement sur un réseau routier de plus en plus encombré. A l'époque, Bielsa a créé graphiquement ces sortes de "concept cars" que l'on peut déjà retrouver sur nos routes actuelles. Bien entendu, un scénario de base a été créé pour donner plus de relief à ces histoires. J'avais ainsi découvert un monde régi par la mécanique, un monde où les hommes vivent quasi tout le temps dans leurs véhicules. J'ai suivi deux flics -Holster et Baudrier (!)- dans leur surveillance aérienne de ces "voitures-maisons" ; des véhicules conduits par des gens de plus en plus solitaires dans leur comportement, de plus en plus indépendants, de plus en plus insupportables aussi... Une chouette série de récits réunis en un seul album et qui fait se poser des questions en fin de lecture. Est-ce que tout ceci ne pourrait pas devenir réalité dans un futur assez proche ?... mais non, mais non... En êtes-vous bien sûr ?...
Secrets - L'écorché
Il m’est assez difficile de donner mon avis sur l’écorché. Oui j’ai aimé c’est sur, mais cette série mérite t-elle 4 étoiles ou seulement 3 ? Difficile à dire. Mon sentiment final est quand même très positif. J’ai passé un bon moment et j’ai aimé le scénario. J’ai aimé le secret que l’on découvre dans le tome 2. C’est bien amené, je ne m’y attendais pas trop. Ce qui est fort c’est qu’au vue de l’énergie mise en œuvre par certains personnages pour garder ce secret on pouvait s’attendre à quelque chose d’une ampleur terrible, une révélation extraordinaire. Eh finalement non, c’est juste une histoire de famille, mais c’est bien raconté et j’ai beaucoup aimé. Parallèlement je ne me suis pas senti attaché au personnage de Tristan, ni ému par son histoire pourtant pas facile. J’ai du pas mal revenir en arrière dans ma lecture pour être sur de bien tout comprendre, surtout dans le premier tome ou tout n’est pas encore très clair. Le dessin est plutôt bon, je reconnais aisément le talent du dessinateur, mais ce n’est pas vraiment le style que j’affectionne le plus en BD. Mais comme d’habitude, j’ai passé un bon avec la série des « secrets ».
Le Tueur
J’ai découvert cette série par l’intermédiaire des nombreux avis positifs présents sur le site. Je dois dire qu’après lecture, je ne suis pas du tout déçu même si tout n’est pas parfait. Le scénario nous plonge dans la peau d’un tueur à gage et la majeure partie des évènements va nous être racontée par une voix off, sa conscience. C’est, je pense, ce traitement qui fait la particularité de cette série puisque le lecteur se retrouve à la place du tueur et on suit son quotidien, son évolution psychologique, ses doutes, ses craintes, son cynisme, la vision qu’il a sur son travail comme si on était à sa place. C’est très agréable à lire et prenant, mais j’ai trouvé que la première intrigue qui se déroule sur les 5 premiers tomes durait un peu en longueur et qu’on tournait parfois un peu en rond. Je pense que ce premier cycle aurait pu se finir plus rapidement. Pour le 6ème tome qui vient de sortir et qui lance un nouveau cycle, c’est toujours aussi bien fait et l’intrigue s’annonce bien. Le dessin qui ne m’emballait pas au feuilletage se révèle parfaitement dans le ton glauque de cette histoire. Le trait est franc, direct, sans détour comme doit l’être un tueur à gage lorsqu’il doit mener à bien sa mission. Certains agencements de planches sont bien trouvés sur les scènes d’action, et des cases présentées avec des « cassures » rendent bien la psychologie du tueur. Le tout est accompagné d’une très belle colorisation toujours parfaitement dans le ton du récit. Une excellente lecture à conseiller à tous les lecteurs qui frise le « Culte ! » à cause des petites longueurs exprimées ci-dessus.
Sanctuaire
Alors là attention les yeux. Les Humanos nous offrent une belle série en 3 tomes. Mélange de Thriller/Fantastique. Très palpitant dans un huis clos sub-aquatique. Le dessin est assez sympa, les couleurs sont très réussies et mettent bien dans l'ambiance. Le scénario bien construit révèle ses informations petit a petit et donne envie de lire la suite. La fin quand a elle, je la trouve un peu mois bien mais n'enlève en rien le plaisir de lire cette BD. Je pense que c'est un titre à avoir dans sa collection.
Snoopy & les Peanuts
Peanuts ?… une longue histoire qui débute en 1950… Pourquoi "Peanuts" ?… parce que ces gosses ne sont pas plus grands que des cacahuètes… Une curieuse série d'ailleurs, dont le lectorat rassemble toutes les couches de la population ; aussi bien les enfants, les "grands", que -et même- les intellectuels pour des histoires à plusieurs niveaux de lecture. Curieuse série aussi de par le fait que l'on n'y voit jamais d'adultes bien que leur présence soit souvent ressentie : celle de la maîtresse de Linus, du directeur de l'école, la grand-mère, etc… L'attrait ?… les discours ou soliloques de ces enfants, leurs confidences, leurs rêves, leurs espoirs, leurs joies, leurs peines… une sorte de miroir dans lequel nombre de lecteurs retrouvent peu ou prou de leurs propres névroses. Et c'est ce qui -en grande partie- en a fait son succès. Peanuts ?…un graphisme au trait simple, dépouillé, mais "emballé" dans un comique de situations (souvent verbales) qui ne laisse personne indifférent. Peanuts ?.. Une série devenue très rapidement populaire, car tout un chacun peut s'y retrouver. Une série distribuée dans le monde entier et qui "explosera" dans le milieu des années 60. Et au succès jamais démenti. Peanuts ?.. Quasi impossible de trouver tout ce qui y a trait, que ce soit en livres, en dessins animés, longs métrages, figurines, poupées, jeux, puzzles… Même le vaisseau spatial et le module de la mission lunaire Apollo 10 ont été officiellement baptisés "Charlie Brown" et" Snoopy"… c'est vous dire ! Des BD's ?…il y en a dans toutes les éditions. J'ai ici avisé la série parue chez Hachette. Non pas qu'elle soit meilleure qu'une autre, mais chaque album est pour ainsi dire consacré à un personnage en particulier ; ce qui permet de les retrouver "un par un" et de s'en faire une idée générale plus précise. Peanuts ?… du très grand art… tout simplement.
La Patrouille des Libellules
Une chouette série qui, d'une certaine façon, parodie un peu la "Patrouille des Castors". Sauf qu'ici elle débute à la fin des années 30 et met en scène une petite troupe scoute catholique féminine. Et qui dit fin des années 30 dit début du fascisme et début de la seconde guerre mondiale. Et cette patrouille va s'y "promener", dans cette guerre ; sous le regard caustique et souvent acide de ses auteurs. L'histoire générale ?… elle est traitée comme une sorte de feuilleton de ces années noires, mais sous une forme souvent hilarante. Tout y passe : la montée du fascisme, la débâcle de 1940, l'holocauste, les Juifs, le débarquement de 1944. On y retrouve les grands noms de cette époque -bons ou mauvais- tels De Gaulle, Hitler, Churchill, etc dans des situations assez équivoques. Yann -scénariste- y va parfois "à la louche" pour démystifier à sa façon cette période, en y pratiquant un humour souvent "noir" et assez provocateur. Hardy, lui, y va de son habituel trait nerveux, heurté même, mettant en scène ce mélange de petites histoires dans la Grande Histoire. Les "libellules" ?… irrévérencieux, détonnant parfois, à lire au deuxième degré surtout car on pourrait croire les auteurs faisant -à certaines occasions- preuve d'une sorte d'antisémitisme. Ce qui n'est pas le cas. Un petit bijou.
Vic & Blood
A la base de cette histoire, une nouvelle de Harlan Ellison : A Boy and his Dog. Pour la petite histoire, la nouvelle en question avait précédemment été adapté au cinéma en 1975. Le film préfigurant ce qui allait être tout un pan du sous-genre post-apocalyptique, a été distribué en France sous le Titre Apocalypse 2024. Vic & Blood est une nouvelle adaptation de la nouvelle de Ellison, en BD cette fois-ci et par l'un de ses plus grands maîtres: Richard Corben. Cette histoire de SF au fond noir et pessimiste tranche, d'un point de vue graphique, avec la production habituelle de Corben; pas de créatures colorées, pas de personnages aux muscles hypertrophiés, le style de Corben se fait plus sobre pour dépeindre au mieux la sécheresse de l'univers créé par Ellison. Le trait de l'auteur reste cependant immédiatement identifiable, ne serait-ce que par son caractère si particulier. Les dernières pages réservent cependant une bonne surprise aux fans de délires visuels fantastiques. Corben ne retient pas pour autant ses effets, la représentation de ce Monde dévasté est parfaite, que ce soit pour l'aridité irradiée de la surface de la terre en ruine, ou pour la triste quiétude de Topeka la cité sous-terraine. Les dessins de Corben démontrent une fois de plus leur Efficacité, l'effet est en aussi puissant que d'habitude; cependant c'est avant tout par son scénario que cette BD est magnifiée. Une histoire sombre, racontée par Blood le chien télépathe, une histoire marquante abordant des thèmes rarement traités en SF : les relations entre l'homme et l'animal ainsi que les besoins viscéraux qu'éprouve l'homme. Dans ce cadre irradié ou s'étendent des décombres à perte de vue, l'homme au delà de la survie a besoin -de manière animale- de nourriture et de sexe pour vivre. Vic utilise son chien pour lui dégotter de quoi manger et des femmes. Des femmes qui sont violées sans ménagement, êtres rares, objets de convoitise provoquant de sanglants combats, les femmes ont tout intérêt à vivre cachées dans les citées sous-terraines. L'humanité est gangrénée par la barbarie. Blood le chien fait preuve de recul, intelligent il porte un regard lucide sur la situation que vivent les hommes. En tant que lecteur on ressent de l'empathie pour lui. Ses relations avec Vic sont plutôt bonnes, le Garçon et le chien s'appuyant l'un sur l'autre pour survivre... jusqu'à l'arrivée parmi eux de Quilla June Holmes, une splendide jeune femme, qui va perturber cette relation. Une forme de triangle amoureux malsain se développe entre ces trois personnages, une situation tendue qui ne pourra-t-être désamorcée que par un choix aussi cruel qu'irréversible s'imposant à l'un des personnages. La résultante sera le temps vraiment fort de l'intrigue. Un véritable climax, si dérangeant qu'il s'avère difficile de l'encaisser de façon sereine à la lecture. Perturbant. Ensuite le récit se déroule de façon désespérée, rude rhapsodie jouée en fond pour ce Monde si noir. Les chroniques de Vic et Blood, le gars et son chien, résonnent encore en nous après la lecture. Ce n'est pas l'album le plus emblématique ni le plus connu de son auteur Richard Corben, c'est l'un de ses meilleurs. JJJ
Aldébaran
Un dessin classique pour une histoire pleine de mystères et de charmes. J’ai eu un peu de mal au début ; les dialogues m’ont paru maladroits, c’est d’ailleurs toujours le cas, le dessin statique et bien qu’ayant une imagination débordante pour ce qui est de la faune de ses planètes, Leo a tendance à tous les dessiner de la même manière, les mêmes dents, les même têtes rondes (les grégoires, les nestors, les iums et certaines bestioles de Antares). Je n’étais pas emballé. Et est apparu la mantrisse, "la" trouvaille de Leo autour de laquelle tourne tout son travail et qui accroche n’importe quel lecteur. A partir de la première question soulevée à propos de cette entité, on ne peut plus lâcher, les réponses sont habilement distillées et à côté de ça on suit agréablement l’aventure de Marc et de Kim qui deviennent rapidement attachants. D’autres personnages plus charismatiques ou plus fous comme Alexa et monsieur Pad accentuent l’attachement que l’on éprouve petit à petit pour cette histoire. La fin : bof, j’attendais plus de réponses, heureusement d’autres cycles suivront pour les apporter.
Le Combat ordinaire
Je ne suis pas une adepte de l'écriture-catharsis, pas plus que du quotidien de gens ordinaires à qui il n'arrive pas grand chose. Et pourtant, j'ai adoré cette bd. Pourquoi ? Parce que Larcenet a trouvé selon moi la recette du parfait "roman graphique". La narration possède une intériorité dénuée d'intellectualisme, de leçons de morale, d'apitoiement et de complaisance. Marco n'est pas un homme fort et, bien que ses ressemblances avec l'auteur soient évidentes, ce dernier ne lui trouve pas d'excuses. Mais il montre que même un homme ordinaire peut, à force d'intelligence, d'empathie et de courage, faire de sa vie une belle histoire. Larcenet sait mettre en exergue ce qu'il y a de grand, d'intéressant et de digne d'intérêt en chaque être humain. Et si le "combat" de son héros est essentiellement contre lui-même, l'intelligence du propos en fait une lutte universelle. Bien que ne me reconnaissant pas dans les personnages, j'ai été extrêmement touchée par ce récit intelligent qui, loin des props gauchisants ou moralistes qu'on a voulu lui prêter, n'a pour but "que" d'exposer une certaine vision de l'existence. Un essai périlleux (de nombreux auteurs s'y essayant ne font qu'étaler leurs névroses, livrant au public une triste psychothérapie ratée) mais transformé avec brio. Je pense que les idées fausses concernant cette bd viennent surtout... de son public. En effet, une histoire plébiscitée par les grands enfants intellos, les bobos dépressifs et les tanguys tripants a de quoi rebuter a priori... C'est même la raison qui m'a conduite a ne découvrir cette série que plusieurs années après sa sortie ! Mais que quelques personnes n'aient retiré de l'oeuvre que ce qu'ils voulaient y trouver ne change en rien ses qualités. Le Combat Ordinaire est "juste" un récit anecdotique, un constat psychologique et une ode à l'humanité dont l'intériorité touche à l'excellence. Et chacun y trouvera les pistes qui conviennent à sa propre personnalité. S'il fallait nécessairement en dégager une morale, ce serait sans doute "nul besoin d'un destin exceptionnel pour faire un homme d'exception".