Note finale : 3,5/5.
Après Une par une, un petit album érotique remarquable, et "Née quelque part", que je n'ai pas lu mais qui relate le retour à ses racines, Johanna/Nina nous propose, chez l'excellente maison Futuropolis, un nouvel album quasi-autobiographique à tendance réaliste.
Ici c'est son expérience du chamanisme en terre amazonienne qu'elle nous conte, d'une façon assez inclassable, à mi-chemin entre le roman graphique et l'album militant.
Pourtant Johanna se défend de ce militantisme, elle ne veut pas se faire la porte-parole de gens dont elle ne partage pas les valeurs ni le quotidien. C'est simplement son interprétation du phénomène chamanique, en accord avec son rapport à la nature qui est présentée. Nina, double de papier de Johanna, est écologiste sur les bords, mais elle cherche avant tout à trouver une harmonie, un remède à ses soucis sentimentaux. C'est donc une préoccupation toute égoïste qui la guide au départ. Mais l'expérience est tellement forte qu'elle décide d'en faire un livre. Mais la forme de cet ouvrage est difficile à décider. Les media permettent d'en savoir beaucoup sur les peuples premiers, et un récit de voyage serait sans doute redondant, voire inutile dans notre société de l'information.
Cette hésitation se ressent dans la construction de "Nos Âmes sauvages", qui souffre d'un problème de narration. Johanna fait des allers-retours, des flashes-backs, des intermèdes avec tous les éléments qu'elle souhaite mettre dans son livre. C’est un peu déroutant, mais on ne peut nier l'honnêteté et la spontanéité de l'ensemble, même si graphiquement c'est très abouti.
J'aime beaucoup le style de Johanna, ce semi-réalisme très lumineux, rehaussé par de jolies couleurs. J'ai eu du plaisir à lire cet album, d'autant plus que l'auteur a glissé à sa fin quelques notes explicatives sur le processus chamaniques et quelques éléments sur la situation des peuples que l'on appelle "Jivaros". Sans prosélytisme, sans volonté d'embrigadement, elle invite le lecteur qui souhaite en savoir plus quelles peuvent être les directions à suivre, en tous les cas celles qu'elle a suivies.
Un album très agréable, intéressant, militant sans être extrême dans son propos, mais qui manque de construction.
Difficile de ne pas comparer "Mary la noire" avec la collaboration précédente de ces deux auteurs, L'Autre Monde.
Mon avis est sensiblement le même d’ailleurs sauf que les petits défauts que j’avais relevés pour leur première histoire ont presque disparu. Les personnages principaux ont gagné en charisme, et les dessins déjà enchanteurs sont encore meilleurs, tout particulièrement les villes comme Ysrow. Même le découpage de Magnin m’a paru plus recherché.
Après on pourra reprocher le manque d’originalité du scénario mais le traitement est tellement beau que l’on ne peut être que transporté par cette aventure romantique de pirates. Disons que c’est moins tiré par les cheveux et ce n’est pas pour me déplaire. A lire et à relire.
Dans ma petite librairie habituelle un auteur est assis au fond de la pièce, quelques personnes font la queue. Séance de dédicace. Je feuillette l’album qui trace en noir et blanc avec nuances de gris une petite histoire de nounours. Le trait est parfois naïf, peu importe, les premières planches partent bien, je prends un exemplaire et je fais aussi la queue. Quelques mots et un dessin plus tard je lis vraiment la BD. Et là… C’est avec une boule au cœur que je referme le très court petit format. Poignant, touchant, poétique… C’est bouleversant.
L’histoire est simple, belle. Le dessin un peu naïf renforce la globalité poétique.
Quel monde de brute me dis-je à la fin en regardant mon propre nounours dans ma chambre.
Il me semble qu’il y a eu une réédition depuis. J’espère que rien n’a été altéré car ce petit format était magique et renversant.
Voila une série que j'ai découverte, un peu par hasard, au gré de mes lectures de revues aéronautiques.
Aprés avoir lu le premier album, et découvert par le même biais qu'il y avait une suite, j'ai continué à guetter la parution des albums suivants, et, à chaque fois, le passionné d'aviation que je suis, s'est régalé de cette série, au point de vouloir faire partager mon enthousiasme par ceux qui raffolent de ce genre d'histoires.
Les scénarios de Jean Yves Brouard sont finement ciselés, afin d’être à la fois cohérents et plausibles dans leurs menaces et intrigues, mais les réponses et actions apportées par les héros doivent être strictement ce que pourraient faire les vrais pilotes de l’aéronavale, confrontés au même problème. Pas d’effets spéciaux inutiles, pas de raccourcis faciles, pas de « Deus ex Machina », pas de grand méchant genre Olrik ou Borg (avec qui les héros pourraient se confronter), rien que du travail de recherche, de documentation, et pourtant des histoires pleines de coups de théâtre aussi surprenants qu’imprévus.
Des scénarios parfois inquiétants, quand on constate que certains événements réels se sont produits de façon similaire quasiment en même temps, voire après, la parution de ces BDs.
Le dessin de Francis Nicole, toujours excellent dans les décors et appareils, mais hésitant au début, pour les personnages, s’est affermi au fil des albums, et égale maintenant les plus grands. Les personnages ont un dessin maintenant très fluide et naturel.
Les deux personnages principaux, Fleuret et Mittel, se sont vus secondés, au fil des albums par Jean Hernot dit « Rabbit » puis « Phébus », et la belle et attachante Floriane Wibot.
Une série classique dans son style, mais résolument moderne et (très) réaliste dans les sujets abordés.
Cet avis se base sur la version originale en noir et blanc
A la pointe du blasphème suivant certains extrémistes religieux de par certaines planches et interprétations pouvant coïncider avec certains dogmes, cet ouvrage pourrait être celui d’un gnostique.
Vous le comprendrez ici on parle spiritualité ! L’histoire illustrée ici me fait irrésistiblement penser à l’insoumission des gnostiques face à toute forme de dictat humain. La pensée développée est riche et interroge énormément le lecteur sans l’ennuyer, le lecteur est captivé par cette histoire longue d’un esclave anti-héro. Sur fond de Héroïque fantaisie chaque lecteur pourra chercher un second troisième degré permettant à tous de trouver son bonheur.
Le dessin n’est pas toujours tout à fait précis, l’histoire devient prévisible tellement la parodie du nouveau testament est lisible facilement. Ce sont les seuls points qui m’empêchent de lui attribuer la note suprême car cet album est un régal pour la tête les yeux et l’esprit.
A propos de la version en trois tome couleur.
Que dire si ce n’est : opération commerciale marketing ! On passe à 3 tomes et on met en couleur pour toucher un plus large public… Triste … Pourtant il faut avouer que les couleurs pastelles sont magnifiques, c’est au moins çà mais pitié dans la version originale les contrastes rendent cet univers encore plus hostile, méchant et réel… Avec la couleur tout est plus doux, plus lissé, plus conventionnel et on perd du mordant.
Le libellé "culte" correspond bien à cette bande dessinée, car effectivement elle fait partie des trésors de la bande dessinée de par son sujet son époque.
Pourtant il faut bien avouer que le dessin n'est pas beau, la seule grande et bonne trouvaille venant des personnages en forme d'animaux. Catharsis pour l'auteur cet ouvrage ne l'est pas pour le lecteur
Le noir et blanc est bien senti quoique le dessin soit tout de même basique, mais peut être est ce justement voulu pour coller avec le dépouillement de personnages présentés.
Psychologique plus que visuel, symbolique plus qu'intellectuel, cet ouvrage va au delà de la simple bande dessinée. Au niveau BD c'est franchement bien mais le dessin et les digressions relatant les névroses ou le quotidien de l'auteur ne sont pas forcément nécessaires et alourdissent l'ouvrage. Culte cet ouvrage l'est sans aucun doute, maintenant pour une BD c'est simplement franchement bien et c'est déjà pas mal !
Je ne suis clairement pas un fan du scénariste (je trouve son Lone Wolf & Cub totalement indigeste et son Crying Freeman complètement crétin, malgré un très beau dessin d'Ikegami).
Alors j'allais passer outre ce titre, ci ce n'est que j'ai vu la référence de l'éditeur à Tarantino et son Kill Bill (que j'apprécie énormément). J'ai donc acheté pour voir. Et je ne suis pas déçu.
Lady Snowblood se classe largement au dessus des deux oeuvres citées précédemment. Le dessin, bien que vieux de 30 ans, est particulièrement esthétique et sensuel. Il ne fait clairement pas son âge.
Cette histoire de vengeance est également bien menée, même si l'auteur a toujours tendance à tomber avec facilité dans le graveleux bien gratuit. Passé ce défaut, les quelques histoires du premier volume sont plutôt bien construites, et le tout se laisse lire avec un réel plaisir.
Cette histoire est la chronique d'une mort annoncée.
Imaginez une solitude glacée en 1896 au nord du Canada pendant la période de la fièvre de l’or. Immergez-vous dans ces contrées sauvages et inexplorées, prêtez-vous au jeu du trappeur sous -45 degrés et marchez avec le personnage dans cette immensité blanche. Le froid qui s’insinue en vous, tout doucement, au fil de la marche et que seul un petit repas et surtout un feu peuvent combattre. Mais la nature est implacable ! Et l’étincelle d’une vie ne tient plus qu’à la flamme d’une allumette…
Au fil de l’histoire, le destin semble inéluctable, les événements s’enchaînent en dépit des efforts surhumains qu’accomplit l’homme pour rester vivant. Mais l'orgueil de cet homme est démesuré. Le silence et le froid ne l’inquiètent pas. A ne vouloir écouter que son courage et pas sa raison, on se « brûle » les ailes.
Grande maîtrise du dessin qui donne une force supplémentaire à un récit bien costaud ! On ressent les impressions de froid ou de malaise du personnage. S’il est vrai qu’on imagine rapidement l’issue de l’histoire, on reste accroché aux détails, aux sensations, au déroulement et on se prend à espérer une fin plus heureuse.
L'avènement de l'Empire, les débuts de Vador sous les ordres de Palpatine, les conséquences de l'anéantissement de l'ordre Jedi, tous ces ingrédients forment un menu des plus alléchants pour tout amateur de Star Wars. Il y avait cependant de quoi avoir peur : un ratage serait si vite arrivé et d'autant plus terrible s'il gâchait ces éléments si pleins de potentiels. Et c'est bien ce que je craignais en entament cette BD.
Mais non ! Pas de ratage !
Ce fut là une excellente surprise et une très bonne lecture.
Le dessin est très bon. Réaliste, sobrement et très joliment colorisé, il offre des planches soignées et détaillées. Du bon boulot.
Seul bémol, certains vaisseaux... En eux-mêmes, ils sont pour la plupart bien dessinés, voire très bien. Mais pour ne pas avoir à dessiner trop souvent les deux vaisseaux les plus récurrents, l'auteur a préféré les copier-coller de nombreuses fois (ce sont d'ailleurs ces mêmes images qu'on voit aussi collées sur la couverture du tome 1). Tant et si bien que c'est quasiment toujours la même image, avec le même angle de vue, qu'on voit pour ces vaisseaux, ce qui est assez ridicule. Et cela passe encore plus mal quand c'est toute une flotte de vaisseaux strictement identiques qui apparaissent dans certaines planches : ça rend vraiment mal visuellement parlant et ça brise le réalisme des planches, vraiment dommage.
Bon, mais c'est un détail car pour le reste, comme dit plus haut, il n'y a franchement rien à redire sur le graphisme.
Maintenant le récit.
J'ai trouvé trop rares les passages avec Vador, trop rares car ils sont vraiment bons. Vador qui n'est pas encore totalement rongé par le Côté Obscur, qui s'interroge sur son implication aux côtés de Palpatine, qui observe la montée en puissance de l'Empire et les manigances de l'Empereur... et Vador qui doute quand, lui-même ancien esclave et fils d'esclave, il réalise que l'Empire pratique ce contre quoi il a juré de se battre étant enfant. Pour ces quelques apparitions de Vador, j'ai vraiment envie de lire la suite pour voir son évolution et son entrée en action le moment venu.
Mais le récit n'est pas du tout centré sur lui, plutôt sur des anciens jedis qui ont survécu à l'Ordre 66 et s'en sortent comme ils peuvent, continuant la lutte contre cet Empire tout puissant qui se dresse ou cherchant simplement à éviter la mort. Dans ce premier tome, c'est Dass Jennir que nous suivons. Il va se joindre à un équipage de contrebandiers pour libérer la famille de son ami Nosaurien soumise en esclavage par l'Empire.
Le ton du récit est noir et froidement réaliste. L'Empire est dur, crédible et l'heure est à l'obscurité : les gentils ne gagnent pas à la fin et le pire est à craindre. La fin de ce premier tome, notamment, est assez cruelle.
Un récit divertissant, plausible, noir, très bien construit et intelligemment mené : c'est un très bon cru pour les amateurs de Star Wars.
Je viens de lire La Chute, cinquième opus de la série "Quintett", puis j'ai relu toute la série comprenant cinq albums. Je considère que Giroud a réalisé là un excellent scenario dans lequel je n'ai vu aucun "loupé". C'est déjà original de raconter une histoire vue à travers quatre personnages, et c'est machiavélique à souhait sans aucun raté.
Reste le choix de cinq dessinateurs différents. Là aussi je trouve cela bien joué même si on entre là dans le domaine subjectif. En effet, l'un pourra trouver le dessin de Bonin très bon ou très mauvais ; de même pour celui de Alessandrini ou des trois autres dessinateurs. Pour ce qui me concerne, tous s'en sont bien tirés je pense, mais c'est très personnel. Une mention pour Cuzor.
Excellente série donc, avec un scénario en béton armé digne de Charlier. Je conseille néanmoins de lire ou relire toute la série d’une traite.
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Nos âmes sauvages
Note finale : 3,5/5. Après Une par une, un petit album érotique remarquable, et "Née quelque part", que je n'ai pas lu mais qui relate le retour à ses racines, Johanna/Nina nous propose, chez l'excellente maison Futuropolis, un nouvel album quasi-autobiographique à tendance réaliste. Ici c'est son expérience du chamanisme en terre amazonienne qu'elle nous conte, d'une façon assez inclassable, à mi-chemin entre le roman graphique et l'album militant. Pourtant Johanna se défend de ce militantisme, elle ne veut pas se faire la porte-parole de gens dont elle ne partage pas les valeurs ni le quotidien. C'est simplement son interprétation du phénomène chamanique, en accord avec son rapport à la nature qui est présentée. Nina, double de papier de Johanna, est écologiste sur les bords, mais elle cherche avant tout à trouver une harmonie, un remède à ses soucis sentimentaux. C'est donc une préoccupation toute égoïste qui la guide au départ. Mais l'expérience est tellement forte qu'elle décide d'en faire un livre. Mais la forme de cet ouvrage est difficile à décider. Les media permettent d'en savoir beaucoup sur les peuples premiers, et un récit de voyage serait sans doute redondant, voire inutile dans notre société de l'information. Cette hésitation se ressent dans la construction de "Nos Âmes sauvages", qui souffre d'un problème de narration. Johanna fait des allers-retours, des flashes-backs, des intermèdes avec tous les éléments qu'elle souhaite mettre dans son livre. C’est un peu déroutant, mais on ne peut nier l'honnêteté et la spontanéité de l'ensemble, même si graphiquement c'est très abouti. J'aime beaucoup le style de Johanna, ce semi-réalisme très lumineux, rehaussé par de jolies couleurs. J'ai eu du plaisir à lire cet album, d'autant plus que l'auteur a glissé à sa fin quelques notes explicatives sur le processus chamaniques et quelques éléments sur la situation des peuples que l'on appelle "Jivaros". Sans prosélytisme, sans volonté d'embrigadement, elle invite le lecteur qui souhaite en savoir plus quelles peuvent être les directions à suivre, en tous les cas celles qu'elle a suivies. Un album très agréable, intéressant, militant sans être extrême dans son propos, mais qui manque de construction.
Mary la Noire
Difficile de ne pas comparer "Mary la noire" avec la collaboration précédente de ces deux auteurs, L'Autre Monde. Mon avis est sensiblement le même d’ailleurs sauf que les petits défauts que j’avais relevés pour leur première histoire ont presque disparu. Les personnages principaux ont gagné en charisme, et les dessins déjà enchanteurs sont encore meilleurs, tout particulièrement les villes comme Ysrow. Même le découpage de Magnin m’a paru plus recherché. Après on pourra reprocher le manque d’originalité du scénario mais le traitement est tellement beau que l’on ne peut être que transporté par cette aventure romantique de pirates. Disons que c’est moins tiré par les cheveux et ce n’est pas pour me déplaire. A lire et à relire.
Le Pantin
Dans ma petite librairie habituelle un auteur est assis au fond de la pièce, quelques personnes font la queue. Séance de dédicace. Je feuillette l’album qui trace en noir et blanc avec nuances de gris une petite histoire de nounours. Le trait est parfois naïf, peu importe, les premières planches partent bien, je prends un exemplaire et je fais aussi la queue. Quelques mots et un dessin plus tard je lis vraiment la BD. Et là… C’est avec une boule au cœur que je referme le très court petit format. Poignant, touchant, poétique… C’est bouleversant. L’histoire est simple, belle. Le dessin un peu naïf renforce la globalité poétique. Quel monde de brute me dis-je à la fin en regardant mon propre nounours dans ma chambre. Il me semble qu’il y a eu une réédition depuis. J’espère que rien n’a été altéré car ce petit format était magique et renversant.
Missions Kimono
Voila une série que j'ai découverte, un peu par hasard, au gré de mes lectures de revues aéronautiques. Aprés avoir lu le premier album, et découvert par le même biais qu'il y avait une suite, j'ai continué à guetter la parution des albums suivants, et, à chaque fois, le passionné d'aviation que je suis, s'est régalé de cette série, au point de vouloir faire partager mon enthousiasme par ceux qui raffolent de ce genre d'histoires. Les scénarios de Jean Yves Brouard sont finement ciselés, afin d’être à la fois cohérents et plausibles dans leurs menaces et intrigues, mais les réponses et actions apportées par les héros doivent être strictement ce que pourraient faire les vrais pilotes de l’aéronavale, confrontés au même problème. Pas d’effets spéciaux inutiles, pas de raccourcis faciles, pas de « Deus ex Machina », pas de grand méchant genre Olrik ou Borg (avec qui les héros pourraient se confronter), rien que du travail de recherche, de documentation, et pourtant des histoires pleines de coups de théâtre aussi surprenants qu’imprévus. Des scénarios parfois inquiétants, quand on constate que certains événements réels se sont produits de façon similaire quasiment en même temps, voire après, la parution de ces BDs. Le dessin de Francis Nicole, toujours excellent dans les décors et appareils, mais hésitant au début, pour les personnages, s’est affermi au fil des albums, et égale maintenant les plus grands. Les personnages ont un dessin maintenant très fluide et naturel. Les deux personnages principaux, Fleuret et Mittel, se sont vus secondés, au fil des albums par Jean Hernot dit « Rabbit » puis « Phébus », et la belle et attachante Floriane Wibot. Une série classique dans son style, mais résolument moderne et (très) réaliste dans les sujets abordés.
Le Grand Pouvoir du Chninkel
Cet avis se base sur la version originale en noir et blanc A la pointe du blasphème suivant certains extrémistes religieux de par certaines planches et interprétations pouvant coïncider avec certains dogmes, cet ouvrage pourrait être celui d’un gnostique. Vous le comprendrez ici on parle spiritualité ! L’histoire illustrée ici me fait irrésistiblement penser à l’insoumission des gnostiques face à toute forme de dictat humain. La pensée développée est riche et interroge énormément le lecteur sans l’ennuyer, le lecteur est captivé par cette histoire longue d’un esclave anti-héro. Sur fond de Héroïque fantaisie chaque lecteur pourra chercher un second troisième degré permettant à tous de trouver son bonheur. Le dessin n’est pas toujours tout à fait précis, l’histoire devient prévisible tellement la parodie du nouveau testament est lisible facilement. Ce sont les seuls points qui m’empêchent de lui attribuer la note suprême car cet album est un régal pour la tête les yeux et l’esprit. A propos de la version en trois tome couleur. Que dire si ce n’est : opération commerciale marketing ! On passe à 3 tomes et on met en couleur pour toucher un plus large public… Triste … Pourtant il faut avouer que les couleurs pastelles sont magnifiques, c’est au moins çà mais pitié dans la version originale les contrastes rendent cet univers encore plus hostile, méchant et réel… Avec la couleur tout est plus doux, plus lissé, plus conventionnel et on perd du mordant.
Maus
Le libellé "culte" correspond bien à cette bande dessinée, car effectivement elle fait partie des trésors de la bande dessinée de par son sujet son époque. Pourtant il faut bien avouer que le dessin n'est pas beau, la seule grande et bonne trouvaille venant des personnages en forme d'animaux. Catharsis pour l'auteur cet ouvrage ne l'est pas pour le lecteur Le noir et blanc est bien senti quoique le dessin soit tout de même basique, mais peut être est ce justement voulu pour coller avec le dépouillement de personnages présentés. Psychologique plus que visuel, symbolique plus qu'intellectuel, cet ouvrage va au delà de la simple bande dessinée. Au niveau BD c'est franchement bien mais le dessin et les digressions relatant les névroses ou le quotidien de l'auteur ne sont pas forcément nécessaires et alourdissent l'ouvrage. Culte cet ouvrage l'est sans aucun doute, maintenant pour une BD c'est simplement franchement bien et c'est déjà pas mal !
Lady SnowBlood
Je ne suis clairement pas un fan du scénariste (je trouve son Lone Wolf & Cub totalement indigeste et son Crying Freeman complètement crétin, malgré un très beau dessin d'Ikegami). Alors j'allais passer outre ce titre, ci ce n'est que j'ai vu la référence de l'éditeur à Tarantino et son Kill Bill (que j'apprécie énormément). J'ai donc acheté pour voir. Et je ne suis pas déçu. Lady Snowblood se classe largement au dessus des deux oeuvres citées précédemment. Le dessin, bien que vieux de 30 ans, est particulièrement esthétique et sensuel. Il ne fait clairement pas son âge. Cette histoire de vengeance est également bien menée, même si l'auteur a toujours tendance à tomber avec facilité dans le graveleux bien gratuit. Passé ce défaut, les quelques histoires du premier volume sont plutôt bien construites, et le tout se laisse lire avec un réel plaisir.
Construire un feu
Cette histoire est la chronique d'une mort annoncée. Imaginez une solitude glacée en 1896 au nord du Canada pendant la période de la fièvre de l’or. Immergez-vous dans ces contrées sauvages et inexplorées, prêtez-vous au jeu du trappeur sous -45 degrés et marchez avec le personnage dans cette immensité blanche. Le froid qui s’insinue en vous, tout doucement, au fil de la marche et que seul un petit repas et surtout un feu peuvent combattre. Mais la nature est implacable ! Et l’étincelle d’une vie ne tient plus qu’à la flamme d’une allumette… Au fil de l’histoire, le destin semble inéluctable, les événements s’enchaînent en dépit des efforts surhumains qu’accomplit l’homme pour rester vivant. Mais l'orgueil de cet homme est démesuré. Le silence et le froid ne l’inquiètent pas. A ne vouloir écouter que son courage et pas sa raison, on se « brûle » les ailes. Grande maîtrise du dessin qui donne une force supplémentaire à un récit bien costaud ! On ressent les impressions de froid ou de malaise du personnage. S’il est vrai qu’on imagine rapidement l’issue de l’histoire, on reste accroché aux détails, aux sensations, au déroulement et on se prend à espérer une fin plus heureuse.
Star Wars - Dark Times
L'avènement de l'Empire, les débuts de Vador sous les ordres de Palpatine, les conséquences de l'anéantissement de l'ordre Jedi, tous ces ingrédients forment un menu des plus alléchants pour tout amateur de Star Wars. Il y avait cependant de quoi avoir peur : un ratage serait si vite arrivé et d'autant plus terrible s'il gâchait ces éléments si pleins de potentiels. Et c'est bien ce que je craignais en entament cette BD. Mais non ! Pas de ratage ! Ce fut là une excellente surprise et une très bonne lecture. Le dessin est très bon. Réaliste, sobrement et très joliment colorisé, il offre des planches soignées et détaillées. Du bon boulot. Seul bémol, certains vaisseaux... En eux-mêmes, ils sont pour la plupart bien dessinés, voire très bien. Mais pour ne pas avoir à dessiner trop souvent les deux vaisseaux les plus récurrents, l'auteur a préféré les copier-coller de nombreuses fois (ce sont d'ailleurs ces mêmes images qu'on voit aussi collées sur la couverture du tome 1). Tant et si bien que c'est quasiment toujours la même image, avec le même angle de vue, qu'on voit pour ces vaisseaux, ce qui est assez ridicule. Et cela passe encore plus mal quand c'est toute une flotte de vaisseaux strictement identiques qui apparaissent dans certaines planches : ça rend vraiment mal visuellement parlant et ça brise le réalisme des planches, vraiment dommage. Bon, mais c'est un détail car pour le reste, comme dit plus haut, il n'y a franchement rien à redire sur le graphisme. Maintenant le récit. J'ai trouvé trop rares les passages avec Vador, trop rares car ils sont vraiment bons. Vador qui n'est pas encore totalement rongé par le Côté Obscur, qui s'interroge sur son implication aux côtés de Palpatine, qui observe la montée en puissance de l'Empire et les manigances de l'Empereur... et Vador qui doute quand, lui-même ancien esclave et fils d'esclave, il réalise que l'Empire pratique ce contre quoi il a juré de se battre étant enfant. Pour ces quelques apparitions de Vador, j'ai vraiment envie de lire la suite pour voir son évolution et son entrée en action le moment venu. Mais le récit n'est pas du tout centré sur lui, plutôt sur des anciens jedis qui ont survécu à l'Ordre 66 et s'en sortent comme ils peuvent, continuant la lutte contre cet Empire tout puissant qui se dresse ou cherchant simplement à éviter la mort. Dans ce premier tome, c'est Dass Jennir que nous suivons. Il va se joindre à un équipage de contrebandiers pour libérer la famille de son ami Nosaurien soumise en esclavage par l'Empire. Le ton du récit est noir et froidement réaliste. L'Empire est dur, crédible et l'heure est à l'obscurité : les gentils ne gagnent pas à la fin et le pire est à craindre. La fin de ce premier tome, notamment, est assez cruelle. Un récit divertissant, plausible, noir, très bien construit et intelligemment mené : c'est un très bon cru pour les amateurs de Star Wars.
Quintett
Je viens de lire La Chute, cinquième opus de la série "Quintett", puis j'ai relu toute la série comprenant cinq albums. Je considère que Giroud a réalisé là un excellent scenario dans lequel je n'ai vu aucun "loupé". C'est déjà original de raconter une histoire vue à travers quatre personnages, et c'est machiavélique à souhait sans aucun raté. Reste le choix de cinq dessinateurs différents. Là aussi je trouve cela bien joué même si on entre là dans le domaine subjectif. En effet, l'un pourra trouver le dessin de Bonin très bon ou très mauvais ; de même pour celui de Alessandrini ou des trois autres dessinateurs. Pour ce qui me concerne, tous s'en sont bien tirés je pense, mais c'est très personnel. Une mention pour Cuzor. Excellente série donc, avec un scénario en béton armé digne de Charlier. Je conseille néanmoins de lire ou relire toute la série d’une traite.