Je n'ai pas lu L'arbre au soleil du même auteur même si c'est un projet de longue date. Le fait que le résumé de l'éditeur fasse la comparaison avec la présente oeuvre sur le plan historique m'incite encore plus à me pencher vers cet arbre au soleil. Car même si au bout du premier tome j'ai trouvé le contexte historique assez léger, Shumari n'a rien à envier à un manga sur un ronin solitaire qu'est "Lone wolf and cub". On se situe fin 19ème siècle, cet homme est un combattant hors pair, qui se bande le bras gauche (sûrement le bras droit dans la version originale mais comme la politique de Tonkam est de publier les Tezuka avec un sens de lecture "occidental"...) afin de contrôler sa puissance meurtrière. Il est à la recherche de sa femme qui l'a quitté pour un autre homme dont il veut se venger. Sinon il veut vivre simplement en contrôlant sa force, et en cultivant un petit bout de terre. Et à l'instar du Lone Wolf, Shumari va devoir "adopter" un enfant abandonné, cet homme ayant au fond un coeur généreux.
C'est bien orienté sur le comique, un petit côté scato qu'on retrouve parfois chez Tezuka. Bref cela ne se veut pas hyper fidèle historiquement. L'aspect intéressant est qu'il y est question du peuple aïnou ce qui a attisé ma curiosité car j'avais lu récemment un article sur le sujet. Ce peuple vivant sur l'île d'Hokkaido, au nord du Japon, a été rattaché, annexé si on veut sans leur consentement par les japonais. Ils étaient alors contraints à suivre la culture, le mode de vie, la religion et les croyances japonaises. Beaucoup se cachaient de leur origine pour ne pas subir de discrimination et leur ethnie n'était pas reconnu sur le plan national jusqu'en 1997 (!) où une loi fut votée pour la reconnaissance de la culture aïnoue, l'ONU incitant à la reconnaissance par les états des peuples aborigènes. Il avait déjà fallu attendre 1994 pour qu'un aïnou soit élu au parlement japonais. Bref considérés comme des "barbares", ils vivent souvent dans des réserves en marge de la population japonaise.
Ce manga original sur ce peuple japonais m'incite bien sûr à lire la suite pour voir si Tezuka va développer son contexte historique ou seulement rester dans une histoire bon enfant.
Même si cette série est en suspens, même si un seul album est sorti, Meridionn vaut absolument le détour.
Les auteurs ont imaginé un univers passionnant, des personnages charismatiques et mystérieux, une intrigue fantastico-politique intelligente et ambitieuse ainsi qu'un traitement graphique de très belle facture.
Meridionn est à lire et à garder au chaud car un tel potentiel ne peut rester inexploité indéfiniment.
De Gaulle à la plage, c'est une bonne dose d'humour tendre et souvent absurde qui repose avec beaucoup de finesse sur une caricature bien sentie, jamais méchante, un brin moqueuse mais aussi très respectueuse envers ce mythe d'un autre temps. Un équilibre rare... Un must...
De Philippe Bertrand, j'avais détesté les deux tomes de Rester Normal. Faut dire que le scénario de Frédéric Beigbeder sentait tellement l'amateurisme (en matière de bande dessinée) et la prétention (toute parisienne) que j'avais un peu du mal à juger un dessin, qui face à un tel néant scénaristique, n'arrivait à faire passer aucune émotion. Avec "L'amour cash", un écrivain chasse l'autre. Et on y gagne clairement au change! Sans doute parce que Benacquista a une meilleure connaissance des particularités du medium, une plus grande expérience aussi, ce n'est pas la première fois qu'il adapte ses écrits en bd et c'est un très bon "auto-adaptateur".
L'intrigue est simple, mais consistante, c'est une histoire d'amour peu banale, qui met en jeu la dignité humaine et les rapports entre l'image de soi et l'argent facile. L'évolution de cette relation tumultueuse est racontée de manière simple et touchante.
Du coup, on sent Bertrand nettement plus inspiré. L'amour cash est un album délicieux, au graphisme un brin minimaliste mais doté d'une vraie sensualité. Les couleurs, avec leurs tons pastels, n'y sont pas pour rien.
Je suis plus enthousiaste que Ro. Sans doute, parce que Dupuy et Berbérian, je ne suis pas amateur, mais carrément fan. Monsieur Jean est une de mes bd préférées.
D'ailleurs, à mes yeux, "Un peu avant la fortune" n'arrive pas au niveau de n'importe quel album de Monsieur Jean. Mais c'est pourtant un très bon album au scénario amusant et surprenant... Graphiquement, on reste très proche de Monsieur Jean, même si au niveau des couleurs, les auteurs ont essayé autre chose : des teintes plus sombres et un traitement des ombres un peu particulier... Cette dernière option ne m'a pas entièrement convaincu...
C'est une très bonne bd que je conseille à tout le monde, avec beaucoup de rebondissements. Je n'ai lu que les 3 premiers tomes mais franchement c'est une bonne bd !
Les dessins sont très réalistes ainsi que les couleurs, le scénario très original et intéressant !
Il faut que je trouve la suite ;)
Un beau titre, une belle couverture... A priori, La Voix des Fleurs promet le meilleur.
Cependant, je dois avouer qu’à la lecture de la première nouvelle (La pivoine enchantée), j’ai failli éprouver la même déception que celle de Spooky. L’histoire romantique était traitée en deux coups de cuillère à pot, en un dialogue mélangeant guimauve et traitement à la hache (trop rapide). De plus, comme dit précédemment, l’on a un peu tendance à confondre les personnages (surtout masculins), il faut les distinguer au costume, ce qui n’est guère évident dans un titre noir & blanc.
Bref, malgré quelques qualités évidentes (reprise d’un conte chinois, finesse du dessin, originalité du propos), je me sentais frustré de la promesse initiale.
La seconde nouvelle (Le papillon visite le jardin printanier) était beaucoup plus convaincante. Mais, de nouveau, elle semblait souffrir de n’être qu’une nouvelle : trop courte, suscitant donc un traitement trop rapide de l’histoire. Cependant, elle me semblait, dans l’ensemble, beaucoup mieux construite que la première nouvelle.
À la troisième nouvelle (Le cri du tigre), je pourrais faire le même reproche : le format court ne permet pas d’approfondir une histoire que j’aurais souhaité plus étoffée, plus riche, et moins abrupte dans le traitement de sa romance, et de son final.
Enfin, vint la quatrième nouvelle (Le sanctuaire de la princesse serpent), et je dois dire que si les trois premières nouvelles ne sont point si originales, en ce sens qu’elles sont assez prévisibles, la quatrième est à la fois très originale, et fort peu prévisible dans son dénouement. Bien que ce soit l’histoire la plus sombre, c’est finalement celle qui m’a le plus convaincu. Le thème est en tout cas âpre et fort.
Et c’est peut-être parce que cette dernière nouvelle, malgré de nouveau sa brièveté, et son aspect dérangeant, m’avait beaucoup plus frappé que les trois premières qu’une modification de point de vue s’est opérée en moi. C’est une des rares fois que cela m’arrive, si ce n’est la première. Mon absence de conviction s’est transformée en ravissement et contentement. Si les nouvelles ne sont pas forcément convaincantes seules (bien que la quatrième soit frappante), il s’est opéré ce que j’appellerai la « magie du recueil », ou de l’anthologie ou florilège (deux mots qui signifient « recueil de fleurs », notons-le) : ce qui semblait faible isolé est devenu pertinent assemblé. Les quatre nouvelles m’ont semblé former un tableau assez intéressant des légendes chinoises, un recueil convaincant par sa variété et l’équilibre des divers éléments qui le composent.
Au final, j’ai donc le sentiment d’avoir découvert quatre facettes des contes chinois, d’avoir fait un voyage instructif et poétique. Et pour ce qui pourrait manquer individuellement à chaque nouvelle, mes rêves y suppléeront...
Au début la couverture m'a fait penser à une énième version d'album surfant sur la vague des sports extrêmes à la mode. Et puis, j'ai lu le résumé qui m'a donné envie d'en savoir plus. Finalement j'ai été séduit par cette histoire et surtout par son cadre.
L'idée de situer ce récit sur un océan de verdure est vraiment très intéressante voire même poétique. Pendant les premières pages j'ai vraiment cru entendre le vent dans les feuilles et l'on se laisse griser par les acrobaties de nos deux jeunes héros.
Le scénario est sympa, avec à la fois une intrigue faite d'action autour des aventures des deux jeunes adolescents et aussi un mystère plus complexe sur l'existence cachée du peuple du dessous. Ainsi cette bd peut être lue à deux niveaux différents et intéresser petits et grands, ce qui n'est pas si simple que cela.
Cela m'a parfois fait penser aux dessins animés de Miyazaki (Le Château ambulant, Princesse Mononoke, etc.), tant par le décor, la couleur que par le message écologique.
Les vaisseaux sont modelés sur le style steampunk et ont fait l'objet d'une recherche poussée comme le montre le carnet de croquis à la fin de l'album.
Une bonne histoire qui nous donne envie d'en savoir plus, un environnement original et plutôt bien traité, m'ont fait passer un agréable moment et surtout fait rêver à cet océan de feuilles qui peut être vu comme le "personnage principal" de cette bd.
Une BD type médiévale fantastique super sympa, des dessins genre manga à l'européenne très colorés et quoiqu'un peu enfantins assez bien réalisés.
Un scénar' classique, le bien contre le mal, une fois de plus....... mais la petite originalité réside dans le fait que le monde où évoluent les héros est un monde d'enfants.
Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement à cause justement des héros, les adultes (persos principaux compris) se sont tous transformés en enfants suite à leur combat avec leur ennemi juré DARKHELL le sorcier qui voulait régner sur la terre..... depuis ils essaient de réparer leur erreur.
Cette BD s'adresse plutôt à un jeune public mais certaines références, touches humoristiques et jeux de mot s'adressent aux adultes.
En conclusion, je conseille cette BD parce qu'elle est bien faite et originale, elle permet de passer un bon moment et son prix est correct (- de 10 euros en moyenne) ce qui est un luxe en ces temps obscurs...
Magnifique tout simplement. On peut se dire dès le début comment va se terminer l'histoire, mais personnellement je me suis mis la place du personnage. Quelle galère, on avance au fur et à mesure des pages en se demandant ce qui va se passer, on a envie de l'aider.
Le dessin est superbe, très fin et les expressions du personnage nous font ressentir sa douleur et ses tensions, les couleurs sont biens choisies.
Bref, j'ai passé un excellent moment de lecture, même si cela se lit très vite.
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Shumari
Je n'ai pas lu L'arbre au soleil du même auteur même si c'est un projet de longue date. Le fait que le résumé de l'éditeur fasse la comparaison avec la présente oeuvre sur le plan historique m'incite encore plus à me pencher vers cet arbre au soleil. Car même si au bout du premier tome j'ai trouvé le contexte historique assez léger, Shumari n'a rien à envier à un manga sur un ronin solitaire qu'est "Lone wolf and cub". On se situe fin 19ème siècle, cet homme est un combattant hors pair, qui se bande le bras gauche (sûrement le bras droit dans la version originale mais comme la politique de Tonkam est de publier les Tezuka avec un sens de lecture "occidental"...) afin de contrôler sa puissance meurtrière. Il est à la recherche de sa femme qui l'a quitté pour un autre homme dont il veut se venger. Sinon il veut vivre simplement en contrôlant sa force, et en cultivant un petit bout de terre. Et à l'instar du Lone Wolf, Shumari va devoir "adopter" un enfant abandonné, cet homme ayant au fond un coeur généreux. C'est bien orienté sur le comique, un petit côté scato qu'on retrouve parfois chez Tezuka. Bref cela ne se veut pas hyper fidèle historiquement. L'aspect intéressant est qu'il y est question du peuple aïnou ce qui a attisé ma curiosité car j'avais lu récemment un article sur le sujet. Ce peuple vivant sur l'île d'Hokkaido, au nord du Japon, a été rattaché, annexé si on veut sans leur consentement par les japonais. Ils étaient alors contraints à suivre la culture, le mode de vie, la religion et les croyances japonaises. Beaucoup se cachaient de leur origine pour ne pas subir de discrimination et leur ethnie n'était pas reconnu sur le plan national jusqu'en 1997 (!) où une loi fut votée pour la reconnaissance de la culture aïnoue, l'ONU incitant à la reconnaissance par les états des peuples aborigènes. Il avait déjà fallu attendre 1994 pour qu'un aïnou soit élu au parlement japonais. Bref considérés comme des "barbares", ils vivent souvent dans des réserves en marge de la population japonaise. Ce manga original sur ce peuple japonais m'incite bien sûr à lire la suite pour voir si Tezuka va développer son contexte historique ou seulement rester dans une histoire bon enfant.
Méridionn
Même si cette série est en suspens, même si un seul album est sorti, Meridionn vaut absolument le détour. Les auteurs ont imaginé un univers passionnant, des personnages charismatiques et mystérieux, une intrigue fantastico-politique intelligente et ambitieuse ainsi qu'un traitement graphique de très belle facture. Meridionn est à lire et à garder au chaud car un tel potentiel ne peut rester inexploité indéfiniment.
De Gaulle à la plage
De Gaulle à la plage, c'est une bonne dose d'humour tendre et souvent absurde qui repose avec beaucoup de finesse sur une caricature bien sentie, jamais méchante, un brin moqueuse mais aussi très respectueuse envers ce mythe d'un autre temps. Un équilibre rare... Un must...
L'Amour Cash
De Philippe Bertrand, j'avais détesté les deux tomes de Rester Normal. Faut dire que le scénario de Frédéric Beigbeder sentait tellement l'amateurisme (en matière de bande dessinée) et la prétention (toute parisienne) que j'avais un peu du mal à juger un dessin, qui face à un tel néant scénaristique, n'arrivait à faire passer aucune émotion. Avec "L'amour cash", un écrivain chasse l'autre. Et on y gagne clairement au change! Sans doute parce que Benacquista a une meilleure connaissance des particularités du medium, une plus grande expérience aussi, ce n'est pas la première fois qu'il adapte ses écrits en bd et c'est un très bon "auto-adaptateur". L'intrigue est simple, mais consistante, c'est une histoire d'amour peu banale, qui met en jeu la dignité humaine et les rapports entre l'image de soi et l'argent facile. L'évolution de cette relation tumultueuse est racontée de manière simple et touchante. Du coup, on sent Bertrand nettement plus inspiré. L'amour cash est un album délicieux, au graphisme un brin minimaliste mais doté d'une vraie sensualité. Les couleurs, avec leurs tons pastels, n'y sont pas pour rien.
Un peu avant la fortune
Je suis plus enthousiaste que Ro. Sans doute, parce que Dupuy et Berbérian, je ne suis pas amateur, mais carrément fan. Monsieur Jean est une de mes bd préférées. D'ailleurs, à mes yeux, "Un peu avant la fortune" n'arrive pas au niveau de n'importe quel album de Monsieur Jean. Mais c'est pourtant un très bon album au scénario amusant et surprenant... Graphiquement, on reste très proche de Monsieur Jean, même si au niveau des couleurs, les auteurs ont essayé autre chose : des teintes plus sombres et un traitement des ombres un peu particulier... Cette dernière option ne m'a pas entièrement convaincu...
7 secondes
C'est une très bonne bd que je conseille à tout le monde, avec beaucoup de rebondissements. Je n'ai lu que les 3 premiers tomes mais franchement c'est une bonne bd ! Les dessins sont très réalistes ainsi que les couleurs, le scénario très original et intéressant ! Il faut que je trouve la suite ;)
La Voix des fleurs
Un beau titre, une belle couverture... A priori, La Voix des Fleurs promet le meilleur. Cependant, je dois avouer qu’à la lecture de la première nouvelle (La pivoine enchantée), j’ai failli éprouver la même déception que celle de Spooky. L’histoire romantique était traitée en deux coups de cuillère à pot, en un dialogue mélangeant guimauve et traitement à la hache (trop rapide). De plus, comme dit précédemment, l’on a un peu tendance à confondre les personnages (surtout masculins), il faut les distinguer au costume, ce qui n’est guère évident dans un titre noir & blanc. Bref, malgré quelques qualités évidentes (reprise d’un conte chinois, finesse du dessin, originalité du propos), je me sentais frustré de la promesse initiale. La seconde nouvelle (Le papillon visite le jardin printanier) était beaucoup plus convaincante. Mais, de nouveau, elle semblait souffrir de n’être qu’une nouvelle : trop courte, suscitant donc un traitement trop rapide de l’histoire. Cependant, elle me semblait, dans l’ensemble, beaucoup mieux construite que la première nouvelle. À la troisième nouvelle (Le cri du tigre), je pourrais faire le même reproche : le format court ne permet pas d’approfondir une histoire que j’aurais souhaité plus étoffée, plus riche, et moins abrupte dans le traitement de sa romance, et de son final. Enfin, vint la quatrième nouvelle (Le sanctuaire de la princesse serpent), et je dois dire que si les trois premières nouvelles ne sont point si originales, en ce sens qu’elles sont assez prévisibles, la quatrième est à la fois très originale, et fort peu prévisible dans son dénouement. Bien que ce soit l’histoire la plus sombre, c’est finalement celle qui m’a le plus convaincu. Le thème est en tout cas âpre et fort. Et c’est peut-être parce que cette dernière nouvelle, malgré de nouveau sa brièveté, et son aspect dérangeant, m’avait beaucoup plus frappé que les trois premières qu’une modification de point de vue s’est opérée en moi. C’est une des rares fois que cela m’arrive, si ce n’est la première. Mon absence de conviction s’est transformée en ravissement et contentement. Si les nouvelles ne sont pas forcément convaincantes seules (bien que la quatrième soit frappante), il s’est opéré ce que j’appellerai la « magie du recueil », ou de l’anthologie ou florilège (deux mots qui signifient « recueil de fleurs », notons-le) : ce qui semblait faible isolé est devenu pertinent assemblé. Les quatre nouvelles m’ont semblé former un tableau assez intéressant des légendes chinoises, un recueil convaincant par sa variété et l’équilibre des divers éléments qui le composent. Au final, j’ai donc le sentiment d’avoir découvert quatre facettes des contes chinois, d’avoir fait un voyage instructif et poétique. Et pour ce qui pourrait manquer individuellement à chaque nouvelle, mes rêves y suppléeront...
Okhéania
Au début la couverture m'a fait penser à une énième version d'album surfant sur la vague des sports extrêmes à la mode. Et puis, j'ai lu le résumé qui m'a donné envie d'en savoir plus. Finalement j'ai été séduit par cette histoire et surtout par son cadre. L'idée de situer ce récit sur un océan de verdure est vraiment très intéressante voire même poétique. Pendant les premières pages j'ai vraiment cru entendre le vent dans les feuilles et l'on se laisse griser par les acrobaties de nos deux jeunes héros. Le scénario est sympa, avec à la fois une intrigue faite d'action autour des aventures des deux jeunes adolescents et aussi un mystère plus complexe sur l'existence cachée du peuple du dessous. Ainsi cette bd peut être lue à deux niveaux différents et intéresser petits et grands, ce qui n'est pas si simple que cela. Cela m'a parfois fait penser aux dessins animés de Miyazaki (Le Château ambulant, Princesse Mononoke, etc.), tant par le décor, la couleur que par le message écologique. Les vaisseaux sont modelés sur le style steampunk et ont fait l'objet d'une recherche poussée comme le montre le carnet de croquis à la fin de l'album. Une bonne histoire qui nous donne envie d'en savoir plus, un environnement original et plutôt bien traité, m'ont fait passer un agréable moment et surtout fait rêver à cet océan de feuilles qui peut être vu comme le "personnage principal" de cette bd.
Les Légendaires
Une BD type médiévale fantastique super sympa, des dessins genre manga à l'européenne très colorés et quoiqu'un peu enfantins assez bien réalisés. Un scénar' classique, le bien contre le mal, une fois de plus....... mais la petite originalité réside dans le fait que le monde où évoluent les héros est un monde d'enfants. Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement à cause justement des héros, les adultes (persos principaux compris) se sont tous transformés en enfants suite à leur combat avec leur ennemi juré DARKHELL le sorcier qui voulait régner sur la terre..... depuis ils essaient de réparer leur erreur. Cette BD s'adresse plutôt à un jeune public mais certaines références, touches humoristiques et jeux de mot s'adressent aux adultes. En conclusion, je conseille cette BD parce qu'elle est bien faite et originale, elle permet de passer un bon moment et son prix est correct (- de 10 euros en moyenne) ce qui est un luxe en ces temps obscurs...
Construire un feu
Magnifique tout simplement. On peut se dire dès le début comment va se terminer l'histoire, mais personnellement je me suis mis la place du personnage. Quelle galère, on avance au fur et à mesure des pages en se demandant ce qui va se passer, on a envie de l'aider. Le dessin est superbe, très fin et les expressions du personnage nous font ressentir sa douleur et ses tensions, les couleurs sont biens choisies. Bref, j'ai passé un excellent moment de lecture, même si cela se lit très vite.