Véritable introduction de Blame, ce one-shot éclaire un peu (et ce n’est pas du luxe) la trame de la série mère.
Bien que plus humain et un brin plus bavard que Blame, Noise est dans la continuité aussi bien dans le graphisme que dans l’ambiance.
Cet épisode est donc une réussite totale !
Eh bien, je ne suis pas sorti complètement indemne de cette BD et pour avoir déjà vécu de telles situations, j’ai trouvé le récit poignant, vrai, au ton très juste et une fin évidement attendue mais très émouvante.
Sans sombrer dans la sinistrose mais au contraire avec beaucoup de simplicité et de talent, Sylvain Ricard nous rappelle que tôt ou tard nous jouons les deux rôles.
Le dessin d’Isaac Wens renforce l’authenticité et la gravité du récit.
Ce one-shot de Toriyama gagne vraiment à être connu.
L'univers de Cowa, à la fois enfantin et décalé, est propre à ce que fait habituellement l'auteur. La BD ne dépaysera pas les amateurs.
Moi, en tout cas, je me suis poilé du début à la fin.
Certes, le scénario est un peu simpliste, les gags sont parfois au ras des paquerettes et les personnages sont vraiment trop gentils... mais ce n'est pas grave car l'humour si particulier de Toriyama fait mouche.
Et c'est bien ça qui compte!
Attention pépite SF en perspective.
J’ai pris un pied énorme à lire ce premier tome. Certes il reste encore de nombreuses zones d’ombre après cette première partie, mais l’univers de Monplaisir est plus que prometteur. Zach, le personnage principal est assez touchant, semblant tellement perdu et éloigné de la frénésie de cette ville tentaculaire, que l’on découvre à travers sa vision un peu naïve. Le background est donc vraiment excellent, Monplaisir s’avérant être une entité à part entière, ou derrière le vernis festif et décadent, semble se cacher un système beaucoup plus effrayant.
Les pièces de l’échiquier ont été mises en place, et j’ai hâte d’obtenir les premières réponses, qui est ce personnage à priori imaginaire qui hante l’esprit de Zach, quel est le lien avec cet enfant ressemblant étrangement à cette chimère et enfin, dans cette ville où tout le monde est déguisé, quel est le vrai visage de cette cité envoutante.
Le scénario s’annonce donc prometteur, mais que dire du dessin tout simplement magnifique, et je pèse mes mots. Je ne connaissais pas Roberto Ricci, mais Mamma Mia ma rétine en reste bouche bée ! Quel style graphique, complètement immersif, avec des couleurs au diapason. Une bonne grosse claque visuelle. Pour chipoter un peu, on pourrait dire que les séquences représentant les écrans de télé géants (omniprésents dans Monplaisir) sont un cran en dessous en terme de rendu, mais bon ça reste un détail mineur. Et puis, quel plaisir d’essayer d’identifier tous les costumes qui jalonnent ces superbes planches ainsi que la couverture, qui m’a immédiatement happée vers elle.
Urban est pour ma part, une des plus belles surprises de l’année.
Cette série est un mélange délicatement dosé de poésie, d'humour, de rêverie, de musique manouche et d'humanité ...
Voilà une bande dessinée que l'on ne referme pas sans avoir un petit pincement au coeur !
Gros coup de cœur.
Merci aux auteurs pour cet excellent moment de lecture.
J’ai lu les 3 tomes à la suite et je dois admettre que j’ai pris une bonne claque.
Graphique d’abord. Les dessins sont d’excellente qualité, à la fois modernes, colorés et dynamiques.
L’intrigue est passionnante avec le parcours croisé d’amis qui ont tous une double vie.
Bien sûr la série n’est pas exempte de défauts (fin quelque peu décevante, personnages un peu racoleurs, baisse de rythme dans le troisième volume) mais je la conseille chaleureusement aux passionnés comme aux occasionnels lecteurs de BD.
Coup de cœur.
1872, en Czisletovie, Frantz, poète démuni, vivote de ses vers et de l’aumône qu’on veut bien lui faire. Il se prête volontiers aux joutes verbales, notamment avec Friedrich afin, l’un et l’autre, de gagner le cœur d’une jolie serveuse, Héloïse, dont ils sont amoureux. Mais un nouvel empereur vient d’être désigné. Il est jeune, trop jeune, et prend son armée pour des soldats de plomb avec lesquels il s’amuse. Et il déclare la guerre à la Dalmaszie, un des pays les plus pacifiques de cette Prusse imaginaire. Friedrich est mobilisé. Frantz, lui, préfère déserter mais il est contacté par un mystérieux « empoudré » de la KulturKommandatur qui lui propose, sous forme de chantage déguisé, une mission de messager.
J’ai été complètement séduite par cette fantaisie baroque, au dessin somptueux et au scénario très original qui mêle amour, complot, poésie, art et guerre (et non « l’art de la guerre », bien que…). Le mystère règne et le fantastique planant au travers de quelques personnages étranges vous happe sans possibilité de faire marche arrière. C’est beau, c’est parfois drôle, inquiétant et si l’on ne sait encore comment ce dyptique va se terminer, on sent une touche d’humanité qui se profile malgré l’avenir guerrier qui est réservé aux deux royaumes.
Incontournable qui, à mon avis, plaira aussi aux ados.
L'univers de Batman, personnage créé par Bob Kane, est un univers très riche possédant un nombre incalculable de méchants très méchants et un héros très charismatique. Le comics s'est vu aussi popularisé par 6 films, dont les deux derniers restent des chef d'oeuvre, donnant un aspect très sombre et très mature à Gotham City et à ses habitants. Au niveau des méchants, il y a de quoi faire, entre gueule d'argile, le pingouin, double-face, Hugo Strange, Edward Nigma, Killer Croc, j'en passe et des meilleurs, il y en a un qui sort complètement du lot, grâce à une psychologie incompréhensible et une sens de la mise en scène incroyable. Il s'agit bien évidemment du Joker. Dans le comics qui me retient aujourd'hui, nous avons une histoire complète sur ce méchant, avec une apparition furtive du héros, mais l'histoire est exclusivement basée sur le Joker. D'ailleurs, le titre est assez évocateur puisqu'il n'y a aucune mention de Batman. Alors ce livre est-il aussi loufoque et dangereux que le Joker?
Le scénario est assez simple à suivre, mais, fait assez rare, la narration est faite par un personnage secondaire qui souhaite grandir avec le Joker. En gros, le Joker est sorti d'Arkham après un bon bilan psychologique. Malheureusement, durant son absence, les petites frappes en ont profité pour se partager la ville. Mais le Joker ne veut pas se contenter d'un bout du gâteau, il veut la ville en entier. De ce fait, il va aller de part et d'autre de la ville pour faire du chantage, menacer, voire même tuer pour regagner la ville. Le scénario est simple, on suit l'histoire facilement et le tout est assez fluide.
Malgré tout, c'est au niveau de la narration que j'ai eu un peu plus de mal. En effet, les pensées de Jonny Frost, le narrateur de l'histoire sont parfois assez floues et un peu trop grandiloquentes pour les propos utilisés. Il ne faut pas péter plus haut que son cul. Il y a aussi des passages qui se veulent intelligents et qui, finalement, tombent un peu à plat, comme lorsque le Joker parle de couverture ou de défis impossibles à réaliser. Si on ressent une profonde mélancolie dans le récit et dans les termes employés, il y a parfois des moments où l'on doit revenir en arrière pour voir si l'on n'a rien loupé. Et j'ai horreur de revenir en arrière pour comprendre la suite d'un dialogue.
Par contre, au niveau du dessin, c'est vraiment du tout bon. Gotham city ressemble à un dépotoir à ciel ouvert, en plus d'être une ville gangrénée par le crime et par les malfrats. Le rendu est très sombre et franchement désolant. Mais ce n'est pas tout, les personnages sont relativement bien faits et le Joker bénéficie d'un traitement aux petits oignons. Il est sublime tout en étant laid, digne héritier de la prestation de Heath Ledger dans The Dark Knight. J'ai été un peu déçu par le dessin de Croc, qui est ici un gros black à la peau écailleuse, alors que je le préfère en version animale. On retrouve aussi Double-face, Enigma et le Pingouin qui sont très reconnaissables et qui ont pris une bonne cure de jouvence pour le meilleur. Batman apparait comme plus sombre et méchant que le Joker mais il reste tout de même bien foutu. Les traits sont nerveux, les couleurs splendides (comme le plan de Jonny Frost sur le toit de l'immeuble) et on voit qu'il y a eu un très gros boulot sur ce one shot très intéressant.
Au final, Joker est un excellent tome qui axe son histoire sur le méchant le plus charismatique de Batman et non sur son héros. Un tome qui montre la folie du Joker mais aussi son génie et son humour décalé. Un one shot qui montre aussi des dessins sublimes et une ambiance noire et malsaine qui sied à merveille à l'univers des bad guys de Batman. Un tome que je recommande chaudement malgré les quelques traces verbeuses que l'on aurait pu éviter.
J'ai mis du temps avant de rentrer dans la série (deux volumes épais), mais à partir du début du tome 3, j'ai vraiment apprécié ma lecture.
Blain a l'habitude de signer des productions décalées (celle-ci était au début, pour moi carrément un OVNI) alors, en fan de cet auteur, je ne pouvais passer à côté d'une de ses séries principales, dans le style western.
Commençons par le plus facile à décrire : LE DESSIN. C'est un style résolument moderne et plutôt rigolo (avec des expressions de personnages bien trouvées -surtout pour les femmes-) et aux couleurs souvent originales mais toujours jolies. Personnellement, je trouve vraiment que c'est magnifique.
Pour le scénario, on retrouve les histoires courtes (très inégales en nombres de pages) qui caractérisent certaines BDs de Christophe Blain (comme dans Quai d'Orsay).
En fait, à la lecture du premier tome, les histoires de ces trois gangsters loosers m'ont un peu ennuyé, à cause du manque d'humour, d'un manque sur certaines scènes, de rythme et quelques problèmes de narration. Cependant, très vite C. Blain fouille la psychologie et le passé des personnages (à part pour Gratt) et très vite, j'ai eu envie de lire la suite de leurs aventures... J'espère que c'est pour bientôt d'ailleurs.
En plus de publier ses reportages en album BD, Joe Sacco travaille aussi beaucoup avec des journaux et magasines, américains mais aussi français (la derniere histoire de « Reportages » est parue dans la revue XXI). La plupart de ces travaux étaient jusqu'alors inédits en France, le fan de Sacco que je suis se réjouit donc de la publication de ce recueil chez Futuropolis !
Les reportages sont de qualité variable, et si certains font un peu déjà-vu (on a lu Palestine et Gaza 1956, en marge de l'histoire, on le sait qu'Israël démolit des maisons dans la bande de Gaza !), d’autres m’ont absolument captivé. Quel plaisir de retrouver la verve de Sacco nous conter les injustices commises en Tchétchénie, le quotidien des soldats américains en Irak, la pauvreté extrême et la corruption dans les campagnes indiennes, et le drame humain des immigrés africains aboutissant à Malte.
Cette dernière histoire est sans doute ma préférée, car le manichéisme y est complètement absent. Entre la population méfiante, voire raciste, les politiciens désireux d’aider mais résignés, et des immigrés pas mieux que le reste (ils se détestent entre eux si ils viennent de pays différents !), la situation est complexe et bigrement intéressante.
Un album indispensable pour les fans de l’auteur, mais qui ne convertira sans doute pas ceux qui trouvent son propos un peu trop engagé, ou sa narration un peu lourde. Moi, j’ai adoré !
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Noise
Véritable introduction de Blame, ce one-shot éclaire un peu (et ce n’est pas du luxe) la trame de la série mère. Bien que plus humain et un brin plus bavard que Blame, Noise est dans la continuité aussi bien dans le graphisme que dans l’ambiance. Cet épisode est donc une réussite totale !
La Mort dans l'âme
Eh bien, je ne suis pas sorti complètement indemne de cette BD et pour avoir déjà vécu de telles situations, j’ai trouvé le récit poignant, vrai, au ton très juste et une fin évidement attendue mais très émouvante. Sans sombrer dans la sinistrose mais au contraire avec beaucoup de simplicité et de talent, Sylvain Ricard nous rappelle que tôt ou tard nous jouons les deux rôles. Le dessin d’Isaac Wens renforce l’authenticité et la gravité du récit.
Cowa !
Ce one-shot de Toriyama gagne vraiment à être connu. L'univers de Cowa, à la fois enfantin et décalé, est propre à ce que fait habituellement l'auteur. La BD ne dépaysera pas les amateurs. Moi, en tout cas, je me suis poilé du début à la fin. Certes, le scénario est un peu simpliste, les gags sont parfois au ras des paquerettes et les personnages sont vraiment trop gentils... mais ce n'est pas grave car l'humour si particulier de Toriyama fait mouche. Et c'est bien ça qui compte!
Urban
Attention pépite SF en perspective. J’ai pris un pied énorme à lire ce premier tome. Certes il reste encore de nombreuses zones d’ombre après cette première partie, mais l’univers de Monplaisir est plus que prometteur. Zach, le personnage principal est assez touchant, semblant tellement perdu et éloigné de la frénésie de cette ville tentaculaire, que l’on découvre à travers sa vision un peu naïve. Le background est donc vraiment excellent, Monplaisir s’avérant être une entité à part entière, ou derrière le vernis festif et décadent, semble se cacher un système beaucoup plus effrayant. Les pièces de l’échiquier ont été mises en place, et j’ai hâte d’obtenir les premières réponses, qui est ce personnage à priori imaginaire qui hante l’esprit de Zach, quel est le lien avec cet enfant ressemblant étrangement à cette chimère et enfin, dans cette ville où tout le monde est déguisé, quel est le vrai visage de cette cité envoutante. Le scénario s’annonce donc prometteur, mais que dire du dessin tout simplement magnifique, et je pèse mes mots. Je ne connaissais pas Roberto Ricci, mais Mamma Mia ma rétine en reste bouche bée ! Quel style graphique, complètement immersif, avec des couleurs au diapason. Une bonne grosse claque visuelle. Pour chipoter un peu, on pourrait dire que les séquences représentant les écrans de télé géants (omniprésents dans Monplaisir) sont un cran en dessous en terme de rendu, mais bon ça reste un détail mineur. Et puis, quel plaisir d’essayer d’identifier tous les costumes qui jalonnent ces superbes planches ainsi que la couverture, qui m’a immédiatement happée vers elle. Urban est pour ma part, une des plus belles surprises de l’année.
Abélard
Cette série est un mélange délicatement dosé de poésie, d'humour, de rêverie, de musique manouche et d'humanité ... Voilà une bande dessinée que l'on ne referme pas sans avoir un petit pincement au coeur ! Gros coup de cœur. Merci aux auteurs pour cet excellent moment de lecture.
Ken Games
J’ai lu les 3 tomes à la suite et je dois admettre que j’ai pris une bonne claque. Graphique d’abord. Les dessins sont d’excellente qualité, à la fois modernes, colorés et dynamiques. L’intrigue est passionnante avec le parcours croisé d’amis qui ont tous une double vie. Bien sûr la série n’est pas exempte de défauts (fin quelque peu décevante, personnages un peu racoleurs, baisse de rythme dans le troisième volume) mais je la conseille chaleureusement aux passionnés comme aux occasionnels lecteurs de BD.
Les Petits Soldats
Coup de cœur. 1872, en Czisletovie, Frantz, poète démuni, vivote de ses vers et de l’aumône qu’on veut bien lui faire. Il se prête volontiers aux joutes verbales, notamment avec Friedrich afin, l’un et l’autre, de gagner le cœur d’une jolie serveuse, Héloïse, dont ils sont amoureux. Mais un nouvel empereur vient d’être désigné. Il est jeune, trop jeune, et prend son armée pour des soldats de plomb avec lesquels il s’amuse. Et il déclare la guerre à la Dalmaszie, un des pays les plus pacifiques de cette Prusse imaginaire. Friedrich est mobilisé. Frantz, lui, préfère déserter mais il est contacté par un mystérieux « empoudré » de la KulturKommandatur qui lui propose, sous forme de chantage déguisé, une mission de messager. J’ai été complètement séduite par cette fantaisie baroque, au dessin somptueux et au scénario très original qui mêle amour, complot, poésie, art et guerre (et non « l’art de la guerre », bien que…). Le mystère règne et le fantastique planant au travers de quelques personnages étranges vous happe sans possibilité de faire marche arrière. C’est beau, c’est parfois drôle, inquiétant et si l’on ne sait encore comment ce dyptique va se terminer, on sent une touche d’humanité qui se profile malgré l’avenir guerrier qui est réservé aux deux royaumes. Incontournable qui, à mon avis, plaira aussi aux ados.
Joker
L'univers de Batman, personnage créé par Bob Kane, est un univers très riche possédant un nombre incalculable de méchants très méchants et un héros très charismatique. Le comics s'est vu aussi popularisé par 6 films, dont les deux derniers restent des chef d'oeuvre, donnant un aspect très sombre et très mature à Gotham City et à ses habitants. Au niveau des méchants, il y a de quoi faire, entre gueule d'argile, le pingouin, double-face, Hugo Strange, Edward Nigma, Killer Croc, j'en passe et des meilleurs, il y en a un qui sort complètement du lot, grâce à une psychologie incompréhensible et une sens de la mise en scène incroyable. Il s'agit bien évidemment du Joker. Dans le comics qui me retient aujourd'hui, nous avons une histoire complète sur ce méchant, avec une apparition furtive du héros, mais l'histoire est exclusivement basée sur le Joker. D'ailleurs, le titre est assez évocateur puisqu'il n'y a aucune mention de Batman. Alors ce livre est-il aussi loufoque et dangereux que le Joker? Le scénario est assez simple à suivre, mais, fait assez rare, la narration est faite par un personnage secondaire qui souhaite grandir avec le Joker. En gros, le Joker est sorti d'Arkham après un bon bilan psychologique. Malheureusement, durant son absence, les petites frappes en ont profité pour se partager la ville. Mais le Joker ne veut pas se contenter d'un bout du gâteau, il veut la ville en entier. De ce fait, il va aller de part et d'autre de la ville pour faire du chantage, menacer, voire même tuer pour regagner la ville. Le scénario est simple, on suit l'histoire facilement et le tout est assez fluide. Malgré tout, c'est au niveau de la narration que j'ai eu un peu plus de mal. En effet, les pensées de Jonny Frost, le narrateur de l'histoire sont parfois assez floues et un peu trop grandiloquentes pour les propos utilisés. Il ne faut pas péter plus haut que son cul. Il y a aussi des passages qui se veulent intelligents et qui, finalement, tombent un peu à plat, comme lorsque le Joker parle de couverture ou de défis impossibles à réaliser. Si on ressent une profonde mélancolie dans le récit et dans les termes employés, il y a parfois des moments où l'on doit revenir en arrière pour voir si l'on n'a rien loupé. Et j'ai horreur de revenir en arrière pour comprendre la suite d'un dialogue. Par contre, au niveau du dessin, c'est vraiment du tout bon. Gotham city ressemble à un dépotoir à ciel ouvert, en plus d'être une ville gangrénée par le crime et par les malfrats. Le rendu est très sombre et franchement désolant. Mais ce n'est pas tout, les personnages sont relativement bien faits et le Joker bénéficie d'un traitement aux petits oignons. Il est sublime tout en étant laid, digne héritier de la prestation de Heath Ledger dans The Dark Knight. J'ai été un peu déçu par le dessin de Croc, qui est ici un gros black à la peau écailleuse, alors que je le préfère en version animale. On retrouve aussi Double-face, Enigma et le Pingouin qui sont très reconnaissables et qui ont pris une bonne cure de jouvence pour le meilleur. Batman apparait comme plus sombre et méchant que le Joker mais il reste tout de même bien foutu. Les traits sont nerveux, les couleurs splendides (comme le plan de Jonny Frost sur le toit de l'immeuble) et on voit qu'il y a eu un très gros boulot sur ce one shot très intéressant. Au final, Joker est un excellent tome qui axe son histoire sur le méchant le plus charismatique de Batman et non sur son héros. Un tome qui montre la folie du Joker mais aussi son génie et son humour décalé. Un one shot qui montre aussi des dessins sublimes et une ambiance noire et malsaine qui sied à merveille à l'univers des bad guys de Batman. Un tome que je recommande chaudement malgré les quelques traces verbeuses que l'on aurait pu éviter.
Gus
J'ai mis du temps avant de rentrer dans la série (deux volumes épais), mais à partir du début du tome 3, j'ai vraiment apprécié ma lecture. Blain a l'habitude de signer des productions décalées (celle-ci était au début, pour moi carrément un OVNI) alors, en fan de cet auteur, je ne pouvais passer à côté d'une de ses séries principales, dans le style western. Commençons par le plus facile à décrire : LE DESSIN. C'est un style résolument moderne et plutôt rigolo (avec des expressions de personnages bien trouvées -surtout pour les femmes-) et aux couleurs souvent originales mais toujours jolies. Personnellement, je trouve vraiment que c'est magnifique. Pour le scénario, on retrouve les histoires courtes (très inégales en nombres de pages) qui caractérisent certaines BDs de Christophe Blain (comme dans Quai d'Orsay). En fait, à la lecture du premier tome, les histoires de ces trois gangsters loosers m'ont un peu ennuyé, à cause du manque d'humour, d'un manque sur certaines scènes, de rythme et quelques problèmes de narration. Cependant, très vite C. Blain fouille la psychologie et le passé des personnages (à part pour Gratt) et très vite, j'ai eu envie de lire la suite de leurs aventures... J'espère que c'est pour bientôt d'ailleurs.
Reportages
En plus de publier ses reportages en album BD, Joe Sacco travaille aussi beaucoup avec des journaux et magasines, américains mais aussi français (la derniere histoire de « Reportages » est parue dans la revue XXI). La plupart de ces travaux étaient jusqu'alors inédits en France, le fan de Sacco que je suis se réjouit donc de la publication de ce recueil chez Futuropolis ! Les reportages sont de qualité variable, et si certains font un peu déjà-vu (on a lu Palestine et Gaza 1956, en marge de l'histoire, on le sait qu'Israël démolit des maisons dans la bande de Gaza !), d’autres m’ont absolument captivé. Quel plaisir de retrouver la verve de Sacco nous conter les injustices commises en Tchétchénie, le quotidien des soldats américains en Irak, la pauvreté extrême et la corruption dans les campagnes indiennes, et le drame humain des immigrés africains aboutissant à Malte. Cette dernière histoire est sans doute ma préférée, car le manichéisme y est complètement absent. Entre la population méfiante, voire raciste, les politiciens désireux d’aider mais résignés, et des immigrés pas mieux que le reste (ils se détestent entre eux si ils viennent de pays différents !), la situation est complexe et bigrement intéressante. Un album indispensable pour les fans de l’auteur, mais qui ne convertira sans doute pas ceux qui trouvent son propos un peu trop engagé, ou sa narration un peu lourde. Moi, j’ai adoré !