Les derniers avis (32104 avis)

Couverture de la série Pilules bleues
Pilules bleues

Un album que j’ai dévoré malgré un aspect graphique de prime abord peu engageant. J’ai particulièrement apprécié le naturel avec lequel des questions très délicates sont abordées. Le récit se révèle alors aussi touchant qu’instructif. Il m’a en tous les cas ouvert les yeux sur certains aspects de la maladie que j’ignorais totalement malgré toutes les campagnes de prévention auxquelles j’ai eu droit. Graphiquement, comme je l’ai dit, ce n’est pas ma tasse de thé. Je regrette de ne pas avoir toujours su interpréter ce que certains dessins étaient censés représenter. Cela m’est certes arrivé rarement, mais c’est quand même arrivé… et c’est très frustrant ! Pour le reste, ce style très spontané, comme pris sur le fait, convient bien à ce genre de récit. Le propos y est mis en avant tandis que l’aspect esthétique reste en retrait. Au final, pour sa dimension éducative ainsi que pour le côté touchant de cette histoire « qui sent le vécu », je ne peux mettre que « franchement bien ! » Et j’espère vous avoir convaincu de le lire même si, comme moi, le trait de Frederik Peeters vous rebute quelque peu.

02/01/2012 (modifier)
Couverture de la série Etranger sans rendez-vous
Etranger sans rendez-vous

Étranger sans rendez-vous, aborde la situation des immigrés en France. Il se distingue par une atmosphère inquiétante et des plans minimalistes. Dans ce cas précis, l'esthétique compte moins que la force du témoignage. La technique utilisée dans ce travail reste principalement l'encre de chine, avec des dessins suggérés par un crayonné fin. Une autre façon d'aborder la BD tout en faisant abstraction de toutes les contraintes. Le tome 2 est actuellement en préparation dans un style différent. Contexte historique: « Novembre 2004, 9 soldats Français sont tués lors d’un bombardement par l'aviation ivoirienne. La France riposte en détruisant au sol les moyens aériens du Gouvernement Gbagbo. Abidjan s'embrase... Paris décide d'évacuer ses ressortissants...Ceux qui le peuvent décident de partir... (avis écrit par l'auteur de la bande dessinée).

02/01/2012 (MAJ le 02/01/2012) (modifier)
Par Puma
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Petits Ruisseaux
Les Petits Ruisseaux

Si vous doutez du lendemain, de la météo, de votre prochain, de la politique, de l'attrait de votre physique, de l'économie globale dans la zone euro, du cours du brut, .... voilà un ouvrage à vous réconcilier définitivement avec la vie ! D'habitude, je fuis les dessins baclés ; ce sera une exception au vu du scénario qui percute et fait magnifiquement mouche ! Un très heureux moment de lecture ! Seul le dessin m'empêche de mettre le 5/5.

02/01/2012 (modifier)
Par montane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série America - Le Swing du golem
America - Le Swing du golem

Avant de publier le superbe one shot Le Jour du Marché, James Sturm qui s'était révélé dans la revue "Raw" aux cotés d'Art Spigelman, avait réalisé d'autres histoires dont le "swing du Golem", qui remporta un véritable succès critique aux Etas-Unis. Les éditions DELCOURT ont eu l'excellente idée de rééditer cette dernière histoire en ajoutant deux autres récits plus anciens. Sturm nous plonge ainsi dans les racines profondres de l'Amérique : "l'importance" du fait religieux chez les premières communautés, la quête vers l'or dans laquelle se lancèrent des milliers de personnes croyant faire fortune en un temps éclair, et puis enfin le racisme de l'Amérique profonde dans le "swing du golem" qui nous retrace l'histoire d'une équipe de baseball constituée en partie de joueurs juifs. L'amérique que nous dépeint Sturm n'est pas celle de New York, de Chicago ou de San Francisco, cette Amérique tant prisée par les Européens notamment, qui y voient le miroir d'une société ouverte et multiculturelle qui ressemble à la leur. A la lecture de cet album on plonge plutot dans l'Amérique profonde, celle de la church belt (Tennesse, Alabama, Géorgie...), une Amérique repliée sur elle même, qui ignore le monde extérieur, une Amérique laborieuse et pauvre qui rejette celui qui n'est pas chrétien et blanc de peau. Celle où le baseball reste le "national past time" N'allez pas chercher une grande virtuosité graphique chez James Sturm. Son style sobre ressemble plutot à celui d'une Art Spiegelman ou d'une Marjane Satrapi. La force de ces trois récits se trouve essentiellement dans le scénario, fort et efficace. Un talent narratif qui se retrouvera plus tard avec Le Jour du Marché. Un ouvrage à conseiller pour les amoureux d'histoire et les amateurs de la BD américaine, une des plus riches et des plus créatives qui soient à ce jour encore.

01/01/2012 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Quai d'Orsay
Quai d'Orsay

J'ai acheté cette BD car, avec tous ces avis positifs lus dessus, je pensais qu'elle allait recevoir le grand prix (ou au moins un prix) au festival d'Angoulême. De toute manière une BD sur la politique avec Blain au dessin, ça ne pouvait être mauvais. Et c'est vrai que ça ne l'est pas. Car (comme je le pensais), c'est assez drôle. Même si à première vue, les dialogues ont l'air austères, c'est un grand plaisir à lire, les dialogues sont fluides. Il y a des scènes vraiment excellentes où je me suis bien marré (je pense notamment à celle de "Tintin" ou des "Stabilo")... Donc le scénario n'a rien d'ennuyant, et même si j'ai trouvé l'album assez inégal dans son intensité et son humour, toutes les histoires se lisent avec un réel plaisir, de plus, même le scènes les plus invraisemblables (a priori, dans un ministère) sonnent vraies. Sans oublier, Alexandre Taillard de Vorms, qui nous rappelle particulièrement un homme politique (Dominique de Villepin)... D'ailleurs c'est assez marrant de mettre "une gestuelle" (ce qui caractérise le plus Alexandre) sur un ex-ministre, que je ne n'imaginais pas comme ça. Au niveau du dessin, c'est du Blain, moi j'aime beaucoup son style, en plus d'être esthétique, il est très lisible et très expressif, tous ses personnages ont des têtes bien spéciales, que j'aime beaucoup. Enfin, moi c'est un style que j'apprécie énormément. J'attends la suite, et je pense que les auteurs n'auront aucun mal à faire aussi bien. J'aimerais juste que certaines zones d'ombres nous soient révélés (comme, comment Arthur a rencontré Alexandre, car dès la première scène Alexandre à l'air de bien le connaître). Mise à jour (décembre 2011) après lecture du tome 2 : A la lecture de cet album, on se rend compte que le tome 1 n'était qu'un longue et bonne introduction. Si le premier tome était tout juste rigolo, celui-là est vraiment énorme avec des passages super marrants, mais le tout sonne vraiment juste et à la lecture, on se croit vraiment dans un cabinet de ministre, la pression nous pesant aussi sur les épaules (les moments où les personnages se défoulent sont jubilatoires). Le tome nous présente une version de l'avant guerre en Irak très intéressante. Un album, génial, pour une série dans l'ensemble, très bonne.

12/03/2011 (MAJ le 31/12/2011) (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Papeete 1914
Papeete 1914

Oh ? Voilà une série prometteuse sur un sujet étonnant car peu connu (surtout de moi !). Et dire que la grande guerre a également touché ces îles lointaines, derniers vestiges du paradis sur terre. Mais, dans ce premier opus, cette guerre reste en toile de fond. Ce tome s’attarde sur l’arrivée d’un étrange bonhomme du continent chargé d’enquêter . . . sur quoi ? le doute persiste. A ce moment sévissent des décès de jeunes filles pour le moins étranges . . . accident ? meurtre ? . . . La narration reste douce malgré les événements qui se produisent sur l’île et l’agitation des préparatifs pour l’entrée en guerre. C’est un peu comme si elle s’imprégnait du rythme de vie de ces autochtones. Un récit qui m’a intéressé donc, d’autant plus qu’il repose sur des planches de qualité. Le trait est fin, élégant et la mise en couleur des plus flatteuses. Bref, du travail de pro … à suivre ! (et merci à Spooky pour la découverte de cet album !)

31/12/2011 (modifier)
Couverture de la série Portugal
Portugal

3,5/5 Ça faisait longtemps que je lorgnais sur ce gros album, étant donné toutes les bonnes critiques qu'il avait reçues au départ. Merci à ma belle-famille pour ce cadeau ! J'ai bien aimé l'histoire, je l'ai trouvée touchante, et les sentiments authentiques, sans être mièvres. Les personnages ont beaucoup de caractère (j'ai bien aimé Jacques, le frère aîné). Je me suis bien identifié au personnage principal dans la première partie de l'histoire. Malheureusement, j'ai trouvé que le scénario perdait un peu de sa saveur au fur et à mesure, et je n'ai pas trop été emballé par le dernier "évangile". Je suis d'ailleurs un peu déçu que la fin ne soit pas plus tranchée, j'aurais aimé qu'il y ait eu une chute, comme une révélation un peu plus croustillante sur les ancêtres de Simon, quelque chose qui aurait vraiment bouleversé son quotidien. Dans les deux premières parties, les dialogues en portugais ne m'ont pas gêné, mais plutôt donné envie de relire l'ouvrage avec reverso à portée de main. Dans la dernière partie, ça devient plus difficile, puisque notre héros est au Portugal et que cette langue est alors omniprésente. Ceci dit, je dois admettre que cela a attisé mon envie de découvrir cette langue, vraiment particulière. D'autre part, on peut aussi voir cela comme un jeu, et se mettre à la place du héros qui doit deviner ce que les personnages disent (j'ai d'ailleurs presque deviné ce que signifiait "Caboça de burro"...) Côté graphisme, j'ai vraiment bien aimé. J'ai apprécié le fait que le style change en fonction de l'ambiance: plutôt clair et net dans une situation "banale", et un trait et des couleurs flous lorsque le personnage est saoul, dans la pénombre, ou encore, en ambiance bruyante. Certains personnages (Jean, en particulier) m'ont fait penser au style Walt Disney dans "Les Aristochats". La colorisation est presque parfaite, c'est vraiment très beau. Bref, un bel ouvrage, qui ravira celles et ceux qui ont des origines portugaises, et qui permettra aux autres de (re)découvrir ce sympathique pays. (99)

31/12/2011 (modifier)
Par Frolier
Note: 4/5
Couverture de la série L'île aux 30 cercueils
L'île aux 30 cercueils

Une bande dessinée qui se lit deux fois, car à la première lecture beaucoup d'indices restent obscurs. Une fois l'histoire finie, on n'est pas certain d'avoir tout compris. La faute à une fin abrupte, très elliptique, qui nous laisse un peu sur notre faim. Mais à la deuxième lecture la lumière se fait, et on découvre les pièces du puzzle qui ont été semées par l'auteur en cours de route et qui nous avaient échappé. La structure de l'album reprend sur un mode subtilement parodique le style des romans feuilletons du début du vingtième siècle, avec des chapitres courts qui se finissent par une interpellation du lecteur du genre "ne ratez pas la suite de cette palpitante aventure!", le chapitre suivant débutant systématiquement par un résumé de l'histoire en cours et un rappel des enjeux. La vraie originalité de ces inter-chapitres tient à leur utilisation en tant que commentaires permanents de l’œuvre en cours d'écriture: notice biographique de Maurice Leblanc, anecdotes sur l'écriture du livre, sur son adaptation en série télé dans les années 70, explication des raisons qui ont poussé Marc Lizano à entreprendre sa propre adaptation, CV dudit et même spoilers, on est à la limite de la méta-fiction. Le dessin de Marc Lizano est âpre, sans compromis, et utilise seulement deux couleurs: le gris et le rouge. Il pourra rebuter certains, mais atteint le but visé: on ressort de cet album assourdi par le vent et glacé par le froid et l'humidité de cette île. L'histoire en elle-même nous prend souvent par surprise, avançant sur un mode faussement calme, mais réservant des explosions de violence et de cruauté totalement inattendues par leur soudaineté et leur démesure. Il s'agit d'un album exigeant, qui garde toujours une part de mystère une fois refermé. Et certaines pages ont eu pour moi l'intensité d'un cauchemar. Je le conseille donc, malgré sa fin.

29/12/2011 (MAJ le 30/12/2011) (modifier)
Par Erwelyn
Note: 4/5
Couverture de la série La Fille du professeur
La Fille du professeur

Durant l'ère victorienne, alors que les archéologues ne juraient que par l'Egypte et le mystère de ses pyramides et de ses momies, Imothep IV se retrouve à Londres et croise la fille du professeur qui l'a découvert. Mais cette dernière est le sosie parfait de celle qu'il a aimé 3000 ans plus tôt et une idylle va naître de cette rencontre. Yoann Sfar, connu surtout pour son Chat du Rabbin, son Petit Vampire (et son Grand Vampire) ou encore sa version rigolote du mythe arthurien au travers de sa série Merlin, a écrit en 1997 le scénario de ce one-shot tout ce qu'il y a de plus savoureux. C'est cocasse, absurde parfois, et complètement surréaliste (a-t-on jamais vu une momie en "vie" et qui plus ai, capable d'être ivre "morte" avec une simple tasse de thé), mais on est vite séduit par cette romance loufoque et fantaisiste à laquelle se mêle agréablement humour (so british), aventure et égyptologie. Emmanuel Guibert, qui illustre joliment cette BD, a le trait qui sied à merveille. Ses aquarelles ont la douceur et la fraîcheur de l'histoire et le ton sépia majoritairement employé passe très bien. Une bande-dessinée originale à déguster avec la légèreté qu'il convient, juste pour le plaisir de lire une histoire de momie pas comme les autres.

30/12/2011 (modifier)
Couverture de la série Block 109 - New York 1947
Block 109 - New York 1947

New York 1947, pour ceux qui ne l'ont pas remarqué fait directement référence au film de John Carpenter : New York 1997. La couverture de ce livre est un énorme clin d'oeil à l'affiche du film de Carpenter et à l'intérieur de l'histoire, on y retrouve quelques petites références plus ou moins subtiles (l'un des personnages s'appelle Plissken, tout comme le personnage du film incarné par Kurt Russell). L'histoire repose sur le même schéma que dans le film : des personnages ont 24h pour retrouver quelque chose de précis dans un New York dévasté. Maintenant, arrêtons de faire un lien avec le film de Carpenter et parlons de la bande dessinée. Cette BD est un petit bonheur dans le domaine de l'uchronie. L'armée Allemande a gagné la guerre et un groupe de soldats sont envoyés dans un New York post-nucléaire pour effectuer une mission assez simple : récupérer le contenu d'un coffre. Niveau scénario, tout est assez simple sans jamais être trop prévisible à l'avance et la fin est vraiment forte. Pas la peine d'avoir lu les autres histoires de Block 109 pour comprendre, même si c'est quand même un petit plus de connaître au moins le premier volume : Block 109. Niveau personnages, on sent vraiment que les auteurs savent s'appliquer. Les petits défauts qu'on retrouvait dans Block 109 ne sont plus présents (surtout au niveau des personnages qui avaient tendance à se ressembler un peu trop). Chaque personnage à un caractère bien à lui et ça rend le tout très vivant et crédible. Après avoir lu cette histoire, j'ai un sentiment assez plaisant. Ça n'est pas l'histoire du siècle, mais disons qu'on se laisse bien emporter dans cette aventure. Le seul petit point négatif : la BD se lit très vite. Mais à part ça, c'est vraiment très agréable.

29/12/2011 (modifier)