Un album intéressant pour ceux qui s'intéressent à l'histoire des comics, particulièrement si on ne connait pas les récits. Personnellement, je ne connaissais que l'histoire sur les origines de Batman et l'histoire avec Lex Luthor et le Joker qui forment un duo. Je connaissais aussi l'histoire avec Ra's As Ghul, mais uniquement parce qu'elle a été adaptée dans le dessin animé des années 90.
Bien sûr, les histoires sont un peu inégales, mais globalement j'ai bien aimé. Je suis juste un peu déçu qu'il n'y ait pas plus de récits datant de l’Age de bronze des comics parce que c'est une époque que j'aime beaucoup. Certains récits ont un peu mal vieilli et les plus vieilles histoires sont un peu naïves, mais cela leur donne un certain charme. Je suis d'ailleurs bluffé par l'histoire sur les origines de Batman qui est excellente et aurait pu être publiée aujourd'hui avec uniquement comme changement un dessin plus moderne.
Aussi, je suis un peu déçu qu'on ne mette en valeur que les superhéros les plus connus. J'aurais aimé découvrir une histoire solo de Green Arrow par exemple.
Au final, je conseille la lecture car j'ai été très diverti durant ma lecture, mais je crois qu'il faudrait feuilleter l'album avant de l'acheter pour être sûr d'apprécier.
J'ai de grosses lacunes en matière de BD. J'ai commencé par hasard il y a trois ans et suis tombée sur Siegfried. Maintenant, je suis réconciliée avec la BD (je suis devenue BDvore!). Mais un seul point m'arrête : l'esthétique. Et là, je suis comblée!
Mon point de référence, dorénavant, c'est Alex Alice, ce sont ses dessins magnifiques, la présentation inhabituelle, et surtout l'expression des visages. Puisque la BD est figée, voir les visages changer selon les émotions est plutôt rare, mais ce dessinateur nous fait entrer dans son histoire et l'on "voit" les personnages bouger. Quant à l'histoire, ça se tient, une autre version de l'histoire, mais je n'en ai vu qu'une est vraisemblable (si l'on croit à ces mythes).
Pour conclure, je vais les acheter, oui, et les chérir, ces volumes. Et aussi continuer d'en parler tout autour de moi.
J’ai beaucoup apprécié cet ouvrage à plus d’un titre. Tout d’abord, la forme. Un pavé de 320 pages divisé en petites histoires courtes – qui sont plus des anecdotes en fait -, bénéficiant du style minimaliste impeccable de l’auteur. Le fond ensuite. Il était impossible de parler de Jérusalem sans évoquer la situation politique complexe et épineuse, à fortiori il fallait éviter de froisser les susceptibilités aiguisées par les religieux et le pouvoir politique. Delisle a su aborder la question de la manière la plus simple et la plus judicieuse qui soit. En se mettant dans la peau du candide – comme il l’a fait avec ses autres productions – et en racontant sa vie au quotidien, aussi bien à coup d’anecdotes personnelles que de témoignages d’habitants, avec toute l’objectivité possible du voyageur, mais aussi avec humilité, sensibilité et humour. Le résultat est plus que probant. D’un sujet grave et plombant, l’auteur a produit quelque chose d’équilibré voire ludique, recourant à l’humour lorsque le choc visuel était trop fort, lorsque l’impensable entrait en scène, devant ses yeux atterrés… à l’image de ce mur séparant une église chrétienne d’une congrégation de religieuses, qui devaient prendre la voiture pour se rendre à ladite église.
Mais ce qu’on retient surtout, c’est l’omniprésence écrasante du Mur, qui tel une énorme cicatrice maléfique, divise des communautés qui ont beaucoup plus en commun qu’elles ne veulent l’admettre. C’est aussi cette obsession maladive des Israéliens extrémistes de conquérir chaque parcelle de territoire palestinien au mépris du droit international (un simple campement est considéré comme une colonie, et peut être relié au réseau électrique et à l’eau courante quelques jours après son installation), avec bien souvent les ultrareligieux en fer de lance – ces épouvantails à papillotes déments arc-boutés sur leur « mauvaise foi » - dont la priorité n’est certainement pas de prêcher l’amour, mais bien plutôt de pratiquer l’épuration ethnique vis-à-vis des Palestiniens.
La lecture de cet ouvrage, bien qu’enrichissante, n’incite guère à l’optimisme, et on voit mal comment l’issue pourrait être positive, d’autant que la situation n’a cessé de s’aggraver au fil des ans. Vers la fin, l’auteur demande à un haut diplomate chargé de faire avancer le processus de paix entre Israël et la Palestine :
« Vous passez par des phases optimistes de temps en temps, ou c’est plutôt pessimiste la plupart du temps ? »
Et le diplomate de répondre sans détour : « C’est plutôt pessimiste la plupart du temps… »
La BD se termine sur cette image extrêmement forte, incroyable, d’un Israélien trônant fièrement sur le toit d’une maison dont il vient d’éjecter, à l’aide d’une milice privée, leurs occupants palestiniens, et clamant avec arrogance : « It’s my house, now ! ». Circulez, y a rien à voir.
Delisle nous rappelle, en dépeignant la communauté juive des Orthodoxes et des ultras, que la folie peut être collective. Et on a toujours du mal à croire que ces gens-là, qui ont certainement des aïeuls ou des grands-parents ayant subi la barbarie nazie, puissent se transformer à leur tour en bourreaux d’un peuple. A croire que décidément, l’Homme n’apprend rien du passé.
Nicolas Dumontheuil j’adore et je ne m’en lasse pas, ses scénarios barrés juste à point sans jamais dépasser la limite de l’excentricité acceptable ; son humour subtil et coquin sans jamais tomber dans le gras ou le lourdingue ; son dessin qui semble être passé entre les vagues pour en ressortir rond et gondolé ; ses couleurs… ses couleurs directes splendides dont j‘aurais aimé qu‘il gratifie toutes ses séries, mais c‘est peut-être beaucoup trop de travail, surtout pour un auteur qui offre des B.D. avec un nombre de planches jouissif pour un prix plus que modéré au regard d'autres séries ; et puis peu importe que ses couleurs soient informatisées car elles sont bien choisies et reposantes.
Cette intro pourrait s’appliquer à toutes ses séries et résume bien le plaisir de lecture que procure son travail. « Big Foot » est tout pareil aux autres, amusant et captivant, posant son intrigue dont on ne sait pas où elle nous mènera et présentant ses personnages avec un bon travail psychologique, d’ailleurs je les ai tous apprécié, même les plus cons d‘entre eux. Les termes racistes perdent toute connotation péjorative, j’ai adoré la relique de l’indien qui parlant de Zeb, dit : « Le blanc qu’est noir », évidemment sorti du contexte ça paraît moins drôle. Dumontheuil a un sacré sens de la répartie.
L’histoire est captivante et m’a surprise car elle n’a pas pris la tournure que j’attendais, ce qui a rendu ma lecture encore plus divertissante. J‘ai aussi beaucoup aimé l‘épilogue qui met un terme au récit et qui raconte ce que deviennent les personnages par la suite, ça ôte toute frustration et clôt le récit de façon complète et non frustrante.
De plus l’auteur en profite pour jeter, mine de rien, un petit message écologique qui normalement est le genre de propos qui me gonfle passablement, mais c’est fait avec doigté et humour, et surtout sans lourdeur aucune.
Je n’ai trouvé qu’un seul petit défaut, le premier tome met un peu de temps à tout mettre en place et j’en ai ressenti quelques longueurs, mais je peux aussi dire que c’est un mal pour un bien, car à présent que je connais tout de ce petit monde ma relecture ne souffrira pas de ce petit désagrément, car passer du temps avec Zeb et Ned est purement jouissif.
Oh la belle surprise que la lecture de cette bd.
Point négatif : - la trame est simpliste et vraiment du réchauffé entre de "l'Indiana Jones" et autres récits avec artifices abracadabrants à faille spatio-temporelle, vu, lu, revu, et relu maintes fois ! Ce qui m'a fait hésiter à mettre un 3.
Points positifs : - un graphisme splendide, un véritable ravissement pour les yeux qui m'a fait me pencher sur cette bd plutôt qu'une autre (ayant lu aussi le nom du scénariste....)
- Le développement de l'histoire très "déjà vu" ne sert en fait que de prétexte pour mettre en relief un personnage haut en couleurs, et qui tient à lui seul l'intérêt de l'histoire.
-Que de bonnes bd ne parviennent jamais à rendre finalement le moindre personnage attachant, malgré une bonne intrigue, un scénario en béton, et un très bon dessin ...
La magie de Pecqueur est ici de faire apparaître dans un flot de protagonistes assez stéréotypés et convenus, l'étincelle inattendue d'un personnage sympathique, virevoltant, libre, imprévisible, et dès la première apparition, miracle, attachant ! Et pour cela, je trépigne déjà pour lire la suite ...
Cette forme de narration avait déjà donné tout l'attrait de "Race de Chagrin", le second volume de Thomas Noland qu'il a scénarisé pour le défunt génialissime et fougueux dessinateur Franz.
En résumé : Malgré la faiblesse ici du scénario qui ne renouvelle pas vraiment le genre, pour le splendide graphisme et le tempérament bien trempé de la jeune Yiya, je laisse un 4 ... !
J'ai franchement bien aimé cette histoire se déroulant durant la période victorienne.
De beaux dessins retranscrivant parfaitement bien l'ambiance de cette période.
L'histoire est un mélange de fantastique et d'enquête policière où se côtoient Jack l'éventreur, Dr. Jekyl and myster Hyde et même Dracula. Le scénario, sans être d'une grande originalité, se laisse lire avec plaisir.
Une excellente trilogie, fondée sur le procédé désormais classique des regards croisés. Trois personnages différents vivent la même séquence d'événements, dans chacun des trois albums. Et on découvre, par le regard des autres, ce que chacun peut avoir à cacher, y compris à soi-même.
Le premier tome nous emmène à la suite de Telenko, chauffeur de taxi devenu cardiaque à force de subir la haine de son épouse paraplégique. Pourquoi cette haine ? Et pourquoi Telenko s'obstine-t-il à rester avec elle, alors qu'il la trompée assidûment ? On ne le découvrira pas dans ce premier tome. Mais une série d'événements, en faisant déborder le vase de sa rancœur et de sa frustration, vont briser la routine mortifère de Telenko...
Les personnages, tendus et musculeux, évoluent dans un décor aux teintes délavées, dans une ville à la misère poisseuse qui fait songer à Gotham City.
Peu d'espoir et d'optimisme pendant l'essentiel de cette série, mais pas de temps morts non plus. Le suspense est très habilement construit et on parvient à s'attacher à ces personnages abîmés par la vie, malgré leurs mensonges et leur acharnement à faire les mauvais choix.
Un léger bémol sur Martha, l'épouse de Telenko, que j'ai trouvé peut être un peu trop univoque. Idem pour le personnage de Dillon.
Mais l'impression générale est très bonne. Une série à lire et à recommander. Un des meilleurs polars BD que j'ai pu lire.
Je n'ai pratiquement avisé aucune série de gags car ce n'est pas trop ma tasse de thé. Mais quand il s'agit de Léonard, je me dois de transmettre l'excellente impression que me laisse cette série à chaque lecture. Léonard, c'est surtout le disciple, le chat et le crâne, mais aussi des situations et des inventions plus comiques les unes que les autres. C'est du bon, très bon et je reste toujours étonné de l'humour développé par les auteurs.
Le trait est dynamique et la mise en page astucieuse, ce qui permet d'avoir des gags dans les gags avec les personnages secondaires.
Vous ne connaissez pas Léonard ? Sot, va !
Franchement pas mal du tout cette petite série en 3 tomes.
La lecture est prenante, le scénario bien ficelé et avec une fin qui ne choisit pas la facilité et le dessin est plutôt bien réussi. Ca se lit assez vite en revanche car c'est assez peu dense avec un rythme soutenu qui fait qu'on enchaîne facilement la lecture des 3 tomes. C'est le revers de la médaille d'une histoire comme ça, on arrive vite à la fin...
L'histoire est basée sur des faits réels, et de fait, les auteurs ont repris scrupuleusement la presque totalité de l'histoire du site pour construire leur scénario dessus : le projet de statue géante du Christ pour remplacer les ruines du bâtiment, le tunnel de la mort pour évacuer discrètement les victimes de la maladie, la concurrence des antibiotiques qui finira par mettre un terme à l'activité du site, la pratique de la thoracoplastie, même l'épisode sur le suicide de la chambre 502 fait partie des légendes du sanatorium de Waverly si l'on en croit la fiche Wikipedia le concernant.
Graphiquement aussi les auteurs ont fidèlement reproduit le bâtiment, avec ses enfilades de lits de malades.
Historiquement, cette histoire nous apprend donc aussi pas mal de choses sur cette époque, ses épidémies et ses pratiques médicales pour le moins barbares...
Pas mal pour la fiction elle-même, franchement bien si l'on considère la réalité du contexte et ce qu'il nous enseigne sur ces années de lutte contre la tuberculose. Un divertissement instructif !
Et un coup de cœur! J'étais pourtant relativement méfiant quand on essaie de me vendre une histoire policière au plus proche du réel. Et après lecture, je dois dire que j'ai été scotché aux deux récits.
Les deux enquêtes judiciaires - l'une dans le domaine de la contrefaçon et l'autre dans la traite des êtres humains - sont vraiment bien rythmées et l'auteur, lui-même dans le métier, n'en fait pas de trop, ou presque. Les démarches vis-à-vis de l'ambassade des States me laissent particulièrement perplexe, quoique je ne sais pas comment font les RG français mais cela m'a semblé (très) gros... Soit, passons ce détail, le reste est vraiment agréable à suivre, avec de bons textes, un bon graphisme et un bon dynamisme fait de recherche et de rebondissements.
Je conseille donc vivement ces albums et espère vraiment pouvoir encore lire des histoires de ce flic et de ses enquêtes qui ne me sont pas tout à fait étrangères...
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DC Comics Anthologie
Un album intéressant pour ceux qui s'intéressent à l'histoire des comics, particulièrement si on ne connait pas les récits. Personnellement, je ne connaissais que l'histoire sur les origines de Batman et l'histoire avec Lex Luthor et le Joker qui forment un duo. Je connaissais aussi l'histoire avec Ra's As Ghul, mais uniquement parce qu'elle a été adaptée dans le dessin animé des années 90. Bien sûr, les histoires sont un peu inégales, mais globalement j'ai bien aimé. Je suis juste un peu déçu qu'il n'y ait pas plus de récits datant de l’Age de bronze des comics parce que c'est une époque que j'aime beaucoup. Certains récits ont un peu mal vieilli et les plus vieilles histoires sont un peu naïves, mais cela leur donne un certain charme. Je suis d'ailleurs bluffé par l'histoire sur les origines de Batman qui est excellente et aurait pu être publiée aujourd'hui avec uniquement comme changement un dessin plus moderne. Aussi, je suis un peu déçu qu'on ne mette en valeur que les superhéros les plus connus. J'aurais aimé découvrir une histoire solo de Green Arrow par exemple. Au final, je conseille la lecture car j'ai été très diverti durant ma lecture, mais je crois qu'il faudrait feuilleter l'album avant de l'acheter pour être sûr d'apprécier.
Siegfried
J'ai de grosses lacunes en matière de BD. J'ai commencé par hasard il y a trois ans et suis tombée sur Siegfried. Maintenant, je suis réconciliée avec la BD (je suis devenue BDvore!). Mais un seul point m'arrête : l'esthétique. Et là, je suis comblée! Mon point de référence, dorénavant, c'est Alex Alice, ce sont ses dessins magnifiques, la présentation inhabituelle, et surtout l'expression des visages. Puisque la BD est figée, voir les visages changer selon les émotions est plutôt rare, mais ce dessinateur nous fait entrer dans son histoire et l'on "voit" les personnages bouger. Quant à l'histoire, ça se tient, une autre version de l'histoire, mais je n'en ai vu qu'une est vraisemblable (si l'on croit à ces mythes). Pour conclure, je vais les acheter, oui, et les chérir, ces volumes. Et aussi continuer d'en parler tout autour de moi.
Chroniques de Jérusalem
J’ai beaucoup apprécié cet ouvrage à plus d’un titre. Tout d’abord, la forme. Un pavé de 320 pages divisé en petites histoires courtes – qui sont plus des anecdotes en fait -, bénéficiant du style minimaliste impeccable de l’auteur. Le fond ensuite. Il était impossible de parler de Jérusalem sans évoquer la situation politique complexe et épineuse, à fortiori il fallait éviter de froisser les susceptibilités aiguisées par les religieux et le pouvoir politique. Delisle a su aborder la question de la manière la plus simple et la plus judicieuse qui soit. En se mettant dans la peau du candide – comme il l’a fait avec ses autres productions – et en racontant sa vie au quotidien, aussi bien à coup d’anecdotes personnelles que de témoignages d’habitants, avec toute l’objectivité possible du voyageur, mais aussi avec humilité, sensibilité et humour. Le résultat est plus que probant. D’un sujet grave et plombant, l’auteur a produit quelque chose d’équilibré voire ludique, recourant à l’humour lorsque le choc visuel était trop fort, lorsque l’impensable entrait en scène, devant ses yeux atterrés… à l’image de ce mur séparant une église chrétienne d’une congrégation de religieuses, qui devaient prendre la voiture pour se rendre à ladite église. Mais ce qu’on retient surtout, c’est l’omniprésence écrasante du Mur, qui tel une énorme cicatrice maléfique, divise des communautés qui ont beaucoup plus en commun qu’elles ne veulent l’admettre. C’est aussi cette obsession maladive des Israéliens extrémistes de conquérir chaque parcelle de territoire palestinien au mépris du droit international (un simple campement est considéré comme une colonie, et peut être relié au réseau électrique et à l’eau courante quelques jours après son installation), avec bien souvent les ultrareligieux en fer de lance – ces épouvantails à papillotes déments arc-boutés sur leur « mauvaise foi » - dont la priorité n’est certainement pas de prêcher l’amour, mais bien plutôt de pratiquer l’épuration ethnique vis-à-vis des Palestiniens. La lecture de cet ouvrage, bien qu’enrichissante, n’incite guère à l’optimisme, et on voit mal comment l’issue pourrait être positive, d’autant que la situation n’a cessé de s’aggraver au fil des ans. Vers la fin, l’auteur demande à un haut diplomate chargé de faire avancer le processus de paix entre Israël et la Palestine : « Vous passez par des phases optimistes de temps en temps, ou c’est plutôt pessimiste la plupart du temps ? » Et le diplomate de répondre sans détour : « C’est plutôt pessimiste la plupart du temps… » La BD se termine sur cette image extrêmement forte, incroyable, d’un Israélien trônant fièrement sur le toit d’une maison dont il vient d’éjecter, à l’aide d’une milice privée, leurs occupants palestiniens, et clamant avec arrogance : « It’s my house, now ! ». Circulez, y a rien à voir. Delisle nous rappelle, en dépeignant la communauté juive des Orthodoxes et des ultras, que la folie peut être collective. Et on a toujours du mal à croire que ces gens-là, qui ont certainement des aïeuls ou des grands-parents ayant subi la barbarie nazie, puissent se transformer à leur tour en bourreaux d’un peuple. A croire que décidément, l’Homme n’apprend rien du passé.
Big Foot
Nicolas Dumontheuil j’adore et je ne m’en lasse pas, ses scénarios barrés juste à point sans jamais dépasser la limite de l’excentricité acceptable ; son humour subtil et coquin sans jamais tomber dans le gras ou le lourdingue ; son dessin qui semble être passé entre les vagues pour en ressortir rond et gondolé ; ses couleurs… ses couleurs directes splendides dont j‘aurais aimé qu‘il gratifie toutes ses séries, mais c‘est peut-être beaucoup trop de travail, surtout pour un auteur qui offre des B.D. avec un nombre de planches jouissif pour un prix plus que modéré au regard d'autres séries ; et puis peu importe que ses couleurs soient informatisées car elles sont bien choisies et reposantes. Cette intro pourrait s’appliquer à toutes ses séries et résume bien le plaisir de lecture que procure son travail. « Big Foot » est tout pareil aux autres, amusant et captivant, posant son intrigue dont on ne sait pas où elle nous mènera et présentant ses personnages avec un bon travail psychologique, d’ailleurs je les ai tous apprécié, même les plus cons d‘entre eux. Les termes racistes perdent toute connotation péjorative, j’ai adoré la relique de l’indien qui parlant de Zeb, dit : « Le blanc qu’est noir », évidemment sorti du contexte ça paraît moins drôle. Dumontheuil a un sacré sens de la répartie. L’histoire est captivante et m’a surprise car elle n’a pas pris la tournure que j’attendais, ce qui a rendu ma lecture encore plus divertissante. J‘ai aussi beaucoup aimé l‘épilogue qui met un terme au récit et qui raconte ce que deviennent les personnages par la suite, ça ôte toute frustration et clôt le récit de façon complète et non frustrante. De plus l’auteur en profite pour jeter, mine de rien, un petit message écologique qui normalement est le genre de propos qui me gonfle passablement, mais c’est fait avec doigté et humour, et surtout sans lourdeur aucune. Je n’ai trouvé qu’un seul petit défaut, le premier tome met un peu de temps à tout mettre en place et j’en ai ressenti quelques longueurs, mais je peux aussi dire que c’est un mal pour un bien, car à présent que je connais tout de ce petit monde ma relecture ne souffrira pas de ce petit désagrément, car passer du temps avec Zeb et Ned est purement jouissif.
Yiya
Oh la belle surprise que la lecture de cette bd. Point négatif : - la trame est simpliste et vraiment du réchauffé entre de "l'Indiana Jones" et autres récits avec artifices abracadabrants à faille spatio-temporelle, vu, lu, revu, et relu maintes fois ! Ce qui m'a fait hésiter à mettre un 3. Points positifs : - un graphisme splendide, un véritable ravissement pour les yeux qui m'a fait me pencher sur cette bd plutôt qu'une autre (ayant lu aussi le nom du scénariste....) - Le développement de l'histoire très "déjà vu" ne sert en fait que de prétexte pour mettre en relief un personnage haut en couleurs, et qui tient à lui seul l'intérêt de l'histoire. -Que de bonnes bd ne parviennent jamais à rendre finalement le moindre personnage attachant, malgré une bonne intrigue, un scénario en béton, et un très bon dessin ... La magie de Pecqueur est ici de faire apparaître dans un flot de protagonistes assez stéréotypés et convenus, l'étincelle inattendue d'un personnage sympathique, virevoltant, libre, imprévisible, et dès la première apparition, miracle, attachant ! Et pour cela, je trépigne déjà pour lire la suite ... Cette forme de narration avait déjà donné tout l'attrait de "Race de Chagrin", le second volume de Thomas Noland qu'il a scénarisé pour le défunt génialissime et fougueux dessinateur Franz. En résumé : Malgré la faiblesse ici du scénario qui ne renouvelle pas vraiment le genre, pour le splendide graphisme et le tempérament bien trempé de la jeune Yiya, je laisse un 4 ... !
London
J'ai franchement bien aimé cette histoire se déroulant durant la période victorienne. De beaux dessins retranscrivant parfaitement bien l'ambiance de cette période. L'histoire est un mélange de fantastique et d'enquête policière où se côtoient Jack l'éventreur, Dr. Jekyl and myster Hyde et même Dracula. Le scénario, sans être d'une grande originalité, se laisse lire avec plaisir.
Berceuse assassine
Une excellente trilogie, fondée sur le procédé désormais classique des regards croisés. Trois personnages différents vivent la même séquence d'événements, dans chacun des trois albums. Et on découvre, par le regard des autres, ce que chacun peut avoir à cacher, y compris à soi-même. Le premier tome nous emmène à la suite de Telenko, chauffeur de taxi devenu cardiaque à force de subir la haine de son épouse paraplégique. Pourquoi cette haine ? Et pourquoi Telenko s'obstine-t-il à rester avec elle, alors qu'il la trompée assidûment ? On ne le découvrira pas dans ce premier tome. Mais une série d'événements, en faisant déborder le vase de sa rancœur et de sa frustration, vont briser la routine mortifère de Telenko... Les personnages, tendus et musculeux, évoluent dans un décor aux teintes délavées, dans une ville à la misère poisseuse qui fait songer à Gotham City. Peu d'espoir et d'optimisme pendant l'essentiel de cette série, mais pas de temps morts non plus. Le suspense est très habilement construit et on parvient à s'attacher à ces personnages abîmés par la vie, malgré leurs mensonges et leur acharnement à faire les mauvais choix. Un léger bémol sur Martha, l'épouse de Telenko, que j'ai trouvé peut être un peu trop univoque. Idem pour le personnage de Dillon. Mais l'impression générale est très bonne. Une série à lire et à recommander. Un des meilleurs polars BD que j'ai pu lire.
Léonard
Je n'ai pratiquement avisé aucune série de gags car ce n'est pas trop ma tasse de thé. Mais quand il s'agit de Léonard, je me dois de transmettre l'excellente impression que me laisse cette série à chaque lecture. Léonard, c'est surtout le disciple, le chat et le crâne, mais aussi des situations et des inventions plus comiques les unes que les autres. C'est du bon, très bon et je reste toujours étonné de l'humour développé par les auteurs. Le trait est dynamique et la mise en page astucieuse, ce qui permet d'avoir des gags dans les gags avec les personnages secondaires. Vous ne connaissez pas Léonard ? Sot, va !
Pandemonium
Franchement pas mal du tout cette petite série en 3 tomes. La lecture est prenante, le scénario bien ficelé et avec une fin qui ne choisit pas la facilité et le dessin est plutôt bien réussi. Ca se lit assez vite en revanche car c'est assez peu dense avec un rythme soutenu qui fait qu'on enchaîne facilement la lecture des 3 tomes. C'est le revers de la médaille d'une histoire comme ça, on arrive vite à la fin... L'histoire est basée sur des faits réels, et de fait, les auteurs ont repris scrupuleusement la presque totalité de l'histoire du site pour construire leur scénario dessus : le projet de statue géante du Christ pour remplacer les ruines du bâtiment, le tunnel de la mort pour évacuer discrètement les victimes de la maladie, la concurrence des antibiotiques qui finira par mettre un terme à l'activité du site, la pratique de la thoracoplastie, même l'épisode sur le suicide de la chambre 502 fait partie des légendes du sanatorium de Waverly si l'on en croit la fiche Wikipedia le concernant. Graphiquement aussi les auteurs ont fidèlement reproduit le bâtiment, avec ses enfilades de lits de malades. Historiquement, cette histoire nous apprend donc aussi pas mal de choses sur cette époque, ses épidémies et ses pratiques médicales pour le moins barbares... Pas mal pour la fiction elle-même, franchement bien si l'on considère la réalité du contexte et ce qu'il nous enseigne sur ces années de lutte contre la tuberculose. Un divertissement instructif !
RG
Et un coup de cœur! J'étais pourtant relativement méfiant quand on essaie de me vendre une histoire policière au plus proche du réel. Et après lecture, je dois dire que j'ai été scotché aux deux récits. Les deux enquêtes judiciaires - l'une dans le domaine de la contrefaçon et l'autre dans la traite des êtres humains - sont vraiment bien rythmées et l'auteur, lui-même dans le métier, n'en fait pas de trop, ou presque. Les démarches vis-à-vis de l'ambassade des States me laissent particulièrement perplexe, quoique je ne sais pas comment font les RG français mais cela m'a semblé (très) gros... Soit, passons ce détail, le reste est vraiment agréable à suivre, avec de bons textes, un bon graphisme et un bon dynamisme fait de recherche et de rebondissements. Je conseille donc vivement ces albums et espère vraiment pouvoir encore lire des histoires de ce flic et de ses enquêtes qui ne me sont pas tout à fait étrangères...