Les derniers avis (32089 avis)

Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série En Mer
En Mer

En effet il s'agit d'un petit bijou cette BD... J'ai d'abord été happé par le dessin, singulier, grotesque, presque incongru dans ce style d'histoire... Mais on disait la même chose de Renaud Dillies... Mais c'est un tel régal... La poésie est présente aussi, bien sur, dans l'histoire, aussi simple que contemplative. Difficile de s'étendre sur un récit somme toute assez court, avec une seule case par planches, mais le résultat est la, et c'est vraiment chouette.

14/09/2012 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Singe de Hartlepool
Le Singe de Hartlepool

« Un groupe de loups, c'est une horde. Un groupe de vaches, c'est un troupeau. Un groupe d'hommes, c'est souvent une bande de cons. ». Cette phrase tirée du chat de Geluck résume bien la tragique histoire magistralement mise en scène par Wilfried Lupano et en image par Jérémie Moreau. Petit bijou en un tome, adapté d'une légende trainant de-ci de-là le long des côtes anglaises, qui verra un pauvre singe faire office de paratonnerre à la haine et la folie des hommes. Cette consternante réalité due à la bêtise, l'ignorance et la peur de l'autre nous rappelle que cette violence latente n'est pas née d'hier, et l'actualité de ces derniers jours à propos d'un navet américain sur l'islam ne peut que me conforter dans cet opinion... Et c'est le talent de Lupano qui fait la différence. Loin de tomber dans le conte philosophique à 2 balles, il sait de par ses personnages et la structuration de son récit éviter une déroute à la Trafalgar. Ajoutez une petite surprise finale qui remets cette tragédie dans une nouvelle perspective, et le tour de force est joué ! Et puis, y'a le dessin de Jérémie Moreau. Auteur inconnu au bataillon pour ce qui me concerne, mais quelle énergie et expressivité dans son coup de patte ! On sent déjà le caractère et la singularité du trait qui devrait le mener bien loin s'il continue comme ça ! Il joue merveilleusement des cadrages et de la lumière de sa couleur pour intensifier le récit et la dramaturgie de certaines scènes. Ses personnages sont tout aussi plein de vie que de connerie et ça déborde dans tous les sens, jusqu'au non-retour... Bref, une BD surprenante et pleine de force doublé d'un pamphlet contre la connerie humaine. A découvrir sans tarder !

14/09/2012 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Septième sens
Septième sens

Cette nouvelle collaboration entre Corbeyran et Defali démarre sous les meilleures auspices, en tout cas en ce qui concerne le premier tome. L'histoire sera fortement marquée par le fantastique, mais cette dimension est introduite très progressivement dans le récit. En effet celui-ci démarre comme un excellent polar : une femme est retrouvée mutilée mais vivante, tandis que ses 5 compagnons sont tous morts, et dans un sale état. Cette introduction est immédiatement intrigante, et le récit nous propose de découvrir progressivement ce qui s'est passé. C'est prenant, on ne reste pas sur notre faim car on nous donne déjà pas mal de réponses, tout en amenant progressivement des éléments surnaturels. Je ne suis pas toujours enthousiaste lorsque ces 2 genres se mélange, mais là ça passe vraiment bien. L'utilisation d'une "caste" de personnages immortels, sorte de saints des temps modernes, inspirés de personnages historiques, fait prendre une orientation bien différente à l'histoire. Cela ouvre pas mal de portes pour la suite du récit. Espérons que Corbeyran saura continuer de nous surprendre et que l'histoire ne virera pas à un simple combat entre 2 "clans". Le dessin est en accord avec tout ça. Il est calibré pour ce genre d'histoire avec un trait et des cadrages modernes, des décors et des personnages soignés. Pas de surprises de ce coté là, c'est classique mais diablement efficace.

14/09/2012 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Moi, 20 ans, diplômée, motivée... Exploitée !
Moi, 20 ans, diplômée, motivée... Exploitée !

Sans doute parce que je travaille encore dans un service de ressources humaines d’une grande entreprise ou que j’ai connu ce genre de situation à un moindre degré étant plus jeune, j’ai été particulièrement touché par ce témoignage d’une jeune diplômée qui s’essaye pour entrer dans un monde du travail peu accueillant. C’est une situation difficile que d’essayer de décrocher un job lorsqu'on est un jeune diplômé. Quand on a travaillé dur pour obtenir son diplôme et qu’on arrive sur un marché de l’emploi atone, on perçoit comme une sanction imméritée le fait de ne pas pouvoir travailler et de vivre décemment. La précarité devient d’ailleurs la norme chez les jeunes diplômés qui doivent enchainer les stages et dans le meilleur des cas des contrats à durée déterminée. Cette bd va traiter ce problème de société généralement peu évoqué sur le ton de l’humour. C’est drôle mais on ressent tout de même comme un malaise sur ce qui ne va pas dans le monde du travail. Le taux de chômage des jeunes en France est toujours deux fois supérieur au taux de chômage de l'ensemble de la population. Alors, quand on trouve un stage, c’est le panama ! Pour rappel, un stagiaire est payé dans les environs de 436,05€ en 2012. Ce qui est inacceptable, c’est le fait pour les entreprises de les exploiter sans vergogne au regard de cette gratification misérable qui ne permet pas de payer son loyer. Ainsi, dans le cas évoqué par l’auteur, il s’agit de travailler par exemple 45 heures sur 3 jours, de rentrer chez soi après minuit quand il n’y a plus de transport en commun, de prendre un taxi que l’employeur ne payera pas, de travailler les dimanches quand il y a un coup de bourre ce qui arrive souvent. C’est vrai qu’il faut avoir le cran d’accepter de donner sans compter sans recevoir en échange (ou si : l’espoir de décrocher le job). La logique financière de ces entreprises est différente de celle du jeune qui pense que le mérite va finir par payer. C’est bien souvent un leurre. On se fout totalement de vos sacrifices sur votre vie privée. Il faut donner sans compter, c’est cela l’esprit d’entreprise ! Les contrats d’avenir qui vont être mise en place par le gouvernement concernent des jeunes qui ont décroché au niveau de leurs études. Pour éviter que ces jeunes issus de quartiers défavorisés ne basculent dans la délinquance, on va leur proposer des contrats de travail pour une durée de 3 ans. C’est très bien sur le principe mais j’ai tout de même une pensée pour ceux qui ont galéré dur pour obtenir leur diplôme et qui vont se retrouver dans la pauvreté faute d’emploi. A ces jeunes là, on ne leur propose pas grand chose car on sait que ce sont de bons citoyens qui ne verseront pas dans la violence. C’est vrai que la plupart d’entre eux quoi sont diplômés trouveront plus facilement du boulot mais dans quelles conditions ? Le déclassement professionnel va concerner un tiers d’entre eux. Oui, cette bd semble utile pour comprendre ce phénomène et se poser des questions sur l’exploitation par les entreprises de cette précarité. C’est une véritable honte mais qui est masquée par des valeurs de type « travailler plus pour gagner plus » ou encore qu’il ne faut pas vivre de l’assistanat. C’est effectivement digne de travailler mais encore faut ‘il qu’il y ait du travail pour tout un chacun. Ces stages à répétition montrent que les entreprises se font de l’argent en exploitant davantage les personnes alors qu’il pourrait y avoir des contrats à durée indéterminée sur ce type de poste car l’activité est en réalité durable et stable. Quant à moi, il peut-être temps que je change d’activité car on n’a pas toujours le bon rôle dans cette comédie humaine plutôt douteuse. En tout cas, je souhaite que l’auteur ait pu trouver ce qu’elle recherche et qui devrait être un droit.

14/09/2012 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 4/5
Couverture de la série GTO - Great Teacher Onizuka
GTO - Great Teacher Onizuka

Tiens je n'avais pas encore avisé GTO ! Sacrilège... Voilà qui va être fait. Bon alors GTO, comme cela a été répété dans pas mal d'avis c'est l'histoire d'Ekichi Onizuka, un jeune un peu paumé en quête de nanas (et se prenant bien évidemment rateau sur rateau). Le gars est un gros br***eur et ne sait pas faire grand chose de ses dix doigts à part se battre. Et pourtant il va devenir prof ! Lui, un ancien bosozoku (gang de motard). GTO c'est: 1) Très bien dessiné. Les expressions sont vraiment géniales et on s'éclate vraiment en lisant le manga. 2) Très con...mais alors très marrant aussi ! Alors ok, c'est de l'humour bien gras, mais il cache quand même un fond très intéressant pour peu qu'on se donne la peine de s'y intéresser. 3) Des personnages charismatiques et/ou bien barrés! La directrice, le directeur adjoint, le prof de sport, les élèves ont tous leur caractère propre et sont bien définis. On apprend beaucoup sur les personnages au fil des tomes et on s'attache à chacun d'entre eux. 4) Prenant ! Le scénario tient en haleine et on dévore les tomes sans s'en rendre compte. Si le début est plus léger, les intrigues et la trame de fond s'intensifient et donnent matière à réflexion. Bref, un très bon manga d'humour servi par un dessin très dynamique et expressif. Que demander de plus ?

14/09/2012 (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5
Couverture de la série Little Alice in Wonderland
Little Alice in Wonderland

Je rejoindrai en grande partie l'avis de Miranda sur ce tome 1 sans être cependant aussi débordante d'enthousiasme ;) Pour commencer, graphiquement cette BD est un petit bijou. Que ce soient les couleurs, la mise en page ou les petits détails et clins d'œil qui se cachent par ci par là, à chaque tournage de page, on en prend plein les mirettes. Le détournement du conte originel que nous offre Franck Tacito est également un petit concentré d'humour et de second (au moins) degré qu'on parcoure avec un petit sourire perpétuellement pendu au bord des lèvres. Le seul bémol que je pourrais mettre pour ce tome 1 est une relative "lourdeur" ou "maladresse" des dialogues dans la première partie de ce tome introductif, une manière de construire les phrases qui nuisait sérieusement à la fluidité de ma lecture. Je ne sais pas si je me suis habituée au style ou s'il a légèrement évolué au fil des pages, toujours est-il que cette gêne était bien moindre sur la fin. Une série à suivre bien évidemment et à acheter sans hésiter.

13/09/2012 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Elinor Jones
Elinor Jones

J'ai été un peu surpris par la qualité de cette BD. Ma fille l'a empruntée à la bibliothèque et me disait avoir adoré, mais je n'étais guère pressé de la lire tant je m'attendais à du rose-bonbon girly pseudo-romantique et d'inspiration shojo. Certes nous sommes dans un cadre très proche de ces histoires pour jeunes adolescentes un peu cucul-la-praline. Un beau manoir anglais de l'époque victorienne, de jolies jeunes filles en robe, des couturières dont la passion est de créer les plus somptueuses robes de bal, une touche d'exotisme, de romance secrète, de la jalousie et de petits complots... Mais pour commencer j'ai trouvé ça très bien foutu, tant graphiquement qu'au niveau de la narration. Les dessins sont certes dans un style manga qui me rebute souvent d'ordinaire mais ils sont bons, bien soignés et joliment colorisés. La lecture est fluide et sans aucun effet de manche. Elle évite les stéréotypes agaçants du genre. En outre, ne sachant pas trop quel type d'histoire j'allais lire, je m'attendais à voir débouler du fantastique, des facilités et des passages très convenus. Mais en fait, l'intrigue est réaliste et elle tient bien la route, tout en restant sur un ton suffisamment léger et plein d'espoir pour plaire aux jeunes lectrices. Ce fut une bonne lecture, pas spécialement mon genre certes mais comme je vois à quel point elle a plu à ma fille (elle a 10 ans), je me dis que c'est un bel ouvrage à même de séduire le public qu'il cible.

13/09/2012 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Abélard
Abélard

Après Le Jardin d'hiver et Betty Blues, je poursuis ma découverte de l'univers si particulier de Dilliès. Avec "Abelard", on retrouve d'emblée la patte si singulière de l'auteur, tant graphiquement que dans les sujets qu'il aborde. L'amour impossible, la musique, la crédulité, les illusions perdues : tous ces thèmes tissent une trame mélancolique que le graphisme si particulier de Dilliès rend parfaitement crédible et intense. Et cette intensité tient sans doute surtout au fait que les personnages zoomorphes qu'il campe dépeignent à merveille la jungle de notre triste humanité (quand elle s'en donne malheureusement si souvent la peine...). Ajoutez à cela des découpages et des mises en pages très originales et d'une très grande lisibilité (on est même surpris par la grande taille des cases), le tout sur un papier épais, et vous obtenez une BD qui en 2 tomes de très bonne facture nous plonge dans un récit emprunt d'émotion. A lire sans tarder pour ceux qui ne l'ont pas encore fait !

13/09/2012 (modifier)
Couverture de la série Chroniques Outremers
Chroniques Outremers

Cela faisait un petit moment que je tournais autour du tome 1 mais un feuilletage rapide m'avait fait peur. Pas beaucoup de texte. J'appréhendais une lecture trop rapide, 5 minutes et puis c'est tout. Finalement avec la sortie du tome 3, j'ai craqué. Bien m'en a pris. Certes, le défaut que je craignais est là mais avec 3 tomes à lire cela passe mieux. De plus, il y a le temps de lecture effectif et la marque que laisse cette lecture dans notre tête. Pour moi, cette empreinte est grande. Le pouvoir d'évocation du dessin, la puissance de l'intrigue pourtant minimaliste ont fait que quand je ferme les yeux c'est à cette bd que je pense. Est ce la peur que je ressens dès que je suis sur un bateau qui fait que les récits de marine me plaisent tant? Aucune idée. Des lecteurs ont signalé une parenté de cette bd avec Corto Maltese. Elle est effective et assumée par l'auteur ( un des marins est un clone de Corto enrobé). Cependant, j'y vois surtout des traces des romans de Henri de Monfreid et de Jack London ( Le loup des mers). Pour les aventuriers, il n'y a plus de continents à découvrir. L’Aventure c'est la mer. On n'est plus des pirates mais des contrebandiers. On fait sa loi sur son bateau. La guerre est là. On en profite. On fait des affaires avec qui paie le plus. Tant pis pour la morale. Le Floc'h campe des personnages intéressants et absolument pas manichéens. Ils sont même souvent plus horribles que sympathiques. Ainsi, plusieurs scènes du tome 1 font froids dans le dos. L’histoire n'est pas follement originale et la trame générale fait preuve d'une certaine langueur juste secouée ( je me répète) par des épisodes assez violents. Il s'agit juste d'une invitation au voyage très bien menée. Le découpage et la fluidité du récit sont exemplaires. On reconnait bien là le passé de storyboarder de Le Floc’h. Enfin, revenons au dessin. Je ne connaissais pas Le Floc'h. C'est une belle découverte. Au départ, le dessin paraît simpliste mais progressivement son pouvoir d'évocation fait effet. Certaines planches sont proches de tableaux abstraits. Il réussit l'exploit d'évoquer les tempêtes, le soleil qui se couche à l'horizon avec 2 couleurs et très peu de traits. Le tome 3 est le moins bon. Nous ne sommes plus sur l'océan mais sur un fleuve. Un marin est fait pour être en mer. La proximité de la terre leur sied moins. Bruno Le Floc’h minimalisme encore plus son trait. On ne peut lui reprocher un relâchement car les 3 tomes ont été réalisé en même temps car l'auteur voyait cela en one-shot. Cela lui fût refusé par son éditeur pour des soi-disant raisons marketing. Je pense que le trait éthéré du dessinateur a pour but de coller à l'état de dégradation physique et mentale du capitaine Tana. Un peu comme si le lecteur voyait le monde par les yeux embrumés par la morphine de Tana. De plus, le background historique est riche et rarement vu en bande dessinée. J'apprécie également que la révolution mexicaine ne soit pas encore montrée sous un jour glorieux. Cela n'en parait que plus réaliste. Vraiment un bel ouvrage un 4.5/5 coup de cœur

13/09/2012 (modifier)
Par DAN'S
Note: 4/5
Couverture de la série Normandie Juin 44
Normandie Juin 44

Il nous reste beaucoup de choses à découvrir ou à redécouvrir sur ce qui s’est passé le 6 juin 1944, sur ces plages et dans les jours qui ont suivi. Des hommes, de diverses nationalités, qui débarquent en même temps sur cinq secteurs différents, avec face à eux l’ennemi…  Cela ne pouvait pas se raconter au travers d’un seul ouvrage, au risque de nous perdre. Le choix d’une série de cinq albums, un par plage, est donc le bon choix pour une plus grande compréhension. Chaque album met en scène des personnages de fiction, des hommes, des femmes, des militaires, des civils, tous acteurs d’événements souvent tragiques. Les faits historiques sont relatés avec justesse, sans en gommer le caractère profondément humain. Le fil conducteur de la fiction n’occulte pas l’Histoire, il la souligne simplement et permet d’intégrer nombre d’anecdotes qui font partie intégrante de cette journée du 6 juin.

13/09/2012 (modifier)