Wow ! Attention, bijou ! Avec "Un printemps à Tchernobyl", Emmanuel Lepage signe ici une des meilleures BD documentaire qu'il m'ait été donné de lire.
Traitement graphique, sujet abordé, façon de le traiter, "omniréflexion" sur ce qu'il est en train de vivre et la retranscription qu'il doit en faire, les doutes qui jalonnent son aventure : tout ici concoure à la réalisation de cette œuvre intelligente, subtile et d'une grande force.
Car, comme Emmanuel Lepage, Tchernobyl reste pour beaucoup d'entre nous, LA triste image d'Epinal de la catastrophe nucléaire. Fukushima est passé par là depuis, mais Tchernobyl, en tant que "premier" accident nucléaire civil ayant eu de graves conséquences, a marqué notre époque, tout en restant quelque chose d'assez flou, plus ou moins lointain, dont on ne percevait pas vraiment les réelles conséquences pour ce qui nous concerne, et encore moins pour les gens qui continuent à vivre aux abords de cette zone sinistrée.
Et c'est là l'un des intérêts majeur de cette BD. En partant là-bas, Emmanuel Lepage, emmenait avec lui tout cette imagerie de la catastrophe nucléaire et tout un tas d'autres préjugés. La confrontation va être rude. Car, loin de s'épargner, il met à nu ses réflexions, ses doutes, ses peurs et tout ce qu'il ressent.
C'est cette sincérité qui donne sa force à cet album. On le sent petit à petit se libérer du poids de ses contraintes et de ses questionnements, et retrouver l'équilibre nécessaire à la réussite de ce projet : sa main se libère aussi. Celle qui l'avait lâché juste avant son départ, allant jusqu'à compromettre sa participation à ce projet, "reprends vie" et permet à Emmanuel Lepage de nous le rendre de la plus merveilleuse des façons avec cet album.
Très noir, gras et sombre au début, son graphisme s’enrichit de notes de couleur au fil de l'album, pour en arriver à ces sublimes planches toutes en couleur digne des Fauves du début du XXe, nées de son ressentit face aux lumières printanières qui illuminent la nature de ces lieux.
Paradoxe suprême qu'il exprime très bien, car derrière cette beauté, le danger fait plus que persister... Attention de ne pas s'oublier...
Vous l'aurez compris, c’est à mon sens un album d'une rare sincérité est tout simplement magistral. Car loin du catastrophisme qu'on aurait pu appréhender pour le traitement de ce genre de sujet, il réussit graphiquement et à travers les nombreuses interrogations qu'il soulève à faire passer émotions, les bonnes questions et les bouts de réponse qui en valent vraiment la peine.
Tout simplement à lire.
Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas sur la qualité du graphisme que j'ai été séduit.
(En absolu, pas plus de 2 étoiles).
Ni sur la qualité du seul scénario. (max. 3 étoiles)
Mais fait assez rare, sur l'alchimie très réussie des deux qui fait prendre la mayonnaise.
Ce, malgré un trait graphique maladroit, carré, simpliste, bien que pas vilain pour autant.
Le dessin garde quelque chose d'inachevé que la mise en couleur accentue, qui, avec le scénario, trouve dans un fragile équilibre, sa place, et nous permet une belle évasion de l'imaginaire.
Avec tout ce côté brut de fonderie, parvenir, sur moi lecteur, à ce résultat, est assez surprenant ! Je reste bluffé. Aussi, chapeau bas, l'artiste !
Et une BD très inhabituelle et déconcertante qu'il me presse de relire ...
Ah oui, oubliais-je ! Pour la trame de l'histoire, la BD nous conte la vie d'un peintre maudit, et son existence se passe plutôt dans la fange ...
A lire ...
Très beau graphisme à l'aquarelle dont Guillaume Sorel est passé maître ! Un régal à la lecture.
Pour le scénario, il nous raconte la vie de l'écrivain juif exilé en Amérique du Sud pendant la guerre 40-45.
En tant que lecteur, cet ouvrage m'aura fait approcher la raison de la fin tragique connue de Zweig, alors au comble du désespoir. Et lui donne un sens.
Elle nous fait prendre conscience aussi à quel point , en 1942, l'on pouvait très raisonnablement croire proche le règne absolu de l’Allemagne nazie sur le monde entier, vu toutes les alliances étrangères et extra-européennes qu'elle opérait à toute allure, et les réussites militaires tout azimut de cette nation à cette époque.
Sur le seul plan de l'attrait de la lecture intrinsèque de cette BD, certes sans le côté bibliographie ou essai bibliographique ici intéressant, j'ai autrement préféré la lecture de Hotel Particulier du même auteur, où l'on a une vraie place au rêve et à l'imagination.
Ces qualités sont relativement absentes dans cette BD de Zweig, un peu trop cadrée scénaristiquement à mes yeux. Et cet ouvrage intéressera surtout les fans de cet écrivain.
S'il n'y avait le beau beau beau graphisme de Sorel pour racheter la rigidité du scénario, je n'aurais sûrement pas mis ces 4 étoiles d’extrême justesse !
Je ne raterais plus aucun Follet, depuis qu'il s'est mis à la couleur directe !
Il a commencé la couleur directe avec d'emblée un opus réalisé à la peinture à l'huile : Terreur. Une merveille graphique unique dans la BD, une splendeur iconographique absolue.
Le très médiocre scénario de Terreur en comparaison de la qualité du visuel, semble juste servir de prétexte à l'élaboration de ce saphir.
René Follet doit être un bourreau du travail pour persévérer dans cette voie graphique sans concession, et qui lui va si bien.
La lecture de ce nouvel opus, sur un scénario fort correct de Rodolphe, nous conte la vie du romancier d'aventures Robert-Louis Stevenson, luttant contre ses démons, ses cauchemars (la faucheuse qui le hante dans son sommeil est ici un pirate de l'île au trésor), et une maladie des poumons récurrente qui l'emportera.
Les scènes de cauchemars couchées par Follet sont dantesques, absolument incroyables d'intensité graphique ! L'émotion est immédiate, et le texte du scénario superflu !
Si vous lisez la bande dessinée, en général, aussi pour l'art graphique qu'il est bel et bien, faites-vous plaisir avec cette oeuvre unique, et où en s'attardant à chaque case, l'on se prend avec plaisir au piège du visuel, de contempler éberlué chacune de ces cases comme l'on ferait des toiles dans un musée ...
Si vous vous contentez le lire la BD, en général, juste pour la bonne histoire qu'elle peut vous apporter et puis ... basta, càd en lecteur de texte aveugle au dessin, vous passerez à côté du cœur de cet ouvrage, et cet oeuvre du 9ème Art avec le plus grand A, ne sera pas pour vous.
Parce que le scénario reste tout de même en-dessous du talent immense du peintre, je ne mettrai pas les 5 étoiles, un peu avec regrets d'ailleurs ...
Mais quelle claque, et coup de cœur, graphiques !
7 ans après la fin de Universal War One, Denis Bajram nous revient avec un nouveau cycle de 6 volumes. Je sais cela va être long mais, même pour un lecteur comme moi qui a décidé d'arrêter l'achat de série à rallonge, il est difficile de résister à la tentation.
On retrouve l'univers de UW1, avec le fameux Wormhole, les CIC et l'ombre de Kalish, omniprésent dans l'album.
Mais cette fois, c'est autour d'une fille, Théa, descendante de Kalish que semble évoluer ce nouveau cycle.
Et il démarre sur les chapeaux de roues : attentat impressionnant, apparition de triangles mystérieux (voir sur la couverture) et d'autres phénomènes encore qui font de cet opus un véritable "film catastrophe".
C'est bien amené, toujours découpé par chapitre reprenant, en incipit, la fameuse Bible de Canaan.
Que dire du dessin de Bajram qui, avec des mises en pages audacieuses, est toujours aussi bon, dans la droite ligne du précédent cycle. D'ailleurs il a conservé sa technique du dessin réalisé à la palette graphique.
Me voici donc reparti pour un nouveau cycle, et cela avec mon plus grand plaisir.
L’enfant qui rêvait d’étoiles marque le parcours d’un chef cuisinier qui s’est vu décerner 3 étoiles au guide Michelin il y a peu. Il fait partie de la relève et de ce qu’on peut appeler la nouvelle cuisine. On va suivre son parcours de la plus tendre enfance avec sa grand-mère qui mitonnait de bons petits plats aux écoles de cuisine puis au passage dans les célèbres palaces hôteliers parisiens comme le Meurice. Il y aura également les rencontres et le voyage au Japon. A vrai dire, je ne connaissais pas Yannick Alleno.
Les 3 étoiles au guide Michelin vous propulsent dans le cercle très fermé des plus grands cuisiniers du monde. Autant dire que cette distinction n’est pas volée ou achetée. Il faut en baver pour parvenir à ce niveau. Et une fois atteint, on n’éprouve pas pour autant de la satisfaction tant il a fallu galérer. C’est le portrait d’un homme de la France qui gagne, un homme qui a travaillé dur pour y parvenir. Il est clair que cette philosophie de vie qui se base sur la compétition via les concours ne fera pas dans l’adhésion populaire et entrainera nécessairement de la vile jalousie. Le message ambiant de l’œuvre : repérer celui qui a le talent qui fera toute la différence parmi la multitude : c’est une culture de l’élite et de l’ambition. J’ai bien aimé cette franchise, cette façon de voir les choses ponctuée par des anecdotes assez croustillantes quant au milieu.
C’est vrai que je n’y connais rien à la cuisine car j’ai eu la chance dans ma vie d’être entourée par de très bonnes cuisinières. Pour autant, j’admire la gastronomie qui fait de notre pays l’un de ceux où l’on y mange le mieux au monde. L’un de mes dessins animés préférés est « Ratatouille » et il y est fait expressément référence en début de l’histoire comme un clin d’œil.
Récemment, j’avais lu En cuisine avec Alain Passard qui insistait lui aussi sur les produits du terroir ainsi que la créativité culinaire. J’ai nettement préféré « L'enfant qui rêvait d’étoiles » car il est beaucoup plus instructif sur ce qui gravite autour de la gastronomie. On sait qu’il faut avoir la passion de la cuisine pour réussir mais il y a d’autres choses qui peuvent faire la différence pour gravir les échelons. Et ces réponses nous seront servies sur un plat. Un brin trop lisse pour les uns, trop rustique pour les autres, difficile de s’y retrouver. La gourmandise est un vilain défaut. Cependant, ce n’est pas le pire.
D'abord, il y René Follet, le roi René, et son coup de pinceau reconnaissable entre mille. A 82 ans, ce surdoué de l'illustration nous offre une fois encore un album dont chaque case est un tableau ciselé que l'on aurait envie d'encadrer. Ses personnages aux silhouettes longilignes, aux mouvements gracieux, animent les planches dans un tourbillon de couleurs chaudes.
J'ai toujours aimé le trait de Follet, depuis que je l'ai découvert tout gosse dans le "Journal de Mickey" pour lequel il dessinait Les Zingari. A l'époque, il travaillait en noir et blanc et son style original sortait nettement du lot des séries pas toujours géniales que publiait ce magazine.
René Follet est un auteur de bandes dessinées discret, d'abord illustrateur de romans et nouvelles pour adolescents, il s'est mis au service d'autres auteurs, en réalisant des crayonnés pour ses amis "Mitacq" et "Vance (William)". Il suffit de regarder les dessins de Jacques Le Gall (Mitacq) ou de Marshal Blueberry (Vance) pour comprendre à quel point l'apport de Follet est fondamental, même s'il a rarement été crédité pour son travail.
Cela fait quelques années que le grand public peut enfin lire des albums entièrement dessinés par ce génie de l'ombre. Son talent est intact, son sens de la composition, de la mise en scène, du mouvement se sont bonifiés avec l'âge, sa main ne tremble pas, il n'utilise plus que la couleur directe et le résultat est superbe.
Chapeau l'artiste !
Rodolphe scénarise ici la biographie du romancier britannique Robert-Louis Stevenson, auteur mondialement connu pour ''L'Ile au trésor'' et "L'étrange cas du Docteur Jekyll et de Mister Hide", dont la vie faite de lutte contre la maladie, de voyages lointains et de rêveries couchées sur le papier s'avère suffisamment originale pour faire l'objet d'un récit en album. Bien sûr, l'exercice est un peu convenu et l'histoire se résume à une succession de scénettes retraçant quelques épisodes fondamentaux de l'existence de Stevenson, mais l'ensemble se lit sans déplaisir. Rodolphe imagine un Stevenson rongé par la maladie dont la vie n'est qu'une longue agonie. Et le pirate intérieur qui le ronge est aussi la principale source d'inspiration de cet écrivain forcené.
Le bel album publié par Dupuis dans sa collection "Aire libre" est complété par un cahier graphique comprenant une carte des voyages de Stevenson. Mais, s'il vous plaît, Messieurs de chez Dupuis, quand vous imprimez un planisphère sur une double page, évitez de placer l'Europe, où Stevenson a beaucoup voyagé, en plein dans la pliure !
En résumé, parce qu’il y a les dessins de Follet, mais aussi parce que Rodolphe a su trouver un angle d’attaque relativement original pour narrer la vie de Robert-Louis Stevenson, cet album est mon coup de cœur du moment.
Ah, toute la poésie de Fred ...
Cet album me faisait de l'oeil depuis un long moment, et je me suis enfin décidé à le lire pour voir ce qu'il valait. Et bien, c'est encore mieux que ce que j'avais imaginé.
Le dessin de Fred est toujours aussi bon, un excellent trait, des formats de cases superbes, des mises en page sublimes et des contrastes toujours excellents. Sans parler des couleurs et des petits traits.
Ajoutons à cela tout le génie de la langue, les traits d'humour, les bons mots, les dialogues truculents d'un échange absurde entre un homme devenu un corbeau à baskets et un psychologue bien plus fou que ses patients. Sans compter toutes les situations où le génie de Fred s'éclate, avec des personnages qu'il adore caricaturer, des bien pensants, défenseurs d'une morale et d'une éthique, bourgeois prétentieux ou militaires carrés. Un tableau bien sombre du genre humain. Tous ont l'air stupides, bornés, incapables de réfléchir.
Et dans tout ce mélange, Fred à rajouté une incroyable poésie noire, celle d'un homme rejeté par tous ses pairs pour son physique, son attitude, et ses baskets. Un homme qui ne comprend pas sa situation et qui la subit sans pouvoir agir. C'est touchant et dérangeant, Fred semblant ici se mettre en scène après son internement et sa dépression grave. Une drôle de métaphore.
La BD est longue, il y a beaucoup de texte, et la fin vient conclure de manière juste parfaite ce récit complètement décalé et empli d'une poésie noire et d'un humour décalé. Fred joue parfaitement avec son domaine et son style de BD, il y est à l'aise, et le récit s'en ressent. Un grand cru de la part de ce maitre de la BD. A lire, sans modération.
Encore un excellent Batman ! Enfin, un bon Gotham. Parce qu'avec tout ce qui se fait autour de Gotham je pense qu'on ne peut plus parler vraiment de Batman.
Dans ce cas, nous avons le droit à une histoire complète se centrant intégralement sur le Joker. Déjà il faut avouer que le personnage principal a un charisme indéniable, sans doute le plus génial des méchants jamais créé. Du coup l'idée même d'une histoire uniquement centrée sur le Joker a de quoi mettre l'eau à la bouche.
La BD m'a énormément plu, pour diverses raison. Déjà le dessin qui est sublime, autant pour la tête du Joker que les décors ou les autres personnages. Ajoutons à ça le point de vue adopté qui ajoute une grande partie de l'attrait du livre, puisque nous verrons le Joker dans toutes ses magouilles et ses coups crapuleux, cherchant à rétablir son emprise sur les malfrats de la ville. C'est une histoire intéressante, puisque nous avons enfin la vision de comment cela se passe pour ces méchants qui dominent le crime dans Gotham, dans leur vie de tous les jours et dans leurs complots/entraide entre eux.
Le tout est prenant, rythmé, avec des moments noirs, d'autres plus amusants, le Joker étant dans cette histoire véritablement psychopathe et non plus juste amusant. Le narrateur suit docilement cette personne sans se rendre compte de tout ce qu'il est. J'ai bien aimé aussi l'intégration d'autres personnages (Killer Croc, Le Pingouin, Harvey ...) et le fait que Batman soit presque absent, laissant toute la place à ce syndicat du crime et à leurs démêlés.
En clair, cette BD est superbe, autant dans les dessins que l'histoire, dans la lignée de La splendeur du Pingouin, explorant une des facettes de ce méchant si charismatique, montrant la face du Joker lorsqu'il n'apparait pas dans les Batman. C'est presque plus intéressant qu'un Batman classique, et en tout cas ça les complète bien. Vivement les rééditions, que je puisse l'avoir chez moi.
Un bail que j’attendais le troisième et dernier album de cette série pour en entamer la lecture. Pas du tout déçu, loin de là…
Mon âme de gamin a revécu l’espace de quelques instants avec ce conte fantastique qu’est « Braise ». J’ai eu beaucoup de plaisir à éprouver des émotions que je croyais perdues, les mêmes que lorsque je voyais, étant gosse, « Les aristochats » ou « Le livre de la jungle » de Walt Disney : un mélange d’admiration, de crainte, d’émerveillement et de sympathie pour les différents personnages (même les mauvais). C’est la plus pure tradition du conte avec son lot de créatures fantastiques ou monstrueuses, sa bande d’orphelins, sa forêt hantée, son histoire d’amour impossible, son sentiment de cruauté injuste que l’on rêve de voir réparé …
Je me suis vraiment fait embarqué par l’histoire, le rythme est soutenu et l’on ne s’ennuie pas une seconde. J’ai trouvé tout les protagonistes attachants, avec chacun sa réelle identité propre ; Janus, le pré-ado râleur et aveugle, protecteur chevronné de sa petite sœur Prune, fillette attendrissante piquant souvent ses crises de larmes (Le ressort de la sœur ne comptant que sur son grand frère fonctionnera toujours avec moi). Braise le chat anthropomorphe, excentrique, maniant le verbiage avec loufoquerie mais cachant un terrible secret. La galerie de « freaks » l’accompagnant dont Teigne qui a un look étrangement similaire à Freddy Krueger ou Patate, son fils, un colosse jaune à tête de bébé. J’ai bien aimé La Tasse parlante mais souffrant d’un gros défaut de langage et jaloux (c’est un homme/tasse) de l’histoire d’amour naissante entre Janus et sa propriétaire.
Malgré des couleurs très moyennes (voire moches), les graphismes sont très bien foutus et agréables. La lisibilité est fluide. 2eme regret qui a légèrement gâché mon plaisir : les dessins du troisième tome sont bâclés et pas aussi intenses que ceux des deux premiers tomes. Vraiment dommage car le troisième tome est le final grandiose que méritait cette trilogie.
Un très beau conte que je recommande à toutes les grandes personnes nostalgiques de leurs émotions perdues.
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Un printemps à Tchernobyl
Wow ! Attention, bijou ! Avec "Un printemps à Tchernobyl", Emmanuel Lepage signe ici une des meilleures BD documentaire qu'il m'ait été donné de lire. Traitement graphique, sujet abordé, façon de le traiter, "omniréflexion" sur ce qu'il est en train de vivre et la retranscription qu'il doit en faire, les doutes qui jalonnent son aventure : tout ici concoure à la réalisation de cette œuvre intelligente, subtile et d'une grande force. Car, comme Emmanuel Lepage, Tchernobyl reste pour beaucoup d'entre nous, LA triste image d'Epinal de la catastrophe nucléaire. Fukushima est passé par là depuis, mais Tchernobyl, en tant que "premier" accident nucléaire civil ayant eu de graves conséquences, a marqué notre époque, tout en restant quelque chose d'assez flou, plus ou moins lointain, dont on ne percevait pas vraiment les réelles conséquences pour ce qui nous concerne, et encore moins pour les gens qui continuent à vivre aux abords de cette zone sinistrée. Et c'est là l'un des intérêts majeur de cette BD. En partant là-bas, Emmanuel Lepage, emmenait avec lui tout cette imagerie de la catastrophe nucléaire et tout un tas d'autres préjugés. La confrontation va être rude. Car, loin de s'épargner, il met à nu ses réflexions, ses doutes, ses peurs et tout ce qu'il ressent. C'est cette sincérité qui donne sa force à cet album. On le sent petit à petit se libérer du poids de ses contraintes et de ses questionnements, et retrouver l'équilibre nécessaire à la réussite de ce projet : sa main se libère aussi. Celle qui l'avait lâché juste avant son départ, allant jusqu'à compromettre sa participation à ce projet, "reprends vie" et permet à Emmanuel Lepage de nous le rendre de la plus merveilleuse des façons avec cet album. Très noir, gras et sombre au début, son graphisme s’enrichit de notes de couleur au fil de l'album, pour en arriver à ces sublimes planches toutes en couleur digne des Fauves du début du XXe, nées de son ressentit face aux lumières printanières qui illuminent la nature de ces lieux. Paradoxe suprême qu'il exprime très bien, car derrière cette beauté, le danger fait plus que persister... Attention de ne pas s'oublier... Vous l'aurez compris, c’est à mon sens un album d'une rare sincérité est tout simplement magistral. Car loin du catastrophisme qu'on aurait pu appréhender pour le traitement de ce genre de sujet, il réussit graphiquement et à travers les nombreuses interrogations qu'il soulève à faire passer émotions, les bonnes questions et les bouts de réponse qui en valent vraiment la peine. Tout simplement à lire.
Egon Schiele
Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas sur la qualité du graphisme que j'ai été séduit. (En absolu, pas plus de 2 étoiles). Ni sur la qualité du seul scénario. (max. 3 étoiles) Mais fait assez rare, sur l'alchimie très réussie des deux qui fait prendre la mayonnaise. Ce, malgré un trait graphique maladroit, carré, simpliste, bien que pas vilain pour autant. Le dessin garde quelque chose d'inachevé que la mise en couleur accentue, qui, avec le scénario, trouve dans un fragile équilibre, sa place, et nous permet une belle évasion de l'imaginaire. Avec tout ce côté brut de fonderie, parvenir, sur moi lecteur, à ce résultat, est assez surprenant ! Je reste bluffé. Aussi, chapeau bas, l'artiste ! Et une BD très inhabituelle et déconcertante qu'il me presse de relire ... Ah oui, oubliais-je ! Pour la trame de l'histoire, la BD nous conte la vie d'un peintre maudit, et son existence se passe plutôt dans la fange ... A lire ...
Les Derniers Jours de Stefan Zweig
Très beau graphisme à l'aquarelle dont Guillaume Sorel est passé maître ! Un régal à la lecture. Pour le scénario, il nous raconte la vie de l'écrivain juif exilé en Amérique du Sud pendant la guerre 40-45. En tant que lecteur, cet ouvrage m'aura fait approcher la raison de la fin tragique connue de Zweig, alors au comble du désespoir. Et lui donne un sens. Elle nous fait prendre conscience aussi à quel point , en 1942, l'on pouvait très raisonnablement croire proche le règne absolu de l’Allemagne nazie sur le monde entier, vu toutes les alliances étrangères et extra-européennes qu'elle opérait à toute allure, et les réussites militaires tout azimut de cette nation à cette époque. Sur le seul plan de l'attrait de la lecture intrinsèque de cette BD, certes sans le côté bibliographie ou essai bibliographique ici intéressant, j'ai autrement préféré la lecture de Hotel Particulier du même auteur, où l'on a une vraie place au rêve et à l'imagination. Ces qualités sont relativement absentes dans cette BD de Zweig, un peu trop cadrée scénaristiquement à mes yeux. Et cet ouvrage intéressera surtout les fans de cet écrivain. S'il n'y avait le beau beau beau graphisme de Sorel pour racheter la rigidité du scénario, je n'aurais sûrement pas mis ces 4 étoiles d’extrême justesse !
Stevenson, le pirate intérieur
Je ne raterais plus aucun Follet, depuis qu'il s'est mis à la couleur directe ! Il a commencé la couleur directe avec d'emblée un opus réalisé à la peinture à l'huile : Terreur. Une merveille graphique unique dans la BD, une splendeur iconographique absolue. Le très médiocre scénario de Terreur en comparaison de la qualité du visuel, semble juste servir de prétexte à l'élaboration de ce saphir. René Follet doit être un bourreau du travail pour persévérer dans cette voie graphique sans concession, et qui lui va si bien. La lecture de ce nouvel opus, sur un scénario fort correct de Rodolphe, nous conte la vie du romancier d'aventures Robert-Louis Stevenson, luttant contre ses démons, ses cauchemars (la faucheuse qui le hante dans son sommeil est ici un pirate de l'île au trésor), et une maladie des poumons récurrente qui l'emportera. Les scènes de cauchemars couchées par Follet sont dantesques, absolument incroyables d'intensité graphique ! L'émotion est immédiate, et le texte du scénario superflu ! Si vous lisez la bande dessinée, en général, aussi pour l'art graphique qu'il est bel et bien, faites-vous plaisir avec cette oeuvre unique, et où en s'attardant à chaque case, l'on se prend avec plaisir au piège du visuel, de contempler éberlué chacune de ces cases comme l'on ferait des toiles dans un musée ... Si vous vous contentez le lire la BD, en général, juste pour la bonne histoire qu'elle peut vous apporter et puis ... basta, càd en lecteur de texte aveugle au dessin, vous passerez à côté du cœur de cet ouvrage, et cet oeuvre du 9ème Art avec le plus grand A, ne sera pas pour vous. Parce que le scénario reste tout de même en-dessous du talent immense du peintre, je ne mettrai pas les 5 étoiles, un peu avec regrets d'ailleurs ... Mais quelle claque, et coup de cœur, graphiques !
Universal War Two
7 ans après la fin de Universal War One, Denis Bajram nous revient avec un nouveau cycle de 6 volumes. Je sais cela va être long mais, même pour un lecteur comme moi qui a décidé d'arrêter l'achat de série à rallonge, il est difficile de résister à la tentation. On retrouve l'univers de UW1, avec le fameux Wormhole, les CIC et l'ombre de Kalish, omniprésent dans l'album. Mais cette fois, c'est autour d'une fille, Théa, descendante de Kalish que semble évoluer ce nouveau cycle. Et il démarre sur les chapeaux de roues : attentat impressionnant, apparition de triangles mystérieux (voir sur la couverture) et d'autres phénomènes encore qui font de cet opus un véritable "film catastrophe". C'est bien amené, toujours découpé par chapitre reprenant, en incipit, la fameuse Bible de Canaan. Que dire du dessin de Bajram qui, avec des mises en pages audacieuses, est toujours aussi bon, dans la droite ligne du précédent cycle. D'ailleurs il a conservé sa technique du dessin réalisé à la palette graphique. Me voici donc reparti pour un nouveau cycle, et cela avec mon plus grand plaisir.
L'Enfant qui rêvait d'étoiles
L’enfant qui rêvait d’étoiles marque le parcours d’un chef cuisinier qui s’est vu décerner 3 étoiles au guide Michelin il y a peu. Il fait partie de la relève et de ce qu’on peut appeler la nouvelle cuisine. On va suivre son parcours de la plus tendre enfance avec sa grand-mère qui mitonnait de bons petits plats aux écoles de cuisine puis au passage dans les célèbres palaces hôteliers parisiens comme le Meurice. Il y aura également les rencontres et le voyage au Japon. A vrai dire, je ne connaissais pas Yannick Alleno. Les 3 étoiles au guide Michelin vous propulsent dans le cercle très fermé des plus grands cuisiniers du monde. Autant dire que cette distinction n’est pas volée ou achetée. Il faut en baver pour parvenir à ce niveau. Et une fois atteint, on n’éprouve pas pour autant de la satisfaction tant il a fallu galérer. C’est le portrait d’un homme de la France qui gagne, un homme qui a travaillé dur pour y parvenir. Il est clair que cette philosophie de vie qui se base sur la compétition via les concours ne fera pas dans l’adhésion populaire et entrainera nécessairement de la vile jalousie. Le message ambiant de l’œuvre : repérer celui qui a le talent qui fera toute la différence parmi la multitude : c’est une culture de l’élite et de l’ambition. J’ai bien aimé cette franchise, cette façon de voir les choses ponctuée par des anecdotes assez croustillantes quant au milieu. C’est vrai que je n’y connais rien à la cuisine car j’ai eu la chance dans ma vie d’être entourée par de très bonnes cuisinières. Pour autant, j’admire la gastronomie qui fait de notre pays l’un de ceux où l’on y mange le mieux au monde. L’un de mes dessins animés préférés est « Ratatouille » et il y est fait expressément référence en début de l’histoire comme un clin d’œil. Récemment, j’avais lu En cuisine avec Alain Passard qui insistait lui aussi sur les produits du terroir ainsi que la créativité culinaire. J’ai nettement préféré « L'enfant qui rêvait d’étoiles » car il est beaucoup plus instructif sur ce qui gravite autour de la gastronomie. On sait qu’il faut avoir la passion de la cuisine pour réussir mais il y a d’autres choses qui peuvent faire la différence pour gravir les échelons. Et ces réponses nous seront servies sur un plat. Un brin trop lisse pour les uns, trop rustique pour les autres, difficile de s’y retrouver. La gourmandise est un vilain défaut. Cependant, ce n’est pas le pire.
Stevenson, le pirate intérieur
D'abord, il y René Follet, le roi René, et son coup de pinceau reconnaissable entre mille. A 82 ans, ce surdoué de l'illustration nous offre une fois encore un album dont chaque case est un tableau ciselé que l'on aurait envie d'encadrer. Ses personnages aux silhouettes longilignes, aux mouvements gracieux, animent les planches dans un tourbillon de couleurs chaudes. J'ai toujours aimé le trait de Follet, depuis que je l'ai découvert tout gosse dans le "Journal de Mickey" pour lequel il dessinait Les Zingari. A l'époque, il travaillait en noir et blanc et son style original sortait nettement du lot des séries pas toujours géniales que publiait ce magazine. René Follet est un auteur de bandes dessinées discret, d'abord illustrateur de romans et nouvelles pour adolescents, il s'est mis au service d'autres auteurs, en réalisant des crayonnés pour ses amis "Mitacq" et "Vance (William)". Il suffit de regarder les dessins de Jacques Le Gall (Mitacq) ou de Marshal Blueberry (Vance) pour comprendre à quel point l'apport de Follet est fondamental, même s'il a rarement été crédité pour son travail. Cela fait quelques années que le grand public peut enfin lire des albums entièrement dessinés par ce génie de l'ombre. Son talent est intact, son sens de la composition, de la mise en scène, du mouvement se sont bonifiés avec l'âge, sa main ne tremble pas, il n'utilise plus que la couleur directe et le résultat est superbe. Chapeau l'artiste ! Rodolphe scénarise ici la biographie du romancier britannique Robert-Louis Stevenson, auteur mondialement connu pour ''L'Ile au trésor'' et "L'étrange cas du Docteur Jekyll et de Mister Hide", dont la vie faite de lutte contre la maladie, de voyages lointains et de rêveries couchées sur le papier s'avère suffisamment originale pour faire l'objet d'un récit en album. Bien sûr, l'exercice est un peu convenu et l'histoire se résume à une succession de scénettes retraçant quelques épisodes fondamentaux de l'existence de Stevenson, mais l'ensemble se lit sans déplaisir. Rodolphe imagine un Stevenson rongé par la maladie dont la vie n'est qu'une longue agonie. Et le pirate intérieur qui le ronge est aussi la principale source d'inspiration de cet écrivain forcené. Le bel album publié par Dupuis dans sa collection "Aire libre" est complété par un cahier graphique comprenant une carte des voyages de Stevenson. Mais, s'il vous plaît, Messieurs de chez Dupuis, quand vous imprimez un planisphère sur une double page, évitez de placer l'Europe, où Stevenson a beaucoup voyagé, en plein dans la pliure ! En résumé, parce qu’il y a les dessins de Follet, mais aussi parce que Rodolphe a su trouver un angle d’attaque relativement original pour narrer la vie de Robert-Louis Stevenson, cet album est mon coup de cœur du moment.
L'Histoire du Corbac aux Baskets
Ah, toute la poésie de Fred ... Cet album me faisait de l'oeil depuis un long moment, et je me suis enfin décidé à le lire pour voir ce qu'il valait. Et bien, c'est encore mieux que ce que j'avais imaginé. Le dessin de Fred est toujours aussi bon, un excellent trait, des formats de cases superbes, des mises en page sublimes et des contrastes toujours excellents. Sans parler des couleurs et des petits traits. Ajoutons à cela tout le génie de la langue, les traits d'humour, les bons mots, les dialogues truculents d'un échange absurde entre un homme devenu un corbeau à baskets et un psychologue bien plus fou que ses patients. Sans compter toutes les situations où le génie de Fred s'éclate, avec des personnages qu'il adore caricaturer, des bien pensants, défenseurs d'une morale et d'une éthique, bourgeois prétentieux ou militaires carrés. Un tableau bien sombre du genre humain. Tous ont l'air stupides, bornés, incapables de réfléchir. Et dans tout ce mélange, Fred à rajouté une incroyable poésie noire, celle d'un homme rejeté par tous ses pairs pour son physique, son attitude, et ses baskets. Un homme qui ne comprend pas sa situation et qui la subit sans pouvoir agir. C'est touchant et dérangeant, Fred semblant ici se mettre en scène après son internement et sa dépression grave. Une drôle de métaphore. La BD est longue, il y a beaucoup de texte, et la fin vient conclure de manière juste parfaite ce récit complètement décalé et empli d'une poésie noire et d'un humour décalé. Fred joue parfaitement avec son domaine et son style de BD, il y est à l'aise, et le récit s'en ressent. Un grand cru de la part de ce maitre de la BD. A lire, sans modération.
Joker
Encore un excellent Batman ! Enfin, un bon Gotham. Parce qu'avec tout ce qui se fait autour de Gotham je pense qu'on ne peut plus parler vraiment de Batman. Dans ce cas, nous avons le droit à une histoire complète se centrant intégralement sur le Joker. Déjà il faut avouer que le personnage principal a un charisme indéniable, sans doute le plus génial des méchants jamais créé. Du coup l'idée même d'une histoire uniquement centrée sur le Joker a de quoi mettre l'eau à la bouche. La BD m'a énormément plu, pour diverses raison. Déjà le dessin qui est sublime, autant pour la tête du Joker que les décors ou les autres personnages. Ajoutons à ça le point de vue adopté qui ajoute une grande partie de l'attrait du livre, puisque nous verrons le Joker dans toutes ses magouilles et ses coups crapuleux, cherchant à rétablir son emprise sur les malfrats de la ville. C'est une histoire intéressante, puisque nous avons enfin la vision de comment cela se passe pour ces méchants qui dominent le crime dans Gotham, dans leur vie de tous les jours et dans leurs complots/entraide entre eux. Le tout est prenant, rythmé, avec des moments noirs, d'autres plus amusants, le Joker étant dans cette histoire véritablement psychopathe et non plus juste amusant. Le narrateur suit docilement cette personne sans se rendre compte de tout ce qu'il est. J'ai bien aimé aussi l'intégration d'autres personnages (Killer Croc, Le Pingouin, Harvey ...) et le fait que Batman soit presque absent, laissant toute la place à ce syndicat du crime et à leurs démêlés. En clair, cette BD est superbe, autant dans les dessins que l'histoire, dans la lignée de La splendeur du Pingouin, explorant une des facettes de ce méchant si charismatique, montrant la face du Joker lorsqu'il n'apparait pas dans les Batman. C'est presque plus intéressant qu'un Batman classique, et en tout cas ça les complète bien. Vivement les rééditions, que je puisse l'avoir chez moi.
Braise
Un bail que j’attendais le troisième et dernier album de cette série pour en entamer la lecture. Pas du tout déçu, loin de là… Mon âme de gamin a revécu l’espace de quelques instants avec ce conte fantastique qu’est « Braise ». J’ai eu beaucoup de plaisir à éprouver des émotions que je croyais perdues, les mêmes que lorsque je voyais, étant gosse, « Les aristochats » ou « Le livre de la jungle » de Walt Disney : un mélange d’admiration, de crainte, d’émerveillement et de sympathie pour les différents personnages (même les mauvais). C’est la plus pure tradition du conte avec son lot de créatures fantastiques ou monstrueuses, sa bande d’orphelins, sa forêt hantée, son histoire d’amour impossible, son sentiment de cruauté injuste que l’on rêve de voir réparé … Je me suis vraiment fait embarqué par l’histoire, le rythme est soutenu et l’on ne s’ennuie pas une seconde. J’ai trouvé tout les protagonistes attachants, avec chacun sa réelle identité propre ; Janus, le pré-ado râleur et aveugle, protecteur chevronné de sa petite sœur Prune, fillette attendrissante piquant souvent ses crises de larmes (Le ressort de la sœur ne comptant que sur son grand frère fonctionnera toujours avec moi). Braise le chat anthropomorphe, excentrique, maniant le verbiage avec loufoquerie mais cachant un terrible secret. La galerie de « freaks » l’accompagnant dont Teigne qui a un look étrangement similaire à Freddy Krueger ou Patate, son fils, un colosse jaune à tête de bébé. J’ai bien aimé La Tasse parlante mais souffrant d’un gros défaut de langage et jaloux (c’est un homme/tasse) de l’histoire d’amour naissante entre Janus et sa propriétaire. Malgré des couleurs très moyennes (voire moches), les graphismes sont très bien foutus et agréables. La lisibilité est fluide. 2eme regret qui a légèrement gâché mon plaisir : les dessins du troisième tome sont bâclés et pas aussi intenses que ceux des deux premiers tomes. Vraiment dommage car le troisième tome est le final grandiose que méritait cette trilogie. Un très beau conte que je recommande à toutes les grandes personnes nostalgiques de leurs émotions perdues.