C'est une belle histoire tragique et légère à la fois qui nous fait comprendre que les cités grecques qui se battaient sans cesse entre elles, vivaient en totale adéquation avec les dieux de l'Olympe qui dictaient la vie des mortels, et ceux-ci se résignaient souvent à leur sort.
La narration prend son temps, le début est long à démarrer, mais Le Tendre prend le soin de bien planter le personnage de Tirésias pour cerner son caractère frondeur, volage, provocateur et pédant.
Comme dans La Gloire d'Héra, Le Tendre adapte à sa façon en un récit vivant et drôle la légende de Tirésias, très présent dans la Mythologie grecque, qui fut connu comme un grand devin après avoir été frappé de cécité par Héra, suite à sa réponse sur la question du plaisir entre l'homme et la femme dans la volupté. L'humour ici occupe une place plus réduite car on est plus proche de la tragédie grecque.
Rossi adopte la même recette graphique que pour La Gloire d'Héra, intégrant une dimension légèrement caricaturale à son style habituel, sublimé par les couleurs ; ses planches sont lumineuses. Bref, Le Tendre et Rossi, c'est une collaboration très réussie.
Comme pour l'intégrale de La Gloire d'Héra, Casterman a opté pour une couverture très moyenne, alors que les couvertures des 2 albums d'origine sont superbes, rien que pour ça, il vaut mieux acheter ces 2 albums en occase.
On a ici l'impression de lire des récits de rêves, comme on pouvait le faire dans les revues surréalistes d'avant guerre. Avec des images en plus. De très belles images (le dessin, et la colorisation sont très beaux je trouve).
On en sort comme on se réveille, en cherchant à se souvenir, en cherchant à comprendre. ce qui n'est pas toujours possible et/ou souhaitable.
J'avais lu cet album à sa sortie, et viens de m'y replonger. Même impression que la première fois, c'est à dire la traversée d'un brouillard qui se dissipe péniblement, et qu'on veut à tout prix traverser.
Il faudra que j'y retourne. Et j'y retournerai, sans savoir pourquoi, mais cet album très poétique (on est là en terre de surréalisme belge) nous invite à un voyage infini.
Un coup de coeur, pour une oeuvre très originale, qui risque de ne pas trouver son public. Le prix y est sans doute pour quelque chose...
Note réelle 3,5/5
C’est la première fois que je vois une œuvre de Junji Ito, le maître du frisson, aussi abouti ce qui explique mon 4 étoiles. J’avais peur de me retrouver pour un recueil de différentes nouvelles dont la principale faisait la couverture. Le Mort amoureux échappe à cette règle. C’est une longue histoire en quatre chapitres qui s’acheminera vers une conclusion. On aura bien une réponse au mystère de ce mort amoureux qui sévit depuis le début. L’auteur a pris son temps pour développer son récit aussi terrifiant que captivant.
Tout part d’une croyance urbaine japonaise qui consiste à demander au premier passant venu par soirée de brouillard des prédictions de type amoureuse. Le jeu consiste à se prêter à cet oracle et d’alimenter ou pas les espoirs de jeunes gens en quête d’amour. Cependant, cela tourne mal depuis qu’un certain jeune homme en noir prédit que du négatif. Un lycéen qui revient dans sa ville d’enfance va essayer de combattre ce nouveau fléau ce qui fera resurgir des blessures psychologiques profondes.
On retrouve tous les aspects liés à l’univers de ce mangaka où le quotidien bascule soudainement. C’est une atmosphère inquiétante et oppressante où l’on croise des fantômes et autres corps en décomposition dans une ville où le brouillard tombe assez souvent. Il aime jouer sur la chair de ses personnages pour les transformer. L’histoire ne manque pas d’originalité même si la fin peut prêter à confusion quant à l’identité de ce mystérieux jeune homme. En tout cas, les différents personnages ont été bien travaillés et exploités à bon escient. L’édition est de bonne qualité. Rien à redire.
C'est dimanche alors forcément c'est tarte aux pommes et café en regardant la chance aux chansons ... nan je déconne même si j'avoue que j'ai peut-être mis trop de rhum dans mon café finalement. Du coup , j'ai pris le "Geek Agency - Level 1" acheté presque fraîchement chez mon libraire , samedi si vous voulez tout savoir et , installé sur mon sofa qui est déja moulé par la forme de mon corps athlétique, j'ai commencé à le lire.
Charentaises : ON
Comme chaque semaine, une bande d’amis composé de Nick le body buildé au sourire ravageur, Adam, Tim le fan de Pokémon, Kevin l’intello, Sarah et Abbey la blonde un peu chieuse (il en faut toujours un qui râle non ?) se réunissent pour une bonne après-midi de jeux de société ; aujourd’hui au programme Kevin a prévu un jeu de plateau sur le thème des zombies vu que le sujet est supra à la mode avec série telle que Walking Dead qui cartonne à la télé, ou la sortie prochaine de War-Z et les films de genre Romero, REC etc ... Tout y est pour passer une bonne journée : pizza, chips, coca, bonne ambiance et les copines. La partie est lancée ainsi que les dés et alors qu’ils sont plongés dans l’ambiance du jeu mené tambour battant par le maître Kevin, quelqu’un frappe si fort à la porte que tout le monde sursaute … une livraison supplémentaire de pizza. Qui a commandé ? Mike ? Adam ? Hey minute, la tête du livreur de pizza me rappelle quelque chose… c’est un zombie !
Et voilà ce qui était au début un simple jeu bascule tout à coup sûr une vraie réalité. Les morts vivants ont envahi la ville et peut-être même le monde. Après le choc passé et la perte de Sarah, leurs instincts reprennent un petit peu le dessus et ils vont essayer de survivre; pour ce faire, en dehors de leurs jambes, certains ont leur propre technique comme d’imaginer qu’ils sont encore dans le jeu de plateau … mais ce serait bien trop beau si certains d'entre eux ne tombaient sous des mâchoires désarticulées et affamées.
Mais ce que certains du groupe ne savent pas encore, c'est que Tim et Adam ne sont pas de simples humains mais des humains du futur appartenant à une étrange organisation, la GA ou Geek Agency, chargée de maintenir l’équilibre et l’harmonie sur Terre des possibles distortions.
Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark, et Hamlet … oh pardon je m’égare; Quelque chose a provoqué tout ce bordel et il va falloir d'urgence désamorcer la situation surtout que d'étranges expériences sont en cours et qu'il faudra bien payer de leurs personnes s'ils veulent survivre.
Adrénaline, hémoglobine, second degré, clins d'œil (un peu), humour décalé et évidemment Geek attitude, voilà des ingrédients qui ne vous laisseront pas de marbre. Je vous le dit vous aurez de tout : des zombies, un savant fou, des zombies mutants, pokémon (et oui), de la peur (brrr); des filles à moitié dénudées et j'en passe ... bref c'est du lourd à ne pas mettre entre toutes les mains sous peine d'indigestion imprévue mais j'y reviendrai un peu plus tard/bas.
Petit ovni de la bd française prévu en 3 tomes au goût matiné de culture rosbif, voilà dans tous les cas une franche réussite. Dessinée et scénarisée par le duo Philippe Briones et Romain Huet, voilà une collaboration assez réussie de nos deux barbouzes, qui ne sont pas à leur coup d'essai. Philippe Briones a déjà baroudé pas mal dans les comics et l'animation (Fantasia, Kuzco, etc ..) alors que Romain Huet a déjà pas mal travaillé dans la partie scénaristique et le coloris (et ils cartonnent dans ce domaine).
On sent qu'ils maîtrisent leur sujet, on a une narration fluide, dynamique, une structure et un découpage efficace et facile à suivre puisqu'en quelques pages, on a fait les présentations des personnages principaux que l'on peut caractériser très rapidement par quelqu'un que l'on connaît.
Le scénario va crescendo dans la découverte de ce qui se passe et à chaque page on a peur pour nos héros et l’ambiance et les couleurs vont s'obscurcir au fil de la lecture.
C'est frais à lire, drôle et bien pondu et dessiné ... évidemment destiné à un large public de geeks, ce qui veut dire que ce ne sera pas forcément accessible à tous les publics (plus classiques j’entends) ou dans tous les cas ce sera un peu plus difficile à apprécier toutes les subtilités. Donc si tu as entre 15 à 55 ans, tu es fan de séries US, fan de cinéma, de comics, de trucs fantastiques … ce livre est pour toi.
Petite cerise sur le gâteau, on a de jolis croquis à la fin avec des reprises par Alary, Minguez et d'autres et surtout un petit jeu ... si si (moi je l'ai fait^^).. Pour abréger, Geek Agency Lvl 1, c'est du bon, du beau, du prometteur et qui on espère nous fera exploser nos rétines et notre imaginaire avec les 2e et 3e tomes. Moi j'adhère déjà.
Sur ce, amis culturistes, je vous abandonne pour remettre mes pantoufles en peau de phoque retournée et m'en va me préparer un thé vert au clou de girofle et un peu de miel :)
Cycle 1
Special Branch c'est la police spéciale anglaise. Celle qui intervient sur les affaires les plus complexes, celles où la police locale est dépassée. Special Branch ce sont 2 agents en action : un frère et une sœur. Lui c'est le policier qu'on imagine, méthodique et réfléchi, celui qui recherche et analyse les indices. Elle c'est plus la finesse et la subtilité qui la caractérise. Elle est médecin et n'a pas son pareil pour faire parler un cadavre, même si celui ci est décédé depuis 20 ans.
Bref, Special Branch ce sont les experts en Angleterre, 130 ans avant ceux de Las Vegas et Miami.
Il y a pas mal de bons points dans cette série. D'abord l'ambiance victorienne parfaitement mise en image par un graphisme soigné. L'idée originale de mettre en place une police scientifique avec les moyens de l'époque. L'intrigue est également pas mal fichue, entre la découverte macabre du cadavre et le mystérieux rôdeur la sauce prend très bien.
Une bonne impression au final, il n'y a qu'à attendre la suite et que celle-ci nous réserve de bonnes surprises.
La suite du premier cycle confirme la bonne impression initiale. Le déroulement de l’enquête est très bien construit. Toutes les pistes sont explorées à fond, du coup malgré le bon nombre de personnages on comprend tous les tenants et les aboutissants ainsi que le rôle de chacun.
La période historique choisie donne un petit truc en plus. Au final on a une histoire policière très agréable à lire.
Cycle 2
Le second cycle de cette série est constitué d'un tome unique qui contient une histoire complète. On retrouve les mêmes personnages et la même ambiance sympathique. Le dessin est toujours aussi agréable.
L'enquête qui nous est contée est un peu moins prenante que celle du premier cycle. Principalement parce qu'à la moitié de l'album le mobile du meurtre et son commanditaire ne font plus aucun doute. Mais aussi un peu parce que les investigations menées par nos policiers sont un peu plus simplistes. Le coté 'experts' avant l'heure ne se ressent pas ici. Quelques indices ajoutés à quelques évidences et l'aide bienvenue de plusieurs protagonistes annexes et hop tout ça est résolu en moins de deux.
Malgré ces détails, le rythme est bon, on ne s'ennuie pas et il y a encore de quoi passer un bon moment de lecture.
Le génie de Winshluss a encore frappé ! Après le sublime Pinocchio (Winshluss), je ne pouvais pas passer à côté de ce In God We Trust. J’ai franchement hésité à lui attribuer la note maximale mais il manque cette petite touche de génie qui faisait que Pinocchio (Winshluss) se tenait de bout en bout, avec sa trame de fond et ses personnages.
Ici, il est plutôt question de saynètes et, à nouveau, l’auteur fait mouche. Sans en faire de trop, Winshluss se moque de la bible et des dogmes. Tantôt sous forme de courtes histoires, tantôt sous forme de parodies publicitaires, il arrive encore une fois à nous surprendre avec cette caricature teintée d’humour graveleux et corrosif. C’est sa patte, sa marque de fabrique et franchement, je suis fan.
Comme pour Pinocchio (Winshluss), l’approche graphique de l’auteur tient du génie : selon le thème de l’histoire, il sait alterner la mise en page et le trait ou la colorisation. Comme si cela n’était pas suffisant, l’éditeur a de nouveau mis le paquet sur la qualité éditoriale !
Si vous appréciez l’auteur, je ne vois pas comment vous pourriez être déçu. Ce one-shot est une petite merveille. Vivement le prochain !
On est assez loin du western spaghetti de type Durango ; ici, la simplicité du scénario est compensée par un western tout en atmosphère qui met en scène les illusions perdues. C'est un western lent, contemplatif, à forte dose de psychologie, au ton crépusculaire affirmé, qui rappelle certains films des années 70 comme John McCabe, Josey Wales hors la loi, Dialogue de feu, Butch Cassidy et le Kid, ou Juge et Hors la loi... à l'heure où Hollywood revisitait le genre qui avait fait sa gloire.
C'est un western mélancolique qui reprend certains ingrédients habituels et un vernis d'imagerie d'Epinal, mais derrière lesquels une vision trop réaliste a fait disparaître le côté magique ; un réalisme sordide qui marque la fin des héros, car ceux-ci ont vieilli, leurs jours sont comptés, ce sont les dinosaures d'un Ouest en décrépitude, la nostalgie n'est plus ce qu'elle était. Le jeune pistolero connaîtra une fin dérisoire, à l'image même d'un genre qui a abandonné tout romantisme au profit du cynisme.
La scène de sexe torride justifie par son audace l'éclatement d'un univers qui fut jadis clinquant et folklorique. Rugueux et hostile, cru et impitoyable, le Far West offre désormais le spectacle d'un paysage morne et vide, à l'instar de la superbe couverture d'album, et des cases de début et de fin sur le patelin de Bartlesville.
La construction des premières pages, sans dialogue est magistrale, le dessin est fabuleux, Guérineau a effectué un travail remarquable sur les visages, les ombres, certains éléments de décor, les cadrages ; les couleurs achèvent de rendre ce récit véritablement hypnotique, qui incite une fois qu'il est lu, à s'attarder sur la beauté des dessins.
J'ai vraiment l'impression en lisant ce récit de retrouver l'équivalent en BD de ce que j'ai vu dans certains films, tout est parfaitement restitué. Une pure merveille.
J’ai beaucoup lu les albums de Serre lorsque j’étais adolescent, et ce sont même sûrement les premières bandes dessinées d’humour noir qu’il m’ait été donné de découvrir (c'est un genre que j’affectionne particulièrement encore aujourd’hui).
Après relecture des quatre albums que je possède, si je dois modérer mon enthousiasme (illustration plus que BD ; lecture rapide ?), je trouve encore que les dessins de Serre sont souvent drôles.
Ils me font moins rire, peut-être, mais c’est sûrement parce que je ne les trouve plus aussi « noirs » qu’auparavant. Et que je me suis habitué à lire des choses plus percutantes depuis.
Mais ça reste quand même un auteur à lire (ou regarder), et pourquoi pas à posséder, pour le plaisir de la relecture, ce qu’il m’arrive encore périodiquement de faire.
Ouch … c’est du lourd. Mais du bon, du désopilant, de l’excellent même !
Colt Bingers, c’est un pastiche tellement énorme de l’américain type que ça le rend encore plus crédible. Sous forme de courts chapitres, on suit Colt Bingers, ancien flic ayant remis son étoile, dans sa traque sans pitié du meurtrier de sa femme … un borgne unijambiste. Et sa traque en Harley va faire du grabuge. Après tout, on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. Le ton feuilletonnesque de cette fresque folle, alliant parodie de séries télés et situations absurdes, est bien décortiqué par Jetjet. Bref, voici une caricature des déviances d’une nation qui est bigrement bien foutue.
C’est énorme mais tellement vrai … Très très réussi !
Je ne connaissait Jung qu'avec le magnifique Kwaïdan et la je le découvre sous une toute autre facette et dans un style complément différent.
Dans un style en noir et blanc très expressif, Jung s'attaque à un thème qui ne devait pas être évident à traiter : Lui même ! Dans "Couleur de peau : Miel", Jung va nous raconter son enfance, sa vie d'adopté, depuis qu'un policier l'a trouvé errant dans la rue en Corée, en passant par son passage en orphelinat, son arrivé dans sa nouvelle famille en Belgique, son adolescence, et pour finir sur son retour en Corée. La boucle était bouclée.
Une sacrée introspection ce récit !
Jung a traité ça habillement, malgré le thème principal fort (l'adoption, et plus précisément comment lui a vécu son adoption d'enfant Coréen), il n'a pas versé dans le larmoyant facile. Il ya de l'émotion certes, mais je l'ai toujours sentie "juste", c'est émouvant quand ça devait l'être, c'est poignant quand il le fallait, et surtout les passages un peu drôle ne tombaient pas comme un cheveu sur la soupe, c’était toujours bien à propos, et ça rendait le récit un peu plus léger par moment...
J'ai vraiment adoré ma lecture, Jung a un vrai talent pour raconter des histoires et son histoire en particulier. J'aurais presque aimé qu'il en raconte plus ! Le début de sa vie de dessinateur de BD, sa première copine, la rencontre avec sa femme, etc etc. Mais le pauvre, il n'a peut être pas envie de se montrer plus...
En tout cas, bravo M. Jung, vous avez fait une bien belle BD, et un très beau témoignage !
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Tirésias
C'est une belle histoire tragique et légère à la fois qui nous fait comprendre que les cités grecques qui se battaient sans cesse entre elles, vivaient en totale adéquation avec les dieux de l'Olympe qui dictaient la vie des mortels, et ceux-ci se résignaient souvent à leur sort. La narration prend son temps, le début est long à démarrer, mais Le Tendre prend le soin de bien planter le personnage de Tirésias pour cerner son caractère frondeur, volage, provocateur et pédant. Comme dans La Gloire d'Héra, Le Tendre adapte à sa façon en un récit vivant et drôle la légende de Tirésias, très présent dans la Mythologie grecque, qui fut connu comme un grand devin après avoir été frappé de cécité par Héra, suite à sa réponse sur la question du plaisir entre l'homme et la femme dans la volupté. L'humour ici occupe une place plus réduite car on est plus proche de la tragédie grecque. Rossi adopte la même recette graphique que pour La Gloire d'Héra, intégrant une dimension légèrement caricaturale à son style habituel, sublimé par les couleurs ; ses planches sont lumineuses. Bref, Le Tendre et Rossi, c'est une collaboration très réussie. Comme pour l'intégrale de La Gloire d'Héra, Casterman a opté pour une couverture très moyenne, alors que les couvertures des 2 albums d'origine sont superbes, rien que pour ça, il vaut mieux acheter ces 2 albums en occase.
Les Somnambules
On a ici l'impression de lire des récits de rêves, comme on pouvait le faire dans les revues surréalistes d'avant guerre. Avec des images en plus. De très belles images (le dessin, et la colorisation sont très beaux je trouve). On en sort comme on se réveille, en cherchant à se souvenir, en cherchant à comprendre. ce qui n'est pas toujours possible et/ou souhaitable. J'avais lu cet album à sa sortie, et viens de m'y replonger. Même impression que la première fois, c'est à dire la traversée d'un brouillard qui se dissipe péniblement, et qu'on veut à tout prix traverser. Il faudra que j'y retourne. Et j'y retournerai, sans savoir pourquoi, mais cet album très poétique (on est là en terre de surréalisme belge) nous invite à un voyage infini. Un coup de coeur, pour une oeuvre très originale, qui risque de ne pas trouver son public. Le prix y est sans doute pour quelque chose... Note réelle 3,5/5
Le Mort amoureux
C’est la première fois que je vois une œuvre de Junji Ito, le maître du frisson, aussi abouti ce qui explique mon 4 étoiles. J’avais peur de me retrouver pour un recueil de différentes nouvelles dont la principale faisait la couverture. Le Mort amoureux échappe à cette règle. C’est une longue histoire en quatre chapitres qui s’acheminera vers une conclusion. On aura bien une réponse au mystère de ce mort amoureux qui sévit depuis le début. L’auteur a pris son temps pour développer son récit aussi terrifiant que captivant. Tout part d’une croyance urbaine japonaise qui consiste à demander au premier passant venu par soirée de brouillard des prédictions de type amoureuse. Le jeu consiste à se prêter à cet oracle et d’alimenter ou pas les espoirs de jeunes gens en quête d’amour. Cependant, cela tourne mal depuis qu’un certain jeune homme en noir prédit que du négatif. Un lycéen qui revient dans sa ville d’enfance va essayer de combattre ce nouveau fléau ce qui fera resurgir des blessures psychologiques profondes. On retrouve tous les aspects liés à l’univers de ce mangaka où le quotidien bascule soudainement. C’est une atmosphère inquiétante et oppressante où l’on croise des fantômes et autres corps en décomposition dans une ville où le brouillard tombe assez souvent. Il aime jouer sur la chair de ses personnages pour les transformer. L’histoire ne manque pas d’originalité même si la fin peut prêter à confusion quant à l’identité de ce mystérieux jeune homme. En tout cas, les différents personnages ont été bien travaillés et exploités à bon escient. L’édition est de bonne qualité. Rien à redire.
Geek Agency
C'est dimanche alors forcément c'est tarte aux pommes et café en regardant la chance aux chansons ... nan je déconne même si j'avoue que j'ai peut-être mis trop de rhum dans mon café finalement. Du coup , j'ai pris le "Geek Agency - Level 1" acheté presque fraîchement chez mon libraire , samedi si vous voulez tout savoir et , installé sur mon sofa qui est déja moulé par la forme de mon corps athlétique, j'ai commencé à le lire. Charentaises : ON Comme chaque semaine, une bande d’amis composé de Nick le body buildé au sourire ravageur, Adam, Tim le fan de Pokémon, Kevin l’intello, Sarah et Abbey la blonde un peu chieuse (il en faut toujours un qui râle non ?) se réunissent pour une bonne après-midi de jeux de société ; aujourd’hui au programme Kevin a prévu un jeu de plateau sur le thème des zombies vu que le sujet est supra à la mode avec série telle que Walking Dead qui cartonne à la télé, ou la sortie prochaine de War-Z et les films de genre Romero, REC etc ... Tout y est pour passer une bonne journée : pizza, chips, coca, bonne ambiance et les copines. La partie est lancée ainsi que les dés et alors qu’ils sont plongés dans l’ambiance du jeu mené tambour battant par le maître Kevin, quelqu’un frappe si fort à la porte que tout le monde sursaute … une livraison supplémentaire de pizza. Qui a commandé ? Mike ? Adam ? Hey minute, la tête du livreur de pizza me rappelle quelque chose… c’est un zombie ! Et voilà ce qui était au début un simple jeu bascule tout à coup sûr une vraie réalité. Les morts vivants ont envahi la ville et peut-être même le monde. Après le choc passé et la perte de Sarah, leurs instincts reprennent un petit peu le dessus et ils vont essayer de survivre; pour ce faire, en dehors de leurs jambes, certains ont leur propre technique comme d’imaginer qu’ils sont encore dans le jeu de plateau … mais ce serait bien trop beau si certains d'entre eux ne tombaient sous des mâchoires désarticulées et affamées. Mais ce que certains du groupe ne savent pas encore, c'est que Tim et Adam ne sont pas de simples humains mais des humains du futur appartenant à une étrange organisation, la GA ou Geek Agency, chargée de maintenir l’équilibre et l’harmonie sur Terre des possibles distortions. Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark, et Hamlet … oh pardon je m’égare; Quelque chose a provoqué tout ce bordel et il va falloir d'urgence désamorcer la situation surtout que d'étranges expériences sont en cours et qu'il faudra bien payer de leurs personnes s'ils veulent survivre. Adrénaline, hémoglobine, second degré, clins d'œil (un peu), humour décalé et évidemment Geek attitude, voilà des ingrédients qui ne vous laisseront pas de marbre. Je vous le dit vous aurez de tout : des zombies, un savant fou, des zombies mutants, pokémon (et oui), de la peur (brrr); des filles à moitié dénudées et j'en passe ... bref c'est du lourd à ne pas mettre entre toutes les mains sous peine d'indigestion imprévue mais j'y reviendrai un peu plus tard/bas. Petit ovni de la bd française prévu en 3 tomes au goût matiné de culture rosbif, voilà dans tous les cas une franche réussite. Dessinée et scénarisée par le duo Philippe Briones et Romain Huet, voilà une collaboration assez réussie de nos deux barbouzes, qui ne sont pas à leur coup d'essai. Philippe Briones a déjà baroudé pas mal dans les comics et l'animation (Fantasia, Kuzco, etc ..) alors que Romain Huet a déjà pas mal travaillé dans la partie scénaristique et le coloris (et ils cartonnent dans ce domaine). On sent qu'ils maîtrisent leur sujet, on a une narration fluide, dynamique, une structure et un découpage efficace et facile à suivre puisqu'en quelques pages, on a fait les présentations des personnages principaux que l'on peut caractériser très rapidement par quelqu'un que l'on connaît. Le scénario va crescendo dans la découverte de ce qui se passe et à chaque page on a peur pour nos héros et l’ambiance et les couleurs vont s'obscurcir au fil de la lecture. C'est frais à lire, drôle et bien pondu et dessiné ... évidemment destiné à un large public de geeks, ce qui veut dire que ce ne sera pas forcément accessible à tous les publics (plus classiques j’entends) ou dans tous les cas ce sera un peu plus difficile à apprécier toutes les subtilités. Donc si tu as entre 15 à 55 ans, tu es fan de séries US, fan de cinéma, de comics, de trucs fantastiques … ce livre est pour toi. Petite cerise sur le gâteau, on a de jolis croquis à la fin avec des reprises par Alary, Minguez et d'autres et surtout un petit jeu ... si si (moi je l'ai fait^^).. Pour abréger, Geek Agency Lvl 1, c'est du bon, du beau, du prometteur et qui on espère nous fera exploser nos rétines et notre imaginaire avec les 2e et 3e tomes. Moi j'adhère déjà. Sur ce, amis culturistes, je vous abandonne pour remettre mes pantoufles en peau de phoque retournée et m'en va me préparer un thé vert au clou de girofle et un peu de miel :)
Special Branch
Cycle 1
Special Branch c'est la police spéciale anglaise. Celle qui intervient sur les affaires les plus complexes, celles où la police locale est dépassée. Special Branch ce sont 2 agents en action : un frère et une sœur. Lui c'est le policier qu'on imagine, méthodique et réfléchi, celui qui recherche et analyse les indices. Elle c'est plus la finesse et la subtilité qui la caractérise. Elle est médecin et n'a pas son pareil pour faire parler un cadavre, même si celui ci est décédé depuis 20 ans.
Bref, Special Branch ce sont les experts en Angleterre, 130 ans avant ceux de Las Vegas et Miami.
Il y a pas mal de bons points dans cette série. D'abord l'ambiance victorienne parfaitement mise en image par un graphisme soigné. L'idée originale de mettre en place une police scientifique avec les moyens de l'époque. L'intrigue est également pas mal fichue, entre la découverte macabre du cadavre et le mystérieux rôdeur la sauce prend très bien.
Une bonne impression au final, il n'y a qu'à attendre la suite et que celle-ci nous réserve de bonnes surprises.
La suite du premier cycle confirme la bonne impression initiale. Le déroulement de l’enquête est très bien construit. Toutes les pistes sont explorées à fond, du coup malgré le bon nombre de personnages on comprend tous les tenants et les aboutissants ainsi que le rôle de chacun.
La période historique choisie donne un petit truc en plus. Au final on a une histoire policière très agréable à lire.
Cycle 2
Le second cycle de cette série est constitué d'un tome unique qui contient une histoire complète. On retrouve les mêmes personnages et la même ambiance sympathique. Le dessin est toujours aussi agréable.
L'enquête qui nous est contée est un peu moins prenante que celle du premier cycle. Principalement parce qu'à la moitié de l'album le mobile du meurtre et son commanditaire ne font plus aucun doute. Mais aussi un peu parce que les investigations menées par nos policiers sont un peu plus simplistes. Le coté 'experts' avant l'heure ne se ressent pas ici. Quelques indices ajoutés à quelques évidences et l'aide bienvenue de plusieurs protagonistes annexes et hop tout ça est résolu en moins de deux.
Malgré ces détails, le rythme est bon, on ne s'ennuie pas et il y a encore de quoi passer un bon moment de lecture.
In God We Trust
Le génie de Winshluss a encore frappé ! Après le sublime Pinocchio (Winshluss), je ne pouvais pas passer à côté de ce In God We Trust. J’ai franchement hésité à lui attribuer la note maximale mais il manque cette petite touche de génie qui faisait que Pinocchio (Winshluss) se tenait de bout en bout, avec sa trame de fond et ses personnages. Ici, il est plutôt question de saynètes et, à nouveau, l’auteur fait mouche. Sans en faire de trop, Winshluss se moque de la bible et des dogmes. Tantôt sous forme de courtes histoires, tantôt sous forme de parodies publicitaires, il arrive encore une fois à nous surprendre avec cette caricature teintée d’humour graveleux et corrosif. C’est sa patte, sa marque de fabrique et franchement, je suis fan. Comme pour Pinocchio (Winshluss), l’approche graphique de l’auteur tient du génie : selon le thème de l’histoire, il sait alterner la mise en page et le trait ou la colorisation. Comme si cela n’était pas suffisant, l’éditeur a de nouveau mis le paquet sur la qualité éditoriale ! Si vous appréciez l’auteur, je ne vois pas comment vous pourriez être déçu. Ce one-shot est une petite merveille. Vivement le prochain !
Après la nuit
On est assez loin du western spaghetti de type Durango ; ici, la simplicité du scénario est compensée par un western tout en atmosphère qui met en scène les illusions perdues. C'est un western lent, contemplatif, à forte dose de psychologie, au ton crépusculaire affirmé, qui rappelle certains films des années 70 comme John McCabe, Josey Wales hors la loi, Dialogue de feu, Butch Cassidy et le Kid, ou Juge et Hors la loi... à l'heure où Hollywood revisitait le genre qui avait fait sa gloire. C'est un western mélancolique qui reprend certains ingrédients habituels et un vernis d'imagerie d'Epinal, mais derrière lesquels une vision trop réaliste a fait disparaître le côté magique ; un réalisme sordide qui marque la fin des héros, car ceux-ci ont vieilli, leurs jours sont comptés, ce sont les dinosaures d'un Ouest en décrépitude, la nostalgie n'est plus ce qu'elle était. Le jeune pistolero connaîtra une fin dérisoire, à l'image même d'un genre qui a abandonné tout romantisme au profit du cynisme. La scène de sexe torride justifie par son audace l'éclatement d'un univers qui fut jadis clinquant et folklorique. Rugueux et hostile, cru et impitoyable, le Far West offre désormais le spectacle d'un paysage morne et vide, à l'instar de la superbe couverture d'album, et des cases de début et de fin sur le patelin de Bartlesville. La construction des premières pages, sans dialogue est magistrale, le dessin est fabuleux, Guérineau a effectué un travail remarquable sur les visages, les ombres, certains éléments de décor, les cadrages ; les couleurs achèvent de rendre ce récit véritablement hypnotique, qui incite une fois qu'il est lu, à s'attarder sur la beauté des dessins. J'ai vraiment l'impression en lisant ce récit de retrouver l'équivalent en BD de ce que j'ai vu dans certains films, tout est parfaitement restitué. Une pure merveille.
Serre
J’ai beaucoup lu les albums de Serre lorsque j’étais adolescent, et ce sont même sûrement les premières bandes dessinées d’humour noir qu’il m’ait été donné de découvrir (c'est un genre que j’affectionne particulièrement encore aujourd’hui). Après relecture des quatre albums que je possède, si je dois modérer mon enthousiasme (illustration plus que BD ; lecture rapide ?), je trouve encore que les dessins de Serre sont souvent drôles. Ils me font moins rire, peut-être, mais c’est sûrement parce que je ne les trouve plus aussi « noirs » qu’auparavant. Et que je me suis habitué à lire des choses plus percutantes depuis. Mais ça reste quand même un auteur à lire (ou regarder), et pourquoi pas à posséder, pour le plaisir de la relecture, ce qu’il m’arrive encore périodiquement de faire.
Colt Bingers l'insoumis
Ouch … c’est du lourd. Mais du bon, du désopilant, de l’excellent même ! Colt Bingers, c’est un pastiche tellement énorme de l’américain type que ça le rend encore plus crédible. Sous forme de courts chapitres, on suit Colt Bingers, ancien flic ayant remis son étoile, dans sa traque sans pitié du meurtrier de sa femme … un borgne unijambiste. Et sa traque en Harley va faire du grabuge. Après tout, on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. Le ton feuilletonnesque de cette fresque folle, alliant parodie de séries télés et situations absurdes, est bien décortiqué par Jetjet. Bref, voici une caricature des déviances d’une nation qui est bigrement bien foutue. C’est énorme mais tellement vrai … Très très réussi !
Couleur de peau : miel
Je ne connaissait Jung qu'avec le magnifique Kwaïdan et la je le découvre sous une toute autre facette et dans un style complément différent. Dans un style en noir et blanc très expressif, Jung s'attaque à un thème qui ne devait pas être évident à traiter : Lui même ! Dans "Couleur de peau : Miel", Jung va nous raconter son enfance, sa vie d'adopté, depuis qu'un policier l'a trouvé errant dans la rue en Corée, en passant par son passage en orphelinat, son arrivé dans sa nouvelle famille en Belgique, son adolescence, et pour finir sur son retour en Corée. La boucle était bouclée. Une sacrée introspection ce récit ! Jung a traité ça habillement, malgré le thème principal fort (l'adoption, et plus précisément comment lui a vécu son adoption d'enfant Coréen), il n'a pas versé dans le larmoyant facile. Il ya de l'émotion certes, mais je l'ai toujours sentie "juste", c'est émouvant quand ça devait l'être, c'est poignant quand il le fallait, et surtout les passages un peu drôle ne tombaient pas comme un cheveu sur la soupe, c’était toujours bien à propos, et ça rendait le récit un peu plus léger par moment... J'ai vraiment adoré ma lecture, Jung a un vrai talent pour raconter des histoires et son histoire en particulier. J'aurais presque aimé qu'il en raconte plus ! Le début de sa vie de dessinateur de BD, sa première copine, la rencontre avec sa femme, etc etc. Mais le pauvre, il n'a peut être pas envie de se montrer plus... En tout cas, bravo M. Jung, vous avez fait une bien belle BD, et un très beau témoignage !