Un album magnifique !
Voilà une vrai réussite pour un album qui (je ne sais pas si c'est le cas) ressemble quand même à un travail de commande pour une collection bien particulière : Géo BD.
Tout y es, le contenu riche en informations, le dessin de Marko qui sied parfaitement à cette région de la Chine qu'on nous présente, et une osmose entre tout ça qui nous plonge dans un récit parfaitement aboutit.
La maîtrise démographique de l'état chinois et ses conséquences dramatiques qu'on dénonce ici ne deviennent qu'un des éléments constituant de l'histoire pour laisser place à des personnages attachants, drôles où vient s'immiscer une petite touche de fantastique qui n'est pas pour me déplaire tout en cadrant toujours avec la tradition chinoise. Un peu d'aventure pour enrober le tout, et le lecteur se laisse vite embarquer !
Bref, vous m'aurez compris, je suis sous le charme de cet album jeunesse que je recommande vivement
Pas complétement un documentaire, pas du tout une fiction, cet album aborde avec brio le sujet de l’immigration clandestine. On suit les investigations d’un jeune journaliste qui part sur le terrain à la rencontre de maghrébins prêts à tout pour tenter leur chance en Europe. Tout, c’est à dire traverser dans une barque surchargée qui a toutes les chances de couler ou s’accrocher sur l’essieu d’un camion, avec une issue guère plus prometteuse.
A travers l’avancée de l’enquête on découvre tout un tas de choses qui donnent vraiment à réfléchir. D’abord les conditions de vie dans leur pays, là pas trop de surprise, ça ne fait pas rêver. Par contre on en apprend pas mal sur un système de traite des êtres humains dans le sud de l’Espagne. Ca fait assez froid dans le dos, tout ça pour manger des fraises en hiver dans le reste de l’Europe… gloups.
Le ton de ce docu-fiction est très juste et très prenant, l’album se lit d’une traite. On n’a pas le coté lourd qu’on pourrait avoir dans un banal documentaire qui donnerait des chiffres et des statistiques. C’est pas le propos, on suit à travers cette histoire plus ou moins fictive ce qu’il se passe d’un bout à l’autre de la chaine. Et ça marche, on s’intéresse au destin des différents protagonistes et on apprend des choses intéressantes sur le sujet.
L’objectif de cet album est parfaitement atteint. Bravo.
Avec "Lorna", il faut avouer qu'après coup, Brüno annonce ses deux albums à venir, à savoir Pornopia, pour des raisons évidentes avec le personnage de Tamara, et Tyler Cross tant le père d'Henri, Charles-Henri Luxe-Butol fait songer physiquement au charismatique Spencer Pragg.
Mais l'originalité de Lorna réside sans aucun doute dans son traitement scénaristique qui fait à la fois référence aux nanars des années 50 et aux films de science fiction.
Brüno nous offre là un ouvrage complétement décalé et loufoque,qui rend hommage à la fois au cinéma porno, aux films policiers et aux films de science-fiction....le tout dans un seul volume! Quel tour de force!!.
Cet ouvrage, tant par le scénario que par le dessin, souvent osé, qui n'est certes pas à laisser entre toutes les mains, mérite tout de même une attention particulière pour les cinéphiles et bédéphiles dont je suis (je rejoins d'ailleurs l'avis de Jean Pierre Dionnet dans sa préface sur le cinéma Bis)
Bref, un livre à découvrir, si cela n'est déjà pas encore fait.
Avec les noms de Berthet & d'Hautière, je ne pouvais passer à côté de cet album qui inaugure une nouvelle collection "Ligne noire", constituée de one shot de polar (sauf pour cet opus), chez Dargaud.
Pari réussi, en tout cas.
Avec son style très ligne claire, Berthet nous offre de splendides planches. En outre, les couleurs de Dominique David donnent à cette histoire un ton plus réaliste. (Sur la série Nico, les couleurs étaient plus flashies)
Quant à Hautière, il nous a concocté un bon polar, sur fond de révolution cubaine et de rêve américain, avec une fausse garce qui mérite vraiment le détour.
Cette rencontre, qui n'a rien d'explosif mais qui est assez maitrisée des deux côtés, entre Joaquim, modeste serveur, et Elena, arriviste avant tout, est très bien servie dans ce premier opus.
Scénario et dessin sont en parfaire symbiose pour cet album.
Classique mais efficace.
A lire évidemment
Edmond François Calvo a crée un univers animalier étonnant, plein d'humour et de poésie, qui tranchait nettement avec les Bd enfantines des années 50. En dehors de "Rosalie" en 1946 (dont l'héroïne est une auto), il crée après la guerre des séries animalières très réussies pour la jeunesse comme "Coquin" le petit cocker en 1953, ou Moustache et Trottinette en 1957.
"La Bête est morte", considérée à juste titre comme son chef-d'oeuvre, a pour but de raconter la Seconde guerre mondiale en la transposant dans un monde d'animaux et en faisant 50 ans avant Blacksad, ressortir les caractères de chacun des protagonistes par la typologie animale : la Bête, c'est bien-sûr Hitler qui est un loup féroce, Churchill est un bouledogue fumant le cigare, Staline un ours blanc, De Gaulle une grande cigogne.... sans oublier les peuples personnifiés par des animaux également typés (les Américains étant des bisons par exemple).
Ce loup féroce rappelait tellement le Grand méchant Loup de Disney, que celui-ci réussit à faire modifier la truffe pour la seconde édition de 1945, suite à un mesquin et regrettable procès.
Conçue sous l'Occupation, cette oeuvre mythique plus proche du récit illustré que de la véritable bande dessinée, reste une fresque violente et superbe, sous forme de fable qui bascule parfois dans le grandiose épique, en dépit d'un texte souvent naïf, aux allures revanchardes, qui a aujourd'hui bien vieilli, et qu'il faut savoir replacer dans son contexte d'époque. C'est pourquoi la critique de manichéisme que j'ai pu lire dans certains commentaires précédents doit être expliquée : il faut savoir que cette bande dessinée a été conçue dans un but de pure propagande anti-nazie, puisque publiée en 1944 aussitôt après la Libération, et qu'elle était destinée a susciter la haine du "Boche" ; ainsi, cette oeuvre publiée à chaud ne bénéficie évidemment pas du recul suffisant pour analyser les nuances.
Cependant, malgré de longs textes pompeux et parfois assez lourds, le dessin de Calvo ne cesse d'émerveiller par son trait tortueux et son découpage qui favorise les pleines pages ; cette Bd marque un tournant dans sa carrière et conditionne sa vocation de dessinateur animalier. Si vous voulez acheter une réédition, faites, mais je crois que la lecture en bibliothèque est plus appropriée.
Ca alors, le prix du meilleur album à Angoulême ne semble pas déchainer les foules. Pourtant « Come Prima » est un excellent one-shot…
Le concept du « road movie » n’est certes pas franchement original, mais l’intrigue est prenante et rondement menée, et la relation entre frères bien représentée. La présence de passages contemplatifs ajoute une certaine poésie à l’histoire, qui se lit relativement rapidement au vu du nombre de pages. La mise en image d’Alfred est remarquable, les trajets Alpins sont un véritable délice pour les yeux.
Mon avis frise le 5/5, mais j’enlève un point pour le dénouement certes très joli mais un poil convenu. Un excellent moment de lecture, et un one-shot que je recommande chaudement !
Bon, je possède et j'ai lu tous les Jeremiah. Cette série vaut largement ces 4 étoiles et certains albums sont carrément cultes. Je n'ai avisé ici que le tome 1 et les deux derniers (T31 et T32)
Avis tome 1 :
Lu, relu et 34 ans après sa parution, ce premier tome reste toujours une vraie tuerie. Aucun coup de vieux, tout est parfaitement maîtrisé de la part d’Hermann. Ici, on découvrira la rencontre entre Kurdy et Jeremiah et même si ce dernier n’est pas encore tout à fait dans le feu de l’action, on a déjà beaucoup d’attachement pour ce personnage. L’assaut de la forteresse à la fin est jubilatoire à souhait et les premières vannes de Kurdy, jouissantes !! Culte!
Tome 31 :
Bof, pas convaincu par ce 31ème tome tant au niveau dessin que de l'histoire.
On sent une grande rapidité d’exécution à tous les niveaux et ça se ressent fortement à la lecture.
L’intrigue même si elle reste distrayante est quand même très minimaliste, peu développée et sans réelle profondeur. Il manque aussi énormément de détails concernant les personnages secondaires assez mal exploités et peu fouillés, de même que leurs intentions (Le truand Roskov, la soeur jalouse,...Qui sont ces gens du village qui chassent les étrangers à coups de pierres ? Que sont devenus Fernando ainsi que le serviteur Pedro? Et j’en passe…) Bref, il y a beaucoup trop de zones d’ombres et le final est trop vite expédié.
Restent des dialogues aux petits oignons et des séquences assez drôles mais c’est bien trop peu pour rendre cet album un incontournable. 2/5
Tome 32 :
Divertissant ! Du classique mais efficace.
Hermann revient à la couleur directe et c’est toujours un vrai régal pour les yeux.
L’intrigue ne vole pas haut, elle tient sur une ligne mais sert de prétexte pour revoir nos deux compères (Jeremiah et Kurdy) en pleine guerre de gangs où ils ne comprennent pas ce qu’il se passe. On a l’impression qu’ils sont en second plan tant ils n’agissent pas vraiment dans l’action. L’histoire aurait quand même pu être un peu plus développée, elle manque de consistance. On a connu beaucoup mieux.
A part ça, les dialogues sont souvent savoureux et certaines situations bien poilantes. 2,5/5
Pour finir, Hermann devrait quand même faire un petit effort pour les gonzesses et encore plus quand elles sont en couverture, parce que c'est souvent pas jojo! (on dirait parfois des hommes...)
Très belle histoire d’amour assez poignante, profonde dont je verrais bien une adaptation au cinéma...
Comme souvent dans la collection « Aire libre », on a encore une fois affaire à un petit bijou d’émotion par un des spécialistes du genre : Denis Lapière.
La narration est limpide, forte en sentiment avec toujours cette subtilité de l’âme humaine chère au scénariste.
Les couleurs chaudes et les dessins purs et très expressifs (surtout dans les regards des personnages), renforcent une certaine douceur qui allège la dureté du récit. C’est joliment mis en image et c’est un style que j’apprécie. Un bel album qui mérite d’être lu.
Une expédition coloniale se rend en Nouvelle Calédonie dans la première partie du 19e siècle. A son bord, un scientifique français qui souhaite à tout prix que l'équipage accueille un nouveau passager. Il est Kanak et ce scientifique souhaite absolument ramener en France cet homme d'un genre nouveau, au nom " des progrès de la science". Le capitaine du vaisseau est des plus réticents et ses hommes d'équipage également. Un religieux qui fait partie de cette expédition coloniale et qui a converti l'indigène au christianisme, se charge de le convaincre. Voilà donc Eloi, car c'est son nom, qui bien malgré lui se retrouve sur ce bateau sur le chemin du retour en France.
Cet album ambitieux traite avant tout de la vision coloniale de la France du siècle dernier, celle incarnée notamment par des gens que l'on ne saurait taxer de raciste comme Jules Ferry, pour qui la France devait "apporter la civilisation" à ces peuples situés au delà des mers, dans des contrées que la France venait de conquérir.
Comment va se dérouler le voyage ? Comment ce Kanak se fondra t-il dans ce nouvel environnement humain, dans le huis clos d'un navire? Adoptera t-il les us et les coutumes des bons Français ?
C'est là tout l'intérêt de ce récit jamais manichéen, témoignage des mentalités existantes au "bon vieux temps des colonies". C'est ce que le lecteur saura à l'issue des 220 pages qui constituent cette histoire, en noir et blanc, joliment illustrée par un petit nouveau, Grouazel, et écrite avec justesse par Locard. Une bande dessinée de qualité, comme souvent chez Actes Sud, destinée aux amateurs d'histoires et à ceux qui affectionnent les aventures maritimes.
Je ne suis pas fan des BD relatives à l’histoire des templiers, souvent elles sont ennuyantes, brouillonnes et assez compliquées.
Templiers, la chute (tome 1) est hors catégorie, une BD très réussie, une véritable pépite.
D’abord un scénario remarquablement fluide, je ne suis pratiquement jamais revenu en arrière dans l’histoire, pour une BD de 230 pages c’est pour moi un exploit.
L’histoire est très prenante, avec un côté historique qui passe très bien, on s’instruit sans s’en rendre compte, un humour très présent, des personnages avec beaucoup de charisme, toutes ces pages se lisent avec intérêt et passion.
Dans un premier temps c’est évidemment le dessin qui m’a décidé à me procurer ce livre, un dessin à l’image du récit, clair et précis, les dessinateurs sont parvenus à plonger le lecteur dans la France de XIVe siècle.
Un excellent premier tome, la suite est prévue pour avril 2014 (Le Graal).
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Les Enfants de l'ombre
Un album magnifique ! Voilà une vrai réussite pour un album qui (je ne sais pas si c'est le cas) ressemble quand même à un travail de commande pour une collection bien particulière : Géo BD. Tout y es, le contenu riche en informations, le dessin de Marko qui sied parfaitement à cette région de la Chine qu'on nous présente, et une osmose entre tout ça qui nous plonge dans un récit parfaitement aboutit. La maîtrise démographique de l'état chinois et ses conséquences dramatiques qu'on dénonce ici ne deviennent qu'un des éléments constituant de l'histoire pour laisser place à des personnages attachants, drôles où vient s'immiscer une petite touche de fantastique qui n'est pas pour me déplaire tout en cadrant toujours avec la tradition chinoise. Un peu d'aventure pour enrober le tout, et le lecteur se laisse vite embarquer ! Bref, vous m'aurez compris, je suis sous le charme de cet album jeunesse que je recommande vivement
Clandestino - Un reportage d'Hubert Paris, envoyé spécial
Pas complétement un documentaire, pas du tout une fiction, cet album aborde avec brio le sujet de l’immigration clandestine. On suit les investigations d’un jeune journaliste qui part sur le terrain à la rencontre de maghrébins prêts à tout pour tenter leur chance en Europe. Tout, c’est à dire traverser dans une barque surchargée qui a toutes les chances de couler ou s’accrocher sur l’essieu d’un camion, avec une issue guère plus prometteuse. A travers l’avancée de l’enquête on découvre tout un tas de choses qui donnent vraiment à réfléchir. D’abord les conditions de vie dans leur pays, là pas trop de surprise, ça ne fait pas rêver. Par contre on en apprend pas mal sur un système de traite des êtres humains dans le sud de l’Espagne. Ca fait assez froid dans le dos, tout ça pour manger des fraises en hiver dans le reste de l’Europe… gloups. Le ton de ce docu-fiction est très juste et très prenant, l’album se lit d’une traite. On n’a pas le coté lourd qu’on pourrait avoir dans un banal documentaire qui donnerait des chiffres et des statistiques. C’est pas le propos, on suit à travers cette histoire plus ou moins fictive ce qu’il se passe d’un bout à l’autre de la chaine. Et ça marche, on s’intéresse au destin des différents protagonistes et on apprend des choses intéressantes sur le sujet. L’objectif de cet album est parfaitement atteint. Bravo.
Lorna
Avec "Lorna", il faut avouer qu'après coup, Brüno annonce ses deux albums à venir, à savoir Pornopia, pour des raisons évidentes avec le personnage de Tamara, et Tyler Cross tant le père d'Henri, Charles-Henri Luxe-Butol fait songer physiquement au charismatique Spencer Pragg. Mais l'originalité de Lorna réside sans aucun doute dans son traitement scénaristique qui fait à la fois référence aux nanars des années 50 et aux films de science fiction. Brüno nous offre là un ouvrage complétement décalé et loufoque,qui rend hommage à la fois au cinéma porno, aux films policiers et aux films de science-fiction....le tout dans un seul volume! Quel tour de force!!. Cet ouvrage, tant par le scénario que par le dessin, souvent osé, qui n'est certes pas à laisser entre toutes les mains, mérite tout de même une attention particulière pour les cinéphiles et bédéphiles dont je suis (je rejoins d'ailleurs l'avis de Jean Pierre Dionnet dans sa préface sur le cinéma Bis) Bref, un livre à découvrir, si cela n'est déjà pas encore fait.
Perico
Avec les noms de Berthet & d'Hautière, je ne pouvais passer à côté de cet album qui inaugure une nouvelle collection "Ligne noire", constituée de one shot de polar (sauf pour cet opus), chez Dargaud. Pari réussi, en tout cas. Avec son style très ligne claire, Berthet nous offre de splendides planches. En outre, les couleurs de Dominique David donnent à cette histoire un ton plus réaliste. (Sur la série Nico, les couleurs étaient plus flashies) Quant à Hautière, il nous a concocté un bon polar, sur fond de révolution cubaine et de rêve américain, avec une fausse garce qui mérite vraiment le détour. Cette rencontre, qui n'a rien d'explosif mais qui est assez maitrisée des deux côtés, entre Joaquim, modeste serveur, et Elena, arriviste avant tout, est très bien servie dans ce premier opus. Scénario et dessin sont en parfaire symbiose pour cet album. Classique mais efficace. A lire évidemment
La Bête est morte
Edmond François Calvo a crée un univers animalier étonnant, plein d'humour et de poésie, qui tranchait nettement avec les Bd enfantines des années 50. En dehors de "Rosalie" en 1946 (dont l'héroïne est une auto), il crée après la guerre des séries animalières très réussies pour la jeunesse comme "Coquin" le petit cocker en 1953, ou Moustache et Trottinette en 1957. "La Bête est morte", considérée à juste titre comme son chef-d'oeuvre, a pour but de raconter la Seconde guerre mondiale en la transposant dans un monde d'animaux et en faisant 50 ans avant Blacksad, ressortir les caractères de chacun des protagonistes par la typologie animale : la Bête, c'est bien-sûr Hitler qui est un loup féroce, Churchill est un bouledogue fumant le cigare, Staline un ours blanc, De Gaulle une grande cigogne.... sans oublier les peuples personnifiés par des animaux également typés (les Américains étant des bisons par exemple). Ce loup féroce rappelait tellement le Grand méchant Loup de Disney, que celui-ci réussit à faire modifier la truffe pour la seconde édition de 1945, suite à un mesquin et regrettable procès. Conçue sous l'Occupation, cette oeuvre mythique plus proche du récit illustré que de la véritable bande dessinée, reste une fresque violente et superbe, sous forme de fable qui bascule parfois dans le grandiose épique, en dépit d'un texte souvent naïf, aux allures revanchardes, qui a aujourd'hui bien vieilli, et qu'il faut savoir replacer dans son contexte d'époque. C'est pourquoi la critique de manichéisme que j'ai pu lire dans certains commentaires précédents doit être expliquée : il faut savoir que cette bande dessinée a été conçue dans un but de pure propagande anti-nazie, puisque publiée en 1944 aussitôt après la Libération, et qu'elle était destinée a susciter la haine du "Boche" ; ainsi, cette oeuvre publiée à chaud ne bénéficie évidemment pas du recul suffisant pour analyser les nuances. Cependant, malgré de longs textes pompeux et parfois assez lourds, le dessin de Calvo ne cesse d'émerveiller par son trait tortueux et son découpage qui favorise les pleines pages ; cette Bd marque un tournant dans sa carrière et conditionne sa vocation de dessinateur animalier. Si vous voulez acheter une réédition, faites, mais je crois que la lecture en bibliothèque est plus appropriée.
Come Prima
Ca alors, le prix du meilleur album à Angoulême ne semble pas déchainer les foules. Pourtant « Come Prima » est un excellent one-shot… Le concept du « road movie » n’est certes pas franchement original, mais l’intrigue est prenante et rondement menée, et la relation entre frères bien représentée. La présence de passages contemplatifs ajoute une certaine poésie à l’histoire, qui se lit relativement rapidement au vu du nombre de pages. La mise en image d’Alfred est remarquable, les trajets Alpins sont un véritable délice pour les yeux. Mon avis frise le 5/5, mais j’enlève un point pour le dénouement certes très joli mais un poil convenu. Un excellent moment de lecture, et un one-shot que je recommande chaudement !
Jeremiah
Bon, je possède et j'ai lu tous les Jeremiah. Cette série vaut largement ces 4 étoiles et certains albums sont carrément cultes. Je n'ai avisé ici que le tome 1 et les deux derniers (T31 et T32) Avis tome 1 : Lu, relu et 34 ans après sa parution, ce premier tome reste toujours une vraie tuerie. Aucun coup de vieux, tout est parfaitement maîtrisé de la part d’Hermann. Ici, on découvrira la rencontre entre Kurdy et Jeremiah et même si ce dernier n’est pas encore tout à fait dans le feu de l’action, on a déjà beaucoup d’attachement pour ce personnage. L’assaut de la forteresse à la fin est jubilatoire à souhait et les premières vannes de Kurdy, jouissantes !! Culte! Tome 31 : Bof, pas convaincu par ce 31ème tome tant au niveau dessin que de l'histoire. On sent une grande rapidité d’exécution à tous les niveaux et ça se ressent fortement à la lecture. L’intrigue même si elle reste distrayante est quand même très minimaliste, peu développée et sans réelle profondeur. Il manque aussi énormément de détails concernant les personnages secondaires assez mal exploités et peu fouillés, de même que leurs intentions (Le truand Roskov, la soeur jalouse,...Qui sont ces gens du village qui chassent les étrangers à coups de pierres ? Que sont devenus Fernando ainsi que le serviteur Pedro? Et j’en passe…) Bref, il y a beaucoup trop de zones d’ombres et le final est trop vite expédié. Restent des dialogues aux petits oignons et des séquences assez drôles mais c’est bien trop peu pour rendre cet album un incontournable. 2/5 Tome 32 : Divertissant ! Du classique mais efficace. Hermann revient à la couleur directe et c’est toujours un vrai régal pour les yeux. L’intrigue ne vole pas haut, elle tient sur une ligne mais sert de prétexte pour revoir nos deux compères (Jeremiah et Kurdy) en pleine guerre de gangs où ils ne comprennent pas ce qu’il se passe. On a l’impression qu’ils sont en second plan tant ils n’agissent pas vraiment dans l’action. L’histoire aurait quand même pu être un peu plus développée, elle manque de consistance. On a connu beaucoup mieux. A part ça, les dialogues sont souvent savoureux et certaines situations bien poilantes. 2,5/5 Pour finir, Hermann devrait quand même faire un petit effort pour les gonzesses et encore plus quand elles sont en couverture, parce que c'est souvent pas jojo! (on dirait parfois des hommes...)
Un peu de fumée bleue...
Très belle histoire d’amour assez poignante, profonde dont je verrais bien une adaptation au cinéma... Comme souvent dans la collection « Aire libre », on a encore une fois affaire à un petit bijou d’émotion par un des spécialistes du genre : Denis Lapière. La narration est limpide, forte en sentiment avec toujours cette subtilité de l’âme humaine chère au scénariste. Les couleurs chaudes et les dessins purs et très expressifs (surtout dans les regards des personnages), renforcent une certaine douceur qui allège la dureté du récit. C’est joliment mis en image et c’est un style que j’apprécie. Un bel album qui mérite d’être lu.
Eloi
Une expédition coloniale se rend en Nouvelle Calédonie dans la première partie du 19e siècle. A son bord, un scientifique français qui souhaite à tout prix que l'équipage accueille un nouveau passager. Il est Kanak et ce scientifique souhaite absolument ramener en France cet homme d'un genre nouveau, au nom " des progrès de la science". Le capitaine du vaisseau est des plus réticents et ses hommes d'équipage également. Un religieux qui fait partie de cette expédition coloniale et qui a converti l'indigène au christianisme, se charge de le convaincre. Voilà donc Eloi, car c'est son nom, qui bien malgré lui se retrouve sur ce bateau sur le chemin du retour en France. Cet album ambitieux traite avant tout de la vision coloniale de la France du siècle dernier, celle incarnée notamment par des gens que l'on ne saurait taxer de raciste comme Jules Ferry, pour qui la France devait "apporter la civilisation" à ces peuples situés au delà des mers, dans des contrées que la France venait de conquérir. Comment va se dérouler le voyage ? Comment ce Kanak se fondra t-il dans ce nouvel environnement humain, dans le huis clos d'un navire? Adoptera t-il les us et les coutumes des bons Français ? C'est là tout l'intérêt de ce récit jamais manichéen, témoignage des mentalités existantes au "bon vieux temps des colonies". C'est ce que le lecteur saura à l'issue des 220 pages qui constituent cette histoire, en noir et blanc, joliment illustrée par un petit nouveau, Grouazel, et écrite avec justesse par Locard. Une bande dessinée de qualité, comme souvent chez Actes Sud, destinée aux amateurs d'histoires et à ceux qui affectionnent les aventures maritimes.
Templiers
Je ne suis pas fan des BD relatives à l’histoire des templiers, souvent elles sont ennuyantes, brouillonnes et assez compliquées. Templiers, la chute (tome 1) est hors catégorie, une BD très réussie, une véritable pépite. D’abord un scénario remarquablement fluide, je ne suis pratiquement jamais revenu en arrière dans l’histoire, pour une BD de 230 pages c’est pour moi un exploit. L’histoire est très prenante, avec un côté historique qui passe très bien, on s’instruit sans s’en rendre compte, un humour très présent, des personnages avec beaucoup de charisme, toutes ces pages se lisent avec intérêt et passion. Dans un premier temps c’est évidemment le dessin qui m’a décidé à me procurer ce livre, un dessin à l’image du récit, clair et précis, les dessinateurs sont parvenus à plonger le lecteur dans la France de XIVe siècle. Un excellent premier tome, la suite est prévue pour avril 2014 (Le Graal).