Les derniers avis (31998 avis)

Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Au pays des mollahs
Au pays des mollahs

Au pays des mollahs, il ne fait pas bon vivre: c'est ce qu'on pourrait retenir de cette lecture à première vue. Cependant, l'auteur va plus loin en nous dévoilant une histoire totalement méconnue aussi bien en Occident qu'en Iran. On apprend par exemple comment un réalisateur a tourné sa veste après avoir trop fréquenté les mollahs. C'est surtout l'occasion de bien disséquer ce régime qui a privé de libertés des millions de personnes au nom de la religion. On se rend compte à quel point c'est dangereux quand il existe une telle connexion entre pouvoir religieux et pouvoir civil. On va également s'intéresser à un extrémiste de ce régime qui se retrouve coincé avec un intellectuel sur une île déserte. Petit à petit, il va comprendre à travers une formidable réflexion sur cette république islamiste. Il faut savoir que l'Iran n'était pas comme cela à l'origine. Elle avait sa propre religion qui a été annihilée par celle des conquérants arabes. Elle a laissé place à l'obscurantisme, à l'absurdité, à la propagande, à l'auto-persuasion et surtout à l'inhumanité. Bref, un ouvrage utile et engagé pour nous donner une autre vision de la situation politique de ce pays.

03/05/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Le Bonhomme en pain d'épice
Le Bonhomme en pain d'épice

Tiens, j'ai beaucoup aimé cette version faite par Dav et Hélène Beney du célèbre conte... et ma fille aussi. En effet ils ont su rajouter des rebondissements et surtout une narration double à l'histoire classique. Du coup la lecture est peut-être moins rapide que sur les autres contes de la collection, et c'est tant mieux. Car Dav a ce don pour rendre ses personnages encore plus croquignolets. Pour ce faire il s'est tout de même inspiré des dessins animés Disney ; une influence qu'il reconnaît au début de l'album. C'est donc joliment dessiné et subtilement mis en couleurs. Un classique bien rendu. Et comme toujours, on peut apprendre à dessiner le bonhomme en pain d'épice, le renard, la vache et le cochon. Et le conte en version classique pour s'endormir le soir.

03/05/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Ordures
Ordures

Pas évident de raconter le quotidien de trois marginaux... Et pourtant le duo formé par Stéphane Piatzszek et Olivier Cinna relèvent le défi de façon fort honorable. Le récit de Piatzszek a cette noirceur, ce réalisme froid qui nous propose une descente aux enfers sans répit, sans temps morts ou presque, même quand Moudy contemple son "royaume". Il parle de marge, de groupes socio-ethniques sans en pointer du doigt aucun, c'est vraiment fort. En effet on ne sait pas qui a raison qui a tort entre ces laissés-pour-compte et les autorités. Le récit de Stéphane Piatzszek est tiré au cordeau, il n'y a pas de temps mort, surtout dans le tome 2, que l'on peut avaler en 10 minutes. Olivier Cinna, incarne par son dessin LA noirceur. Il y a une telle puissance, une telle évocation dans ses trames que l'on se sent tout de suite emporté dans cette histoire si proche de nous...

07/02/2014 (MAJ le 03/05/2015) (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Amorostasia
Amorostasia

Depuis qu'il est devenu un auteur complet, Cyril Bonin semble suivre une ligne directrice : explorer les tréfonds de l'âme humaine par le biais de contes intemporels, même si placés dans un cadre contemporain. C'est La Belle Image qui semble avoir ouvert la voie, et celle-ci continue d'être tracée avec cette histoire étrange, où un virus pétrifie celles et ceux qui sont amoureux, ou le deviennent. C'est avant tout un roman graphique, au rythme calme, presque sénatorial, où nous suivons une jeune femme qui doit enquêter sur les évènements mais en est, quelque part, victime. Mais une victime inversée, dans le sens où elle n'est pas elle-même figée, mais où quelqu'un de son entourage l'est, sans qu'elle-même ni son petit ami officiel ne soient affectés. Les sentiments ne peuvent tromper la maladie, et sa vie va s'en trouver chamboulée. Il y a un peu de dialogue intérieur, mais aussi l'intrusion d'un personnage qui va renverser son échelle de valeurs des sentiments. On pensait qu'il ne s'agissait que d'un one-shot, mais le second tome vient ajouter un nouveau chapitre à l'histoire, [SPOILER]avec le réveil inattendu d'Olga.[/SPOILER] Une nouvelle galerie de personnages attachants nous est présentée, leurs histoires sont toutes aussi touchantes que la principale. Par contre la fin de ce second tome m'a moins touché que la première. Il me semble que Cyril Bonin devrait peu-être en rester là, car si le sujet peut se prêter à plusieurs chapitres successifs, la bonne idée de départ risque d'être gâchée si elle est déclinée en plus d'épisodes. C'est virtuellement très poétique, mais la poésie s'exprime avant tout dans le trait de Bonin, ces courbes infinies sur le corps des femmes et cette élégance qui sublime les décors (pourtant assez effacés au profit des personnages) et les situations. Le dessinateur garde son style si particulier, mais cela lui permet d'imprimer une marque unique sur ses récits, qui le sont aussi, uniques. Charmant.

29/08/2013 (MAJ le 03/05/2015) (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Car l'enfer est ici (Le Pouvoir des innocents - cycle 2)
Car l'enfer est ici (Le Pouvoir des innocents - cycle 2)

Voici donc l'autre suite au "Pouvoir des Innocents", qui se passe entre cette série et Les Enfants de Jessica. Les sorties des deux séries vont, je pense, être quasiment simultanées, histoire de donner une double résonance à cette saga remarquable. Ici nous apprenons donc comment Joshua Logan s'est rendu aux autorités, et comment il prépare sa défense. Mais bien sûr cela ne va pas se passer comme il le souhaite, puisque presque dix ans plus tard, il sera toujours en prison (ceci n'est pas un spoiler, puisque révélé dans le tome 1 de Les Enfants de Jessica, sorti avant ce premier tome). Que s'est-il donc passé dans l'intervalle ? Beaucoup de choses, dès ce premier tome ; là encore le récit est divisé en plusieurs fils narratifs, puisqu'on suit Joshua, sa femme, l'avocat qui a accepté, contre vents et marées, de le défendre, mais aussi Jessica Ruppert, dont l'intégrité est mise à mal par les révélations de l'ancien soldat des forces spéciales... Et d'autres encore ; mais on n'est absolument pas perdu, ce diable de Luc Brunschwig nous prend d'entrée dans ses rets pour ne pas nous lâcher. Avec le tome 3 les personnages s'affirment, leurs relations s'installent et les tournants sont multiples. Le récit de Luc Brunschwig est toujours aussi limpide, malgré l'écheveau très serré des intrigues. J'adore. Et, avantage pour ceux qui n'auraient pas lu Le Pouvoir des innocents ou dont le souvenir serait lointain, l'album propose non seulement un rapide résumé de la série originale, mais également de nombreux éléments disséminés au fil des pages pour tout se remettre en mémoire. Diabolique, je vous dis. Comme Laurent Hirn, malgré son grand talent, n'est pas en mesure d'assurer le dessin des deux séries et de les sortir de façon suffisamment rapprochée, l'exécution graphique est confiée à David Nouhaud, dessinateur de Maxime Murene, toujours sous la supervision de Hirn. Celui-ci fait un boulot impeccable, assez proche de celui de son collègue, rendant cette lecture très agréable à suivre pour les yeux. Indispensable.

31/08/2011 (MAJ le 03/05/2015) (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Gibier de potence
Gibier de potence

3.5 Un bon western qui commence tout doucement et qui termine en apothéose. Le premier tome est sympathique et pose les bases de l'intrigue et les tomes suivants sont de qualité supérieure. C'est rempli de personnages mémorables, de rebondissements et d'actions. Certes, cela manque souvent d'originalité et c'est vraiment de la pure bande dessinée pop-corn, mais cela rempli bien sa mission de me divertir et j'ai pris du plaisir à lire cette série même si c'est clair qu'il y a de meilleurs westerns et que, je l'avoue, cela prend un peu de temps pour trouver les personnages intéressants. Le dessin est correct.

02/05/2015 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Les Esclaves oubliés de Tromelin
Les Esclaves oubliés de Tromelin

Certains d'entre vous ont peut-être lu Voyage aux îles de la Désolation racontant le voyage d'Emmanuel Lepage dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises effectué en avril 2010. Dans cet album, sur quelques brèves pages, l'auteur décrivait son rapide passage au large de l'île de Tromelin. Sur cette bande de sable de moins de 2km de long entre Maurice et Madagascar, loin de toute terre et encerclée par l'Océan Indien, seule existe une petite station météo occupée durant quelques mois de l'année seulement. En 2008, deux ans donc avant le passage de Lepage, Sylvain Savoia (l'auteur de Marzi) était resté 1 mois sur cet îlot dans le cadre d'une expédition archéologique à l'objectif bien précis. En effet, Tromelin est connue pour avoir été au 18e siècle le lieu du naufrage d'un navire négrier français. Et si les marins blancs ont pu s'échapper après quelques mois en construisant une embarcation de fortune à partir des restes de leur bateau, ils ont laissé sur place les dizaines d'esclaves Malgaches qui se sont retrouvés obligés de s'organiser en une petite société improvisée pour survivre comme des Robinson. Ce sont les traces de cette société que Savoia et une douzaine d'archéologues sont venus retrouver sous le sable de l'îlot. L'auteur fait le choix d'une narration croisée, décrivant en parallèle les événements historiques du 18e siècle avec les esclaves malgaches pour personnages principaux d'une part et son séjour à lui sur cette île d'autre part. Nous sommes donc à mi-chemin entre le récit historique et le carnet de voyage. Les deux ensembles sont très intéressants. Les événements historiques décrits sont instructifs et assez édifiants. De se placer du point de vue des Malgaches plutôt que des Français est en outre original et bien réalisé. Le séjour plus moderne de l'auteur sur cette île perdue de l'Océan Indien est également très instructif tant sur le plan archéologique que géographique mais aussi humain car c'est impressionnant d'être ainsi coupé du monde dans un décor à la fois paradisiaque et infernal. Le graphisme n'est pas aussi envoûtant que les peintures d'Emmanuel Lepage mais Sylvain Savoia est lui aussi très doué dans son style réaliste et plus classique. Belle réalisation. Seul regret, l'aspect trop bavard de la narration. Beaucoup de texte, le plus souvent à la fois en haut et en bas de chaque case, cela pénalise la fluidité de la lecture. On lit davantage qu'on ne profite des images. Et parfois j'ai eu l'impression de longs monologues ne permettant pas de dégager l'émotion qu'une bonne association texte/image peut offrir. Si bien que j'ai eu un peu de peine à rentrer pour de bon dans le récit. Heureusement, celui-ci s'est fait de plus en plus intéressant au fil des pages et m'a laissé sur la bonne impression d'un voyage exotique, plein d'émotion et instructif à la fois.

02/05/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Les Cités obscures
Les Cités obscures

Qu'ajouter, que dire de plus qui n'ait déjà été dit sur ce monument que propose ce cycle des cités obscures. Chaque album qui peut se lire indépendamment des autres est une invitation au voyage, au rêve. Au travers de ces albums c'est Jules Verne qui est convoqué, les architectes visionnaires de l'art nouveau. De somptueuses cités souvent sans âme dans lesquelles il ne ferait sans doute pas si bon vivre que cela, mais quelle imagination, quel travail sur des perspectives hallucinées et hallucinantes. Le seul bémol que je verrais et qui m'empêche de mettre la note maximale c'est trop souvent une certaine froideur qui se dégage de l'ensemble. Les personnages s'ils sont magnifiquement dessinés ne nous poussent pas à l'empathie et c'est avec un regard un peu décalé ou distant que nous les voyons se débattre au sein de ces architectures monumentales et oppressantes. Mais c'est magnifique et ce type d'ouvrage est bien sur à conseiller pour prouver encore s'il en était besoin que la BD peut être autre chose que des gros nez et des onomatopées.

02/05/2015 (modifier)
Couverture de la série Psycho-Investigateur (Simon Radius)
Psycho-Investigateur (Simon Radius)

Eh bien, c’est vraiment peu crédible, du n’importe quoi ! Voilà ce que je me disais au début du premier album. Et puis, assez rapidement, je me suis laissé entraîner dans ces histoires abracadabrantesques et ai totalement oublié les côtés improbables de l’intrigue. Une fois cet obstacle franchi, il faut reconnaître que les trois histoires – qui se suivent (et dont les deux dernières ne sont disponibles que dans l’intégrale) sont captivantes et vraiment réussies. Que ce soit les enquêtes auquel le héros est associé ou ses questionnements personnels à propos du départ mystérieux de sa femme, tout s’enchaîne très bien et tient bien en haleine le lecteur ! Et au final on a les réponses aux questions qu’on se posait, la boucle est magistralement bouclée. Le dessin est original, beau – même si je n’en suis pas fan. J’ai bien aimé la colorisation en tout cas, ainsi que la mise en page, très en phase avec le sujet. Enfin, il faut dire que l’intégrale est un bel objet, avec une chouette couverture et un beau papier. Et le prix est modique eut égard à ces efforts d’éditions. Tout ceci fait qu’il serait vraiment mal venu de passer à côté de cette belle et trop méconnue réussite !

02/05/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Noxolo
Noxolo

J'ai été assez ému par la tragédie de Noxolo, une jeune femme de 24 ans mère de deux enfants qui vît en Afrique du Sud dans un township non loin de Johannesburg. C'est une lesbienne qui a été victime d'un crime atroce le 23 avril 2011. Depuis, la police sud-africaine ferme les yeux et a bâclé insidieusement l'enquête. Il faut savoir que pourtant l'Afrique du Sud a adopté une loi très favorable à la cause gay. Cela ne suffit pas à faire évoluer les mentalités. Amnesty International a décidé de se mobiliser autour de cette histoire afin que cette mort ne reste pas sans suite. C'est un combat à la construction d'un monde nouveau où l'on pourrait vivre sans craindre d'être tué parce qu'on est différent. Le célèbre écrivain Marc Levy a écrit l'une des plus belles postfaces de bande dessinée. Il conclut sur le fait que sur une terre où tant de misère existe, où tant de guerres sévissent, quelque soit la façon, aimer ne devrait jamais être un crime. Alors, oui, cette oeuvre terrifiante dans le fond est tout à fait utile à lutter contre l'injustice de ce monde que cela soit en Afrique du Sud ou en France où un élu n'a pas hésité à déclarer à propos du mariage homosexuel que c'était une porte ouverte à la pédophilie. Mais bon, cette semaine j'ai déjeuné avec un haut cadre qui a glorifié l'action d'Hitler sans que personne ne réagisse à ses propos honteux (à part moi ). A une époque, on aurait renvoyé pour dire de pareilles choses. Plus maintenant car ils ont le vent en poupe ! Cela me fait peur également et pourtant, je ne suis pas gay.

01/05/2015 (modifier)