Les derniers avis (31994 avis)

Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Traquemage
Traquemage

Alors là on touche au génie, n'ayons pas peur des mots, vous allez penser que je m’enflamme mais lorsque vous aurez lu ce premier tome vous comprendrez mon enthousiasme. Lupano est donc au scénario, objectif : dynamiter, faire exploser en vol les codes de la Fantasy en faisant de la rural fantasy. De quoi s'agit-il ici ? Pistolin est un brave berger qui élève son troupeau et le lait qu'il en tire sert à la fabrication des fameux Pécadous, fromage aux senteurs viriles mais non dénué de goût. Mais voilà, rien n'est jamais parfait, dans le monde de Pistolin vivent aussi des mages qui se mettent joyeusement sur la tronche, n'épargnant pas au passage les populations. Triste vie, le troupeau est décimé et le paisible village réduit en cendres. Pistolin entre dans une fureur noire et face aux éléments, juché sur la montagne il lance un cri : Vengeance !! Il ira partout sur la terre pour tuer les mages responsables à ses yeux de tous ses malheurs. Éradiquer la magie est une chose, aussi avant de s'attaquer aux mages il décide de se faire la main en trucidant une fée qui vit non loin de là. Las, celle-ci est alcoolique et plus très bonne à grand chose. On se demande d'ailleurs en la voyant comment elle parvient à voler entre son léger embonpoint et ses mémorables cuites. Entre elle et Pistolin des rapports d’entraide vont se mettre en place et une longue quête semée d'embûches va débuter. Dans cette histoire il y a donc des mages très puissants, des fées, des trolls, un monde régi par la magie, des mercenaires, mais attention oubliez Tolkien ! Comme je l'ai dit plus haut la fée est alcoolique, la Clochette de Loisel est bien loin, le compagnon de notre héros n'est autre qu'une pauvre bique froussarde et répondant au doux nom de Myrtille. Il y a aussi un preux chevalier qui ne pense qu'à faire admirer ses biceps en ressassant ses exploits, d'ailleurs Smaug est aussi présent mais perclus de rhumatismes. Vous l'aurez compris, tout cela est franchement jubilatoire, Lupano a parfaitement intégré les codes de la grande fantasy et le détournement qu'il en fait avec des traits d'humour jamais lourdingues, à chaque page, est un véritable régal. En plus de ce scénario il fallait un dessin qui colle aux situations et c'est cela que nous propose Relom dans un style qui n'est pas sans rappeler le grand Dubout. Le trait semi réaliste parfois proche de la caricature mais non forcé est très bon. Ajoutez à cela des couleurs sans chichis qui s'adaptent au propos. Coup de maître donc pour ce premier opus d'une série qui s'annonce comme un futur incontournable du genre. Genre nouveau d'ailleurs puisque je le rappelle nous sommes ici dans la Rural Fantasy.

06/09/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Rouge Karma
Rouge Karma

Une belle découverte que cet album qui nous offre une immersion totale en Inde. Une jeune femme part à la recherche de son concubin dont elle est enceinte et dès les premières planches les auteurs réussissent le pari de nous en mettre plein les yeux à propos de ce pays fascinant, le tout sans esbroufe et en évitant tous les clichés qu'ils soient misérabilistes ou autres. D'emblée nous sommes pris par l'histoire et à aucun moment la tension ne se relâche. Personnellement j'ai été complètement emballé, aidé en cela par un dessin tout en teintes pastel, très aéré, vraiment plaisant à regarder. Oscillant entre le carnet de voyage et l'enquête policière, l’intérêt de lecture ne se dément jamais et je ne saurais donc que fortement conseiller ce one-shot dépaysant.

06/09/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Dans l'intimité de Marie
Dans l'intimité de Marie

Les mangas se suivent et ne se ressemblent pas. Enfin un seinen qui semble sortir du lot. Il est question d'un jeune garçon timide nommé Isao qui vient de rater sa vie universitaire et qui se retrouve du jour au lendemain dans la peau d'une belle jeune femme à savoir Marie qu'il convoitait secrètement. C'est un changement de corps et de sexe. Pour autant, lorsqu'il retrouve son double, ce dernier ne possède pas l'âme de cette Marie. Bref, il est prisonnier dans un corps qui n'est pas le sien. J'ai bien aimé le début puis le déroulement de ce récit. On ne perd pas une miette car les réactions semblent totalement crédibles car on va suivre les doutes et les nombreuses interrogations. On va jouer dans une gamme assez psychologique. La qualité du dessin est également au rendez-vous car très soigné. C'est assez rare pour le souligner mais il s'agit d'un bon manga avec des thèmes qui vont manifestement plaire aux lecteurs.

05/09/2015 (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5
Couverture de la série Le Temple du passé
Le Temple du passé

Les Univers de Stefan Wul, collection entamée il y a quelques mois maintenant par Ankama, est constante sur un point : la qualité de l'édition. Au point que sans les avis éclairés de mes camarades ici présents, je serais presque prête à l'acheter les yeux fermés, rien que pour la beauté des objets... Les avis négatifs sur Rayons pour Sidar auraient pu refroidir mes ardeurs et me faire attendre l'avis d'autres lecteurs compulsifs sur ce premier tome du "Temple du passé" mais la tentation dans le rayon des nouveautés a été la plus forte, j'adore l'esthétique de cette collection ! Finalement la lecture de ce premier tome m'a tout à fait ravie ! Encore une fois je ne connais pas l'oeuvre originale donc je ne peux pas juger de la fidélité de l'adaptation (je me demande entre autres si dans le roman la norme en matière de couple n'était pas inversée par rapport à ce qui est présenté ici, comme est inversé le genre des personnages dans l'adaptation de Piège sur Zarkass). En dehors de quelques facilités d'exécution (mutation génétique par exemple) et raccourcis ou transitions réalisées à la hache, le récit tient bien la route, nous plonge dans un profond mystère et d'énormes incertitudes qui donnent une furieuse envie de connaitre la suite. Graphiquement je n'irai pas jusqu'à dire que je suis en admiration devant chaque planche (je trouve la colorisation un peu terne, mais c'est sans doute ce qui convient le mieux à l'histoire) mais c'est plutôt réussi dans l'ensemble et le ventre de la bête est assez effrayant. Le T2 qui conclut la série a les mêmes défauts et les mêmes qualités que le premier : très beau graphismes, facilités scientifiques, transitions abruptes. La boucle finale me plait beaucoup. La collection "Les univers de Stefan Wul" est un très beau projet que je continue à soutenir activement.

29/05/2014 (MAJ le 05/09/2015) (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Château des étoiles
Le Château des étoiles

J'avais fait l'impasse sur les journaux pour mieux profiter de la version album et je n'ai pas été déçu. Soyons direct : cette série est réussie à tous les points. Un : Graphiquement c'est beau, Alex Alice fait une nouvelle fois preuve de beaucoup de talent que ce soit dans son dessin ou dans sa mise en page. Il y a des motifs pour se régaler les pupilles à toutes les pages : des châteaux splendides, des cadrages et des perspectives superbes, des engins volants originaux, des vues du ciel qui sont une invitation au voyage... et la liste est encore plus longue. Deux : Des personnages attachants. On se prend de sympathie tout de suite pour ces enfants. Séraphin fait un très bon héros. Personnellement, j'ai un petit faible pour Hans et sa bonne bouille. Leur rôle est bien trouvé et il y a un juste équilibre avec les adultes. J'aime les voir bricoler leurs ethernefs, j'aime voir leurs yeux briller quand ils côtoient l'aventure. J'aime leur imagination quand ils se sentent investis d'une mission et qu'ils décident de former les chevaliers de l'Ether. Trois : une histoire originale et prenante. Au niveau de la thématique, même si le parallèle avec Jules Verne n'est pas faux du tout, on ne lit pas une histoire déjà lue 10 fois par ailleurs, et ça fait du bien. En quelques pages à peine on rentre dans cette aventure pleine de mystères ! On voyage, on s’inquiète du sort de nos jeunes héros, on craint les espions prussiens. Chaque péripétie a de l’intérêt. Un vrai régal pour le moment. Ce premier tome est une vraie réussite. Le second est dans la continuité, il reprend là où l'histoire nous avait laissé et nous emmène en altitude pour un voyage direction la lune. Entre la tentation d'explorer cet astre inconnu, et l'envie de rentrer sur terre les points de vue divergent. Les découvertes que feront nos héros rythment ce second opus. Et là encore Alex Alice fait preuve d'une belle imagination pour nous proposer une aventure originale. Le graphisme est toujours aussi agréable, il nous fait voyager. Les héros, eux, sont toujours aussi attachants. Ce serait presque parfait, mais il m'a manqué un peu de tension, celle qui était palpable dans le tome 1 lorsque les chevaliers de l'Ether se sentaient traqués par les prussiens, qu'ils cherchaient un mystérieux espion. Ce second chapitre me parait moins tendu. Un bémol bien mince qui n'atténue en rien le ressenti global qui est excellent. Vivement la suite.

26/10/2014 (MAJ le 03/09/2015) (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Antarès
Antarès

Antarès est la troisième série de Léo sur les mondes d'Aldébaran. Autant dire que les fans attendent beaucoup de l'histoire. La scène d'ouverture m'avait laissé un peu pantois. J'ai eu du mal à comprendre que l'action se situait sur Antarès (et non pas sur Bételgeuse) et que la jeune fille en question n'était pas Kim. :| La ressemblance entre les personnages féminins et les paysages des planètes se confondent véritablement : plus de clarté aurait été sans doute appréciable. De plus, l'action avance tout lentement, se perdant dans des méandres à l'eau de rose et des questions existentialistes à deux sous. Le passage sur Bételgeuse était-il vraiment nécessaire ? :| Peut-être que l'auteur voulait tout simplement faire une transition. Décidément, voici une BD où j'ai du mal à comprendre l'héroïne : ses explications sur ses choix apparaissent artificielles et peu plausibles... Quant au titre sobrement intitulé "épisode 1", cela manque d'originalité et cela rompt avec l'ensemble des séries des mondes d'Aldéraban où il y avait un réel effort. De plus, la couverture alléchante ne correspond pas à l'histoire... Pourtant, la force de cette BD réside dans un scénario toujours aussi rondement mené. La faune de ces animaux étranges est toujours aussi fascinante même si la précision du trait du dessin fait toujours un peu défaut. On se laisse tout de même prendre au jeu. Bizarrement, une relecture du premier tome m'a fait apprécier le style ainsi que l'histoire qui m'a paru beaucoup plus claire. J'ai été moins sévère avec l'héroïne qui après tout avait vécu des moments très durs sur Bételgeuse. N'avait-elle pas droit à un coup de blues? L'auteur introduit même des problématiques écologiques lors du passage de Kim sur Terre avec la disparition de certaines espèces animales comme les singes (autrefois si proche de l'homme) ou encore la pollution avec le port obligatoire de masque dans Paris. Le dérèglement climatique a curieusement entraîné un froid persistant sur l'Europe alors que le reste de la planète s'est réchauffé. Il aborde également le thème de la manipulation par les médias de certaines vérités par un sensationnalisme créditeur. Le second tome nous embarque véritablement dans une aventure qui promet. La véritable surprise provient du rapprochement entre Kim et Marc qui s'étaient éloignés durant le second cycle. J'espérais que ces deux là se retrouvent et que Marc reprenne sa place dans l'aventure. L'auteur en profite pour nous montrer encore une société où des fanatiques religieux tirent les ficelles. Le suspense est réellement à son comble. Antarès paraît effectivement une planète beaucoup plus dangereuse que les deux précédentes. Le troisième tome sera sous le signe de l'aventure puisqu'on suivra la traversée du groupe vers le camp de base. La nature assez capricieuse de cette planète ne les épargnera pas. C'est un périple de plus en plus dangereux. Bref, l'intrigue est assez palpitante ! Le quatrième tome va marquer une petite pose avant le départ d'une nouvelle mission sur la planète voisine Antarès 4. On se dit qu'à ce stade, un dernier volume ne va pas suffire tant il y a de mystères à résoudre. Le rayon extra-terrestre qui fait disparaître humains et animaux renvoie incontestablement à l'idée même de la série Apocalypse Mania. Les ravages sentimentaux de Kim commencent également à lasser. Oui, il y a une petite baisse de régime que l'on pourra percevoir. Le cinquième tome est bien maîtrisé au niveau du scénario. C'est une véritable expédition sur la lune d'Antarès avec un huis clos plutôt haletant. Le personnage de Jedediah devient insupportable dans un excès qui n'est pas très naturel et que l'on ressent. Léo semble rompre avec l'unicité des précédents cycles car ce tome ne sera pas le dernier. C'est une surprise. Vivement le tome 6 alors ! Enfin le dernier tome va réussir à répondre à quelques-unes des questions que l’on se pose depuis le départ notamment au niveau de la civilisation extraterrestre aperçue à la fin de Bételgeuse. C’est une fin de cycle cohérente qui laisse apparaître un nouveau cycle fort intéressant. On retiendra que cela a fini mieux que cela n’avait commencé. Dommage que les personnages soient devenus aussi caricaturaux. Par contre, on pourra se sentir frustré de ne pas avoir toutes les réponses comme celle de savoir qui était à l’origine de ce rayon téléportatif. Quelque chose me dit que cela sera pour la suite. Malgré toutes mes critiques qui se veulent positives, force est de constater la qualité indéniable de cette oeuvre qui est bien au-dessus des productions moyennes. L'auteur a beaucoup de talent et on le ressent. C'est avec une grande joie que je continuerai l'aventure :) Note Dessin : 4/5 - Note Scénario : 4/5 - Note Globale: 4/5

23/04/2007 (MAJ le 03/09/2015) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Détectives
Détectives

Un one shot inspiré par Miss Marple ! Ouais sauf que moi quand j'ai ouvert cet album sur les avis de notre site chéri, je me suis dit que j'allais retrouver les ambiances de ces vieilles séries ou films anglais ou la Miss en question tapait facile dans les 80 balais sans un pet de jeu mais avec des jolies petites rides de mamies qu'on a envie de bizouiller parce qu'elles sentent la pomme, la vieille eau de cologne, la vraie, celle que Napoléon vidait dans ses bottes chaque matin; Bref retrouver une vraie mamie anglaise sachant préparer les scones et les petits gâteaux finement nappés à la marmelade d'orange. Ici Miss Marple se nomme Miss Crumble, et celle-ci n'a plus rien à voir avec ce que l'imaginaire cinématographique ou télévisuel nous a proposé. Miss Crumble ne fait pas instit' à la retraite, à de gros poumons, au delà du pigeonnant, candidate idéale du forum du Vendredi. Mais je m'égare et revenons au fond et à la forme. Sur la forme pas grand chose à dire avec un dessin plutôt sympa ; et non les filles je ne fais pas que m'attarder sur les courbes de la sus-dite héroïne; tout cela est plutôt bien fait avec un trait qui m'a furieusement rappelé le travail de Looki sur La Belle et la Bête. Quant au fond il est vrai qu'il faut s'accrocher un brin. Comme dans les romans de Miss Christie dont ce one shot s'inspire il y a foultitude de personnages, au demeurant fort bien campés dans l'esprit de la tradition. Humour so british, situations faussement joviales où autour d'un tea time des monstruosités sont échangées ; non vraiment, cet opus est un petit régal même si notre héroïne est loin des canons représentatifs habituels de l'original. Une intrigue bien construite qui n'est pas si commune que cela, car enfin ne soyons pas bégueule. Personnellement je conseille l'achat de cet album pour les amoureux de Miss Christie, une autre Miss Marple, et une atmosphère "so british". A ma connaissance aucun lecteur n'a jeté cet album en cours de lecture, essayez et, passées les 15 premières pages, c'est que du "fun".

02/09/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Une saison en Egypte
Une saison en Egypte

Un poète russe un peu raté s’exile en Egypte pour sa santé et également pour la fascination qu’exerce l’Orient. Il rencontre un jeune peintre excentrique qui va devenir son ami malgré une grande différence de caractère. Le problème est qu’ils vont tomber amoureux de la même femme qui allie la grâce et la beauté. Il est vrai que la beauté est la clef des cœurs et que la grâce est le passe-partout. J’ai rarement vu autant de sensualité jusque dans le dessin qui décrit à merveille l’Egypte de la fin du XIXème siècle. Il est clair également que la simplicité ne s’allie pas dans le cas présent avec la pureté ou la fidélité car notre jeune beau peintre est un homme marié à une délicieuse épouse. On sait que tout cela va finir par un drame car ce charme n’est guère innocent. Qu’importe l’ivresse, pourvu qu’il y ait le flacon. On va se noyer dans le sable du désert afin de poursuivre cette sublime chimère qui échappe à nos deux amoureux en transit. Au final, c’est une agréable saison en Egypte que le lecteur va passer. Pour un premier album, c’est une réussite totale car tout est parfaitement équilibré. Je n’ai guère eu de difficultés pour entrer dans ce récit qui nous envoûte dès les premières pages. Bravo à Claire Fauvel qui n’a rien à envier aux plus implantés et incrustés. C’est une belle invitation au voyage et au fantasme également. Une lecture en tout cas très prenante. Je recommande chaudement bien entendu.

02/09/2015 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Arraigo
Arraigo

Un ouvrage édifiant, basé sur l’histoire vraie d’une maman mexicaine innocente qui se fait kidnapper par l’armée, torturer et violer au nom de la lutte contre la drogue. Une piqure de rappel sur les risques associés à un gouvernement qui bafoue les droits de l’homme au profit d’une guerre contre X (remplacer par l’épouvantail adéquat). Les faits sont racontés clairement. La narration est très (trop ?) académique, le ton est juste et n’en fait pas trop (pas de scène de viol graphique, pas de larmoyant). L’album est accrédité par Amnesty International, qui a fourni de la documentation à l'auteur, et cela se ressent lors de la lecture. La mise en image de Georges Van Linthout (que l’on avait interviewé à l’occasion de la sortie de Braquages et Bras Cassés, toujours chez La Boîte à Bulles) est parfaite. Un album recommandable.

02/09/2015 (modifier)
Couverture de la série Bouffon
Bouffon

Ces dernières années, Zidrou s’est imposé non seulement comme un auteur prolifique mais aussi comme un auteur sensible, capable d’émouvoir ses lecteurs au travers d’histoires originales emplies d’humanité. En s’attaquant à l’univers du conte médiéval, il ne déroge pas à sa marque de fabrique. Bouffon est une œuvre pleine. Entendez par là qu’elle nous offre du divertissement, de l’émotion… et matière à réflexion. Le destin de ce laissé pour compte en quête d’amour est prenant… mais ne serait rien sans cette astuce scénaristique qu’est l’emploi d’un narrateur peu commun. Ce dernier apporte beaucoup d’ironie et de recul au récit. De plus, le propre destin de ce narrateur finit par nous tarauder sinon plus du moins autant que celui du bouffon. Et puis, il y a ce sens de la phrase, cet art chez Zidrou de nous dire beaucoup en une formule courte et bien sentie. Je suis un grand fan de son style littéraire, très direct et fin à la fois. Il peut parfois verser dans le lieu commun (je ne crois pas que tous ses albums soient des réussites, justement à cause de cette tendance à parfois verser dans la facilité) mais lorsqu’il parvient à garder l’équilibre entre l’originalité de l’univers ou du contexte et l’universalité du propos, son style est vraiment imparable à mes yeux. C’était déjà le cas pour « Lydie » ou « Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait... », ce Bouffon est un petit cran en dessous, mais s’en rapproche grandement. Au niveau du dessin, Francis Porcel use d’un style très lisible. Ne vous fiez pas au visuel de la couverture, inspiré de l’art médiéval. Le contenu est beaucoup plus classique. Les expressions du visage sont très parlantes (avec un beau travail sur les regards) et son bouffon, personnage grotesque, monstre difforme, est une réussite esthétique puisqu’il parvient à toucher par-delà sa laideur. Un très bel album. Le seul reproche que je lui ferai est d’un peu se trainer dans son dernier quart. Les auteurs me donnent alors le sentiment d’avoir tout dit de leur héros et de ne tenir le récit en vie que pour pouvoir suivre le destin du narrateur jusqu’à sa propre conclusion. Mais, bon, comme je vous le disais au début, je me suis tellement attaché à ce narrateur qu’il aurait été malheureux de l’abandonner avant terme. A lire, très certainement !

02/09/2015 (modifier)