Les derniers avis (31994 avis)

Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Billy Wild
Billy Wild

Que voilà une BD particulière ! A l'issue de ma lecture je dois avouer que j'ai pris une petite claque pas tant scénaristique que visuelle. Le moins que l'on puisse dire est que ça balance sévère, notre héros ne s’embarrasse pas de préjugés et dézingue comme il respire. Le mélange western fantastique est plutôt bien vu et les différents évènements s'accordent les uns aux autres. Certains avis ont fait référence à Sergio Léone ou aux films asiatiques. Personnellement je verrais plus les choses du côté d'un Tarentino en plus gore. Au final on se retrouve face à quelque chose de fondamentalement crépusculaire, parfaitement assumé avec un rythme qui ne faiblit pas. Le lecteur est au bout du compte emporté dans ces massacres à outrance. Et puis il y a le dessin qui, disons le franchement, est carrément sublime. C'est vrai qu'il faut un poil de temps pour s'habituer à ces gueules. Certains ont parlé de monstres de foire, j'y vois plutôt des sortes de poissons carnassiers tels des piranhas ou ceux qui vivent dans les grands fonds marins. Quoiqu'il en soit une fois intégré ce "look", la lecture est un véritable plaisir tant ces planches en noir et blanc possèdent une force évidente. Le dessin en devient acéré, coupant, comme fait au scalpel ou au rasoir. C'est tout juste si les personnages ne semblent pas prêts à sortir de leurs cases pour vous assener quelques balafres mortelles. En tout état de cause voilà une BD à ne pas mettre entre toute les mains mais qui devrait réjouir les amateurs de westerns crépusculaire mâtinés de fantastique.

12/09/2015 (modifier)
Par Miranda
Note: 4/5
Couverture de la série Letter 44
Letter 44

Acheté sur les bons conseils de mon libraire, je n’ai pas été déçue, bien que la suite décidera ou pas si je suis entièrement conquise. Tout d’abord il est à noter la couverture extrêmement douce, je crois que je n’ai jamais autant caressé une B.D., même en écrivant cet avis je ne peux m’empêcher de la toucher de temps en temps. Le graphisme aussi me plait, clair, aux visages expressifs, détaillé avec de bons jeux de lumière, et assez coloré mais sans excès ; un comics de très bonne facture en somme. J’en arrive au scénario qui lui aussi est assez intéressant bien que j’ai eu cette petite sensation de déjà-vu mais c’est aussi un premier tome, il faut bien poser sa valise avant de s’installer. Dépassé les conversations un peu politiques que je n’affectionne franchement pas et que j’ai trouvé un peu naïves parfois, sans que cela ne gêne vraiment d’une quelconque façon à ma lecture, c’est à la page 100 que j’ai su que ça allait me plaire. J’espère que la suite se déroulera plus sur la partie vraiment S.-F. et la découverte de mondes extraordinaires, et moins sur celle du plancher des vaches. Le mystère reste entier même à la fin de ce premier tome, vers où iront les auteurs, qui peut le dire ?

11/09/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série L'Étrange vie de Nobody Owens
L'Étrange vie de Nobody Owens

Quel plaisir de retomber un peu en enfance, quoique ! Neil Gaiman est au scénario et P. Craig Russell est au dessin principal assisté d'autres dessinateurs (cf. fiche technique) tous au mieux de leur forme. Qu'avons-nous là ? Dans une paisible maison, un assassin massacre des parents et leur fille mais laisse échapper un tout jeune garçon qui trouve refuge dans un cimetière voisin. Celui-ci est habité par une cohorte de fantômes qui après moult délibérations décident de s'occuper de l'éducation de ce petit être vivant. Pour ce faire, il faut un tuteur et c'est le vampire Silas qui s'en charge. C'est le couple Owens qui recueille le garçon vite surnommé Bod, contraction de Nobody. L'éducation d'un être vivant par des fantômes n'est pas de tout repos, d'autant plus que Bod n'en fait parfois qu'à sa tête, curieux qu'il est de découvrir le cimetière et ses habitants. Ce premier tome d'une histoire qui en comptera deux, se focalise en cinq chapitres sur les découvertes que fait Bod de son nouveau domaine. Le premier chapitre s'attache à l'adoption de Bod par sa nouvelle famille et le deuxième s'attardent sur les liens que celui-ci nouent avec une petite fille, bien vivante qui l'aide dans la découverte du cimetière, notamment une mystérieuse crypte habitée par une créature, la vouivre, qui surveille un drôle de trésor. Le troisième chapitre sur un ton très onirique nous raconte les mésaventures de Bod aux prises avec d'effrayantes goules qui cherchent à s'approprier son âme, tandis qu'une préceptrice redoutable tente de lui inculquer quelques rudiments d'éducation. Dans le quatrième chapitre il est question d'un médaillon ancien gardé par la vouivre que Bod dérobe afin de payer une stèle funéraire à une sorcière enterrée en terre non consacrée. Le dernier chapitre nous montre l'effervescence qui règne sur le cimetière et ses habitants, une grande fête se prépare qui voit se réunir les morts et les vivants pour un grand bal. Un épilogue nous montre que l'assassin, le Jack, de la famille de Bod, œuvre toujours au sein d'une mystérieuse organisation qui, plus que tout, veut la mort du jeune garçon. Voilà une histoire qui se situe à la frontière du fantastique, du merveilleux et du conte ; mon résumé pourrait laisser penser qu'elle s'adresse à un public assez jeune, ce qui est aussi le cas, mais dans le même temps elle brasse des univers, un imaginaire qui parle aux adultes. Notons aussi que le personnage de l'affreux Jack et de la jeune sorcière pourraient sans doute provoquer quelques nuits sans sommeil aux plus jeunes. Ce qui ressort principalement à l'issue de la lecture, c'est que nous avons été plongé avec cette longue histoire (200 pages ) dans une ambiance à la limite du rêve qui utilise grands nombres des codes du récit fantastique, mais la plupart du temps détournés de ce que nous avons l'habitude de voir ailleurs. Ici le vampire Silas, tuteur de Bod, s'il est un buveur de sang, se présente surtout comme une figure paternelle bienfaisante. Les fantômes ne traînent pas de lourdes chaînes pour effrayer les gens, ils sont a l'inverse accueillants pour le jeune garçon. La jeune sorcière dans le troisième chapitre bien qu'ayant commis d'horribles choses dans sa vie, se trouve devenir une aide précieuse pour Bod. Alors résumons nous : du fantastique, du merveilleux, de l'onirique, des dessins qui confèrent une touche appuyée rendant hommage au style Victorien et gothique propre aux romans anglais du XIXème siècle, nous avons là un cocktail qui n'est ni indigeste ni fourre tout. C'est un voyage au pays de l'enfance, des peurs enfantines mais aussi sur la différence, les préjugés et l'acceptation de l'autre. Nous ne sommes pas dans la grosse cavalerie parfois propre au genre, ici tout est en retenue et en subtilité. Il va sans dire que je recommande cette lecture et l'achat.

11/09/2015 (MAJ le 11/09/2015) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Junk
Junk

Il y a encore peu de temps, j'éprouvais quelques réticences concernant le dessin de Brüno, puis peu à peu j'ai trouvé que finalement ce dessin sans fioritures, d'aspect simpliste était rudement efficace. Alors certes le dessin est particulier, il possède un style franchement original mais il produit son effet et passé les premières pages il ne pose aucun souci. Il est d'ailleurs assez remarquable à mon sens pour coller si justement à l'histoire alors que les autres westerns que nous connaissons et que je ne citerais pas, sont eux dessinés de manière plus "chargée". L’intérêt de ce diptyque est bien évidement aussi son scénario qui en reprenant des codes assez connus nous propose une histoire haletante dont une fois commencée la lecture, il est bien difficile de s'extraire. La psychologie de chaque personnage est extrêmement fouillée, sans lourdeur et sans abuser de multiples flash-backs comme on a pu en voir ailleurs. Outre cette chasse au trésor c'est également, au travers des ces cowboys et de cette cowgirl, à la fin d'un monde, d'une époque à laquelle nous assistons. En bref je dirais, intelligent, des dialogues percutants et non dénués d'humour, mon seul bémol concerne ce personnage de la toute fin sur lequel j'aurais souhaité un brin d’éclaircissement supplémentaire. Sinon lecture évidement conseillée.

11/09/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Les Esclaves oubliés de Tromelin
Les Esclaves oubliés de Tromelin

Pour une fois, je connaissais assez bien cette histoire sur les esclaves oubliés de Tromelin. La même mésaventure est arrivée sur l’île de Clipperton à la suite de la révolution mexicaine au début du XXème siècle. Le calvaire avait duré 3 ans. Par contre, sur l’île des sables, les rescapés ont attendu 15 ans. Sur les 90 rescapés, huit survivants seront sauvés. Le terrain est plat et sablonneux et souvent balayé par le vent. En cas de tempête, il n’y a pas d’abris. Il n’y a pas un cocotier. Cela démontre le véritable courage de ces gens qui ont dû lutter pour leur vie dans des conditions épouvantables. Les blancs ont laissé les malgaches sur l’île alors que ces derniers avaient activement participé à la construction d’un nouveau navire. Pour une raison politique (refus d’un gouverneur), on ne les a pas secourus par la suite. Je n’ai pas trop aimé la partie actuelle sur l’expédition archéologique menée de nos jours. Cette mission avait pour but de fouiller l'île à la recherche des traces des naufragés dans le but de mieux comprendre leurs conditions de vie pendant ces quinze années. Il y a l’utilisation d’un récit parallèle. Inutile de préciser que c’est la partie historique qui captivera l’attention. L’auteur aurait pu simplement évoquer cette recherche dans l’introduction et la conclusion car mise à part la folie supposée de l’un des membres, il ne se passe pas grand-chose. Cela reste surtout un documentaire fort instructif sur la manière dont ces personnes ont pu survivre. Au final, c’est une œuvre qui est très belle car elle part sur une histoire tragique qui a été également oubliée. La mémoire sur l’esclavage ne doit pas faiblir afin d’éviter une forme d’esclavage moderne comme le traitement réservé aux femmes dans certains pays. On estime à 27 millions le nombre d’êtres humains asservis dans le monde moderne. Il est clair que cet épisode pour le moins malheureux a servi la cause anti-esclavagiste. Au-delà de cet aspect, c’est une formidable leçon de survie à des années lumières de Koh-Lanta.

09/09/2015 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Victor & Clint
Victor & Clint

Cet ouvrage est paru dans la collection « La malle aux images », et à ce titre est à réserver aux plus jeunes. Cependant les adultes qui ont oublié de grandir comme moi apprécieront aussi les délires imaginatifs de Victor. Le premier « retour à la réalité » m’a beaucoup fait rire, c’est très habile et bien pensé. L’histoire peut sembler enfantine aux premiers abords, mais elle aborde pourtant des sujets plus sérieux, comme la perception de la mort chez un enfant. La mise en image est parfaitement adaptée, le trait de Marion Duclos est élégant et les couleurs apportent du charme aux planches. Une chouette découverte.

09/09/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Antarès
Antarès

Leo est revenu à ce qui a fait la qualité et le succès d'Aldébaran : le départ vers une destination inconnue, un climat d'angoisse savamment dosé, des personnages redevenus plus épais... Antarès est donc une nouvelle planète susceptible d'être colonisée. Mais elle recèle bien des secrets, et surtout des dangers. Et c'est Kim, devenue une sorte de phénomène médiatique après ses exploits sur Bételgeuse, qui redevient le centre de l'attraction. Kim, qui n'a rien perdu de son caractère très fort, malgré une certaine lassitude par rapport à toute cette vie aventureuse. Kim, qui a eu un enfant de sa relation avec un extra-terrestre (faits relatés dans Bételgeuse), qui va être le second moteur de l'histoire après celui de cette nouvelle expédition. Léo récupère bien des éléments ayant composé ses 10 albums précédents pour permettre à l'action de se développer lentement, mais sûrement. Il y a bien sûr la question de l'écologie, avec la colonisation agressive de la planète tournant autour d'Antarès. Mais aussi le fondamentalisme religieux, qui préside malheureusement à l'expédition et qui va amener nombre d'ennuis... Ce cycle est plus long que les précédents, ce qui n'empêche pas l'auteur de le rendre très dense, surtout sur le tome 4, où il se passe beaucoup de choses. A noter d'ailleurs que si Kim reste le fil conducteur, d'autres personnages prennent de l'ampleur, comme Alexa. Et ce cycle s'achève avec un certain nombre de réponses, mais de nouveaux questionnements, qui seront traités dans un futur cycle. Leo peut tenir longtemps comme ça. Le dessin de Leo est toujours aussi bon, avec une mention spéciale -comme toujours- aux créatures d'Antarès. Un troisième cycle qui se lit bien, qui est dense est plaisant.

21/04/2007 (MAJ le 08/09/2015) (modifier)
Par yOyO
Note: 4/5
Couverture de la série Le Protocole du tueur
Le Protocole du tueur

Exactement le genre de BD que j'apprécie beaucoup. Tout d'abord le scénario bien construit et grand public. Didier Convard a suffisamment de talent pour fluidifier son histoire. A la fin du 1er tome on a tout deviné et on se dit qu'il ne reste plus qu'à attraper les méchants mais pas du tout. Les rebondissements multiples sèment le doute dans la tête du lecteur et on se rend compte qu'on est berné par la fin de ce dyptique. Côté dessin rien de transcendant mais ça sert bien l'histoire et le découpage des planches est très bien fait de manière à avancer à un bon rythme malgré la quantité de textes qu'on peut trouver, bref un vrai bon moment de lecture pour un polar tout simplement efficace.

07/09/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Yragael / Urm le Fou
Yragael / Urm le Fou

Oui franchement bien, mais que les choses soient claires je ne porte ici un jugement que sur le dessin et la mise en page. P. Druillet est un très grand de la BD française, il l'a dynamitée dans les années 70. Pour ce faire il a parfaitement assimilé Howard, Lovecraft, Moorcock et consorts, trop sans doute et parfois, souvent diront certains, cela se ressent dans sa manière très emphatique voire surannée de raconter ses histoires. Ici Michel Demuth est aux dialogues, lui-même auteur de science-fiction, il est le traducteur de "Dune", ici il nous montre un des travers des années 70, la consommation parfois débridée de produits qui rendent bizarre. "Imaginez l'océan-sphère le viscère univers, la vrille vorace de matière dans le serpent de sang noir et lisse éclair de gel dans un fiel d'encre, hélice limpide onde et lymphe". C'est moi qui rajoute une virgule ou deux ! Ce genre de phrase se répète tout au long de la BD dans un lettrage gothico-fantastique qui fait vieux grimoire mais qui devient très vite illisible. Alors franchement bien me direz-vous ? Ben oui parce qu'il y a le dessin, sans doute est-ce aussi un brin nostalgique, je me rappelle en effet avoir longtemps scotché sur ses planches en écoutant "Yes" ou "Pink Floyd", le tout sans produits illicites, je le jure maman. Blague à part il est de bon ton aujourd'hui de renier un peu le travail de Druillet car trop complexe, fouilli, mais reconnaissons qu'il a participé par ses oeuvres à un certain renouveau de la BD et que moult auteurs d'aujourd'hui lui doivent quelque chose. Et puis zut, vous avez vu cette façade de maison à Angoulême ? Ca en jette quand même.

06/09/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Real
Real

Un bon manga sur le basket-ball quoique je préfère "Slam Dunk'" du même auteur. Le premier tome est moyen. Moi aussi j'avais un peu de difficulté à comprendre les motivations de certains personnages. Heureusement, cela devient plus clair au tome 2 et l'histoire devient de plus en plus prenante au fil des tomes. Le point fort de l'histoire est comment l'auteur mélange habilement deux thèmes: le basket et les handicapés. J'ai particulièrement aimé le personnage qui perd subitement l'usage de ses jambes à la suite d'un accident. C'est très intéressant de voir comment il réagit à la situation et comment il progresse. Je trouve les personnages attachants et du coup il y avait de la tension lors des matchs de basket vu que je voulais que les héros gagnent et je n'étais jamais certain de savoir quelle équipe allait gagner. Le dessin est chouette.

06/09/2015 (modifier)