Une surprise… d'autant plus agréable qu'elle était inattendue.
Franchement, qui aurait parié un kopeck sur Bob Morane ? Après plus de 200 romans, le héros balourd et ringard créé par Henri Vernes pour les préadolescents d'après guerre ne faisait plus rêver personne depuis longtemps.
Il y a déjà 30 ans que le Bob Marone de Yann et Conrad avait résumé le ridicule de ces histoires mal fagotées et bourrées de clichés… Depuis, et malgré tout le talent des dessinateurs et scénaristes qui ont travaillé pour adapter 85 (!) de ces récits en bandes dessinées, le personnage de l'éternel aventurier avait sombré depuis longtemps dans la médiocrité.
Et voilà que les éditions du Lombard relancent la franchise. Une opération commerciale visiblement… On a vraiment échappé au pire, puisque Christophe Bec, un moment pressenti pour reprendre le projet, a finalement été écarté. Quand on voit quel scénario grotesque il avait prévu – il a été publié en 2013-2014 sous le titre Lancaster, l'une des plus mauvaises séries que j'aie lue ces dernières années –, j'en tremble rétrospectivement.
Et ce sont finalement les excellents Luc Brunschwig (dont j'adore le travail depuis ses premiers albums) et Aurélien Ducoudray (dont j'avais apprécié le travail sur Clichés de Bosnie et surtout sur Amère Russie) qui s'y sont collés. Malgré ces deux signatures prestigieuses, j'avoue que ce sont les critiques enthousiastes publiées sur BDTheque qui m'ont convaincu de donner une dernière chance à « l'aventurier-contre-tout-guerrier » [Ça veut dire quoi au juste ? Non, mais franchement… Même quand on le met en musique, on a envie de devenir sourd tellement c'est con.]… Et là, chapeau !
Je fais mon mea culpa. Ce Bob Morane Renaissance est bon, très bon même.
La contrainte est toujours forte quand il s'agit de reprendre les rênes d'un univers rebattu, mais les deux scénaristes ont négocié ce handicap comme des chefs. Ce scénario est original, actualisé et aussi fin qu'on puisse l'être en mettant en scène un personnage de redresseur de torts sans peur en 2015. On y évoque les problèmes de démocratie et de gouvernance en Afrique, le néocolonialisme des firmes transnationales européennes et chinoises, le rôle ambigu de l'ONU et des ONG… Par ailleurs, il est intéressant de constater que, pour une fois, les Africains ne sont pas traités comme des simples d'esprits à peine sortis de la préhistoire. Sortirait-on enfin de la vision postcoloniale à ras de terre ? [oui, Spooky, je suis ton regard, mais 1,60 m, je trouve que c'est encore un peu élevé…]
Je ne connaissais pas le dessinateur Dimitri Armand, mais il s'adapte bien à la série, dans un style très réaliste et moderne, sans chercher à copier le style de la série d'origine, mais sans la trahir.
L'histoire amorcée dans ce premier tome appelle une suite, que j'achèterai avec enthousiasme cette fois-ci.
C'est extrêmement rare que je mette 4 étoiles à une bd érotique réservée strictement aux adultes. Je suis un homme assez exigeant. Cependant, en l'espèce, j'ai plutôt apprécié l'intelligence du scénario au service de dix petites histoires très coquines et effectivement inavouables. Il paraît que ces dix récits courts sont tous inspirés de faits réels. Certes, c'est assez croustillant mais on ne tombe jamais dans la vulgarité.
Au-delà de ces aspects, c'est plutôt joliment dessinées avec un trait délicat en noir et blanc. Par ailleurs, l'auteure Ovidie semble bien connaître le sujet concernant la sexualité: couguar, homosexualité, échangisme, infidélité. Le tout est assez convaincant. L'ambiance est légère et parfois humoristique. Et puis, cela concerne aussi bien les hommes que les femmes qui y trouveront leur compte. Bref, c'est une bd érotique très réussie. Il faut le faire.
La seule chose ratée c'est la couverture : froide, floue avec un affreux encart noir qui encrasse le ciel et à l'intérieur une typographie merdique pour écrire ce titre que je ne saurais vous éclaircir. Pour le reste c'est du tout bon.
Ça commence comme un film de gangster des années soixante-dix. Un type sort de taule la tête remplie de hargne pour ceux qui l'on fait plonger. On a dans la tête Ventura ou Gabin, mais ici ce serait plutôt Romain Duris : Loin les par-dessus beiges et les attaché-cases, à nous les blousons rouges et les sacs de sport. Il s'avère que Clovis est un ancien activiste gauchiste, pour ceux que ça intéresse.
Clovis part donc, bille en tête, pour buter la balance... et il rencontre un ange gardien, dont l'identité sexuelle incertaine le dégoute et l'attire inexplicablement. Ce contre-temps inconfortable va enchevêtrer ses objectifs, les rapprocher, les dévier, les faire disparaître en même temps que lui d'ailleurs. Ce scénario est parfaitement troussé dans une roulade qui finit debout en extension sur les deux jambes dans une belle lumière désespérée.
La lumière, parlons-en, c'est délicieux ! Que ce soient les paysages urbains de nuit, les campagnes paisibles, les visages, les voitures, tout est traité dans une aquarelle où les contours au trait sont très souvent effacés. Pourtant l'image reste vive, les quelques traits conservés prennent une acuité expressive et dynamique.
Vraiment ne vous laissez-pas dérouter par la couverture terne et dépressive, je vous supplie à genoux de l'emprunter à la bibliothèque et je vous envie d'avoir à découvrir cette belle histoire où le cliché de départ se mue en exploration subtile de l'humain.
Les albums de Larcenet publiés chez Les Rêveurs que je lis (On fera avec ; Presque, et donc « Ex-Abrupto ») sont de plus en plus épais et de plus en plus noirs. Au point qu’il devrait songer à les publier chez Les Cauchemardeurs ! Même si c'est un chouia moins noir que Presque.
Plus sérieusement, cet album très épais se lit relativement vite, car il est muet. Mais on ne le digère pas si facilement. Avec un dessin parfois proche de Winshluss, usant de gribouillis comme contour et d’un Noir et Blanc assez brut, l’ambiance est plutôt glauque.
Ce que confirme l’histoire, noire au possible, puisque les moments de respiration, de bonheur simple, sont courts, et généralement suivis par de longs moments de tristesse et de brutalité crasse (la mort, les fumées d’usine, ce policier mastard et violent ayant une cage thoracique assez « spéciale » mais qui illustre littéralement son nom).
Un album à découvrir !
Alors, nous y voilà, que dire, ai-je assez d'adjectifs dans mon vocabulaire pour décrire et donner mon avis sur cet ouvrage de mon ami Backderf ? Dieu soit loué, le journaliste s'est mué en dessinateur et scénariste de grand grand talent.
Est-ce vraiment une BD ? Moi j'ai plutôt eu l'impression de lire un dessin animé. Dès les premières images, dès les premières vignettes, on est conquis. Le scénario est accrocheur surtout que l'auteur a fréquenté ce futur monstre, qu'il rend humain et limite attachant.
Cet opus m'a bien entendu donné envie de lire ses 2 autres ouvrages qui sont tout aussi cultes. Bref vous aurez compris, j'adore. Je vous conseille de claquer votre argent dans ce bouquin, plutôt que de faire plaisir à votre gosse, votre douce ou de le dépenser dans des clopes, mais ça c'est juste mon avis de "backderphile".
Taduc et Le Tendre se retrouvent après Chinaman et restent dans le Chinois si l'on peut dire, avec cette épopée bien construite aux allures de western asiatique. D'après Spooky, l'action se passe dans une Chine fantasmée, moi je veux bien, on est tellement mal informé sur la Chine médiévale que c'est sûrement le cas, et aussi l'aspect fantasy historique est assez marqué, et ce dès le début qui démarre en force avec l'épisode du dragon.
Je m'attendais encore à un décor japonais, avec des rivalités entre tribus et seigneurs rythmées par des combats incessants et ennuyeux, et je suis agréablement surpris ; d'abord, ce n'est pas au Japon mais en Chine ancienne, et le récit exploite la lutte de clans contre un despote cruel et expansionniste. Pour égayer cet aspect politique, Le Tendre y mêle des dragons, des traîtres malfaisants, des héros au coeur pur, une pincée de vengeance, un zeste de fantastique et une pointe d'humour qui détend l'atmosphère. Un cocktail bien dosé et plaisant à lire, une aventure mouvementée avec beaucoup d'action, où Taduc produit un dessin soigné, avec de belles images de décors montagneux, de monastères et citadelles perdus, et quelques belles scènes de bataille (celle avec les singes étant assez réussie). Son trait est fin, superbe, proche des derniers Chinaman, j'ai beaucoup aimé..
Le Tendre réussit à construire un arrière-plan politique autour d'un trio de héros, tout en préservant un apport mythologique. Les rapports humains sont intéressants, même si dans les 2 premiers tomes, Griffe Blanche qui donne son nom à la série, n'a pas le statut d'héroïne à part entière, son rôle est un peu en retrait, presque égal à ceux du facétieux Tao et du lieutenant Foudre, sorte de beau gosse qui en pince pour la belle combattante. Mais dans le tome 3, Le Tendre met la jeune femme plus en avant, et donne certaines clés manquantes qui permettent d'apprécier vraiment cette série très distrayante, avec des personnages ayant une réelle épaisseur et des décors d'une grande richesse.
Une belle série que j'ai envie de voir se continuer..
Il y a une réelle difficulté d’intégrer des enfants handicapés dans une école normale. Les professeurs ne sont généralement guère enchantés d’avoir à gérer un surplus de problèmes. Par ailleurs, en temps normal, les élèves ne se font pas de cadeau entres eux étant plutôt doués pour une méchanceté exacerbée. Une déficience et c’est une vraie galère pour l’enfant handicapé qui se trouve alors dans une situation de grande souffrance. La solution serait malheureusement de changer d’école (ce qui sera le cas en l’espèce) ou de pratiquer des cours par correspondance à charge pour les parents de remplacer les professeurs.
Ce récit m’a particulièrement ému car les problématiques rencontrées ne relèvent pas du fantasme ou d’une quelconque exagération. J’ai bien aimé l’audace d’utiliser le point de vue du leader de la classe de CM2 qui n'a visiblement rien compris. Il va se retrouver lui-même dans une position de banni non enviable. Cela commence par un flash-back de 6 années après où il tente de retrouver sa victime afin de s’excuser. C’est surtout son psychisme qui sert de moteur à ce récit.
Et fort heureusement, il va évoluer et comprendre. Je garde espoir sur une issue heureuse car tout cela a commencé assez tristement. J’ai réellement envie de connaître la suite car mon cœur a été plutôt attendri par cette lecture. Le dessin est également très accrocheur : beau, fluide et clair.
Cette série a connu un gros succès au Japon avec pas moins de 700.000 titres écoulés en 4 mois à peine. Cela marque un intérêt pour le harcèlement scolaire et le handicap qui sont des sujets plutôt sensibles. Je viens de terminer le dernier tome et je peux dire que la série conserve tout son intérêt malgré le changement d'attitude du principal protagoniste harceleur. J'aime bien ce thème de la rédemption à tout les niveaux.
Bref, a silent voice ne mérite pas le silence mais une certaine forme de médiatisation afin de mettre l'accent sur ce qui ne va pas dans le système de l'éducation. C'est notre regard sur le handicap qui est tout chamboulé. Cela m'a laissé sans voix !
Tome 1 et 2
Mutafukaz. Cette série est malheureusement méconnue, mais retenez bien ce titre, car cela ne demande qu’à changer ! Un format pas vraiment conventionnel, pas un comics, pas un manga non plus, mais un habile mélange de différents styles. On y découvre avec un grand plaisir les aventures déjantées de Vinz et Angelino, 2 incroyables losers dans la grande ville de Dark Meat City. Ces deux personnages sont géniaux, attachants dès les premières pages avec leur tête tout droit sortie de… sortie de nulle part !
Les hallucinations de Lino, qui croit voir des monstres au milieu de la population, vont les entraîner dans des aventures improbables. Action mais aussi humour sont au rendez-vous de cette course poursuite délirante. Ce road movie est d’ailleurs parsemé de clins d’œil qui renforcent un humour déjà bien présent. Tout est bon pour se marrer : les situations, les dialogues, et même simplement les dessins.
Car si cette série a bien un atout c’est son graphisme. En un mot : génial ! Style, dessin, couleur, tout est excellent. Ce serait trop long d’expliquer tout ce qui me plaît dans ce dessin, feuilletez la série en librairie pour vous faire une idée, vous ne serez pas déçu !
En plus chaque tome regorge de pages supplémentaires, de bonus, de cahiers graphiques. Que du bonheur !
Déjà culte, ça va être long d’attendre la suite.
Tome 3 à 5
Après lecture complète de la série, je baisse ma note d'une étoile. Je trouve toujours le début génial, même le tome 0 constitue une bonne préquel intéressante à lire. Cette intro trouvera pas mal d'écho dans la deuxième partie de la série et on comprend bien que Run savait dès le début où il voulait en venir. Il y a d'ailleurs quelques pistes dans les 2 premiers tomes.
J'accroche toujours à l'univers, j'adore vraiment les personnages et les nombreux délires de l'auteur fonctionnent plutôt bien à mes yeux. Mais j'avoue avoir trouvé des longueurs sur la 2eme moitié. Trop de scènes de guérilla urbaine, de bastons entre l'armée et les gangs. Si sur le principe ça apporte quelque chose à l'intrigue, sur la forme on s'attarde trop sur ces passages aux détriments des aventures de Vinz et Lino. Et si le background est important, c'est surtout les mésaventures de nos 2 héros qui m'éclataient personnellement.
Ca m'a un peu géné, j'ai moins adoré la fin, même si cette série est vraiment originale et mérite toujours une place de choix sur les étagères de ma BDThèque, même sans la 5e étoile.
J'aime bien cette idée d'un récit sur une base de quête d'heroic-fantasy, avec mages et dragons, sauf que le héros est un berger bien plouc accompagné de sa brebis et d'une fée poivrote et grande gueule. Ça détourne les classiques du genre de manière rafraîchissante et amusante.
Le ton est à l'humour, un humour parodique mais aussi un peu ironique voire gentiment noir par moment. J'ai trouvé ça drôle.
Le dessin fonctionne bien également dans cette optique, donnant des bouilles bien marrantes à la brebis Myrtille et à la fée Pompette quand elle est bourrée. En même temps, il est soigné et ne manque pas de personnalité.
L'histoire n'est pas très captivante au départ mais elle se lit très bien, amène régulièrement rires et sourires et on est rapidement plongé dans l'ambiance loufoque globale avec une bonne envie de lire la suite qui se révèle du même tonneau.
C'est une lecture très agréable, amusante et sans prétention, à l'instar de son héros.
Orange comme la couleur. Orange comme le fruit. Orange comme le jus. C’est bien le titre de cette série qui met en scène un trio amoureux mais avec un drame qui se dévoile en fond d’écran. Il y a d’emblée l’introduction d’un élément fantastique à savoir que notre gentille héroïne Naho reçoit une lettre provenant d’elle-même dans 10 ans soit le futur. Qu’est-ce qu’on pourrait s’écrire à soi-même ? Sans doute plein de chose pour décrire l’avenir. En effet, elle va tomber amoureuse d’un homme qui ne sera plus présent dans son futur. Cela va même au-delà car ce sont les liens de tout un groupe d’amis qui sont en cause.
Le thème est celui de savoir ce qu’on ferait pour changer le cours de sa vie et éviter de perdre l’être qu’on aime ou son meilleur ami. Quelque fois, le destin est implacable et rien de ce qu’on peut décider ne peut faire évoluer les choses. C’est dur de perdre quelqu’un qu’on aime véritablement. Certes, on peut toujours se raccrocher aux branches mais ce n’est pas pareil. Ce shojo m’a sans doute plus touché qu’à l’accoutumée. Les shojos sont tellement naïves et remplies de guimauveries. Celui-ci démarque par son romantisme et une certaine forme de rapport humain dans une subtilité fort appréciable. Le style graphique est très soigné ce qui ne gâche rien au plaisir.
On va suivre notre timide héroïne à deux époques différentes de sa vie : au lycée lorsqu’elle a 16 ans puis 10 ans après. La Naho qui a 26 ans a de profonds remords et regrets d’où la lettre qu’elle envoie dans son passé et qui décrit précisément les faits qui vont se dérouler. On ne sait d’ailleurs pas comment et on n’aura pas droit à des explications. Là n’est d’ailleurs pas la question. On se concentre sur l’essentiel de ce thème fort intéressant et qui peut renvoyer sur notre propre histoire. La question est de savoir si la Naho du futur pourra influencer la Naho du présent qui prendra alors d’autres décisions de nature à changer l’avenir et la destinée tragique.
Ce récit mené avec délicatesse est véritablement touchant et poignant. Une scène anodine donne le titre à cette série : Kakeru offre un jus d’orange à Naho. Certes, c’est une boisson destinée aux fillettes. Certes, en comparaison d’autres shojos classiques, ce récit apparait comme un peu enlevé, frais et non pétillant avec ce léger trait d’amertume. Serait-ce cela le goût du jus d’orange ?
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Bob Morane Renaissance
Une surprise… d'autant plus agréable qu'elle était inattendue. Franchement, qui aurait parié un kopeck sur Bob Morane ? Après plus de 200 romans, le héros balourd et ringard créé par Henri Vernes pour les préadolescents d'après guerre ne faisait plus rêver personne depuis longtemps. Il y a déjà 30 ans que le Bob Marone de Yann et Conrad avait résumé le ridicule de ces histoires mal fagotées et bourrées de clichés… Depuis, et malgré tout le talent des dessinateurs et scénaristes qui ont travaillé pour adapter 85 (!) de ces récits en bandes dessinées, le personnage de l'éternel aventurier avait sombré depuis longtemps dans la médiocrité. Et voilà que les éditions du Lombard relancent la franchise. Une opération commerciale visiblement… On a vraiment échappé au pire, puisque Christophe Bec, un moment pressenti pour reprendre le projet, a finalement été écarté. Quand on voit quel scénario grotesque il avait prévu – il a été publié en 2013-2014 sous le titre Lancaster, l'une des plus mauvaises séries que j'aie lue ces dernières années –, j'en tremble rétrospectivement. Et ce sont finalement les excellents Luc Brunschwig (dont j'adore le travail depuis ses premiers albums) et Aurélien Ducoudray (dont j'avais apprécié le travail sur Clichés de Bosnie et surtout sur Amère Russie) qui s'y sont collés. Malgré ces deux signatures prestigieuses, j'avoue que ce sont les critiques enthousiastes publiées sur BDTheque qui m'ont convaincu de donner une dernière chance à « l'aventurier-contre-tout-guerrier » [Ça veut dire quoi au juste ? Non, mais franchement… Même quand on le met en musique, on a envie de devenir sourd tellement c'est con.]… Et là, chapeau ! Je fais mon mea culpa. Ce Bob Morane Renaissance est bon, très bon même. La contrainte est toujours forte quand il s'agit de reprendre les rênes d'un univers rebattu, mais les deux scénaristes ont négocié ce handicap comme des chefs. Ce scénario est original, actualisé et aussi fin qu'on puisse l'être en mettant en scène un personnage de redresseur de torts sans peur en 2015. On y évoque les problèmes de démocratie et de gouvernance en Afrique, le néocolonialisme des firmes transnationales européennes et chinoises, le rôle ambigu de l'ONU et des ONG… Par ailleurs, il est intéressant de constater que, pour une fois, les Africains ne sont pas traités comme des simples d'esprits à peine sortis de la préhistoire. Sortirait-on enfin de la vision postcoloniale à ras de terre ? [oui, Spooky, je suis ton regard, mais 1,60 m, je trouve que c'est encore un peu élevé…] Je ne connaissais pas le dessinateur Dimitri Armand, mais il s'adapte bien à la série, dans un style très réaliste et moderne, sans chercher à copier le style de la série d'origine, mais sans la trahir. L'histoire amorcée dans ce premier tome appelle une suite, que j'achèterai avec enthousiasme cette fois-ci.
Histoires inavouables
C'est extrêmement rare que je mette 4 étoiles à une bd érotique réservée strictement aux adultes. Je suis un homme assez exigeant. Cependant, en l'espèce, j'ai plutôt apprécié l'intelligence du scénario au service de dix petites histoires très coquines et effectivement inavouables. Il paraît que ces dix récits courts sont tous inspirés de faits réels. Certes, c'est assez croustillant mais on ne tombe jamais dans la vulgarité. Au-delà de ces aspects, c'est plutôt joliment dessinées avec un trait délicat en noir et blanc. Par ailleurs, l'auteure Ovidie semble bien connaître le sujet concernant la sexualité: couguar, homosexualité, échangisme, infidélité. Le tout est assez convaincant. L'ambiance est légère et parfois humoristique. Et puis, cela concerne aussi bien les hommes que les femmes qui y trouveront leur compte. Bref, c'est une bd érotique très réussie. Il faut le faire.
Les nuits de Saturne
La seule chose ratée c'est la couverture : froide, floue avec un affreux encart noir qui encrasse le ciel et à l'intérieur une typographie merdique pour écrire ce titre que je ne saurais vous éclaircir. Pour le reste c'est du tout bon. Ça commence comme un film de gangster des années soixante-dix. Un type sort de taule la tête remplie de hargne pour ceux qui l'on fait plonger. On a dans la tête Ventura ou Gabin, mais ici ce serait plutôt Romain Duris : Loin les par-dessus beiges et les attaché-cases, à nous les blousons rouges et les sacs de sport. Il s'avère que Clovis est un ancien activiste gauchiste, pour ceux que ça intéresse. Clovis part donc, bille en tête, pour buter la balance... et il rencontre un ange gardien, dont l'identité sexuelle incertaine le dégoute et l'attire inexplicablement. Ce contre-temps inconfortable va enchevêtrer ses objectifs, les rapprocher, les dévier, les faire disparaître en même temps que lui d'ailleurs. Ce scénario est parfaitement troussé dans une roulade qui finit debout en extension sur les deux jambes dans une belle lumière désespérée. La lumière, parlons-en, c'est délicieux ! Que ce soient les paysages urbains de nuit, les campagnes paisibles, les visages, les voitures, tout est traité dans une aquarelle où les contours au trait sont très souvent effacés. Pourtant l'image reste vive, les quelques traits conservés prennent une acuité expressive et dynamique. Vraiment ne vous laissez-pas dérouter par la couverture terne et dépressive, je vous supplie à genoux de l'emprunter à la bibliothèque et je vous envie d'avoir à découvrir cette belle histoire où le cliché de départ se mue en exploration subtile de l'humain.
Ex Abrupto
Les albums de Larcenet publiés chez Les Rêveurs que je lis (On fera avec ; Presque, et donc « Ex-Abrupto ») sont de plus en plus épais et de plus en plus noirs. Au point qu’il devrait songer à les publier chez Les Cauchemardeurs ! Même si c'est un chouia moins noir que Presque. Plus sérieusement, cet album très épais se lit relativement vite, car il est muet. Mais on ne le digère pas si facilement. Avec un dessin parfois proche de Winshluss, usant de gribouillis comme contour et d’un Noir et Blanc assez brut, l’ambiance est plutôt glauque. Ce que confirme l’histoire, noire au possible, puisque les moments de respiration, de bonheur simple, sont courts, et généralement suivis par de longs moments de tristesse et de brutalité crasse (la mort, les fumées d’usine, ce policier mastard et violent ayant une cage thoracique assez « spéciale » mais qui illustre littéralement son nom). Un album à découvrir !
Mon ami Dahmer
Alors, nous y voilà, que dire, ai-je assez d'adjectifs dans mon vocabulaire pour décrire et donner mon avis sur cet ouvrage de mon ami Backderf ? Dieu soit loué, le journaliste s'est mué en dessinateur et scénariste de grand grand talent. Est-ce vraiment une BD ? Moi j'ai plutôt eu l'impression de lire un dessin animé. Dès les premières images, dès les premières vignettes, on est conquis. Le scénario est accrocheur surtout que l'auteur a fréquenté ce futur monstre, qu'il rend humain et limite attachant. Cet opus m'a bien entendu donné envie de lire ses 2 autres ouvrages qui sont tout aussi cultes. Bref vous aurez compris, j'adore. Je vous conseille de claquer votre argent dans ce bouquin, plutôt que de faire plaisir à votre gosse, votre douce ou de le dépenser dans des clopes, mais ça c'est juste mon avis de "backderphile".
Griffe blanche
Taduc et Le Tendre se retrouvent après Chinaman et restent dans le Chinois si l'on peut dire, avec cette épopée bien construite aux allures de western asiatique. D'après Spooky, l'action se passe dans une Chine fantasmée, moi je veux bien, on est tellement mal informé sur la Chine médiévale que c'est sûrement le cas, et aussi l'aspect fantasy historique est assez marqué, et ce dès le début qui démarre en force avec l'épisode du dragon. Je m'attendais encore à un décor japonais, avec des rivalités entre tribus et seigneurs rythmées par des combats incessants et ennuyeux, et je suis agréablement surpris ; d'abord, ce n'est pas au Japon mais en Chine ancienne, et le récit exploite la lutte de clans contre un despote cruel et expansionniste. Pour égayer cet aspect politique, Le Tendre y mêle des dragons, des traîtres malfaisants, des héros au coeur pur, une pincée de vengeance, un zeste de fantastique et une pointe d'humour qui détend l'atmosphère. Un cocktail bien dosé et plaisant à lire, une aventure mouvementée avec beaucoup d'action, où Taduc produit un dessin soigné, avec de belles images de décors montagneux, de monastères et citadelles perdus, et quelques belles scènes de bataille (celle avec les singes étant assez réussie). Son trait est fin, superbe, proche des derniers Chinaman, j'ai beaucoup aimé.. Le Tendre réussit à construire un arrière-plan politique autour d'un trio de héros, tout en préservant un apport mythologique. Les rapports humains sont intéressants, même si dans les 2 premiers tomes, Griffe Blanche qui donne son nom à la série, n'a pas le statut d'héroïne à part entière, son rôle est un peu en retrait, presque égal à ceux du facétieux Tao et du lieutenant Foudre, sorte de beau gosse qui en pince pour la belle combattante. Mais dans le tome 3, Le Tendre met la jeune femme plus en avant, et donne certaines clés manquantes qui permettent d'apprécier vraiment cette série très distrayante, avec des personnages ayant une réelle épaisseur et des décors d'une grande richesse. Une belle série que j'ai envie de voir se continuer..
A Silent voice
Il y a une réelle difficulté d’intégrer des enfants handicapés dans une école normale. Les professeurs ne sont généralement guère enchantés d’avoir à gérer un surplus de problèmes. Par ailleurs, en temps normal, les élèves ne se font pas de cadeau entres eux étant plutôt doués pour une méchanceté exacerbée. Une déficience et c’est une vraie galère pour l’enfant handicapé qui se trouve alors dans une situation de grande souffrance. La solution serait malheureusement de changer d’école (ce qui sera le cas en l’espèce) ou de pratiquer des cours par correspondance à charge pour les parents de remplacer les professeurs. Ce récit m’a particulièrement ému car les problématiques rencontrées ne relèvent pas du fantasme ou d’une quelconque exagération. J’ai bien aimé l’audace d’utiliser le point de vue du leader de la classe de CM2 qui n'a visiblement rien compris. Il va se retrouver lui-même dans une position de banni non enviable. Cela commence par un flash-back de 6 années après où il tente de retrouver sa victime afin de s’excuser. C’est surtout son psychisme qui sert de moteur à ce récit. Et fort heureusement, il va évoluer et comprendre. Je garde espoir sur une issue heureuse car tout cela a commencé assez tristement. J’ai réellement envie de connaître la suite car mon cœur a été plutôt attendri par cette lecture. Le dessin est également très accrocheur : beau, fluide et clair. Cette série a connu un gros succès au Japon avec pas moins de 700.000 titres écoulés en 4 mois à peine. Cela marque un intérêt pour le harcèlement scolaire et le handicap qui sont des sujets plutôt sensibles. Je viens de terminer le dernier tome et je peux dire que la série conserve tout son intérêt malgré le changement d'attitude du principal protagoniste harceleur. J'aime bien ce thème de la rédemption à tout les niveaux. Bref, a silent voice ne mérite pas le silence mais une certaine forme de médiatisation afin de mettre l'accent sur ce qui ne va pas dans le système de l'éducation. C'est notre regard sur le handicap qui est tout chamboulé. Cela m'a laissé sans voix !
Mutafukaz
Tome 1 et 2
Mutafukaz. Cette série est malheureusement méconnue, mais retenez bien ce titre, car cela ne demande qu’à changer ! Un format pas vraiment conventionnel, pas un comics, pas un manga non plus, mais un habile mélange de différents styles. On y découvre avec un grand plaisir les aventures déjantées de Vinz et Angelino, 2 incroyables losers dans la grande ville de Dark Meat City. Ces deux personnages sont géniaux, attachants dès les premières pages avec leur tête tout droit sortie de… sortie de nulle part !
Les hallucinations de Lino, qui croit voir des monstres au milieu de la population, vont les entraîner dans des aventures improbables. Action mais aussi humour sont au rendez-vous de cette course poursuite délirante. Ce road movie est d’ailleurs parsemé de clins d’œil qui renforcent un humour déjà bien présent. Tout est bon pour se marrer : les situations, les dialogues, et même simplement les dessins.
Car si cette série a bien un atout c’est son graphisme. En un mot : génial ! Style, dessin, couleur, tout est excellent. Ce serait trop long d’expliquer tout ce qui me plaît dans ce dessin, feuilletez la série en librairie pour vous faire une idée, vous ne serez pas déçu !
En plus chaque tome regorge de pages supplémentaires, de bonus, de cahiers graphiques. Que du bonheur !
Déjà culte, ça va être long d’attendre la suite.
Tome 3 à 5
Après lecture complète de la série, je baisse ma note d'une étoile. Je trouve toujours le début génial, même le tome 0 constitue une bonne préquel intéressante à lire. Cette intro trouvera pas mal d'écho dans la deuxième partie de la série et on comprend bien que Run savait dès le début où il voulait en venir. Il y a d'ailleurs quelques pistes dans les 2 premiers tomes.
J'accroche toujours à l'univers, j'adore vraiment les personnages et les nombreux délires de l'auteur fonctionnent plutôt bien à mes yeux. Mais j'avoue avoir trouvé des longueurs sur la 2eme moitié. Trop de scènes de guérilla urbaine, de bastons entre l'armée et les gangs. Si sur le principe ça apporte quelque chose à l'intrigue, sur la forme on s'attarde trop sur ces passages aux détriments des aventures de Vinz et Lino. Et si le background est important, c'est surtout les mésaventures de nos 2 héros qui m'éclataient personnellement.
Ca m'a un peu géné, j'ai moins adoré la fin, même si cette série est vraiment originale et mérite toujours une place de choix sur les étagères de ma BDThèque, même sans la 5e étoile.
Traquemage
J'aime bien cette idée d'un récit sur une base de quête d'heroic-fantasy, avec mages et dragons, sauf que le héros est un berger bien plouc accompagné de sa brebis et d'une fée poivrote et grande gueule. Ça détourne les classiques du genre de manière rafraîchissante et amusante. Le ton est à l'humour, un humour parodique mais aussi un peu ironique voire gentiment noir par moment. J'ai trouvé ça drôle. Le dessin fonctionne bien également dans cette optique, donnant des bouilles bien marrantes à la brebis Myrtille et à la fée Pompette quand elle est bourrée. En même temps, il est soigné et ne manque pas de personnalité. L'histoire n'est pas très captivante au départ mais elle se lit très bien, amène régulièrement rires et sourires et on est rapidement plongé dans l'ambiance loufoque globale avec une bonne envie de lire la suite qui se révèle du même tonneau. C'est une lecture très agréable, amusante et sans prétention, à l'instar de son héros.
Orange (Akata)
Orange comme la couleur. Orange comme le fruit. Orange comme le jus. C’est bien le titre de cette série qui met en scène un trio amoureux mais avec un drame qui se dévoile en fond d’écran. Il y a d’emblée l’introduction d’un élément fantastique à savoir que notre gentille héroïne Naho reçoit une lettre provenant d’elle-même dans 10 ans soit le futur. Qu’est-ce qu’on pourrait s’écrire à soi-même ? Sans doute plein de chose pour décrire l’avenir. En effet, elle va tomber amoureuse d’un homme qui ne sera plus présent dans son futur. Cela va même au-delà car ce sont les liens de tout un groupe d’amis qui sont en cause. Le thème est celui de savoir ce qu’on ferait pour changer le cours de sa vie et éviter de perdre l’être qu’on aime ou son meilleur ami. Quelque fois, le destin est implacable et rien de ce qu’on peut décider ne peut faire évoluer les choses. C’est dur de perdre quelqu’un qu’on aime véritablement. Certes, on peut toujours se raccrocher aux branches mais ce n’est pas pareil. Ce shojo m’a sans doute plus touché qu’à l’accoutumée. Les shojos sont tellement naïves et remplies de guimauveries. Celui-ci démarque par son romantisme et une certaine forme de rapport humain dans une subtilité fort appréciable. Le style graphique est très soigné ce qui ne gâche rien au plaisir. On va suivre notre timide héroïne à deux époques différentes de sa vie : au lycée lorsqu’elle a 16 ans puis 10 ans après. La Naho qui a 26 ans a de profonds remords et regrets d’où la lettre qu’elle envoie dans son passé et qui décrit précisément les faits qui vont se dérouler. On ne sait d’ailleurs pas comment et on n’aura pas droit à des explications. Là n’est d’ailleurs pas la question. On se concentre sur l’essentiel de ce thème fort intéressant et qui peut renvoyer sur notre propre histoire. La question est de savoir si la Naho du futur pourra influencer la Naho du présent qui prendra alors d’autres décisions de nature à changer l’avenir et la destinée tragique. Ce récit mené avec délicatesse est véritablement touchant et poignant. Une scène anodine donne le titre à cette série : Kakeru offre un jus d’orange à Naho. Certes, c’est une boisson destinée aux fillettes. Certes, en comparaison d’autres shojos classiques, ce récit apparait comme un peu enlevé, frais et non pétillant avec ce léger trait d’amertume. Serait-ce cela le goût du jus d’orange ?