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Couverture de la série Orks
Orks

Voici une vue sur le monde des Orks, bien que la Bd ne figure pas dans la collection Celtic où l'on trouve Elfes ou Nains. En dépit d'un scénario qui n'est peut-être pas totalement abouti, l'ensemble m'a séduit en premier lieu par son graphisme époustouflant ; je trouve que le dessin de Guenet colle parfaitement à ce type de bande, qui culmine dans un visuel impressionnant destiné à en mettre plein la vue ; les silhouettes bodybuildées des mâles et les corps musculeux (mais harmonieux) des femelles, les armes agressives et les visages rageurs... tout ceci est mis en valeur par un dessin d'une grande puissance hyperréaliste et à la belle colorisation. Ce dessin très musclé d'une beauté inouïe rend évidemment les personnages beaux, il y a là-dedans un petit air de Corben. La mise en page audacieuse et très variée donne une Bd très dynamique. Mais ce qui m'a intéressé aussi, c'est d'y entrevoir une organisation sociale, de nombreuses femelles Orks (personnages qu'on voit peu ailleurs) et même des séquences d'accouplement d'un bel érotisme bestial. Tout ceci n'apparait pas dans La Guerre des Orcs, série qui m'avait plu aussi, très voisine de "Orks" mais un peu plus tournée vers la guerre. On peut y voir enfin une sorte d'allégorie sur la guerre et l'entente entre les peuples, sur le modèle humain de nos jours. Avec tous ces corps massifs et ce visuel agressif, on peut s'attendre à de gros combats de brutes bien bourrins, à du sang et des tripes... il y a quelques séquences dans ce style, mais pas tant que ça, la Bd n'est pas entièrement basée là-dessus. En tout cas, c'est de la pure fantasy brutasse comme je l'aime.

25/03/2016 (modifier)
Par montane
Note: 4/5
Couverture de la série Tanka
Tanka

Une série de 5 histoires sur le Japon Médiéval d'une très grande qualité qui sont autant de fables avec chacune leur morale, le tout dessinées par ce grand dessinateur Italien qu'est Sergio TOPPI dans son le style inimitable. Le tout forme un ensemble particulièrement alors que ces histoires ont été dessinées à des époques parfois très éloignées. On y retrouve des princesses, des Ronins, des Samourais, brefs toutes ces figures qui font la mythologie du Japon traditionnel, qui se croisent entre violence et poésie. On sera particulièrement attentif à l'ultime conte de cet album qui établit un pont avec l'époque moderne. Il s'agit sans doute d'un des meilleurs albums de TOPPI publiés par les éditions Mosquitos. Je ne sais pas si l'on peut qualifier cet album de Chef d'œuvre, mais c'est une véritable réussite, et une belle porte d'entrée pour se familiariser avec l'univers si particulier de ce maitre du noir et blanc qu'est TOPPI

24/03/2016 (modifier)
Couverture de la série La Voie des Chevriers
La Voie des Chevriers

Bravo ! Bravo et merci ! Bravo d’abord à Cécile et à Nico pour avoir réussi, à force de volonté, de travail, de ténacité, de débrouillardise et de bien d’autres traits de caractère, à donner vie à leur modeste rêve. Élever des chèvres et en vivre. Qui penserait que, de nos jours, cela soit si difficile d’y parvenir ? Entre le manque de confiance des banques et les diverses contraintes administratives ou d’hygiène imposées par les autorités nationales, fédérales locales ou autres, c’est à un véritable parcours d’obstacles que nous sommes conviés. Par ailleurs, nos deux éleveurs ne se déparent jamais de leurs propres convictions, optant résolument pour le local, le rustique, le sain, le naturel… tout sauf une démarche simplement mercantile en somme. Et là, mon questionnement de départ s’inverse : qui penserait que, de nos jours, il soit encore possible de survivre financièrement de l’élevage de chèvres sans faire de compromis ? La réponse nous est offerte en image ici, dans toute sa précarité malgré la force de travail et la passion affichée par le couple. Merci ensuite à Samuel Figuière pour m’avoir relaté cette aventure du quotidien avec un très grand talent. Ce récit est très instructif mais jamais, au grand jamais, je n’ai eu l’impression de lire un documentaire ! Que du contraire, c’est incroyablement vivant et humain. En tournant ces pages, je me suis souvent dit que l’auteur était le résultat fusionné de Nicoby et de Davodeau (ben oui, rien que ça). Un trait simple, vif et sympathique, bien mis en valeur par une colorisation pleine de fraîcheur, au service d’une narration dans laquelle l’humain est toujours mis en avant sans jamais occulter pour autant le caractère instructif du récit. Les décors sentent l’authenticité, qu’il s’agisse de bâtiments ou de vue sur une ville (comme cette vue sur Nyons reconnaissable sans équivoque et sans qu’il soit nécessaire de préciser le nom par un texte quelconque) : ce trait n’a l’air de rien mais il est fichtrement efficace ! Et puis, derrière l’image d’Epinal du retour à la nature, de la vie au grand air, de la passion devenue profession, l’auteur et nos éleveurs n’hésitent pas à aborder des sujets plus graves, comme la nécessité de l’abattage et les conditions dans lesquelles celui-ci est réalisé. Derrière la façade très simple, très humaine se cachent donc des problèmes de société bien plus graves (l’abattage en est un, le puçage en est un autre) qui incitent le lecteur à la réflexion. Enfin, il y a des passages un peu fourre-tout mais amusants qui nous en apprennent plus sur l’origine d’une race animale ou sur celle d’un signe zodiacal. Non, franchement ! Je l’ai pris, je l’ai entamé et je n’ai plus eu envie de le lâcher avant d’en avoir tourné la dernière page.

24/03/2016 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Dolorès (Loth)
Dolorès (Loth)

Après avoir déjà traité de la Guerre Civile espagnole avec sa série "Ermo", Bruno Loth revient enrichir son approche du sujet, mais en s'attachant cette fois-ci à l'immigration forcée de nombre d'espagnols fuyant la dictature franquiste qui s'installait dans le sang. Avec Dolorès, Bruno Loth réalise un travail riche sur la mémoire et l'oubli, par le prisme de l'immigration et l'histoire de cette femme qui a complètement enfoui son passé et occulté cette tragique expérience à ses enfants. S'inquiétant des troubles et de ses soucis de santé, le personnel soignant qui s'occupe d'elle va pousser l'une de ses filles à s'enquérir du passé de sa mère ; car fait troublant, celle-ci s'est mis à parler en espagnol régulièrement depuis quelques temps et se fait appeler Dolorès... A partir de là, sa fille va petit à petit démêler l'écheveau du passé de sa mère, découvrir ses origines espagnoles et la fuite de son pays d'origine due à la guerre d'Espagne. Bruno Loth nous propose ici un album très bien construit mêlant fiction et Histoire. Cette réussite tient aussi à son implication personnelle puisqu'il est parti passer plusieurs mois en Espagne pour étayer son récit et qu'il a habillement inclus dans cette quête les témoignages des personnes qu'il a rencontré. Un très bon album sur un sujet qui résonne tristement avec notre actualité, servi par un dessin simple et efficace tout en noir et blanc coloré en sépia, ce qui à mon sens colle parfaitement avec cette reconstitution d'un passé qu'on a voulu effacé.

23/03/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Le Mangeur d'âmes (La Bête du lac)
Le Mangeur d'âmes (La Bête du lac)

BD québécoise donc, dont la première mouture a été reprise pour ôter quelques aspects langagiers de la belle province qui heurtaient les oreilles actuelles de la vieilles Europe. Fort heureusement la série fut reprise avec un autre titre et ce pour notre plus grand bonheur. Voila donc du fantastique mâtiné d'héroic Fantasy mais amené de manière suffisamment subtile pour que tout cela soit digeste. Par digeste je veux dire qu'il n'y a pas pléthore de lutins, elfes et autres entités habituelles, seules quelques référence qui lorgnent d'ailleurs plus du côté du folklore amérindien. Quoiqu'il en soit voilà une trilogie qui ne se la pète pas et produit malgré tout son petit effet, agrémenté d'un dessin semi réaliste très juste avec une colorisation que je trouve très bonne, n'y trop criarde et rendant bien l'atmosphère du récit. Quelques pointes d'humour mais ce n'est pas le cœur du récit, au final une trilogie hautement recommandable car originale, ne renouvelant certes pas le genre mais y apportant sa pierre de manière plus qu'honorable.

23/03/2016 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5
Couverture de la série L'Aliéniste
L'Aliéniste

Adapter une oeuvre est un exercice délicat. Il faut pouvoir lui insuffler une nouvelle vie sans pour autant la trahir. Sans en connaitre l’original, je pense que le résultat est plutôt convaincant. Cette bd est certes un peu verbeuse mais la narration reste fluide et digeste. J’ai trouvé pour ma part la lecture assez prenante avec cette atmosphère surréaliste qui imprègne le récit du début jusqu’à la toute fin. Le thème abordé amène des réflexions fortes intéressantes sur la folie et la normalité et la manière dont sont abordées les sciences en général. Quasi une bd métaphysique mais pas mystique pour autant. Côté planches, j’ai été charmé par le trait affirmé et précis trouvant des similitudes avec celui d’Eisner. De plus, il est sublimé par des couleurs jaunes-ocres qui renforcent le côté suranné du récit. Je me répète, le surréalisme ambiant est assez interpellant. Et dire que cela part d’une histoire vraie …

23/03/2016 (modifier)
Par montane
Note: 4/5
Couverture de la série Khyber (L'Homme du Khyber)
Khyber (L'Homme du Khyber)

Micheluzzi nous revient ici avec un nouvel album dont le mode de narration reste fidèle avec celui qu'il avait notamment développé dans Marcel Labrume ; En effet, l'auteur s'adresse à son héros, et pas toujours de manière très agréable, et ce dernier lui répond, ce qui n'est tout de même inédit dans le monde de la Bande Dessinées. Le grand dessinateur Italien nous entraine ici tout à la fois en Inde à la fin du 19e siècle mais aussi en Afghanistan, déjà convoité à l'époque par la Russie. Micheluzzi nous dresse le portrait d'un grand séducteur, employé dans une banque né d'un père Anglais et d'une mère Indienne, que l'on qualifierait de métis dans notre jargon actuel, où de bi-national... Partagé entre ses deux cultures, notre héros penchera finalement pour sa culture maternelle, peut être bien malgré lui d'ailleurs, en fuyant l'inde où il a grandi, pour un Afghanistan déjà dominé par sa culture tribale. A la lecture de la guerre récente en Afghanistan et des individus partagés entre deux cultures, qui ne se sentent finalement à l'aide ni dans l'une ni dans l'autre, cette histoire dessinée au milieu des années 80, apparait comme étant d'une étonnante actualité. Une belle histoire, où le manichéisme n'a pas sa place, située dans l'Empire Colonial Anglais au temps de sa splendeur, et qui permet au dessinateur Italien de démontrer une fois de plus, toute sa maitrise du noir et blanc.

23/03/2016 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Dolorès (Loth)
Dolorès (Loth)

Une BD comme je les aime, qui mêle habilement une histoire assez personnelle, et l’Histoire avec un grand H. L’aventure de Nathalie débute quand sa mère, en maison de retraite et souffrant de trous de mémoire, se met soudainement à parler espagnol, et à faire des cauchemars mystérieux parlant de plage et d’abandon… d’où sortent ces souvenirs enfouis ? Nathalie décide d’enquêter sur son passé, et se retrouve rapidement en Espagne. Elle comprend assez rapidement que sa mère avait, dans son enfance, fui les forces de Franco lors de la guerre civile d’Espagne, en 1939… L’expérience fut bien entendu traumatisante, comme pour des dizaines de milliers d’autres républicains, encerclés sur les plages d’Alicante. On en profite pour découvrir tout un pan politique et social de ce pays, depuis l’avant-guerre jusqu’à nos jours. L’auteur s’est clairement documenté, mais n’alourdit pas trop son histoire et n’assomme pas le lecteur, qui pourra faire ses propres recherches (ou lire le court documentaire en fin d’album) pour en apprendre plus. Le dessin de Bruno Loth est très joli et détaillé, mais je trouve le choix de n’utiliser que du marron/beige pour les couleurs étrange. Cela donne un aspect assez fade à l’ensemble. Un excellent album, dans la lignée des œuvres précédentes de cet auteur (Apprenti, Mémoires d'avant-guerre et Ouvrier, Mémoires sous l'Occupation).

23/03/2016 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Le Syndrome du petit pois
Le Syndrome du petit pois

« Le Syndrome du petit pois » fait suite aux albums autobiographiques de Domas (Litost, 3 minutes et Souvenir de moments uniques) mais cette fois ci le ton est plus sérieux, plus sombre même. Domas est maintenant marié, papa, et se retrouve confronté aux problèmes de santé de sa mère. Les maladies neurodégénératives (syndrome de Benson dans ce cas), c’est toujours difficile à vivre pour les proches, et le combat intérieur de Domas et ses réactions pour le moins explosives provoquent malheureusement des tensions assez sérieuses dans son couple. Alors certes l’histoire est toujours parsemée de moments plus légers, en rapport avec son travail et ses amis, mais de manière générale, on sent que l’auteur est dans un période différente de sa vie, une période plus difficile, plus… adulte. L’auteur ne tombe pour autant pas dans le pathos ou le larmoyant, et la fin est même carrément optimiste. Au niveau dessin on retrouve le trait maîtrisé et élégant de Domas, et ces touches de couleurs rouges pour représenter les émotions… Un album autobiographique prenant et touchant, à conseiller aux amateurs du genre, même si vous n’avez pas lu les albums précédents.

23/03/2016 (modifier)
Par montane
Note: 4/5
Couverture de la série Tanganyika (L'Homme du Tanganyika)
Tanganyika (L'Homme du Tanganyika)

Dans l'avis précédent, le lecteur regrette que la version initiale ait été colorisée, ce qui nuirait à la qualité du dessin. Ceci est parfaitement exact, et c'est la raison pour laquelle, les éditions Mosquito qui ont réédité cette histoire l'ont fait en noir et blanc, ce qui rend bien mieux compte de la qualité du dessin de Micheluzzi. Dans cette histoire le grand dessinateur Italien nous entraîne en Afrique dans la période de la première guerre mondiale au Tanganyika, c'est à dire dans l'actuelle Tanzanie administrée à l'époque par les Anglais. Or, ceux ci cherchent à mettre hors d'état de nuire, un croiseur Allemand qui leur a causé de sérieuse pertes. Pour ce faire ils décident de faire appel à un Américain, pilote d'hydravion dont la mission sera de localiser ce croiseur. C'est sans compter sur un missionnaire Hollandais, qui est en fait un espion Allemand qui dévoilera cette mission aux siens. L'intérêt du récit réside dans le fait que cet Américain, dont le pays n'est en rien concerné dans cette guerre qui se joue sur le Continent Africain, va montrer un réel respect pour cet Allemand, un respect réciproque. Micheluzzi nous montre que le combat militaire n'empêche pas d'éprouver du respect et de l'admiration pour l'ennemi. Un récit de 46 pages, sans manichéisme aucun, qui mérite d'être lu pour découvrir, ou redécouvrir, un des dessinateurs majeurs de la BD Italienne.

23/03/2016 (modifier)