Un épisode historique méconnu en lien avec la Guerre d'Algérie : en 1958, une dizaine d'Algériens, joueurs professionnels de football, ont quitté la France et leurs clubs de première division pour former de bric et de broc une équipe nationale Algérienne pour soutenir à leur manière le combat pour l'Indépendance de leur pays.
Kris, Bertrand Galic et Javi Rey nous racontent les faits de manière agréable et lumineuse. Le sujet est sérieux mais la narration reste légère. Avec ces footballeurs engagés, on ne parle pas de combattants, de haine et de drame. Au contraire, les personnages transpirent la bonne humeur et passent leur temps à blaguer et à se taquiner. De même, ils n'ont aucun ressentiment envers les français et gardent d'excellents contacts avec leurs camarades joueurs de foot de leurs clubs respectifs. Et c'est ainsi qu'on les suit dans leurs pérégrinations, les hauts et les bas, entre magouilles, difficultés, recherche de notoriété et de respect, coups de publicité politique mais aussi grande réussite sportive et morale.
C'est avec ce récit que on peut découvrir avec stupeur l'interdiction qu'avaient les joueurs algériens de sortir du territoire français. On peut suivre l'étrange relation entre le FLN (Front de Libération National Algérien) et cette équipe qui était pourtant sensée le représenter aux yeux du monde. Puis on peut assister à l'évolution des rencontres sportives de nos héros, d'abord face à des équipes de faible niveau du monde arabe, puis dans les pays d'Europe de l'Est face aux équipes qui ne craignaient pas les sanctions de la FIFA. Et cela jusqu'à la fin de la guerre et après.
Le récit se révèle parfois un peu long car il y a beaucoup à raconter. Peut-être certains passages auraient-ils pu être résumés pour se concentrer sur d'autres. Mais la narration est fluide, les dialogues plein d'humour, et cela permet de ne pas s'ennuyer.
Le tout est mis en image d'excellente manière par Javi Rey. Au-delà de décors et d'une colorisation légèrement austères, il offre un trait réaliste et dynamique plein de vie et de maîtrise. Quand il s'agit de représenter onze joueurs algériens, tous bruns, frisés et moustachus, il est facile d'en confondre quelques-uns mais il leur donne malgré tout une vraie âme visuelle qui respire la joie de vivre.
C'est le récit d'une équipe de football attachante et qui inspire le respect, une équipe engagée politiquement mais qui conservera toujours son esprit sportif pour combattre à sa manière, sans haine et sans aigreur. Un récit historique lumineux, hymne au sport et à la vie.
J'ai lu beaucoup de Desberg et je dois avouer que si je trouve très personnellement ses scénarios rarement mauvais, je ne les trouve pas non plus excellemment convainquants. Après lecture, j’en retiens du "Bof", très souvent du "mouais". Parfois du "Ha oui,... tout de même !"
Ici, j'ai été surpris par ce "Bagdad Inc." que je lui trouvais vraiment très réussi.
Il semble s'être très bien documenté, et sur fond de trame historique peu connue du public, il nous délivre un thriller parfait.
En grand professionnel qu'il est, le rythme est métronomique et l'histoire avance avec cohérence et complexité le long d'une intrigue vers son dénouement, à savoir, une enquête sur des crimes sordides avec un mode opératoire identique, dans un contexte difficile de guerre irakienne avec des mercenaires peu contrôlables, et un climat de menace permanente tout azimut.
Legrain réalise le travail d'un parfait artisan. Aucune fulgurance ni trait de génie mais du travail bien accompli. Son dessin clair et précis, bien proportionné et parfaitement fonctionnel, avec son élégance propre, se fait tout de suite happer par le récit tant il y répond en symbiose.
Pour toutes ces qualités, un bon 3,7/5
1.Vraiment dépaysant: des mondes peuplés de chimères pas totalement étrangères à notre imaginaire occidental ( beaux jeunes gens cornus ou ailés, robots rêveurs...) mais agencés d'une manière curieuse (avec parfois des couleurs aux limites du mauvais goût), dans des rapports de genre peu courants en BD, et un monde en guerre perpétuelle.
2. On a envie de connaître la suite: le scénario commence sur les chapeaux de roue, et se déroule dans un rythme rapide avec un fil dramatique pas original (la fuite d'un couple d'amoureux interdits) mais renouvelé par des situations soit décalées soit extrêmes, mélangeant voyages intergalactiques et accouchement sur le pouce. Fil enrichi aussi par d'autres parcours qui se dessinent en second plan, et se rapprochent de l'action principale.
3. Le sex-appeal des héros est très réussi (dialogues percutants et plastiques sensuelles), et les personnages secondaires suffisamment consistants.
Après lecture du 3ème tome je persiste: ça fait vibrer une corde à la fois sensuelle, actuelle (vêtements, dialogues) mais aussi surannée dans ses idéaux de tranquillité familiale qui sont toujours repoussés à un avenir qu'on n'atteint jamais.
après lecture du tome 4: le coté short-cut devient de plus en plus intéressant: les ressorts dramatiques s’interpénétrant de manière habile et inattendue. La violence et la douceur continuent de se succéder sans ménagement.
Tome 5 : évidemment ça commence à être long et l'enfant est toujours petite, est-ce que le scénario n'est pas en train de pédaler dans la semoule? Les parcours des personnages secondaires s’emberlificotent, mais qui sait, la barre sera-t-elle revenue sur le droit chemin au prochaine épisode: les personnages restent attachants...
3.5
Enfin lu cette série de Jacques Lob que je considère comme un génie. Ses scénarios sont souvent originaux et c'est le cas ici avec cette histoire qui me semble être un peu une parodie des vieux romans-feuilletons (en tout cas c'est l'impression que j'ai lorsque je vois un personnage comme le justicier) et c'est bien fait. La pauvre Blanche est une orpheline qui passe sa vie à se faire exploiter et elle lui arrive pleines de péripéties.
Non seulement je trouve le scénario prenant, mais j'adore l'atmosphère qui se dégage du style de Pichard. Le seul souci que j'ai c'est que je ne trouve pas son trait sexy donc lorsque, par exemple, je voyais les seins de l'héroïne, cela ne m'existait pas. Je trouve d'ailleurs que Blanche est un peu le personnage le moins intéressant de la série. Elle est souvent un peu trop effacée, mais ce n'est pas trop grave car j'aime bien la galerie de personnages imaginé par les auteurs.
C'est une très bonne série et c'est dommage qu'elle ne soit pas plus connue.
Ce petit format à l'italienne, oblong, est parfaitement adapté pour ce type d'histoire, courte et dynamique.
L'univers planté par Riff Reb's est original, puisque tous les personnages sont des cochons. Le héros (encore que) est un cochon domestique, sorte de "toutou" souffre douleur d'une matrone quelque peu violente avec lui.
Et ce personnage tombe amoureux d'une jeune et jolie cochonne: il tente d'attirer son attention. S'ensuivent quelques péripéties jubilatoires, durant lesquelles notre héros va s'en prendre plein la gueule.
C'est très dynamique, cartoonesque, et plutôt réussi et drôle. Entièrement muette, cette histoire se laisse lire (et même relire) facilement. C'est aussi en grande partie dû au dessin, lui aussi simple et dynamique.
Une sorte de défouloir de potache dont je vous recommande la lecture.
Note réelle 3,5/5.
Ce récit aurait bien mérité ses 5 étoiles s’il n’y avait eu quelques petites choses qui sont venues me gâcher mon plaisir de lecture. Toutefois je commencerai par le positif où je rejoins les avis de Pol et Sloane. Le graphisme est très beau si ce n’est quelques cases par-ci par-là de moindre qualité, néanmoins rien de très méchant. En personnage principal nous trouvons Frank, genre d’Alain Delon échappé de la gay pride, j’ai mis un petit temps à m’y faire mais il est plutôt bien passé au final. Le scénario est original et bien traité, les personnages multiples et attachants, et le tout doté d’un très bon rythme.
Et maintenant place aux incohérences. A mon sens certaines choses dépassent un peu le cadre du réel, l'histoire se déroule dans un laps de temps trop court pour être totalement crédible, malgré tout je suis partie du principe que cela pourrait être possible en tirant un peu sur la corde. Par contre j’ai buté sur certains dessins (très peu) qui eux sont totalement fantasques, à moins qu’ils n'aient été fait que pour faire fantasmer, mon esprit cartésien ne les intègre pas et m'ont rappelée à l'ordre.
Je recommande la lecture de cette B.D. qui vaut largement le détour, la preuve Pol et Sloane n’ont apparemment pas été gênés eux (les chanceux !) Néanmoins, et après avoir tergiversé entre 3 ou 4 étoiles, je lui accorde tout de même la note de 4, même si je trouve dommage que le manque de méticulosité fasse passer l'histoire pas loin de la perfection.
Une BD qui aborde plusieurs sujets au sein de la même histoire et qui arrive à tous les rendre intéressants. Ça parle de soldats de retour de la première guerre mondiale, des conditions difficiles auxquelles ils doivent faire face pour se réinsérer dans la société. Notamment un des personnages qui est défiguré. Quel sort la société de l'époque a réservé à ces héros de guerre ? Sans être un documentaire cet album a un coté historique franchement intéressant dans la manière dont tous ces thèmes sont abordés, avec plus ou moins de détails. En plus, tout cela offre un superbe background au reste de l'histoire.
Car il y a également un aspect polar dans ce récit. Comment ces soldats vont monter une combine pour s'enrichir sur le business mortuaire de l'après guerre. C'est à la fois malsain et amusant. C'est surtout une intrigue rondement menée avec ce qu'il faut d'intensité et de suspense pour rester en haleine tout au long des 160 pages de l'album.
Le tout est superbement illustré par le talent de De Metter. Au final, une BD très plaisante que j'ai appréciée de bout en bout.
3.5
Je ne connaissais pas cet auteur qui semble être un peu connu. Après avoir lu cette série, j'ai bien envie de lire le reste de son oeuvre.
Ce mangaka a vu un de ses mangas censuré dans un coin du Japon et du coup il se venge en écrivant une œuvre sur la censure. Le gouvernement japonais veut avoir une image propre durant les jeux olympiques et du coup il y a une censure plus sévère au niveau des œuvres de fiction et un mangaka voit son histoire d'horreur touchée par cette censure.
L'histoire est prenante. J'aime bien comment l'auteur montre les différentes étapes de production d'un manga, ce qui arrive lorsqu'il y a de la censure, les répercutions sur la société japonaise, etc. Le sujet est vraiment bien maitrisé et l'auteur sait comment relancer son intrigue (j'aime bien l'éditeur américain). Cela va peut-être un peu trop vite, mais j'ai bien aimé et j'ai été captivé durant la lecture de ses deux tomes. Le dessin est vraiment bon. C'est le style réaliste japonais comme je l'aime.
Voici une bd qui s’affranchit des cases pour proposer un séquençage quasi cinématographique. Dans le concept, cette bd use des mêmes ficelles que pour Un bébé à livrer avec des personnages animaliers en communs (lapin, cochon). Mais, à la différence de ce dernier, le grand méchant renard est mieux équilibré avec un final qui n’est pas tiré en longueur. Bref, on a quelque chose de similaire mais en mieux et à un prix plus abordable. Côté récit, l’auteur dépeint avec humour et sensibilité l’évolution comportementale d’un renard opportuniste qui verra ses certitudes chamboulées au contact des "ses poussins". C’est quasi théâtral et ubuesque. Très drôle aussi grâce à un trait qui force sur les expressions pour appuyer la farce qui se joue devant nous.
A conseiller sans réserves à la lecture comme à l’achat.
Cet album est une vraie curiosité (merci pierig au passage !).
Il se présente comme quelque chose de très différent que ce qu'on voit habituellement en librairie, cela ressemble en effet plus à un magazine US à l'ancienne qu'à autre chose. En le lisant j'ai été sacrément séduit par le trait, d'une virtuosité impressionnante, c'est fait avec les tripes, ça ! Et j'ai été encore plus surpris d'apprendre que Severin n'avait que 19 ans quand il a auto-édité ça... Sacré gamin...
Au niveau de l'histoire, là encore, c'est très surprenant, même si on a un fil conduteur en la personne du soldat Pete et de deux ou trois de ses camarades. Toute l'absurdité de la guerre y est représentée, et ne peut laisser le lecteur lambda insensible...
Une chouette lecture, un petit trésor qu'on garde dans un coin...
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Un maillot pour l'Algérie
Un épisode historique méconnu en lien avec la Guerre d'Algérie : en 1958, une dizaine d'Algériens, joueurs professionnels de football, ont quitté la France et leurs clubs de première division pour former de bric et de broc une équipe nationale Algérienne pour soutenir à leur manière le combat pour l'Indépendance de leur pays. Kris, Bertrand Galic et Javi Rey nous racontent les faits de manière agréable et lumineuse. Le sujet est sérieux mais la narration reste légère. Avec ces footballeurs engagés, on ne parle pas de combattants, de haine et de drame. Au contraire, les personnages transpirent la bonne humeur et passent leur temps à blaguer et à se taquiner. De même, ils n'ont aucun ressentiment envers les français et gardent d'excellents contacts avec leurs camarades joueurs de foot de leurs clubs respectifs. Et c'est ainsi qu'on les suit dans leurs pérégrinations, les hauts et les bas, entre magouilles, difficultés, recherche de notoriété et de respect, coups de publicité politique mais aussi grande réussite sportive et morale. C'est avec ce récit que on peut découvrir avec stupeur l'interdiction qu'avaient les joueurs algériens de sortir du territoire français. On peut suivre l'étrange relation entre le FLN (Front de Libération National Algérien) et cette équipe qui était pourtant sensée le représenter aux yeux du monde. Puis on peut assister à l'évolution des rencontres sportives de nos héros, d'abord face à des équipes de faible niveau du monde arabe, puis dans les pays d'Europe de l'Est face aux équipes qui ne craignaient pas les sanctions de la FIFA. Et cela jusqu'à la fin de la guerre et après. Le récit se révèle parfois un peu long car il y a beaucoup à raconter. Peut-être certains passages auraient-ils pu être résumés pour se concentrer sur d'autres. Mais la narration est fluide, les dialogues plein d'humour, et cela permet de ne pas s'ennuyer. Le tout est mis en image d'excellente manière par Javi Rey. Au-delà de décors et d'une colorisation légèrement austères, il offre un trait réaliste et dynamique plein de vie et de maîtrise. Quand il s'agit de représenter onze joueurs algériens, tous bruns, frisés et moustachus, il est facile d'en confondre quelques-uns mais il leur donne malgré tout une vraie âme visuelle qui respire la joie de vivre. C'est le récit d'une équipe de football attachante et qui inspire le respect, une équipe engagée politiquement mais qui conservera toujours son esprit sportif pour combattre à sa manière, sans haine et sans aigreur. Un récit historique lumineux, hymne au sport et à la vie.
Bagdad Inc.
J'ai lu beaucoup de Desberg et je dois avouer que si je trouve très personnellement ses scénarios rarement mauvais, je ne les trouve pas non plus excellemment convainquants. Après lecture, j’en retiens du "Bof", très souvent du "mouais". Parfois du "Ha oui,... tout de même !" Ici, j'ai été surpris par ce "Bagdad Inc." que je lui trouvais vraiment très réussi. Il semble s'être très bien documenté, et sur fond de trame historique peu connue du public, il nous délivre un thriller parfait. En grand professionnel qu'il est, le rythme est métronomique et l'histoire avance avec cohérence et complexité le long d'une intrigue vers son dénouement, à savoir, une enquête sur des crimes sordides avec un mode opératoire identique, dans un contexte difficile de guerre irakienne avec des mercenaires peu contrôlables, et un climat de menace permanente tout azimut. Legrain réalise le travail d'un parfait artisan. Aucune fulgurance ni trait de génie mais du travail bien accompli. Son dessin clair et précis, bien proportionné et parfaitement fonctionnel, avec son élégance propre, se fait tout de suite happer par le récit tant il y répond en symbiose. Pour toutes ces qualités, un bon 3,7/5
Saga
1.Vraiment dépaysant: des mondes peuplés de chimères pas totalement étrangères à notre imaginaire occidental ( beaux jeunes gens cornus ou ailés, robots rêveurs...) mais agencés d'une manière curieuse (avec parfois des couleurs aux limites du mauvais goût), dans des rapports de genre peu courants en BD, et un monde en guerre perpétuelle. 2. On a envie de connaître la suite: le scénario commence sur les chapeaux de roue, et se déroule dans un rythme rapide avec un fil dramatique pas original (la fuite d'un couple d'amoureux interdits) mais renouvelé par des situations soit décalées soit extrêmes, mélangeant voyages intergalactiques et accouchement sur le pouce. Fil enrichi aussi par d'autres parcours qui se dessinent en second plan, et se rapprochent de l'action principale. 3. Le sex-appeal des héros est très réussi (dialogues percutants et plastiques sensuelles), et les personnages secondaires suffisamment consistants. Après lecture du 3ème tome je persiste: ça fait vibrer une corde à la fois sensuelle, actuelle (vêtements, dialogues) mais aussi surannée dans ses idéaux de tranquillité familiale qui sont toujours repoussés à un avenir qu'on n'atteint jamais. après lecture du tome 4: le coté short-cut devient de plus en plus intéressant: les ressorts dramatiques s’interpénétrant de manière habile et inattendue. La violence et la douceur continuent de se succéder sans ménagement. Tome 5 : évidemment ça commence à être long et l'enfant est toujours petite, est-ce que le scénario n'est pas en train de pédaler dans la semoule? Les parcours des personnages secondaires s’emberlificotent, mais qui sait, la barre sera-t-elle revenue sur le droit chemin au prochaine épisode: les personnages restent attachants...
Blanche Epiphanie
3.5 Enfin lu cette série de Jacques Lob que je considère comme un génie. Ses scénarios sont souvent originaux et c'est le cas ici avec cette histoire qui me semble être un peu une parodie des vieux romans-feuilletons (en tout cas c'est l'impression que j'ai lorsque je vois un personnage comme le justicier) et c'est bien fait. La pauvre Blanche est une orpheline qui passe sa vie à se faire exploiter et elle lui arrive pleines de péripéties. Non seulement je trouve le scénario prenant, mais j'adore l'atmosphère qui se dégage du style de Pichard. Le seul souci que j'ai c'est que je ne trouve pas son trait sexy donc lorsque, par exemple, je voyais les seins de l'héroïne, cela ne m'existait pas. Je trouve d'ailleurs que Blanche est un peu le personnage le moins intéressant de la série. Elle est souvent un peu trop effacée, mais ce n'est pas trop grave car j'aime bien la galerie de personnages imaginé par les auteurs. C'est une très bonne série et c'est dommage qu'elle ne soit pas plus connue.
Love Story (Riff Reb's)
Ce petit format à l'italienne, oblong, est parfaitement adapté pour ce type d'histoire, courte et dynamique. L'univers planté par Riff Reb's est original, puisque tous les personnages sont des cochons. Le héros (encore que) est un cochon domestique, sorte de "toutou" souffre douleur d'une matrone quelque peu violente avec lui. Et ce personnage tombe amoureux d'une jeune et jolie cochonne: il tente d'attirer son attention. S'ensuivent quelques péripéties jubilatoires, durant lesquelles notre héros va s'en prendre plein la gueule. C'est très dynamique, cartoonesque, et plutôt réussi et drôle. Entièrement muette, cette histoire se laisse lire (et même relire) facilement. C'est aussi en grande partie dû au dessin, lui aussi simple et dynamique. Une sorte de défouloir de potache dont je vous recommande la lecture. Note réelle 3,5/5.
Corps et Âme
Ce récit aurait bien mérité ses 5 étoiles s’il n’y avait eu quelques petites choses qui sont venues me gâcher mon plaisir de lecture. Toutefois je commencerai par le positif où je rejoins les avis de Pol et Sloane. Le graphisme est très beau si ce n’est quelques cases par-ci par-là de moindre qualité, néanmoins rien de très méchant. En personnage principal nous trouvons Frank, genre d’Alain Delon échappé de la gay pride, j’ai mis un petit temps à m’y faire mais il est plutôt bien passé au final. Le scénario est original et bien traité, les personnages multiples et attachants, et le tout doté d’un très bon rythme. Et maintenant place aux incohérences. A mon sens certaines choses dépassent un peu le cadre du réel, l'histoire se déroule dans un laps de temps trop court pour être totalement crédible, malgré tout je suis partie du principe que cela pourrait être possible en tirant un peu sur la corde. Par contre j’ai buté sur certains dessins (très peu) qui eux sont totalement fantasques, à moins qu’ils n'aient été fait que pour faire fantasmer, mon esprit cartésien ne les intègre pas et m'ont rappelée à l'ordre. Je recommande la lecture de cette B.D. qui vaut largement le détour, la preuve Pol et Sloane n’ont apparemment pas été gênés eux (les chanceux !) Néanmoins, et après avoir tergiversé entre 3 ou 4 étoiles, je lui accorde tout de même la note de 4, même si je trouve dommage que le manque de méticulosité fasse passer l'histoire pas loin de la perfection.
Au revoir là-haut
Une BD qui aborde plusieurs sujets au sein de la même histoire et qui arrive à tous les rendre intéressants. Ça parle de soldats de retour de la première guerre mondiale, des conditions difficiles auxquelles ils doivent faire face pour se réinsérer dans la société. Notamment un des personnages qui est défiguré. Quel sort la société de l'époque a réservé à ces héros de guerre ? Sans être un documentaire cet album a un coté historique franchement intéressant dans la manière dont tous ces thèmes sont abordés, avec plus ou moins de détails. En plus, tout cela offre un superbe background au reste de l'histoire. Car il y a également un aspect polar dans ce récit. Comment ces soldats vont monter une combine pour s'enrichir sur le business mortuaire de l'après guerre. C'est à la fois malsain et amusant. C'est surtout une intrigue rondement menée avec ce qu'il faut d'intensité et de suspense pour rester en haleine tout au long des 160 pages de l'album. Le tout est superbement illustré par le talent de De Metter. Au final, une BD très plaisante que j'ai appréciée de bout en bout.
Poison City
3.5 Je ne connaissais pas cet auteur qui semble être un peu connu. Après avoir lu cette série, j'ai bien envie de lire le reste de son oeuvre. Ce mangaka a vu un de ses mangas censuré dans un coin du Japon et du coup il se venge en écrivant une œuvre sur la censure. Le gouvernement japonais veut avoir une image propre durant les jeux olympiques et du coup il y a une censure plus sévère au niveau des œuvres de fiction et un mangaka voit son histoire d'horreur touchée par cette censure. L'histoire est prenante. J'aime bien comment l'auteur montre les différentes étapes de production d'un manga, ce qui arrive lorsqu'il y a de la censure, les répercutions sur la société japonaise, etc. Le sujet est vraiment bien maitrisé et l'auteur sait comment relancer son intrigue (j'aime bien l'éditeur américain). Cela va peut-être un peu trop vite, mais j'ai bien aimé et j'ai été captivé durant la lecture de ses deux tomes. Le dessin est vraiment bon. C'est le style réaliste japonais comme je l'aime.
Le Grand Méchant Renard
Voici une bd qui s’affranchit des cases pour proposer un séquençage quasi cinématographique. Dans le concept, cette bd use des mêmes ficelles que pour Un bébé à livrer avec des personnages animaliers en communs (lapin, cochon). Mais, à la différence de ce dernier, le grand méchant renard est mieux équilibré avec un final qui n’est pas tiré en longueur. Bref, on a quelque chose de similaire mais en mieux et à un prix plus abordable. Côté récit, l’auteur dépeint avec humour et sensibilité l’évolution comportementale d’un renard opportuniste qui verra ses certitudes chamboulées au contact des "ses poussins". C’est quasi théâtral et ubuesque. Très drôle aussi grâce à un trait qui force sur les expressions pour appuyer la farce qui se joue devant nous. A conseiller sans réserves à la lecture comme à l’achat.
A Story of war
Cet album est une vraie curiosité (merci pierig au passage !). Il se présente comme quelque chose de très différent que ce qu'on voit habituellement en librairie, cela ressemble en effet plus à un magazine US à l'ancienne qu'à autre chose. En le lisant j'ai été sacrément séduit par le trait, d'une virtuosité impressionnante, c'est fait avec les tripes, ça ! Et j'ai été encore plus surpris d'apprendre que Severin n'avait que 19 ans quand il a auto-édité ça... Sacré gamin... Au niveau de l'histoire, là encore, c'est très surprenant, même si on a un fil conduteur en la personne du soldat Pete et de deux ou trois de ses camarades. Toute l'absurdité de la guerre y est représentée, et ne peut laisser le lecteur lambda insensible... Une chouette lecture, un petit trésor qu'on garde dans un coin...