À mon avis c'est la meilleure bande dessinée sur les Celtes et même la meilleure BD sur l'antiquité que j'ai lue. Pourtant elle n'est pas un coup de coeur. Je crois que le dessin devrait être plus soigné et le scénario plus attirant. En plus, je trouve le dessin du troisième album mois bon que celui des deux premiers (on a changé de dessinateur).
Le cahier pédagogique à la fin de chaque album est un bonus à souligner.
Pour l'instant, on attend d'autres albums dans le domaine de la BD des Celtes. Si monsieur Teng (Shane) trouve un bon scénariste, il pourrait réussir ce défi.
Un polar avec une ambiance qui m'a un peu rappelé Hitchcock.
L'intrigue est prenante. L'auteur reprend plusieurs codes du polar et les utilise bien (surtout que les révélations finales sont surprenantes). Le personnage principal est attachant et j'ai eu du plaisir à le regarder faire son enquête. J'ai lu l'histoire d'une traite tellement je voulais savoir la réponse du mystère. La narration est fluide et cela se lit très bien et même un peu vite pour un album avec autant de pages. Il faut dire que les cases sont grandes.
J'ai bien aimé le dessin. Le style retranscrit bien une ambiance de polar et le fait que les cases soient grandes fait en sorte qu'on peut admirer facilement le dessin. Un bon polar à lire si on aime le genre et les histoires un peu différentes.
Un titre accrocheur et une couverture magnifique.
Comme avec le Spirou d'Emile Bravo qui révèle pourquoi le héros reste habillé en groom, ici, l'on apprendra pourquoi Lucky Luke est passé de la cigarette qu'il avait perpétuellement à chaque case, à un brun d'herbe. Cette BD est un véritable ode anti-tabac !
Lecture sympathique mais moins percutante que du temps du grand Goscinny. Il manque l'arche de bout en bout d'un grand scénario, et le saupoudrage d'humour permanent que l’immense scénariste défunt, tel un vrai magicien, nous abreuvait d'albums en albums.
Par contre, si la trame est ici moins prenante, les personnages gagnent en profondeur et épaisseur psychologique bien plus élaborée.
L' ensemble, nullement inoubliable, reste de belle tenue à l'ambiance plus sombre que dans la série mère.
Autour de 3,5/5 .... pour la superbe couverture et l'originalité du concept, pour la grande qualité du visuel, en bon prince, ce sera arrondi à 4 *.
Un cadeau épatant pour un jeune adolescent!
C'est le dessin qui est particulièrement séduisant : vif, agréablement coloré et éclairé, il donne du caractère à chaque personnage, et lui offre un paysage plein de vérité.
L'idée de départ, peu originale, met en scène le monde normal et urbain, sur lequel les portes d'un autre monde s'ouvrent... dans les galeries du métro. Cet intérêt pour le métro, lui, est peu habituel, et bien servi par le dessin.
Un autre fil conducteur est le personnage principal, Ninn, petite fille qui se sent différente, parce qu'elle est une enfant trouvée, élevée, qui plus est, par un couple improbable d'aiguilleurs de la RATP, aidés d'une tenancière de kiosque à journaux. Par moments, on se demande si ce n'est pas une commande de la ville de Paris!
Le troisième ingrédient ouvrant sur le monde exotique et bien-sûr le tigre de papier, offert par un chasseur de papillon...
Bref c'est très sympathique.
3.5
J'avais écrit dans mon avis pour Thanos - La Révélation de l'Infini que j'étais un peu perdu dans la production d'histoires sur Thanos par Jim Starlin, après quelques recherches j'ai enfin compris. En gros, Starlin a fait une nouvelle trilogie sur Thanos et Adam Warlock dont la révélation était la première partie (c'est pour ça que j'avais eu l'impression de lire une introduction et non une vraie histoire), celle-ci est la seconde et la dernière est sortie cette semaine et va sûrement être traduite en français dans quelques mois !
L'histoire est prenante et c'est sûrement le meilleur scénario de Jim Starlin que j'ai lu jusqu'à présent. Un reproche que j'avais pour la trilogie de l'Infini des années 90 était qu'il y avait trop de personnages Marvel qui ne faisaient rien. Ici, ce n'est pas le cas. Il n'y a qu'une dizaine de personnages qui ont tous un rôle à jouer. Le scénario est intelligent et il faut bien lire pour comprendre tout ce qui se passe autour d'Adam Warlock. Il y a un bon mélange d'action, de scènes d'explications et d'un peu d'humour.
Ce récit se termine sur un cliffhanger qui donne envie de lire la suite !
Les écrits de Marco Polo ont semblé tellement invraisemblables (pour son époque) qu'on eut peine à croire qu'il ait réellement vécu ce qu'ils racontaient sans avoir été enjolivés, mais après tout, peu importe, il fut le premier à décrire ce voyage fabuleux au XIIIème siècle, même s'il a fait appel à son imagination, et c'est ce qui est important. Il a donné envie à des suiveurs de l'imiter, de partir sur ses traces comme l'ont démontré de nombreuses expéditions.
Et ça commence d'ailleurs dans l'exagération en ce début d'album avec ces monstres marins, tout simplement parce qu'à cette époque, l'homme était encore ignorant de beaucoup de choses et croyait au diable, donc aux bêtes fabuleuses qui symbolisaient des dangers qu'on ne savait pas expliquer et surmonter. Ces monstres, ces sirènes, ces créatures fabuleuses ont contribué à faire douter du récit de Polo.
Ce qui compte dans ce diptyque, c'est la merveilleuse aventure qu'elle représente, semée de périls, avec bien des épreuves, peu importe que tout soit authentique ou non, c'est un beau livre d'images propice au support BD, comme ça a pu être déjà conté au cinéma, c'est forcément romancé pour captiver le lecteur et pour évoquer l'épopée vers Cathay, Cipango et la route de la soie... c'est le début des grandes découvertes. Le postulat des auteurs est basé là-dessus, c'est donc destiné avant tout à divertir tout en contant un parcours plausible, et ça rejoint pas mal de documentaires que j'ai pu lire ou voir en télé sur Marco Polo. De toute façon, les dossiers de fin d'albums sont suffisamment instructifs pour démêler le vrai du faux.
Le dessin est plaisant, j'ai tout de suite accroché car j'aime ce type de graphisme sur ce genre de Bd historique, qui met bien en valeur les temps anciens par la richesse des décors et le trait précis. J'ai apprécié aussi quelques belles double pages. Je n'ai relevé qu'une petite erreur anachronique, lorsque Marco dit "A coeur vaillant, rien d'impossible" ; c'était la devise de Jacques Coeur, grand argentier de Charles VII, qui était un proverbe courant mais apparu seulement au XVème siècle.
Voici donc une belle réussite dans cette collection Explora, qui à défaut d'être vraiment d'une certaine véracité, est très divertissante.
L'idée même de cette histoire est barrée à souhait et on se demande où l'auteur puise son inspiration. Toujours est-il qu'ici, il nous livre l'histoire d'un nain vétéran de guerre, déprimé et colérique, qui revient dans son petit village natal. Il a une idée en tête : se venger de quelque chose, évidemment au début on ne sait pas de quoi, mais en tout cas il est énervé, très énervé même. Et ça va saigner fort.
Il faut forcément aborder cette lecture avec beaucoup de détachement et de second degré. Et vue sous cet angle, ça marche. ! On rentre tout de suite dans le vif du sujet. La rapide introduction est efficace, on comprend à qui et à quoi on a à faire. Malgré la violence ambiante, ce personnage original apparaît vite comme charismatique. L'intrigue est bien fichue car, entre les flash-back et les bribes de réponses, on a envie de savoir ce qui justifie autant d'hémoglobine. Car oui c'est gratuitement violent, certains passages sont trash. On ne nous cache rien du collier à base d'oreilles de cadavres, ou des doigts arrachés à la tenaille un par un. A coté de ça, il se dégage parfois un peu d'humour de certaines scènes, ce qui confirme bien que, plus qu'un polar noir qui se voudrait réaliste, cette BD est avant tout un gros délire.
Dans la même histoire on peut donc enchaîner des plans assez choquants, avec détails sordides à rebuter les plus sensibles, et 3 pages plus loin, on peut se marrer lorsqu'on voit notre nain se faire arrêter la bite à l'air. Cette touche loufoque tombe parfois de manière inattendue, et apporte juste ce qu'il faut d'originalité et de style pour faire de cet album quelque chose de bien plus malin qu'une enième histoire banalement violente.
Le dessin est au diapason et correspond bien à l'ambiance recherchée en jouant entre le côté malsain et le côté décalé de l'histoire. Au final, un album très sympa qui ne plaira évidemment pas à tous, mais moi je me suis bien amusé.
J’ai trouvé le propos de cet album d’une finesse extrême.
Via ce qui pourrait paraître n’être que de simples souvenirs de vacances, ce sont des questions délicates qui sont abordées au fil des planches.
La copine retrouvée le temps des vacances et ce sont l’identité sexuelle et l’image de soi qui sont abordés.
Le sympathique loueur de vidéo permettra d’observer la subjectivité du regard amoureux tout en créant une intrigue autour du déni de sale gueule.
Une tension palpable dans la famille permettra d’aborder les dégâts causés par l’absence de communication.
Une attirance pour les films d'épouvante, et ce sont les étranges fascinations de l'adolescence qui ressortent (et une bonne manière d'apporter un peu d'humour et de légèreté supplémentaire au récit... qui n'en manque pourtant jamais malgré les sujets abordés).
Chaque thème est traité sans précipitation aucune, ni manichéisme. Les personnages sont vrais et il nous faudra du temps pour bien les cerner. Les non-dits sont nombreux et le lecteur devra souvent s'interroger sur les raisons d'un silence, d'un regard, d'une fuite. Heureusement, l’album est copieux (320 pages) et permet donc aux deux auteures d’opérer par petites touches. Du coup, certains auront le sentiment qu’il ne se passe rien. Pourtant, à titre personnel, j’ai trouvé que chaque page apportait un élément nouveau au récit. Rien n’est gratuit mais rien n’est spectaculaire. Cet album, c’est simple et beau comme un bourgeon qui éclot. A vous de voir si vous êtes prêts à passer le temps nécessaire pour assister à l’épanouissement (et cette image de me rappeler que le thème central du livre est la perte d’innocence).
Le dessin, dans son style réaliste et épuré, est d’une grande efficacité. Le trait est net, les personnages sont bien typés. Les décors sont facilement identifiables. Les cadrages visent l’efficacité plutôt que l’effet de manche. Tout contribue à une lecture fluide et plaisante.
Du pur roman graphique… mais du roman graphique de très grande qualité !
Et puis bon ! Quand on mentionne 'Rush' dans le récit et dans les remerciements, on touche une corde sensible à mon coeur (et oui, cela a peut-être influencé ma note... c'est con mais c'est comme ça... et ce n'est d'ailleurs pas un hasard si j'ai attendu mon 2112ème avis pour dire tout le bien que je pensais de cet album ;) )
Coup de coeur pour cette goth féministe et attachante. Lise Myhre a un sacré coup de crayon et nous livre un personnage au tempérament bien trempé et aux réparties cinglantes. Il est facile de s'identifier à Nemi et le format en strip se dévore à toute vitesse. Du coup, on en redemande !
Décidément, l’univers développé par Clément Vuillier est de ceux qui me touchent. Proche de certains dessins de l’écrivain et artiste surréaliste Adrien Dax, avec une minutie et une poésie d’un lyrisme absolu, avec un dessin qui semble parfois automatique mais qu’on devine emporté par autre chose, la nécessité d’aller plus loin, mais vers où ?
Car il est ici comme ailleurs chez Vuillier question de voyage, de détours, de méandres. Un voyage immobile pour le lecteur, mais qui nous emporte loin. Un voyage bouche bée, mais muet. On y retourne le souffle coupé…
Petit album de forme oblongue et dépliant, dont l’accordéon des pages muettes nous fait suivre ce qui pourrait être un glacier, une coulée de boue ou un simple torrent, du fond d’une vallée au sommet d’une montagne.
Il faut être réceptif à cette ambiance, à ce travail, mais je suis une nouvelle fois émerveillé par le travail de Vuillier. Il n’y a rien et pourtant cela fourmille de détails. Il ne se passe rien et pourtant que de mouvement !
Un album totalement muet et sans personnage, destiné aux amoureux de la poésie. Un petit tirage pour quelques lecteurs, mais j’en suis sans réserve.
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Le Casque d'Agris
À mon avis c'est la meilleure bande dessinée sur les Celtes et même la meilleure BD sur l'antiquité que j'ai lue. Pourtant elle n'est pas un coup de coeur. Je crois que le dessin devrait être plus soigné et le scénario plus attirant. En plus, je trouve le dessin du troisième album mois bon que celui des deux premiers (on a changé de dessinateur). Le cahier pédagogique à la fin de chaque album est un bonus à souligner. Pour l'instant, on attend d'autres albums dans le domaine de la BD des Celtes. Si monsieur Teng (Shane) trouve un bon scénariste, il pourrait réussir ce défi.
Watertown
Un polar avec une ambiance qui m'a un peu rappelé Hitchcock. L'intrigue est prenante. L'auteur reprend plusieurs codes du polar et les utilise bien (surtout que les révélations finales sont surprenantes). Le personnage principal est attachant et j'ai eu du plaisir à le regarder faire son enquête. J'ai lu l'histoire d'une traite tellement je voulais savoir la réponse du mystère. La narration est fluide et cela se lit très bien et même un peu vite pour un album avec autant de pages. Il faut dire que les cases sont grandes. J'ai bien aimé le dessin. Le style retranscrit bien une ambiance de polar et le fait que les cases soient grandes fait en sorte qu'on peut admirer facilement le dessin. Un bon polar à lire si on aime le genre et les histoires un peu différentes.
Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme (L'Homme qui tua Lucky Luke / Wanted Lucky Luke)
Un titre accrocheur et une couverture magnifique. Comme avec le Spirou d'Emile Bravo qui révèle pourquoi le héros reste habillé en groom, ici, l'on apprendra pourquoi Lucky Luke est passé de la cigarette qu'il avait perpétuellement à chaque case, à un brun d'herbe. Cette BD est un véritable ode anti-tabac ! Lecture sympathique mais moins percutante que du temps du grand Goscinny. Il manque l'arche de bout en bout d'un grand scénario, et le saupoudrage d'humour permanent que l’immense scénariste défunt, tel un vrai magicien, nous abreuvait d'albums en albums. Par contre, si la trame est ici moins prenante, les personnages gagnent en profondeur et épaisseur psychologique bien plus élaborée. L' ensemble, nullement inoubliable, reste de belle tenue à l'ambiance plus sombre que dans la série mère. Autour de 3,5/5 .... pour la superbe couverture et l'originalité du concept, pour la grande qualité du visuel, en bon prince, ce sera arrondi à 4 *.
Ninn
Un cadeau épatant pour un jeune adolescent! C'est le dessin qui est particulièrement séduisant : vif, agréablement coloré et éclairé, il donne du caractère à chaque personnage, et lui offre un paysage plein de vérité. L'idée de départ, peu originale, met en scène le monde normal et urbain, sur lequel les portes d'un autre monde s'ouvrent... dans les galeries du métro. Cet intérêt pour le métro, lui, est peu habituel, et bien servi par le dessin. Un autre fil conducteur est le personnage principal, Ninn, petite fille qui se sent différente, parce qu'elle est une enfant trouvée, élevée, qui plus est, par un couple improbable d'aiguilleurs de la RATP, aidés d'une tenancière de kiosque à journaux. Par moments, on se demande si ce n'est pas une commande de la ville de Paris! Le troisième ingrédient ouvrant sur le monde exotique et bien-sûr le tigre de papier, offert par un chasseur de papillon... Bref c'est très sympathique.
Thanos - La Relativité de l'Infini
3.5 J'avais écrit dans mon avis pour Thanos - La Révélation de l'Infini que j'étais un peu perdu dans la production d'histoires sur Thanos par Jim Starlin, après quelques recherches j'ai enfin compris. En gros, Starlin a fait une nouvelle trilogie sur Thanos et Adam Warlock dont la révélation était la première partie (c'est pour ça que j'avais eu l'impression de lire une introduction et non une vraie histoire), celle-ci est la seconde et la dernière est sortie cette semaine et va sûrement être traduite en français dans quelques mois ! L'histoire est prenante et c'est sûrement le meilleur scénario de Jim Starlin que j'ai lu jusqu'à présent. Un reproche que j'avais pour la trilogie de l'Infini des années 90 était qu'il y avait trop de personnages Marvel qui ne faisaient rien. Ici, ce n'est pas le cas. Il n'y a qu'une dizaine de personnages qui ont tous un rôle à jouer. Le scénario est intelligent et il faut bien lire pour comprendre tout ce qui se passe autour d'Adam Warlock. Il y a un bon mélange d'action, de scènes d'explications et d'un peu d'humour. Ce récit se termine sur un cliffhanger qui donne envie de lire la suite !
Marco Polo (Glénat)
Les écrits de Marco Polo ont semblé tellement invraisemblables (pour son époque) qu'on eut peine à croire qu'il ait réellement vécu ce qu'ils racontaient sans avoir été enjolivés, mais après tout, peu importe, il fut le premier à décrire ce voyage fabuleux au XIIIème siècle, même s'il a fait appel à son imagination, et c'est ce qui est important. Il a donné envie à des suiveurs de l'imiter, de partir sur ses traces comme l'ont démontré de nombreuses expéditions. Et ça commence d'ailleurs dans l'exagération en ce début d'album avec ces monstres marins, tout simplement parce qu'à cette époque, l'homme était encore ignorant de beaucoup de choses et croyait au diable, donc aux bêtes fabuleuses qui symbolisaient des dangers qu'on ne savait pas expliquer et surmonter. Ces monstres, ces sirènes, ces créatures fabuleuses ont contribué à faire douter du récit de Polo. Ce qui compte dans ce diptyque, c'est la merveilleuse aventure qu'elle représente, semée de périls, avec bien des épreuves, peu importe que tout soit authentique ou non, c'est un beau livre d'images propice au support BD, comme ça a pu être déjà conté au cinéma, c'est forcément romancé pour captiver le lecteur et pour évoquer l'épopée vers Cathay, Cipango et la route de la soie... c'est le début des grandes découvertes. Le postulat des auteurs est basé là-dessus, c'est donc destiné avant tout à divertir tout en contant un parcours plausible, et ça rejoint pas mal de documentaires que j'ai pu lire ou voir en télé sur Marco Polo. De toute façon, les dossiers de fin d'albums sont suffisamment instructifs pour démêler le vrai du faux. Le dessin est plaisant, j'ai tout de suite accroché car j'aime ce type de graphisme sur ce genre de Bd historique, qui met bien en valeur les temps anciens par la richesse des décors et le trait précis. J'ai apprécié aussi quelques belles double pages. Je n'ai relevé qu'une petite erreur anachronique, lorsque Marco dit "A coeur vaillant, rien d'impossible" ; c'était la devise de Jacques Coeur, grand argentier de Charles VII, qui était un proverbe courant mais apparu seulement au XVème siècle. Voici donc une belle réussite dans cette collection Explora, qui à défaut d'être vraiment d'une certaine véracité, est très divertissante.
Big Man Plans
L'idée même de cette histoire est barrée à souhait et on se demande où l'auteur puise son inspiration. Toujours est-il qu'ici, il nous livre l'histoire d'un nain vétéran de guerre, déprimé et colérique, qui revient dans son petit village natal. Il a une idée en tête : se venger de quelque chose, évidemment au début on ne sait pas de quoi, mais en tout cas il est énervé, très énervé même. Et ça va saigner fort. Il faut forcément aborder cette lecture avec beaucoup de détachement et de second degré. Et vue sous cet angle, ça marche. ! On rentre tout de suite dans le vif du sujet. La rapide introduction est efficace, on comprend à qui et à quoi on a à faire. Malgré la violence ambiante, ce personnage original apparaît vite comme charismatique. L'intrigue est bien fichue car, entre les flash-back et les bribes de réponses, on a envie de savoir ce qui justifie autant d'hémoglobine. Car oui c'est gratuitement violent, certains passages sont trash. On ne nous cache rien du collier à base d'oreilles de cadavres, ou des doigts arrachés à la tenaille un par un. A coté de ça, il se dégage parfois un peu d'humour de certaines scènes, ce qui confirme bien que, plus qu'un polar noir qui se voudrait réaliste, cette BD est avant tout un gros délire. Dans la même histoire on peut donc enchaîner des plans assez choquants, avec détails sordides à rebuter les plus sensibles, et 3 pages plus loin, on peut se marrer lorsqu'on voit notre nain se faire arrêter la bite à l'air. Cette touche loufoque tombe parfois de manière inattendue, et apporte juste ce qu'il faut d'originalité et de style pour faire de cet album quelque chose de bien plus malin qu'une enième histoire banalement violente. Le dessin est au diapason et correspond bien à l'ambiance recherchée en jouant entre le côté malsain et le côté décalé de l'histoire. Au final, un album très sympa qui ne plaira évidemment pas à tous, mais moi je me suis bien amusé.
Cet été-là
J’ai trouvé le propos de cet album d’une finesse extrême. Via ce qui pourrait paraître n’être que de simples souvenirs de vacances, ce sont des questions délicates qui sont abordées au fil des planches. La copine retrouvée le temps des vacances et ce sont l’identité sexuelle et l’image de soi qui sont abordés. Le sympathique loueur de vidéo permettra d’observer la subjectivité du regard amoureux tout en créant une intrigue autour du déni de sale gueule. Une tension palpable dans la famille permettra d’aborder les dégâts causés par l’absence de communication. Une attirance pour les films d'épouvante, et ce sont les étranges fascinations de l'adolescence qui ressortent (et une bonne manière d'apporter un peu d'humour et de légèreté supplémentaire au récit... qui n'en manque pourtant jamais malgré les sujets abordés). Chaque thème est traité sans précipitation aucune, ni manichéisme. Les personnages sont vrais et il nous faudra du temps pour bien les cerner. Les non-dits sont nombreux et le lecteur devra souvent s'interroger sur les raisons d'un silence, d'un regard, d'une fuite. Heureusement, l’album est copieux (320 pages) et permet donc aux deux auteures d’opérer par petites touches. Du coup, certains auront le sentiment qu’il ne se passe rien. Pourtant, à titre personnel, j’ai trouvé que chaque page apportait un élément nouveau au récit. Rien n’est gratuit mais rien n’est spectaculaire. Cet album, c’est simple et beau comme un bourgeon qui éclot. A vous de voir si vous êtes prêts à passer le temps nécessaire pour assister à l’épanouissement (et cette image de me rappeler que le thème central du livre est la perte d’innocence). Le dessin, dans son style réaliste et épuré, est d’une grande efficacité. Le trait est net, les personnages sont bien typés. Les décors sont facilement identifiables. Les cadrages visent l’efficacité plutôt que l’effet de manche. Tout contribue à une lecture fluide et plaisante. Du pur roman graphique… mais du roman graphique de très grande qualité ! Et puis bon ! Quand on mentionne 'Rush' dans le récit et dans les remerciements, on touche une corde sensible à mon coeur (et oui, cela a peut-être influencé ma note... c'est con mais c'est comme ça... et ce n'est d'ailleurs pas un hasard si j'ai attendu mon 2112ème avis pour dire tout le bien que je pensais de cet album ;) )
Nemi
Coup de coeur pour cette goth féministe et attachante. Lise Myhre a un sacré coup de crayon et nous livre un personnage au tempérament bien trempé et aux réparties cinglantes. Il est facile de s'identifier à Nemi et le format en strip se dévore à toute vitesse. Du coup, on en redemande !
Talweg
Décidément, l’univers développé par Clément Vuillier est de ceux qui me touchent. Proche de certains dessins de l’écrivain et artiste surréaliste Adrien Dax, avec une minutie et une poésie d’un lyrisme absolu, avec un dessin qui semble parfois automatique mais qu’on devine emporté par autre chose, la nécessité d’aller plus loin, mais vers où ? Car il est ici comme ailleurs chez Vuillier question de voyage, de détours, de méandres. Un voyage immobile pour le lecteur, mais qui nous emporte loin. Un voyage bouche bée, mais muet. On y retourne le souffle coupé… Petit album de forme oblongue et dépliant, dont l’accordéon des pages muettes nous fait suivre ce qui pourrait être un glacier, une coulée de boue ou un simple torrent, du fond d’une vallée au sommet d’une montagne. Il faut être réceptif à cette ambiance, à ce travail, mais je suis une nouvelle fois émerveillé par le travail de Vuillier. Il n’y a rien et pourtant cela fourmille de détails. Il ne se passe rien et pourtant que de mouvement ! Un album totalement muet et sans personnage, destiné aux amoureux de la poésie. Un petit tirage pour quelques lecteurs, mais j’en suis sans réserve.