Mosquito continue de publier les histoires de l’Ouest américain de Serpieri (j’ai personnellement déjà lu Chaman, Peaux rouges et John and Mary).
On sait à quoi s’attendre : l’auteur est passionné de culture indienne, et propose des histoires certes classiques, mais remarquablement écrites et racontées. Le ton est toujours très humain, les intrigues s’amusent du destin des personnages de façon cruelle.
Et puis la mise en image est bien entendu magistrale, tout est parfait, les compositions, la précision du dessin, quel délice pour les yeux !
Un chouette album, à recommander aux amateurs du genre.
Un très bon diptyque duquel je n'attendais rien de prime abord. C'est extrêmement réussi. Le dessin tout d'abord est de très bonne facture et réussit à nous faire voyager. Nous suivons ce journaliste écrivain dans le Maroc colonisé des années 30, dernière décennie d'aventures au long cours dans des endroits encore inaccessibles. Les personnages sont hauts en couleurs et plutôt bien croqués. Pour autant, l'auteur abandonne peut être un peu vite ses secondaires. Sans doute le choix du 2 tomes limitait un peu leur développement mais c'est parfois dommage.
L'histoire, si elle ne renouvelle pas le genre (parcours initiatique du jeune intello urbain dans un environnement sauvage mais émotionnellement et intellectuellement prenant), est suffisamment rythmée, claire et passionnante pour se laisser lire et avaler rapidement. On se plait à suivre François dans cette découverte des nomades de l'Atlas, de leurs philosophies si différentes. L'auteur mène quelques réflexions sur des pratiques heurtant la "vertu" du héros occidental (esclavage dans les mines de sel par exemple) alors que la République Française imposait sa vision de la civilisation. Et vice versa.
Une belle découverte.
De Tommy Redolfi j’avais déjà beaucoup apprécié Viktor, qui m’avait beaucoup touché, et j’ai un peu retrouvé les mêmes qualités dans « Holy Wood ». Le titre complet de l’album parle d’une version « fantasmée » de la vie de Marilyn Monroe, et c’est ce qui fait selon moi la force du récit.
L’auteur s’éloigne volontairement de la réalité, et présente son histoire comme un conte prenant place à « Holy Wood », monde imaginaire aux allures inquiétantes et aux personnages aux visages déformés. Cet aspect apporte un certain symbolisme à l’histoire, et lui ajoute un côté universel, chacun pourra l’interpréter différemment selon ses références.
L’ambiance générale est très sombre et lugubre. Le monde décrit est dur, et broie les jeunes starlettes impitoyablement. Le récit devient de plus en plus psychédélique au fur et à mesure que Marilyn boit et se drogue. La fin est à ce titre ouverte et pas forcément très claire. Mais je suis ressorti bouleversé de ma lecture.
Le dessin et les couleurs sont absolument magnifiques, et contribuent grandement à l’ambiance onirique et lugubre.
Une lecture indispensable.
Le premier tome de cette série a été loin de m'emballer de prime abord. Malgré des qualités indéniables, la mise en couleur monochrome "bleuté" rendait ma lecture compliquée. Je n'arrivais pas à savoir qui était qui, et surtout quand. Le rythme extrêmement lent et bavard n'aidait par ailleurs pas à rentrer dans ce récit.
Je me suis accroché et grand bien m'en a pris car cette enquête qui nous mène loin de ce que l'on s'attend à voir est complexe, dense, elle nous amène de questions en questions, nous distillant ses réponses parcimonieusement et surtout dans une rythmique travaillée. On sent un vrai travail de découpage et de mise en rythme dans cette oeuvre. J'ai vraiment hâte de découvrir la suite de cette série.
Les couvertures sont de toute beauté. Ce sont véritablement des oeuvres d'art à l'instar de celles de LJS. Elles donnent envie d'ouvrir. Le dessin lui s'il est vraiment réussi, porte un parti pris qui m'a longtemps rebuté. Et il complique la lecture. C'est beau mais le rendu et la finalité m'échappent encore.
Malgré tout une série majeure.
Je mise sur cette série en espérant qu'elle réussisse à prendre son envol. Car si ce premier tome n'est qu'une grande mise en place, elle est très bien réalisée et pleine de potentiel.
Nous sommes fin 19e, début 20e siècle, dans le Dakota du Sud. Le peuple Sioux a définitivement perdu la guerre une dizaine d'années plus tôt. Mais lors du massacre de Wounded Knee, un bébé a été sauvé par un tunique bleue qui l'a confié en secret à sa soeur et son mari pour qu'ils l'adoptent. Cet enfant a grandi et comprend doucement quelles sont ses véritables origines et pourquoi son enfance parmi les blancs est si compliquée. Quand les drames s'accumulent pour lui, il se retrouve tiraillé entre deux civilisations.
C'est un récit dur et réaliste. La tragédie du peuple Sioux est présentée sans ambiguïté . Et même si le héros est un jeune garçon, ce qui lui arrive est sans pitié quoique parfaitement crédible et conforme à la réalité de l'époque.
Et c'est bien réalisé.
Le récit est sensible et prenant. On a de la peine pour ce jeune garçon même si on comprend sa situation, et cela fait plaisir de le voir rester vif et volontaire. Même si bien des comportements des personnages sont blâmables, les auteurs évitent heureusement tout manichéisme.
Le dessin est agréable et présente quelques planches très jolies notamment grâce à ses belles couleurs directes.
A la fin du premier tome, les choses sont posées et le jeune héros, même s'il reste tourmenté, est bien conscient de sa situation et décidé à garder la tête haute. Il est temps maintenant de voir où son chemin va le mener et si, sur cette bonne base que pose l'introduction de cette série, il va pouvoir se développer une intrigue intéressante. Car si elle est du niveau de ce premier tome, on tiendra sans doute là une excellente série d'aventure et d'Histoire.
Une très belle surprise.
La première page, un peu convenue, qui cible les enfants, laisse place à un album où le conte de fée est servi de manière subtile, tant et si bien qu'il pourra toucher tous les publics.
Un pêcheur chinois se retrouve en mer avec sa petite fille cachée à l'arrière du bateau. c'est la nuit et tout d'un coup le bateau se retrouve entravé. Une étrange lueur sourd de l'eau...
Le scénario simple et efficace mêle le surnaturel avec une situation politique particulière entre Chine et Japon en 1937. Shangaï sous domination Japonaise, un dragon d'or, un grand-père qui élève sa petite fille, un bel officier japonais étrangement compréhensif...
Le dessin est très habile, à la fois de belles lumières et couleurs et une finesse dans la caractérisation des personnages et de leurs émotions. Vieux visages, dragons immenses, paysages crépusculaires, sourires juvéniles, tout donne la pêche (si j'ose dire).
Après lecture du premier tome, on a hâte de lire la suite...
Haaaa ça fait plaisir de tomber sur un vrai récit, bien écrit, et original par rapport aux histoires que l'on peut rencontrer en bande dessinée.
Je ne m'attendais pas du tout à ce type d'histoire et j'ai été trans-por-té (en 3 temps) ! Au vu des dessins, de prime abord, j'ai eu peur de tomber sur une histoire de chevalier à la mords-moi-le-noeud et c'est tout le contraire !
Je trouve que c'est assez rare en bd, dès que l'on sort de l'auto-fiction ou des quelques grands talents de la bd, de tomber sur de vrais récits. Les dessins collent parfaitement et comme il a été dit sont d'une efficacité redoutable, quoi qu'un peu trop propres, et on se retrouve souvent à contempler l'ambiance d'une case ou d'une planche.
Je vous la recommande chaudement.
De manière générale, je ne suis guère généreux dans ma notation encore moins s'il s'agit de manga ou de comics. Il faut que cela soit réellement exceptionnelle pour que je daigne donner une bonne note. The Woods fera partie de ces exceptions.
En effet, nous avons un récit totalement original dont j'ai aimé les ressorts par chapitrage où l'on va suivre différentes actions et personnages. Il y a tout un cheminement qui se fait par étape sans tout nous dévoiler au départ. On découvre ce monde étrange au fur et à mesure. C'est très bien construit.
Certes, il va falloir avoir beaucoup d'imagination et admettre qu'un phénomène étrange transporte une école entière sur une nouvelle planète loin de la maison. C'est une promenade dans les bois qui ne va pas manquer de suspense.
Le format à l’italienne va comme un gant à ce roman graphique. Est-ce parce qu’ayant la forme de la maison en question, il nous aide à y pénétrer plus aisément ? Tout comme le thème, celui de la perte d’un parent, qui fait vibrer en nous la corde sensible et permet de s’identifier très facilement aux personnages, car plus que de la mort, l’histoire parle de l’absence et de son inhérente nostalgie. Cette situation, beaucoup d’entre nous l’ont vécu ou seront appelés à le vivre à plus ou moins longue échéance. Peut importe donc que l’œuvre soit autobiographique ou non. Dans le cas présent, on a davantage affaire à une évocation qu’à une histoire vraiment scénarisée. On entre dans cette maison comme dans une rêverie diurne baignée par le doux soleil méditerranéen et imprégnée d’une nostalgie douce-amère. Même si le géniteur n’est plus de ce monde, la demeure, qu’il a construite à la sueur de son front car de condition modeste, chaque objet, chaque plante, tout semble encore vibrer de son souvenir. C’est ainsi que les enfants, réunis le temps d’un week-end dans la demeure du pater familias, vont réaliser qu’ils sont plus attachés au lieu qu’ils ne le pensaient. Vendre la maison n’équivaudrait-il pas à provoquer la seconde mort de ce père tant aimé ?
Tout en sobriété et en finesse, le dessin de Paco Roca accompagne très bien son récit, car l’auteur espagnol semble aussi à l’aise pour raconter une histoire que pour la dessiner. Qu’il se centre sur les feuilles d’un arbre bruissant sous la brise, sur le tuyau d’arrosage du jardin ou sur la tonnelle, si primordiale pour le père, le cadrage sait parfaitement exprimer l’indicible, sans qu’il soit nécessaire d’ajouter des mots. Faut-il le rappeler, c'est aussi cela qui donne tout son sens à la bande dessinée.
Paco Roca signe ici un roman intimiste, subtil et juste, dont les protagonistes, dépeints avec tendresse et sensibilité, nous ressemblent. L’auteur a su aborder un sujet grave sans pour autant éconduire l’humour, conférant à l’ouvrage une certaine légèreté, évitant tout pathos. Cette maison, si simple soit-elle, vaut donc vraiment la visite, et c’est d’ailleurs cette simplicité même qui est d’autant plus touchante.
Après toutes mes lectures niaiseries de ces derniers temps, j'avais sans doute besoin de quelque chose de plus mâture. J'ai aimé cette déesse car rien n'est vulgaire et tout est presque suggéré dans des fantasmes. C'est un érotisme très soft qui fait du bien.
Les auteurs sont des femmes et ce qu'elles nous proposent est bien loin d'une bd porno masculine. L'héroïne est une étudiante en art qui va découvrir sa sensualité grâce à une amulette magique.
Le dessin possède un trait un peu gras mais qui parvient à montrer un peu de finesse. Il y a une variation de couleur qui procure une certaine lisibilité. On appréciera également le cadrage et le découpage des scènes pour ne jamais tombé dans le trop osé. C'est clair que c'est politiquement correct.
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Mosquito continue de publier les histoires de l’Ouest américain de Serpieri (j’ai personnellement déjà lu Chaman, Peaux rouges et John and Mary). On sait à quoi s’attendre : l’auteur est passionné de culture indienne, et propose des histoires certes classiques, mais remarquablement écrites et racontées. Le ton est toujours très humain, les intrigues s’amusent du destin des personnages de façon cruelle. Et puis la mise en image est bien entendu magistrale, tout est parfait, les compositions, la précision du dessin, quel délice pour les yeux ! Un chouette album, à recommander aux amateurs du genre.
Aarib
Un très bon diptyque duquel je n'attendais rien de prime abord. C'est extrêmement réussi. Le dessin tout d'abord est de très bonne facture et réussit à nous faire voyager. Nous suivons ce journaliste écrivain dans le Maroc colonisé des années 30, dernière décennie d'aventures au long cours dans des endroits encore inaccessibles. Les personnages sont hauts en couleurs et plutôt bien croqués. Pour autant, l'auteur abandonne peut être un peu vite ses secondaires. Sans doute le choix du 2 tomes limitait un peu leur développement mais c'est parfois dommage. L'histoire, si elle ne renouvelle pas le genre (parcours initiatique du jeune intello urbain dans un environnement sauvage mais émotionnellement et intellectuellement prenant), est suffisamment rythmée, claire et passionnante pour se laisser lire et avaler rapidement. On se plait à suivre François dans cette découverte des nomades de l'Atlas, de leurs philosophies si différentes. L'auteur mène quelques réflexions sur des pratiques heurtant la "vertu" du héros occidental (esclavage dans les mines de sel par exemple) alors que la République Française imposait sa vision de la civilisation. Et vice versa. Une belle découverte.
Holy Wood - Portrait fantasmé de Marilyn Monroe
De Tommy Redolfi j’avais déjà beaucoup apprécié Viktor, qui m’avait beaucoup touché, et j’ai un peu retrouvé les mêmes qualités dans « Holy Wood ». Le titre complet de l’album parle d’une version « fantasmée » de la vie de Marilyn Monroe, et c’est ce qui fait selon moi la force du récit. L’auteur s’éloigne volontairement de la réalité, et présente son histoire comme un conte prenant place à « Holy Wood », monde imaginaire aux allures inquiétantes et aux personnages aux visages déformés. Cet aspect apporte un certain symbolisme à l’histoire, et lui ajoute un côté universel, chacun pourra l’interpréter différemment selon ses références. L’ambiance générale est très sombre et lugubre. Le monde décrit est dur, et broie les jeunes starlettes impitoyablement. Le récit devient de plus en plus psychédélique au fur et à mesure que Marilyn boit et se drogue. La fin est à ce titre ouverte et pas forcément très claire. Mais je suis ressorti bouleversé de ma lecture. Le dessin et les couleurs sont absolument magnifiques, et contribuent grandement à l’ambiance onirique et lugubre. Une lecture indispensable.
Holmes
Le premier tome de cette série a été loin de m'emballer de prime abord. Malgré des qualités indéniables, la mise en couleur monochrome "bleuté" rendait ma lecture compliquée. Je n'arrivais pas à savoir qui était qui, et surtout quand. Le rythme extrêmement lent et bavard n'aidait par ailleurs pas à rentrer dans ce récit. Je me suis accroché et grand bien m'en a pris car cette enquête qui nous mène loin de ce que l'on s'attend à voir est complexe, dense, elle nous amène de questions en questions, nous distillant ses réponses parcimonieusement et surtout dans une rythmique travaillée. On sent un vrai travail de découpage et de mise en rythme dans cette oeuvre. J'ai vraiment hâte de découvrir la suite de cette série. Les couvertures sont de toute beauté. Ce sont véritablement des oeuvres d'art à l'instar de celles de LJS. Elles donnent envie d'ouvrir. Le dessin lui s'il est vraiment réussi, porte un parti pris qui m'a longtemps rebuté. Et il complique la lecture. C'est beau mais le rendu et la finalité m'échappent encore. Malgré tout une série majeure.
Ulysse Wincoop
Je mise sur cette série en espérant qu'elle réussisse à prendre son envol. Car si ce premier tome n'est qu'une grande mise en place, elle est très bien réalisée et pleine de potentiel. Nous sommes fin 19e, début 20e siècle, dans le Dakota du Sud. Le peuple Sioux a définitivement perdu la guerre une dizaine d'années plus tôt. Mais lors du massacre de Wounded Knee, un bébé a été sauvé par un tunique bleue qui l'a confié en secret à sa soeur et son mari pour qu'ils l'adoptent. Cet enfant a grandi et comprend doucement quelles sont ses véritables origines et pourquoi son enfance parmi les blancs est si compliquée. Quand les drames s'accumulent pour lui, il se retrouve tiraillé entre deux civilisations. C'est un récit dur et réaliste. La tragédie du peuple Sioux est présentée sans ambiguïté . Et même si le héros est un jeune garçon, ce qui lui arrive est sans pitié quoique parfaitement crédible et conforme à la réalité de l'époque. Et c'est bien réalisé. Le récit est sensible et prenant. On a de la peine pour ce jeune garçon même si on comprend sa situation, et cela fait plaisir de le voir rester vif et volontaire. Même si bien des comportements des personnages sont blâmables, les auteurs évitent heureusement tout manichéisme. Le dessin est agréable et présente quelques planches très jolies notamment grâce à ses belles couleurs directes. A la fin du premier tome, les choses sont posées et le jeune héros, même s'il reste tourmenté, est bien conscient de sa situation et décidé à garder la tête haute. Il est temps maintenant de voir où son chemin va le mener et si, sur cette bonne base que pose l'introduction de cette série, il va pouvoir se développer une intrigue intéressante. Car si elle est du niveau de ce premier tome, on tiendra sans doute là une excellente série d'aventure et d'Histoire.
Yin et le dragon
Une très belle surprise. La première page, un peu convenue, qui cible les enfants, laisse place à un album où le conte de fée est servi de manière subtile, tant et si bien qu'il pourra toucher tous les publics. Un pêcheur chinois se retrouve en mer avec sa petite fille cachée à l'arrière du bateau. c'est la nuit et tout d'un coup le bateau se retrouve entravé. Une étrange lueur sourd de l'eau... Le scénario simple et efficace mêle le surnaturel avec une situation politique particulière entre Chine et Japon en 1937. Shangaï sous domination Japonaise, un dragon d'or, un grand-père qui élève sa petite fille, un bel officier japonais étrangement compréhensif... Le dessin est très habile, à la fois de belles lumières et couleurs et une finesse dans la caractérisation des personnages et de leurs émotions. Vieux visages, dragons immenses, paysages crépusculaires, sourires juvéniles, tout donne la pêche (si j'ose dire). Après lecture du premier tome, on a hâte de lire la suite...
Le Chevalier à la licorne
Haaaa ça fait plaisir de tomber sur un vrai récit, bien écrit, et original par rapport aux histoires que l'on peut rencontrer en bande dessinée. Je ne m'attendais pas du tout à ce type d'histoire et j'ai été trans-por-té (en 3 temps) ! Au vu des dessins, de prime abord, j'ai eu peur de tomber sur une histoire de chevalier à la mords-moi-le-noeud et c'est tout le contraire ! Je trouve que c'est assez rare en bd, dès que l'on sort de l'auto-fiction ou des quelques grands talents de la bd, de tomber sur de vrais récits. Les dessins collent parfaitement et comme il a été dit sont d'une efficacité redoutable, quoi qu'un peu trop propres, et on se retrouve souvent à contempler l'ambiance d'une case ou d'une planche. Je vous la recommande chaudement.
The Woods
De manière générale, je ne suis guère généreux dans ma notation encore moins s'il s'agit de manga ou de comics. Il faut que cela soit réellement exceptionnelle pour que je daigne donner une bonne note. The Woods fera partie de ces exceptions. En effet, nous avons un récit totalement original dont j'ai aimé les ressorts par chapitrage où l'on va suivre différentes actions et personnages. Il y a tout un cheminement qui se fait par étape sans tout nous dévoiler au départ. On découvre ce monde étrange au fur et à mesure. C'est très bien construit. Certes, il va falloir avoir beaucoup d'imagination et admettre qu'un phénomène étrange transporte une école entière sur une nouvelle planète loin de la maison. C'est une promenade dans les bois qui ne va pas manquer de suspense.
La Maison
Le format à l’italienne va comme un gant à ce roman graphique. Est-ce parce qu’ayant la forme de la maison en question, il nous aide à y pénétrer plus aisément ? Tout comme le thème, celui de la perte d’un parent, qui fait vibrer en nous la corde sensible et permet de s’identifier très facilement aux personnages, car plus que de la mort, l’histoire parle de l’absence et de son inhérente nostalgie. Cette situation, beaucoup d’entre nous l’ont vécu ou seront appelés à le vivre à plus ou moins longue échéance. Peut importe donc que l’œuvre soit autobiographique ou non. Dans le cas présent, on a davantage affaire à une évocation qu’à une histoire vraiment scénarisée. On entre dans cette maison comme dans une rêverie diurne baignée par le doux soleil méditerranéen et imprégnée d’une nostalgie douce-amère. Même si le géniteur n’est plus de ce monde, la demeure, qu’il a construite à la sueur de son front car de condition modeste, chaque objet, chaque plante, tout semble encore vibrer de son souvenir. C’est ainsi que les enfants, réunis le temps d’un week-end dans la demeure du pater familias, vont réaliser qu’ils sont plus attachés au lieu qu’ils ne le pensaient. Vendre la maison n’équivaudrait-il pas à provoquer la seconde mort de ce père tant aimé ? Tout en sobriété et en finesse, le dessin de Paco Roca accompagne très bien son récit, car l’auteur espagnol semble aussi à l’aise pour raconter une histoire que pour la dessiner. Qu’il se centre sur les feuilles d’un arbre bruissant sous la brise, sur le tuyau d’arrosage du jardin ou sur la tonnelle, si primordiale pour le père, le cadrage sait parfaitement exprimer l’indicible, sans qu’il soit nécessaire d’ajouter des mots. Faut-il le rappeler, c'est aussi cela qui donne tout son sens à la bande dessinée. Paco Roca signe ici un roman intimiste, subtil et juste, dont les protagonistes, dépeints avec tendresse et sensibilité, nous ressemblent. L’auteur a su aborder un sujet grave sans pour autant éconduire l’humour, conférant à l’ouvrage une certaine légèreté, évitant tout pathos. Cette maison, si simple soit-elle, vaut donc vraiment la visite, et c’est d’ailleurs cette simplicité même qui est d’autant plus touchante.
La Déesse
Après toutes mes lectures niaiseries de ces derniers temps, j'avais sans doute besoin de quelque chose de plus mâture. J'ai aimé cette déesse car rien n'est vulgaire et tout est presque suggéré dans des fantasmes. C'est un érotisme très soft qui fait du bien. Les auteurs sont des femmes et ce qu'elles nous proposent est bien loin d'une bd porno masculine. L'héroïne est une étudiante en art qui va découvrir sa sensualité grâce à une amulette magique. Le dessin possède un trait un peu gras mais qui parvient à montrer un peu de finesse. Il y a une variation de couleur qui procure une certaine lisibilité. On appréciera également le cadrage et le découpage des scènes pour ne jamais tombé dans le trop osé. C'est clair que c'est politiquement correct.