Les derniers avis (31961 avis)

Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Je mourrai pas gibier
Je mourrai pas gibier

Ben mon colon, voila une BD qui envoie du lourd comme on dit, j'avoue avoir ^pris une petite claque scénaristique. Je ne m'attarderais pas sur le dessin qui n'est pas ma tasse de thé, pourtant je le trouve bougrement efficace pour ce genre d'histoire avec ses personnages aux visages acérés. Un dessin tout en tension qui se laisse apprivoisé. Sur le fond que dire, de prime abord je suis plutôt d'accord avec la réaction du héros qui représente bien une certaine jeunesse provinciale qui ne peut noyer sa déprime que dans de glauques fêtes de village ou s'est à qui boira le plus et sera le plus lourdingue. Pour autant il ne faut bien sur pas excuser un tel geste, pour ma part c'est à regret que j'ai terminé ma lecture, j'aurais aimé voir le traitement de la "suite" qu'aurait pu proposer l'auteur. Plus que le récit d'un crime c'est une enquête sociologique que nous montre l'auteur et nous ne sommes pas loin de certains épisodes de l'excellente série "Strip Tease". Lorsque vous commencez la lecture plus rien ne peut vous la faire lâcher, sa monte en un crescendo glaçant qui vous donne envie de cracher à la face de ces terreurs de province qui s'ils ont des excuses ne sont pas pour autant excusables.

25/10/2016 (modifier)
Couverture de la série Histoires du Vendée Globe
Histoires du Vendée Globe

Deuxième récit que je lis de ce duo d’auteurs et deuxième fois que je tombe sous le charme. Pourtant la thématique a de quoi rebuter. Réaliser un album autour du Vendée Globe à quelques jours du départ de celui-ci, ça fait mercantilo-opportuniste et l’amateur de bandes dessinées va naturellement s’en méfier. Et c’est bien dommage car ce livre est passionnant à lire, surtout pour une personne qui, comme moi, n’y connait rien à ce genre de course. Grâce à cet album, j’ai découvert le Vendée Globe au-delà de l’image simpliste qu’il dégage aux yeux du non initié que je suis. J’ai entamé ma lecture en sachant qu’il s’agissait d’une course en solitaire et autour du monde et grosso modo, j’ignorais tout le reste. Alors, certes les noms de Michel Desjoyeaux ou d’Ellen Mac Arthur ne me sont pas totalement inconnus et je sais distinguer un bateau monocoque d’un multicoque… mais ça s’arrête là. Pour nous faire entrer dans cet univers les auteurs ont opté pour une structure hybride. De courts récits en bande dessinée sont entrecoupés par des doubles pages de texte. Ne fuyez pas de suite, ces textes sont non seulement très bien écrits mais il ne s’agit absolument pas de fiches techniques, bien au contraire ! Ils permettent de vivre l’aventure de l’intérieur en se plongeant dans les pensées et réflexions de ces navigateurs. Les passages en bande dessinée illustrent telle ou telle anecdote, tel ou tel fait d’arme, tel ou tel instant dramatique. L’équilibre entre ces deux techniques narrative est parfait, on bascule avec plaisir de la bande dessinée au texte et inversement. Les deux versants sont essentiels et il est exclu de lire seulement les passages en bande dessinée en ‘oubliant’ les doubles-pages de texte au risque de passer complètement à côté de l’album. La lecture est donc relativement longue mais elle en vaut franchement la peine ! Les auteurs ont également eu la bonne idée de doter leur récit d’une chronologie logique. On ne saute pas du coq à l’âne, l’immersion dans cet univers en devient encore plus prégnante. J’ai véritablement eu le sentiment de partager cette extraordinaire expérience de vie qu’est un tour du monde en solitaire, et d’ainsi mieux en comprendre les acteurs. Tactiques de courses, stratégies, fatigue, coups de blues ou euphorie, tout s’inscrit dans un processus clairement expliqué car la narration prend le temps de nous y préparer. Et puis surtout, bien plus que tout le reste, j’ai aimé cette humilité, partagée par tous ces navigateurs, devant la mer. Les témoignages deviennent alors leçons de vie, la solitude devient source d’introspection philosophique. En lisant cet album, j’ai eu le sentiment d’être face à des philosophes sportifs, et l’écriture soignée m’a donné celui d’être en compagnie de personnes extrêmement cultivées. Quant au dessin, il est très bon dans son genre et offre de très belles illustrations à l’occasion. Mais il ne plaira pas à tout le monde car son trait réaliste manque souvent de dynamisme (surtout pour les traits du visage) et semble donc figé. Personnellement, j’ai très vite oublié cette petite faiblesse et j’ai dévoré cet album avec une réelle avidité. Je peux vous garantir que je vais suivre le Vendée Globe avec un autre regard, cette année. Et ça, c’est la preuve que cet album est réussi.

24/10/2016 (modifier)
Couverture de la série L'Art Invisible
L'Art Invisible

Très intéressante analyse de la bande dessinée qui parvient à concilier didactisme et divertissement. En effet, cet album comble les attentes de ces deux points de vue. D’une part, alors que le thème n’est quand même pas ce qu’il y a de plus glamour, l’auteur parvient à rendre son propos amusant sinon divertissant. D’autre part, l’auteur multiplie les pistes de réflexion. Et même si je ne suis pas toujours d’accord avec lui, sa manière de présenter les choses ne peut qu’interpeller à plus d’un niveau. Enfin, j’ai particulièrement apprécié le fait que Scott Mc Cloud ne s’érige pas en grand manitou de la bande dessinée. Il propose, partage ses réflexions (souvent très pertinentes) mais cet album a vraiment pour objectif d’ouvrir le lecteur à ce genre de réflexion et à faire son propre chemin dans la manière dont il voit la bande dessinée. Une réussite pour un thème extrêmement délicat à aborder sous cette forme. Par contre, je ne conseillerais l'achat que pour les personnes qui désirent réaliser de la bande dessinée. Le simple lecteur, je pense, se contentera d'une lecture.

24/10/2016 (modifier)
Couverture de la série Paper Girls
Paper Girls

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé le scénariste de Saga et son imagination débridée. Ici point de Space-Opera mais bien un récit d’Halloween baigné dans une ambiance eighties. A nouveau un thème classique donc, mais que les auteurs parviennent à décaler grâce à un ton et à des créations originales. Ici, grosso-modo c’est ‘les Goonies rencontrent Freddy Kruger alors que le capitaine Kirk fout le souk dans le Jurassik Park’. Grosso modo, hein ! C’est pas aussi simpliste côté références et loin d’être un copier-coller de… quoi que ce soit qui aurait été proposé à l’époque. Ajoutez à cela que Brian Vaughan a l’art de s’associer à des dessinateurs dont le style colle parfaitement à son imaginaire. Le résultat est très lisible, les personnages sont bien typés, le dynamisme est présent et les créations originales et intrigantes. Si Cliff Chiang a reçu un Eisner Award pour ce premier tome, ce n’est pas un hasard ! Même moi qui ne suis d’ordinaire pas fan du style Comics, j’ai trouvé ce trait redoutablement efficace. Que dire de plus sinon que le découpage en chapitre est bien pensé, chacun se terminant sur un point de rupture… qui oblige le lecteur à ne pas attendre avant de découvrir le chapitre suivant. Résultat : je suis arrivé au terme de ma lecture sans même m’en apercevoir, avec juste la frustration de devoir maintenant attendre la sortie du tome 2 pour retrouver mes Paper Girls (paske évidemment comme un fait exprès, ce premier tome se termine sur un cliffhanger qui broierait les couilles du petit doigt de Stallone). Je ne peux que conseiller.

24/10/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Green Arrow
Green Arrow

3.5 J'aime bien le personnage de Green Arrow et donc il fallait que je lise cette série ! Green Arrow était donc mort depuis des années et il revient non seulement à la vie, mais en plus il ne se souvient pas de tout ! On suit donc sa vie après sa résurrection, notamment lorsqu'il retrouve ses copains et on va avoir droit à des explications sur son retour (je trouve d'ailleurs que la réponse est assez originale et surprenante). Au début je trouvais le récit pas mal et puis au fil des pages j'ai commencé à le trouver de plus en plus prenant. Green Arrow est vraiment attachant et un des points forts du récit est l'humour qui marche bien. C'est du pur divertissement, mais fait de manière intelligente. Il n'y a pas de grosses ficelles et l'histoire n'est pas qu'une suite de combats entre les gentils et les méchants. Le dessin est pas mal.

24/10/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Avengers West Coast - A la recherche de la vision
Avengers West Coast - A la recherche de la vision

Moi qui viens de lire plusieurs comics Marvel des années 70 et 80, dont Avengers/X-Men - Liens du sang qui se déroule juste après cet album-ci, j'avais été tellement déçu par ceux-ci qu'en comparaison j'ai été très agréablement surpris par cet album. Non seulement son dessin est de très bonne qualité, mais surtout son scénario évite les péripéties faciles, les naïvetés et le scénario constitué uniquement d'une suite de combats que je reprochais aux autres séries. Le fait de raconter les aventures des Avengers de la Côte Ouest permet à l'auteur d'offrir des histoires alternatives qui auraient pu tout aussi bien être celles des Avengers classiques tout en se utilisant des personnages différents et en ayant plus de libertés. Et ici il fait le choix de se focaliser sur le couple formé par la Sorcière Rouge et l'androïde nommé la Vision, mais n'oublie pas de mettre en scène de nombreuses sous-intrigues parallèles impliquant Oeil-de-Faucon, Wonderman, US Agent ou encore Tigra. Les relations entre personnages sont assez matures, moins basiques et extravagantes que dans d'autres comics de la même époque. Les intrigues sont originales, leur déroulement ne se laisse pas deviner à l'avance et surtout l'auteur attise fortement la curiosité de chapitre en chapitre en intégrant de nombreux teasers de futurs événements de son histoire. C'en est d'ailleurs très frustrant car avant la fin de l'album il a lancé de nombreuses pistes qui ne seront traitées que dans les épisodes suivants, non présents dans ce recueil, alors qu'elles me donnaient bien envie de voir ce qu'il allait se passer. Je comprends que les lecteurs de l'époque aient pu être accros aux publications Marvel de ce calibre. Bref, voilà un bon cru qui donne une bonne image des comics Marvel des années 80 et que je préfère à de nombreuses autres publiées dans ces mêmes années.

24/10/2016 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Le Rapport de Brodeck
Le Rapport de Brodeck

Noir, dur, beau. Cela rappelle les bouquins de Comes, comme Silence, où le mystère du noir et blanc, si absolument contrasté, très silencieux, maintient en nous toutes les craintes. Mais la qualité du dessin est ici plus subtile encore. Encre de chine mais peut-être sur du calque avec des blancs peut-être gagnés à la lame de rasoir. (qui figurent soit la brume, soit le vent, le froid, les souvenirs, les chevelures et les barbes à la lumière...) les fonds blancs sont toujours tachés, comme si la poussière restait toujours en suspension. Une sorte d'uniformité dans les visages qui rend l'identification des personnages difficile et inquiétante. toujours des ridules minuscules qui creusent les joues, le tour des yeux. Pour le scénario, il explore la noirceur de l'humain pris en meute, mais sans en faire un monstre. On peut se reconnaître dans ces faits affreux, et c'est cela qui n'est pas du tout confortable. Les témoignages des uns et des autres sont les facettes de nos faiblesses communes. Et Brodeck qui réunit tous ces points de vues et qui essaye de rester extérieur, n'y parvient jamais vraiment... Évidemment que c'est du grand art mais je comprends que beaucoup d'entre nous ne seront pas attiré par ce genre de regard lucide tourné contre soi-même. J'ai vu des comparaisons avec Blast, mais ici cela atteint une portée universelle, ce n'est plus un individu marginal, un éblouissement déviant. Ici les longueurs sont celles du drame humain tout entier. C'est pourquoi beaucoup ont misé sur l'appréciation "culte". Je ne vais pas jusque là parce que le message n'est pas de ceux que l'on pourra partager aussi facilement que ça. Cela restera quelque chose d'inconfortable, de personnel, dont on aura de la peine à parler finalement. Le contraire d'une référence à laquelle on se réfère pour expliquer quelque chose.

23/10/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Marie-Antoinette - La Jeunesse d'une reine
Marie-Antoinette - La Jeunesse d'une reine

L'auteure de la fameuse série historique Cesare nous revient avec ce titre qui décrit la jeunesse de l'une des plus grandes reines de France avec un destin fort tragique. Il ne sera pas question de la Révolution mais plutôt de son entrée à Versailles en 1770 lorsqu'elle était encore qu'une jeune fille de 14 ans. Est-ce pour autant le temps de l'insouciance ? A découvrir... Il y a un peu de Sissi dans cette évocation de la jeune Antonia qui est la fille de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche. Elle part pour un voyage en France afin de rencontrer le jeune dauphin Louis-Auguste (le futur Louis XVI). A noter que le Château de Versailles a prêté main-forte à l'auteure afin de réussir cette plongée virtuelle. Les plans du célèbre château ainsi que les costumes d'époque sont époustouflants de vérité. Le trait graphique est encore de toute beauté à l'image de cette future reine. Le seul dommage proviendra du fait que cela ne soit qu'un one-shot ce qui est rare actuellement dans le manga. On aura droit qu'à une tranche de vie alors que cela aurait pu être beaucoup plus passionnant. Certes, on pourra également reprocher à Fuyumi Soryo les libertés prises avec l'Histoire pour rendre ses personnages plus romancés ou sympathiques. Mais bon, le cadre y est à commencer par une étiquette fort rigide pour une adolescente déracinée qui ne comprend pas encore les codes de la vie à la cour de Versailles. Pour moi, c'est nettement oui. Note Dessin : 4.25/5 – Note Scénario : 3.75/5 – Note Globale : 4/5

20/10/2016 (MAJ le 23/10/2016) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Sheltered - Un récit pré-apocalyptique
Sheltered - Un récit pré-apocalyptique

Amis survivalistes, bonjour! Ah la joyeuse bandes de barjots, de dégénérés du bulbe, de bas du plafond, de l'endoctriné moyen. Cette BD nous propose un festival d'attardés qui s'ils n'étaient pas si dangereux prêteraient à rire. Car oui hélas mille fois hélas comme pour d'autres doctrines l'on s'aperçoit bien souvent que si elles sont assénées avec suffisamment de vigueur elles provoquent d'innombrables dégâts, d'abord chez ceux à qui on les professe mais malheureusement aussi chez les autres qui ont le malheur de ne pas adhérer à ces préceptes souvent décrits comme merveilleux. Je ne vous ferais pas l'injure d'un listing de toutes les idées en question donc revenons à nos moutons. Nos survivalistes sont ici persuadés qu'un volcan va bientôt leur péter à la tronche et ils se préparent donc en catimini à s'enterrer dans des bunkers. Las, leurs jeunes enfants avec à leur tête le charismatique Lucas décident de buter leurs parents ça fera plus de bouffe et moins de bouches à nourrir. Passé ce postulat ne reste dons plus que les mômes et c'est là que notre histoire tourne genre malin, car de fait nos chères tête blonde en viennent rapidement à s'opposer et se foutent sur la tronche façon sévère genre un peu Walking Dead. Alors quoi un nouveau "Sa majesté des mouches" en version comic, non certes mais la dégradation des rapports humains est bien vue le scénario tient ses promesses il est haletant et l'on n'attend qu'une chose voir comment tout ce petit monde va s'en sortir. Le dessin est typique des comics mais sans les effets un peu grandiloquents que le genre nous propose parfois, voila une Bd qui vous permettra de voir vos enfants d'une manière différente pour peu que vous ayez plus d'un paquet de cacahuètes ou de chocapics dans votre placard, méfiez vous également si votre bidon d'essence pour la tondeuse dépasse les 50 litres. Franchement avez vous besoin d'autant ? Un franchement bien donc pour ce Waco survivaliste dont la lecture que je n'ai pas lâché laisse un goût amer concernant les belles doctrines de tous poils que l'on nous propose.

23/10/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Vértigo
Vértigo

Excellente BD dont l'histoire offre une description quasi documentaire sur les gangs latino américain quelque part au Mexique. Un avocat pas forcément très clean du moins en ce qui concerne son passé est amené à vouloir défendre contre son gré un jeune garçon affilié à l'un de ces gangs qui font de l'hyper violence une profession de foi. Et encore, le propos est édulcoré si je m'en réfère à ce film dont le nom m'échappe qui traitait de ces gangs. Entre les rites initiatiques pour accéder à la bande dont la description ferait frémir les plus rudes d'entre nous et le nihilisme qui habite ces jeunes en total manque de repères. Pour autant cette BD n'est pas qu'un long catalogue d'exactions diverses, elle arrive, et c'est sa force, à suggérer la misère psychologique et humaine dans laquelle vivent tout ces jeunes. Sans spoiler, c'est bien parce que notre avocat est un ancien membre de ces gangs qu'il peut, du moins en partie, mener son projet à bien. Côté scénario c'est plutôt bien fichu, pour preuve nous sommes happés par le récit qui déroule son fil par petites touches, en cela il est bien aidé par un dessin très propre qui n'est certes pas d'une originalité folle mais efficace avec une colorisation dans des tons assez chauds (Mexique oblige !) Un background plus qu'original, un récit percutant, ce n'est peut-être pas la BD de l'année mais elle possède suffisamment d'arguments positifs pour que j'en recommande la lecture et même l'achat. A noter une couverture accrocheuse.

23/10/2016 (modifier)