A vrai dire, je n’ai jamais encore lu une pareille œuvre sur ce sujet. C’est une bd qui est un véritable pamphlet contre les voitures ou plutôt la civilisation de l’automobile. L’auteur va opposer le piéton et cycliste au conducteur d’engin mécanique dans la jungle que constitue la route. Il veut en venir au fait qu’il y a un décalage énorme entre un piéton et un automobiliste. Ce dernier peut faire perdre la vie au piéton. Il en résultera une amende et très rarement une peine d’emprisonnement. C’est sur le plan de la responsabilité morale que tout se situe.
On peut alors tuer en toute légalité en se servant d’une auto. Bien sûr, on ne le fera pas exprès. On écoutera de la musique bien dans le confort de l’habitacle ou bien on passera un coup de fil à une connaissance. On sera distrait et on heurtera cet amas de chair en provoquant de graves blessures ou même la mort. Cela fait froid dans le dos.
Je préviens tout de suite : l’auteur a perdu sa sœur dans un accident de voiture lorsqu’elle était âgée de 11 ans. Il a lui-même échappé à un chauffard qui n’a pas regardé devant lui avant de changer de file sur une autoroute en roulant à toute allure. Ceci dit, ce genre de situation nous est tous au moins une fois arrivé.
Il va démonter un à un les mécanismes qui conduisent à ce déséquilibre. La publicité sera d’ailleurs sa première cible. On nous présente les véhicules comme un prolongement de soi dans une société de plus en plus individualiste où il ne fait pas perdre une minute. Ceci conduit inexorablement à des conduites imprudentes. Bref, la voiture est décrite comme un pouvoir de puissance grâce notamment à la vitesse, à son confort et à sa taille.
Le graphisme en noir et blanc sera assez minimaliste. On a une succession de panneau et signalisation, de décors routiers. Le propos se situe dans une succession de texte très court pour marquer des idées. Du coup, cette centaine de pages sur ce sujet assez grave se lit assez vite grâce à cette fluidité.
Il est vrai que ce matin, en prenant le volant, j’ai fait plus attention que d’habitude. Cette lecture m’a foutu une culpabilité que je n’avais pas auparavant. Etait-ce l’objectif de l’auteur que de faire prendre conscience des dangers de la route ? Cela va bien au-delà ! Pour vous en convaincre, il suffit de lire bande d’arrêt d’urgence même si on n’est pas d’accord avec ce parti pris sans concession. La réalité des morts sur les routes est bien présente pour nous le rappeler.
Je suis top ! est un titre qui peut sembler humoristique et qui marque le fait qu’une personne a sans doute un manque manifeste de modestie. Lorsqu’il s’agit d’une femme, cela ne pardonne pas. En réalité, on va suivre le parcours d’une salariée dans l’entreprise qui entre par la petite porte malgré le fait qu’elle soit bardée de diplômes. Puis, progressivement, elle va gravir les échelons pour se retrouver à un poste plutôt important.
Pour y arriver, elle racontera tous les déboires qu’elle a dû subir de la part des hommes. Beaucoup de femmes pourront se retrouver dans ces situations inspirées par une certaine réalité peu reluisante entre blagues sexistes et salaces et absence de promotion lié au congé maternité par exemple. Le coup de karcher, c’est sans doute dans les sociétés qu’il faudrait le passer pour se débarrasser de tous ces petits chefs machos et incompétents ! Ceci dit, on pourra trouver cette bd assez féministe mais il n’en n’est rien.
Pour autant, je trouve que les discriminations ne se limitent malheureusement pas qu’au sexe mais également par exemple aux origines ethniques. Le fait d’avoir un nom aux consonances étrangères peut très vite vous faire perdre des points même à compétence supérieure. Vous pouvez également vous retrouver aux responsabilités mais avec un salaire deux moindres que ses collègues et je sais de quoi je parle. D’ailleurs, une femme manager est également moins payé qu’un homme.
A noter qu'il y a également une véritable dénonciation de la théorie du genre afin sans doute d'inciter les petites filles à ne pas jouer à la poupée mais à faire des jeux plus violents et entrer ainsi dans la compétition car c'est tout un état d'esprit qui s'apprend au plus jeune âge. Le lecteur qui est parent appréciera.
J’ai trouvé ce témoignage assez utile et plutôt sincère de la part de l’auteure. Il est vrai que les préjugés décrit sont des choses que l’on entend souvent comme la promotion canapé. Cette bd est inspirée d’une pièce de théâtre de Blandine Métayer qui a connu un grand succès. On ne se demandera pas pourquoi.
L’œuvre en question se lit très bien entre caricature et humour. Elle renvoie directement à notre quotidien de travail en posant les bonnes questions et surtout en montrant les bons constats. Il est clair que les réactionnaires et ceux qui les suivent n'apprécieront pas. Mais bon, il serait temps de changer les mentalités. Cela commence par cette lecture.
A tous les amateurs qui ont aimé cette histoire je ne peux que leur conseiller de venir faire un petit tour en Bretagne sud pour contempler de visu ce fabuleux phare qu'est Ar Men.En voyant cet édifice on a peine à appréhender le travail que cela fut de construire ce bâtiment. La BD bien qu'excellente ne peut rendre hommage aux hommes qui au péril de leur vie, sur environ 400 accostages seulement un peu plus de 100 réussirent, construisirent ce monument.
A vrai dire la construction en elle même n'est pas le sujet principal du livre, ce qui nous est montré c'est un choc de culture ou deux mondes ont bien de la peine à se rencontrer. Se rencontrer mais d'abord se comprendre, en effet il faut rappeler qu'à cette époque, les années 1900, la plupart des habitants de la Bretagne ne parlaient pas le français.
La rencontre entre l'ingénieur et les habitants du village est fort bien vue, le Breton n'est pas d'un abord aisé immédiatement mais avec du temps je dirais que cette rudesse s'efface pour peu que l'on n'arrive pas en terrain conquis. Cette histoire n'évite pas quelques clichés mais l'ensemble est plutôt réjouissant et les rapports humains sont fouillés et font preuve de justesse.
Si le dessin peut paraitre parfois un peu rapide , peu appliqué il n'en propose pas moins quelques cases assez envoûtantes.
Au final une belle histoire d'hommes sur un sujet original et fascinant et je me répète allez voir Ar Men en vrai vous m'en direz des nouvelles.
Je n'attendais pas grand chose de My lady vampire et je dois dire que j'ai plutôt été surpris par cette série en 3 tomes seulement. Cela a l'air mignon au niveau du dessin avec ces couleurs vives mais on va vite tomber parfois dans les scènes gores plutôt effrayantes. En tout cas, c'est plutôt passionnant à la lecture avec également une grande note d'humour.
Il s'agit bien entendu de vampires assoiffés de sang. Beaucoup d'oeuvres ont déjà été réalisé sur le sujet mais celle-ci a un côté assez original que j'ai plutôt bien aimé. Il y a une bonne fluidité de la lecture, des dialogues savoureux, des scènes dynamiques et des héros assez attachants bien que différents. C'est assez bien ficelé pour l'ensemble. Alors, on ne va pas bouder son plaisir et accorder allègrement le 4 étoiles.
Le tourisme spatio-temporel est devenu la nouvelle mode. Partir skier au Paleolithique ou se dorer la pilule sur une plage de la Grèce antique sont devenus le must en matière d'évasion. Comble du pratique, le temps s'y écoule plus lentement.
Telonius Bloch, personnage aussi intelligent que maladroit, est ravi d'entrer dans la Chronosquad, agence de sécurité du voyage temporel. Bien que spécialiste du moyen-âge, il se retrouve plongé dans la IVe dynastie de l'empire égyptien où la fille du président de la banque centrale a disparu. Rien ne sera simple. C'est le début d'une aventure picaresque, humoristique et passionnante.
Il arrive que la solution passagère soit l'hôpital psychiatrique...
J'ai bien envie de rééditer ce sale coup de mettre 4 étoiles sans conseiller l'achat, parce que le sujet peut paraître lourd et angoissant et on n'a pas nécessairement envie de recroiser cette histoire dans sa bibliothèque. Elle est tellement réaliste.
La composition en chapitres courts permet de rythmer l'ennui. Les dialogues, la voie intérieure du personnage, les silences sont assemblés de telle sorte que l'ennui est palpable mais pas douloureux, pas inquiet. On a l'impression que cette obligation d'observer les autres qu'elle se choisit est une part de son traitement.
Le propos et le dessin sont tellement bien accordés que c'est surprenant de constater que deux personnes différentes ont accouché de cet album. l'aplat vert-bleu hôpital qui baigne l'épisode, donne un aspect frontal, qui convient aussi bien à la situation : on est arrêté par cette masse indéfinie (pas beaucoup de meubles) comme l'héroïne par les murs de l'établissement.
La stylisation des corps est poussée vers une expression très juste des personnalités, et de leurs humeurs. Les dimensions, les proportions de ses corps ont une grande présence : très peu de décors, aucune ombre, seulement des aplats et des traits, peu. Peu de cases par page aussi.
Je ne vois pas de meilleure manière de faire partager cette place "sous l'entonnoir". Une simplicité, une franchise intelligente qui transperce nos carapaces. La place de chacun (médecin, infirmières, parents, patients, impatients...) est défendue avec grâce. Un sens de l'observation silencieuse rarement égalé, et un sourire en coin dans les nombreux moments où la personnalité refait surface.
Le vert d'eau omniprésent rebute à l'abord, mais n'hésitez plus, plongez dans cet parenthèse d'étrangeté.
Brigitte Findakly, la femme de Trondheim, raconte son enfance en Irak. On voit aussi sa vie lorsqu'elle et sa famille vont quitter l'Irak pour la France, sa vie aujourd'hui et les quelques voyages qu'elle a faits en Irak ensuite, mais le gros de l'album se passe dans l'Irak des années 60-début des années 70.
C'est un album plutôt intéressant et j'ai eu du plaisir à apprendre sur la vie en Irak même si c'est déprimant de voir que la situation a empiré au cours des décennies (et déjà avant Saddam Hussein ce n'était pas toujours joyeux avec entre autres la censure et la surveillance gouvernementale). C'est prenant et c'est à lire si on aime ce genre de biographie.
Le dessin de Trondheim est simpliste et agréable a l'oeil. C'est intéressant de le voir dessiner autre chose que des animaux pour une fois !
Un album en noir et blanc de haute tenue et qui ma foi tient toutes ses promesses. Une histoire pas si banale qui replonge les antagonistes dans une période qu'ils auraient sans doute voulu oublier. Au sein de la guerre dans un paysage bucolique les amours de deux jeunes gens qui contexte oblige finissent mal.
Le dessin réaliste est très joli et offre quelques planches du meilleur effet, notamment ces moments de pêche à la mouche, qui font rêver. Le scénario est solidement bâti et les flashback qui émaillent le récit ne le ralentissent en rien.
Ce n'est certes pas l'album de l'année mais la lecture est vraiment très plaisante, Un Sokal qui change de Canardo, à découvrir.
Après Ikigami – Préavis de mort, Motorô Maze récidive dans un nouveau thriller d’anticipation.
Démokratia est une série courte mais riche de nombreuses thématiques actuelles comme en premier lieu une réflexion sur la démocratie avec ses dérives et ses travers, mais aussi les réseaux sociaux ou la place des étrangers au Japon.
Cette expérience de démocratie virtuelle concernant le contrôle de l’androïde est une excellente idée, bonifiée par une intrigue soignée et une narration maitrisée. En effet, les nombreux chats entre internautes sur les décisions à prendre auraient pu être ennuyeux ou redondants mais il n’en n’est rien et le propos reste toujours clair et fluide. L’histoire est passionnante, même si quelques rares passages présentent des longueurs.
Les dessins de Maze sont une fois de plus très bons. Son trait, à la fois réaliste, clair et stylisé accompagne parfaitement ce récit audacieux, qui n’a pas du être facile à mettre en scène.
Démokratia est donc une très bonne série, accrocheuse et intelligente.
A découvrir.
Ben mon colon, voila une BD qui envoie du lourd comme on dit, j'avoue avoir ^pris une petite claque scénaristique.
Je ne m'attarderais pas sur le dessin qui n'est pas ma tasse de thé, pourtant je le trouve bougrement efficace pour ce genre d'histoire avec ses personnages aux visages acérés. Un dessin tout en tension qui se laisse apprivoisé.
Sur le fond que dire, de prime abord je suis plutôt d'accord avec la réaction du héros qui représente bien une certaine jeunesse provinciale qui ne peut noyer sa déprime que dans de glauques fêtes de village ou s'est à qui boira le plus et sera le plus lourdingue. Pour autant il ne faut bien sur pas excuser un tel geste, pour ma part c'est à regret que j'ai terminé ma lecture, j'aurais aimé voir le traitement de la "suite" qu'aurait pu proposer l'auteur.
Plus que le récit d'un crime c'est une enquête sociologique que nous montre l'auteur et nous ne sommes pas loin de certains épisodes de l'excellente série "Strip Tease".
Lorsque vous commencez la lecture plus rien ne peut vous la faire lâcher, sa monte
en un crescendo glaçant qui vous donne envie de cracher à la face de ces terreurs de province
qui s'ils ont des excuses ne sont pas pour autant excusables.
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Bande d'arrêt d'urgence
A vrai dire, je n’ai jamais encore lu une pareille œuvre sur ce sujet. C’est une bd qui est un véritable pamphlet contre les voitures ou plutôt la civilisation de l’automobile. L’auteur va opposer le piéton et cycliste au conducteur d’engin mécanique dans la jungle que constitue la route. Il veut en venir au fait qu’il y a un décalage énorme entre un piéton et un automobiliste. Ce dernier peut faire perdre la vie au piéton. Il en résultera une amende et très rarement une peine d’emprisonnement. C’est sur le plan de la responsabilité morale que tout se situe. On peut alors tuer en toute légalité en se servant d’une auto. Bien sûr, on ne le fera pas exprès. On écoutera de la musique bien dans le confort de l’habitacle ou bien on passera un coup de fil à une connaissance. On sera distrait et on heurtera cet amas de chair en provoquant de graves blessures ou même la mort. Cela fait froid dans le dos. Je préviens tout de suite : l’auteur a perdu sa sœur dans un accident de voiture lorsqu’elle était âgée de 11 ans. Il a lui-même échappé à un chauffard qui n’a pas regardé devant lui avant de changer de file sur une autoroute en roulant à toute allure. Ceci dit, ce genre de situation nous est tous au moins une fois arrivé. Il va démonter un à un les mécanismes qui conduisent à ce déséquilibre. La publicité sera d’ailleurs sa première cible. On nous présente les véhicules comme un prolongement de soi dans une société de plus en plus individualiste où il ne fait pas perdre une minute. Ceci conduit inexorablement à des conduites imprudentes. Bref, la voiture est décrite comme un pouvoir de puissance grâce notamment à la vitesse, à son confort et à sa taille. Le graphisme en noir et blanc sera assez minimaliste. On a une succession de panneau et signalisation, de décors routiers. Le propos se situe dans une succession de texte très court pour marquer des idées. Du coup, cette centaine de pages sur ce sujet assez grave se lit assez vite grâce à cette fluidité. Il est vrai que ce matin, en prenant le volant, j’ai fait plus attention que d’habitude. Cette lecture m’a foutu une culpabilité que je n’avais pas auparavant. Etait-ce l’objectif de l’auteur que de faire prendre conscience des dangers de la route ? Cela va bien au-delà ! Pour vous en convaincre, il suffit de lire bande d’arrêt d’urgence même si on n’est pas d’accord avec ce parti pris sans concession. La réalité des morts sur les routes est bien présente pour nous le rappeler.
Je suis top ! - Liberté, égalité, parité
Je suis top ! est un titre qui peut sembler humoristique et qui marque le fait qu’une personne a sans doute un manque manifeste de modestie. Lorsqu’il s’agit d’une femme, cela ne pardonne pas. En réalité, on va suivre le parcours d’une salariée dans l’entreprise qui entre par la petite porte malgré le fait qu’elle soit bardée de diplômes. Puis, progressivement, elle va gravir les échelons pour se retrouver à un poste plutôt important. Pour y arriver, elle racontera tous les déboires qu’elle a dû subir de la part des hommes. Beaucoup de femmes pourront se retrouver dans ces situations inspirées par une certaine réalité peu reluisante entre blagues sexistes et salaces et absence de promotion lié au congé maternité par exemple. Le coup de karcher, c’est sans doute dans les sociétés qu’il faudrait le passer pour se débarrasser de tous ces petits chefs machos et incompétents ! Ceci dit, on pourra trouver cette bd assez féministe mais il n’en n’est rien. Pour autant, je trouve que les discriminations ne se limitent malheureusement pas qu’au sexe mais également par exemple aux origines ethniques. Le fait d’avoir un nom aux consonances étrangères peut très vite vous faire perdre des points même à compétence supérieure. Vous pouvez également vous retrouver aux responsabilités mais avec un salaire deux moindres que ses collègues et je sais de quoi je parle. D’ailleurs, une femme manager est également moins payé qu’un homme. A noter qu'il y a également une véritable dénonciation de la théorie du genre afin sans doute d'inciter les petites filles à ne pas jouer à la poupée mais à faire des jeux plus violents et entrer ainsi dans la compétition car c'est tout un état d'esprit qui s'apprend au plus jeune âge. Le lecteur qui est parent appréciera. J’ai trouvé ce témoignage assez utile et plutôt sincère de la part de l’auteure. Il est vrai que les préjugés décrit sont des choses que l’on entend souvent comme la promotion canapé. Cette bd est inspirée d’une pièce de théâtre de Blandine Métayer qui a connu un grand succès. On ne se demandera pas pourquoi. L’œuvre en question se lit très bien entre caricature et humour. Elle renvoie directement à notre quotidien de travail en posant les bonnes questions et surtout en montrant les bons constats. Il est clair que les réactionnaires et ceux qui les suivent n'apprécieront pas. Mais bon, il serait temps de changer les mentalités. Cela commence par cette lecture.
Trois éclats blancs
A tous les amateurs qui ont aimé cette histoire je ne peux que leur conseiller de venir faire un petit tour en Bretagne sud pour contempler de visu ce fabuleux phare qu'est Ar Men.En voyant cet édifice on a peine à appréhender le travail que cela fut de construire ce bâtiment. La BD bien qu'excellente ne peut rendre hommage aux hommes qui au péril de leur vie, sur environ 400 accostages seulement un peu plus de 100 réussirent, construisirent ce monument. A vrai dire la construction en elle même n'est pas le sujet principal du livre, ce qui nous est montré c'est un choc de culture ou deux mondes ont bien de la peine à se rencontrer. Se rencontrer mais d'abord se comprendre, en effet il faut rappeler qu'à cette époque, les années 1900, la plupart des habitants de la Bretagne ne parlaient pas le français. La rencontre entre l'ingénieur et les habitants du village est fort bien vue, le Breton n'est pas d'un abord aisé immédiatement mais avec du temps je dirais que cette rudesse s'efface pour peu que l'on n'arrive pas en terrain conquis. Cette histoire n'évite pas quelques clichés mais l'ensemble est plutôt réjouissant et les rapports humains sont fouillés et font preuve de justesse. Si le dessin peut paraitre parfois un peu rapide , peu appliqué il n'en propose pas moins quelques cases assez envoûtantes. Au final une belle histoire d'hommes sur un sujet original et fascinant et je me répète allez voir Ar Men en vrai vous m'en direz des nouvelles.
My Lady Vampire
Je n'attendais pas grand chose de My lady vampire et je dois dire que j'ai plutôt été surpris par cette série en 3 tomes seulement. Cela a l'air mignon au niveau du dessin avec ces couleurs vives mais on va vite tomber parfois dans les scènes gores plutôt effrayantes. En tout cas, c'est plutôt passionnant à la lecture avec également une grande note d'humour. Il s'agit bien entendu de vampires assoiffés de sang. Beaucoup d'oeuvres ont déjà été réalisé sur le sujet mais celle-ci a un côté assez original que j'ai plutôt bien aimé. Il y a une bonne fluidité de la lecture, des dialogues savoureux, des scènes dynamiques et des héros assez attachants bien que différents. C'est assez bien ficelé pour l'ensemble. Alors, on ne va pas bouder son plaisir et accorder allègrement le 4 étoiles.
Chronosquad
Le tourisme spatio-temporel est devenu la nouvelle mode. Partir skier au Paleolithique ou se dorer la pilule sur une plage de la Grèce antique sont devenus le must en matière d'évasion. Comble du pratique, le temps s'y écoule plus lentement. Telonius Bloch, personnage aussi intelligent que maladroit, est ravi d'entrer dans la Chronosquad, agence de sécurité du voyage temporel. Bien que spécialiste du moyen-âge, il se retrouve plongé dans la IVe dynastie de l'empire égyptien où la fille du président de la banque centrale a disparu. Rien ne sera simple. C'est le début d'une aventure picaresque, humoristique et passionnante.
Sous l'entonnoir
Il arrive que la solution passagère soit l'hôpital psychiatrique... J'ai bien envie de rééditer ce sale coup de mettre 4 étoiles sans conseiller l'achat, parce que le sujet peut paraître lourd et angoissant et on n'a pas nécessairement envie de recroiser cette histoire dans sa bibliothèque. Elle est tellement réaliste. La composition en chapitres courts permet de rythmer l'ennui. Les dialogues, la voie intérieure du personnage, les silences sont assemblés de telle sorte que l'ennui est palpable mais pas douloureux, pas inquiet. On a l'impression que cette obligation d'observer les autres qu'elle se choisit est une part de son traitement. Le propos et le dessin sont tellement bien accordés que c'est surprenant de constater que deux personnes différentes ont accouché de cet album. l'aplat vert-bleu hôpital qui baigne l'épisode, donne un aspect frontal, qui convient aussi bien à la situation : on est arrêté par cette masse indéfinie (pas beaucoup de meubles) comme l'héroïne par les murs de l'établissement. La stylisation des corps est poussée vers une expression très juste des personnalités, et de leurs humeurs. Les dimensions, les proportions de ses corps ont une grande présence : très peu de décors, aucune ombre, seulement des aplats et des traits, peu. Peu de cases par page aussi. Je ne vois pas de meilleure manière de faire partager cette place "sous l'entonnoir". Une simplicité, une franchise intelligente qui transperce nos carapaces. La place de chacun (médecin, infirmières, parents, patients, impatients...) est défendue avec grâce. Un sens de l'observation silencieuse rarement égalé, et un sourire en coin dans les nombreux moments où la personnalité refait surface. Le vert d'eau omniprésent rebute à l'abord, mais n'hésitez plus, plongez dans cet parenthèse d'étrangeté.
Coquelicots d'Irak
Brigitte Findakly, la femme de Trondheim, raconte son enfance en Irak. On voit aussi sa vie lorsqu'elle et sa famille vont quitter l'Irak pour la France, sa vie aujourd'hui et les quelques voyages qu'elle a faits en Irak ensuite, mais le gros de l'album se passe dans l'Irak des années 60-début des années 70. C'est un album plutôt intéressant et j'ai eu du plaisir à apprendre sur la vie en Irak même si c'est déprimant de voir que la situation a empiré au cours des décennies (et déjà avant Saddam Hussein ce n'était pas toujours joyeux avec entre autres la censure et la surveillance gouvernementale). C'est prenant et c'est à lire si on aime ce genre de biographie. Le dessin de Trondheim est simpliste et agréable a l'oeil. C'est intéressant de le voir dessiner autre chose que des animaux pour une fois !
Le vieil homme qui n’écrivait plus
Un album en noir et blanc de haute tenue et qui ma foi tient toutes ses promesses. Une histoire pas si banale qui replonge les antagonistes dans une période qu'ils auraient sans doute voulu oublier. Au sein de la guerre dans un paysage bucolique les amours de deux jeunes gens qui contexte oblige finissent mal. Le dessin réaliste est très joli et offre quelques planches du meilleur effet, notamment ces moments de pêche à la mouche, qui font rêver. Le scénario est solidement bâti et les flashback qui émaillent le récit ne le ralentissent en rien. Ce n'est certes pas l'album de l'année mais la lecture est vraiment très plaisante, Un Sokal qui change de Canardo, à découvrir.
Démokratia
Après Ikigami – Préavis de mort, Motorô Maze récidive dans un nouveau thriller d’anticipation. Démokratia est une série courte mais riche de nombreuses thématiques actuelles comme en premier lieu une réflexion sur la démocratie avec ses dérives et ses travers, mais aussi les réseaux sociaux ou la place des étrangers au Japon. Cette expérience de démocratie virtuelle concernant le contrôle de l’androïde est une excellente idée, bonifiée par une intrigue soignée et une narration maitrisée. En effet, les nombreux chats entre internautes sur les décisions à prendre auraient pu être ennuyeux ou redondants mais il n’en n’est rien et le propos reste toujours clair et fluide. L’histoire est passionnante, même si quelques rares passages présentent des longueurs. Les dessins de Maze sont une fois de plus très bons. Son trait, à la fois réaliste, clair et stylisé accompagne parfaitement ce récit audacieux, qui n’a pas du être facile à mettre en scène. Démokratia est donc une très bonne série, accrocheuse et intelligente. A découvrir.
Je mourrai pas gibier
Ben mon colon, voila une BD qui envoie du lourd comme on dit, j'avoue avoir ^pris une petite claque scénaristique. Je ne m'attarderais pas sur le dessin qui n'est pas ma tasse de thé, pourtant je le trouve bougrement efficace pour ce genre d'histoire avec ses personnages aux visages acérés. Un dessin tout en tension qui se laisse apprivoisé. Sur le fond que dire, de prime abord je suis plutôt d'accord avec la réaction du héros qui représente bien une certaine jeunesse provinciale qui ne peut noyer sa déprime que dans de glauques fêtes de village ou s'est à qui boira le plus et sera le plus lourdingue. Pour autant il ne faut bien sur pas excuser un tel geste, pour ma part c'est à regret que j'ai terminé ma lecture, j'aurais aimé voir le traitement de la "suite" qu'aurait pu proposer l'auteur. Plus que le récit d'un crime c'est une enquête sociologique que nous montre l'auteur et nous ne sommes pas loin de certains épisodes de l'excellente série "Strip Tease". Lorsque vous commencez la lecture plus rien ne peut vous la faire lâcher, sa monte en un crescendo glaçant qui vous donne envie de cracher à la face de ces terreurs de province qui s'ils ont des excuses ne sont pas pour autant excusables.