Tout démarre de manière très paisible dans cette histoire. Un petit village perdu des États Unis. Une population rurale qui vaque à ses occupations paysanne. Très peu de dialogues, des scènes de la vie quotidiennes dessinées ou plutôt peintes serais je tente de dire tant on a le sentiment d'avoir sous les yeux des tableaux de Hopper. On a en effet plus le sentiment de contempler de superbes tableaux avec un dessin plutôt figé, et beaucoup moins une succession de cases comme dans une BD classique.
Et puis un événement de prépare, une loterie en occurrence organisée chaque année. On a le sentiment que c'est l'événement majeur dans ce coin perdu des États- Unis.
Le tirage à lieu et curieusement le vainqueur ne semble pas en éprouver la moindre satisfaction.
Et c'est la qu'un véritable coup de théâtre intervient, quelque chose que le lecteur ne peut voir venir. Un basculement dans l'irrationnel, dans l'incompréhensible.
À chacun de se faire son avis.
On ressort de cette lecture avec un vrai sentiment de malaise, mais c'est aussi la force de cette histoire outre la qualité du dessin: surprendre le lecteur, l'obliger à s'interroger sur un final particulièrement dérangeant.
Alors, on aime ou on n'aime pas, mais je ne vous pas comment on pourrait rester indifférent à une telle histoire.
Voila une BD qui m'a surpris de la plus agréable des façons !
Atteignant aujourd'hui les 7 tomes, cette BD est une des rares séries dont j'attends maintenant le prochain tome avec impatience. Car elle m'a vraiment conquis alors que je partais sur un petit a priori et de vagues souvenirs plutôt bof.
Ce qui m'a plu dans ma découverte, c'est tout d'abord l'humour de cette série qui nous fait dire tellement facilement : "Quelles pouffes", mais surtout qui propose des situations d'adolescence hilarantes, et ce durant tous les tomes, malgré des variations progressives.
Ensuite, la BD s'est surtout construite progressivement, passant de simples gags par planches sans liens construits à des histoires plus intéressantes et qui ont fini, dans les derniers tomes, par devenir le centre de la BD, qui n'a pourtant jamais négligé l'humour. Et ça fait plaisir de voir une BD autant progresser en se renouvelant sans perdre de vue ce qui faisait sa force (dit comme ça c'est un peu étrange comme phrase, mais j'ai du mal à l'exprimer).
En plus, malgré son statut de BD "pour jeunes", elle ose aller plutôt loin dans certains concepts (familles étranges, homosexualité, hyper-sexualisation des jeunes, découvertes des sentiments, problématiques de violence des jeunes, dénigrement ou harcèlement ...) alors que la Bd aurait pu se contenter de simplement faire des gags sans suite. J'avoue avoir été franchement étonné de la façon dont les tomes se développaient et les deux derniers m'ont fait une forte impression. J'avoue que c'est culotté de la part des auteurs (notamment des personnages comme Megane que j'ai adoré), mais c'est agréable que le lectorat ne soit pas pris pour des imbéciles. Sans pour autant qu'on tombe dans du sérieux lourd. C'est toujours des gags très drôles sur ces filles prétentieuses et belles qui ne pensent qu'à paraitre la plus belle, mais en même temps c'est des petites saynètes sociales très justes et parfaitement appropriées à un tel récit.
La BD m'a beaucoup plu, peut-être parce que j'ai eu l'occasion de découvrir l'intégralité des sept tomes d'un coup et de constater donc la progression énorme de la part des auteurs dans leur récit, mais également parce qu'en terme de BD s'adressant également aux plus jeunes et qui font rire, les nombrils arrivent pour moi au niveau de Lou! (pas taper, pas taper s'il-vous-plait) qui m'a autant fait rire en me faisant fondre et en arrivant presque à m'arracher une larme.
Bref, de l'excellente Bd comme j'apprécie beaucoup et qui m'a bien touché, c'est avec impatience que j'attends les tomes suivants (tout en ayant hâte de découvrir ce que les auteurs ont prévu comme fin de série). Recommandé !
Une école téléportée, des élèves qui tentent de survivre, des adultes à la ramasse... Le pitch rappelle un peu celui de L'Ecole emportée, que je n'ai pas lue. On pourrait craindre cependant que ce genre d'histoire vire rapidement au mauvais récit de cinéma bis.
Mais il n'en est rien. Je me suis laissé porter par le récit, qui comporte de nombreuses surprises, et même s'il y a des incohérences, je l'ai trouvé plutôt bien porté par son scénariste, protégé de Scott Snyder (oui, celui qui préside aux destinées des super-héros DC sur grand écran actuellement). Pour revenir à nos moutons, il y a beaucoup de personnages, dont certains assez surprenants, et seule une gestion un peu chancelante de certaines transitions m'empêche d'être totalement enthousiaste.
Dans le tome 2 la population de l'école tente de s'organiser, en collaboration avec les habitants de New London. Mais les implications sont plus fortes qu'attendu, et l'amalgame ne se fait pas sans mal. Parallèlement nous plongeons dans le passé des habitants locaux, puis un bond dans le futur proche a lieu. C'est intrigant, je suis curieux de voir où tout cela va nous mener...
Le dessin est assuré par Michael Dialynas, d'origine grecque, lequel a un style demi-réaliste assez décomplexé. C'est plutôt agréable, même si la gestion des couleurs, très tranchées et très flashy, fait parfois un peu mal aux yeux.
Curieux de lire la suite.
Autant je ne suis pas fan de sa série phare, Mafalda, autant j’aime beaucoup les recueils de dessins/gags de Quino. Tous ceux que j’ai pu lire sont vraiment bons.
Avec ou sans paroles, les petits récits/strips de Quino sont généralement drôles. Pas forcément au point de déclencher une franche hilarité, mais, à l’instar de Sempé (dont le trait est parfois proche), il développe un humour tout en nuance. Tantôt très poétique, tantôt con, voire absurde.
Et, ce n’est pas uniquement un humour gratuit. Il sourd des gags de cet album une certaine critique de la société (la soumission à l’autorité, ses rouages, qu’ils soient administratifs ou sociétaux…).
C’est le genre d’albums que je prends plaisir à relire, par petites touches, et que je ne peux que vous recommander.
Note réelle 3,5/5.
Avant toute chose, il peut être utile de préciser que mon avis se porte sur l'édition Cornélius de 2016 du présent ouvrage qui peut être considérée à juste titre comme une oeuvre maudite.
Il s'agit donc de l'édition intégrale composée du premier tome édité par Casterman, du second uniquement prépublié par épisodes dans un mensuel et doté d'un épilogue inédit à ce jour de 16 pages.
Le Tribut est une oeuvre difficile à appréhender. Son histoire est aussi hermétique que son graphisme volontairement froid aux couleurs basiques et à l'encrage épais.
Pourtant pour peu qu'on puisse s'y intéresser et entamer la lecture, le voyage est passionnant...
Il s'agit d'un pur récit de SF comme on pouvait en lire autrefois avec un certain charme vintage dont l'histoire se rapprocherait d'un classique "Etoiles, gardes à vous" (ou Starship Troopers) avec une armée ou plutôt de "chair à canon" sur une terre hostile et sauvage, la mystérieuse planète "Deux Lunes".
A la recherche d'une arme ultime qui leur permettrait un avantage certain contre les "Autres", on y suit le quotidien de Juan, un militaire balafré sans autre ambition que la survie, dans une jungle hostile et inhospitalière à la météo incertaine. Chaque saison y est représentée par une couleur artificielle sans nuances, du bleu au vert sans oublier jaune ou rouge vif, le lecteur n'est guère ménagé et cherche quelques repères en vain à travers certains dessins volontairement flous pour mieux se perdre comme le narrateur.
C'est bien la curiosité qui nous pousse à lire la suite d'une histoire simple mais décousue jusqu'à de sombres expériences qui vont unir Juan à un autochtone et le doter de fabuleux pouvoirs....
L'histoire aurait pu se tenir en un tome mais la suite va pousser le récit dans de tous autres directions avec une certaine recherche de la vérité sous une autre planète...
Beaucoup auront comparé ce récit avec le film Avatar de Cameron dont le présent récit aurait inspiré ce Pocahontas interstellaire. J'y ai vu toute autre chose bien après avoir refermé les dernières pages qu'il serait difficile d'énumérer sans spoiler à tout va mais ce voyage ne devrait guère laisser quiconque indifférent, en bien comme en mal d'ailleurs.
La mutation de Juan Gavirio en un être stellaire à la perception accrue (voir la couverture du livre) me rappelle certains écrits de Lovecraft et de la fameuse glande pinéale ouvrant de nombreuses portes dans un récit foutraque mais passionnant.
La rupture entre les différents chapitres est peut être osée, peut également déstabiliser mais permet un récit plus riche qu'il n'y parait en apportant une réflexion sur l'absurdité de la guerre mais également les rêves et univers parallèles.
La conclusion presque manichéenne est parfaite en ce sens qu'elle donne finalement une toute autre vision globale de cette épopée. Certes, on aurait surement préféré avoir un ou plusieurs autres tomes mais comme toute oeuvre maudite (je pense surtout au Réseau Bombyce que j'avais adoré), la contrainte de tout vouloir conclure rapidement va finalement apporter un souffle salvateur à toute l'histoire.
Je le savais depuis le Transperceneige des mêmes auteurs, leur vision de la Science-Fiction ou plutôt de l'Anticipation n'aspire à guère d'optimisme et transpire de pessimisme. Ici il est question d'espoir, peut être même mince ou peut être même complètement erroné (voire même surement) mais le voyage est total et accompli. Il émane même une certaine poésie mélancolique avec quelques planches évoquant davantage une peinture qu'une bd.
Lecture exigeante et voyage anxiogène, le Tribut n'est pas fait pour plaire à tout le monde mais le voyage en vaut largement la chandelle.
Homme libre toujours tu chériras la mer
Ben voila je viens de fermer cette BD et pendant un peu plus d'une demie heure j'ai voyagé. Sa qualité première un texte ciselé emprunt de nostalgie, d'espoir , de rêves perdus, je ne peux m'empêcher de vous citer une phrase piochée au hasard mais qui à mon sens résume bien l'ambiance générale de ce récit: " La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent ".
Mon seul regret le graphisme de C. Cailleaux qui bien que très propre manque d'un peu de souffle ce qui est un comble tant l'histoire notamment celle de Ines de Florès aurait mérité un traitement plus épique.
Plus que sur la vie de marin c'est sur les ports que se concentrent les récits.Il est vrai que ces lieux sont souvent magiques, ils incarnent le voyage, l’ailleurs avec tout ce que cela sous entend.
Une belle histoire qui fait voyager, à conseiller.
Doigts d'honneur serait en effet une lecture d'utilité publique surtout dans les pays musulmans où il y aurait encore beaucoup d'effort à réaliser. Il est vrai qu'on préférera sans doute vivre dans un pays qui respecte réellement les droit des femmes et notamment leur intégrité physique, un pays où les filles mineurs violées ne sont pas obligés d'épouser leurs agresseurs pour sauver l'honneur, un pays où l'échange de baisers entre deux adolescentes n'est pas puni d'emprisonnement au détour d'un circuit touristique à l'impérial.
Je suis tellement heureux de vivre dans une démocratie occidentale que je ne renierai pour rien au monde. Je pense que les femmes également dans leur grande majorité. Maintenant, je peux comprendre les us et coutumes de ces pays indépendants mais certainement pas excuser les traditions d'un autre âge.
Il est vrai que cette lecture a eu un effet consternant: être totalement dégoûté par les pratiques odieuses des Autorités mais également de la population macho et même des familles qui au nom de l'honneur sont prêts à ne pas voir la réalité en face et à désavouer leur propre fille. Il est en effet très dur d'être une femme qui n'a pas voix au chapitre et même dans le cadre d'une révolution comme le printemps arabe qui était censée donner plus de libertés aux citoyens.
J'ai bien entendu été durement touché par le récit de la pauvre Layla, étudiante égyptienne qui serait promise à un brillant avenir si les choses étaient autrement dans ce pays. On espère qu'un jour la condition des femmes s'améliorera. Il faudra sans doute du temps et il y aura encore des morts et de la violence. Fort heureusement, Amnesty International mène des actions à travers le monde pour nous ouvrir les yeux. Oui, cette lecture est finalement utile pour tous.
Après avoir publié Le grand A en 2016 qui était un documentaire sur une grande surface, voilà que l'auteur scénariste Xavier Bétaucourt s'essaye à l'auto-biographie durant cette même année. J'apprécie la démarche qui consiste de passer d'un genre à l'autre avec une telle aisance.
Bien entendu, on pourrait s'y retrouver dans cet homme de la quarantaine qui redécouvre la paternité en ayant des angoisses bien légitimes au vu de son grand âge. Elever des enfants n'est pas une chose simple de nos jours. Doutes, questionnement et difficultés marqueront son parcours.
On devine le final qui sera forcément un heureux événement. C'est plutôt le cheminement et le témoignage qui est humainement intéressant. Une oeuvre intimiste qui fait ressortir que le changement a du bon.
Première lecture pour moi d’un album des frères Ba et Moon et je dois admettre que c’est une bonne surprise. Les thématiques existentialistes (le sens de la vie, le rapport à la mort, la famille, l’amour, l’amitié) sont traitées avec finesse et intelligence. Le héros, Bras, avec ses faiblesses et ses hésitations, peine à commencer sa vie ou plutôt croit passer à côté de sa propre vie. Les personnages sont intéressants, d’autant que les auteurs s’appliquent à soigner les rapports entre Bras et son entourage proche ; élément fondamental de l’intrigue. Chaque chapitre met en scène Bras à un moment important de sa vie.
Graphiquement, c’est agréable à l’œil. Coloré, fluide et parfaitement mis en scène, le trait personnel des auteurs apporte un vrai plus à l’album.
Daytripper est un beau roman graphique, sensible et intelligent.
Une belle découverte.
Le retour du space opéra de ces dernières années! Nous ne sommes pas couchés puisque D. Bajram a prévu en plus du cycle en cours qui comptera six tomes, un suivant d'également six tomes. Je notais qu'un autre posteur disait que UW1 n'avait pas pris une ride, certes et celui ci ne se démarquera pas. En effet au delà d'épiques batailles spatiales, de magnifiques dessins mettant en scène des vaisseaux, des bâtiments, une architecture fabuleuse, que nous conte D. Bajram?
Une éternelle histoire de messie qui bien au delà de nos convictions personnelles ne peut que résonner en nous car quoi que l'on fasse ou pense, nous vivons ici dans une société dont de multiples aspects sont liés ou influencés par la culture judéo-chrétienne. Celle-ci, comme chacun sait, met en avant, entre autres, la notion de messie, de sauveur. Dans UW2, du moins dans ces deux premier tomes, il me semble que nous sommes en plein dedans.
Quelle lecture ce doit être alors? Bien évidemment personne n'est obligé d'en faire ce type de lecture (pour cela il y a éventuellement le forum), mais je trouvais que c'était suffisamment prégnant pour en faire la remarque.
J'irai voir la suite avec intérêt ne serait ce que pour le dessin de D. Bajram qui gagne en maturité donc en excellence.
Majoration après parution du tome 3
A l'occasion de la sortie de ce troisième tome j'ai eu envie de me replonger dans UW1, puis de relire les deux premiers tomes de UW2. Mon sentiment envers les deux cycles a donc changé et je réévalue ma note initiale. Sans doute est ce également lié au fait qu'il y a peu j'ai rencontré l'auteur et la discussion qui s'en est suivi a bien sûr contribué à ce nouveau regard sur les deux séries.
Mais pas que!! Outre le fait qu'effectivement D. Bajram est un monsieur fort sympathique qui a des choses à dire sur son métier, cette relecture m'a permis de voir des choses qui m'avaient échappé auparavant.
En premier lieu la maestria graphique, qu'elle soit informatique ou plus traditionnelle, offre des planches d'une grande virtuosité et comme l'auteur s'en explique à la fin de ce tome 3 on peut y voir un hommage à tous les illustrateurs des romans de SF des années 70 et 80 sur lesquelles je me souviens d'avoir "bloqué" pendant de longues minutes.
A l'issue de ce tome la civilisation de Canaan est sur le point de disparaitre et les rares réfugiés sont dans une situation quasi désespérée.
Les évènements s'enchainent harmonieusement, c'est du grand Space Opéra digne de figurer aux côtés de romans iconiques tels Dune et autres récits de P.J. Farmer.
J'invite tous les amateurs de SF à se ruer sur ces deux séries intelligentes, pleines de rebondissements et d'une haute tenue scénaristique.
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La Loterie
Tout démarre de manière très paisible dans cette histoire. Un petit village perdu des États Unis. Une population rurale qui vaque à ses occupations paysanne. Très peu de dialogues, des scènes de la vie quotidiennes dessinées ou plutôt peintes serais je tente de dire tant on a le sentiment d'avoir sous les yeux des tableaux de Hopper. On a en effet plus le sentiment de contempler de superbes tableaux avec un dessin plutôt figé, et beaucoup moins une succession de cases comme dans une BD classique. Et puis un événement de prépare, une loterie en occurrence organisée chaque année. On a le sentiment que c'est l'événement majeur dans ce coin perdu des États- Unis. Le tirage à lieu et curieusement le vainqueur ne semble pas en éprouver la moindre satisfaction. Et c'est la qu'un véritable coup de théâtre intervient, quelque chose que le lecteur ne peut voir venir. Un basculement dans l'irrationnel, dans l'incompréhensible. À chacun de se faire son avis. On ressort de cette lecture avec un vrai sentiment de malaise, mais c'est aussi la force de cette histoire outre la qualité du dessin: surprendre le lecteur, l'obliger à s'interroger sur un final particulièrement dérangeant. Alors, on aime ou on n'aime pas, mais je ne vous pas comment on pourrait rester indifférent à une telle histoire.
Les Nombrils
Voila une BD qui m'a surpris de la plus agréable des façons ! Atteignant aujourd'hui les 7 tomes, cette BD est une des rares séries dont j'attends maintenant le prochain tome avec impatience. Car elle m'a vraiment conquis alors que je partais sur un petit a priori et de vagues souvenirs plutôt bof. Ce qui m'a plu dans ma découverte, c'est tout d'abord l'humour de cette série qui nous fait dire tellement facilement : "Quelles pouffes", mais surtout qui propose des situations d'adolescence hilarantes, et ce durant tous les tomes, malgré des variations progressives. Ensuite, la BD s'est surtout construite progressivement, passant de simples gags par planches sans liens construits à des histoires plus intéressantes et qui ont fini, dans les derniers tomes, par devenir le centre de la BD, qui n'a pourtant jamais négligé l'humour. Et ça fait plaisir de voir une BD autant progresser en se renouvelant sans perdre de vue ce qui faisait sa force (dit comme ça c'est un peu étrange comme phrase, mais j'ai du mal à l'exprimer). En plus, malgré son statut de BD "pour jeunes", elle ose aller plutôt loin dans certains concepts (familles étranges, homosexualité, hyper-sexualisation des jeunes, découvertes des sentiments, problématiques de violence des jeunes, dénigrement ou harcèlement ...) alors que la Bd aurait pu se contenter de simplement faire des gags sans suite. J'avoue avoir été franchement étonné de la façon dont les tomes se développaient et les deux derniers m'ont fait une forte impression. J'avoue que c'est culotté de la part des auteurs (notamment des personnages comme Megane que j'ai adoré), mais c'est agréable que le lectorat ne soit pas pris pour des imbéciles. Sans pour autant qu'on tombe dans du sérieux lourd. C'est toujours des gags très drôles sur ces filles prétentieuses et belles qui ne pensent qu'à paraitre la plus belle, mais en même temps c'est des petites saynètes sociales très justes et parfaitement appropriées à un tel récit. La BD m'a beaucoup plu, peut-être parce que j'ai eu l'occasion de découvrir l'intégralité des sept tomes d'un coup et de constater donc la progression énorme de la part des auteurs dans leur récit, mais également parce qu'en terme de BD s'adressant également aux plus jeunes et qui font rire, les nombrils arrivent pour moi au niveau de Lou! (pas taper, pas taper s'il-vous-plait) qui m'a autant fait rire en me faisant fondre et en arrivant presque à m'arracher une larme. Bref, de l'excellente Bd comme j'apprécie beaucoup et qui m'a bien touché, c'est avec impatience que j'attends les tomes suivants (tout en ayant hâte de découvrir ce que les auteurs ont prévu comme fin de série). Recommandé !
The Woods
Une école téléportée, des élèves qui tentent de survivre, des adultes à la ramasse... Le pitch rappelle un peu celui de L'Ecole emportée, que je n'ai pas lue. On pourrait craindre cependant que ce genre d'histoire vire rapidement au mauvais récit de cinéma bis. Mais il n'en est rien. Je me suis laissé porter par le récit, qui comporte de nombreuses surprises, et même s'il y a des incohérences, je l'ai trouvé plutôt bien porté par son scénariste, protégé de Scott Snyder (oui, celui qui préside aux destinées des super-héros DC sur grand écran actuellement). Pour revenir à nos moutons, il y a beaucoup de personnages, dont certains assez surprenants, et seule une gestion un peu chancelante de certaines transitions m'empêche d'être totalement enthousiaste. Dans le tome 2 la population de l'école tente de s'organiser, en collaboration avec les habitants de New London. Mais les implications sont plus fortes qu'attendu, et l'amalgame ne se fait pas sans mal. Parallèlement nous plongeons dans le passé des habitants locaux, puis un bond dans le futur proche a lieu. C'est intrigant, je suis curieux de voir où tout cela va nous mener... Le dessin est assuré par Michael Dialynas, d'origine grecque, lequel a un style demi-réaliste assez décomplexé. C'est plutôt agréable, même si la gestion des couleurs, très tranchées et très flashy, fait parfois un peu mal aux yeux. Curieux de lire la suite.
Bien chez soi
Autant je ne suis pas fan de sa série phare, Mafalda, autant j’aime beaucoup les recueils de dessins/gags de Quino. Tous ceux que j’ai pu lire sont vraiment bons. Avec ou sans paroles, les petits récits/strips de Quino sont généralement drôles. Pas forcément au point de déclencher une franche hilarité, mais, à l’instar de Sempé (dont le trait est parfois proche), il développe un humour tout en nuance. Tantôt très poétique, tantôt con, voire absurde. Et, ce n’est pas uniquement un humour gratuit. Il sourd des gags de cet album une certaine critique de la société (la soumission à l’autorité, ses rouages, qu’ils soient administratifs ou sociétaux…). C’est le genre d’albums que je prends plaisir à relire, par petites touches, et que je ne peux que vous recommander. Note réelle 3,5/5.
Le Tribut
Avant toute chose, il peut être utile de préciser que mon avis se porte sur l'édition Cornélius de 2016 du présent ouvrage qui peut être considérée à juste titre comme une oeuvre maudite. Il s'agit donc de l'édition intégrale composée du premier tome édité par Casterman, du second uniquement prépublié par épisodes dans un mensuel et doté d'un épilogue inédit à ce jour de 16 pages. Le Tribut est une oeuvre difficile à appréhender. Son histoire est aussi hermétique que son graphisme volontairement froid aux couleurs basiques et à l'encrage épais. Pourtant pour peu qu'on puisse s'y intéresser et entamer la lecture, le voyage est passionnant... Il s'agit d'un pur récit de SF comme on pouvait en lire autrefois avec un certain charme vintage dont l'histoire se rapprocherait d'un classique "Etoiles, gardes à vous" (ou Starship Troopers) avec une armée ou plutôt de "chair à canon" sur une terre hostile et sauvage, la mystérieuse planète "Deux Lunes". A la recherche d'une arme ultime qui leur permettrait un avantage certain contre les "Autres", on y suit le quotidien de Juan, un militaire balafré sans autre ambition que la survie, dans une jungle hostile et inhospitalière à la météo incertaine. Chaque saison y est représentée par une couleur artificielle sans nuances, du bleu au vert sans oublier jaune ou rouge vif, le lecteur n'est guère ménagé et cherche quelques repères en vain à travers certains dessins volontairement flous pour mieux se perdre comme le narrateur. C'est bien la curiosité qui nous pousse à lire la suite d'une histoire simple mais décousue jusqu'à de sombres expériences qui vont unir Juan à un autochtone et le doter de fabuleux pouvoirs.... L'histoire aurait pu se tenir en un tome mais la suite va pousser le récit dans de tous autres directions avec une certaine recherche de la vérité sous une autre planète... Beaucoup auront comparé ce récit avec le film Avatar de Cameron dont le présent récit aurait inspiré ce Pocahontas interstellaire. J'y ai vu toute autre chose bien après avoir refermé les dernières pages qu'il serait difficile d'énumérer sans spoiler à tout va mais ce voyage ne devrait guère laisser quiconque indifférent, en bien comme en mal d'ailleurs. La mutation de Juan Gavirio en un être stellaire à la perception accrue (voir la couverture du livre) me rappelle certains écrits de Lovecraft et de la fameuse glande pinéale ouvrant de nombreuses portes dans un récit foutraque mais passionnant. La rupture entre les différents chapitres est peut être osée, peut également déstabiliser mais permet un récit plus riche qu'il n'y parait en apportant une réflexion sur l'absurdité de la guerre mais également les rêves et univers parallèles. La conclusion presque manichéenne est parfaite en ce sens qu'elle donne finalement une toute autre vision globale de cette épopée. Certes, on aurait surement préféré avoir un ou plusieurs autres tomes mais comme toute oeuvre maudite (je pense surtout au Réseau Bombyce que j'avais adoré), la contrainte de tout vouloir conclure rapidement va finalement apporter un souffle salvateur à toute l'histoire. Je le savais depuis le Transperceneige des mêmes auteurs, leur vision de la Science-Fiction ou plutôt de l'Anticipation n'aspire à guère d'optimisme et transpire de pessimisme. Ici il est question d'espoir, peut être même mince ou peut être même complètement erroné (voire même surement) mais le voyage est total et accompli. Il émane même une certaine poésie mélancolique avec quelques planches évoquant davantage une peinture qu'une bd. Lecture exigeante et voyage anxiogène, le Tribut n'est pas fait pour plaire à tout le monde mais le voyage en vaut largement la chandelle.
Les Longues Traversées
Homme libre toujours tu chériras la mer Ben voila je viens de fermer cette BD et pendant un peu plus d'une demie heure j'ai voyagé. Sa qualité première un texte ciselé emprunt de nostalgie, d'espoir , de rêves perdus, je ne peux m'empêcher de vous citer une phrase piochée au hasard mais qui à mon sens résume bien l'ambiance générale de ce récit: " La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent ". Mon seul regret le graphisme de C. Cailleaux qui bien que très propre manque d'un peu de souffle ce qui est un comble tant l'histoire notamment celle de Ines de Florès aurait mérité un traitement plus épique. Plus que sur la vie de marin c'est sur les ports que se concentrent les récits.Il est vrai que ces lieux sont souvent magiques, ils incarnent le voyage, l’ailleurs avec tout ce que cela sous entend. Une belle histoire qui fait voyager, à conseiller.
Doigts d'honneur
Doigts d'honneur serait en effet une lecture d'utilité publique surtout dans les pays musulmans où il y aurait encore beaucoup d'effort à réaliser. Il est vrai qu'on préférera sans doute vivre dans un pays qui respecte réellement les droit des femmes et notamment leur intégrité physique, un pays où les filles mineurs violées ne sont pas obligés d'épouser leurs agresseurs pour sauver l'honneur, un pays où l'échange de baisers entre deux adolescentes n'est pas puni d'emprisonnement au détour d'un circuit touristique à l'impérial. Je suis tellement heureux de vivre dans une démocratie occidentale que je ne renierai pour rien au monde. Je pense que les femmes également dans leur grande majorité. Maintenant, je peux comprendre les us et coutumes de ces pays indépendants mais certainement pas excuser les traditions d'un autre âge. Il est vrai que cette lecture a eu un effet consternant: être totalement dégoûté par les pratiques odieuses des Autorités mais également de la population macho et même des familles qui au nom de l'honneur sont prêts à ne pas voir la réalité en face et à désavouer leur propre fille. Il est en effet très dur d'être une femme qui n'a pas voix au chapitre et même dans le cadre d'une révolution comme le printemps arabe qui était censée donner plus de libertés aux citoyens. J'ai bien entendu été durement touché par le récit de la pauvre Layla, étudiante égyptienne qui serait promise à un brillant avenir si les choses étaient autrement dans ce pays. On espère qu'un jour la condition des femmes s'améliorera. Il faudra sans doute du temps et il y aura encore des morts et de la violence. Fort heureusement, Amnesty International mène des actions à travers le monde pour nous ouvrir les yeux. Oui, cette lecture est finalement utile pour tous.
Trop vieux pour toi
Après avoir publié Le grand A en 2016 qui était un documentaire sur une grande surface, voilà que l'auteur scénariste Xavier Bétaucourt s'essaye à l'auto-biographie durant cette même année. J'apprécie la démarche qui consiste de passer d'un genre à l'autre avec une telle aisance. Bien entendu, on pourrait s'y retrouver dans cet homme de la quarantaine qui redécouvre la paternité en ayant des angoisses bien légitimes au vu de son grand âge. Elever des enfants n'est pas une chose simple de nos jours. Doutes, questionnement et difficultés marqueront son parcours. On devine le final qui sera forcément un heureux événement. C'est plutôt le cheminement et le témoignage qui est humainement intéressant. Une oeuvre intimiste qui fait ressortir que le changement a du bon.
Daytripper (au jour le jour)
Première lecture pour moi d’un album des frères Ba et Moon et je dois admettre que c’est une bonne surprise. Les thématiques existentialistes (le sens de la vie, le rapport à la mort, la famille, l’amour, l’amitié) sont traitées avec finesse et intelligence. Le héros, Bras, avec ses faiblesses et ses hésitations, peine à commencer sa vie ou plutôt croit passer à côté de sa propre vie. Les personnages sont intéressants, d’autant que les auteurs s’appliquent à soigner les rapports entre Bras et son entourage proche ; élément fondamental de l’intrigue. Chaque chapitre met en scène Bras à un moment important de sa vie. Graphiquement, c’est agréable à l’œil. Coloré, fluide et parfaitement mis en scène, le trait personnel des auteurs apporte un vrai plus à l’album. Daytripper est un beau roman graphique, sensible et intelligent. Une belle découverte.
Universal War Two
Le retour du space opéra de ces dernières années! Nous ne sommes pas couchés puisque D. Bajram a prévu en plus du cycle en cours qui comptera six tomes, un suivant d'également six tomes. Je notais qu'un autre posteur disait que UW1 n'avait pas pris une ride, certes et celui ci ne se démarquera pas. En effet au delà d'épiques batailles spatiales, de magnifiques dessins mettant en scène des vaisseaux, des bâtiments, une architecture fabuleuse, que nous conte D. Bajram? Une éternelle histoire de messie qui bien au delà de nos convictions personnelles ne peut que résonner en nous car quoi que l'on fasse ou pense, nous vivons ici dans une société dont de multiples aspects sont liés ou influencés par la culture judéo-chrétienne. Celle-ci, comme chacun sait, met en avant, entre autres, la notion de messie, de sauveur. Dans UW2, du moins dans ces deux premier tomes, il me semble que nous sommes en plein dedans. Quelle lecture ce doit être alors? Bien évidemment personne n'est obligé d'en faire ce type de lecture (pour cela il y a éventuellement le forum), mais je trouvais que c'était suffisamment prégnant pour en faire la remarque. J'irai voir la suite avec intérêt ne serait ce que pour le dessin de D. Bajram qui gagne en maturité donc en excellence. Majoration après parution du tome 3 A l'occasion de la sortie de ce troisième tome j'ai eu envie de me replonger dans UW1, puis de relire les deux premiers tomes de UW2. Mon sentiment envers les deux cycles a donc changé et je réévalue ma note initiale. Sans doute est ce également lié au fait qu'il y a peu j'ai rencontré l'auteur et la discussion qui s'en est suivi a bien sûr contribué à ce nouveau regard sur les deux séries. Mais pas que!! Outre le fait qu'effectivement D. Bajram est un monsieur fort sympathique qui a des choses à dire sur son métier, cette relecture m'a permis de voir des choses qui m'avaient échappé auparavant. En premier lieu la maestria graphique, qu'elle soit informatique ou plus traditionnelle, offre des planches d'une grande virtuosité et comme l'auteur s'en explique à la fin de ce tome 3 on peut y voir un hommage à tous les illustrateurs des romans de SF des années 70 et 80 sur lesquelles je me souviens d'avoir "bloqué" pendant de longues minutes. A l'issue de ce tome la civilisation de Canaan est sur le point de disparaitre et les rares réfugiés sont dans une situation quasi désespérée. Les évènements s'enchainent harmonieusement, c'est du grand Space Opéra digne de figurer aux côtés de romans iconiques tels Dune et autres récits de P.J. Farmer. J'invite tous les amateurs de SF à se ruer sur ces deux séries intelligentes, pleines de rebondissements et d'une haute tenue scénaristique.