De Pierre-Yves Gabrion, je ne connaissais que L'Homme de Java. C’est dire si j’ai été plus qu’étonné par cet album ! En effet, le sujet, l’intrigue et le dessin en sont très éloignés !
Une grande partie de cet album est une enquête policière classique et bien fichue, avec un trio d’enquêteurs eux aussi trainant un air de déjà-vu. Un flic, vieux routier efficace mais peu respectueux des règlements (jusqu’ici accompagné seulement de son fidèle lieutenant) se voit adjoindre une jeune stagiaire à cheval sur les procédures. On devine rapidement que cela va donner des étincelles, mais qu’ils vont finalement faire cause commune.
Du classique donc, mais vraiment bien fichu. Surtout, cette trame « réaliste » est petit à petit pimentée par de petites touches de science-fiction (on découvre une société vaguement futuriste), cette dernière se faisant plus présente vers la fin de l’album, au moment même où l’intrigue policière qui semble mettre à jour un complot, se double d’un volet politique plus ample (la naissance de cet univers post-catastrophe, de cette société « recomposée » sur de nouvelles bases trouve un début d’explication dans l’épilogue qui clôt ce tome).
Un album plutôt épais, mais qui se laisse lire facilement, et une histoire qui promet d’être conclue en deux tomes : je ne peux que vous conseiller cette série, qui sait redonner une nouvelle jeunesse à des thèmes pourtant rebattus. Pas un chef d’œuvre, mais une lecture agréable, et un achat recommandé.
Note réelle 3,5/5
3.5
Un yuri qui met en scène deux filles qui sont devenues sœurs et qui vont développer des sentiments qui vont au-delà des sentiments qu'éprouvent des sœurs normalement.
L'une des filles est totalement énergique et sans-gène alors que l'autre a été élevée dans une famille riche stricte et ne montre pas trop ses sentiments. On suit surtout l'histoire au travers de la fille pleine d'énergie et le comportement de l'autre fille est imprévisible vu qu'on voit pas trop ce qu'elle pense. L'histoire est bien faite pour le moment. Il y a du drame, mais il y aussi un peu d'humour pour détendre l'atmosphère. Les personnages sont attachants et j'ai bien envie de voir comment va finir la relation entre les deux sœurs non-liées par le sang.
Le dessin est classique pour un manga de ce genre et c'est pas mal.
Cela faisait quelque temps que je n’avais plus lu une seule œuvre d’Arleston. C’était un peu passé de mode pour moi après avoir ingurgité tout ce qui avait attrait au monde de Troy (près d’une centaine d’albums repartis sur plusieurs séries dérivées). Il est vrai que j’en avais gardé un goût amer après un départ tonitruant avec Lanfeust. La surexploitation commerciale était malheureusement passée par là.
Du coup, ce n’est pas sans une certaine appréhension que j’ai abordé la lecture de ce nouveau titre. On voit au dos de la couverture que 8 titres sont d’ores et déjà prévu. Le nom des différents albums figurent déjà. Bref, l’aspect mercantile n’a pas disparu. Au moins, on est prévenu à l’avance ! En fait, il s’agit d’une vengeance à mener contre huit individus d’où 8 albums dont 7 titres portant le nom de chacun des assassins de la famille de la pauvre héroïne. Rien de vraiment original au niveau de la trame.
Après avoir déversé toutes ces critiques négatives, on peut alors s’interroger sur le fait que j’accorde tout de même les 4 étoiles. Comment est-ce possible ? Arleston s’est tout simplement amélioré en gommant ses défauts. Au niveau du scénario, c’est la maîtrise totale. Il ne fait plus par exemple ses blagues vaseuses qui assuraient un côté bon enfant. Il y a même des moments d’émotion qui n’existaient pas jusqu’ici. Bref, ce fut un véritable plaisir de lecture. Que dire du graphisme ? Il est enchanteur car il nous plonge directement dans un autre monde. Les couleurs sont également maîtrisées.
Quand le fond et la forme se rejoignent, pourquoi alors bouder notre plaisir et ne pas reconnaître les mérites de cette œuvre ? Certes, j’aurais pu être également de mauvaise foi car c’est du Arleston. C’est sans doute signe que j’ai également changé.
Seuls ceux qui ont lu le roman de l’écrivain finlandais Arto Paasilinna pourront dire si cette adaptation est fidèle, meilleure ou moins bien que l’original. Pour moi qui ne connaissais pas cet auteur, j’ai trouvé cette lecture très plaisante. Nicolas Dumontheuil semble être au moins parvenu à restituer « l’humour doux-amer et burlesque » présent dans les récits de Paasilinna, également caractérisés par « une bonne humeur et une jovialité inhabituelles », selon les informations glanées sur le web. Quant aux personnages, ils sont « singuliers », c’est le moins qu’on puisse dire. Recette éprouvée, la rencontre d’êtres complètement opposés (une vieille Lapone nonagénaire entre autres va cohabiter avec le gangster oisif et le major bourrin) provoque quelques fou-rires contenus, car en effet, on ne rit pas à s’en décrocher les mâchoires tant cela est étrange (et à vrai dire peu crédible), au point d’en être fascinant… mais cela fonctionne, et aux adjectifs mentionnés plus haut, j’ajouterais paradoxalement le charme lié à une certaine candeur qui met un peu d’huile au milieu de ces « grincements ».
Le dessin y est peut-être aussi pour quelque chose. Est-ce ce côté cartoonesque dû à l’aspect des personnages, affublés d’yeux ronds très expressifs ? Est-ce dû à cette ligne claire vaguement hergéenne et ces petits emprunts graphiques au créateur de « Tintin et Milou » ? A un scénario simple mais parsemé de coups de théâtre cocasses, l’auteur de Qui a tué l'idiot ? accorde parfaitement ses pinceaux. A bien des égards, tant sur la forme que le fond , l’histoire évoque les Racontars de Jorn Riel, écrivain danois dont les écrits ont également été adaptés en bande dessinée, ce qui laisserait penser qu’il existe un humour scandinave, à la fois noir et burlesque…
Voilà donc à l’approche de l’hiver une bonne histoire que l’on pourrait qualifier de « thriller jovial », sans prise de tête, et bénéficiant d’une plaisante atmosphère - forestière et neigeuse –, qui donne envie de la déguster bien au chaud sous la couette. Une lecture conseillée et une BD à offrir ce Noël.
Voilà une BD pleine de fraicheur, portant un humour qui lorgne sur l'absurde mais surtout imaginatif, avec des chutes qui tombent souvent où on ne les attend pas (sur le pied droit, à l'arrêt de bus etc...).
Parce que je n'ai écrit que 2 lignes de commentaires et que ce n'est pas beaucoup je vais faire une comparaison (je me demande bien pourquoi il faut toujours écrire "un dessin qui me fait penser à machin") : Geoffroy Monde a un dessin qui me fait beaucoup penser à Brecht Evans.
Bref vous l'aurez compris, en un mot comment en cent : je vous la recommande !
Nous avons eu nos Petiot et Landru, les Etats-Unis ont eu et ont une flopée de serial killers, eh bien les Allemands ont eu Fritz Haarmann, qui a massacré 24 jeunes hommes – en débitant et vendant « leur viande ». J’avoue que je ne connaissais pas cette histoire glauque, se déroulant dans l’Allemagne de la République de Weimar, touchée par les crises politique, économique de l’après Grande guerre, dans cette année 1924 où un certain Adolf Hitler écrivait son « Mein Kampf » au fond de son cachot.
Ce qui frappe dès qu’on ouvre cet album, c’est le coup de crayon d’Isabel Kreitz, franchement excellent ! Un Noir et Blanc superbe, un trait expressionniste tout à fait adapté à la noirceur de l’histoire. C’est un réel plus pour cet album, par ailleurs captivant.
C’est que l’histoire de ce tueur est contée de manière simple, mais limpide, par petites touches, par Peter Meter, qui montre bien les multiples erreurs et compromissions des autorités policières de Hanovre, qui employaient le tueur comme informateur, le procès tentant de cacher ces dysfonctionnements.
Enfin, les auteurs ont glissé en fin d’album un important dossier, rappelant les grandes lignes de l’enquête, présentant longuement Haarmann, mais aussi les protagonistes de cette triste histoire. Ce dossier est très bien fichu, et répond aux quelques questions laissées en suspens.
C’est une réussite dont je vous recommande chaudement la lecture !
Ces fantômes qui nous guettent !
L'enfance est une période étrange, bercée par l'insouciance, mais où l'on commence à appréhender un monde inconnu qui nous paraît encore immense. Pas après pas, on apprend de nos expériences quotidiennes, assimilant ce que nos sens enregistrent. À travers Louis parmi les spectres, Fanny Britt et Isabelle Arsenault se sont intéressées à ces instants où l'on s'expose à des problématiques d'adultes...
À onze ans, Louis prend conscience de ce qui l'entoure, de la séparation de ses parents, du mal-être d'un père alcoolique pleurant à longueur de journée, d'une mère qui ne cesse de s'inquiéter pour le moindre détail, de l'obsession de son frère pour la soul américaine, et de choses propres à son âge : ses sentiments pour Billie, une camarade de classe aimant les livres et la solitude, l'amitié, la découverte de son environnement... Autant d'ectoplasmes qui tournoient autour de lui et hantent ses nuits et ses journées. S'éveillant au monde, le regard qu'il porte sur la société change... Il perd progressivement ses illusions de bambin et s'aperçoit qu'il faut une sacrée dose de courage pour grandir !
Fanny Britt nous soumet un conte attachant, rempli de tendresse. La poésie du langage est d'une candeur romantique, même si le propos traité est cruel : l'apprentissage de la vie, avec ses vicissitudes auxquelles nos aînés doivent faire face, n'est pas de tout repos ! Ce récit parle de la transition : entre deux âges, entre une mère et un père, entre ville et campagne, entre joie et déception...
Derrière ses pinceaux, d'un trait simple, fin et léger, Isabelle Arsenault livre une partition graphique parfaite. Elle saisit l'ambiance et la restitue dans ses choix de mise en page et de point de vue : des plans larges et des cases épurées pour valoriser les situations et l'emploi d'une typographie propre à chaque personnage. Bien que les planches soient principalement en noir et blanc, les couleurs, pour certaines scènes, donnent du sens à l'ensemble. Elles retranscrivent les émotions du protagoniste principal : du jaune, plus chaud, pour évoquer Billie, au bleu, plus froid, lorsqu’il s'agit des diverses apparitions.
Ils sont nombreux les spectres de l'existence, les non-dits, quelquefois à peine perceptibles, et pour les décrire, l'une a les mots, l'autre les nuances... De ce mélange résulte un album dont la lecture, addictive, fait réfléchir tout en laissant rêver !
Depuis quelques années, je lis avec amusement les péripéties de Guy Delisle, voyageur malgré lui.
Ici, le récit qu'il nous offre ne prête pas à rire.
En suivant, jour après jour le véritable récit ,sur près de 430 pages, d'un otage, celui de Christophe André, en mission humanitaire pour une ONG, Delisle aurait pu nous soumettre un livre ennuyeux. En effet, sur plusieurs pages, on a le même décor, le même cadrage je pourrai dire, mais l'histoire avance avec fluidité. On a envie de connaître la suite. En distillant les pensées du jeune otage, ses doutes, ses illusions, Guy Delisle fait un travail remarquable. On est en parfaite symbiose avec Christophe André, on a peur avec lui, on tremble avec lui, on doute avec lui. On ne peut que souligner son courage, ses moyens de s'évader mentalement grâce aux maréchaux d'Empire et aux batailles napoléoniennes.
L'humour n'est pas totalement absent de ce récit. Le personnage de Christophe est assez drôle: les surnoms donnés à ses geôliers,ses problèmes de chaussures, ses tracas quotidien viennent adoucir le drame qui se déroule sous nos yeux.
Guy Delisle indique qu'il a mis 15 ans à élaborer cet album, qu'il en soit remercié, le résultat est à la hauteur.
Un récit intimiste, intelligent sur le quotidien d'un otage,quotidien qu'ont connu certains, que connaissent sans doute d'autres (la captivité de Christophe André, en 1997,n'avait pas été dévoilé au grand public) et que malheureusement, dans le monde chaotique que nous vivons, se reproduira sans doute pour d'autres hommes.
C'est actuellement à la mode de faire référence à une série mère dans des produits dérivés du genre le monde des nuées écarlates ou le monde de Thorgal. Pour autant, il faut dire qu'il y a un grande différence de notoriété entre les deux. Pour autant, cette série n'a rien à envier aux autres.
Tout d'abord, le graphisme est l'un des plus beaux qu'il m'ait été donné de voir. C'est du grand art dans les décors et dans les personnages. Les Izunas sont de belles mais redoutables créatures.
On va vivre une aventure dans un monde fantasmagorique du Japon ancien avec un couple de héros attachants. On est littéralement envoûté tant c'est d'une beauté extraordinaire. Les couleurs sont éclatantes pour un rendu visuel au-delà de ce qu'on peut espérer. Une véritable claque !
Lorsque le scénario tient la route et qu'il est accouplé avec ce magnifique graphisme, cela ne peut que me plaire. Il reste juste à faire découvrir le talent de cet auteur hors norme. Par conséquent, voilà un conte onirique à lire de toute urgence.
Ce n'est pas un bête "Franchement bien" d'un inconditionnel d'Hermann. Quel étonnement de ma part quand j'ai lu l'avis précédent : quoi Hermann aurait déchu à ce point, le scénario de son fils serait maladroitement pompé sur d'anciennes histoire de la série Jeremiah?
Pour moi c'est tout le contraire qui se produit. Depuis quelques années, que se soit avec Jeremiah ou d'autres one shot, je trouvais qu'Hermann se laissait aller à une certaine facilité, abandonnant au passage ce qui faisait tout le sel des premiers numéros de la série susnommée, à savoir une véritable ambiance toute de déglingue d'un monde post apocalyptique avec des éléments proches de l'absurde et des personnages énigmatiques comme celui de "Un hiver de clown", dont au passage les traits sont inspirés par le visage de Georges Marchais.
Alors ici oui c'est l'ambiance qui prime. Personnellement cela ne me gêne pas, bien au contraire, que la majorité des décors soit nappée dans le brouillard, cela permet justement de faire ressortir chez les personnages ce côté mystérieux et angoissant.
Il faut, en lisant cette BD, accepter de se laisser prendre, embarquer dans un monde sans certitude où le glauque règne en maître (voir le personnage sans bras ni jambes qui prend son bain entouré de créatures... comment les qualifier...).
Je me souviens d'une conversation avec Hermann où nous évoquions le fait que justement Jeremiah et Kurdy ronronnaient et que les autres histoires auraient pu se passer n'importe où. Quelle réponse ! Je suis fan. Décidément le vieux sanglier ardennais possède toujours ses défenses et son dessin est à mes yeux toujours aussi efficace. Finalement la question n'est pas tant de dire que Hermann fait du Hermann - au fait que voudrions-nous qu'il fasse ? Dans cette histoire, il revient pour moi au niveau d'anciens albums qui justifient amplement son prix de l'an passé à Angoulême.
Bien évidement à lire et à faire tourner !
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Karma City
De Pierre-Yves Gabrion, je ne connaissais que L'Homme de Java. C’est dire si j’ai été plus qu’étonné par cet album ! En effet, le sujet, l’intrigue et le dessin en sont très éloignés ! Une grande partie de cet album est une enquête policière classique et bien fichue, avec un trio d’enquêteurs eux aussi trainant un air de déjà-vu. Un flic, vieux routier efficace mais peu respectueux des règlements (jusqu’ici accompagné seulement de son fidèle lieutenant) se voit adjoindre une jeune stagiaire à cheval sur les procédures. On devine rapidement que cela va donner des étincelles, mais qu’ils vont finalement faire cause commune. Du classique donc, mais vraiment bien fichu. Surtout, cette trame « réaliste » est petit à petit pimentée par de petites touches de science-fiction (on découvre une société vaguement futuriste), cette dernière se faisant plus présente vers la fin de l’album, au moment même où l’intrigue policière qui semble mettre à jour un complot, se double d’un volet politique plus ample (la naissance de cet univers post-catastrophe, de cette société « recomposée » sur de nouvelles bases trouve un début d’explication dans l’épilogue qui clôt ce tome). Un album plutôt épais, mais qui se laisse lire facilement, et une histoire qui promet d’être conclue en deux tomes : je ne peux que vous conseiller cette série, qui sait redonner une nouvelle jeunesse à des thèmes pourtant rebattus. Pas un chef d’œuvre, mais une lecture agréable, et un achat recommandé. Note réelle 3,5/5
Citrus
3.5 Un yuri qui met en scène deux filles qui sont devenues sœurs et qui vont développer des sentiments qui vont au-delà des sentiments qu'éprouvent des sœurs normalement. L'une des filles est totalement énergique et sans-gène alors que l'autre a été élevée dans une famille riche stricte et ne montre pas trop ses sentiments. On suit surtout l'histoire au travers de la fille pleine d'énergie et le comportement de l'autre fille est imprévisible vu qu'on voit pas trop ce qu'elle pense. L'histoire est bien faite pour le moment. Il y a du drame, mais il y aussi un peu d'humour pour détendre l'atmosphère. Les personnages sont attachants et j'ai bien envie de voir comment va finir la relation entre les deux sœurs non-liées par le sang. Le dessin est classique pour un manga de ce genre et c'est pas mal.
Sangre
Cela faisait quelque temps que je n’avais plus lu une seule œuvre d’Arleston. C’était un peu passé de mode pour moi après avoir ingurgité tout ce qui avait attrait au monde de Troy (près d’une centaine d’albums repartis sur plusieurs séries dérivées). Il est vrai que j’en avais gardé un goût amer après un départ tonitruant avec Lanfeust. La surexploitation commerciale était malheureusement passée par là. Du coup, ce n’est pas sans une certaine appréhension que j’ai abordé la lecture de ce nouveau titre. On voit au dos de la couverture que 8 titres sont d’ores et déjà prévu. Le nom des différents albums figurent déjà. Bref, l’aspect mercantile n’a pas disparu. Au moins, on est prévenu à l’avance ! En fait, il s’agit d’une vengeance à mener contre huit individus d’où 8 albums dont 7 titres portant le nom de chacun des assassins de la famille de la pauvre héroïne. Rien de vraiment original au niveau de la trame. Après avoir déversé toutes ces critiques négatives, on peut alors s’interroger sur le fait que j’accorde tout de même les 4 étoiles. Comment est-ce possible ? Arleston s’est tout simplement amélioré en gommant ses défauts. Au niveau du scénario, c’est la maîtrise totale. Il ne fait plus par exemple ses blagues vaseuses qui assuraient un côté bon enfant. Il y a même des moments d’émotion qui n’existaient pas jusqu’ici. Bref, ce fut un véritable plaisir de lecture. Que dire du graphisme ? Il est enchanteur car il nous plonge directement dans un autre monde. Les couleurs sont également maîtrisées. Quand le fond et la forme se rejoignent, pourquoi alors bouder notre plaisir et ne pas reconnaître les mérites de cette œuvre ? Certes, j’aurais pu être également de mauvaise foi car c’est du Arleston. C’est sans doute signe que j’ai également changé.
La Forêt des Renards Pendus
Seuls ceux qui ont lu le roman de l’écrivain finlandais Arto Paasilinna pourront dire si cette adaptation est fidèle, meilleure ou moins bien que l’original. Pour moi qui ne connaissais pas cet auteur, j’ai trouvé cette lecture très plaisante. Nicolas Dumontheuil semble être au moins parvenu à restituer « l’humour doux-amer et burlesque » présent dans les récits de Paasilinna, également caractérisés par « une bonne humeur et une jovialité inhabituelles », selon les informations glanées sur le web. Quant aux personnages, ils sont « singuliers », c’est le moins qu’on puisse dire. Recette éprouvée, la rencontre d’êtres complètement opposés (une vieille Lapone nonagénaire entre autres va cohabiter avec le gangster oisif et le major bourrin) provoque quelques fou-rires contenus, car en effet, on ne rit pas à s’en décrocher les mâchoires tant cela est étrange (et à vrai dire peu crédible), au point d’en être fascinant… mais cela fonctionne, et aux adjectifs mentionnés plus haut, j’ajouterais paradoxalement le charme lié à une certaine candeur qui met un peu d’huile au milieu de ces « grincements ». Le dessin y est peut-être aussi pour quelque chose. Est-ce ce côté cartoonesque dû à l’aspect des personnages, affublés d’yeux ronds très expressifs ? Est-ce dû à cette ligne claire vaguement hergéenne et ces petits emprunts graphiques au créateur de « Tintin et Milou » ? A un scénario simple mais parsemé de coups de théâtre cocasses, l’auteur de Qui a tué l'idiot ? accorde parfaitement ses pinceaux. A bien des égards, tant sur la forme que le fond , l’histoire évoque les Racontars de Jorn Riel, écrivain danois dont les écrits ont également été adaptés en bande dessinée, ce qui laisserait penser qu’il existe un humour scandinave, à la fois noir et burlesque… Voilà donc à l’approche de l’hiver une bonne histoire que l’on pourrait qualifier de « thriller jovial », sans prise de tête, et bénéficiant d’une plaisante atmosphère - forestière et neigeuse –, qui donne envie de la déguster bien au chaud sous la couette. Une lecture conseillée et une BD à offrir ce Noël.
De rien
Voilà une BD pleine de fraicheur, portant un humour qui lorgne sur l'absurde mais surtout imaginatif, avec des chutes qui tombent souvent où on ne les attend pas (sur le pied droit, à l'arrêt de bus etc...). Parce que je n'ai écrit que 2 lignes de commentaires et que ce n'est pas beaucoup je vais faire une comparaison (je me demande bien pourquoi il faut toujours écrire "un dessin qui me fait penser à machin") : Geoffroy Monde a un dessin qui me fait beaucoup penser à Brecht Evans. Bref vous l'aurez compris, en un mot comment en cent : je vous la recommande !
Haarmann - Le Boucher de Hanovre
Nous avons eu nos Petiot et Landru, les Etats-Unis ont eu et ont une flopée de serial killers, eh bien les Allemands ont eu Fritz Haarmann, qui a massacré 24 jeunes hommes – en débitant et vendant « leur viande ». J’avoue que je ne connaissais pas cette histoire glauque, se déroulant dans l’Allemagne de la République de Weimar, touchée par les crises politique, économique de l’après Grande guerre, dans cette année 1924 où un certain Adolf Hitler écrivait son « Mein Kampf » au fond de son cachot. Ce qui frappe dès qu’on ouvre cet album, c’est le coup de crayon d’Isabel Kreitz, franchement excellent ! Un Noir et Blanc superbe, un trait expressionniste tout à fait adapté à la noirceur de l’histoire. C’est un réel plus pour cet album, par ailleurs captivant. C’est que l’histoire de ce tueur est contée de manière simple, mais limpide, par petites touches, par Peter Meter, qui montre bien les multiples erreurs et compromissions des autorités policières de Hanovre, qui employaient le tueur comme informateur, le procès tentant de cacher ces dysfonctionnements. Enfin, les auteurs ont glissé en fin d’album un important dossier, rappelant les grandes lignes de l’enquête, présentant longuement Haarmann, mais aussi les protagonistes de cette triste histoire. Ce dossier est très bien fichu, et répond aux quelques questions laissées en suspens. C’est une réussite dont je vous recommande chaudement la lecture !
Louis parmi les spectres
Ces fantômes qui nous guettent ! L'enfance est une période étrange, bercée par l'insouciance, mais où l'on commence à appréhender un monde inconnu qui nous paraît encore immense. Pas après pas, on apprend de nos expériences quotidiennes, assimilant ce que nos sens enregistrent. À travers Louis parmi les spectres, Fanny Britt et Isabelle Arsenault se sont intéressées à ces instants où l'on s'expose à des problématiques d'adultes... À onze ans, Louis prend conscience de ce qui l'entoure, de la séparation de ses parents, du mal-être d'un père alcoolique pleurant à longueur de journée, d'une mère qui ne cesse de s'inquiéter pour le moindre détail, de l'obsession de son frère pour la soul américaine, et de choses propres à son âge : ses sentiments pour Billie, une camarade de classe aimant les livres et la solitude, l'amitié, la découverte de son environnement... Autant d'ectoplasmes qui tournoient autour de lui et hantent ses nuits et ses journées. S'éveillant au monde, le regard qu'il porte sur la société change... Il perd progressivement ses illusions de bambin et s'aperçoit qu'il faut une sacrée dose de courage pour grandir ! Fanny Britt nous soumet un conte attachant, rempli de tendresse. La poésie du langage est d'une candeur romantique, même si le propos traité est cruel : l'apprentissage de la vie, avec ses vicissitudes auxquelles nos aînés doivent faire face, n'est pas de tout repos ! Ce récit parle de la transition : entre deux âges, entre une mère et un père, entre ville et campagne, entre joie et déception... Derrière ses pinceaux, d'un trait simple, fin et léger, Isabelle Arsenault livre une partition graphique parfaite. Elle saisit l'ambiance et la restitue dans ses choix de mise en page et de point de vue : des plans larges et des cases épurées pour valoriser les situations et l'emploi d'une typographie propre à chaque personnage. Bien que les planches soient principalement en noir et blanc, les couleurs, pour certaines scènes, donnent du sens à l'ensemble. Elles retranscrivent les émotions du protagoniste principal : du jaune, plus chaud, pour évoquer Billie, au bleu, plus froid, lorsqu’il s'agit des diverses apparitions. Ils sont nombreux les spectres de l'existence, les non-dits, quelquefois à peine perceptibles, et pour les décrire, l'une a les mots, l'autre les nuances... De ce mélange résulte un album dont la lecture, addictive, fait réfléchir tout en laissant rêver !
S'enfuir
Depuis quelques années, je lis avec amusement les péripéties de Guy Delisle, voyageur malgré lui. Ici, le récit qu'il nous offre ne prête pas à rire. En suivant, jour après jour le véritable récit ,sur près de 430 pages, d'un otage, celui de Christophe André, en mission humanitaire pour une ONG, Delisle aurait pu nous soumettre un livre ennuyeux. En effet, sur plusieurs pages, on a le même décor, le même cadrage je pourrai dire, mais l'histoire avance avec fluidité. On a envie de connaître la suite. En distillant les pensées du jeune otage, ses doutes, ses illusions, Guy Delisle fait un travail remarquable. On est en parfaite symbiose avec Christophe André, on a peur avec lui, on tremble avec lui, on doute avec lui. On ne peut que souligner son courage, ses moyens de s'évader mentalement grâce aux maréchaux d'Empire et aux batailles napoléoniennes. L'humour n'est pas totalement absent de ce récit. Le personnage de Christophe est assez drôle: les surnoms donnés à ses geôliers,ses problèmes de chaussures, ses tracas quotidien viennent adoucir le drame qui se déroule sous nos yeux. Guy Delisle indique qu'il a mis 15 ans à élaborer cet album, qu'il en soit remercié, le résultat est à la hauteur. Un récit intimiste, intelligent sur le quotidien d'un otage,quotidien qu'ont connu certains, que connaissent sans doute d'autres (la captivité de Christophe André, en 1997,n'avait pas été dévoilé au grand public) et que malheureusement, dans le monde chaotique que nous vivons, se reproduira sans doute pour d'autres hommes.
La Légende des nuées écarlates - Izunas
C'est actuellement à la mode de faire référence à une série mère dans des produits dérivés du genre le monde des nuées écarlates ou le monde de Thorgal. Pour autant, il faut dire qu'il y a un grande différence de notoriété entre les deux. Pour autant, cette série n'a rien à envier aux autres. Tout d'abord, le graphisme est l'un des plus beaux qu'il m'ait été donné de voir. C'est du grand art dans les décors et dans les personnages. Les Izunas sont de belles mais redoutables créatures. On va vivre une aventure dans un monde fantasmagorique du Japon ancien avec un couple de héros attachants. On est littéralement envoûté tant c'est d'une beauté extraordinaire. Les couleurs sont éclatantes pour un rendu visuel au-delà de ce qu'on peut espérer. Une véritable claque ! Lorsque le scénario tient la route et qu'il est accouplé avec ce magnifique graphisme, cela ne peut que me plaire. Il reste juste à faire découvrir le talent de cet auteur hors norme. Par conséquent, voilà un conte onirique à lire de toute urgence.
Le Passeur (Hermann/Yves H.)
Ce n'est pas un bête "Franchement bien" d'un inconditionnel d'Hermann. Quel étonnement de ma part quand j'ai lu l'avis précédent : quoi Hermann aurait déchu à ce point, le scénario de son fils serait maladroitement pompé sur d'anciennes histoire de la série Jeremiah? Pour moi c'est tout le contraire qui se produit. Depuis quelques années, que se soit avec Jeremiah ou d'autres one shot, je trouvais qu'Hermann se laissait aller à une certaine facilité, abandonnant au passage ce qui faisait tout le sel des premiers numéros de la série susnommée, à savoir une véritable ambiance toute de déglingue d'un monde post apocalyptique avec des éléments proches de l'absurde et des personnages énigmatiques comme celui de "Un hiver de clown", dont au passage les traits sont inspirés par le visage de Georges Marchais. Alors ici oui c'est l'ambiance qui prime. Personnellement cela ne me gêne pas, bien au contraire, que la majorité des décors soit nappée dans le brouillard, cela permet justement de faire ressortir chez les personnages ce côté mystérieux et angoissant. Il faut, en lisant cette BD, accepter de se laisser prendre, embarquer dans un monde sans certitude où le glauque règne en maître (voir le personnage sans bras ni jambes qui prend son bain entouré de créatures... comment les qualifier...). Je me souviens d'une conversation avec Hermann où nous évoquions le fait que justement Jeremiah et Kurdy ronronnaient et que les autres histoires auraient pu se passer n'importe où. Quelle réponse ! Je suis fan. Décidément le vieux sanglier ardennais possède toujours ses défenses et son dessin est à mes yeux toujours aussi efficace. Finalement la question n'est pas tant de dire que Hermann fait du Hermann - au fait que voudrions-nous qu'il fasse ? Dans cette histoire, il revient pour moi au niveau d'anciens albums qui justifient amplement son prix de l'an passé à Angoulême. Bien évidement à lire et à faire tourner !