Avec un titre pareil et une telle couverture, on croit que c’est un personnage féminin qui mérite d’être tuée et on se pose des questions sur ce qu’elle a pu bien faire. Cependant, ce titre intrigant est une vraie fausse piste. De toute façon, les dés seront vite jetés dès le début par une théorie qui sera mise en pratique. Il est vrai que la série « Quintett » avait déjà exploité ce filon intéressant. Bref, on connaîtra très vite la signification du titre.
La série est agréable à lire. On est vite happé par ce récit qui se déroule à Vienne en 1900. On sent presque l’empreinte de Sigmund Freud. Cependant, je regrette que le personnage principal, jeune et naïf à la fois, bascule aussi vite du côté obscur puisque c’est de cela dont il s’agit. On aurait aimé voir une progression dans le changement de comportement. Cela apparaît trop artificiel pour être crédible.
Néanmoins, comme dit, il s’agit du genre d’histoire un peu sordide que j’aime bien lire même avec ce côté un peu hollywoodien. On suivra celle-ci avec plaisir en espérant que cela gagne en intensité maintenant qu’on a fait connaissance avec les différents protagonistes. Mention spéciale pour Alec, ce riche perverti par le cynisme. On évolue dans une société injuste car dominé par le pouvoir de l'argent.
Le second tome semble être celui de la transition. On avait déjà compris dans le tome précédent que c'était bien la fin de l'innocence. La descente aux enfers se poursuit pour Victor. Je n'arrive pas à comprendre qui s'en prend à son ami et à sa famille ainsi que les raisons. Il y a comme un flou quant à l'apparition de cette nouvelle menace. Il est question également de racisme avec la haine du juif. Bref, on sombre totalement dans une Vienne, capitale d'un empire en pleine effervescence. Pourtant, il semble y avoir les prémices d'une future rédemption concernant Victor.
Lupano est au sommet de son art. Corboz se débrouille très bien au dessin. Bref, c'est une très bonne série. Je maintiens le 4 étoiles et j'attends la suite avec impatience. Le final aura lieu dans le 4ème tome qui sera bien entendu à la hauteur de nos espérances. C'est un beau drame romantique dans une époque trouble où l'anarchie se dispute avec le capitalisme le plus outrancier. L'auteur a réussi à bien entendu réussi son pari dans l'art de la manipulation. La direction prise sera d'ailleurs très surprenante. Il faudra certes passer sur une petite touche d'amoralité. La mode est pourtant au retour des valeurs traditionnelles... :P
Yoshiaki Maeda, un jeune lycéen de 16 ans, est accusé à tort du meurtre d’un agent de police. Il est enfermé pour une durée indéterminée dans une maison de correction, la Shôran Academy. Personne ne croit qu'il est innocent. Personnellement, je crois que cette situation est déjà en soi peu crédible. Mais bon, passons !
Il rencontre ses compagnons de cellule, Masafumi, Iwakura et Noiman, tous plus agressifs les uns que les autres malgré leur jeune âge. Alors qu’il découvre avec horreur l’univers carcéral, violent et impitoyable, des zombies font irruption dans la maison de correction. La descente aux enfers commence pour les détenus, qui ont plutôt intérêt à se serrer les coudes s’ils veulent survivre ! Bref, nous avons là un manga survival d'un monde dévasté par les zombies.
On se croirait presque dans Walking Dead et les épisodes de la prison. Mais visiblement, dans ce manga très actuel, on n'emploie pas le mot zombie. On dit que ces êtres ont été contaminés par un virus et qu'ils ne sont plus humains. Je dois bien avouer que pour l'instant, c'est l'un des meilleurs mangas consacrés aux zombies tant les autres titres ont été plutôt décevants.
Un dessin alléchant et un scénario plein d'action pour un maximum de lecture divertissement. A noter qu'il n'y aura pas de japoniaiserie entre les scènes d'action. Cela mérite d'être souligné tant cette situation est rare. Cela donne en tout cas du cachet à ce seinen.
Je ne me contente pas de multiplier le nombre de manga pour faire une soi-disant course en tête afin d'assurer une suprématie sur le genre. Il faut également bien suivre ce que l'on avise et que l'on a bien aimé pour voir si le mouvement se confirme. C'est bien le cas avec ce titre qui est déjà à son 8ème tome et bientôt 9 et qui a même dépassé nos espérances de départ. Le rythme de parution est fort rapide ce qui me change d'autres titres qui paraissent malheureusement une fois l'an et encore. En tout cas, les fans de zombie vont adorer car cela apporte une nouveauté.
3.5
J'ai enfin lu les histoires qui ont rendu Millar célèbre. J'ai lu l'intégrale paru chez Panini qui reprend les 3 histoires écrites par Millar. Je n'ai donc pas lu les épisodes avec l'autre scénariste et franchement je n'ai pas trop envie de les lire.
J'ai bien aimé les trois histoires bien que je comprenne que certains n'aiment pas la dernière qui met en vedette de nouveaux personnages. Comme souvent avec Millar on retrouve de l'action et de l'humour politiquement incorrect. C'est du comics de pur divertissement rempli de bonnes idées. Les personnages sont pas mal et certains ont des pouvoirs intéressants. La narration est fluide et j'ai eu l'impression que cette intégrale se lisait rapidement pour un album de 300 pages.
C'est donc à lire si on est fan de Mark Millar. En revanche, si vous êtres allergiques à son style c'est clair que vous allez retrouver tout ce que vous détestez chez lui.
Voilà un album assez épais (environ 350 pages quand même !), plutôt étrange, inclassable, et difficile à appréhender.
D’abord le côté graphique. Avec un trait brouillon, simple, auquel je me suis fait à la longue, pour lui reconnaître de réelles qualités poétiques. Proche de Gipi je trouve, mais en Noir et Blanc.
L’histoire aussi est à la fois originale et difficile d’accès, mais offre un intérêt qui ne s’émousse pas. On y suit les relations de gamins d’une banlieue ouvrière italienne, qui passent leur temps à jouer au football, à singer les tics, surnoms et attitudes des « vrais » footballeurs du Calcio. On y découvre le désœuvrement de ces jeunes, leurs rêves, et la rudesse, la violence de leurs relations.
Et puis, omniprésente, il y a l’usine très proche, qui « fait vivre » les gens du coin, en étant le premier employeur. Mais qui les fait mourir aussi. Par des accidents de travail. Mais aussi et surtout par la pollution (de l’air, des sols, des rivières). La catastrophe est plus d’une fois pressentie, épée de Damoclès sur les habitants et le récit, au point que ma seule déception est de ne pas avoir senti de fin très claire à ce propos.
A noter que si l’album est très épais, il se lit relativement vite, car beaucoup de planches sont muettes. Et que les dialogues sont peu nombreux, souvent brefs. Quelques passages décorent la triste réalité (Théodoric sur son cheval !), quelques dialogues ou commentaires eux-aussi poétiques fluidifient la lecture (même si certains lecteurs seront peut-être rebutés par ces artifices).
Album à découvrir (mais à feuilleter avant d’envisager un achat).
Note réelle 3,5/5.
Un des derniers slasher de Christophe Bec sans surprise. Comme à son habitude le postulat de départ est accrocheur avec l'île paradisiaque, les perso cliches (mais efficaces), les éléments horrifiques apparaissent petit a petit, et on bascule tranquillement dans l'horreur de l'endroit où les protagonistes se trouvent, dont on sait que personne ne sortira indemne.
A noter que le dessin de Bernard Khattou est de bonne facture.
Je suis extrêmement dubitatif après ma lecture des quatre tomes de cette série dont on ne peut nier l'originalité scénaristique ou picturale.
Je dois préciser également que je ne connais pas le roman éponyme et je me tâte fortement pour aller y jeter un coup d’œil, je ne pourrais donc dire si l'adaptation est fidèle ou non. Si elle est fidèle alors il doit falloir s'accrocher et surtout jongler, adapter son esprit au deux univers radicalement opposés qui nous sont proposés. D'un côté l'inquisition espagnole du XVI éme siècle, de l'autre un monde futuriste ou les vaisseaux se déplacent dans l"espace grâce aux psychisme des pilotes.
Grand écart vous dis je, j'avoue que le premier changement d'univers m'a complétement déstabilisé et j'ai mis du temps à m'y retrouver. Une fois dans le truc tout c'est bien passé et l'auteur, malin tisse un réseau de fils qui d'une intrigue à l'autre se répondent.
Concernant le dessin je ne connaissais pas cet auteur D.Sala. Le garçon est bluffant, tantôt imprécis dans son trait et rendant de fait une planche un peu embrouillée, il passe quelques cases plus loin à un trait net et acéré. L'impression finale est curieuse mais non dénuée d’intérêt grâce à une colorisation très maitrisée.
Au final, et bien je suis assez fan, c'est une BD exigeante oscillant entre SF et fantastique, je n'invite pas à l'achat dans un premier temps car à mon avis une lecture en bibliothèque s'impose avant de sauter le pas, quoiqu'il en soit j'irais voir les autres histoires de ce dessinateur atypique mais intéressant.
Et si on avait des enquêtes à la sauce Sherlock Holmes, pour pré-adolescentes ?
C'est l'idée de départ de Nancy Springer, auteure américaine, qui a fait d'Enola, petite soeur -tardive- de Mycroft et Sherlock, son héroïne. Débrouillarde, rusée, sa première enquête va en fait être la disparition inopinée de sa mère, laquelle laisse ses frères quasi indifférents. Elle va utiliser les indices laissés par sa génitrice afin de suivre sa trace...
Dans le deuxième tome une nouvelle enquête s'offre à elle, qu'elle va résoudre un peu trop facilement à mon goût, même si les personnages s'épaississent un peu, et qu'elle s'aguerrit. Dans le troisième elle va devoir enquêter sur une disparition vraiment inattendue, et qui va l'amener plus près de ses frères qu'elle ne le pensait au départ. Encore une fois le langage des fleurs est au centre de l'intrigue, et l'adaptatrice va s'en tirer haut la main.
Bien sûr, Enola va avoir de la chance, faire les bonnes rencontres, mais elle va côtoyer de près le Londres d'en bas. Une dose de réalisme ne peut pas faire de mal et proposer une histoire vraiment agréable à suivre.
Serena Blasco fait partie du Gottferdom Studio (avec Arleston, Bianco, etc.) et nous livre là sa première série. Son découpage est de bonne facture, sa narration me semble-t-il bien réalisée. Son dessin, proche de celui de Johanna, manque quant à lui encore de maîtrise. Le tome 2, sorti 8 mois après le premier, ne lui permet pas de faire de grands progrès, sauf sur les personnages.
Malgré un graphisme encore hésitant, cette adaptation des romans de Nancy Springer me semble démarrer sous de bons auspices, et ravira les admiratrices en herbe du détective de Baker Street.
Voilà un récit d’aventure plutôt bien mené, dans le contexte de la lutte pour la décolonisation des Indes néerlandaises, dans l’immédiat après-guerre.
L’atmosphère de cette période est assez bien rendue, avec des autorités coloniales qui se braquent, des troupes envoyées de métropoles employant des méthodes ultra violentes dans un sentiment d’impunité imbibé de racisme (mais d’autant plus inacceptables que les Pays-Bas sortent tout juste de l’occupation nazie) : la France connaîtra la même chose quelques années plus tard en Algérie – avec les mêmes résultats d’ailleurs.
Au milieu de ces luttes armées, Peter Van Dongen a réussi à insérer quelques personnages clés, emportés par les flots de l’Histoire. Cela se laisse lire (même si, essentiellement dans le premier tome, plusieurs bulles « mal attribuées » gênent la lecture).
Le dessin – une ligne claire classique –, est franchement bon, et la colorisation assez originale, habille agréablement ce diptyque d’aventure qui mérite mieux que le relatif anonymat où il semble végéter.
Note réelle 3,5/5.
Pas grand chose à ajouter à l'excellente critique précédente si ce n'est que ça change agréablement de lire un shonen "en français dans le texte" et en plus bien écrit (comparé aux mangas traduits du japonais - ou pire traduits de l'anglais traduit du japonais - où il y a forcément de la perte, notamment au niveau de l'humour).
Je mets 4 étoiles car il n'y pas de réels défauts pour le moment (à part un début très cliché shonen).
EDIT: une reconnaissance certaines de ses qualités de shonen "fait comme là-bas" : Radiant a réussit le double exploit d'être le premier manga français édité au Japon et dans la foulée le premier adapté en animation par les Japonais !
De Pierre-Yves Gabrion, je ne connaissais que L'Homme de Java. C’est dire si j’ai été plus qu’étonné par cet album ! En effet, le sujet, l’intrigue et le dessin en sont très éloignés !
Une grande partie de cet album est une enquête policière classique et bien fichue, avec un trio d’enquêteurs eux aussi trainant un air de déjà-vu. Un flic, vieux routier efficace mais peu respectueux des règlements (jusqu’ici accompagné seulement de son fidèle lieutenant) se voit adjoindre une jeune stagiaire à cheval sur les procédures. On devine rapidement que cela va donner des étincelles, mais qu’ils vont finalement faire cause commune.
Du classique donc, mais vraiment bien fichu. Surtout, cette trame « réaliste » est petit à petit pimentée par de petites touches de science-fiction (on découvre une société vaguement futuriste), cette dernière se faisant plus présente vers la fin de l’album, au moment même où l’intrigue policière qui semble mettre à jour un complot, se double d’un volet politique plus ample (la naissance de cet univers post-catastrophe, de cette société « recomposée » sur de nouvelles bases trouve un début d’explication dans l’épilogue qui clôt ce tome).
Un album plutôt épais, mais qui se laisse lire facilement, et une histoire qui promet d’être conclue en deux tomes : je ne peux que vous conseiller cette série, qui sait redonner une nouvelle jeunesse à des thèmes pourtant rebattus. Pas un chef d’œuvre, mais une lecture agréable, et un achat recommandé.
Note réelle 3,5/5
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L'Assassin qu'elle mérite
Avec un titre pareil et une telle couverture, on croit que c’est un personnage féminin qui mérite d’être tuée et on se pose des questions sur ce qu’elle a pu bien faire. Cependant, ce titre intrigant est une vraie fausse piste. De toute façon, les dés seront vite jetés dès le début par une théorie qui sera mise en pratique. Il est vrai que la série « Quintett » avait déjà exploité ce filon intéressant. Bref, on connaîtra très vite la signification du titre. La série est agréable à lire. On est vite happé par ce récit qui se déroule à Vienne en 1900. On sent presque l’empreinte de Sigmund Freud. Cependant, je regrette que le personnage principal, jeune et naïf à la fois, bascule aussi vite du côté obscur puisque c’est de cela dont il s’agit. On aurait aimé voir une progression dans le changement de comportement. Cela apparaît trop artificiel pour être crédible. Néanmoins, comme dit, il s’agit du genre d’histoire un peu sordide que j’aime bien lire même avec ce côté un peu hollywoodien. On suivra celle-ci avec plaisir en espérant que cela gagne en intensité maintenant qu’on a fait connaissance avec les différents protagonistes. Mention spéciale pour Alec, ce riche perverti par le cynisme. On évolue dans une société injuste car dominé par le pouvoir de l'argent. Le second tome semble être celui de la transition. On avait déjà compris dans le tome précédent que c'était bien la fin de l'innocence. La descente aux enfers se poursuit pour Victor. Je n'arrive pas à comprendre qui s'en prend à son ami et à sa famille ainsi que les raisons. Il y a comme un flou quant à l'apparition de cette nouvelle menace. Il est question également de racisme avec la haine du juif. Bref, on sombre totalement dans une Vienne, capitale d'un empire en pleine effervescence. Pourtant, il semble y avoir les prémices d'une future rédemption concernant Victor. Lupano est au sommet de son art. Corboz se débrouille très bien au dessin. Bref, c'est une très bonne série. Je maintiens le 4 étoiles et j'attends la suite avec impatience. Le final aura lieu dans le 4ème tome qui sera bien entendu à la hauteur de nos espérances. C'est un beau drame romantique dans une époque trouble où l'anarchie se dispute avec le capitalisme le plus outrancier. L'auteur a réussi à bien entendu réussi son pari dans l'art de la manipulation. La direction prise sera d'ailleurs très surprenante. Il faudra certes passer sur une petite touche d'amoralité. La mode est pourtant au retour des valeurs traditionnelles... :P
Fortress of apocalypse
Yoshiaki Maeda, un jeune lycéen de 16 ans, est accusé à tort du meurtre d’un agent de police. Il est enfermé pour une durée indéterminée dans une maison de correction, la Shôran Academy. Personne ne croit qu'il est innocent. Personnellement, je crois que cette situation est déjà en soi peu crédible. Mais bon, passons ! Il rencontre ses compagnons de cellule, Masafumi, Iwakura et Noiman, tous plus agressifs les uns que les autres malgré leur jeune âge. Alors qu’il découvre avec horreur l’univers carcéral, violent et impitoyable, des zombies font irruption dans la maison de correction. La descente aux enfers commence pour les détenus, qui ont plutôt intérêt à se serrer les coudes s’ils veulent survivre ! Bref, nous avons là un manga survival d'un monde dévasté par les zombies. On se croirait presque dans Walking Dead et les épisodes de la prison. Mais visiblement, dans ce manga très actuel, on n'emploie pas le mot zombie. On dit que ces êtres ont été contaminés par un virus et qu'ils ne sont plus humains. Je dois bien avouer que pour l'instant, c'est l'un des meilleurs mangas consacrés aux zombies tant les autres titres ont été plutôt décevants. Un dessin alléchant et un scénario plein d'action pour un maximum de lecture divertissement. A noter qu'il n'y aura pas de japoniaiserie entre les scènes d'action. Cela mérite d'être souligné tant cette situation est rare. Cela donne en tout cas du cachet à ce seinen. Je ne me contente pas de multiplier le nombre de manga pour faire une soi-disant course en tête afin d'assurer une suprématie sur le genre. Il faut également bien suivre ce que l'on avise et que l'on a bien aimé pour voir si le mouvement se confirme. C'est bien le cas avec ce titre qui est déjà à son 8ème tome et bientôt 9 et qui a même dépassé nos espérances de départ. Le rythme de parution est fort rapide ce qui me change d'autres titres qui paraissent malheureusement une fois l'an et encore. En tout cas, les fans de zombie vont adorer car cela apporte une nouveauté.
The Authority (Mark Millar)
3.5 J'ai enfin lu les histoires qui ont rendu Millar célèbre. J'ai lu l'intégrale paru chez Panini qui reprend les 3 histoires écrites par Millar. Je n'ai donc pas lu les épisodes avec l'autre scénariste et franchement je n'ai pas trop envie de les lire. J'ai bien aimé les trois histoires bien que je comprenne que certains n'aiment pas la dernière qui met en vedette de nouveaux personnages. Comme souvent avec Millar on retrouve de l'action et de l'humour politiquement incorrect. C'est du comics de pur divertissement rempli de bonnes idées. Les personnages sont pas mal et certains ont des pouvoirs intéressants. La narration est fluide et j'ai eu l'impression que cette intégrale se lisait rapidement pour un album de 300 pages. C'est donc à lire si on est fan de Mark Millar. En revanche, si vous êtres allergiques à son style c'est clair que vous allez retrouver tout ce que vous détestez chez lui.
Etat de veille
Voilà un album assez épais (environ 350 pages quand même !), plutôt étrange, inclassable, et difficile à appréhender. D’abord le côté graphique. Avec un trait brouillon, simple, auquel je me suis fait à la longue, pour lui reconnaître de réelles qualités poétiques. Proche de Gipi je trouve, mais en Noir et Blanc. L’histoire aussi est à la fois originale et difficile d’accès, mais offre un intérêt qui ne s’émousse pas. On y suit les relations de gamins d’une banlieue ouvrière italienne, qui passent leur temps à jouer au football, à singer les tics, surnoms et attitudes des « vrais » footballeurs du Calcio. On y découvre le désœuvrement de ces jeunes, leurs rêves, et la rudesse, la violence de leurs relations. Et puis, omniprésente, il y a l’usine très proche, qui « fait vivre » les gens du coin, en étant le premier employeur. Mais qui les fait mourir aussi. Par des accidents de travail. Mais aussi et surtout par la pollution (de l’air, des sols, des rivières). La catastrophe est plus d’une fois pressentie, épée de Damoclès sur les habitants et le récit, au point que ma seule déception est de ne pas avoir senti de fin très claire à ce propos. A noter que si l’album est très épais, il se lit relativement vite, car beaucoup de planches sont muettes. Et que les dialogues sont peu nombreux, souvent brefs. Quelques passages décorent la triste réalité (Théodoric sur son cheval !), quelques dialogues ou commentaires eux-aussi poétiques fluidifient la lecture (même si certains lecteurs seront peut-être rebutés par ces artifices). Album à découvrir (mais à feuilleter avant d’envisager un achat). Note réelle 3,5/5.
Bikini Atoll
Un des derniers slasher de Christophe Bec sans surprise. Comme à son habitude le postulat de départ est accrocheur avec l'île paradisiaque, les perso cliches (mais efficaces), les éléments horrifiques apparaissent petit a petit, et on bascule tranquillement dans l'horreur de l'endroit où les protagonistes se trouvent, dont on sait que personne ne sortira indemne. A noter que le dessin de Bernard Khattou est de bonne facture.
Nicolas Eymerich Inquisiteur
Je suis extrêmement dubitatif après ma lecture des quatre tomes de cette série dont on ne peut nier l'originalité scénaristique ou picturale. Je dois préciser également que je ne connais pas le roman éponyme et je me tâte fortement pour aller y jeter un coup d’œil, je ne pourrais donc dire si l'adaptation est fidèle ou non. Si elle est fidèle alors il doit falloir s'accrocher et surtout jongler, adapter son esprit au deux univers radicalement opposés qui nous sont proposés. D'un côté l'inquisition espagnole du XVI éme siècle, de l'autre un monde futuriste ou les vaisseaux se déplacent dans l"espace grâce aux psychisme des pilotes. Grand écart vous dis je, j'avoue que le premier changement d'univers m'a complétement déstabilisé et j'ai mis du temps à m'y retrouver. Une fois dans le truc tout c'est bien passé et l'auteur, malin tisse un réseau de fils qui d'une intrigue à l'autre se répondent. Concernant le dessin je ne connaissais pas cet auteur D.Sala. Le garçon est bluffant, tantôt imprécis dans son trait et rendant de fait une planche un peu embrouillée, il passe quelques cases plus loin à un trait net et acéré. L'impression finale est curieuse mais non dénuée d’intérêt grâce à une colorisation très maitrisée. Au final, et bien je suis assez fan, c'est une BD exigeante oscillant entre SF et fantastique, je n'invite pas à l'achat dans un premier temps car à mon avis une lecture en bibliothèque s'impose avant de sauter le pas, quoiqu'il en soit j'irais voir les autres histoires de ce dessinateur atypique mais intéressant.
Les Enquêtes d'Enola Holmes
Et si on avait des enquêtes à la sauce Sherlock Holmes, pour pré-adolescentes ? C'est l'idée de départ de Nancy Springer, auteure américaine, qui a fait d'Enola, petite soeur -tardive- de Mycroft et Sherlock, son héroïne. Débrouillarde, rusée, sa première enquête va en fait être la disparition inopinée de sa mère, laquelle laisse ses frères quasi indifférents. Elle va utiliser les indices laissés par sa génitrice afin de suivre sa trace... Dans le deuxième tome une nouvelle enquête s'offre à elle, qu'elle va résoudre un peu trop facilement à mon goût, même si les personnages s'épaississent un peu, et qu'elle s'aguerrit. Dans le troisième elle va devoir enquêter sur une disparition vraiment inattendue, et qui va l'amener plus près de ses frères qu'elle ne le pensait au départ. Encore une fois le langage des fleurs est au centre de l'intrigue, et l'adaptatrice va s'en tirer haut la main. Bien sûr, Enola va avoir de la chance, faire les bonnes rencontres, mais elle va côtoyer de près le Londres d'en bas. Une dose de réalisme ne peut pas faire de mal et proposer une histoire vraiment agréable à suivre. Serena Blasco fait partie du Gottferdom Studio (avec Arleston, Bianco, etc.) et nous livre là sa première série. Son découpage est de bonne facture, sa narration me semble-t-il bien réalisée. Son dessin, proche de celui de Johanna, manque quant à lui encore de maîtrise. Le tome 2, sorti 8 mois après le premier, ne lui permet pas de faire de grands progrès, sauf sur les personnages. Malgré un graphisme encore hésitant, cette adaptation des romans de Nancy Springer me semble démarrer sous de bons auspices, et ravira les admiratrices en herbe du détective de Baker Street.
Rampokan
Voilà un récit d’aventure plutôt bien mené, dans le contexte de la lutte pour la décolonisation des Indes néerlandaises, dans l’immédiat après-guerre. L’atmosphère de cette période est assez bien rendue, avec des autorités coloniales qui se braquent, des troupes envoyées de métropoles employant des méthodes ultra violentes dans un sentiment d’impunité imbibé de racisme (mais d’autant plus inacceptables que les Pays-Bas sortent tout juste de l’occupation nazie) : la France connaîtra la même chose quelques années plus tard en Algérie – avec les mêmes résultats d’ailleurs. Au milieu de ces luttes armées, Peter Van Dongen a réussi à insérer quelques personnages clés, emportés par les flots de l’Histoire. Cela se laisse lire (même si, essentiellement dans le premier tome, plusieurs bulles « mal attribuées » gênent la lecture). Le dessin – une ligne claire classique –, est franchement bon, et la colorisation assez originale, habille agréablement ce diptyque d’aventure qui mérite mieux que le relatif anonymat où il semble végéter. Note réelle 3,5/5.
Radiant
Pas grand chose à ajouter à l'excellente critique précédente si ce n'est que ça change agréablement de lire un shonen "en français dans le texte" et en plus bien écrit (comparé aux mangas traduits du japonais - ou pire traduits de l'anglais traduit du japonais - où il y a forcément de la perte, notamment au niveau de l'humour). Je mets 4 étoiles car il n'y pas de réels défauts pour le moment (à part un début très cliché shonen). EDIT: une reconnaissance certaines de ses qualités de shonen "fait comme là-bas" : Radiant a réussit le double exploit d'être le premier manga français édité au Japon et dans la foulée le premier adapté en animation par les Japonais !
Karma City
De Pierre-Yves Gabrion, je ne connaissais que L'Homme de Java. C’est dire si j’ai été plus qu’étonné par cet album ! En effet, le sujet, l’intrigue et le dessin en sont très éloignés ! Une grande partie de cet album est une enquête policière classique et bien fichue, avec un trio d’enquêteurs eux aussi trainant un air de déjà-vu. Un flic, vieux routier efficace mais peu respectueux des règlements (jusqu’ici accompagné seulement de son fidèle lieutenant) se voit adjoindre une jeune stagiaire à cheval sur les procédures. On devine rapidement que cela va donner des étincelles, mais qu’ils vont finalement faire cause commune. Du classique donc, mais vraiment bien fichu. Surtout, cette trame « réaliste » est petit à petit pimentée par de petites touches de science-fiction (on découvre une société vaguement futuriste), cette dernière se faisant plus présente vers la fin de l’album, au moment même où l’intrigue policière qui semble mettre à jour un complot, se double d’un volet politique plus ample (la naissance de cet univers post-catastrophe, de cette société « recomposée » sur de nouvelles bases trouve un début d’explication dans l’épilogue qui clôt ce tome). Un album plutôt épais, mais qui se laisse lire facilement, et une histoire qui promet d’être conclue en deux tomes : je ne peux que vous conseiller cette série, qui sait redonner une nouvelle jeunesse à des thèmes pourtant rebattus. Pas un chef d’œuvre, mais une lecture agréable, et un achat recommandé. Note réelle 3,5/5