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Couverture de la série Long John Silver
Long John Silver

Chasse aux trésors, complots, drames, contrées exotiques du bout du monde, pirates charismatiques, et un zeste de surnaturel pour couronner le tout...non je ne vous parle pas de Pirates des Caraïbes mais bien de Long John Silver, son équivalent en BD franco-belge, et fruit d'une nouvelle collaboration fructueuse entre Xavier Dorison et Mathieu Lauffray (ils s'étaient déjà fait remarqué avec Prophet quelques années plus tôt) Pensé comme un hommage à l'Île au trésor de Robert Louis Stevenson (le tome 1 débute par une citation du livre), Long John Silver nous narre l'épopée fantastique du personnage éponyme, un vieux roublard fort en gueule qui noie son oisiveté dans les boissons alcoolisées des tavernes bristoliennes. En effet une certaine Vivian Hastings est venue le voir pour s'octroyer ses services. Ce qu'elle cherche ? Un pirate intrépide, un trompe-la-mort qui pourra l'aider à retrouver la mythique cité précolombienne de Guyanacapac, supposément gorgée d'or, et qui fut l'objet des fantasmes les plus fous des pirates et des explorateurs, dont Lord Byron Hastings, mari de Vivian et qui a disparu mystérieusement lors de sa quête frénétique. A bord du rafiot Neptune volé à des Ottomans, Silver , Vivian, et tout un équipage d'aventuriers vont donc écumer les mers à la recherche de cette cité extraordinaire, tapie dans les entrailles sauvages et étouffantes de l'Amazonie. Si l'on est fan de récits de piraterie alors on ne pourra qu'aimer cette quadrilogie, caractérisée par un scénario ma foi assez classique mais superbement maîtrisé , et par un souffle épique amplifié par le dessin de Lauffray, qui s'est visiblement fait plaisir à la tâche, il n'y a qu'à voir les planches immenses en deux pages éparpillées un peu partout dans ces quatre tomes, on en reste pantois d'admiration et l'immersion est complète. La saga fonctionne en crescendo, on part d'un début relativement paisible (introduction des personnages, explication de l'enjeu, préparation au grand voyage) à un climax en apothéose ou ça part dans tous les sens, les balles sifflent, les boulets de canon grondent et le sang coule à flot. Certains ont moyennement apprécié ce déferlement d'action débridée dans ce dernier tome, c'est un avis que je ne partage pas, ça correspond à la logique habituelle de Dorison (voir le Troisième Testament ou c'est le même cas de figure) mais surtout à la logique du genre de la fiction de piraterie. C'est de l'aventure avec un grand A qui m'a d'ailleurs fait penser à Indiana Jones et le Temple maudit. Pour moi cette saga est un sans faute, que ce soit au niveau scénaristique ou graphique, il y a tout pour nous charmer et nous ravir. Je pense que R.L. Stevenson lui-même ne bouderait pas cet hommage remarquable à l'un de ses plus célèbres romans.

28/11/2016 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Compadres
Compadres

Oklahoma, 1874. Antoine, Communard français exilé en Amérique après la répression sanglante de la révolte parisienne se lie d'amitié avec Two Moons, seul indien survivant du massacre de sa tribu. Ensemble, ils vont se faire une place à South Mountain, petite ville perdue au milieu du desert où tout le monde vit de l'exploitation d'une mine de cuivre. Antoine fait son trou du côté des travailleurs et Two Moons est engagé dans le service d'ordre de la bourgade tenue par l'omnipotent propriétaire de la mine. Peu à peu la révolte gronde. Les mineurs remettent en cause la sécurité et les prix prohibitifs des commerces appartenant à leur patron. Les deux amis se retrouvent dans des camps opposés... Un western âpre et violent, ce n'est pas nouveau, mais sur une thématique sociale, c'est déjà moins ordinaire. Dessiné par Pontarolo dont le trait est expressioniste et le travail sur la couleur des plus particuliers, cela devient carrément original.

28/11/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série La Dynastie Donald Duck
La Dynastie Donald Duck

Mes premières lectures en matière de bd lorsque j’étais un enfant se sont reportées sur Mickey, Donald et Picsou. J’étais un lecteur assidu du Journal de Mickey et de Picsou magazine grâce à ma grand-mère qui collectionnait chaque numéro. Quelle joie de retrouver une intégrale de Carl Barks, le meilleur auteur et illustrateur des comics Disney avec Don Rosa bien entendu. La dynastie Donald Duck est une très bonne initiative des éditions Glénat qui exploite le catalogue. C’est un retour en arrière et il y a forcément de la nostalgie. Donald, le canard colérique, n’était certes pas mon personnage préféré. Cependant, il a toujours un très bon fond : râleur mais sensible. Je suivais assidument ses aventures en compagnie de ses neveux Riri, Fifi et Loulou. Déjà 21 tomes qui reviennent en arrière après avoir fait un bond en avant. Le tome 1 commence avec l’année 1950 et le tome 21 revient sur les années 46 et 47. Je regrette juste ce manque de cohérence dans la chronologie. Ce n’est pas le top pour une collection. A noter que la mise en couleur a été refaite ce qui redonne un peu de souffle à cette œuvre déjà fort ancienne. Il y a également une explication du contexte en introduction de chaque volume qui apporte des informations intéressantes. Je regrette juste également que l’édition ne soit pas plus luxueuse avec un format assez petit ainsi qu’un prix tout de même assez onéreux. Quelques ratages également du côté de l’impression mais c’est noyé dans la masse et à peine perceptible sauf pour un méticuleux. Pour le reste, le vœu le plus cher de tous les fans de Carl Barks est enfin réalisé. Bref, c’est réservé à une certaine clientèle. Cela ferait en tout cas un beau cadeau de Noel que la collection entière.

28/11/2016 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série In God We Trust
In God We Trust

Tout d'abord rendons hommage à l'épatante petite maison d'éditions de ce très joli bouquin : Les Requins Marteaux qui ont du se serrer grave la ceinture (et oui ils sont loin d'être aussi blindés qu'un Glénat ou Delcourt) pour publier un livre d'une telle qualité ! Si on n'y prête guère attention, on penserait presque tenir un missel entre les mains. Mais la couverture qui se poursuit également au dos et sur la tranche est un gag à lui tout seul entre une pauvre âme et son créateur. Et le pire c'est que ce n'est que le début tant ce bouquin regorge de trucs hilarants complètement détournés de la religion Catholique qui va en prendre pour son grade à la sauce Winshluss... Donc ça décape dans tous les sens, de la création de la Terre par un Dieu guère inspiré mais superbement représenté genre biker comme les dessinait si bien Coyote avec une belle barbe et un peu de gras du bide. Dieu ou "God" a beau être cyclope et l'être le plus puissant du monde, il est prompt à faire pas mal de conneries. Faut dire que tout était foutu dès le départ avec Adam et Eve (ou Dave ?) et le fruit de ses propres pêchés avec la jolie Marie qui accouchera d'ici peu d'un Jésus pas piqué des hannetons. Winshluss revisite sous forme de petites historiettes aux styles variés, quelques publicités vintage glissées ici et là toute l'histoire à sa façon et le moins qu'on puisse dire c'est que son interprétation des saints évangiles remporte les suffrages des zygomatiques. Mention spéciale à la véritable histoire de la Résurrection de Jésus qui vaut à elle seule l'acquisition de ce superbe album. Comme à son habitude, plusieurs styles graphiques sont dissimulés pèle mêle dans cette vaste auberge espagnole. Côté originalité on repassera car il n'y a rien d'original dans le thème (Tronchet avait aussi excellé en son temps avec sa série de Sacré Jésus) mais le petit côté trash de Winshluss rajoute une bonne couche de finesse pas déplaisante en ces temps où la dérision devrait prendre le dessus sur les bondieuseries en tous genre. Envie de voir un combat entre God et Superman ou d'apprendre la recette de la Téquila frappée ? Rendez vous dans le petit monde poilant de Winshluss pour une bonne tranche de rigolade.

27/11/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Le Crépuscule des Idiots
Le Crépuscule des Idiots

3.5 Une dénonciation de la religion mettant en vedette un groupe de singes dont la vie bascule après qu'un singe-astronaute s'écrase dans leur coin. J'avais un peu peur de lire une histoire prévisible et ce ne fut le cas qu'à moitié. Si c'est facile de savoir que ça va finir dans la violence, il y a plusieurs rebondissements qui rendent le récit moins banal. En effet il y a des luttes de pouvoir entre quelques singes donc je ne savais jamais lorsqu'un tel allait être le nouveau prophète et il y a deux ou trois rebondissements que je n'avais pas vu venir. Le dessin est dynamique et j'aime beaucoup ce style humoristique. Cela me donne envie de mieux connaître cet auteur que j'avais peu lu et qui ne m'avait pas trop marqué avant que je lise cet album.

27/11/2016 (modifier)
Couverture de la série Terra Australis
Terra Australis

« Terra Australis » est un gros pavé (plus de 500 pages !), dans lequel on se plonge avec plaisir, et qu’on n’abandonne – à regret – qu’une fois la lecture finie, d’une traite. Dès la lecture de la très belle introduction de Laurent Frédéric Bollée (dans laquelle il explique la genèse de l’ouvrage), je savais que j’allais aimer cet album. Et c’est effectivement un coup de cœur. Bollée prend son temps, pour nous présenter le projet de colonisation de ce qui sera l’Australie, mais aussi et surtout ses protagonistes. C’est une aventure difficile à imaginer de nos jours (envoyer des centaines de personnes sur une dizaine de navires à l’autre bout du monde, sur des territoires quasi inconnus), mais les temps de calme ménagés par Bollée ne font pas baisser l’intérêt, ils le renforcent. Ce n’est pas qu’une ode aux découvreurs, aux aventuriers. C’est aussi la description implacable de la misère du petit peuple d’Angleterre, du traitement inique de cette misère (les condamnations à mort, les cachots, et finalement cette déportation, puisque l’Australie a donc d’abord été un bagne permettant de se débarrasser – même après que la peine ait été purgée – des « classes dangereuses »). C’est aussi la description des incompréhensions entre Européens et Aborigènes (même si le chef de l’expédition anglaise est nettement plus modéré que la moyenne de l’époque, et si l’ethnocide, voire le génocide qui va suivre n’en est qu’à ses balbutiements). Bollée a visiblement fait un très gros travail de recherche (il donne une bonne bibliographie en fin de volume), et je ne sais pas ce qu’il a « romancé » pour faire vivre cette histoire. Mais ça passe en tout cas. Quelques étonnements de ma part toutefois : les deux rencontres de Smith avec La Pérouse (la première en France, la suivante à Botany Bay) me semblent improbables, mais pourquoi pas ? Me semblent aussi improbables ces marins plongeant dans l’océan pour se rafraîchir durant la longue traversée, alors même que très peu de personnes – marins y compris – savaient nager à l’époque. Enfin bon, je chipote, l’histoire se laisse lire sans accroc ! Si la lecture est aussi captivante, c’est aussi que le dessin de Philippe Nicloux, dans un beau Noir et Blanc, utilisant toutes les nuances que lui permettent ces deux « non couleurs » (jouant particulièrement sur le gris), est franchement réussi et très en phase avec le projet de Bollée. Même si le prix de l’album est élevé, ne vous y laissez pas arrêter – ou trouvez-le d’occasion. Mais c’est vraiment un chouette album, un projet ambitieux et réussi dont je vous recommande chaudement la lecture.

27/11/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série L'Inversion de la Courbe des Sentiments
L'Inversion de la Courbe des Sentiments

L'inversion de la courbe des sentiments représente une bd résolument plus moderne que celle des vieux Hergé et des tenants de la ligne claire. Une bd très mâture qui m'hésite pas à montrer le monde tel qu'il est dans ses multiples facettes. Les scènes dévoileront tout jusqu'au plus intime perversion. Il est justement l'antipode du one-shot sympathique ou du divertissement facile. C'est un peu comme un film de Woody Allen qu'il s'agit d'explorer pour découvrir ce qui se cache derrière la vie de tous les jours. Le scénariste a une parfaite maîtrise du récit en se faisant entrecroiser 13 personnages qui ont des liens entre eux dans un Paris de nos jours avec par exemple la cigarette électronique en guise de mode. C'est pétillant, presque exaltant avec des dialogues qui feront mouche. Le dessin est certes épuré mais il est beau car il fait ressortir tous les détails du décors en soignant également les personnages facilement reconnaissables. Rien à redire sur le fond et la forme; soulignons juste l'immense talent de Jean-Philippe Peyraud, l'auteur de ma série culte Le Désespoir du Singe. En conclusion, l'inversion de la courbe des sentiments ne laissera pas de marbre. Il s'agira également de l'inverser comme le chômage afin de se représenter ou bien de tricher sur les chiffres comme on peut tricher avec les sentiments. C'est dans la nature humaine.

27/11/2016 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Puzzle (Thilliez)
Puzzle (Thilliez)

Après Maxime Chattam et sa série de thrillers, c'est au tour de Franck Thilliez, autre auteur français de genre de passer à la BD. Différence notable, c'est l'écrivain qui adapte lui-même son texte, pas de perte de sens, a priori, dans ce cas. Car Puzzle est une oeuvre qui semble dense, avec des personnages très actuels qui se retrouvent dans une machination qui les dépasse. J'aime bien ce genre d'histoire, avec des manipulations à plusieurs niveaux, des personnages approfondis et un twist final. Ce twist final m'a d'ailleurs fait penser à [NON JE NE LE DIRAI PAS], mais j'avoue ne pas vraiment l'avoir senti venir, ce qui est un bon point. Le lecteur est donc baladé, malaxé, trituré, voire perdu dans les méandres de Paranoïa. J'aime ça. J'aime aussi le trait de Mig, à la fois épuré et très expressif, qui sait donner de la consistance et de la présence à ses personnages. Il joue également sur la bichromie, avec ce bleu qui vient réhausser le traditionnel noir et blanc du polar. L'ambiance est angoissante. Un bon thriller, mené de main de maître par son auteur originel.

25/11/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Château de ma Mère
Le Château de ma Mère

A l'instar des romans qui séparaient les deux histoires de manière bien distincte, le Château de ma Mère est une oeuvre indépendante mais c'est directement la suite de La Gloire de mon Père. Et tout comme j'avais aimé cette dernière adaptation en BD par Serge Scotto, Eric Stoffel et Morgann Tanco, j'ai beaucoup aimé ce nouvel album. Le travail d'adaptation est réussi à merveille. L'histoire est dense mais se lit de manière très fluide. Elle donne une belle vie au décor de la campagne provençale du début 20e siècle et aux souvenirs d'enfance du petit Marcel Pagnol. A la seule manière dont les dialogues sont écrits, on entend chanter l'accent de la Provence. Et l'histoire, déjà touchante, drôle et prenante dans le roman, gagne encore plus à être mise en image. Car le dessin est tout simplement beau et très agréable. Si l'on ne ressent pas trop la chaleur ni les cigales, tout le reste est excellent. Les planches sont emplies de la lumière du soleil et de la joie et des aventures de l'enfance. Les personnages sont sympathiques, les décors soignés et documentés. Et la scène de l'orage est très réussie. A vrai dire, tout est réussi dans cette adaptation qui rend un bel hommage à l'oeuvre de Pagnol et aux émotions qu'il a su dégager et qui donne joyeusement envie de se replonger dedans.

23/11/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série L'Assassin qu'elle mérite
L'Assassin qu'elle mérite

Avec un titre pareil et une telle couverture, on croit que c’est un personnage féminin qui mérite d’être tuée et on se pose des questions sur ce qu’elle a pu bien faire. Cependant, ce titre intrigant est une vraie fausse piste. De toute façon, les dés seront vite jetés dès le début par une théorie qui sera mise en pratique. Il est vrai que la série « Quintett » avait déjà exploité ce filon intéressant. Bref, on connaîtra très vite la signification du titre. La série est agréable à lire. On est vite happé par ce récit qui se déroule à Vienne en 1900. On sent presque l’empreinte de Sigmund Freud. Cependant, je regrette que le personnage principal, jeune et naïf à la fois, bascule aussi vite du côté obscur puisque c’est de cela dont il s’agit. On aurait aimé voir une progression dans le changement de comportement. Cela apparaît trop artificiel pour être crédible. Néanmoins, comme dit, il s’agit du genre d’histoire un peu sordide que j’aime bien lire même avec ce côté un peu hollywoodien. On suivra celle-ci avec plaisir en espérant que cela gagne en intensité maintenant qu’on a fait connaissance avec les différents protagonistes. Mention spéciale pour Alec, ce riche perverti par le cynisme. On évolue dans une société injuste car dominé par le pouvoir de l'argent. Le second tome semble être celui de la transition. On avait déjà compris dans le tome précédent que c'était bien la fin de l'innocence. La descente aux enfers se poursuit pour Victor. Je n'arrive pas à comprendre qui s'en prend à son ami et à sa famille ainsi que les raisons. Il y a comme un flou quant à l'apparition de cette nouvelle menace. Il est question également de racisme avec la haine du juif. Bref, on sombre totalement dans une Vienne, capitale d'un empire en pleine effervescence. Pourtant, il semble y avoir les prémices d'une future rédemption concernant Victor. Lupano est au sommet de son art. Corboz se débrouille très bien au dessin. Bref, c'est une très bonne série. Je maintiens le 4 étoiles et j'attends la suite avec impatience. Le final aura lieu dans le 4ème tome qui sera bien entendu à la hauteur de nos espérances. C'est un beau drame romantique dans une époque trouble où l'anarchie se dispute avec le capitalisme le plus outrancier. L'auteur a réussi à bien entendu réussi son pari dans l'art de la manipulation. La direction prise sera d'ailleurs très surprenante. Il faudra certes passer sur une petite touche d'amoralité. La mode est pourtant au retour des valeurs traditionnelles... :P

08/11/2010 (MAJ le 23/11/2016) (modifier)